jeudi 13 décembre 2018

DDL qui brille …


Chance inouïe, la dernière #quinzaine en date du BRC (enfin, plus trop mais bien à l’époque où j’ai commencé la rédaction de l’article …) proposait un thème on ne peut plus sympathique dédié aux bouteilles oussekilyaécrit « Diamond » dessus.
L’occasion d’écluser l’un ou l’autre sample qui traînait à la cave et de faire le point sur ces rhums du Demerara parfois sans trop de précisions quant à leurs origines.

… Le fait que je sois à l’origine de cette quinzaine n’est qu’un heureux concours de circonstances ^^
(et, oui, il y a déjà plein de Diamond chroniqués sur ce site ; je vous invite d’ailleurs à checker le listing pour y voir un peu plus clair quant à ce).

On démarre en partant aux Pays-Bas, chez un embouteilleur indépendant qui nous a dernièrement offert un superbe Hampden bien violent et qui est en passe de nous sortir un Foursquare brut de décoffrage top moumoute :

Kintra – Diamond – 13 ans (2003-2017) – 53,1%

Kintra – Diamond – 13 ans (2003-2017) – 53,1%     Kintra – Diamond – 13 ans (2003-2017) – 53,1%
Bon, visuellement, les quilles de chez Kintra, c’est pas de la haute décoration mais après tout, est-ce bien utile ?

Sa robe est cuivrée à reflets automnales (c'est poyétik’ hein oui ^^).

Le nez est un rien alcooleux, sur des notes de café et de chocolat assez typées dark demerara. On relèvera également une certaine acidité et, déjà, une fine amertume.
Un petit côté sucré sous-jacent est également de la partie avec de la mélasse grillée.
Les notes toastées vont, au fur et à mesure, se faire plus torréfiées.
Enfin, quelques fulgurances pâtissières complèteront le tableau.
C'est assez constant et les quelques touches de fruits noirs (pruneau ?) ne vont pas y changer grand- chose.
En fait, c'est passablement "lourd" comme nez.

En bouche, c'est directement beaucoup plus épicé, légèrement piquant avec une forte dominante des pruneaux (mais pas que... Orange aussi ?) et de la mélasse qui amèneront un côté plus "doux" à un produit assez relevé.
Un aspect plus beurré sera de la partie en entrée de bouche et quelques touches florales et mentholées amèneront un peu de fraîcheur.

La rétro-olfaction nous offrira une amertume boisée et végétale avec un sucre torréfié/grillé sous-jacent, le tout accompagné de quelques notes fruitées mais également de notes mentholées qui, ici aussi, amèneront de la fraîcheur au produit.

La finale est moyenne, sur ces notes de sucre/mélasse torréfiée mais aussi sur les fruits (pruneau) relativement sucrés.
Derrière ça, on relèvera l'amertume déjà repérée plus haut.
On terminera enfin sur des notes torréfiées à tendance mentholées.

Un Diamond assez lourd, pas désagréable mais pas transcendant.

Après un passage chez nos amis nollandais, direction l’Ecosse !

Duncan Taylor – Guyana – Diamond – 14 ans – 53,8%

Duncan Taylor – Guyana – Diamond – 14 ans – 53,8%     Duncan Taylor – Guyana – Diamond – 14 ans – 53,8%
Eux, leurs bouteilles sont rapidement reconnaissables (et sans boite. Private Joke inside ^^)

Visuellement parlant ben, c'est clair hein. On va dire paille.

La première chose qui vient à l'esprit quand on s'avance vers le verre c'est "Ouch, c'est herbacé ça !". On est plein sur les aromates accompagnés d'un fin boisé et de notes sucrées sous-jacentes portées sur le fruit à chair blanche.
On va évoluer par la suite sur des notes plus pâtissières tout en restant sur ce côté "aromatique" avec une légère salinité et on gagnera un côté plus typé "sucre brun"
Si ce n’est le voltage, bien foutu, je ne suis clairement pas emballé ...

En bouche, c'est d'entrée bien plus épicé (poivre en plein, fin côté salé, ...) tout en restant sur les aromates accompagnés de notes boisées plus présentes.
Le côté "sucré" perçu au nez est toujours là mais se fait plus écœurant avec une amertume sous-jacente pas des plus emballantes qui va aller crescendo.
On notera également un "instant fraîcheur" dû à des notes florales et à quelques touches de réglisse.

La rétro-olfaction restera très épicée, légèrement torréfiée (cet aspect va s'imposer) avec une amertume boisée sur la réglisse et quelques notes sucrées plus caramélisées (toujours ce fruit à chair blanche) pour contrebalancer l'amertume.
On a l'impression que le produit pourrait être bien plus gourmand mais qu'il est bridé par ces notes particulières.

La finale, assez longue, nous offrira tout d'abord de brèves notes torréfiées qui passeront vite vers quelque chose que l'on qualifiera de « sucre aux aromates » accompagné d'épices qui va aller en s'éteignant pour faire la part belle à une amertume boisée, légèrement toastée (un aspect qui va lui aussi passablement évoluer), pleine de réglisse.
Quelques notes florales tenteront d'amener de la fraicheur à l'ensemble, sans trop de succès, avant que l'on ne se retrouve face à d'importantes touches salées surprenantes.

Oui mais non en fait. 
Alors PM pour l'amertume ou Versailles pour les aromates ? Ou blend des deux ?
Notez bien, Wild Parrot a sorti un Uitvlugt qui n'en est pas un selon moi à quasi 400 boules et ici Duncan Taylor nous offre un Diamond qui n'en est pas un non plus à moins de 80 euros (du moins à l'époque). A choisir (mais vraiment s’il faut), je laisse le perroquet s'envoler ;-)

Suite du tour du monde et direction la France.

