lundi 13 août 2018

Diversification dans le Mezcal


Parce qu’on ne va pas seulement se cantonner aux marques déjà testées jusqu’à présent hein, ça serait trop simple ^^

Du coup, place à deux découvertes ramenées du BWSF :

Entrecampos :

Entrecampos
Un design très "bat" ^^
Mezcal élaboré à base d’agaves Espadin et titrant à 42%.

Fatalement, il est … limpide (oui, je varie aussi les adjectifs :p).

Le nez est d’abord très fruité, légèrement floral et très frais avant que le côté agave cuit ne revienne relativement vite avec ces notes acidulées particulières et ce côté légèrement fumé.
L’aspect fruité relevé au premier nez (fruits blancs, jaunes, … pêche ?) est toujours là mais il se fait bien plus discret au profit de notes florales plus prédominantes.

En bouche, le côté agave revient en force, les épices entrent dans la danse (poivre, un peu de cumin) et un côté plus terreux et plus végétal va se faire jour.
Et on continue de retrouver, de manière sous-jacente, ces notes fruitées et florales perçues au nez pour équilibrer le tout.

À la rétro-olfaction, on entrera clairement en plein dans le monde du mezcal avec de légères mais persistantes notes fumées et d’agaves cuits accompagnées d’une certaine douceur sucrée et d’agrumes amenant une certaine fraicheur (citron).
On repère, encore, là en-dessous, ces notes plus florales perçues au nez.

La finale est moyenne, sur ces notes d’agaves acidulées repérées plus avant et salines. Une pointe fumée amène encore un peu plus d’intensité au produit qui est toutefois équilibré par de fortes notes fruitées.

C’est très agréable et très (trop ?) facile d’accès.

Los Cuerudos :

Los Cuerudos
Pour une fois que je touche une bouteille numéro "001" ^^
Toujours élaboré à base d’agaves Espadin et toujours à 42%.

Pour les trois derniers Balam et l’Entrecampos je n’y ai pas vraiment prêté attention mais celui-ci parait assez « gras » au verre.

Le nez nous gratifie directement de notes fruitées typées fruits jaunes et exotiques accompagné esd’un bref moment « solvant ». là, de suite, ça fait plus Jam’ que Mezcal hein ^^
Mais rassurez-vous quelques fulgurances « fermières » vont finalement arriver de-ci, de-là tout comme l’une ou l’autre notes plus acidulées. On conservera toutefois ce côté fruité (limite confits d’ailleurs par moment).
C’est – à nouveau – totalement différent niveau champ olfactif et c’est relativement agréable.
Ça va ensuite repartir sur une fraicheur florale, limite mentholée avec la vague impression de faire face à quelques touches de massepain (!?).
Enfin, le nez se fera plus acidulé et plus minéral.

En bouche, il semble initialement plus plat qu’au nez avec des notes végétales, voire légumineuses (sur l’artichaut !) avant de redevenir assez minéral (ce côté sera d’ailleurs prédominant par la suite).
Les épices (poivre en tête) suivront de près avant de laisser place à des notes d’agaves cuits avec, ici, un petit côté plus « caoutchouteux » ; les notes acidulées bien typées seront également plus présentes.

La rétro-olfaction nous gratifie d’un beau retour de l’agave et de ses notes acidulées si particulières.
De manière plus surprenante, on relèvera un côté très (mais vraiment très, très hein) sucré sur des notes de fruits rouges déstabilisantes. Ça fait limite chewing-gum tellement c’est puissant dis donc :-/

La finale est d’apparence assez brève, sur les notes perçues en bouche avant que les arômes d’agaves cuits enlacés de volutes fumées ne viennent se rappeler à nous. Ça en sera donc plus long que ce qu’il n’y paraissait.
L’ensemble reste relativement doux et « sucré » (à tendance fruitée) malgré la présence de quelques notes salines.

C’est assez particulier et un rien trop sucré dans l’ensemble. Je préférais le précédent.


Rhum n’ Whisky

jeudi 9 août 2018

Bon voyage Monsieur Whisky


Ce matin, le cerveau encore à moitié dans l’oreiller, j’ai pris une grande claque dans la gu****.
Et d’un coup, les considérations bassement matérielles de certains quant aux spiritueux (spéculation, rage de rater une bouteille, prix indécent de certains samples, … la liste est longue) m’ont semblé loin. Très loin. Complètement anecdotiques en fait.
Parce que, hier soir, nous a quitté un grand Monsieur du whisky belge. Beaucoup trop tôt.

Il n’est pas question de revenir ici sur les qualités humaines de celui-ci.
Me considérant comme une simple connaissance, je suis loin d’être le mieux placé pour ça.
Sa famille, ses amis et ses proches s’en chargeront de manière magistrale, j’en suis sûr.

Non, vu le concept même du blog, il me semblait important de rappeler à quel point, durant toutes ces années, il a œuvré pour la reconnaissance du whisky dans le petit monde des spiritueux belges.
Et dans une certaine mesure également – par « famille interposée » – pour celle du rhum.
Et de manière plus générale, parce que l’on est quand même dans un petit pays, pour les spiritueux au sens large, tout simplement.

Ce n’est ni le moment, ni l’endroit pour faire état des quelques anecdotes que ces dernières années (plutôt d’éphémères rencontres ponctuelles) m’ont permis de vivre. Celles-là, je les garde pour moi. Egoïstement.  

Par contre c’est l’endroit idéal pour se souvenir de sa bonne humeur, de son implication dans ses projets, de …. (ajoutez ici toute chose positive qu’il vous inspire, ça a parfaitement sa place) dans les nombreux festivals qu’il a organisé ou aidé à organiser.

