jeudi 21 février 2019

La vérité sur les nouveaux embouteillages de chez Trois Rivières – Un vrai « faux reportage » avec de vrais morceaux de couillonnades dedans


Certains auront vraisemblablement déjà vu cette photo tourner sur le « oueb » :
Nouvelle gamme Trois Rivières
Oui, je trouve la forme des bouteilles moches mais là n’est pas la question.
Et pas mal de monde s’est interrogé sur le pourquoi du comment des noms tordus de ces nouvelles cuvées.
Ni une, ni deux, j’ai tenté de comprendre. Et mes recherches m’ont permis de découvrir un truculent personnage qui m’a fait le plaisir de m’expliquer le secret derrière le nom de chaque cuvée.
Cette personne n’est autre que Jean-Noël Roudoudou, alors stagiaire au service marketing de la distillerie Trois Rivières, qui a accepté de nous exposer comment avait eu lieu la dernière réunion à laquelle il a participé.

Mise en situation :
Fin 2018, Headquarter (parce que ça fait plus intelligent comme ça ^^) de chez Trois Rivières.
Session intensive de brainstorming suite à quelques soucis.
La situation est grave. Mais pas désespérée.
Et vous allez voir que Roudoudou n’y est pas pour rien !

Ci-dessous la discussion qui a eu lieu (comme je suis gentil, je vais mettre des couleurs pour que vous puissiez vous y retrouver plus facilement) :

Big Chief of ze Distillery (ou « BC » ci-après) : Bon, pour la « cuvée 355 », on a un peu merdouillé sur le « 3 », kékonfè ?
Assemblée (« A » du coup) :
Stagiaire Roudoudou (« SR » histoire de rester cohérent) : Bah, si on l’appelait « 3R 55 », ça sonne bien non ? Et puis, ces tarbas de riches de chez Neisson appellent bien le leur infâme bazar « 52,5 » …
BC : Bien stagiaire Roudoudou, bien !

BC : Messieurs, ça, c’était le cadet de nos soucis ! En effet, on a trois champs de cannes qui ont cramé suite à un incendie. C’est la merde ! On n’a plus assez de matériau pour produire, kékonfè ?
A (au bord des larmes) : Raaaaah, catastrophe cataclysmique !!!!
SR : Euh, … on a encore plein de stock de blanc non ? Si on mettait des bouts de trucs cramés dedans, qu’on faisait infuser le tout puis qu’on les vire, ça va donner une jolie couleur et on pourra faire passer le machin pour un ambré mais on l’appellerait, je sais pas moi, « Les Cendres des Trois Rivières » ?
A (ébahie devant tant de sagacité) : Oooooooh ….
BC : Je ne suis pas convaincu par le nom mais je kiffe le concept !
SR : « Cannes cramées » ?
BC : Pas assez vendeur …
SR : « Cannes brûlées » ?
BC : Bingo !
A (extatique) : Wouaaaah …

BC : C’est pas fini les gars, la nouvelle « Cuvée du Moulin » est infâme …
A (sur la défensive) : Oui mais il n’est pas fini encore, ça doit encore vieillir non ?
SR (pensif) :
BC : Oui mais le fût a vraiment un goût de chiotte, il a un gout de Port Mourant tout humide. J’ai un pote qui est passé dernièrement (un certain Roger C), il a trouvé ça infect. Et ce garçon fait autorité hein, il est quand même dans le Hachette donc bon, faut faire quelque chose !!
A (au bord du gouffre de l’inquiétude) : Mon dieu, mon dieu, c’est atrossorip’ !
SR : Et si on rachetait un nouveau fût plein de vanille, pardon, plein de bourbon et qu’on le vidait et qu’on faisait finir de vieillir le truc dedans histoire de ?
BC (qui vient d’avoir une illumination) : Ah, attendez, je viens de penser qu’on avait acheté un truc chez Glenfiddich y a pas longtemps (sur un coup de tête à la con, avant qu’on soit potes avec Teeling), on pourrait s’en servir ; y aurait pas besoin de le vider en plus.
SR : Oh oui, et comme pour Balvenie, on appellerait ça « Double Wood » !
A (au comble de la jouissance) : Roudoudouuuuuuuu …