Excellence Rhum – Diamond – 11 ans (2005-2017) – 60,1%

Excellence Rhum – Diamond – 11 ans (2005-2017) – 60,1%     Excellence Rhum – Diamond – 11 ans (2005-2017) – 60,1%
Moi j’aime bien leurs bouteilles chez « ER », c’est joli et c’est plein d’infos.

Bon ici, on annonce tout de suite la couleur, le mark c'est MPM (ce qui chez un pote équivaut généralement à "Merde, Port Mourant" ... Trompe me je ?)

On continue dans les trucs sans trop de couleurs avec un produit dont la robe est on ne peut plus claire. Paille again quoi ...

Le nez est assez doux, fruité (toujours ces fruits à chair blanche accompagnés ici de quelques fruits exotiques) et floral. On est loin d'un gros PM qui tache donc.
On y trouvera également des épices, poivre en tête, ainsi que quelque chose de plus prégnant et, déjà, de plus amer. Cette amertume va aller en s'intensifiant et sera accompagnée de notes salines qui, elles aussi, vont aller crescendo.
On conservera toutefois une certain sucrosité sous-jacente qui va offrir un surprenant contraste sucré/salé.
Un Port Mourant très continental somme toute. Alors c'est fin, y a pas à discuter, mais ce n'est pas vraiment le profil que je recherche.

La bouche est beaucoup (mais alors beaucoup, beaucoup hein) plus épicée, sur des notes de poivre, voire de piment, et de sel également (la suite logique du nez donc). 
Arrive ensuite les notes plus typés Port Mourant : un boisé plus intense, de la réglisse et une amertume bien présente (sur le bois humide) qui écrase un peu ses comparses.
Les notes florales et sucrées sont toujours de la partie mais elles s'inclinent face aux notes susdites.
Niveau voltage, autant au nez, c'est tip-top, autant ici, on sent bien les 60,1%. Ca envoie.

La rétro-olfaction sera chaude, épicée et sur des notes "amères humides" caractéristiques qui seront toutefois contrebalancées par une certaine fraicheur mentholée sucrée quasi toastée (!).
Un petit côté fumé sera même de la partie.
Ça commence à devenir plus intéressant.

La finale est – comme de règle avec Port Mourant – trèèèèèèès longue, sur cette amertume humide accompagnée d'épices (un léger poivre mais une salinité prégnante cette fois) et de réglisse.
Ces petites touches sucrées et florales relevées plus haut sont toujours là mais – à nouveau – écrasées par le reste des arômes.
Alors qu'on pense que la réglisse amère, les notes de menthol et cette touche fumée perçue à la rétro-olfaction vont terminer la dégustation, voilà t'y pas qu'on passe sur des notes plus lactées !
Un truc lacté-fumé... qui a dit agave ? :-D

Bon, j'ai testé l'embouteillage 2017 après le 2018. Le reproche du 2018 c'était qu'il n'était pas assez "tropical". En fait, c'était le digne successeur de celui-ci.
C'est donc loin d'être mon PM favori mais c'est un chouette Port Mourant continental. Et c'est une nouvelle fois un peu ça le problème en fait ^^'

La France, c’est fini, on part chez nos amis allemands car, oui, après le perroquet sauvage de nos copains italiens, place au perroquet teuton.

The Rum Cask – Guyana – Diamond – 13 ans – 61,2% - “White”

The Rum Cask – Guyana – Diamond – 13 ans – 61,2% - “White”
Honnêtement et objectivement, c’est toujours très laid comme étiquette … (du coup, je ne vous mets pas la quille en vrai à côté ^^)

Visuellement, c’est clair encore une fois : paille à fins reflets dorés.

Le nez est passablement herbacé et floral (fleur de sureau entre autre),  un rien sur la réglisse et il présente – d’entrée – une certaine sucrosité.
Même si les watts tendent à se faire sentir, le voltage est bien fichu et ne nous crame pas le visage.
On va continuer sur un produit herbacé et végétal à tendance « foin » avec des épices (notamment des notes salines, iodées) planquées en embuscade mais dominées par la réglisse et une fine amertume.
Tout ça fait gentiment penser à un PM hein ^^
Par la suite, on restera avec une certaine constance sur un boisé amer « caramélisé » accompagné de quelques rémanences florales et réglissées avec un côté mentholé poudreux.

En bouche, on se prend une gifle épicée (sur le poivre en plein avec quelques relents salins) mais l’amertume boisée est également de la partie.
Derrière tout ça, de manière très discrète, il y a quelques fruits blancs, voire jaunes mais c’est histoire de dire hein parce que, déjà, la réglisse ainsi que quelques fulgurances mentholées vont dominer ce côté plus rond.

Niveau rétro-olfaction, c’est chaud, épicé (poivre, piment), sur la réglisse mentholée et l’amertume boisée relevée plus haut est toujours bien présente.
En fond, on notera quelques notes florales.

La finale nous offrira un retour de la mélasse qui va ici dominer les épices (qui ont toutefois eu le temps de bien imprégner toute la bouche) et l’amertume avant que les rôles ne tendent à s’inverser et que la réglisse et les notes amères ne prennent le dessus.
On garde ces notes florales en arrière-plan.
C’est fatalement assez long.

Autant l’emballage nous fait plus penser à un « Ugly Parrot » qu’au « Coco » italien, autant niveau prix il n’a pas à rougir face à l’Uitvlugt de qui vous savez (parce que bon, honnêtement, je ne suis pas plus emballé que ça ...).

Alors il semblerait que ça soit un Enmore. Si tel est bien le cas ben, c’est pas un bon Enmore ^^
Ça c’est fait …

On reste chez notre perroquet tout moche pour voir ce que nous réserve son jumeau maléfique.