On s’est raté en février mais j’espérais sincèrement pouvoir discuter avec lui d’ici deux mois.
Ça ne sera pas le cas. Et l’espace Collector du Salon du Rhum semblera bien vide.
Ça nous permettra – à nous, visiteurs ou exposants – de ne conserver que les bons souvenirs d’octobre dernier où un heureux évènement lui avait scotché un sourire encore plus grand que d’habitude sur le visage (derrière la fatigue et le stress y relatifs, soyons honnêtes).
Cette année, l’ambiance risque d’être plus lourde. La plupart des gens présents ne le remarquera pas. Les autres, ceux « qui savent », n’auront pas le temps d’y penser dans les moments d’effervescence (espérons qu’il y en ait beaucoup). Par contre, ça sera plus dur entre les « coups de feu ». Ça sera l’occasion de montrer une nouvelle fois que dans le monde des spiritueux belges on est une grande famille qui sait faire front dans les moments difficiles.
Je ne vous parle même pas de février…

Bref, comme souvent dans ces cas-là, on dira qu’il est « parti trop tôt ».
C’est généralement des termes qu’on emploie à tort et à travers mais ici c’est le cas car il lui restait énormément à faire. Et je ne parle pas que d’un point de vue spiritueux.

Certains l’appelaient Monsieur, d’autres Jacky, parfois Jack ou encore Monsieur Busch.
D’autres encore l’appelaient papa.
Moi, de manière complètement stupide et dans la droite ligne de mon humour à deux balles, je l’ai d’emblée appelé « Grand Chef ».

Il est des gens qui laissent une trace de leur passage, à son niveau et dans un cadre purement spiritueux, c’est on ne peut plus vrai.
Aujourd’hui la Belgique du whisky et de manière plus générale, le monde des spiritueux belges est en deuil.
Je pense toutefois – pour le peu que je l’ai côtoyé – qu’il préférerait nous voir entre amis ou en famille lever notre verre à sa mémoire plutôt que nous apitoyer sur la situation.
Plus facile à dire qu’à faire, j’en ai conscience.

Bon voyage Jacky, nous ne t’oublierons pas.

lundi 6 août 2018

Back to Mexico


Balam - logo

Après notre découverte d’une partie de la gamme au Salondu Mezcal et de la Tequila, place à la suite des produits de chez Balam (bah oui, je n’ai rien gouté mais j’ai chopé plein de samples au BWSF ^^)

Tobala :

Balam - Tobala
Balam, un look terrible :-D
Pour les trois produits dont on va discuter, il s’agit à chaque fois d’alcools non vieillis donc on ne va pas s’éterniser sur la couleur hein.
Par contre, on va parler voltage car ça, ça diffère entre chacun des spiritueux présentés.
Celui-ci titre à 45 %.

La première chose qui vient à l’esprit quand on porte le verre à son nez est « Ouah, ça faisait longtemps » (le mezcal faisant partie des rares alcools dont je n’ai pas une bouteille à la cave …).
Directement, on part sur des notes lactées, minérales, sur le cuir et une pointe de fumée. C’est un mezcal quoi !
Derrière ces notes bien lourdes, on repèrera quelque chose de plus doux, à tendance fruitée, limite sucrée mais, c’est derrière le reste.
En parlant du reste, on fera face à des épices bizarres autant qu’étranges (avec notamment un peu de cumin) mais également à un côté légèrement terreux.
On aura fatalement droit à de belles notes d’agaves cuits.
C’est très chouette !

En bouche, on est sur un produit très, très épicé (poivre, piment) qui présente toutefois une certaine sucrosité végétale , voire un peu florale.
Plus d’épices et c’était la cata, la c’est « tendu comme un string juste ce qu’il faut » ^^’

La rétro-olfaction se fait plus douce avec un retour de ce côté sucré épicé qui revient tel un boomerang pour apporter un peps monstrueux à la chose accompagné de fines notes fumées en embuscades et d’une pointe saline.

La finale reviendra sur ce côté minéral et sucré avec des épices qui se rappelleront à nous sur la fin.
Les notes salines réapparaitront tout à la fin avec cet aspect fumé très agréable.

J’aime toujours autant.

Madre Cuishe :

Balam - Madre Cuishe
Honnêtement, ça ne vous met pas directement dans l'ambiance ?
Incolore toujours mais on monte en voltage : 49 % pour celui-ci.

Le nez est plus fermé, légèrement « poussiéreux ». On partira ensuite vers des notes florales subtilement épicées avec un petit côté acidulé, voire sur les agrumes. On aura même – de manière très fugace cependant – l’impression de de faire face à un truc encore plus particulier (sur le … céleri …).
C’est totalement différent du produit précédent.
On évoluera finalement vers des notes bien plus herbacées avec un côté poudre à canon relativement fin.

En bouche, il se fait à la fois foral, sur les agrumes (citron et pamplemousse lui donnent une légère amertume) mais également épicé (avec, cette fois, des notes plus typées gingembre ; ça claque !).
Et derrière tout ça, on retrouve des notes terreuses.

Il fait montre d’une belle chaleur à la rétro-olfaction et se pare d’agrumes, d’épices et de notes florales capiteuses.
Ce côté fumé particulier est également présent mais il se fait bien plus discret.

Enfin, la finale revient sur quelque chose de plus sec, plus terreux surtout mais également bien moins épicé (et par conséquent, un peu plus doux, plus sucré. Oui, c’est paradoxal, je sais).
Des notes d’agrumes épicées referont surface à la fin.

Ça n’a absolument aucun rapport avec le précédent mais c’est top.

Raicilla « Madurado » :

Balam - Raicilla « Madurado »
Et, parfois, ça masque de lutteur mexicain :p
Alcool blanc toujours mais titrant à 50%. C’est le maximum pour cette fois.

