samedi 31 décembre 2016

Cuisine de fête et dégustation hors de propos ...

Voilà, veille de nouvel an, avec Madame on réfléchit à ce qu'on peut faire comme plat (parce que zakouskis, check ; bisque de homard (maison of course ^^), check ; sorbet, check ; dessert, check et boissons, check).
Conclusion : des queues de langoustes à l'armoricaine !
Je vois que vous n'imaginez pas où je veux en venir donc place à l'explication : pour la sauce, il faut du cognac.
Vérification de la cave : vins, champagnes, whiskys, rhums, OK. Un peu de gin, de tequila, d'ouzo, de la grappa, du limoncello, du metaxa, quelques liqueurs, ...
Diantre ! Pas de cognac!

Du coup, ni une, ni deux, direction caviste. Dans ceux qui vendent du cognac (un alcool auquel je ne me suis jamais intéressé), je n'en connais qu'un donc je file chez Laurent.

Ceux qui me connaissent bien savent qu'outre le bien boire (vins et spiritueux), j'aime le bien manger. Et il est hors de question que je mette un alcool de merde dans un cocktail (bon, d'accord, j'ai déjà fait de mojitos au Havana Club ... j'ai droit à des circonstances atténuantes ? ^^) ou dans une sauce. Donc dans un plat de nouvel an...
Alors tant qu'à faire, de là à acheter un cognac, autant en prendre un que je pourrais si pas prendre plaisir à déguster, offrir à la famille ou aux amis sans me dire qu'il s'agit d'un produit infâme !

Du coup, après avoir annoncé mon budget, Laurent m'a proposé du Rémy Martin VSOP tout en me disant que moyennant quelques euros de plus, je pouvais avoir quelque chose de bien meilleur.
En l'occurrence ceci :
Rémy Martin - 1738 Accord Royal
Pour ne rien gâcher, tout ça se trouvait dans un canister collector signé Vincent Leroy.
En plus, une mignonette de XO (valeur bouteille de base de minimum 150 euros quand même) était offerte.
Chouette :
Rémy Martin XO
De la même forme que la bouteille originale. Cool ^^
Bien que ce ne soit ni le lieu, ni l'endroit (c'est la même chose, je sais, mais ça me permet d'insister comme ça), on va donc parler de cognac vu que l'occasion s'y prête (promis, après on en revient au rhum. Ou au whisky).

Rémy Martin, la marque - le produit :

On va faire bref ici : en 1724, Rémy Martin, viticulteur cognaçais, crée la marque du même nom. L'ensemble des raisins utilisés sont issus des meilleurs crus de la région, savoir Grande et Petite Champagne.
A noter qu'on trouve dans la gamme le mythique Louis XIII (dont la version de base se négocie à plus ou moins 2.000 euros - si on a de la chance - et la version ultra de luxe haut de gamme, la Black Pearl, à un prix explosant mon budget à une échelle stratosphérique. C'est d'ailleurs devenu plus un produit d'investissement qu'un spiritueux à déguster. Vous savez à quel point je trouve ça triste...).

Concernant le produit dégusté aujourd'hui, à savoir le Rémy Martin - 1738 Accord Royal, il semblerait qu'il soit produit à base de Grande Champagne à concurrence de 65% et de Petite Champagne à concurrence de 35% (à vérifier toutefois).
Pourquoi un nom si "bizarre" au fait ? Tout simplement parce qu'en 1738, le Roi de France (Louis XV), donna son accord à la Maison pour planter de nouvelles vignes afin de récompenser la qualité des produits et le savoir-faire de Rémy Martin. Cette cuvée est donc un "hommage" à ce moment marquant de l'histoire de la distillerie.

Bon, ce n'est pas tout ça mais place à la dégustation maintenant !

Cognac Rémy Martin - 1738 Accord Royal :

La couleur est d'un ambre profond tirant vers l'acajou et présente des reflets cuivrés.
Il m'a semblé percevoir un fin disque verdâtre à la surface du liquide (à reconfirmer lors d'une dégustation ultérieure).
Les jambes sont fines et espacées.

Au nez, c'est d'abord extrêmement fruité (sur la confiture) et relativement peu alcooleux.
Après un peu d'aération, c'est toujours très fruité (sur la marmelade - pour ne pas réécrire confiture) avec ça et là des touches d'épices et une certaine douceur.
Le boisé ultra-présent annoncé par certains ne m'a pas marqué plus que ça (c'est peut être dû à ce que j'avais mangé et bu avant mais bon).
Plus le temps passe, plus le produit se fait doux avec de légères touches de caramel de plus en plus présentes.

En bouche, suite à des expériences que l'on qualifiera de "malheureuses" ou de "insuffisamment initiées au niveau du palais", je m'attendais à un truc râpeux (certes beaucoup moins après les arômes du nez mais quand même). Et bien non. Du tout !
C'est extrêmement rond et pour tout dire, vachement bien foutu !
On est toujours sur des notes de fruits version confiture mais avec cette fois beaucoup plus d'épices (principalement de la cannelle mais aussi quelques notes de gingembre qui rehausse le tout).
En rétro-olfaction, c'est toujours "très" épicé mais surtout très agréable.
Il est bon de noter que beaucoup y trouvent des notes chocolatées (surtout du chocolat noir). Ca a l'air évident quand on lit leurs notes de dégustation. Ca l'a été beaucoup moins pour moi à la dégustation. Tout le monde paraissant unanime, en cherchant bien et après m'y être replongé à plusieurs reprises et en gardant le produit en bouche relativement longtemps (qui a dit "anesthésie des papilles" ?!?), et bien, oui, on peut déceler quelques notes chocolatées. Mais j'ai trouvé ça très très très léger. Après mon avis n'engage que moi et je n'y connais rien en cognac hein ;-)

La finale est ronde, onctueuse, douce et longue à la fois avec quelques unes des notes épicées relevées à la bouche.

Un très très chouette produit donc.
Je suis content de mon achat et n'hésiterai ainsi pas à faire quelques infidélités à mes deux spiritueux favoris pour vider la bouteille.
Je prendrai également un certain plaisir à déguster la mignonette de XO et continuerai à espérer pouvoir sentir et déguster - un jour - quelques centilitres (faut pas déconner non plus) de Louis XIII (la version de base ; je le redis, faut pas déconner hein).

Sur ce, fin de la digression et bon réveillon à tous.

A bientôt pour un retour à des articles relatifs à des dégustations plus "habituelles".


Rhum n' Whisky

vendredi 23 décembre 2016

Back in Bierset (aka "dégustation Brut & Wine ter")

On aurait appeler ça "Return of the Fred" vu que la soirée était une nouvelle fois animée par Mr Frédéric Muller.
Pour ceux qui n'ont pas suivi et qui ne veulent pas scroller jusqu'au précédent article, cliquez ici pour plus d'info.

