dimanche 25 septembre 2016

Rhum n' Whisky

Tiens, en voilà un titre recherché !

De fait, mais il colle parfaitement à la dégustation qui va suivre : un whisky vieilli en fût de rhum.

Pour ceux qui n'auraient pas suivi, mon intérêt pour le whisky est allé crescendo (avec toutefois un léger retard sur celui du rhum qui continue d'évoluer). Alors quand je suis tombé là-dessus, la première chose que je me suis dit c'est "Il va falloir que je teste ça un jour ou l'autre !"
Mais bon, avant d'acheter à l'aveugle, je me suis quand même un peu renseigné sur le produit (sans toutefois obtenir beaucoup d'info : "il est vieilli en fut de rhum" ... Merci, je sais lire aussi) et sur la distillerie histoire de ne pas faire l'acquisition d'un truc infâme (mais si, souvenez-vous, le Don Papa. On ne sait jamais).

Après quelques recherches, il est apparu que je pouvais y aller les yeux fermés.

En effet, la distillerie à l'origine de ce pittoresque spiritueux n'est autre que The Balvenie, la petite sœur de Glenfiddish.
Il s'agit en effet de la deuxième distillerie fondée par William Grant - en1892 - à Dufftown (sur le site de Glenfiddish donc) dans la région du Speyside (en Ecosse pour ceux que j'aurais perdu en chemin).
Les whiskys de cette distillerie présente généralement un profil malté avec des notes de miel qui adoucissent le produit de manière très agréable.
La distillerie The Balvenie est notamment connue pour ses vieillissements extrêmement bien maîtrisés. J'en veux pour preuve l'excellent "DoubleWood" 12 ans (vieilli en fût de bourbon avant de finir sa maturation pour une durée de six mois à un an dans des fûts de sherry oloroso), leur géniale entrée de gamme et le, parait-il, merveilleux "Portwood" 21 ans (beaucoup plus compliqué à trouver).

A noter que Glenfiddish aussi possède une version vieillie en fût de rhum : le 21 ans "Gran Reserva" (anciennement dénommé "Havana Reserve" vu qu'il vieillissait dans des fûts de rhum cubain mais dont le nom à changé suite à l'embargo américain concernant Cuba).
Il est aussi très bon (je l'ai goûté mais à l'époque, je ne prenais pas de notes et c'était à la fin du Whisky-Live donc mes papilles n'étaient plus nécessairement très "fraîches").
Le gros problème de cette bouteille est son prix très élevé.

Ok. Mais sinon, on boit quel Balvenie ? Un "rum cask finish" ?
Non non, il a un nom bien plus poétique :

The Balvenie - Caribbean Cask (14 ans) :


Le bestiau :
The Balvenie - Caribbean Cask
On aurait aussi pu appeler l'article "Malt et Canne" mais ça sonnait moins bien

Vieilli en fûts de chêne traditionnels, il a subi un affinage en fût de rhum.

Et donc, ça vaut quoi tout ça ?

Remarque purement personnelle quant à l'esthétique de l'objet : je trouve que la boite en bois du "DoubleWood" a beaucoup plus de gueule mais bon, la beauté du contenant n'est pas gage de qualité (on va dire que je tape toujours sur le Don Papa alors je citerais cette fois "El Ron Prohibido" ; en même temps, celui-là il est écrit dessus que c'est interdit ...) ;-)

Sinon, le liquide en lui-même propose une jolie couleur dorée/ambrée du plus bel effet.

Au nez, c'est très fruité et légèrement épicé (sur la vanille). On part ensuite sur des arômes de caramel et de miel.
On a un léger retour sur le malt en rétro-olfaction.

En bouche, il m'a paru d'emblée plus épicé mais ça ce n'était que la première impression.
Après quelques instants de repos, quelques notes rappellent le vieillissement en fût de rhum de par son côté doux (plus que ce  quoi on pourrait s'attendre pour un whisky).
On reste sur la douceur du nez (vanille, fruits) avec la présence des marqueurs type de la distillerie (miel).

La finale est, une nouvelle fois, relativement douce (oserais-je dire "sucrée" ?) avec quelques notes boisées.

Personnellement j'accroche beaucoup.
Et mes fidèles "alcoolytes" aussi (ou alors j'avais déjà grillé leurs papilles et ils ne savaient plus quoi dire mais je ne pense pas ^^).

Après certains diront qu'il s'agit d'un produit "bâtard" qui n'a rien à faire ni dans un rayon de whiskys, ni dans un rayon de rhums. Je trouve que cette manière de voir les choses est réductrice et complètement conne (j'assume entièrement mes propos) : en effet, c'est ce type de personne qui va encenser un whisky âgé à la belle couleur foncée marque typique d'un vieillissement en fût de sherry. A-t-on déjà entendu dire que les finitions et/ou vieillissement en fût de sherry n'avait rien à faire dans un rayon de whisky ou de vin ?

Pour les intéressés, on trouve aussi des rhums vieillis en fût de whisky. La Compagnie des Indes a sorti deux embouteillages de rhum vieilli dans des fûts ayant contenu du whisky tourbé, les bien nommés "Boulet de Canon" 1 et 2.
J'accroche tout de suite beaucoup moins (je n'aime pas vraiment la tourbe mais je me soigne) mais je reconnais l'audace et l'originalité de l'idée.
Pour les intéressés, c'est toujours produit en petite quantité et les bouteilles s'arrachent à une vitesse folle. N'hésitez pas à prendre directement contact avec l'embouteilleur.

Petite note de service : j'ai encore quelques notes de dégustation sous le coude et, si le temps le permet, je n'hésiterais pas à vous en faire profiter (oui, j'ose le mot "profiter". En même temps, si vous nous lisez toujours après le neuvième article, c'est soit que vous appréciez un minimum, soit que vous êtes masochistes. Dans les deux cas, nous vous invitons à rester avec nous ^^).
Toutefois, il est plus que probable que le prochain article porte sur le Salon du Rhum de Spa, grand-messe rhumesque belge qui aura lieu les 8 et 9 octobre prochains (et j'y serai les deux jours !!)

D'ici là, je ne désespère de voir d'autres personnes que moi participer à l'élaboration de ce blog (ils sont chauds mais eux aussi ont des contraintes qui ne leur permettent pas de vous faire partager une de leur passion).
Comme ça m'a été proposé et que c'est une super idée, ça nous permettra de faire des articles croisés (j'adore le principe) j'aime/j'aime pas (par exemple sur le Belgian Owl ... Spoil ?). 
Faudra qu'on trouve un système pour indiquer qui écrit quoi histoire qu'on s'y retrouve (si du jour au lendemain, je dis que j'adore la tourbe, ça va sembler suspect :p).

A bientôt pour de nouvelles découvertes donc !


Rhum n' Whisky

samedi 24 septembre 2016

Plus Bielle la vie ...

...

J'ai Honte (oui, avec un grand "h") ; vous pouvez me jeter des cailloux si vous voulez.