The Rum Cask – Guyana – Diamond – 13 ans – 62,5% - “Dark”

The Rum Cask – Guyana – Diamond – 13 ans – 62,5% - “Dark”
Oui, c’est toujours aussi moche. Mais il y a des infos.

Bon ben tout de suite, c’est plus foncé hein ^^’ on part sur quelque chose d’automnale typé cuivre à reflets orangés. C’est bien plus « chaud » et plus engageant que le précédent.

Le nez est pâtissier à tendance florale (toujours sur la fleur de sureau) mais on relèvera surtout une mélasse bien lourde avec des notes caramélisées toastées, limite torréfiées ainsi que quelques incursions mentholées qui amèneront de la fraicheur au produit.
C’est pas hyper évolutif hein, on va rester sur ces notes de bois sucré torréfié avec quelques fruits en arrière-plan.
C’est très « dark demerara » mais c’est pas hyper fin.

En bouche les 62,5% sont puissants (au nez aussi soit dit en passant mais ici c’est pire).
On va garder cet aspect sucre brun / bois torréfié avec une note chocolatée et beaucoup (mais vraiment) d’épices (c’est la fête du poivre en folie dites donc).
C’est chaud et malgré ce côté gourmand, on relèvera une fine amertume. Elle sera toutefois contrebalancée par de légères notes fruitées (agrumes tendant vers l’orange) et mentholées.

La rétro-olfaction est chaude et nous offre une amertume boisée on ne peut plus toastée et torréfiée avec un petit côté réglisse mentholée.
Ca restera toutefois bien plus gourmand que la version « white » avec cette sucrosité typée sucre brun.

La finale, moyenne, fera place à des notes toastées caramélisées et torréfiées chocolatées avec quelques touches florales et fruitées sous-jacentes qui vont progressivement laisser place à une amertume qui va aller crescendo avec une pointe saline qui va écraser tout le côté gourmand du produit.
Cette finale particulière a, à la fois, du bon car sans ça, le produit en deviendrait trop « grossier » mais également du moins bon parce qu’on ne comprend pas trop le pourquoi du truc et ce que ça vient faire ici…

Un Dark Demerara en demi-teinte quoi …

Bon, du pas mauvais, du pas transcendant, … rien de folichon pour le moment.
Ne partez pas tout de suite, c’est ici que ça devient plus intéressant !

On retourne au Royaume-Uni mais côté Angleterre cette fois :

Whiskybroker – Rum Guyana – Diamond Distillery – 12 ans – Cask 34 – 63,5%

Pour la petite histoire, il semblerait que ça soit un Enmore (j’en vois déjà un ou deux penser « Cooooool »).

Whiskybroker – Rum Guyana – Diamond Distillery – 12 ans – Cask 34 – 63,5%     Whiskybroker – Rum Guyana – Diamond Distillery – 12 ans – Cask 34 – 63,5%
Bouteille sobre, jus sombre. C’est con mais je suis confiant … à tort ou à raison ?

On fonce de plus en plus. Ici, on est sur un cuir encore un peu plus intense tendant vers l’acajou avec des reflets orangés profonds.

Ah, ici aussi le voltage on le sent passer.
Après cette première claque, on partira sur des notes boisées typées bois précieux poussiéreux légèrement astringentes, épicées (cannelle, poivre, …) et mentholée.
L’ensemble est relativement toasté et cet aspect un peu « rugueux » est contrebalancé par des notes de fruits cuits (fruits noirs et « rouges foncés » ^^) et de sucre brun. Plus le temps passe, plus tout ça devient gourmand et ce, malgré les notes « poussiéreuses »  tendant maintenant vers l’amande et le noyau avant de passer définitivement aux fruits secs agrémentés de touches de sucre demerara.

En bouche, c’est chaud et piquant. Les épices  explosent, le boisé s’en donne à cœur joie et le sucre brun chocolaté, les fruits secs et … la réglisse légèrement amère tentent tant bien que mal de se frayer un chemin au travers de tout ça.
Réglisse et amertume (si, si !) … oui c’est léger mais ça lui donne un petit côté PM en bouche. Et je ne suis pas le seul à avoir pensé ça.
On notera la présence de fruits noirs là, en dessous des épices.

La rétro-olfaction fait quant à elle la part belle aux fruits cuits ainsi qu’aux fruits secs mais également aux épices fines (cannelle, poivre léger, …), à un boisé subtil et à un sucre brun caramélisé.
L’ensemble est assez puissant.

Enfin, la finale est longue. D’abord sur cet aspect doux (sucré) et fruité (cuits les fruits encore) avant de repartir sur des notes boisées toastées et torréfiées avec une pointe mentholée et, tout du long, ces épices (cannelle, poivre, quatre épices, …) soutenant l’ensemble avant de redevenir on ne peut plus gourmand.

Par rapport aux « perroquets » dégustés le même jour, c’est beaucoup mieux (après, c’est Enmore, je sais …)

On termine enfin avec un embouteillage de « qui vous savez » :

Velier – Diamond & Versailles SVSG – 18 ans (1996-2014) – 57,9%

18 ans de vieillissement sous les tropiques, plus de 78% de part des anges, dernier Demerara embouteillé par Velier … la fin d’une légende quoi (rassurez-vous, Luca est depuis parti jouer avec un certain Richard S).
Et donc, c’est quoi que ça raconte ce produit tant décrié qui, rappelons-le, était – dans un premier temps – vendu à un prix somme toute raisonnable pour un Velier et destiné à la dégustation et au partage entre amis (contrairement à certaines quilles qui ont actuellement une fâcheuse tendance à ressortir à des prix complètement déconnant… Il doit être content le Luca d’ailleurs. Enfin bref…, ça ne va pas nécessairement le motiver à renouveler son geste …) ?