Nous revoici donc à Liège-Airport (Brut & Wine) pour une nouvelle dégustation de whiskys de chez Nectar, cette fois tournée vers des destinations plus exotiques : l'Irlande, la France, la Suède, ... Quoi, comment ça "Où est l'exotisme ?" ? On se calme et on lit attentivement. Les USA, l'Inde et Taiwan. Voilà, content ?
Brut & Wine - carte de la soirée
Petite représentation graphique de la chose
Le line-up de la soirée, dans l'ordre cette fois :
Brut & Wine - Around the World - line-up
C'est mieux que la dernière fois non ? C'est pas encore ça mais on progresse !
Vu qu'on a déjà un peu fait le tour la dernière fois (Brut & Wine, Nectar, ...) et qu'on n'a toujours pas de photo de Fred (je loose, je sais), on va directement passer à la dégustation (dans l'ordre de la soirée).

Teeling Whiskey - Single Malt :

La famille Teeling et le whiskey (irlandais donc), c'est une longue histoire : le père des dirigeants actuels de Teeling a tout de même fondé la distillerie Cooley et, si on remonte beaucoup plus loin, Walter Teeling ouvrait déjà une distillerie en 1782. Rien que ça.

Société d'embouteillage fondée en 2012, elle possède sa propre distillerie depuis 2015, ce qui en fait la première distillerie créée à Dublin depuis plus de 125 ans.
Fatalement sans stocks propres, la distillerie se fournit chez Bushmills, Midleton et ... Cooley.

En 2015, Whisky Magazine désignait le produit qui suit comme meilleur single malt irlandais.
Teeling Whiskey - Single Malt
De loin, ça fait un peu (beaucoup) bouteille Velier non ? ^^
On part ici sur un non-aged (il y a dedans des distillats allant quand même jusqu'à 23 ans) embouteillé à 46°. C'est un blend composé de whiskys élaborés à partir d'orge malté affinés dans différents types de fûts (Sherry, Porto, Madère, Bourgogne blanc et Cabernet Sauvignon).

De premier abord, c'est clair. On part donc sur une couleur paille.

Au nez, c'est très (mais très très) fruité et légèrement épicé.

En bouche, on démarre sur quelque chose de plus épicé et de plus sec avec des petites touches de boisé. On assiste par la suite à un retour des fruits (fruits blancs et agrumes) avant de laisser place à des notes que je qualifierais de plus "pâtissières et biscuitées".

La finale est moyenne et est en harmonie avec la bouche toutefois agrémentée de quelques touches épicées ça et là.

Un début sympathique, léger et relativement facile d'accès. Pas besoin de plus pour débuter.

Kavalan - King Car Whisky :

Direction Taïwan et la distillerie Yuan-Shan dont on a déjà plus longuement parlé ici.
On va donc s'intéresser tout de suite au produit du soir :
Kavalan - King Car Whisky
Généralement le packaging est sobre chez les asiatiques.
Celui-ci aurait vieilli trois ans. Oui, c'est peu mais c'est trois ans à Taïwan. Ca a son importance et je ne peux que vous renvoyer à l'article précité pour que vous puissiez mesurer l'importance de la chose.

Donc vieilli trois ans dans - sauf erreur - huit types de fût différents (au rang desquels figurent très certainement Sherry et Bourbon).

Bien qu'il soit clair sur la photo, il présente - dans le verre - une couleur tirant vers l'ambre foncé à reflets orangés/dorés.

Au nez, j'y ai surtout relevé des notes types Sherry (notes vineuses, raisins secs, ...) ainsi qu'une certaine douceur au travers d'arômes fruités et de touches de miel et/ou de caramel.
Il y avait bien plus de choses à y relever qui arrivaient au fur et à mesure mais on n'avait pas toute la soirée non plus.
Au premier abord, un nez relativement complexe donc.

En bouche, les épices se font beaucoup plus présentes (notes de poivre, présence de vanille, ...) avant un retour sur le fruit à tendance "confiture" (et non sur le fruit "confit", à ne pas confondre) qui apparait sur la longueur.
Très très chouette.

La finale est quant à elle bien plus longue que celle du premier produit dégusté et relativement épicé. Il présente également un côté malté et vanillé.

D'un extrême à l'autre aurait-on envie de dire. On peut dire qu'avec celui-ci on passait aux choses sérieuses et que la dégustation commençait vraiment pour moi.
Bon, après, Kavalan j'aime bien mais ce n'est pas nouveau non plus.

Mackmyra - the Living Cask edition :

Celui-ci, j'ai prévu de vous en parler dans un autre article donc on ne va pas s'étendre sur la distillerie ni sur les particularités du produit cette fois-ci (dommage parce qu'il y a plein de choses à dire). Mais on y reviendra vite, promis !
Une photo pour la route quand même :
Mackmyra - gravity cask
Un fût ? What the f*** ?
Quelques notes (qui seront bien plus détaillées prochainement) histoire de vous mettre en appétit ?

Une belle couleur paille à reflets dorés, un nez sur le fruit, la vanille et des notes végétales, une bouche toujours sur le fruit mais avec un caractère plus terreux et une finale relativement longue et épicée.
Ca donne envie hein ?

Patience, la bouteille est à la cave et n'attend plus qu'on la débouche ! Je suis fourbe, je sais ...

Pour vous mettre encore plus l'eau à la bouche : LE whisky de la soirée !

Au fait, on était en Suède.

Armorik - Double Maturation :

Petit détour en France cette fois. Plus précisément du côté de la distillerie Warenghem (ça fait un peu Belgique avec un nom pareil ^^) qui n'est autre que la plus ancienne productrice française de whisky : l'aventure débuta en 1987 pour entrer de plein pied dans le single malt en 1994.
La distillerie s'appuie également sur un long savoir-faire dans la production de liqueur de qualité.

Voici le produit qui nous intéresse :
Armorik - Double Maturation
Armorik, le whisky breton !
Petit passage par les distinctions (ça fait toujours bien ... ou pas en fonction de qui les décerne) : meilleur whisky du "Nouveau Monde" de moins de 12 ans en 2012 et meilleur whisky européen tout court en 2013.
Ici on parle quand même de distinctions décernées par Whisky Magazine hein, pas de celles refourguées au salon alsacien de la saucisse de Francfort.

Titrant à 46°, non-filtré à froid, il a vieilli 5 ans en fût de chêne français toasté (ah, un côté fumé serait donc présent) avant de passer un an et demi à deux ans en fût de Sherry Oloroso.
Ami des Elfes, des fées, des Kobolds, trolls et autres créatures imaginaires (et tes enfants qui aiment Merlin l'Enchanteur aussi) ou toi, fan de Kaamelott, ce whisky est pour toi : les douelles des fûts de chêne français proviennent d'arbres issus de la forêt de Brocéliande. Fun ^^

Sinon niveau dégustation, il présente une belle couleur dorée.

Au nez, des notes fumées très présentes initialement disparaissent progressivement pour laisser place à des arômes boisés et plus doux (sur les fruits secs) ainsi qu'à de légères touches vineuses.

Pour la bouche, ça m'a fait un peu le même effet que le Kilchoman Sanaig mais à l'envers : d'abord l'influence du Sherry puis le camphre et les notes médicinales.
Comme ça vous pouvez essayer de comparer ce qui ne l'est pas vraiment (ça n'a donc aucun intérêt mais je m'en fiche, c'est moi qui écris après tout).
Il est toutefois plus doux (touches de caramel) et l'influence Sherry se manifeste au travers d'épices variées (parmi lesquelles on retrouve une nouvelle fois la cannelle mais aussi la muscade et un rien de gingembre).