À cet instant, un ouvrier catastrophé (OC) entre dans la pièce !
OC : Chef, chef, c’est terrible, on était en train de charger des fûts de VO sur le bateau et le nouveau clarkiste, Jack Ofèunebièstreye, a tout fait tombé à la mer !!
BC : Sacrilège !! Il faut vite les sortir de là !
OC : Ca va prendre des jours et des jours, si pas des semaines, voire plus …
BC – A (blancs) : … Pourquoi ?
OC : Ben, c’est que c’est  tombé dans une fosse super profonde et qu’on n’a pas le matos pour les récupérer …
SR : J’ai une idée ! Si une fois récupéré, on embouteillait ça sous un label « eau de mer » avec un truc sur l’influence du sel marin, tout ça, tout ça. De mémoire, y a un breton qui a fait ça avec des ananas et ça avait bien fonctionné !
BC : Fabuleux Roudoudou !

Comme quoi tout a une explication logique en ce monde de spiritueux spirituels.

La légende dit que Jean-Noël Roudoudou se vit proposer la place de directeur commercial de la distillerie mais qu’il refusa afin de trouver un emploi de l’autre côté de l’Océan accomplissant par la même occasion son désir de découvrir le monde.
La légende raconte également que l’ancien stagiaire Roudoudou fut engagé par le service marketing du World Whisky Festival, ce qui permit audit festival de proposer des Masterclass boulversifiantes à des tarifs stratosphériques …
Sacré Roudoudou !

Ne me remerciez pas pour ce pan d’histoire largement occulté.

Bon, ben maintenant que j’ai fini de raconter des conneries, vous pouvez éteindre votre ordinateur ou ranger votre smartphone ou votre tablette et reprendre une activité normale.
A tchao bonsoir.


Rhum n’ Whisky

vendredi 15 février 2019

HSE aux pays des kilts et des cowboys


HSE - logo
Bon, après les raisins, direction les céréales pour terminer ce tour d’horizon de la gamme HSE (ok, depuis il y a eu des nouvelles sorties dont un nouveau blanc, un canne d’or, deux bruts de fût ainsi qu’un triple millésime si je ne me trompe pas mais bon, tout ce que vous venez de lire a déjà été écrit il y a quelques mois, quand il faisait pétant chaud ; oui, j’ai testé la dégustation par canicule ^^ Même pas peur …).
Bref. 
HSE - whisky - line-up
Dernière photo de famille. 
On va commencer léger avec un produit à forte connotation stazuniesque.

HSE – Black Sheriff

40%, plus ou moins 3-4 ans d’âge, vieillissement en fût de bourbon (Kentucky ou Missouri, perso la subtilité est trop subtile – c’est le cas de le dire – pour moi niveau gustatif).
Pas un finish à proprement parler. Plutôt un VO en fait, qui a bien profité de son fût.
Mais le parallélisme me semblait sympa ^^
HSE – Black Sheriff      HSE – Black Sheriff
La « Black Bottle » selon HSE.

Sa robe est orangée et ses reflets dorés.

Les nez est très porté sur les notes de coco et de vanille avec une fine touche poivrée en arrière-fond mais également un boisé bien présent.
Là, clairement, on la sent l’influence du fût. Et pas qu’un peu. A la limite, on s’éloignerait même un peu trop du rhum.
Avec le temps, les fruits secs grillés mais également des notes plus exotiques avec, en fond, un peu de canne nous ramènent vers le rhum.

En bouche, le produit se fait plus épicé (toujours ces notes de poivre) mais présente également une certaine douceur vanillée.
La canne revient également nous dire bonjour, accompagnée de fruits exotiques et de ce côté toasté (bah oui, c’est quand même un peu boisé). Ce côté plus fruité/sucré lui donne une certaine rondeur.

La rétro-olfaction est chaude, épicée (très), sur des notes de bois toasté (beaucoup) mais aussi sur des notes de canne à nouveau accompagnées d’un fruité exotique. L’ensemble va évoluer vers des notes de menthol qui se feront de plus en plus prégnantes.

La finale est toastée (beaucoup) et épicée (sur le poivre et la vanille, ce qui lui confère une certaine douceur).
La canne va lutter avec le côté boisé du produit et ces notes de fût cramé vont longtemps nous accompagner.

C’est plus qu’honnête finalement (et comme je m’attendais à … pas grand-chose en fait) et, en soi, un chouette « entre deux » pour quelqu’un qui souhaiterait passer en douceur du bourbon à l’agricole (sans passer par l’étape Barbade s’entend).

Ceci étant fait, passons à la partie écossaise de cet article.