Bielle donc. C'est où ça ?
A Marie-Galante, une petite (158 km²) île au sud-est de la Guadeloupe (dont elle dépend administrativement.
Vu la taille de l'île et bien qu'elle ne compte "que" 5 distilleries, c'est celle qui possède la plus grande densité de distilleries au kilomètre carré (Bielle et Poisson (Père Labat) étant les plus connues).

Marie-Galante est également appelée "l'île au cent moulins" même si elle n'en compte plus actuellement qu'un peu plus de 80 (en ce compris les ruines de ceux-ci).
Une des spécificités du rhum local est son haut degré d'embouteillage : Quand la France augmenta sa taxe sur l'alcool, la Guadeloupe et la Martinique diminuèrent le degré de leur rhum blanc (59°, 55° et enfin 50°) ; Marie-Galante par contre refusa de dénaturer sa manière de vivre. En effet, un ti'punch ne se préparerait qu'avec un rhum agricole à 59°.

Une autre des caractéristiques de l'île réside dans la récolte de la canne à sucre : le transport de la canne est suffisamment spécifique que pour s'y attarder quelques instants.
A Marie-Galante, on utilise des "cabrouets" :

Cabrouet Marie-Galante
Le cabrouet (c'est la "charrette")

Il s'agit donc d'une charrette à bœufs (toujours tirées par deux bœufs) pouvant supporter 1.500 kg de canne. Evoluant initialement sur des roues en bois, celles-ci ont laissé place aux pneus (plus aucun artisan n'étant visiblement à même de fabriquer de "bonnes" roues en bois).
Les bœufs, dressés, travaillent jusqu'à l'âge de 10 ans puis peuvent se reposer.
Alors, non on n'est pas en Inde et ce n'est pas des vaches sacrées donc toi, ami des animaux, ne lis pas ce qui va suivre.
Comme rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, à l'âge de 12 ans (une retraite de courte durée donc ; sinon leur viande est sûrement trop dure si on attend plus longtemps), les bœufs sont abattus et servent de base au "chaudage", un plat mijoté typiquement marie-galantais à base de viande (de bœuf donc) et de tubercules (igname et patate douce), de fruits de 'l'arbre à pain" (ou "châtaignier-pays") et de bananes auquel on ajoute un piment confit.

Voilà pour la partie "carte postale". Place à la dégustation maintenant.

Bielle Brut de Fût année 2007 :


Mis en fût en 2007 et embouteillé en 2014, c'est donc un 7 ans d'âge.
Brut de fût parce que 57,3° quand même.
Il remplace le Brut de Fût 2003 qui était semble-t-il exceptionnel.

Pas d'anecdotes particulières pour celui-ci. En ayant entendu beaucoup de bien, j'ai pu le goûter aux "Rhum Days" et j'ai accroché, tout simplement.
Après l'ambiance salon n'est pas la plus idéale pour déguster posément donc j'ai dû me résoudre à acheter une bouteille (ok, il ne m'a pas fallu longtemps pour me convaincre...).

Pour ne pas changer une recette qui marche, une petite photo de la bête :

Bielle Brut de Fût 2007
Un jour, je ferai de belles photos, promis ...

Et bien, comme sur la photo, il présente une jolie couleur or (intense qui tend vers l'orangé) à reflets brillants.

Comme toujours avec les bruts de fût, si on plonge dedans d'un coup et bien, on se prend un retour de manivelle assez intense. 57,3° quand même. Faut suivre un peu.
Le profil aromatique est à la fois épicé, légèrement boisé et fruité (sur les agrumes) avec un léger retour sur la canne.
Rien que l'odeur et les arômes dégagés donnent envie. Ca s'annonce vraiment bien !

En bouche, l'alcool est vraiment bien intégré. Je ne dis pas qu'on ne sent pas les watts mais ça ne brûle pas, ça amène plutôt une chaleur agréable.
On est toujours sur un profil très fruité et très doux sans toutefois être "sucré".

Vu que j'ai tendance à déguster de manière calme et posée et de prendre des notes à ce moment là mais à écrire mon petit compte-rendu plus tard, je reste parfois sceptique sur mes annotations : j'ai écrit "notes de pain d'épice"
Voilà voilà, je vais donc devoir regoûter ça bientôt pour vérifier ce qu'il en est (c'est quand même beau l'abnégation ^^).

La finale est plus épicée et de nouveau légèrement boisé, tout ça dans un fondu parfait.

En bref, un super produit à avoir dans sa cave ou, à tout le moins, à tester au moins une fois.

Une fois encore il faisait partie d'un des line-up de nos soirées dégustations et il s'agissait du premier brut de fût déguster par mes fidèles acolytes.
Et bien, il a également beaucoup plu à tout le monde !

Ne reste plus qu'à mettre la main sur une bouteille de 2003 (voir de 2001 mais on ne joue plus dans la même catégorie ...) !
Si quelqu'un a un sample à proposer (vente ou donation gracieuse pour nos bonnes œuvres), il est le bienvenu :-)


Rhum n' Whisky

mercredi 21 septembre 2016

10 ans, ça change tout - GlenDronach

Aujourd'hui, on va un peu parler de la distillerie GlenDronach (oui, avec un "D" majuscule en plein milieu, comme BenRiach - il y a un lien, vous allez voir).

Pour faire bref, la distillerie a été fondée en 1826 (quand je disais qu'Arran était une jeune distillerie) par James Allardice (celui dont le nom figure sur chaque bouteille) près de Huntly (à l'extrême limite du Speyside, raison  pour laquelle certains le classent dans la catégorie des whiskys des Highlands).
Elle a fermé de 1996 à 2002.
C'est la dernière distillerie à avoir alimenté ses alambics au charbon bois avant l'obligation légale de passer à la vapeur (en 2005) suite à l'entrée en vigueur des nouvelles règles de santé et sécurité imposée en Ecosse.
Enfin, GlenDronach s'est faite fort de produire des singles malts vieillis en futs de sherry. C'est un peu la marque de fabrique de la distillerie qui sort fréquemment ce que l'on appele des "sherry monsters" ^^

Ah oui, le "D" majuscule en rapport avec BenRiach vient du fait que la distillerie a été racheté en 2008 par un groupe sud-africain propriétaire de BenRiach et a été "rebaptisée" à cette occasion.