La finale reste sur les épices mais le côté tourbé revient pas mal.

Toujours pour comparer, je préférais le Kilchoman. Après ce n'est pas mal fait mais, de mémoire, la version non tourbée m'avait fait meilleure impression au Whisky-Live.

Paul John Peated :

On traverse l'Océan pour partir en Inde mais on reste dans la tourbe (si le nom n'est pas assez clair, je ne peux rien faire pour vous).

Paul John, c'est un peu un coup de folie de la part de cet entrepreneur indien du même nom (après tout, pourquoi chercher un nom compliqué quand il suffit d'utiliser le sien ?) : l'envie de créer un whisky indien "premium" mondialement reconnu. Pas mal comme ambition (Ca me fait d'ailleurs penser que le problème de la "premiumisation" des alcools mériterait bien un article à lui tout seul...).
Pour l'instant beaucoup de gens connaissent Amrut mais il va falloir commencer à compter de plus en plus avec la distillerie de Goa.
Créée en 2004, la distillerie utilise de l'orge cultivé sur l'Himalaya (oui, ça en jette, je trouve aussi), fait vieillir ses fûts en sous-sol (mais ceux-ci subissent quand même une part des anges importante de plus ou moins 10 % par an, climat tropical oblige) et se fournit sur Islay pour ses besoins en tourbe (ça c'est quand même bien amené non ?).

Paul John Peated
Personnellement, j'imagine mal mon nom sur une bouteille mais bon ...
La robe est ambre à reflets dorés.

Le nez est quant à lui assez surprenant : doux (sur la vanille) et épicé avec de très faibles notes fumées qui tendent plus vers le cuir.
Et pour un brut de fût (plus de 55% quand même), il n'assomme pas les narines.

En bouche, il parait presque crémeux. Les notes tourbées et fumées sont là mais, comme pour le nez, elles restent enveloppées dans un certaine douceur (sucre brun) avant de laisser place à des arômes plus épicés (notamment quelques touches poivrées).

La finale est elle aussi surprenante : elle est longue sur des notes fumées et de cuir. On part clairement sur quelque chose que je qualifierais "d'animal".
Comme pour le reste, on perçoit derrière tout ça un peu de douceur et de fruité.

Un bien beau produit qui mérite que l'on s'y replonge à nouveau.
Quand vous écrivez des trucs pareil vous sentez que vous tombez doucement mais surement dans le monde de la tourbe (Et pas que doucement vu que quelques jours après, j'ai - enfin - gouté le classique Lagavulin ... que j'ai apprécié. Je ne me suis pas roulé par terre de plaisir non plus mais je ne l'ai pas craché en faisant une grosse grimace donc il y a du progrès je trouve ... Octomore me voilà ! Oui, autant y aller sans aucune modération :p).

Michter's Small Batch US 1 Bourbon :

Oui US pour Stazunis. Le pays du Lemmy, pardon, du Jack Daniel's mais pas que comme nous allons le voir.

Michter's c'est assez ancien (on remonte quand même à 1753) et ça se trouvait initialement en Pennsylvanie et s'appelera vraiment Michter's à partir des années 1950.
Peu de détails si ce n'est que la distillerie ferme en1989 et est relancée dans les années 1990 dans le Kentucky (oui, oui, la patrie du "Lemmy". Il va falloir vous y faire, c'est comme ça que j'appelle le JD).

On est donc ici sur un bourbon, c'est à dire un whiskey élaboré au Kentucky (pas nécessairement mais c'est quasi toujours le cas) à partir d'un mélange de céréales contenant un minimum de 51% de maïs ; les autres céréales étant l'orge, le malt et le seigle.

Et sinon, c'est bon ça ?
Oui, très. Explications :
Michter's Small Batch US 1 Bourbon
J'ai mis une légende pour le principe parce que je n'ai pas vraiment grand chose à dire ...
La bouteille donc !
Sa robe est ambre à reflets dorés.

Au nez, par rapport aux deux derniers, on change clairement de registre : Vanille (beaucoup) et coco (pas mal) dominent (Ca fait un peu marqueurs barbadiens dit comme ça, je sais). On fait donc face à un produit très très doux présentant également quelques notes beurrées.

La bouche reste sur la douceur et on y trouve sans devoir se casser la tête des arômes de vanille, des notes de sucre roux (de part chez nous, on dit cassonade) ainsi que quelques épices (cannelle surtout) plus présentes en rétro-olfaction toutefois.

En finale, les épices (avec ici des notes poivrées) et la coco ressortent.

De ce que j'en ai lu, beaucoup lui trouve des notes d'orange et de fruits mûrs. Je suis complètement passé à côté.
Ca n'empêche pas qu'il s'agit d'un chouette produit permettant d'éviter de boire du Lemmy quand on vous demande un bourbon.
Peu connaisseur de ce type de whisky, ce fut une découverte fort agréable.

Voilà, c'est déjà fini.

Encore merci à Laurent et Max pour l'organisation et à Fred pour avoir, une fois encore, présenté tout ça de main de maître.
On remet ça quand vous voulez (mais deux sur la même semaine, c'est un peu chaud les gars).


Rhum n' Whisky

jeudi 22 décembre 2016

Only Scottish (dégustation Brut & Wine)

Hop là, retour chez Brut & Wine (pour ceux qui ne savent pas ce que c'est ; voyez par ) pour une soirée dégustation autour de produits écossais.
Et uniquement écossais cette fois (la prochaine, on voyagera un peu plus).

flyer B&W
C'est écrit en plus : "Only Scottish"

Niveau line-up, comme ma photo est pourrie (si si, vous allez voir), je vous annonce la couleur, sauf erreur dans l'ordre de dégustation (je ne suis plus sur pour les produits dégustés en 2ème et 3ème position) :
- Hazelburn 10 ans
- Jura 16 ans
- Arran 14 ans
- GlenDronach 21 ans - Parliament
- Kilchoman Sanaig
- Compass Box Peat Monster
B&W line-up
Quand tu vois mieux ce qu'il y a autour des bouteilles que les bouteilles, c'est que tu as foiré ta photo ...
Le tout a été présenté de main de maître par Fred Muller, freelance de chez Nectar (oui, la dernière fois, j'avais une photo de notre Maître de Cérémonie et, non, cette fois je n'en ai pas ... honte sur moi).
Bon Fred, outre le fait qu'il soit super sympa, est quelqu'un qui vit et respire whisky. Du coup, quand il vous en parle, c'est juste génial ! C'était un peu notre "whisky-bible" du soir ^^
Pour vous donner une idée du bonhomme, c'est lui qui rédige une partie des notes de dégustation dans le bouquin "promo" de chez Nectar (au demeurant très bien foutu) :
Nectar - Around the World in 180 Spirits
Oui, ça prend de la place question hauteur.