HSE – Single Malt finish – Highland – 2005 – 44%

Un peu moins de 8 ans pour celui-ci dont un an en fût de whisky.
HSE – Single Malt finish – Highland – 2005 – 44%     HSE – Single Malt finish – Highland – 2005 – 44%
On retrouve donc ici notre série au packaging « arc-en-ciel »

Comparé au précédent, celui-ci parait légèrement plus clair. On va dire or intense à reflets orangés (ou alors c’est juste pareil hein, la lumière chaude n’aide pas beaucoup …).

Le nez est frais, c’est relativement doux, bien fruité (sur les fruits à chair blanche), passablement mentholé et, à la limite, un peu porté sur la réglisse. Les épices sont légères et on perçoit un fin et subtil boisé derrière tout ça.
C’est hyper agréable en fait.
Ça fait moyennement penser à un rhum mais ça ne fait pas pour autant plus penser à un whisky. Mais c’est franchement bien.
Derrière cet aspect hyper fruité, un côté toasté, presque fumé va faire son apparition avec de légères notes céréalières. C’est léger mais elles luttent avec ce côté fruité et, ça et là, quelques touches mentholées.

En bouche, on est en plein sur la pomme caramélisée (!!) suivie d’un boisé mentholé (et d’un peu de réglisse ?). C’est plus épicé aussi, avec un côté plus porté sur les céréales qui va faire son apparition.
Niveau consistance, c’est assez gras.

La rétro-olfaction nous offre à la fois un produit chaud mais également hyper frais sur ce côté mentholé relevé plus haut.
Le boisé caramélisé (la pomme se sent beaucoup moins ici) est toujours là même s’il se fait plus toasté et on ressent déjà une légère amertume.

La finale, moyenne, confirmera cette légère amertume tout en conservant ce côté gourmand qui s’est révélé en bouche.
Un aspect mentholé garantit une bonne dose de fraîcheur qui nous aura accompagnés tout au long de la dégustation.

Celui-là, au plus que tu le goûtes, au plus que ça te goûte hein. Top !

On va donc terminer notre périple « achesseuhien » avec un finish improbable :

HSE – Single Malt finish – Islay – 2005 – 44%

Déjà, il affiche gentiment dix ans au compteur mais en plus le finish a été effectué pendant un an dans des fûts ayant contenu du whisky tourbé (Islay, tout ça, tout ça).
HSE – Single Malt Finish – Islay – 2005 – 44%     HSE – Single Malt Finish – Islay – 2005 – 44%
Du coup, on a droit à une couleur plus « dark ». J’aime beaucoup :-D

Visuellement, on part sur quelque chose d’orangé à reflets dorés (ils ont donc tous plus ou moins le même aspect).

Aussi étrange que cela puisse paraitre, le nez ne correspond pas du tout à ce à quoi je m’attendais (comprendre un gros finish qui tache), c’est bien plus fin que « je te fais un rhum avec de la tourbe dedans » (et c’est pas plus mal).
On est donc face à un produit qui fleure bon les fruits exotiques, les épices fines, un boisé subtil typé HSE mais également un aspect plus salin, un rien plus lourd qui tend vers des notes de cuir et qui ne demande qu’à s’exprimer.
Si c’est tourbé, c’est léger hein ou alors ça va arriver tel un uppercut par après … en fait non ^^
Ça reste discret même si ça « tourbise » un peu plus (tout en luttant contre ce côté fruité exotique prégnant) mais c’est très soft.
C’est hyper bien foutu.
À noter qu’avec pas mal d’aération, cet aspect « cuir épicé » va prendre le dessus.

En bouche, c’est épicé, toujours très fruité mais un côté fumé/mentholé se fait bien plus prégnant.
Le boisé se fond, quant à lui, aux notes plus lourdes mais cependant bien maitrisées de ce whisky « tourbé ».
Comme au nez, après aération, le côté whisky est toutefois plus marqué ici par le cuir et les épices.

À la rétro-olfaction, ça sera, de fait, beaucoup plus fumé mais on conservera ce boisé épicé « HSE style » ainsi que cet aspect fruité qui nous fait indéniablement plus pencher vers le rhum que vers le whisky (avant de s’inverser par la suite).