Velier – Diamond & Versailles SVSG – 18 ans (1996-2014) – 57,9%     Velier – Diamond & Versailles SVSG – 18 ans (1996-2014) – 57,9%
Velier, sobriété, ça rime et c’est vert (j’aime bien le vert) et le liquide dedans mon verre est joli aussi

Visuellement, ça donne envie. On fonce encore plus et on a droit à un joli liquide acajou à reflets rougeoyants.

Au nez, d’emblée, c’est « lourd » : il y a du cuir, un petit côté fumé (siiii) mais aussi beaucoup de fruits mais vraiment beaucoup hein (des fruits rouges à souhait, limite confits par moment).
C’est également très doux sur ces notes typiques de sucre brun caramélisé.
L’ensemble est bien fondu et les presque 58% passent comme une lettre à la poste un jour sans grève ….
On se dirigera ensuite vers des notes boisées subtiles, un peu pâtissières (beurrées même !?) sur les amandes, le tout accompagné de fines épices (vanille, cannelle, …)
Avec le temps, le produit se fera plus intense, plus orienté fruits secs avec des notes caramélisées en conservant un aspect « particulier » difficilement définissable (pas fumé, pas toasté mais dans la même gamme de saveurs) qui amène un « truc » au produit.
Par la suite, on aura du tabac, un côté résineux « caoutchouteux » (c’est le truc bizarre cité plus haut) avec de fines notes de réglisse et quelques touches mentholées.

En bouche, le voltage est au top.
Ici aussi le produit se fait légèrement fumé et un rien « caoutchouteux » tout en restant porté sur des notes de cuir.
On continue la dégustation pour évoluer sur des fruits en folie : fruits rouges et noirs (surtout) mais également fruits exotiques séchés (on est en plein sur la figue) ; l’ensemble est accompagné par un sucre cuit limite grillé et un boisé hyper maîtrisé.
C’est gourmand, c’est épicé juste comme il faut, c’est toasté, ça tapisse la bouche de manière harmonieuse.

À la rétro-olfaction, le côté « caoutchouc fumé » Caroni-style se fait plus présent. Attention, c’est subtil hein, on ne vient pas de tomber à Trinidad d’un coup d’un seul mais c’est suffisamment marqué pour être souligné.
Les épices se font plus intenses avec l’arrivée de quelques fruits secs et toujours ce côté sucré toasté pour venir amener un équilibre à l’ensemble qui perd ici un peu de son côté « confituré ».

La finale est longue, sur cette douceur fruitée qui va doucement mais surement aller vers des notes de sucre caramélisé avant que des tout cela ne devienne plus sec avec un côté boisé et épicé qui va reprendre le dessus malgré une sucrosité sous-jacente qui – à nouveau – va lutter contre ce côté toasté/tabac légèrement amer.
In fine, le cuir, le tabac et un fruité sous-jacent (sur les fruits rouges finement boisés, caramélisés et mentholés)  resteront.

Le verre vide conservera des arômes de tabac ainsi que des fines épices et un aspect mélasse mentholé. Ça restera donc assez lourd.

Personnellement, je trouve ça « miam » :-)
Après, on est d’accord, c’est loin d’être le plus grand embouteillage Velier/DDl qui soit sorti hein  (au rayon des trucs que j’ai gouté, le Diamond ‘81 lui met une branlée monumentale avec une main dans le dos par exemple) mais il n’empêche que c’est bon et c’est, je pense, à prendre pour ce que c’est (du moins comme cela a été présenté à l’époque) : un « cadeau » d’un passionné à d’autres passionnés pour conclure cette belle aventure Velier/DDL.
Clap de fin en mode mineur mais clap de fin réussi en ce qui me concerne.

En théorie, je n’ai actuellement plus de samples de Diamond (si ce n’est le <H> mais bon, c’est un registre différent) donc cela conclut ce périple demeraresque (ok, j’en ai d’autres mais c’est des bouteilles ^^)


Rhum n’ Whisky

vendredi 7 décembre 2018

1423 S.B.S : Here come new challengers … (quand y en a plus, y en a encore ^^)


1423 World Class Spirits - logo
Après la découverte d’unproduit atypique et de trois produits typés ron, place à la diversité avec la fin des nouveaux embouteillages de chez 1423 S.B.S !

Et on va commencer fort vu qu’il s’agit – pour moi – de la claque du line-up (oui, je spoile, je sais ^^) :

 
1423 S.B.S – Mauritius 2008

Après une plongée chez Maurice à l’ïle Maurice avec notre soirée New Grove, place à cet embouteillage de chez Grays (qui est notamment derrière … New Grove ^^) distillé en 2008 et embouteillé brut de fût à 55,7% en septembre 2018.
La chose a profité d’un finish en fût de porto.
En théorie, il y a 281 bouteilles. En pratique, 280. Parce qu’il y en a une qui est pour moi (je la paie si vous vous posez la question). 
1423 S.B.S – Mauritius 2008
Attention, grosse claque en approche …
Visuellement, c’est joli : acajou à reflets orangés. Et on a l’impression de retrouver ce léger disque verdâtre si caractéristique garnissant le rhum.