Ok mais Nectar c'est quoi ?
The Nectar - logo
Un logo simple mais efficace
Fondée en 2006, la société "The Nectar" distribue plus de 2.000 références en spiritueux (principalement whisky mais aussi rhum, armagnac, cognac, ...) en majorité par l'intermédiaire de cavistes ou grossistes.
Ils sont constamment à la recherche des meilleurs spiritueux et vous pouvez parfois (il suffit de chercher un peu) trouver des embouteillages spéciaux floqués à leur nom.

Les présentations étant faites, il est temps de passer à la dégustation.

Ah oui, soirée intime, nous étions six (Laurent, sa compagne, Max, Fred et moi ... 5 donc ? Non, 6, on a eu un retardataire) : le chef, Madame, son associé, notre maître de cérémonie et deux clients.
Pour nous c'était très chouette. Question rentabilité, ben, un peu moins ...

Hazelburn - 10 ans :

Hazelburn nous emmène dans la région de Campbeltown et plus précisément chez Springbank (qui produit donc du Springbank, du Hazelburn et du Longrow).
Il s'agit d'une des dernières distilleries indépendantes d'Ecosse (l'autre étant Glenfarclas). Elle utilise une méthode particulière et unique de distillation dite de "double distillation et demie" (en gros, pour apporter une plus grande richesse aromatique au produit fini, il est opéré une troisième distillation "partielle"). Dans le cas de Hazelburn, il s'agit toutefois d'une triple distillation (comme en Irlande).
Springbank est une distillerie atypique à différents points de vue : d'une part, elle est isolée (attention, je parle ici au sens des normes écossaises, le pays où parfois tu ne croises que des champs, des collines et des brebis sur de très longs kilomètres). Comprendre, c'est le trou-du-cul du monde... D'autre part, il s'agit à peu de chose près de la dernière distillerie artisanale vraiment en activité (ses aires de maltage sont toujours utilisées).

Ah oui, photo :
Hazelburn 10
Un packaging sobre, une couleur pâle
La version 10 ans de chez Hazelburn titre à 46° et a été vieillie en futs de bourbon d'où sa couleur paille.

Au nez, c'est fruité (fruits blancs) et très légèrement épicée. Après quelques temps, des notes maltées font leur apparition.

Le côté fruité ressort également en bouche mais laisse aussi place à des notes que je qualifierais de plus "végétales". En fin de bouche, des touches de caramel apparaissent ça et là.

La finale reste dans la même veine fruitée (surtout la pêche) et la douceur persiste longuement en bouche.

Une belle entrée en matière.

Jura Duriachs' Own - 16 ans :

Retour dans les Highlands, plus précisément dans les îles (nous sommes ici proche d'Islay).
Jura en langue nordique, ça veut dire "cerf". Tout s'explique quand on sait que l'île compte plus ou moins 5.000 cerfs pour 200 habitants (les Diurachs, du nom de la bouteille donc).
Créée dans les années 1960 pour donner de l'emploi aux habitants de l'île, la distillerie avait surtout vocation à fournir un whisky pour servir de base à des blends au style "Speyside".
Sinon Jura c'est aussi :
- l'île où George Orwell a écrit 1984, roman d'anticipation dans lequel apparaît Big Brother (le vrai, le seul ^^) ;
- l'île où Jimmy Cauty et Bill Drummond (The KLF) ont brûlé 1.000.000 de livres en billets de 50 dans les années 1990 (ça laisse songeur) ;
- le Corryvreckan (nom d'un embouteillage d'Ardberg soit dit en passant), maelstrom au nom imprononçable qui se situe au nord de l'île ;
- la possibilité de faire partie des "Amis des Diurachs" et de se voir offrir un dram une fois par an quand on passe sur l'île (fun et sympa. Il faut juste y aller ...).
Sinon, rien de bien folichon chez Jura (hormis les bouteilles aux whiskys très âgés et donc impayables) dans la gamme normale à part ce 16 ans embouteillé à 40° (quelle idée) vieilli à concurrence de 90% en fûts de chêne blanc américain et à concurrence de 10% en fûts de Sherry Oloroso.
Jura Diurachs' Own 16
Une bouteille à la forme immédiatement reconnaissable
Tout de suite, celui-ci, il fait plus vieux en présentant une couleur ambre à reflets orangés.
Appétissant.

Au nez, c'est biscuité, fruité et, au vu de mes notes, il présenterait des notes de sirop de sucre (oui c'est flou, je sais). Le malt fait son retour par la suite.

En bouche, le miel est immédiatement reconnaissable. Il forme un ensemble harmonieux avec les fruits secs.
C'est "chaud et doux" avec un retour sur le caramel (tant en rétro-olfaction qu'en fin de bouche). Quand je vous parlais de sirop de sucre, ce n'est visiblement pas trop une connerie ^^

La finale, assez brève, commence par de légères notes plus épicées avant de laisser place à une légère amertume (c'est du moins l'effet qu'il m'a fait).

Sympa, sans plus. La grande question maintenant : Pourquoi le réduire à 40° ?!?

Arran - 14 ans :

Bon, ici, ce n'est pas compliqué, je suis fan. Complètement.

Arran 14
Photo pour ceux qui auraient oublié
Celui-ci j'en ai déjà parlé plus longuement donc je vais tout simplement (qui a dit "de manière honteusement paresseuse" ?) vous renvoyer à l'article dédié.
C'est là que ça se passe : "Arran 10 14 18"

Sinon, on reste dans les îles (sur l'île d'Arran pour être précis. Oui, les écossais font preuve d'un manque d'imagination flagrant au moment de choisir le nom de leur distillerie). et je l'ai quand même dégusté (faut pas déconner non plus).

Bon, ça c'est fait. Suivant !

GlenDronach - Parliament 21 ans :

Pour continuer sur ma lancée, je vais tout simplement vous renvoyer là-bas pour un peu plus de détails sur GlenDronach.
On passe donc dans le Speyside pour cette version embouteillée à 48°.

GlenDronach - Parliament 21
Pour moi, il s'agissait tout simplement de la bouteille à ne pas rater ce soir !

Présentant une couleur ambre assez foncée à reflets dorés, il est plus "clair" que le 18 ans. C'est simplement dû au fait que le vieillissement a eu lieu tant en fût de sherry Oloroso qu'en fût de Pedro Ximenez.
Sherry sherry donc. Miam miam.

Au nez, on est clairement sur attaque sherry avec pas mal de notes boisées (le fût mais aussi le bois précieux).
Les notes de l'Oloroso ressortent clairement au début pour s'assagir par la suite et laisser le Pedro Ximenez s'exprimer (on passe ainsi de l'épicé bien lourd à quelque chose de bien plus doux).
Loin d'être un sherry monster, c'est toutefois hyper bien maitrisé. J'adore !

En bouche, et bien, ... Sherry hein (ça parait logique non ?). On part sur les épices (un peu de cannelle notamment), les figues, le bois, la cire, ...
L'âge a clairement influencé les arômes ici. Et, au vu du résultat, tant mieux !

La finale est dans la même veine : épicée (longue, longue, longue) tout en restant dans la douceur (ah, le Pedro Ximenez, tout un programme quand même). On peut même y trouver quelques notes de moka.