La finale est plus longue que le précédent (tourbe oblige) et le finish est vraiment bien foutu.
Quand, peu de temps avant (pas le même jour hein …), tu testes le dernier truc bizarre de chez Ferroni vieilli (ou c’est juste un finish, je ne sais plus) en fût de Laphroaig, ben tu t’attends – avec crainte – à autre chose.
Mais pas à un finish qui repart sur des notes fruitées (orange notamment) accompagnée de notes salines et épicées avec une fumée légère sous-jacente. Le tout est même relativment sucré.
C’est complètement désarçonnant.
On est clairement plus face à un whisky marin, typé cuir et fumée qu’à une grosse tourbe bien lourde qui tache.
Après, ça reste Islay hein, donc c’est super long et ça se manifeste sur la longueur. C’est ce caractère typé qui restera en fin de dégustation (sur des notes de cuir accompagnées d’épices et de douceur).

Vraiment bien aussi !

Classement ?
1. Highland (d’une courte tête)
2. Islay
3. Black Sheriff (sans surprises, il ne jouait pas dans la même catégorie).

Ceci conclut donc cela !


Rhum n’ Whisky

HSE et la Péninsule Ibérique


HSE - logo
Après le finish en fûts de vin« normaux » dirons-nous, restons ans le vin mais …
Mais … passons au xerez (ou sherry pour ne pas vous perdre) et au porto. C’est un rien plus particulier. 
HSE sherry -porto - line-up
Et ici aussi, on va faire une passe de trois.

HSE – Porto finish – 2009 – 42%

HSE – Porto finish – 2009 – 42%     HSE – Porto finish – 2009 – 42%
Dans le genre mauve pétant, il se pose là lui ^^’

Sa robe est d’un bel orangé à reflets dorés tendant vers l’orangé.

Le nez est particulier, le rhum étant assez jeune (6 ans), on relève tant ce côté boisé vanillé typé du fût de bourbon (dans lequel il aura passé 5 ans) que des petites notes, éparses, du finish en fût de porto (où il est resté une année supplémentaire).
On y retrouve des fruits mais c’est assez « plat » par rapport aux autres finitions « vin » testées jusqu’à présent.
On notera toutefois un peu d’agrumes et un fin boisé (qui, avec le temps, se fera plus torréfié).
Attention, rien n’est désagréable mais rien n’est transcendant non plus.
Très honnêtement, on cherche le finish … qui apparaitra sur le tard avec l’une ou l’autre notes de noix (sans s’imposer toutefois) qui seront contrebalancées par quelques pointes mentholées qui amèneront de la fraîcheur au produit.

En bouche, il se fait rond, gourmand, un peu caramélisé, avant de partir vers des notes plus sèches et plus épicées. L’ensemble « tapisse » bien la bouche.
On conserve ces notes fruitées sur les agrumes, sur l’orange mais aussi quelques fruits secs (c’est léger toutefois). Les fruits noirs seront également de la partie et le boisé se fera à nouveau toasté (et non plus torréfié).
À noter que la canne est ici bien plus présente que sur les trois précédents.

La rétro-olfaction, nous offre des agrumes, des fruits frais (désolé pour la précision des notes ^^’) et, enfin diront certains, des fruits secs (de manière bien plus prégnante donc).
On garde un léger menthol et de fines épices.

La finale est moyenne et reste sur les fruits secs légèrement épicés qui seront cette fois au centre des débats avant que les fruits frais (orange en tête) ne reviennent pour finalement laisser place à des notes boisées qui fermeront la marche.

Sympa. Sans plus.

HSE – Sherry finish – Pedro Ximenez – 2005 – 46%

8 ans dont un peu plus de 7 en fût de bourbon et 6 mois en fût de PX. 
HSE – Sherry finish – Pedro Ximenez – 2005 – 46%     HSE – Sherry finish – Pedro Ximenez – 2005 – 46%
Stabylo Powaaaa !!

Sa robe est cuivrée à reflets orangées.

Au nez, on sent directement les 4% en plus. Sinon, on remarque d’emblée de l’amande, du noyau, des fines épices, un léger boisé qui semble aller en s’intensifiant et un truc « autre » qui fait penser à des fruits beurrés (je sais …).
Une fine touche mentholée apporte une fraicheur agréable au produit.
On relève des notes vanillées mais également quelques notes fruitées plus typées PX.
On notera également un léger côté tabac qui arrive par la suite.
C’est assez monolithique mais c’est agréable et, de fait, assez gourmand.
Ça donne clairement envie de pousser la dégustation plus en avant.

En bouche, il est bien plus liquoreux que le précédent. Relativement doux (mielleux), légèrement épicé (vanille, muscade, poivre fin), avec un boisé relativement fin et un côté fruité sous-jacent.
En plus de tout ça, on aura quelques notes de tabac mais aussi de légers fruits secs.
Le tout se fera un peu astringent.