Le nez est … wow, très porté sur le vernis à l’ouverture mais ça va vite évoluer vers des notes pâtissières (amandes notamment) et fruitées (pêche, raisin), accompagnées d’épices légères (un peu de cannelle notamment).
Les notes de vernis vont et viennent, s’acoquinant d’un certain boisé et de quelques touches plus « caroniesques » assez fugaces.
Avec le temps, il va s’assagir et présenter des notes plus lourdes, plus propres au finish (porto donc avec des notes un rien beurrées, un rien vineuses, un rien fruits à coques/fruits secs, …).
Au plus le temps passe, au plus il est miam ! :-D

En bouche, comme au nez, il faut passer une première impression portée sur le solvant avant que les fruits n’explosent, tout comme les notes florales (le côté pâtissier du produit perçu au nez est toujours là mais beaucoup plus écrasé), ces dernières étant accompagnées d’un petit côté gasoil « Caroni type » (si, si !).
Les fruits vont s’en donner à cœur joie, raisin et agrumes (pamplemousse rose principalement) en tête. Il y a juste ce qu’il faut d’épices (poivre) et de notes sucrées pour qu’on obtienne un bel équilibre.

La rétro-olfaction se fera bien plus épicée tout en restant sur ces notes de pamplemousse et de raisin.
Et ce n’est pas les quelques fulgurances florales qui vont détrôner le pamplemousse qui règne ici en maître.
Quelques touches mentholées amèneront de la fraîcheur à ce festival d’agrumes.

La finale est très longue et provoque un double effet kiss-cool. Explications :
Phase 1 : on est sur le pamplemousse archi présent et super bien maitrisé (pas trop amer, pas trop sucré) qui va encore dominer les débats et des notes florales typées fleurs de vigne avant de récupérer un fin boisé qui est en fait le début de la « phase 2 » ^^
Phase 2 : on gagne des notes de fruits secs, de fruits à coque plus orientées porto avec un côté vin cuit mixé au pamplemousse avant qu’on ne retrouve un peu de pêche.
Le tout est sous-tendu par une sucrosité maîtrisée très agréable.

Ah oui, niveau voltage, c’est nickel de bout en bout.

C’était top. À la fois surprenant et inattendu !
Alors oui, on pourrait chicaner et trouver le finish porto moins présent que sur les Worthy Parkdernièrement testés mais je trouve que ça apporte déjà suffisamment de choses comme ça au produit.
Une claque, clairement ! :-D
Le produit coup de cœur de cette année.

1423 S.B.S – Trinidad 2008

Comme de règle, ça nous vient tout droit de chez « TDL » (sinon il est écrit autre chose dessus hein ^^), ça a été vieilli en fût de madère (distillé en 2008 et embouteillé en septembre 2018). La chose titre à 57%.
337 bouteilles ont été produites.
Le dernier Trinidad (TDL hein, pas Caroni) était magique mais son prix fait qu’on le trouve encore en rayon actuellement.
Celui-ci pourra-t-il tenir la comparaison ? Réponse tout de suite ! 
1423 S.B.S – Trinidad 2008
Donc, pour ceux qui n’auraient pas bien suivi : oui Trinidad mais non, pas Caroni ;-)
Sa robe est orangée à reflets dorés.

Au nez, l’intégration de l’alcool est, comme depuis le début du line-up, juste top.
Niveau aromatique, c’est rond, beurré, crémeux, un rien vineux voire floral, … c’est très pâtissier en fait sur un côté crème, fruits confits très « Deutschland style » accompagnés de notes caramélisées.
Là, comme ça, c’est pas mon truc.
Les notes « vineuses » vont toutefois aller crescendo avec des notes plus orientés raisins. C’est mieux mais j’accroche pas.
Dans le genre pâtissier, j’ai rarement vu mieux mais ce n’est pas mon kiff.
Et ça doit être un rien écœurant.

Comme au nez, l’intégration de l’alcool est également top en bouche.
Ça reste crémeux, sur de légères notes de fruits à coque, de fruits secs, des notes beurrées, et de vin cuit. Quelques épices qui vont amener un peu d’énergie à la chose.
On relèvera également un côté floral et fruité (sur les agrumes et les raisins) avec une légère amertume.
Comme le nez le laissait présager, c’est un peu écœurant …

Ça va rester « crémeux » à la rétro-olfaction avec des notes beurrées et on conservera ce côté fruité et légèrement épicé perçu en bouche.
C’est également un rien toasté et on retrouvera quelques notes vineuses sous-jacentes.

La finale est un mélange de notes à caractère vineux, de fruits, de notes florales avec une légère touche boisée relativement toasté à la fin.
Niveau fruit, on a l’impression de retrouver des notes de pamplemousse amer (promis, j’ai bien rincé mon verre …) ainsi que des notes de raisin.
Niveau longueur, je sais pas, j’ai pas noté --‘

Verdict ? C’est mieux qu’un Angostura (après, c’est pas compliqué vous me direz) mais il souffre clairement de la comparaison avec le TDL de l’an dernier (certes, ce n’est pas le même âge ni le même prix mais bon …).
Du coup, c’est sans plus quoi.
Après, moi, Trinidad, si c’est pas Caroni, ça doit être vachement bien pour que j’accroche aussi (genre le S.B.S de l’an dernier ^^).

1423 S.B.S – Jamaica 2007 (Monymusk)

Aaaaah, S.B.S et la Jamaïque. Une belle histoire et de superbes embouteillages jusqu’à présent (du moins les Hampden, Worthy Park et New Yarmouth que j’ai eu l’occasion de déguster … et qui se sont finalement retrouver dans la cave).
Nouveauté cette fois, on a  droit à un embouteillage de la distillerie « mal aimée » de Jamaïque, celle dont on ne parle jamais et dont la plupart des embouteillages squattent durant de longues périodes les étagères des magasins : Monymusk !
Et un Monymusk fini en fût de Pedro Ximenez s’il vous plaît.
Distillé en 2007 et embouteillé en … enfin, vous savez bien maintenant, à 59%. Seules 241 petites bouteilles seront disponibles pour les amateurs. 
1423 S.B.S – Jamaica 2007 (Monymusk)
Avec le bleu caractéristique du Guyana, on a ici, une des couleurs qui réussit le mieux à S.B.S.
Visuellement, il est un rien plus foncé que le précédent sur des notes orangées à reflets orangés (ben oui, c’est fort orange, que voulez-vous ?).