Pour moi, c'était très clairement LE whisky de la soirée !

Kilchoman Sanaig :

Bon, voilà le moment de la soirée que je redoutais un peu : l'arrivée sur Islay (à prononcer "Eye-là" pour faire le malin), l'île des whiskys tourbés.
Je dois bien reconnaître que je n'étais vraiment pas plus emballé que ça ...

Tant qu'à aller sur Islay, autant s'intéresser à la distillerie la plus récente de l'île (la première construite depuis plus de 120 ans) et si pas la plus jeune d'Ecosse.
Kilchoman a été créée en 2005 et a sorti son premier whisky (tourbé donc) en 2009.
Petite distillerie de par la taille et la production (vraiment très faible d'où la difficulté de mettre la main sur certaines bouteilles), elle est couplée à une ferme et dispose de ses propres aires de maltage.
A noter : aucun fût ne quitte l'île, tout est vieilli et embouteillé sur place.

Bon place à la bête maintenant :
Kilchoman Sanaig
Encore un packaging classieux

Nous avons donc eu l'opportunité de découvrir la dernière version de chez Kilchoman appelée Sanaig, du nom d'une calanque située non loin de la distillerie.
Embouteillé à 46°, il a vieilli à concurrence de 50% en fûts de bourbon et de 50% en fûts de Sherry.

Ici, la dégustation a clairement eu lieu en deux temps : avant et après aération.
On va être bref sur la première partie :

La couleur est dorée. C'est la seule chose qui ne changera pas.
Le nez était clairement sur des notes de camphre et médicamenteuses. Beurk.
La bouche était tourbée et spéciale ("spéciale" dans le sens "beurk" ici aussi).
La finale enfin était fumée.
...
Comme vous voyez, que du bonheur ... Mon appréhension semblait justifiée. Dommage.

Et puis là, on est tous resté sceptique parce qu'à peu près personne (même les amateurs de tourbes) n'a apprécié.
Jusqu'à ce qu'on décide de s'y replonger après aération (courte, certes, mais quand même).
Et là, miracle :

Une couleur dorée toujours.
Notez bien, si la couleur de votre whisky change après quelques minutes, foutez le à l'évier.

Le nez, bien que toujours sur des notes typiquement Islay, partait plus vers le caramel avec des notes sucrées pas désagréables du tout.
Tout de suite, ça met plus en confiance.

La bouche, toujours tourbée (sinon, c'est louche quand même pour la région) faisait quant à elle place aux agrumes et toujours à ces notes de caramel retrouvées au nez.

La finale enfin laissait - à travers la fumée - passer des notes fruitées et douces (caramel quand tu nous tiens ...) pendant un très long moment.

Et oui, après aération, c'est devenu un très chouette produit.
Quand je disais que je n'aimais pas la tourbe mais que je me soignais !

Voilà, on arrive doucement mais surement au dernier de la liste.

Compass Box - The Peat Monster :

Bon, là j'avais déjà plus confiance parce que Compass Box ça m'avait laissé un super souvenir au dernier Whisky-Live (j'avais - à peu près - goûté et apprécié tout ce qui était présenté, et oui).
C'est en fait un embouteilleur indépendant. La société a été créée en 2000 par un américain, John Glaser.
Son concept : créer des blends très aromatiques et extrêmement complexes (qui ont tous des noms totalement tarabiscotés). C'est quasi à chaque fois des produits top ! Quasi car je n'ai - malheureusement - pas pu dégusté toute la gamme.
Il est bon de savoir que ce bon vieux John a quelque peu fait scandale à l'époque car il prône une transparence totale de ses produits (en gros il dit qu'il a mis x% de tel whisky de tel âge dans son blend et ainsi de suite jusqu'à remplissage complet de la bouteille). La Scotch Whisky Association, un ensemble de personnes très honorables défendant les vraies valeurs du whisky (on peut dire aussi des vieux casse-couilles dans ce cas-ci) lui ont fait savoir que cette manière de faire était scandaleuse car il faut indiquer sur le blend l'âge du whisky le plus jeune pour ne pas tromper le client... Oui, alors qu'il indique tout ce qu'il met dans son blend avec précision. Certains grands noms du whisky on gentiment dit à la SWA de se calmer et de retourner jouer aux billes parce que franchement voilà quoi.
Pour ne pas arranger sa situation, Monsieur Glaser a sorti ce qu'on pourrait qualifier de whisky arrangé : l'Orangerie, un whisky titrant à 40° quand même dans lequel a macéré des écorces d'oranges. Il parait que c'est juste sublime.
Enfin, il vient de sortir un produit baptisé "whisky de table" mais, surtout, un "three year old Deluxe" (à un prix très élevé mais contenant de très très vieux whisky ainsi que très très peu, vous l'aurez compris , de whisky de trois ans d'âge) juste pour bien se foutre de la gu****de la SWA... Ca ne va pas arranger sa situation ^^

Ce n'est pas tout ça mais il est temps de passer au produit dégusté :
Compass Box - The Peat Monster
Non seulement, ils ont toujours des noms étranges mais leur packaging est juste génial (mon avis n'engage que moi).
Donc un blend de plein de produits, c'est à dire ?
- 40 % de Laphroaig pour le côté fumé et marin ;
- 20 % de Ledaig pour le côté tourbé ;
- 13 % de Caol Ila pour la fumée, encore ;
- 26 % d'Ardmore pour son côté malté ;
- 1 % de whisky des Highlands (selon le site un mariage de Clynelish - je le savais ^^ - de Teaninich et de Dailuaine vieillis en fût de Bourgogne toasté) pour apporter une note épicée à tout ça.

Ok les chimistes, mais c'est bon sinon ?
Et comment !

La couleur est légère, très légère (paille claire).

Au nez, ce qui frappe pour commencer ce sont les notes fruitées (fruits bancs) et d'agrumes avant de laisser place aux arômes que l'on attend plus de ce type de produit : salines (air marin, tout ça tout ça) et fumées.
Très très chouette.

En bouche la tourbe est bien présente mais elle est très légère. Des notes d'épice et de caramel complètent le tout, en faisant ainsi un produit complet et agréable en bouche.
En rétro-olfaction, la tourbe revient en force.
Vraiment très bien foutu.

La finale est longue, sur la cendre tout en réservant une place à des touches plus douces.

Vous l'aurez compris, c'est - avec le GlenDronach - l'autre whisky de la soirée.
Je me dis d'ailleurs de plus en plus que Compass Box, pour faire aimer le whisky à celui qui n'aime pas et bien, c'est vraiment extra.
Enfin, vous constaterez que je commence progressivement à apprécier la tourbe.

Voilà, cette fois c'est fini.

Un grand merci à Laurent, Max et Fred. C'était une super soirée les gars ! Vivement la prochaine !