Oui oui d'accord, c'est bien tout ça mais pourquoi "10 ans ça change tout" ?
Parce que voilà de quoi on va parler :

Glendronach Hielan - Allardice
The Hielan' - 8 ans et Allardice - 18 ans

Mais avant toute chose, parlons un peu (mais juste un peu sinon ça risque de devenir casse-couille)  "maturation" et "affinage" :
- la réglementation écossaise impose que le whisky (qui ne s'appelle pas encore comme ça à ce moment) vieillisse minimum 3 ans dans des futs de chêne sur le territoire écossais. Il pourra alors porter la dénomination de "Scotch Whisky".
Autre chose intéressante : c'est l'âge du whisky le plus jeune qui figure sur la bouteille. Donc un blend de whiskys de 12, 15, 20 et 25 ans d'âge aura une étiquette indiquant "12 ans d'âge" (ça change des rhums à tendance hispaniques non ?) ;
- la maturation interviendrait dans plus de 50% du profil aromatique du whisky (le reste étant dû à la distillation et à la fermentation). Le type de chêne, de fût, de chai, l'emplacement dans le chai (si si) et le temps jouent un rôle prépondérant à ce niveau ;
- généralement, les futs utilisés ont contenu du bourbon (arôme de vanille principalement) ou du xérès (du sherry pour nos amis british présentant des arômes vineux et fruités).
Ils ont généralement une contenance de 250 litres, 500 litres et 190 litres et sont poétiquement et respectivement appelés hogshead, butt et  barrel (il y en a beaucoup d'autres mais ceux-ci sont les plus utilisés).
Et fatalement, plus le fût est petit, plus il transmet ses arômes au whisky.
Après plusieurs vieillissement, les futs perdent une partie des arômes susdites et servent alors de futs de remplissage et leur impact aromatique est moindre ;
- l'affinage enfin est "tout simplement" une seconde maturation dans des futs ayant précédemment contenu un autre spiritueux ; bourbon, sherry, vin, madère, porto, futs dits "vierges" et n'ayant donc rien contenu précédemment, ...

C'est tordu tout ça dis donc !
De fait, mais avec le temps, on s'habitue. Et pour ne rien arranger, ne serait-ce que pour les futs de sherry (vin de Xérèz donc), on en trouve différentes sortes qui donnent donc des profils aromatiques variés :
- le Fino, vin sec à la robe brillante aux arômes de levure, amandes et pommes vertes ;
- le Manzanilla, vin sec très pâle aux arômes de camomille, amande et olive ;
- l'Amontillado, vin sec à la robe ambrée aux arômes de noisette, fruit sec et tabac ;
- le Palo Cortado, vin sec à la robe acajou  aux arômes de noix, orange, tabac et café ;
- l'Oloroso, vin sec à la robe acajou aux arômes de noix, amande grillée, raisin sec, figue et tabac ;
- le Pedro Ximenez, vin doux naturel à la robe ébène aux arômes de raisin sec, figue, prune, caramel et cassis.

Fin du petit tour d'horizon, place à la dégustation !

GlenDronach - The Hielan' (8 ans) :


The Hielan' (Highlands en écossais semble-t-il) donc.

Quand je me promène à Liège (dans le centre ville même, pas la région liégeoise au sens large), je ne sais pas comment c'est possible mais je finis généralement par arriver - par le plus grands des hasards bien évidemment - chez mon caviste préféré (un complot du Dieu Spiritueux sans doute ...).
Oui d'accord, c'est chez "Planète Whisky" pour les curieux.
Et donc, me voilà chez Planète Whisky, généralement toujours une semaine après la dégustation mensuelle (j'ai un timing parfait à ce niveau là ...), et Charles (un des deux patrons) me dit : "Faut que tu goute ça, c'est super pour un petit whisky de 8 ans ! Il est super agréable !"
Vu qu'il est souvent (toujours ?) de bon conseil, je teste et, oui, c'est vachement agréable.
Conclusion, je suis sorti avec une bouteille (et oui, je tutoie mon caviste. Que voulez-vous, c'est des choses qui arrivent).
Moralité : Quand moi en ville aller, moi pognon dans alcool dépenser ... (Copyright Yoda) ; heureusement qu'on a déménagé hein (pas assez loin dira mon épouse).

Question maturation : ben c'est assez flou en fait. On est sur des futs de bourbon et de sherry. Sans autre précision. Ah si, c'est du chêne (vous saviez déjà ?) ...

GlenDronach The Hielan'
L'objet du délit

C'est bien beau tout ça mais ça goûte quoi sinon ?

Il présente une couleur que l'on pourrait qualifier d'or "léger".

Au nez, on est directement (et pendant quelques instants) sur une note maltée très prononcée avant de se développer doucement mais sûrement sur des notes fruitées (mon nez ayant visiblement décidé de prendre congé ce jour là, on restera sur "notes fruitées" ...).

Vu le jeune âge du whisky, on pourrait craindre quelque chose d'assez "râpeux". Fort heureusement, ce n'est absolument pas le cas : la première impression donne dans la douceur (toujours le fruit donc) avec un aspect sucré assez étonnant avant d'évoluer sur des notes de pain d'épice et de céréales.

La finale n'est pas très longue mais est très agréable : plus sur les épices (comme souvent avec les futs de xérès) tout en restant relativement douce.

C'est la bouteille qui m'a fait apprécier le GlenDronach donc je ne suis pas le plus objectif pour en parler (en même temps, c'est un blog avec des notes de dégustations et, par principe, le ressenti de chacun est différent et dès lors purement subjectif ...) mais il s'agit pour moi d'un chouette petit whisky, pas cher, pas trop marqué par l'influence du fût de sherry et qui trouve parfaitement sa place en entrée de gamme de la distillerie.

Après on reste sur du 8 ans d'âge hein, faut pas non plus s'attendre à un truc super complexe dont vous reparlerez encore dans vingt ans.

Et donc, avec 10 ans de plus, ça donne quoi ?
Et bien, ça donne ça :

GlenDronach - Allardice (18 ans) :


Pour une fois, pas de longue présentation (oui, ça change) : je ne l'ai pas cherché, je ne l'ai pas découvert par hasard au coin d'une dégustation, il ne m'a pas été conseillé, ...
Rien de tout ça, il m'a tout simplement été offert pour mon anniversaire ! :-) Oui, moi j'ai des amis comme ça, plein de bons goûts et de bonnes idées. Des gens supers en somme (et en plus ils envisagent de participer à l'écriture du blog, quand je dis que c'est des gens bien !).

C'est  écrit en gros dessus mais il est toujours bon de le rappeler : maturation exclusive en fût de xérès Oloroso. Ca annonce donc du lourd.
Qui a dit "Sherry Monster" ?
Vous noterez la subtil mention "spanish oloroso sherry oak"  au cas où la mention sherry ne serait pas assez claire quant à la provenance du fût ^^

GlenDronach - Allardice
La bête qui suinte le sherry

Déjà, rien que la photo elle donne envie alors en vrai, qu'est-ce que ça doit être bien ...

La photo est - je trouve - trompeuse : on est plutôt face à un whisky présentant une robe "fauve" (comme un bon Porto "Tawny") que sur de l'acajou.

Au nez, et bien, c'est un fût de sherry ! Celui qui ne s'en rend pas compte, soit il n'a jamais bu de whisky (ou d'autres spiritueux) ayant séjourné dans ce type de fût, soit il est enrhumé ^^
Personnellement, j'y ai trouvé de gros marqueurs de fruits rouges (griottes) et "noirs" (cassis), le tout accompagné d'une note de tabac (de tabac, j'ai dit, pas de tourbe !).
C'est super agréable et ça donne envie de se plonger encore plus dans la dégustation du produit.