À la rétro-olfaction, le produit se fera plus sec, plus boisé, sur la poudre à canon (si) et les épices.
Il restera mielleux et gardera les notes de fruits secs relevées plus avant.

La finale est un peu plus longue que pour le finish porto. Elle est relativement douce et sucrée avec un retour des épices et du boisé par la suite.
Le côte fruits secs (assez sucrés) est également là avant qu’on ne reparte sur des notes plus épicées et très agréables.

Sympa, facile, chouette quoi.

HSE – Sherry finish – Fino & Olorosso – 2004 – 45%

9 ans dont 6 mois en fût de sherry. 
HSE – Sherry finish – Fino & Olorosso – 2004 – 45%     HSE – Sherry finish – Fino & Olorosso – 2004 – 45%
Niveau packaging, c’est le plus sobre des trois …

Niveau visuel, c’est sensiblement pareil que le finish PX. Limite, on fonce un peu sur celui-ci.

Le nez est porté sur les fruits secs, un peu de fruits frais, les épices douces et un beau boisé qui ressort plus que d’habitude, sur des notes plus fines, plus subtiles.
On notera une certaine acidité sur un côté fruité plus typé olorosso mais ça reste léger.
L’alcool se sent étrangement plus que sur le précédent par contre.
Ça restera assez monolithique et fermé, sur des notes limites « poussiéreuses ».

En bouche, c’est principalement boisé, épicé (poivre et cannelle en tête) et sur les fruits secs aux accents « vineux ».
On ressentira finalement une certaine douceur sucrée aidée en cela par quelques notes d’agrumes (orange principalement).
Ici aussi, ça reste très droit. Il ne se passera pas grand-chose de plus.

La rétro-olfaction se fera encore plus épicée avec une touche mentholée ou une pointe de réglisse (j’hésite) avant que le boisé un rien amer ici fasse son retour (on a l’impression qu’en plus des noix, on nous a offert les coquilles. C’est moins cool du coup).

La finale est plus courte que sur le finish PX et est porté sur des notes boisées englobant des fruits secs et une sensation « vineuse » particulière. On conservera l’amertume décelée plus haut avec quelques notes de tabac.

Le mois sympa des trois même si c’est mieux que dans mon souvenir. Et je continue à ne pas voir grand intérêt dans le finish sherry sur le rhum (du moins quand on joue avec de l’olorosso).

Classement ?
1. Sherry Pedro Ximenez
2. Porto
3. Sherry FIno & Olorosso


Rhum n’ Whisky

HSE, In vino rumitas …


HSE - logo
Cherchez pas, je trouvais juste que ça sonnait bien ^^

La partie « classique » de la gamme étant dernière nous, il est temps de nous plonger dans quelque chose qu’HSE a poussé bien plus loin que d’autres distilleries, certes avec des résultats divers et variés mais avec un souci d’innovation certain : le finish !
Dans notre pays oùskon parle pas english, on peut aussi dire « affinage » mais ça sonne moins smart, je le reconnais ;-)

Tout ça pour dire qu’on va se pencher sur les finitions « vin » cette fois.
HSE "vin" - line-up
Oui, le nombre diminue à chaque fois (mais rassurez-vous, à partir de maintenant, ça va rester constant).

HSE – Sauternes finish – 2003 – 41%

Ici, on est sur un vieillissement de 9 ans en fût de chêne des Stazunis avant de terminer pour 8 mois dans des fûts de « Château La Tour Blanche » (un Sauternes premier cru classé ; c’eut pu être pire, on est d’accord).
HSE – Sauternes finish – 2003 – 41%     HSE – Sauternes finish – 2003 – 41%
Ok, c’est blanc (rapport avec le vin ?) mais c’est vraiment avec cette gamme-ci qu’on va pouvoir jouer avec les boites de couleurs diverses et variées.

Visuellement, on est sur un produit à la robe orangée et aux intenses reflets dorés.

Le nez est très agréable : outre la patte HSE, on sent un truc en plus, une certaine douceur fruitée encore plus forte.
On y trouve des notes boisées très fines, un léger menthol, des épices relativement douce (muscade en tête) et – au-dessus de tout ça – du fruit. À ce sujet, on se balade entre fruits à chair jaune, notes de raisin et quelques fruits à chair blanche. Les fruits à coque (noix, noisettes) arriveront par la suite tout en conservant cet aspect doux et sucré.