Le produit est bien plus intense au nez, sur des notes de fruits cuits avant de virer sur des arômes de caoutchouc/pneu brûlé. C’est assez particulier et ça me plait moins.
Et c’est vraiment prégnant ce côté caoutchouc dis donc. Par contre, niveau voltage, ils passent tout seuls les 50%.
Les notes un peu trash vont aller en s’adoucissant mais ce n’est toujours pas ça.
Enfin, ça se fera un peu plus floral par la suite et déjà légèrement caramélisé.
Et là, derrière, au loin, de très légères notes d’agave.

En bouche, c’est malheureusement assez plat. C’est très doux, voire caramélisé mais limite caramel au beurre (Werther’S style quoi) avec quelques épices légères (un poivre très doux) ainsi qu’un aspect légèrement lacté.
Ah oui, il y a un peu de menthol aussi. Et les épices vont aller crescendo avec le temps mais toujours rien de transcendant.

Pas de fulgurance à la rétro-olfaction. On gardera donc le même champ olfactif que ce qu’on a repéré en bouche (caramel beurré, épices, menthol) avec quelques notes terreuses en plus.

Pour la finale, il y a un truc que je n’arrive plus à relire … soit.
C’est court, légèrement épicé mais le côté caramel beurré va prendre le dessus même si on sent qu’il y a autre chose derrière. Dommage.

C’est clairement trop « sucré » à mon goût. Il lui manque un truc. Après, ce n’est pas à proprement parler un mezcal mais ça tend quand même plus vers des tendances « ron » que vers un gros jus d’agaves plein d’arômes bien « roots ».


Rhum n’ Whisky

mercredi 1 août 2018

De Seraing à Trois-Ponts en passant par l’Amérique du Sud et le Pérou avec quelques relents jamaïcains…

Oui, c’est perturbant comme titre, j’en ai bien conscience ;-)

Pour ceux qui n’ont pas encore compris, on va parler de deux produits élaborés par la Distillerie du Dr Clyde.
Dr Clyde Distillery - logo

Vu l’inauguration prochaine de la nouvelle distillerie (qui a donc été déplacée de Seraing à … Trois-Ponts, c’est bien, vous suivez. Pour les « non belges », c’est donc en Belgique et plus précisément en région liégeoise) et la visite y prévue, on va principalement causer spiritueux (un article plus détaillé spécialement dédié devrait logiquement suivre à un moment ou un autre).

Pour ceux qui se souviennent, le Dr Clyde, c’est le type au look victorien (ou steam-punk pour certains, c’est selon. Mais lui préfère victorien) qui – en son temps – avait sorti le premier « rhum » belge.
Et ça avait fait scandale parce que la chose (que j’avais trouvé pas très bonne à l’époque. En fait, le mot juste commençait par dégueu et se terminait par lasse. Soyons honnêtes.) était élaborée à partir de cassonade (un rhum de jus de betterave en somme). Betterave/canne à sucre, je vous laisse imaginer le tollé que ça a provoqué à l’époque dans la petite communauté rhum.
Ce produit, toujours distillé actuellement, a – pour info – été rebaptisé en « Old Clyde ».
Et on n’en parlera pas ici. Mais pour l’avoir retesté dernièrement ben, c’est vachement meilleur que ce qui était sorti à l’époque ;-)

Ce qui est plus intéressant, c’est la gamme « Belgian Rum » composée des itérations White, Classic, Spiced et Cask Strenght qui elles sont élaborées à base de mélasse biologique provenant d’Amérique du Sud et de panela (du vesou cuit provenant du Pérou). C’est bon, le titre est un peu plus clair maintenant ?
Pour les relents Jam’, on y vient.

Trève de discussion, c’est parti pour la dégustation de deux produits qui méritent largement d’être connus !

Dr Clyde – Belgian Rum Cask Strength

D’un âge approximatif d’un an, le produit titre entre 55 et 65% en fonction du fût (et comme je suis une bille, j’ai pas posé la question :p).

Dr Clyde – Belgian Rum Cask StrenghtDr Clyde – Belgian Rum Cask Strenght
Moi je suis fan du concept de l'étiquette "BD"

Sa robe est orangée à reflets dorés.

Au nez, le voltage est là hein, c’est indiscutable. Il ne faut pas y aller de manière inconsidérée histoire de ne pas se griller les narines.
D’emblée, il semble piquant (les watts, tout ça, tout ça) et, du coup, assez épicé mais on va lui laisser le temps de s’aérer.
Derrière les watts, on a quelque chose de relativement doux (après, on est sur un mix mélasse bio Sud Am’ et panela aussi, ça joue indéniablement).
On aura ensuite droit à des notes caramélisées pas mal toastées qui vont aller vers des notes plus torréfiées (et ça ne fera que s’intensifier).
Et puis, il y a un truc plus « lourd », plus « roots » on va dire, qui va lui donner une identité propre (une fugace impression de fruits mûrs, un peu de solvant ? Difficile à dire mais clairement, il y a quelque chose). Enfin, une légère présence d’agrumes complète le tableau.

En bouche, c’est chaud, c’est épicé (sur le poivre notamment), c’est mentholé, c’est bien (mais vraiment hein) toasté.
Mais c’est surtout très marqué par ces notes particulières évoquant un mix jam’-ron sur un aspect solvant relevé par des notes plus « hispaniques ». Ca fait tout le charme du produit.

Les notes archi-toastées lui confèrent une légère amertume à la rétro-olfaction qui sera accompagnée par cet aspect mentholé et, toujours, cette douceur caramélisée.

La finale est longue, toastée et torréfiée avec un retour sur des notes de caramel beurré.
Sur la fin, il se fait plus rafraichissant avec quelques fulgurances mentholées.
Ici, ça donne plus l’impression d’être sur un rhum dessert qu’au nez et en bouche.

Ah bin y a pas photo hein ! C’est vachement meilleur que ce que le Docteur nous a sorti à ses débuts (après, faut bien commencer par quelque chose) et que dans mes souvenirs du coup !