Rhum n' Whisky

lundi 19 décembre 2016

Soirée dégustation "Amateurs confirmés" chez Créatif

Créatif... Ca ne fait pas un peu salon de coiffure ça ?
En fait si. Il s'agit tout simplement du salon de Salvatore Dispenza, le seul coiffeur qui - à ma connaissance - vous propose d'accompagner votre coupe de cheveux d'un verre de rhum.
J'accroche carrément au concept.
Pour les intéressés : rue Neuve 5 à 4680 Oupeye (Hermée).
Allez-y, il est super sympa !

Mais sinon, des soirées dégustations dans un salon de coiffure ? Et oui, Salva aimant le rhum et disposant d'un espace suffisamment grand pour entasser tout un tas de gens, il peut nous recevoir quand le salon est fermé.

Au niveau de la fourniture du précieux liquide, c'est Ruben - aka "pare-bichon" - qui s'en charge. Pour beaucoup, Ruben est passé du stade de dealer de rhum à bonne connaissance puis ami.
Que voulez-vous, ça rapproche l'alcool ;-)

Au fait, "amateurs confirmés" ? Yep, il y avait aussi la possibilité de faire une soirée "découverte" pour les nouveaux venus dans le monde du rhum. Un chouette concept.

Juste une chose, si vous avez un chien, petit et blanc, évitez de venir avec lui (éviter de venir avec un chien, tout simplement). Ceux qui étaient là comprendront, les autres non (et ce n'est pas plus mal) :'-D

Créatif salon
En gros plan : Ruben (égocentrique va ^^) et dans le fond, à gauche, en blanc, le bras en l'air : Salvatore (si, avec tous ces détails, vous le retrouvez pas, n'essayez jamais de trouver Charlie...)

Maintenant que le décor est posé, place à la dégustation :

Botran 1893 "collector" :

On commence gentiment par un ron très agréable et tout en douceur dans une version collector (un packaging bien plus sympa que l'actuel) et donc plus ancienne. Logiquement meilleure que l'actuelle (tout comme le vieux Zacapa 23 et l'actuel), il n'a toutefois pas été possible de comparer. A refaire.

Sinon, Botran ça vient du Guatemala, pays où il existe une "appellation d'origine". On est loin de l'AOC martiniquaise mais c'est déjà ça.
Les deux principales caractéristiques de Botran sont :
- un vieillissement à plus de 2.000 mètres d'altitude (ils ne sont plus les seuls à y procéder mais ont été les premiers) ;
- l'utilisation de la méthode Solera d'une manière un peu particulière : différents types de fûts sont employés (bourbon, sherry, porto).

Botran 1893
Oui, la photo, le cadre et le fond rose sont à chier. On est d'accord.
Mais c'est la seule qui montrait bien tout le packaging de la bête.
Il présente une belle couleur ambre à reflets dorés.

Au nez, une nouvelle fois, on est sait que l'on est sur un ron : c'est doux, sur le caramel principalement.
J'y ai également relevé de légères notes fruitées (qui ne m'ont pas donné l'impression de rester bien longtemps) ainsi qu'une légère touche de tabac.

La bouche - tout en restant sur le caramel - est plus épicée (cannelle) avec des notes d'orange. Les touches fruitées s'imposent de plus en plus sur la longueur.
On y détecte également quelques notes de cuir.

La finale reste sur les mêmes aromes que celles décrites ci-dessus, de façon légèrement plus intense. Enfin, j'y ai trouvé une note amère assez surprenante sur la fin.

Quorhum 30 ans :

Peu d'info sur Quorhum si ce n'est qu'il fait partie de l'écurie Oliver & Oliver, société de République Dominicaine qui procède à des assemblages de "rhums dominicains" (c'est-à-dire fermentés et distillés dans le pays) au rang desquels figurent notamment les rhums Opthimus, Cubaney, Unhiq XO, ...
Une nouvelle fois, il s'agit d'un ron vielli en Solera.

Quorhum 30
Un peu trop clinquant je trouve. Mais ça attire le chalan ^^
Celui-ci est tout de suite plus foncé : on part sur une couleur ambre à reflets cuivrés.

Au niveau du nez, je suis resté sur la vanille et le caramel. Ces deux arômes majeurs m'ont semblé couvrir le reste et notamment les quelques notes fruitées bien cachées.
C'est très agréable hein, je n'ai pas dit le contraire mais je n'ai pas trouvé ça exceptionnellement renversant.

En bouche, c'est très doux (c'est un ron pour rappel, donc c'est logique) : on reste sur le caramel et la vanille mais des notes épicées (quelques touches poivrées surtout) viennent rehausser le tout.

La finale reste sur les mêmes notes. C'est très doux et légèrement épicé. Un beau produit, très agréable mais je trouve qu'il lui manque le truc qui fait mouche (ou alors je suis complètement passé à côté).

Damoiseau 2008 :

Retour sur l'agricole avec un petit passage en Guadeloupe et plus précisément au Domaine de Bellevue dans la commune du Moule (vous pouvez y aller avec les jeux de mots pourris, faites vous plaisir ...).
Première marque de Guadeloupe, Damoiseau exporte dans de nombreux pays (plus de 40) ce qui est assez rare pour être souligné.
A noter que Damoiseau produit un rhum léger et a fortiori plus accessible que d'autres agricoles. Le rhum sortant à plus de 80°, il est moins chargé en éléments gras et acides qui rendent, certes, le rhum plus riche mais aussi plus "agressif" que des produits distillés à un degré inférieur.

Le millésime 2008 - baptisé "cuvée subprime" - présente un vieillissement de 7 ans (il a été embouteillé en 2015) en fût de bourbon de 220 litres.

Damoiseau 2008
Une cuvée baptisée "Subprime" (c'était dans l'air du temps)

Il présente une couleur dorée à reflets intenses (orangés ?).

Celui-là, il m'a scotché directement. Pas nécessairement dans le bon sens, ni dans le mauvais : j'ai juste été plus que surpris par cette impression de retrouver - au nez - des notes de sauce nuoc-mâm !
...
Oui, moi aussi, ça m'a fait cet effet là...
Mais bon, c'était juste le premier nez, rassurez-vous !
Cette impression disparaît toutefois très rapidement pour laisser place à des notes de fruits (jaunes), de plus en plus fortes, ainsi qu'à des touches boisées.

En bouche, c'est chaud, fruité et légèrement épicé. Des épices qui sont de plus en plus présentes au fil de la dégustation.
On y retrouve aussi des notes boisées.

La finale est moyenne et relativement sèche. Les épices restent un certain temps, le boisé est toujours là et les fruits font un léger retour sur la fin.

Un tout beau produit. Vraiment (même malgré la première impression étrange) !

New Grove Double Cask Moscatel :

Là, normalement, on devait gouter l'El Dorado 15 ans mais le connaissant déjà, j'ai pu tester autre chose. Rassurez-vous, une note sur ce dernier suivra prochainement.

New Grove, j'y suis venu tout récemment (avec le Salon du Rhum pour ceux qui suivent) et la découverte a été incroyable (je n'ai pas goûté le plus dégueulasse non plus hein).
Créée en 1932, la distillerie Grays - qui produit donc New Grove - est  le plus important producteurs de spiritueux de l'Île Maurice.
Dès 2004, la distillerie a acquis de nombreux fûts de qualité destinés au vieillissement.