En bouche, il est tout aussi agréable, sur cet aspect boisé typé accompagné de quelques notes de tabac et légèrement astringent.
Les fruits secs/fruits à coques sont planqués en embuscade et les fruits frais s’écrasent sous les autres arômes.

Les notes de tabac vont dominer la rétro-olfaction et seront accompagnées de fruits secs et d’un beau boisé épicé (poivre, muscade, …).
C’est « gras » à tendance beurrée.
À noter que le côté boisé de la chose va évoluer vers des notes plus mentholées avant de revenir vers un aspect plus orienté tabac.

La finale se fera plus douce tout en restant sur ces notes de tabac et de fruits secs (à tendance beurrée toujours) perçues ci-avant avec, toutefois, une arrivée de notes fruitées plus « sombres » et bien plus douces. On y repère également quelques épices.
La longueur ? … j’ai pas noté ça … ça devait être pas mal je suppose --‘

Top, vraiment !

HSE – Skouras white wine cask finish – 2007 – 51,5%

On quitte le format 50 cl pour faire place au magnum de 1,5 litre, rien que ça.
Et histoire de frustrer les gens, la chose ne serait disponible qu’à la boutique de la distillerie (merci à mon gentil QDD du coup).

Embouteillé en 2017, il a subi un vieillissement de 24 mois (soit deux ans pour ceux qui aiment convertir) dans des fûts de vin blanc grec (non, pas le Retsina ! Suivez un peu que diable !). Ca y en a être original.
HSE – Skouras white wine cask finish – 2007 – 51,5%     HSE – Skouras white wine cask finish – 2007 – 51,5%
Copyright HSE comme on dit ^^ Vu la taille, je présume qu’il n’y a pas de boite …

Celui-ci se fait plus foncé que le précédent : la robe acajou se pare de reflets orangés et de ce disque verdâtre caractéristique sur le dessus du verre.

Au nez, on repèrera directement une superbe intégration de l’alcool ainsi que des notes biens plus intenses et relativement lourdes et gourmandes … sur le chocolat !
À nouveau, on retrouve un peu de muscade, un léger poivre et des notes beurrées.
Les fruits sont plus frais, plus typés raisin qui – avec le temps – vont se diriger vers des notes de raisin sec.
Comme d’hab, le côté boisé du produit est superbement maitrisé.

En bouche, il se fait beaucoup plus puissant que le finish Sauternes (après, il a gentiment 10° de plus hein …).
Le boisé tannique et épicé (sur le poivre) ainsi que les notes de tabac cacaotées (plus que chocolatées en fait) sont également de la partie.
On relèvera toujours la présence de fruits séchés (moins de raisins secs mais plus de figues par contre) ainsi qu’un certain peps épicé en fin de bouche.

La rétro-olfaction est portée sur les notes boisées et les notes de tabac, ce qui entraine une certaine amertume contrebalancée toutefois par un agréable fruité plus exotique. In fine, on aura une belle rondeur qui viendra clairement couvrir ces notes de tabac de manière assez impressionnante.

C’est long, sur les fruits secs/à coque (ce qui lui confère un aspect « porto » assez déstabilisant) et les fruits frais (entre raisins … secs et fruits exotiques).
Le boisé et les épices se révèleront sur la fin qui se fera bien plus longue que prévu.

Triple Miam !
Il est encore mieux que le précédent !

Terminons cette première partie avec un finish qui aura énormément fait parler de lui :

HSE – Château Marquis de Terme finish – 2005 – 48%

Du blanc, on passe au rouge : après 10 ans en fût de chêne américain, il passera un an et demi en fût de Margaux grand cru (du domaine susdit).
HSE – Château Marquis de Terme finish – 2005 – 48%     HSE – Château Marquis de Terme finish – 2005 – 48%
Oui, il semblerait que le finish vin aime se parer de blanc ;-)

Visuellement, le passage en fût ne lui a pas donné une couleur de vin rouge, non, non. On serait même plus clair que le finish vin blanc. Scandale ? Non, pas tant que ça ^^
Bref, c’est un rhum à la robe cuivre intense à reflets orangés qui repose dans notre verre.