Dr Clyde – Belgian Rum White

Dr Clyde – Belgian Rum WhiteDr Clyde – Belgian Rum White
L'aspect bleuté, c'est à cause de l'éclairage chez Hesby hein, en vrai, c'est comme dans le verre ;-)

Niveau couleur ben rien hein, c’est écrit dessus.

Au nez, c’est juste waouh quoi ! C’est lourd à crever ! Rien qu’au nez, c’est déjà gras, prégnant et aromatique à mort.
Comment dire ? … Si le but est de s’approcher d’un Pot Still jamaïcain ou d’un Lontan blanc ben on risque de vite y arriver si on continue sur cette voie (y a bon maintenant pour le titre du billet ? ^^).
En vrac, on a des notes herbacées, de la levure (avec des arômes plus lactés donc), des agrumes, du végétal et un peu d’épices (poivre, notes salines, herbes aromatiques) qui vont et viennent.
Un petit côté plus « sucré » se distingue en arrière-plan, plus typé canne quant à lui, et va aller crescendo.
Les notes mentholées vont arriver au fur et à mesure.
Pour info, le voltage (50% quand même) est tip top comme il faut niveau intégration.
Après, clairement, ça part dans tous les sens en même temps mais j’aime beaucoup. En plus, on peut vraiment dire qu’il a son identité propre (encore plus que le brut de fût).
Et pour ne rien gâcher bah, c’est artisanal hein.
Kiff quoi :-D

En bouche, c’est toujours très lourd, relativement épicé (le poivre se fait plus sentir ici) et surtout très végétal avec une présence accrue des aromates.
Niveau intégration de l’alcool, c’est toujours parfait.
Et puis, il y a un truc en plus ici aussi, quelque chose qui rend l’ensemble si lourd (dans le bon sens du terme s’entend) que je n’arrive pas à définir mais qui se rapproche d’un jam’ blanc trash (un solvant/colle forte à fort relent végétal et aromatique) ou d’un clairin bien « roots ».

La rétro-olfaction va rester sensiblement sur ces mêmes notes avec des agrumes et quelques touches mentholées en plus.
Cette fois la canne sera plus typée clairin (bien plus que rhum agricole mais est-ce bien étonnant vu la matière première) et on constatera que c’est elle qui – en fait – mène la danse.

La finale est longue (vu les arômes dégagés jusqu’ici, c’eut été étonnant que ça ne soit pas le cas) avec un puissant kick mentholé et anisé qui nous ramènera vers des notes plus typées levure avant de repartir sur une touche plus « sucrée mentholée » déstabilisante.
De manière sous-jacente, ça reste fort sur la canne.
En fin de finale (la tournure me fait rire donc je la garde), on notera un retour des agrumes.

Bon ben, j’en avais gardé pour un pote mais … j’ai finalement vidé mon sample –‘
Je kiffe.
Sans vouloir paraitre hérétique et si on fait abstraction de ses qualités intrinsèques en dégustation pure, ça doit dépoter comme base pour cocktails (je fais mes mojitos au Worthy Park banc de chez Rum Nation hein ^^).
Ça ne laisse présager que du bon pour l’avenir.

Alors, sans chauvinisme aucun, je ne puis vous dire qu’une chose : Goûtez les !
Et puis, soyons chauvins (parce que parfois ça fait du bien) :
- on parle quand même de la seule distillerie de rhum en Belgique (certes ils ne font pas pousser leur canne à sucre mais trouvez-moi plus authentique dans le pays et on en reparle) ;
- un Sérésien, c’est un voisin (enfin c’était vu qu’il a émigré à Trois-Ponts et moi vers Waremme). D’ailleurs, c’était plus fun de parler du rhum de « S’rin » que du rhum de Trois-Ponts mais bon, on va s’y faire ^^ ;
- c’est totalement authentique et artisanal ;
- c’est fait par des passionnés qui en ont quand même pris plein la gueule à leur début (parce que passé l’effet de surprise et le concept fun du rhum cassonade, pas mal de voies se sont élevés dans la communauté rhum et je reconnais avoir fait partie des sceptiques) mais qui n’ont jamais abandonné. En plus ils sont sympas (ne faites pas comme moi, ne les évitez pas pendant des années, allez discuter avec eux et découvrir leurs produits) ;
- les illustrations sont funs (après faut aimer le style, je suis d’accord mais bon, moi j’aime bien) ;
- ils ne font pas que du rhum : outre la gamme Belgian Rum citées plus haut, on trouve également la gamme « Old Clyde » (le distillat de cassonade présenté sous diverses formes au rang desquelles le Classic, le Smokey, le Honey et le Sheriff’s Reserve) et la gamme « Herbals » qui se composent d’une absinthe, d’un elixir, d’un gin et d’un gin navy strenght. Rien que ça.

Une remarque pour terminer ?
Pour les locaux (et les moins locaux mais passionnés qui voudraient faire le déplacement) : c’est porte ouverte les samedi et dimanche 11 et 12 août prochain !


Rhum n’ Whisky

jeudi 12 juillet 2018

Kill Devil – Guyana – les « bruts de fût »


 
Ca y est, c'est la dernière ! Après, si je ne dis pas de bêtises, avec celui-ci, ça fera quand même douze articles que je vous parle de Kill Devil ...

Bref, après une première partie consacrée aux rhums du Guyana qui ont subi une réduction, place à ceux embouteillés à la force du fût comme disent certains ;-)
 

Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 15 ans – 57,1 % :

Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 15 ans – 57,1 %Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 15 ans – 57,1 %
C'est également la dernière fois que je vous parle de ces étiquettes rouges.
 
Au visuel, c'est joli ^^ Acajou à reflets rougeoyants. Non seulement c'est joli mais ça donne envie !
 