En bouche, c'est légèrement acidulé et très (mais très très hein) fruité avec quelques notes de fruits secs (noix) sur la fin.
Après un peu de repos, la bête se fait un peu plus douce (avec des notes sucrées) mais aussi de Rancio.
C'est toujours aussi chouette que le nez en fait.

La finale quant à elle est, comme souvent avec ce type de fût, plus épicée mais également fumée (et, encore une fois, pas tourbée).
Alors oui, ce n'est pas les mêmes futs (et ce n'est vraisemblablement pas le même type de sherry qui a servi au deux finitions), ils n'ont pas le même âge et pas le même prix mais on peut dire que - comparativement parlant - il y en a un qui en est toujours au stade de l'enfance et l'autre qui a atteint l'âge de maturité.

Cet Allardice est un superbe produit qui, sans dénigrer les qualités de son petit frère, enterre le Hielan' d'une manière assez spectaculaire.
En même temps, il n'allait pas nous sortir un truc tout pourri avec le nom du fondateur de la distillerie dessus ; ça l'aurait fait moyen-moyen ...
Après, il faut aimer le sherry mais bon, c'est écrit en gros sur la boîte donc à moins de le faire exprès, il est difficile de se tromper.

Ceci conclut donc notre petite virée du côté de chez GlenDronach.
Il va maintenant falloir re-goûter le 15 ans (Revival) et mettre la main sur le 21 ans (Parliament) qui sont - parait-il - de supers produits.


Rhum n' Whisky


jeudi 15 septembre 2016

White is white

Et voilà, encore une dégustation multiple !

Comme le titre porte bien son nom, on se doute légèrement qu'on ne va pas partir sur quelque chose de fort vieux ...
Et de fait, on va plutôt rester sur du blanc mais sous différentes sortes histoire de varier un peu les plaisirs.

Alors, oui, j'en entends déjà hurler : "Du rhum blanc mais c'est dégueulasse !" (oui, toi au fond, le belge qui fait ses courses en grandes surfaces ^^)
Oui et non : Oui parce que pour nous, pauvres petits belges, ce qu'on nous propose en grande surface se limite souvent à du Saint-James pas très bon (oui, je ne suis pas fan), du Bacardi et du Havana Club (chez Colruyt, on trouve même un truc où il y a écrit sur l'étiquette "Marie-Galante" mais je crains que la chose ne rende aveugle). Si on a de la chance (mais beaucoup hein !), on pourra peut-être trouver un Trois Rivières.
Ca ne fait pas rêver n'est-ce pas ?
Non parce qu'en cherchant bien (caviste, internet, tout ça tout ça) on trouve des choses assez géniales (oui c'est en moyenne trois fois plus cher minimum que ce que j'ai cité ci-dessus mais la qualité est quand même mille fois meilleure).

C'est pas tout ça mais qu'est-ce qu'on boit finalement ?

On va rester simple pour commencer : un agricole blanc de Martinique.
On poursuivra avec quelque chose de plus exotique (dans le sens "carnavalesque") avec de la Cachaça (mais, si Brésil, Rio, tout ça ... ok je sors ...).
On terminera enfin avec un rhum de mélasse bien puissant (dans tous les sens du terme) qui envoie du très très lourd.

Maintenant que vous êtes en train de baver de votre écran après cette énumération qui donne soif (oui, parfois j'écris ce que je pense tout bas), allons-y pour la découverte des produits du jour :

Rhum Clément Canne Bleue - millésime 2013 :


Pas de boite pour celui-là mais comme je trouve que la bouteille est chouette, je vous le mets en "recto-verso" :
Clément Canne Bleue 2013 - de face Clément Canne Bleue 2013 - de dos


Sinon, c'est quoi cette histoire de canne bleue ?
C'est un type de canne à sucre particulièrement réputé pour sa forte concentration en sucre et pour les arômes qu'elle dégage.
Généralement, les distilleries utilisent plusieurs types de cannes pour élaborer leur rhum, ici on est face à un rhum monovariétal (un seul type de canne donc).
Et tant qu'à en goûter un, autant jeter son dévolu sur ceux qui ont développé les premiers ce type de rhum (et oui, c'est des pionniers chez Clément).


canne bleue - en vrai
En réalité, ça ressemble plutôt à ça (oui c'est bien plus violacé que bleu, je sais)

A toutes fins utiles, il est toujours bon de rappeler que la gamme de rhum proposée (de l'agricole donc pour ceux qui ne suivent pas) est hyper complète :
- 5 blancs : 40°, 50°, 55°, un millésimé à 50° (le canne bleue produit tous les ans en quantité limitée) et le petit nouveau à 49,5° : le colonne créole ;
- 1 ambré ;
- des "spécial" cocktails : un première canne (blanc) et un select barrel (vieilli en fûts de chêne neufs) ;
- des vieux : VO, VSOP, XO, 6 ans, 10 ans, 15 ans et cuvée Homère Clément ;
- des vieux millésimés : 1952, 1970 et 1976 ;
- une édition limitée à 500 exemplaires en carafe cristal (le prix est vraisemblablement au diapason du contenant ...) ;
- des "single cask" élaborés à partir de canne bleue : 100% canne bleue, vanille et moka (oui, c'est perturbant à lire mais aussi à écrire) ;
- des punchs et cocktails déjà mélangés et près à boire ;
- un Schrubb (rhum blanc, rhum vieux, sucre de canne, épices et écorces d'orange), boisson créole typique ;
- du sirop de sucre de canne.
Il y a déjà de quoi faire non ? 

C'est pas tout ça mais finalement, ça goûte quoi ce fameux millésime 2013 ?

Et bien, tout d'abord il est incolore (et ça ne va pas varier pour les deux suivants). Voilà. Ca c'est fait.

Au nez, on se trouve face à d'importantes notes de canne à sucre (j'en vois déjà certains dire que c'est normal...) et, plus légèrement, sur les agrumes.

La bouche révèle une concentration plus forte en agrumes avec, en fond, ces notes de canne rafraichissantes.

La finale présente des notes plus florales et herbacées tout en restant sur la canne.

Personnellement, je trouve qu'il s'agit là d'un bien beau produit qui respecte le matériau de base et le met on ne peut mieux en valeur.
A retenir toutefois : comme il s'agit d'un rhum millésimé, et bien, tous n'auront fatalement pas le même goût et certains seront bien meilleurs que d'autres (comme le vin en fait).

Cachaça Envelhecida Engenho da Vertente Tradicional :


Ah ouais d'accord, encore un truc qu'on ne sait pas prononcer.
Oui, comme Uitvlught. C'est exprès pour embêter les gens en fait.