Le nez nous offre du fruit, du solvant (tout en finesse hein, on n’est pas sur un Hampden ici), des notes florales, un voltage au top, des notes d’amandes/de noyau et du fruit rouge (histoire d’être plus précis quant aux fruits).
C’est très agréable mais un peu moins gourmand que le Skouras
Les fruits rouges et noirs vont aller crescendo et englober un boisé bien maitrisé (fin, subtil mais bien présent). Après, aussi étrange que cela puisse paraître, ce côté fruits rouges et les notes sucrées du produit lui confèrent un petit côté « grenadine » inattendu.

En bouche, on garde ce petit côté solvant mais ce sont surtout les fruits secs qui mènent la danse, accompagnés en ça d’un boisé légèrement amer.
C’est – à nouveau – assez « lourd » et les notes de tabac ne sont pas loin.
Les épices se font plus fines mais paradoxalement plus piquantes (en gros, on a un poivre plus lourd mais moins intense … je me comprends). C’est également un peu « beurré » et astringent.

La rétro-olfaction est chaude, plus épicée avec une amertume portée sur le tabac et des notes boisées.
Les fruits secs s’en donnent également à cœur joie avec quelques fruits rouges en embuscade.

La finale va rester sur ces épices amères avec, cependant, une fine touche mentholée relativement fugace avant d’assister à un retour des fruits rouges (et noirs mêmes), sur la grenade (le fruit, pas le machin qui fait boum).
Le tabac est toujours de la partie et la longueur ben … comme le Sauternes, j’ai pas de notes --‘

C’est sympa. Mais c’est celui qui m’a le « moins » plu des trois (après, c’est surtout qu’il fallait faire un classement donc voilà. Parce qu’il est chouette aussi).

Donc le classement, sans surprises si vous avez tout lu :
1. Skouras
2. Sauternes
3. Marquis de Terme

La suite arrive bientôt …


Rhum n’ Whisky

mardi 12 février 2019

Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume de Bavière …


Bon, ça faisait longtemps que je n’avais pas poussé un coup de gueule, il est donc temps d’y remédier !

Zonant tranquillement sur Fessebouc pendant mon heure de table, je tombe sur un post de Benoît Bail (Monsieur "Confrérie du Rhum" pour les deux-trois ermites à qui ce nom ne dirait rien) que je me permets de copier-coller par souci de facilité :
« Chers Confrères, l'heure est grave...
Plus sérieusement, depuis quelque temps maintenant, un rhum produit en Bavière (Allemagne) intitulé Rumult - Bavarian Rum est en vente sur le marché allemand et germanophone.
Celui-ci trompe malheureusement le consommateur en usurpant l'identité des rhums agricoles, car il stipule clairement sur son étiquette la mention "Pure Single Agricole Rum".
En plus de vouloir faire son entrée dans la classification de Gargano (pour des raisons marketing probablement), ce rhum indique donc être un rhum agricole.
Selon le producteur avec qui plusieurs personnes, en plus de moi, ont échangé, son jus de canne viendrait de l'île Maurice par un moyen qui n'a pas encore été clarifié à ce jour, car sa version change en fonction de l'interlocuteur.
Ceci étant la réglementation européenne sur la dénomination "agricole", est claire:

Règlement 110/2008 Annexe
Catégories de boissons spiritueuses
1. Rhum
ii) ... Cette boisson
Spiritueuse peut-être mise sur le marché avec le terme «agricole» qualifiant la dénomination de vente
«rhum», assortie de l'une des indications géographiques des départements français d'outre-mer et de la
région autonome de Madère enregistrées à l'annexe III
f) Le terme «traditionnel» peut compléter l'une des indications géographiques mentionnées dans la catégorie 1 de
l'annexe III lorsque le rhum est produit par distillation à moins de 90 % vol après fermentation alcoolique de
produits alcooligènes exclusivement originaires du lieu de production considéré. ...

Nous avons donc ici clairement un cas où le producteur essaie de profiter de la notoriété d'une certaine catégorie de produit très réglementée.
Ainsi, afin de protéger nos chers rhums agricoles et leur dénomination, preuve d'un savoir-faire authentique, nous vous invitons à aller sur la page Rumult - Bavarian Rum et d'y laisser un avis négatif expliquant les faits dans le but de les amener à réagir et de changer leurs étiquettes et leur discours commercial.
C'est un geste qui ne prend que quelques minutes, mais qui démontre que nous, consommateurs de rhum, de rhum agricole et que cette confrérie, ne nous laisserons pas berner et que nous défendons les produits de nos terroirs.
#noagricoleinbavaria »