Je vais finir par dire « comme d'hab » à ce train-là : l'intégration de l'alcool est juste au top (ça chatouille un peu mais c'est normal). Du moins au nez, on verra pour la suite.
On démarre sur un produit assez fermé et relativement pâtissier et floral (ben tiens, combo gagnant) ce qui donnera l'impression de partir sur un produit moins typé que le précédent (le coup de cœur du line-up des réduits, le « Savalle Still ») mais les fruits secs (encore de la noix) vont arriver par la suite pour nous offrir un résultat très agréable. Les notes torréfiées et boisées vont ensuite se développer avant de partir vers des notes mentholées plus fraîches et de faire un retour sur le côté floral perçu au début.
Notons toutefois de légères notes de fruits exotiques (ananas, mangue) finement caramélisés. C'est fugace et sous-jacent mais c'est bien là et très gourmand !
 
En bouche et bien, ... c'est vachement bien fichu aussi niveau voltage. Et ben, à de rares exceptions près, ils sont doués chez Hunter Laing !
On est ici sur quelque chose de bien plus rond (le sucre Demerara en plein), plus chaud, qui présente des notes torréfiées et de fruits secs mais également un touche de fruits exotiques bien frais.
On notera enfin quelques épices (cannelle, muscade, poivre) ainsi qu'un côté toasté déjà bien présent.
 
La rétro-olfaction est chaude, sur de belles notes de bois toasté (ce qui amènera une légère amertume).
La réglisse va nous emmener vers le menthol et les fruits exotiques vont tendre vers les fruits rouges !
 
La finale fait montre d'une très belle longueur, est chaude, épicée et relativement ronde sur ces notes sucrées mais présente également un léger côté boisé.
Pour le reste, je ne sais pas me relire (c'est « fruit » ou « frais » et après il y a « menthol » de souligné --').
Tout à la fin, la noix reviendra en force.
 
Le nez est un chouia en dessous du reste (au début du moins car il évolue pas mal sur la longueur) qui se révèle extrêmement gourmand.
 
Top aussi !
Décidément, on termine le billet précédent par un coup de coeur, et on recommence de la même manière :-D
 

Kill Devil – Guyana – Pot Still - Diamond – 8 ans – 59,3 % :

Kill Devil – Guyana – Pot Still - Diamond – 8 ans – 59,3 %Kill Devil – Guyana – Pot Still - Diamond – 8 ans – 59,3 %
Mais avouez hein ...
 
Tout de suite, celui-ci est beaucoup plus clair (paille en fait).
 
Le nez est particulier avec de légères notes de solvant, de grosses notes végétales assez inhabituelles (qui par la suite me feront plus penser à de l’agave, si, si, je vous jure et je ne suis pas le seul à avoir retrouvé cet aspect particulier), quelques notes d’aromates, du cuir et un côté salin assez prégnant.
L’intégration est topissime.
Après, vu le descriptif ci-dessus, on pourrait penser qu’on est plus dans un champ aromatique typé mezcal et … c’est pas tout à fait faux ^^
Mais du coup, je n’arrive pas à me sortir ce comparatif de la tête … (un peu comme le pamplemousse sur le Samaroli Trinidad 2017).
On relèvera quelques notes de fruits blancs (pêche) et de légères touches de vanille derrière tout ça.
 
En bouche, c’est toujours très bien fait niveau voltage.
On va retrouver du fruit blanc (et peut-être même un peu jaune) accompagné de ce côté salin tellement typé tequila/mezcal (ce que les notes végétales portées sur l’agave n’arrangent pas).
C’est relativement épicé (poivre, gingembre, cannelle), fortement herbacé (mousse, foin, … difficile à dire) et sur les aromates.
 
La rétro-olfaction est très, très chaude avec un kick mentholé rafraichissant.
Le côté mezcal disparait complètement ici : on est face à un boisé assez fin, des notes cacaotées ainsi que des fruits jaunes et tropicaux.
 
La finale est relativement longue car ce côté « fruité-salé agavien » se fait plus discret mais persistant.
Quelques touches plus sucrées, plus douces apparaitront par la suite ainsi que l’une ou l’autre notes plus anisées (et, dans une moindre mesure, herbacées). On notera également un petit côté poudre de cacao (venant nous rappeler les sensations éprouvées à la réto-olfaction).
 
C’est complètement « ouatzefukseq’ » !
Après, moi ce petit côté agave/salé, j’aime bien et je trouve ça très sympa et complètement différent des produits habituels.
 

Kill Devil – Guyana – Pot Still – Diamond/Versailles – 12 ans – 61,1 % :

Kill Devil – Guyana – Pot Still – Diamond/Versailles – 12 ans – 61,1 %Kill Devil – Guyana – Pot Still – Diamond/Versailles – 12 ans – 61,1 %
... que ça va quand même vous manquez :p
 
Dernier sample. Il était 00h07, je commençais à fatiguer, mon nez commençait à se boucher (remember, l’allergie, la magie du spray finissait de faire effet) et, surtout, je m’étais dit que je n’aurais pas besoin de le goûter car déjà découvert lors de mon périple à Orbais.
Ben en fait non, ce n’est pas le même --‘
 
Du coup, dernière dégust’ de la soirée dans un état un peu lamentable ce qui fait que les notes risquent de s’en ressentir …
 
Le visuel ne change pas, on reste sur une teinte paille.
 
Au nez, l’intégration de l’alcool est bien mieux foutue que sur le précédant D/V de chez eux que j’ai gouté (et c’est tant mieux).
On démarre sur des notes pâtissières (amande) et un côté plus fruité va vite venir se développer (sur le raisin notamment). C’est très frais, voire même un rien « vineux ».
J’ai eu beaucoup de mal à le décrire, le produit ayant tendance à aller vers des notes plus florales (aaaah, pâtissier/floral. Vous voyez ^^) tout en conservant un côté épicé désarçonnant.
 