Mais sinon ton cachatruc, c'est quoi ?
Pour faire très simple, c'est une eau-de-vie brésilienne de jus de canne frais.
D'où le rapprochement avec le rhum (jus de canne frais, rhum agricole, cachaça, tout ça tout ça).

Mais pourquoi celle-ci et pas une autre, y en a plein de la cachaça non ?
Oui, il y a effectivement une flopée de marques différentes dont certaines trouvables en grandes surfaces.
Cependant, c'est comme pour le rhum (et un tas d'autres produits) : le plus simple à trouver n'est pas nécessairement le meilleur ... alors autant taper de suite dans quelque chose de bien et, tant qu'à faire, autant privilégier une "micro-structure" artisanale (un seul alambic en cuivre, fermentation dans des cuves en acier inoxydable, vieillissement en fûts couchés en chais à température contrôlée, mise en bouteille à la main) produisant +/- 10.000 bouteilles par an.
Cette version-ci est vieillie deux ans en fût de Jequitiba rosa, une essence traditionnelle brésilienne. il en existe une autre vieillie en fûts de chêne ("barrel aged").

Ah d'accord, c'est brésilien donc. On fait des caïpirinhas avec alors ?
... oui on peut.
Sinon, on peut également la déguster telle quelle vu la qualité de la chose.

Ah oui, comme d'hab, photo :
Cachaça Envelhecida Engenho da Vertente Tradicional


Maintenant qu'on a un peu plus de détails sur le produit, il est temps de le goûter :

Pour commencer, on remarque que sa robe est également incolore (ça alors !).

Au nez, on part sur une foultitude d'arômes et c'est beaucoup plus végétal et fruité que le précédent (au premier nez, on a l'air d'être sur une liqueur de fruits mais cette impression passe fort vite).
Nous sommes face à quelque chose de très bien maitrisé qui donne envie de s'y plonger à nouveau.

Etrangement, c'est plus sec en bouche. Toujours sur les "herbes" avec une note de fruits verts en arrière-fond.
C'est toujours aussi chouette.

Enfin, la finale est plus épicée mais garde l'aspect sec et herbacé retrouvé plus haut.

D'accord, ce n'est pas du rhum. Il n'empêche qu'il s'agit tout de même d'un "cousin" pas si éloigné que ça quand on jette un coup d'œil ne serait-ce qu'à sa matière première.
Et puis il serait idiot de ne pas s'ouvrir vers d'autres horizons sucriers.

Personnellement, ça m'a vraiment bien plu (bien maîtrisé, belle continuité des arômes) et m'a donné envie d'approfondir un peu le sujet.
J'ai dernièrement eu l'occasion de déguster un "rhum" Compagnie des Indes Brésil 16 ans de la distillerie Epris.
De mémoire, il présentait une belle couleur or pâle, un nez assez épicée et une attaque en bouche relativement fraîche et agréable.
Il faudrait que je remette la main dessus pour un peu plus de précisions.
J'avais - déjà à l'époque - été agréablement surpris par la chose.

Habitation Velier Forsyths WP 151 Proof


Pour ceux qui auraient séjournés sur la lune ces quelques dernières années, Velier est un embouteilleur indépendant italien qui fut le premier à commercialiser un rhum brut de fût (Damoiseau 1980) d'une qualité exceptionnelle alors qu'à l'époque, tout le monde se demandait ce que l'on pouvait faire avec ce type de produit...
A l'origine de cette idée et de ce produit, un homme : Luca Gargano qui - comme souvent - a transformé en or ce sur quoi il a posé les mains. Pour ceux qui n'ont pas compris, l'idée folle s'est propagée suite au succès incroyable obtenu par ce rhum, devenu mythique (et très cher pour les privilégiés pouvant espérer mettre la main dessus).
Pour faire un parallélisme rapide : pour un guitariste, Eric Clapton = God ; pour un amateur de rhum, Luca Gargano = Eric Clapton ^^
Le brave homme s'est ensuite fait mondialement connaître avec ses embouteillages de vieux rhum Demerara qui s'arrachent désormais à des prix dépassant les barrières du possible (ce qui implique qu'à part un sample, et encore, si vous avez de la chance de mettre la main dessus, le commun des mortels aura de grande difficultés à acquérir ces bouteilles). On en reparlera sûrement.
Et maintenant à chaque nouvelle sortie de ces "légendaires" bouteilles au look si particulier (noir et sobre), il est soit impossible de s'en procurer (sauf si on dort à côté de La Maison du Whisky, distributeur officiel de Velier, ou si on connaît Luca Gargano himself ...), soit il faut débourser des sommes folles pour y arriver. J'en veux pour exemple la dernière sortie : le Foursquare 2006 a subi les délires des spéculateurs (car oui, il y en a désormais beaucoup) et, peu de temps après son acquisition, il était déjà revendu à deux ou trois fois le prix initial (il est rassurant de savoir que certaines bouteilles sont arrivées chez de vrais amateurs qui les ont acquises pour les boire et non faire du profit).
Oui, j'ai beaucoup de mal avec ce type d'investissement (c'est triste de conserver quelque chose d'exceptionnel sans jamais en profiter) mais il s'agit là d'un autre débat.

Mais ... on ne va malheureusement pas déguster ce type de produit exceptionnel cette fois-ci (mais ne partez quand même pas tout de suite !!).
On va plus particulièrement s'intéresser aux petites dernières de chez Velier qui présentent encore un prix abordable et peuvent se trouver de manière relativement aisée (traduction : pas les bouteilles noires !) si on sait où chercher.
Profitons-en avant que les spéculateurs ne se rendent compte que derrière Habitation Velier  se cache tout simplement Velier ^^

Le concept ici est de ne présenter que des "Pure single rum", soit des rhums 100% issus d'une double distillation sur alambic.
Si plusieurs distilleries suivaient cette voie, on serait alors face à une évolution dans le monde du rhum semblable à ce qu'a connu le monde du whisky avec l'apparition des "pure single malt".
Pour la petite histoire, c'est Luca Gargano en personne qui est allé dans les distilleries choisir les rhums faisant l'objet de cette collection afin d'avoir des produis authentiques à l'identité très marquée.

Au niveau de la présentation, comme toujours chez Velier, les "séries" ont le même style.
Ici, on est plutôt face à un embouteillage old school qui plaira à certains et moins à d'autre.
A noter la représentation sur chaque bouteille de l'alambic sur lequel le rhum a été distillé. C'est assez classe.
Personnellement le look sobre et épuré des bouteilles noires de vieux Demerara me plaisait plus.
Habitation Velier Forsyths WP 151
Oui, une photo du site. Non, je n'ai pas de bouteille. Seulement un sample et la photo était moche ...
Alors tant qu'à faire, essayons de faire un truc propre ^^
Qui dit Luca Gargano dit généralement (toujours ?) transparence quant au produit, la preuve :
Outre le type de rhum (White - Jamaica pure single rum), la distillerie, l'année de mise en bouteille, le nombre de congénères (plus il y en a, plus le rhum est puissant au niveau du goût ; pour info, 502 c'est énorme) et le degré d'embouteillage figurant tous sur la bouteille, la désignation même du rhum est éloquente :
- Forsyths  : il s'agit de l'alambic sur lequel le rhum a été distillé ;
- WP : initiales de la distillerie Worthy Park (Jamaïque) ;
- 151 Proof : le degré d'embouteillage, soit 75,5°.
Ainsi, en une ligne, on en sait plus qu'en analysant l'ensemble des informations données par certaines distilleries (par exemple, certains "rhums" de tendance hispanique ou "ron").