Parce qu’une image vaut parfois mieux qu’on long discours, je vous pose gentiment la photo de la chose ci-dessous.
Et comme je suis un mec gentil (enfin, y en a qui trouvent que je suis un sale con mais je m’en fous donc bon), j’ai même mis un cadre et une flèche moche (faits sous Paint avec mes petites mains potelées) histoire de bien attirer votre attention quant à la chose :
Bavarian rum ...
Alors, il est pas beau mon montage ? ^^
C'est bon, vous avez tous remarqué ce qui coince ?
Sérieux quoi "Pure Single Agricole Rum"

Alors, vu que ces sympathiques bavarois nous prennent un peu pour des cons, on va faire un point géographie histoire de les recentrer un rien et relever quelques incohérences :

- En Bavière, on parle allemand, il ne fait pas nécessairement super ensoleillé et niveau plage paradisiaque c’est un peu « délicat » dirons nous, la patronne du pays s’appelle Angela et on a plus de chance d'y croiser Oliver Kahn que François Longueteau.
Bref, c’est pas vraiment les DOM. Accessoirement, ça n’a aucun rapport avec Madère non plus.
Déjà, ça part mal.

-Après, on nous parle de jus de canne à sucre de l’île Maurice. Bah oui mais non hein les gars, faut au moins un peu vérifier ce qu’on peut qualifier d’agricole ou non quand même. Au même titre que la Bavière, l’Île Maurice n’est pas reprise dans la liste de l’Annexe III du règlement 110/2008.
Crotte alors.
Limite, que les pays hors Europe s’asseyent sur ce règlement, je comprends (je ne cautionne pas mais je peux comprendre) mais bordel, l’Allemagne, c’est un chouia en plein milieu de l’Union Européenne bordel de me*** ! Du coup, je me permets d’émettre un avis : faire caca sur les règlements européens, c’est certes facétieux mais moyen-moyen quand même quand on en plein centre de ladite Union …

- Donc, pour ceux qui se posaient la question mais n’osaient pas demander : non, malgré le réchauffement climatique, il n’y a (toujours) pas de champ de cannes à sucre en Allemagne.
C’est ballot hein.

- Les mecs, ils transporteraient donc du vesou de chez Maurice jusqu’en Bavière. Moi y en a sceptique parce que – pour faire simple – la « durée de vie » du susdit liquide est totalement insuffisante pour faire ce trajet. Donc il y a déjà une opération en amont. Ce qui impliquerait que ce ne sont finalement que des embouteilleurs indépendants fort peu scrupuleux.
Certains ont – en son temps – essayé de nous faire croire la même chose. C’était « Rhum Gabriel ». Et ils avaient une communication de merde. Non mais rien de méchant hein, c’est juste un fait avéré. Puis ils ont disparu (mais sont de retour sous le doux pseudo de « Little G », ne vous faites donc pas avoir).
Niveau com’, nos copains teutons ont l’air d’être du même acabit. Ça laisse rêveur.

- la « classification Gargano » … Alors là, je trouve qu’on touche au sublime. Non seulement, ils enfument le consommateur mais en plus, ils le font en utilisant les termes mêmes de celui que certains présentent comme le pape des embouteilleurs indépendants, Mister Velier.
Niveau marketing, comme l’a écrit Benoit, c’est bien vu. Niveau honnêteté, … non, je ne vais rien dire en fait.

- … on peut s’arrêter là non, vous ne trouvez pas ?

Quoi le goût ?
Franchement, quand on me parle de « finale extrêmement longue au caramel », ça ne me fait pas nécessairement rêver. Ajoutez à cela, les fruits secs et l’orange (surtout l’orange) et j’ai la sale impression qu’on nous offre gentiment un truc qualifiable de « Don Papa au pays de Derrick » mais avec Horst Tappert en bermuda au milieu des champs de cannes de Martinique pour en faire la promo mensongère …
Je vous laisse imaginer cette vision idyllique.

À un moment, il faut penser à arrêter de se foutre de la tête des gens non ?
Si vous ne pouvez pas faire un truc en respectant ce qui doit l’être, ne le faites pas, c’est tout.
Parce la, clairement, il y a tromperie sur la marchandise.
J'en connais qui se sont pris un procès sur la gueule pour moins que ça (Tu la sens ma manœuvre dolosive, tu la sens là ?).
Je dis ça, je dis rien.
A bon entendeur ...

Bref, Rumult, wir haben ein Problem ...


Rhum n’ Whisky