La version qui nous intéresse aujourd'hui est celle vieillie en fût de moscatel. On devrait plutôt dire "finie" car le vieillissement a d'abord été effectué en fût de chêne français durant 7 ans et a subi une finition en fût de vin doux portugais pendant une année.

New Grove Moscatel
Des bouteilles bien reconnaissables
De couleur cuivre, ses reflets sont dorés.

Au nez, c'est complexe et je regrette de ne pas y avoir passé plus de temps.
On y trouve - en vrac - des fruits cuits, du caramel, de la cannelle et des fruits secs. Vraiment très chouette et à reboire plus posément.

En bouche, c'est doux et puissant à la fois. Les fruits secs et les fruits frais laissent progressivement place à des notes boisées et épicées (poivre).
Toujours aussi chouette qu'au nez.

La finale commence par une légère amertume vite couverte par des touches fruitées et boisées. Une légère impression "fumée" est également à ressortir.

Une impression générale de faire face à un rhum "bonbon" mais dans le bon sens du termes cette fois (contrairement à l'Arcane par exemple et pour rester dans le même pays).

Ca confirme mon ressenti de ce que j'ai pu découvrir au Salon du Rhum : une distillerie à découvrir de manière plus approfondie !

Rhum J.M millésime 2003 :

Retour dans la nation du rhum agricole. La Martinique pour ceux qui sont perdus.
"JM" ... des initiales mythiques pour tout amateur d'agricole : leurs hors d'âge millésimés (10 ans et, surtout 15 ans) sont juste magnifiquement exceptionnels (et leurs bouchons scellés à la cire sont juste les inventions les plus fourbes du monde...).

Au fait, J.M c'est pour Jean-Marie Martin, créateur de la distillerie qui floquait ses barriques des initiales JM.
Le domaine - et la distillerie qui va avec - a été racheté début du siècle passé par Gustave Crassous de Médeuil d'où la mention "Les hértiers Crassous de Médeuil" sur l'étiquette.

Voilà pour la petite histoire.

En ce qui concerne le produit objet de la dégustation, il s'agit d'un millésime étiquette papier donc d'un 10 ans d'âge (les 15 ans ont droit à une jolie étiquette en cuir).
C'est un "brut de fût réduit" à 46,3°ou 44,8° (mes notes sont pourries à ce sujet et ce qu'on trouve sur internet est assez contradictoire. Désolé).

JM 2003
JM et ses "mythiques" bouteilles vertes
Etiquette papier donc 10 ans. Brut de fût réduit à 46,3° ou à 44,8 %.
Présenté comme ça, c'est déjà intéressant. Et en pratique qu'en est-il vraiment ?

Une couleur JM. ... C'est clair quoi, on va dire ambre à reflets orangés.
A votre avis pourquoi à part leurs blancs, ambrés et shrubb, toutes les bouteilles sont vertes ? Parce que tous leurs rhums sont pâles et que - pour des vieux - c'est commercialement moins vendeur.

Au nez, c'est boisé (10 ans en fût quand même) avec des notes épicées mais c'est également fruité (fruits blancs).

En bouche, il m'a initialement semblé une nouvelle fois boisé et fruité. Ce qui m'a le plus étonné c'est que je l'ai trouvé assez doux (comparé au 1995 - 15 ans qui est à la cave). Surprenant. Idem en rétro-olfaction.
La deuxième gorgée m'a - quant à elle - semblé beaucoup plus épicée.
En gros ça évolue. Et j'aime bien !

La finale est relativement épicée, toujours avec des notes boisées et un retour surprenant (une nouvelle fois) de la douceur aux travers de notes fruitées et sucrées.

Moi j'aime bien. Vraiment.

Rum Nation Jamaïque 5 ans :

Rum Nation, je vous en ai déjà parlé plusieurs fois (un peu lors du Salon du Rhum, beaucoup plus ici). On ne va donc pas trop s'étendre sur la chose si ce n'est que j'apprécie beaucoup ce qu'ils font.

Moment coup de gueule maintenant : leur 8 ans, chroniqué plus longuement, est dès à présent remplacé par un 5 ans d'âge. Au même prix (pas exorbitant mais frustrant).
Le problème vient du fait que la production ne suit pas la demande et que pour faire face il faut - fatalement - réduire la durée du vieillissement pour embouteiller plus vite.

Tout comme le 8 ans, il a d'abord été vieilli en fût de bourbon avant de subir une finition en fût de sherry Oloroso pour une période de 15 à 18 mois. A noter qu'une petite partie du rhum a été vieillie en fût de sherry Pedro Ximenez, ce qui devrait lui apporter une certaine douceur.

Rum Nation Jamaïque 5 ans
Le petit frère donc
L'heure de la comparaison a sonné.

A l'œil, peu ou pas de différence : une belle couleur dorée intense.

Au nez, le contrat est respecté : JAMAICA !!
Traduction : bienvenue au pays de la colle, du solvant et des fruits trop mûrs. J'ai eu toutefois l'impression que ces notes s'estompaient plus vite que dans le 8 ans pour laisser plus de place à la finition en fût de sherry (épices typiques y relatives entre autres).
J'aime toujours autant.

La bouche m'a semblée plus douce que le 8 ans (notes de caramel ?) mais on reste quand même sur les notes "Jam-Rock" décrites ci-dessus, le tout agrémenté d'épices.
Une nouvelle fois, j'ai eu l'impression d'y relever des notes fumées.
Ca confirme donc mon impression du 8 ans, je n'avais pas rêvé !

La finale présentait, quant à elle, bien plus de notes empyreumatiques (fumé/brûlé) que le grand frère avec bien évidemment le caractère typique des jamaïcains.

Comme souvent avec les rhums jamaïcains, soit on aime, soit on déteste.
Vous le savez, moi j'aime bien.

Au niveau de la comparaison, à part quelques différences qui - au moment de goûter - étaient tout sauf flagrantes (en gros, j'ai comparé mes notes de dégustation à l'article que j'avais fait sur le 8 ans au moment d'écrire ce billet).
C'est donc toujours un très chouette produit. C'est juste un peu scandaleux que le prix soit resté le même alors que l'on vient de se prendre trois ans dans la vue...

Dernière ligne droite maintenant.
Une fois n'est pas coutume mais ... A ce moment de la soirée, les notes sont plus lacunaires...

Compagnie des Indes - Caroni 22 ans :

Ici, j'aurais logiquement dû passer au Clairin Vaval mais comme c'est celui des trois que j'ai le moins aimé (au vu des retours dithyrambiques, j'aurais du regoûter ; ça sera pour une prochaine fois).

Compagnie des Indes, on en a déjà parlé (et on en reparlera parce que j'aime bien) et vous savez donc tout le bien que je pense de leurs produits.

Alors CDI qui sort un Caroni de 22 ans, juste WOW quoi (le premier qui pense "Hein, World of Warcraft ??" prend une grosse claque. Et la porte par la même occasion).