Il faut enfin préciser que ce rhum a fait l'objet d'une très longue fermentation : trois mois alors que la plupart des rhums fermentent deux jours au maximum (généralement mois) !

Ok, c'est bien beau tout ça, mais ça goûte quoi au final ?

Pour le principe, je vous le fais mais juste pour le principe hein : Incolore !
C'était le moment détente offert gracieusement.

Passons maintenant aux choses sérieuses :

Si vous vous lancer comme une brute sur le verre, vous allez prendre une claque monstrueuse tellement la bête est puissante. Mieux vaut le laisser respirer un peu et s'y plonger de manière calme et posée.
On se retrouve alors face à quelque chose des vraiment très spécial si on ne s'y attend pas : une odeur de vernis, de solvant et de colle mais aussi de banane (mûre à un point te que l'on pourrait dire pourrie ...).
BAM ! Bienvenue en Jamaïque !!
Il va falloir vous habituer, c'est typique chez eux.
Mais derrière tout ça on découvre une légère note citronnée.
D'habitude j'ai du mal, mais cette fois je trouve vraiment que la rétro-olfaction fait ressortir encore plus ces arômes particuliers.

L'attaque en bouche est la même que pour le nez : Vous y aller comme une brute, ça pique la langue et vous recevez toute la puissance de la chose dans la bouche.
Encore une fois, y aller en douceur permettra de constater que malgré le voltage, ça ne brûle pas la gorge(mais ça la réchauffe, ça oui).
Outre les marqueurs jamaïcains bien particuliers, on sera sur quelque chose de plus épicé (poivre).

La finale est - me semble-t-il - plus épicé tout en restant sur des notes de colle, de vernis et de fruits très mûres mais avec un côté frais relativement étonnant et agréable.
Etrangement, il m'a paru plus sucré sur la fin (voir même un peu salé ?!).

Voilà voilà.
Si après on ose encore dire que les rhums blancs de mélasse sont imbuvables, je ne sais pas ce qu'il faut faire.
Malgré la tête de mort présente sur l'étiquette indiquant qu'il ne faut pas le boire seul, il serait dommage (voir scandaleux) de le boire en cocktail (mais ça en ferait une base incroyable).

Personnellement j'ai adoré. Oui, j'ai pris une grosse claque mais j'ai adoré et c'est bien plus subtil que ce que l'on pourrait s'imaginer.
Il faut vraiment le tester au moins une fois.
De mon côté, il va falloir que je m'attelle à découvrir plus en détails ce que la Jamaïque peut réserver (à part Bob Marley ^^).

Pour la petite histoire, lors de notre dégustation, on a failli perdre un ami. C'était tellement puissant qu'on ne l'a récupéré qu'après quelques instants de solitude (mais il dira qu'il est allergique au "PET" et que le rhum n'est pour rien là-dedans :p).

En espérant que ça vous donnera envie de découvrir ce que le "rhum" blanc au sens large peut vous réserver.


Rhum n' Whisky

mercredi 7 septembre 2016

The Taïwan Connection - Kavalan Solist ex Bourbon Cask

Parce que rester en Ecosse, c'est banal, on va aller faire un petit tour du côté Yi-Lan  à Taïwan et plus particulièrement du côté de la distillerie Yuan-Shan (également connue sous le nom de King Car Company).

Ici la petite partie histoire généralement très courte le sera encore plus vu que la distillerie est sortie de terre en 2005 (!) mais produit déjà des whiskys assez extraordinaires.
Jim Swan, consultant international pour la distillation (quel beau métier dis), déjà à l'origine de Penderyn (Pays de Galles) et de Kilchoman (Ecosse), a apporté son aide à la mise en place de la distillerie.
La distillerie lance sa gamme "Solist" (bruts de fût) dès 2009 et commence à récolter des médailles dans toute une flopée de concours dès 2010.
2015 fut une toute grande année pour Kavalan (qui signifierait "les gens des plaines") qui vit son "master blender" être élu distillateur de l'année et son whisky Solist Vinho Barrique meilleur whisky du monde (rien que ça :p). Et cette année, il semblerait que ça soit au tour du Solist Amontillado (sherry).

Mais, comment, en dix ans ont-ils réussi à produire des produits aussi délicieux, si pas meilleurs que des vieux écossais de 18 ans ?
Tout simplement parce que le lieu de vieillissement est complètement différent : comparez la température et le taux d'humidité en Ecosse et à Taïwan et vous comprendrez que les conditions de vieillissement sont également totalement différentes.
Tout comme pour le rhum vieilli sous les tropiques, la part des anges (la quantité de liquide qui s'évapore du fût) est bien plus importantes ici.
Pour un rhum vieilli en Martinique, la part des anges varierait de 6 à 8% par an tandis que pour un whisky vieilli en Ecosse on tournerait autour de 1 ou 2% maximum par an.
Ne disposant pas d'informations concernant Taïwan, on peut toutefois légitimement supposer - au vu du climat - qu'on se rapproche plus des 6 à 8% que des 1 à 2%.
Alors non, 5 ans à Taïwan ne correspond pas à 18 ans en Ecosse : 5 ans de vieillissement c'est 5 ans et 18 c'est 18. Point barre.
Il est toutefois vrai que la part des anges est totalement différente et qu'en fonction du climat certaines réactions se produisent ou non (ou plus ou moins vite) et donc tout ça modifie fondamentalement les arômes du produit.
Ce qu'on boit n'a donc mis que quelques années pour arriver à maturité mais n'est pas vieux pour autant. Et cela n'enlève rien à ses qualités (l'idée older is better est ici complètement retournée).
Toutefois, essayer de gouter un whisky Taïwanais de 18 ans (pour autant qu'il en existe un jour) qui n'a pas fait l'objet d'un ouillage risque - à mon avis - d'être assez surprenant dans le mauvais sens du terme (on risque de se retrouver face à un "jus de bois" ; après je me trompe peut-être et je l'espère mais je suis sceptique).
Et, oui, au Japon, on fait des 18 ans et même plus mais là non plus le climat n'est pas le même.