Rien qu’au nez, on sait directement qu’on est en Jamaïque. Ça ne trompe pas (et c’est pas plus mal hein).
On y retrouve donc en vrac un rien de solvant, des fruits exotiques, des notes pâtissières (amandes), quelques épices légères, de la banane bien mure et de la banane séchée qui vont se détacher des autres fruits ainsi qu’un truc en plus, un côté toasté mais pas vraiment, limite fumé. En fait c’est plus orienté tabac et c’est assez prégnant.
Les notes typées jam’ vont doucement prendre le dessus tout comme quelques touches acidulées avant que l’aspect sherry du produit n’apparaisse vraiment et ne s’impose avec des notes toastées et des fruits à coques, le tout, sous-tendu par son profil jamaïcain sous-jacent.
Quelques notes beurrées passeront également le nez à la fenêtre.
Ah oui, l’alcool est toujours aussi bien intégré.

En bouche, le côté jamaïcain « beurré » est toujours là mais il va vite laisser place à des épices bien plus intenses (poivre, piment) et à des notes boisées tanniques et vineuses (sur le vin cuit).
L’ensemble sera accompagné de fruits à coque et de fruits secs qui présenteront une certaine amertume mais également une certaine sucrosité assez caractéristique des PX.

Chaude, la rétro-olfaction nous gratifiera de notes particulièrement portées sur le sherry avec un aspect jamaïcain en arrière-plan : un côté boisé tannique et vineux avec des notes de rancio rencontrera les fruits exotiques, le tamarin, un peu d’agrumes, quelques raisins et des notes florales.
La banane écrasée est là, derrière tous ces arômes.

La finale sera d’abord plus orienté sherry (raisin, vin cuit, fruits à coques, douceur, …) avant que le côté jamaïcain du produit ne revienne doucement mais surement imposer ses notes de banane mures et séchées avec un solvant sous-jacent accompagné de notes salines inattendues.
Il va sans dire que c’est hyper long.
Outre quelques touches florales, on retrouvera un petit côté pâtissier (amandes, fruits secs) sur la fin.
In fine, le sherry reprendra du poil de la bête avec une sensation typée fruits secs sucrés un rien « collants ».

Comme souvent avec les embouteillages jamaïcains de chez S.B.S, c’est sympa.
Un cran en-dessous des précédentes sorties mais sympa (après, j’aime les jamaïcains qui dépotent aussi).
Sinon, le Pedro Ximenez, ça marche visiblement bien avec les jamaïcains (remember les derniers WorthyPark).
D’ailleurs je ne vous cache pas que je suis plus que pressé de découvrir leur prochaine sortie jamaïcaine qui semblerait être un Hampden DOK fini en fût de PX … il parait que c’est une tuerie sans nom :-D
Vivement !

Petit classement ?
1. Mauritius (une claque je vous dis !)
2. Jamaica (on ne se refait pas hein)
3. Danemark (en fait, j’hésite entre la troisième position et un classement « hors concours »)
4. Panama
5. Dominican Republic
6. Venezuela
7. Trinidad (bah oui, grosse déception).

In fine, c’était très chouette mais avec moins de coups de cœur que l’année passée (bon, après, si les années impaires ils nous sortent à chaque fois quatre tueries, moi je signe à deux mains hein ^^).

Vivement les prochains embouteillages !

Un tout grand merci à 1423 World Class Spirits et à Joshua pour les échantillons !


Rhum n’ Whisky

jeudi 6 décembre 2018

1423 S.B.S : Here come new challengers …


1423 S.B.S - logo
Bon, ce n’est un secret pour personne, j’ai reçu des samples des nouveaux embouteillages de chez 1423 S.B.S.
Tout comme pour ceux de chezWorthy Park en fait.
La question de savoir si je serai objectif ayant déjà été soulevée dans l’article dédié auxdits embouteillages Worthy Park, je me contenterai de répondre que oui, autant que faire se peut.
Après, je pense que l’articlesur les « rhums belges » a démontré que quand c’était pas bon (histoire de rester gentil), je ne me cachais pas pour le dire ;-)

Bref, c’est donc avec joie que j’ai déballé le colis reçu au bureau pour y découvrir ceci :
1423 S.B.S - colis
Cha ch’est chouette :-D
Le plus dur sera maintenant de réussir à faire aussi bien que l’année passée car c’était une session de hautevolée hein (rappelez-vous, un Port Mourant monstrueux, un New Yarmouth et un Worthy Park terribles ainsi qu’un Trinidad atrocement cher mais tellement bon … sans compter un Venezuela plus que sympathique. Quatre embouteillages juste géniaux et un très sympa. Y a bon quoi ^^).
Croisons les doigts !

On va directement démarrer avec la curiosité du line-up que voici :
1423 S.B.S - line-up
Une chouette soirée en perspective dites donc :-)

1423 S.B.S – Danemark 2014

Nous venant de la distillerie danoise d’Enghaven (!), cette curiosité distillée en 2014 et embouteillée à 239 exemplaires en septembre 2018 titre à 50,6% (brut de fût).
À noter que le vieillissement a été effectué en fût de porto.
1423 S.B.S – Danemark 2014
Moi je dis qu’une étiquette rouge et blanche, c’est calculée ^^
La robe est automnale. C’est donc un liquide d’un orange assez intense à reflets or orangés qui garnit notre verre.