En bouche, il a une texture huileuse et se fait assez végétal avant de partir sur de fines notes boisées accompagnées d’une amertume légère.
Des notes plus fruitées (raisin, fruits blancs et jaunes) et légèrement épicées (poivre) sont également de la partie tout en conservant cet aspect floral perçu au nez.
 
La rétro-olfaction nous gratifie de notes de fruits confits fumés et bien toastés accompagnées d’épices chaudes (poivre, cannelle) et d’un fin menthol qui essaie tant bien que mal d’amener un peu de fraicheur à l’ensemble.
Niveau voltage, ça pique un peu ici.
 
La finale est longue, toujours très fruitée (le raisin encore), sucrée et le côté toasté/fumé est toujours bien là.
J’ai également relevé quelques notes salées (mais il est possible que ça soit la précédente dégust’ qui se rappelle à moi … mais bon, je n’ai rien relevé de tel jusqu’ici donc c’est bizarre).
 
Au vu de mes notes, c’est pas trop mal et largement supérieur à son « double » à 63,9 %. Je ne saurais toutefois pas vous en dire plus vu que mes notes s’arrêtent là.
 
 
Ca y est, Kill Devil, c’est fini !
 
Après ce long interlude consacré à cet IB, il est fort possible qu’on discute mezcal, pisco, armagnac et cognac prochainement.
Il va aussi falloir que je vous parle des embouteillages de Jurgen (le Rum Mercenary) et de mes derniers passages aux évènement « Discovery » de chez Hesby …
On me rappelle également qu’à la base ce blog s’appelle Rhum n’ Whisky et qu’il faudrait que je pense à causer un peu plus whisky --‘ Je vous promets de m’y atteler prochainement.
 
 
Rhum n’ Whisky

mercredi 11 juillet 2018

Kill Devil – Guyana – les « réduits »


 
Là, on arrive à la fin. Et comme j'aime faire durer le plaisir, on va faire ça en deux parties : trois réduits puis trois « bruts de fût ».
Kill Devil – Guyana - line-up
Vu le titre du billet, on pourrait utiliser la légende suivante : "Kill Devil - Guyana - la totale !"
Notez bien, à ce moment-là, j'ai dû un rien accélérer mes dégustations (le BWSF approchait à grands pas) et je commençais doucement par être rattrapé par l'allergie galopante. Soyez indulgents sur les retours du coup ... :s
 
Pas d'Enmore, ni d'Uitvugt : ça a déjà été testé ici et (présentation de master-class, tout ça, tout ça ^^).
 

Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 15 ans – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 15 ans – 46 %Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 15 ans – 46 %
Qui dit réduit, dit étiquettes dorées ^^
 
Sa couleur automnale invite à la dégustation. C'est cuivré à reflets orangés donc.
 
On ne s'attend pas nécessairement à ce que le nez nous réserve d'entrée de jeu : un produit assez pâtissier (sur des notes d'amandes entre autre) avec quelques épices et de légères notes de solvant.
Avec un peu d'aération, on va gagner en notes boisées et torréfiées ainsi qu'un peu de réglisse.
On relèvera un petit côté agrumes également. Ca deviendra assez gourmand.
Malgré tout, le produit conservera – tout au long de la dégustation – un aspect un peu poussiéreux, un peu terreux avec des épices « sourdes » (comprendre assez intenses mais relativement fermées comme la muscade, un fin poivre et un rien de réglisse).
On notera déjà une certaine fraîcheur mentholée.
 
La bouche est boisée et présente une légère amertume qui permettra d'équilibrer la forte présence des notes plus typées Demerara et portées sur le sucre, la mélasse, le caramel.
Les notes de réglisse (et de menthol dans une moindre mesure) et les agrumes sont toujours de la partie.
Les épices seront cette fois plus affirmées avec un côté plus « poudre » que poussiéreux.
Quelques notes torréfiées viendront également passer le nez à la fenêtre.
 
À la rétro-olfaction, le menthol tapisse bien le palais et les notes de bois amer aux touches de réglisse vont suivre de très près pour compléter le tableau avec quelques touches torréfiées.
On notera un léger côté fumé (ou hyper toasté, c'est selon) et les notes terreuses perçues au nez reviendront en force.
 
La finale est assez longue, d'abord sur cet aspect mentholé qui nous accompagne depuis le début de la dégustation avant de repasser à un boisé torréfié avec de légères touches de fruits exotiques pour retourner vers une amertume plus végétale et – malgré tout – un peu sucrée.
 
Une chouette entrée en matière, assez sympa de par son côté rafraichissant (menthol, tout ça, tout ça).
 

Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 18 ans – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 18 ans – 46 % Kill Devil – Guyana – Column Still – Diamond – 18 ans – 46 %
3 ans de plus et une couleur bien plus claire ... WTF quoi :p
 
Celui-ci est beaucoup plus clair et tend vers des coloris au ton doré.
 
Le nez est bien plus fruité (fruits à chair jaune et raisin) et assez floral (un peu de rose, de la fleur de sureau). C'est doux et d'emblée assez gourmand.
Ce côté très porté sur la douceur va encore aller en s'accentuant avec quelques touches de vanille ainsi que des notes lorgnant plus vers le caramel et le sucre roux.
Ca n'évolue pas beaucoup mais c'est agréable (principalement ces notes fruitées).
 
D'une consistance assez liquoreuse, il restera toujours floral et capiteux mais avec une amertume plus herbacée. La bouche conservera bien entendu ces notes fruitées perçues au nez, en embuscade, accompagnées de quelques épices (un peu de cannelle, encore de la vanille et une fine touche de poivre).
 
À la rétro-olfaction, il se fera bien plus sec, sur des notes de bois toasté bien présentes, des épices chaudes (poivre léger, muscade) et une amertume assez sucrée.
 