Maintenant un problème concernant ce whisky : outre le fait qu'il soit bon (si, c'est un problème parce que du coup, on veut tout goûter...), il est asiatique et depuis quelques années, c'est la folie furieuse sur ce type de produits (comparativement parlant, c'est comme pour les rhums de chez Velier) et donc disponibilité réduite pour les versions les plus prestigieuses et augmentation des prix (comptez +/- 200 euros pour un Solist Vinho Barrique :'-( ).
Par contre ils sont en train de nous sortir une flopée d'itérations dans la gamme Solist : encore plus de bonnes (vraisemblablement) choses à goûter : ex Bourbon, Sherry (Oloroso), Fino Sherry, Vinho Barrique, Brandy, Amontillado Sherry, Manzanilla Sherry, Pedro Ximenez Sherry, Moscatel Sherry et Porto.
Avec un peu de chances, il y en a quelques unes qui arriveront jusque chez nous !!
Quand je vous disais que ça en faisait des choses ... si on compte un budget de 120 à 200€/bouteille ça chiffre quand même pour avoir toute la série .
Ne disposant malheureusement que d'une seule bouteille (budget, disponibilité (surtout), tout ça tout ça), nous allons nous concentrer sur celle-ci :

whisky Kavalan SOlist ex Bourbon Cask

Voici dons les notes de dégustation pour cette version Solist ex Bourbon Cask (brut de fût (57,8°) et non filtré à froid) :

Le whisky présente une belle couleur que l'on pourrait qualifier d'"or léger"

Au nez, et bien, c'est un brut de fût donc si vous vous jetez de suite dessus, vous allez prendre directement tout l'alcool en pleine face. C'est peu conseillé car peu agréable.
Initialement, on lui a trouvé - après l'avoir apprivoisé - une douce odeur d'amande. Alors, soit depuis l'ouverture de la bouteille il a évolué (mouais ...), soit notre nez a évolué (c'est déjà plus probable) et nous a amené vers des notes fruités et épicées mêlées à la vanille.

En bouche, on reste sur le fruit avec un retour du malt. Etrangement, il donne l'impression (mais ce n'est pas le cas, rassurez-vous) de "pétiller" (je n'ai pas trouver de mot se rapprochant plus de cette sensation, désolé) en bouche. Est-ce dû au degré d'embouteillage ? Possible.

La finale fait place à un retour de la vanille (dû au fût utilisé) et aux fruits à coques (noisettes, ...) ainsi qu'à une légère note épicé.
La chaleur qui se dégage de notre gorge après avoir bu une gorgée vous réchauffe et est très agréable.

Si seulement j'avais l'occasion d'avoir une bouteille de chaque embouteillage Solist (quand j'ai acheté celle-ci, il n'y en avait que trois différentes ...), je serais "maltement" comblé (oui, parfois j'invente des mots ^^).


Bonus : Souvenir du Whisky-Live Belgique 2016

L'avantage d'un tel salon est que l'on peut goûter pas mal de choses (trop diront certains) que l'on ne trouve pas nécessairement ailleurs et que l'on a l'opportunité de rencontrer des gens super sympa qui sont là pour faire partager leur passion (mention spécial à la petite dame de chez Compass Box) ... ou pas. C'était en effet le cas de l'exposant de chez Kavalan qui semblait être là uniquement pour faire rentrer du pognon dans sa caisse avec son air supérieur désagréable.
Pourquoi s'y attarder me direz-vous ? Simplement parce que les produits sont délicieux (je n'ai pas assez insisté là dessus ?) et que l'occasion m'était donnée de tester le fameux Vinho Barrique.

Alors mes souvenirs remontent à assez loin (plus de six mois quand même) et vu que je m'étais fait un programme de marathonien au niveau des trucs à découvrir (ou approfondir), celui-ci devait bien être le 32ème ou 33ème whisky dégusté sur l'après-midi.
J'en entends déjà marmonner, "après tant d'alcool ingurgité il n'a plus rien goûter, son palais était anesthésié" (faux, promis) ou "au soir il a sûrement tout dégueulé" (heu, ... vrai mais j'ai des circonstances atténuantes, après 36 whiskys, on m'a tendu une embuscade dans la partie gin du salon - où initialement, je ne souhaitais pas aller - et là, ben après plus de 13 gins tonic (oui, j'ai perdu le compte, désolé et on avait sympathisé avec l'exposant de chez Hendrick's), c'est parti en cacahuète...)
Tout ça pour vous dire qu'après avoir eu l'opportunité de découvrir tout un tas de choses (Dalmore King Alexander III entre autre), j'ai pu - enfin - déguster ce Vinho Barrique qui restera mon coup de cœur du salon.

De mémoire la couleur semblait assez foncé mais la lumière au salon n'aide pas (le site de la distillerie la présente comme une couleur "or automnale profonde")
Au nez (de mémoire toujours donc) on était sur de profondes notes vineuses et fruitées.
La bouche vous emmène toujours sur ce profil vineux avec des notes de pruneaux et de cassis.
La finale se révèle légèrement plus épicée mais en conservant sa ligne directrice.
L'appellation n'est donc pas volée, les arômes de fût de vin sont on ne peut plus présents tout au long de la dégustation.
Une véritable tuerie. Et, oui, je suis prêt à mettre 200 euros pour me l'offrir celle-là.
Faut juste arriver à la trouver ...

Pour le plaisir des yeux, une photo de la bête (issue du site même de la distillerie) :
Kavalan Solist Vinho Barrique
Je trouve la couleur de l'étiquette sympa ^^

Rhum n' Whisky

mardi 6 septembre 2016

Un "blend" agricole parmi d'autres - Longueteau VSOP

Retour au rhum pour cette fois.
Oui, rhum avec "h" donc de l'agricole.

Et c'est quoi cet histoire de blend agricole ? On ne fait pas ça que dans le whisky ?
Et bien non, l'assemblage existe aussi dans le rhum, et pas qu'un peu. On trouve ainsi différentes catégories d'assemblage :
- le VO/VS (very old/very special) composé de rhums de minimum 3 ans ;
- le VSOP (very special old pale) composé de rhums de minimum 4 ans ;
- le XO (extra old) composé de rhum de minimum 6 ans.
Ainsi, dans un VSOP on peut avoir x% de 4 ans, x% de 5ans et x% de 6 ans.

Il existe également des catégories plus traditionnelles (hors assemblage) :
- les rhums vieux traditionnels vieillis de 5 à 7 ans ;
- les rhums vieux hors d'âge, vieillis de 8 à 12 ans ;
- les rhums vieux millésimés vieillis 15 ans minimum.

D'ailleurs, le rhum agricole, il a quoi comme différence avec mon Diplomatico ?
Pour faire très basique :
- le rhum agricole est produit exclusivement dans les DOM (Départements d'Outre-Mer) et à Madère et concerne uniquement le rhum produit à partir de jus de canne frais (en créole, le "vesou") qui nécessite une mise en fermentation presqu'immédiate ;
- le rhum de mélasse (par exemple le Diplomatico mais aussi les rhum Demerara et beaucoup d'autres) est lui produit- comme son nom l'indique - à partir de la mélasse de canne à sucre : un "liquide" brunâtre, visqueux et collant issu du raffinage du sucre (c'est le résidu qui ne cristallise pas en gros). Cette "matière première" se conserve bien plus facilement que le vesou.