Tout comme la provenance, ce que l’on perçoit au nez est tout bonnement inattendu : d’une impression sucrée en se servant, on passe vite à quelque chose de plus herbacé (herbes/foin coupé), limite terreux en fait, et aromatique avec des notes pâtissières fruitées (genre cake aux fruits confits) accompagnées de fines épices (poivre blanc).
Ces notes fruitées typées fruits noirs/rouges peuvent éventuellement faire penser à un fût de porto mais ce n’est pas hyper flagrant hein.
On relèvera que les 50,6 % sont bien intégrés et que cet aspect terreux perçu plus haut « enferme » quelque peu les côtes fruité et pâtissier du produit.
Avec le temps, les notes de porto vont se libérer notamment avec un petit côté vin cuit épicé (cannelle et épices de Noël en tête) qui va amener au produit plus de rondeur. Le temps aidant, des notes plus boisées feront leur entrée et quelques pointes caramélisées et plus typées fruits à coque entreront dans la danse. Tout de suite, c’est beaucoup plus à mon goût.

En bouche, c’est relativement épicé (principalement le poivre mais celui-ci est accompagné de trucs bien plus violent style gingembre survitaminé et d’un peu d’anis) mais toujours aussi herbacé avec une légère amertume en bouche.
On va gagner en rondeur avec quelques notes de vin cuit.
On y retrouvera un petit côté fleur de vigne (type G’Vine quoi) bien épicée.
Enfin, niveau texture, c’est assez crémeux et niveau watts, là, on sent bien les 50 et quelques pourcents.

À la rétro-olfaction, chaude, on conserve des notes épicées (sur le poivre, le gingembre et la réglisse).
On gagnera en fraicheur avec quelques touches mentholées tout en conservant ce côté porto avec du bois toasté et des fruits rouges et noirs compotés.
Enfin, les notes herbacées que l’on ressent depuis le début sont toujours là.

La finale se fera beaucoup plus boisée (toastée même), gardera les notes épicées relevées plus haut et sera accompagnée d’une certaine sucrosité sous-jacente plus orientée porto ; les notes de fruits cuits, limites vineuses, faisant face aux notes herbacées et légèrement florales caractéristiques du produit.
C’est long au fait.

Moi qui m’attendais, au mieux, à un truc pas mauvais et, au pire, à un truc infâme (rhum et Danemark ne font pas toujours bon ménage hein ; vous voyez A.H Riise et ses bouteilles tueuses de diabétiques ? …), me voilà avec un produit désarçonnant et intéressant.
Alors non, ça ne sera surement pas le meilleur du line-up et il fait pâle figure par rapport aux dernières sorties mais c’est loin d’être ridicule. Et très honnêtement, avec « Danemark » écrit en grand sur la bouteille, c’est déjà pas mal :-)
Va falloir un peu investiguer sur cette distillerie danoise.
Un bémol ? Ça risque d’être un peu écœurant sur la fin si on se décide à en boire plus d’un.

1423 S.B.S – Panama 2006

Comme souvent quand ça vient du Panama ben on sait que ça vient du Panama hein. Mais sans plus ^^’
Sinon la chose a été distillée en 2006 et, comme les autres, embouteillé en septembre 2018.
On peut trouver 311 bouteilles titrant à 55%.
Un ron à watts donc.
1423 S.B.S – Panama 2006
Non, il n’y a aucun rapport entre le fait que liquide s’éclaircisse en même temps que l’étiquette :p
Visuellement, c’est orangé à reflets dorés (c’est donc un rien plus clair que le précédent).

Le nez est bien vanillé, c’est très doux, … c’est très ron quoi. À noter que les 55% sont – ici aussi – bien intégrés.
C’est également légèrement boisé et on a l’impression d’avoir droit à quelques fruits inattendus dirons-nous pour un rhum du Panama (genre fruits rouges, cerises, …), ce qui va lui amener une légère acidité contrebalancée par des notes plus caramélisées et, finalement, assez mielleuses.
Très honnêtement, je trouve ça chouette et hyper gourmand (dans le genre « rhum dessert »).

À nouveau, les degrés se feront plus sentir en bouche qu’au nez. Le tout restera cependant vanillé et un peu plus boisé (légèrement toasté le bois) avec des notes de fruits rouges caramélisés et de fruits jaunes bien mûrs accompagnées d’épices qui amèneront du peps à la chose.
L’entrée de bouche, un peu violente, s’adoucira par la suite.

La rétro-olfaction se fera bien plus toastée avec une vanille caramélisée en arrière-plan.
Le tout sera agrémenté d’un côté fruits jaunes limites compotés. Un rhum dessert je vous dis.

La finale, moyenne (malgré le voltage) nous offrira un retour des notes plus douces (vanille, miel) légèrement épicées avec des notes fruitées caramélisées sous-jacentes (plutôt fruits rouges que jaunes cette fois).

Alors oui, dit comme ça (vanille, cerise, …), ça pourrait faire penser à un Don Papa « 10 » MAIS NON !
C’est bien fait, le côté fruité lui amène un peu de surprise et c’est gourmand de bout en bout.
Alors oui, c’est un peu monolithique et ça ne va pas révolutionner le monde du rhum mais bon, après ça vient du Panama hein aussi, faut pas espérer non plus un truc typé Demerara ou agricole, restons cohérents.
Pour comparer avec un rhum panaméen que je ne trouve pas mal du tout (le Samaroli 2017 pour ne pas le nommer), oui, celui-ci est moins fin mais il reste cependant plus intéressant que pas mal d’embouteillages sans âmes et sans intérêts de la même provenance généralement bien plus réduits.
Et puis j’aime ce côté gourmand donc voilà ^^

1423 S.B.S – Dominican Republic 2006

Comme pour le panaméen, ici non plus on n’en saura pas plus quant à la provenance.
Pour le surplus, distillé en 2006 et embouteillé à 309 exemplaires en … septembre 2018 (ça alors ^^) à 55% lui aussi. 
1423 S.B.S – Dominican Republic 2006
Le fait que la bouteille soit plus petite que le verre n’est pas une illusion d’optique, rassurez-vous.
On va rester dans les notes orangées et on va clairement se positionner entre les deux précédents : robe orangée soutenue à reflets orangés.