La finale est moyenne et revient sur cet aspect fruité, chaud et très rond avec quelques épices en plus. On perdra définitivement le côté plus sec perçu en bouche et à la rétro-olfaction.
On récupère cependant un fin boisé à la toute fin.
 
Un produit déstabilisant mais assez agréable et très facile d'accès.

 

Kill Devil – Guyana - Savalle Still – Diamond – 15 ans – 46 % :

Kill devil – Savalle Still – Diamond – 15 ans – 46 %Kill devil – Savalle Still – Diamond – 15 ans – 46 %
De suite, celui-ci est plus engageant visuellement !
 
Sa robe est d'un beau cuivre foncé tendant vers l'acajou à reflets flamboyants (orange profond quoi ^^).
 
Au nez, on repart sur un produit plus pâtissier avec d'importantes notes de fruits secs (noix notamment). C'est très particulier mais assez agréable. L'aération faisant effet, on se rend compte que c'est la foire aux fruits secs en fait  ^^
Et derrière cette noix (principalement mais pas que), il y a un côté mélasse sucrée assez lourd et quelques fruits noirs bien caramélisés.
Et la noix de revenir de plus belle pour être tellement présente qu'on en viendrait presque (j'ai dit presque) à penser à un porto (un finish ??? Aucune idée, les infos sont limitées à ce niveau chez Kill Devil mais vraisemblablement pas).
On notera également l'une ou l'autre touche torréfiée.
 
La bouche se fait beaucoup plus ronde de prime abord sur des notes sucrées bien typées Demerara avec des fruits noirs englobés de caramel.
Par après, on assistera à un retour de la noix et des notes torréfiées.
Une certaine fraîcheur végétale va commencer à arriver.
 
La rétro-olfaction nous offre une légère amertume boisée (toastée même) qui va évoluer sur de la réglisse, du menthol, de légères épices ainsi que des notes torréfiées.
 
La finale se fait d'abord mentholée en plein avant de repartir sur des notes (assez prédominantes) de noix et de réglisse, voire vers des notes plus typées agrumes (orange, limite fruits exotiques même).
C'est long.
 
C'est vachement bien ça dis donc !
Top !!
 
On conclura donc cette première partie sur cette très bonne note :-D
 
 
Rhum n' Whisky

Kill Devil – Jamaïque


 
Aaaaah, enfin : un voyage au pays des esters … ou pas ^^
Kill Devil – Jamaïque - line-up
Et quatre d'un coup, quatre !

Kill Devil – Jamaica – Monymusk – 9 ans – 46 % :

Kill Devil – Jamaica – Monymusk – 9 ans – 46 %Kill Devil – Jamaica – Monymusk – 9 ans – 46 %
Préparez-vous : les photos vont vachement se ressembler ce coup-ci ...
 
Relativement claire, sa robe est de couleur paille.
 
Le nez est herbacé, assez floral (sur la fleur de sureau) et tend vers des notes de fruits secs (amandes) et de fruits à chair blanche.
De fines épices (un poivre discret et un peu de sel) sont également de la partie.
L’ensemble est relativement frais.
Le côté fruité va aller en s’intensifiant et lesdits fruits vont « devenir » plus exotiques ; on relèvera une légère note de solvant mais juste pour la forme.
Enfin, des notes plus acidulées vont apparaitre sur la longueur et seront accompagnées de touches salines.
Clairement, on est loin d’un gros jamaïcain bien trash.
 
En bouche, c’est assez particulier : le côté herbacé/végétal domine mais le produit se fait également bien plus épicé (sur le poivre, le cumin et d’autres trucs plus exotiques indéterminés et inhabituels) avec des notes fumées et boisées sous-jacentes.
L’aspect fruité repéré au nez est toujours là, derrière ces épices et ce côté fumé.
 
Niveau rétro-olfaction, on va rester sur ces notes herbacées et fumées (surtout fumées en fait) particulières et ces épices fines et exotiques.
C’est relativement chaud.
On notera également un côté boisé réglissé et légèrement amer.
 
Pour la finale, on va garder les épices perçues en bouche ainsi que cette touche fumée avec – toutefois – un retour sur la fin de fruits exotiques assez mûrs (ananas) aux notes salines.
Une légère touche mentholée amène un peu de fraicheur.
 
C’est sympa et différent des jamaïcains que j’ai l’habitude de boire.
 

Kill Devil – Jamaica – Monymusk – 12 ans – 46 % :

Kill Devil – Jamaica – Monymusk – 12 ans – 46 % Kill Devil – Jamaica – Monymusk – 12 ans – 46 %
Ok, ici, c'est plus orangé mais c'est juste que je venais d'allumer hein ...
 
Au visuel, on reste sur des tons paille (c’est peut-être un rien plus doré mais je venais d’allumer donc ça joue aussi :p).
 
Le nez m’a d’emblée semblé plus pâtissier tout en restant très floral mais avec une légère acidité qui va vite diminuer sans jamais vraiment disparaitre.
C’est, à nouveau, assez frais (avec quelques pointes de menthol) même si ça parait plus fermé.
On a l’impression de sentir – par intermittence – des fruits secs légèrement torréfiés mais c’est très fugace. Voire un peu de cacao.
Par la suite, des notes plus fruitées, sur les agrumes et quelques fruits exotiques, se manifesteront.
Le côté acidulé perçu initialement va doucement faire son retour, tout comme les notes plus florales.
 
En bouche, il est beaucoup plus floral et nous offrira de fines épices d’un exotisme exacerbé (poivre léger, gingembre ?, cannelle, …).
On relèvera également un aspect plus doux, sur une certaine forme de sucrosité (avec un fin côté fruits exotiques légèrement caramélisés).
De fines touches de menthol apportent un peu de fraicheur à l’ensemble.
 
La rétro-olfaction nous offre, quant à elle, une légère amertume fumée accompagnée de touches boisées et de réglisse relativement fraiche (encore et toujours ce menthol).
Au loin, on retrouvera un peu de fruits. Mais au loin hein.
 