Caroni, on y reviendra plus en détails prochainement donc on ne va pas trop s'étendre sur le sujet si ce n'est pour préciser qu'il s'agit de l'ancienne distillerie d'état de Trinidad. Et que ladite distillerie est aujourd'hui fermée. Et, enfin, que - malheureusement - comme souvent dans ces cas là, tous (ou presque) les embouteillages de Caroni voient leur prix exploser !

Quelques détails sur la cuvée : issu d'un fût unique, distillé en décembre 1993 et embouteillé en avril 2016, le rhum titre à 48 degrés.

Compagnie des Indes - Caroni 22 ans
Vous ai-je déjà dit que j'étais fan du packaging ?
Celui-ci a une couleur très très claire. On va dire paille tendant vers l'or léger.

Au nez, alors qu'on s'attend à retrouver les marqueurs types de Caroni (brutal, goudron, bitume, caoutchouc, ... que du bonheur ^^) et bien non, on part plutôt sur des notes typiques Compagnie des Indes (oui, c'est un style à part entière selon moi - fruits exotiques, épices et douceur. De belles choses en général.) très agréables mais assez déconcertantes eu égard au produit dégusté. On y décèle enfin des notes de vernis.

En bouche, c'est toujours fruité. On reste toutefois aussi sur le vernis et les épices avec un peu de fumée.

La finale est la partie la plus "Caroniesque" de la dégustation. Elle est longue, toujours sur les fruits mais - surtout - elle fait place à des notes empyreumatiques (fumées principalement) assez prononcées.

Conclusion ? Et bien, on va dire "désarçonnant".
J'entends par là que ce n'est pas vraiment ce que l'on pourrait qualifier de porte d'entrée à l'univers Caroni. Les marqueurs typiques de la distillerie ne sont pas assez présents.
Pour les amateurs de Caroni brut de décoffrage, il est - soyons honnêtes - relativement décevant.
Pour tous les autres, il est fort cher (on tourne quand même généralement à 250 euros ...).
Attention, ce n'est pas un mauvais produit. Loin de là ! Dans le style CDI, c'est très chouette et ça change pas mal de la gamme mais tout ce qui est énuméré plus haut fait qu'on se dit quand même "oui mais non quoi" (c''est clair n'est-ce pas ?) quand on le déguste.
Après, je ne m'inquiète pour les dernières bouteilles (oui, il n'y avait qu'un fût donc peu de bouteilles) encore en circulation : c'est une "édition limité", c'est un Caroni et il affiche fièrement 22 ans. Il trouvera amateur ou spéculateur plutôt.

Rum Nation Caroni 18 ans :

Ici, on va - à peu de choses près - passer tout de suite à la dégustation parce que : 1. Rum Nation, on vient d'en parler plus haut, 2. Caroni, on a un peu développé et 3. un Caroni Nation fera l'objet prochainement d'un article plus abouti (le 16 ans - 1999).

Photo donc :

Rum Nation Caroni 18 ans
Avec "18" écrit en gros et en rouge sur l'étiquette. Au cas où ^^
Il présente une belle couleur foncée à reflets cuivrés.

Cette fois, le nez est clairement Caroni : goudron, bitume, caoutchouc, fumé. Mais, comme souvent avec Rum Nation, c'est entouré d'une certaine douceur. On peut également déceler quelques notes de fruits derrière ces gros marqueurs typiques de la distillerie.

La bouche est toute aussi "Caroniesque" que le nez. J'adore ça ! Outre ces arômes on ne peut plus spécifiques, on relèvera également la présence d'épices et, à nouveau, de fruits. Il donne enfin une certaine impression d'aridité en bouche ; oui, je sais, c'est bizarre dit comme ça.
En rétro-olfaction, il est surtout sur les épices (bon derrière les notes Caroni mais je suppose que vous aviez compris).

Pour la finale, on repart sur les mêmes notes que le nez : Caroni et douceur.

C'était juste génial et mes notes ne retranscrivent pas vraiment le plaisir que j'ai pris à la dégustation (en même temps, je fais toujours pareil : à la fin je profite bien plus que je ne note) car ce rhum cache bien d'autres subtilités à apprivoiser.
Il va sans dire que la bouteille a été commandée directement car, aussi étrange que cela puisse paraître, les Caroni de Rum Nation sont vendus à des prix on ne peut plus abordables !

Là, normalement, c'était fini. Mais Ruben étant un garçon plein de surprises super sympa (ou un garçon super sympa plein de surprises, ou les deux), il a sorti l'artillerie lourde pour la dégustation bonus (de mémoire, on pouvait y trouver un Caroni Velier 17 ans, une cuvée Homère Clément, un New Grove dont je ne me souviens plus de l'année et bien d'autres choses encore).
Du coup, je me suis envoyé deux-trois chocolat et la tartine de pain qui restait histoire de nettoyer un peu le palais après la bombe Caroni pour pouvoir profiter du dernier verre.
Mon choix s'est porté sur :

Rum Nation Small Batch Diamond :

Le seul des trois qui n'était pas présenté au Salon du Rhum.
Il était évident que je devais le goûter.

Rum Nation, on sait. Diamond, un peu moins mais j'ai prévu de vous en reparler prochainement donc on dira juste "Demerara" brut de fût. Pour ceux à qui ça ne parle pas, il faudra attendre, pour les autres, ça devrait suffire.

Rum Nation Small Batch Diamond
A noter que l'ouverture est super compliquée. Le bouchon a été mal pensé.
Mais il est joli.
La couleur est d'un cuivre intense qui fait plus qu'inviter à la dégustation !

Au nez, après une première vague d'épices on retrouve des notes de mélasse ainsi que des notes torréfiées.
C'est très bref comme description mais sachez juste que ça envoyait du très très lourd. Un nez juste incroyable.

Ca laissait présager quelque chose de magique en bouche.
Mais ça s'est "moins bien" passé : le produit est très bon, rien à redire là-dessus mais les notes de réglisse (oui,oui) ont vraiment tout emporté sur leur passage.
On pouvait toutefois déceler derrière cette vague de réglisse des touches de caramel (mélasse), des notes épicées (cannelle surtout) ainsi que quelques touches de chocolat.
Dommage que la réglisse ait pris le dessus de cette façon parce qu'on tenait vraiment un superbe produit sinon.

La finale était quant à elle beaucoup plus sur les épices avec des notes chocolatées pas désagréables du tout.

Au final, c'est toujours l'Enmore que je préfère. Pour la suite du podium, il faudrait regoûter les deux autres en même temps.
Mais c'est dommage parce que sans cette omniprésence de la réglisse en bouche, il aurait pu facilement se hisser premier.

Voilà, cette fois c'est vraiment fini. Je vous passe le rangement des verres et bouteilles, la vérification de qui a payé quoi et acheté quoi, les commandes passées le soir même (le lendemain plutôt, il était passé minuit), les adieux (oui, ça faisait plus dramatique dit comme ça ^^).

Juste trois choses :
- un tout grand merci à Salva pour l'accueil ;
- un tout grand merci à Ruben pour son "animation" de la soirée (mention spéciale "Bichon". Comprenne qui pourra. Promis j'arrête maintenant) ;
- on en refait une quand vous voulez !


Rhum n' Whisky