À nouveau, le nez nous emmène dans des contrées très vanillées où les notes de caramel vont côtoyer un léger boisé.
À nouveau, niveau voltage ça sera super bien fichu :-)
Initialement, mes notes faisaient état d’un « petit côté pâtissier poussiéreux » … je sais, niveau précision, c’est pas top. Le temps passant, ce côté « poussiéreux » se révèlera en fait être très « poudre de coco ». Finalement c’est pâtissier poudré quoi ^^
Ce côté coco va pas mal évoluer et faire passer au second plan de petites notes mentholées qui amenaient de la fraicheur au produit.
Quelques fruits à coques passeront le nez à la fenêtre, histoire de dire.

En bouche, l’alcool semble moins présent que sur les deux autres et une entrée légèrement acidulée va vite évoluer vers ce côté vanillé toasté relevé au nez.
On va gagner quelques notes fruitées qui vont amener une sucrosité différente au produit.
Enfin, cette touche mentholée relevée au nez amènera – à nouveau – un peu de fraîcheur à l’ensemble.

La rétro-olfaction restera, sans surprises, sur les notes qui nous suivent depuis le début, soit du bois toasté, des fruits à coques, de la vanille, quelques épices et une fine touche mentholée sucrée.

La finale, moyenne, s’offrira un retour des notes caramélisées qui vont venir surfer sur la vanille et un peu de coco ; le tout étant sous-tendu par un léger côté boisé toasté.

Bon, très clairement, ici je ne suis pas hyper objectif vu que le rhum, je suis tombé dedans avec (ou à cause, c’est selon) d’un produit dominicain et, passé tout ce temps et toutes ces dégust’, je conserve un certain attachement à cette provenance.
Les points positifs : ça a plus de watts que d’habitude et les notes coco changent un peu la donne.
Le point négatif : les gens réfractaire au ron devraient éviter celui-ci. Tout simplement parce qu’il est très ron en fait ;-)
Moi, comme dit plus haut, j’aime bien.

On va terminer cette première partie (oui histoire d’éviter de pondre encore un pavé … et, du coup, garder les plus attendus pour la suite. Fourbe que je suis ^^) principalement axée « ron » en partant faire un tour du côté du Venezuela .

1423 S.B.S – Venezuela 2006

On fait face ici au même problème quant à la provenance : pas d’infos.
Sinon, comme les autres, il a été distillé l’année indiquée sur l’étiquette (soit 2006) et embouteillé en septembre 2018.
À nouveau, on a droit à 55% pour, cette fois, 304 bouteilles. 
1423 S.B.S – Venezuela 2006
L’année dernière, la couleur orange de l’étiquette du contenant avait bien réussi au contenu. Quid cette fois ?
Ici, on fonce : on est face à un liquide orangé foncé à tendance cuivrée à reflets orangés.

Là, c’était le quatrième de la soirée et force était de constater une chose (déjà relevé à l’époque du Rhum Fest) : chez S.BS, ils maitrisent le voltage de leurs produits hein !
Outre le fait que l’alcool soit une fois encore fort bien intégré, le produit nous offrira des notes pâtissières (avec de la vanille mais surtout des notes beurrées) finement épicées et un très léger  boisé caramélisé accompagné de fines touches de coco.
De manière inattendue, on relèvera également quelques notes acidulées à tendance florales et l’une ou l’autre note fruitée sans pouvoir toutefois en dire plus.
C’est donc bien moins lourd et caramélisé que ce qu’on pourrait attendre d’un rhum du Venezuela.

La bouche se fera étonnement beaucoup plus fruitée (sur les fruits noirs, les fruits à baies), un rien florale et relativement caramélisée (plus qu’au nez donc)
On verra passer un fin bois toasté (il ne va toutefois pas s’arrêter et poursuivre tranquillement son chemin) et quelques épices amèneront un peu de peps à l’ensemble.

La rétro-olfaction se fera plus épicée (poivre fin, et un autre truc que je n’ai pas identifié sur le moment) et légèrement toastée. On va garder ce côté floral/fruits à baies et on notera une grosse sucrosité au niveau des notes de fruits (un peu trop peut-être).

La finale, moyenne, est relativement douce sur ces notes fruitées caramélisées qui rendent le tout un peu « gras » avec un retour léger des épices.

Ça change, c’est pas mal mais ce n’est pas du niveau de celui de l’année dernière si on compare les deux je trouve.
Après, celui-ci a l’avantage de sortir des sentiers battus de par ses arômes particuliers et par ses watts (mais celui de l’an dernier aussi à ce niveau-là).
Finalement, le Venezuela c’est une destination qui convient bien à S.B.S.

Conclusion de cette première salve (ok, j’ai tout testé le même jour mais j’ai quand même conclu en milieu de dégustation. Je fais ce que je veux d’abord :p) :
- une curiosité bien plus intéressante et agréable qu’il n’y parait (Danemark)
- une triplette de ron pour les amateurs du genre qui souhaitent un peu de changement et des watts en plus :
                ° le dominicain est le plus basique des trois ;
                ° le panaméen est le plus gourmand ;
                ° le vénézuélien est étonnement fruité.
Après, si on n’aime pas le ron, autant faire impasse sur ces trois ci.

Verdict global dans le prochain billet (oui, celui ousk’on va causer Île Maurice, Trinidad et Jamaïque) :-D


 Rhum n’ Whisky