La finale va rester sur ce côté réglisse. Elle sera assez longue et légèrement amère avec, derrière tout ça, des fruits exotiques (mangue) mais également des notes plus florales.
On terminera sur des notes mentholées extrêmement rafraichissantes.
 
C’est sympa aussi.
 

Kill Devil – Jamaica – Worthy Park – 10 ans – 46 % :

Kill Devil – Jamaica – Worthy Park – 10 ans – 46 % Kill Devil – Jamaica – Worthy Park – 10 ans – 46 %
Quand je vous disais que ça allait se ressembler ...
 
On fonce un peu : la robe se pare d'une couleur paille plus intense tendant vers l'or léger.
 
Le nez est – à nouveau – floral, un peu « animal » même, sur de légères notes de cuir avec un rien de solvant pour se donner bonne conscience.
On retrouve des épices relativement fines ainsi qu'un côté plus fruité, différent des autres, qui tend plus vers le raisin.
L'ensemble est toutefois hyper doux, sur des notes de caramel discrètes, voire de beurre (aaaah, le coté pâtissier qui clippe avec les notes florales ^^). A noter que, derrière cette douceur, on relèvera de fines touches salines.
Tout ça reste cependant relativement frais (menthol, oui, oui) et un rien boisé. Les fruits exotiques commencent à arriver de manière calme et distinguée (pas une grosse claque à la Hampden donc).
Avec le temps, il va se faire plus épicé, un rien plus boisé mais surtout plus herbacé et plus sec, limite poussiéreux avec une légère touche sucrée.
 
En bouche, c'est toujours très floral (en entrée de bouche) avant d'évoluer vers quelque chose de plus herbacé (sur des notes de pin sucré. Moment nostalgie : comme « les chiques de la « Madame au Marteau » de la galerie Opéra ». Toi, non liégeois, tu ne peux pas comprendre. Et c'est bien triste).
C'est plus intense, bien plus épicé (avec des notes poivrées mais aussi d'autres choses qui claquent bien) mais également assez fruité : les agrumes sont présents tout comme les fruits de la passion.
Un boisé légèrement amer est également de la partie et on pourra relever de fines notes de réglisse.
 
La rétro-olfaction est chaude, épicée (poivre, réglisse) mais également assez sèche sur un aspect plus terreux surprenant avec de belles notes d'ananas et de fruits de la passion.
 
La finale est longue (et sèche?) sur ce côté épicé, mentholé (à tendance réglisse) et sur de belles notes de fruits de la passion.
On notera un aspect boisé sous-jacent ainsi que le retour de ce côté salin perçu plus avant tout à la fin.
 
Le plus sympa des trois jusqu'à présent.
 

Kill Devil – Jamaica Pot Still – Hampden – 18 ans – 46 % :

Kill Devil – Jamaica Pot Still – Hampden – 18 ans – 46 %Kill Devil – Jamaica Pot Still – Hampden – 18 ans – 46 %
Vous étiez prévenus ...
 
Sa robe est de couleur paille (on ne change pas une équipe qui gagne).
 
Au nez ben … même à 46%, ça dégage hein. Mais c’est plus soft que ce qu’on pourrait imaginer.
Alors oui, il y a un fin solvant. Oui, il y a un côté colle forte/vernis. Oui, il y a des fruits tropicaux murs. Mais il y a aussi un petit côté fruits rouges déstabilisant. Et malgré tout ça, il conserve un peu de fraicheur (stupéfiant n’est-il pas ? ^^).
Par la suite, les fruits rouges, limite chimiques, vont aller en se développant et on va partir sur un produit tendant dangereusement vers l’ovni de chez Savanna (le HERR pour ceux qui s’interrogent).
On va même y relever des notes acidulées. Beaucoup de notes acidulées en fait (trop pour moi. Du moins pour un Jam’. Oui, je te vois là, toi, qui te dis que je bois du mezcal et que donc l’acidulosité – c’est moi qui écris donc j’écris le mot que je veux. Même s’il est boulversifiant d’inexistence … – ça ne devrait pas me déranger. Et bien ici, si.).
On notera un très léger menthol ainsi que des notes salées sur la finale (acidulé, salé, … olives, saumure ??).
Au plus ça s’aère, au plus ça lui fait du bien …
 
En bouche, c’est effectivement très HERR … C’est beaucoup plus sec, très, très intense, sur des notes de tabac plus que de fumée aromatisées aux fruits trop murs (on est en plein sur le fruit trop mûr).
Et quand je dis fruit, c’est fatalement exotique mais aussi fruit rouge (tendance HERR je vous dis).
C’est épicé juste ce qu’il faut.
La balance tabac/fruits penche d’un côté puis de l’autre à intervalles plus ou moins irréguliers. ^^
 
Niveau rétro-olfaction, c’est du HERR en plein : on est sur un gros fumé fruité (ananas, mangue, fraise (!)) avec des olives et quelques trucs en plus. Mais surtout ce côté mentholé qui fait définitivement pencher ce truc vers ce monstre réunionnais.
On relèvera également une légère amertume.
 
La finale est trèèès longue (trop ?), relativement sèche (le côté fruité va faire place à l’aspect tabac et à des notes plus typées olive) avec d’importantes notes salines sur la toute fin.
Ce côté mentholé qui nous a accompagné tout au long de la dégustation entrera également dans la danse histoire que l’on ne l’oublie pas.
 
Un OVNI, très clairement.
Trop particulier à mon goût.
Et même si niveau voltage ça ne tape pas, ben c’est trash dis donc !!
Après il semblerait que l'aération ai fait du bien à la fin du sample (mais bon, c'est un ami qui en a profité donc je ne le saurais jamais, si ce n’est sur base de ses notes de dégust’ ^^).
 
 
Rhum n' Whisky