Quid de la distillerie Longueteau sinon ?
Elle existe depuis 1895 et nous en sommes à la 4ème génération de Longueteau (actuellement François) à sa tête.
Elle est située à Capesterre en Guadeloupe (et oui, ça change de la Martinique pour une fois) et serait - à ce jour - complètement autonome en cannes à sucre (elle produit donc 100% des cannes nécessaires à l'établissement de son rhum).
Enfin, il est bon de noter que la distillerie produit également le rhum agricole Karekura.

Donc c'est un mélange de rhum de chez Longueteau ? Oui mais pas que.
En effet, outre le fait qu'il s'agit d'un assemblage de rhums vieux vieillis en fûts de chêne ayant précédemment contenu du cognac, les rhums composant cet assemblage sont âgés de 6 à 8, voir 9 ans (on devrait logiquement tourner autour de 50% de 6 ans, 40% de 7 ans et 10% pour les deux autres).
Ce qui, en fait, équivaut à un XO dans pas mal d'autres marques !

Ah oui, une photo de la bête :
Longueteau VSOP rhum

Après tout ce bla-bla, place à la dégustation :

D'une belle couleur ambrée, il invite à la dégustation.

Au nez on sent immédiatement les fruits (principalement la banane mais pas que), la vanille et les épices. Le tout est très intense et donne vraiment envie de s'y plonger.

En bouche, on reste sur le fruit (toujours la banane, si si) et les épices (cannelle, vanille) ainsi qu'une légère touche boisée. Le tout est fondu dans un ensemble extrêmement harmonieux.
Nous sommes loin, mais très loin, des idées reçues qui présentent le rhum agricole comme un rhum sec et boisé à outrance.

La finale, et bien elle continue sur la banane avec une légère note épicée et boisée.

La banane aura donc régné en maître tout au long de la dégustation mais de manière totalement maîtrisée (et pas de manière outrancière comme cela peut l'être dans le cas du rhum Arcane Extraroma, on en reparlera) et les notes épicées et boisées ont on ne peut mieux complété l'ensemble.

Ce rhum faisait partie du line-up de notre soirée dégustation "agricole" et a recueilli les suffrages de chacun à tout point de vue, les arômes qu'il dégage ayant plus à tous.
Et comme déjà dit plus haut, et bien oui, le rhum agricole - n'en déplaise à certaines personnes bornées - ce n'est pas qu'un jus de bois un peu sucré (oui, je connais des gens qui ont des opinions de m**** ...)

Remarque pratique : son prix est plus élevé qu'un VSOP classique mais comme exposé ci-avant, il est également plus vieux qu'un VSOP classique.

Remarque pratiquo-financière pour les BBB ("Bons Buveurs Belges") et les frontaliers : surveillez les promos chez Colruyt (partie du site web "spiritueux d'exception"), elles permettent souvent de faire de bonnes affaires (meilleures que dans certains drink-market luxembourgeois ^^)

Rhum n' Whisky

lundi 5 septembre 2016

Arran 10 14 18



Isle of Arran


Vu ce qu'on s'est envoyé la dernière fois (pour ceux qui ne suivent pas, les initiales de la choses étaient DP ...), il était nécessaire de se rattraper ce coup-ci et, par la même occasion, de se faire plaisir.

Partons donc du côté de la Distillerie Isle of Arran (oui en Ecosse, sur l'île du même nom) pour parler whisky. Et comme l'idée était de se faire plaisir, c'est parti pour une triplette d'Arran : les embouteillages de 10, 14 et 18 ans.

Arran 10 14 18
Riri, Fifi et Loulou ^^

Fondée en 1995 sur l'île d'Arran sur la côte ouest de l'Ecosse, il s'agit ainsi d'une distillerie assez jeune (pour la comparaison, Glendronach date de 1826).
Le "Master Distiller" James MacTaggart a, outre les versions ci-dessus, également apporté un grand soin à des versions affinées (sauternes, porto, amarone et plus récemment madère ; certains affinages de sherry sont encore également disponibles).
Il nous réserve également certains embouteillages collectors dans des séries limitées (Illicit Stills, Devil's Punchbowl, ...) ainsi qu'une version tourbée (Machrie Moore - brut de fût ou non) et un blend (Robert Burns). Nous ne manquerons pas d'y revenir prochainement.

Tout ça c'est fort bien mais pourquoi Arran et pas une distillerie des Highlands bien plus connue (type Glenmorangie ou autre) ?
Tout simplement parce qu'après le Yamazaki, il s'agit de mon premier coup de cœur whisky.
Et comment en est-on arrivé là me direz-vous ?
Et bien, au gré de mes pérégrinations à la recherche de rhum, je me suis retrouvé chez un sympathique caviste à qui j'ai dit : "Je cherche un whisky, j'aime beaucoup le Yamazaki 18 ans, vous pouvez me proposer quoi dans le même genre ?"
La réponse a été du style "Dans le même genre, c'est compliqué mais j'ai ça qui est assez spécial et ça permettra de varier un peu."
Ce jour là, je suis sorti de là avec trois bouteilles : un Kavalan Solist ex-Bourbon cask, un Arran 18 ans ainsi qu'un Arran Sauternes cask finish (on reparlera des deux autres une prochaine fois).
Ayant trouvé les deux Arran particulièrement à mon goût (le Kavalan aussi mais là n'est pas le sujet), j'ai cherché à en savoir un peu plus et donc a en goûter un peu plus, je me suis retrouvé chez un autre caviste qui m'a proposé les 10 et 14 ans. Tout aussi agréable.

Deux choses avant de commencer, ces trois whiskys : 
- sont non filtré à froid.
Cela a deux conséquences : d'une part, un whisky de moins de 46° (les trois whiskys dont on traite ici présentent tous un titrage de 46°) se "troublera" plus facilement en dessous d'une certaine température ou lors d'ajout d'eau et, d'autre part, il sera plus riche et complexe (la filtration à froid ayant un impact sur le profil aromatique du whisky qui perd en acides gras, protéines et esters) ;
- ont conservé leur couleur naturelle.
Ce qui me parait suffisamment clair ; il n'y a donc eu aucun ajout de colorant quelconque permettant d'obscurcir le whisky pour lui donner une air vieilli.

Bien après tout ce blabla, c'est parti pour la dégustation :

Arran 10 ans :

Arran 10 ans

Il présente une joie couleur or et de belles jambes lentes se dessinent sur le verre.

Au nez (alors là, il me parait utile de préciser dès à présent que j'ai d'énormes lacunes à ce niveau ... ce qui est assez pénible au niveau de la dégustation car je passe à côté de pas mal de choses mais je tente de progresser ^^), il dégage des arômes fruités (fruit blanc type pêche, ...), pâtissier et malté, ce qui donne une odeur assez agréable.

La bouche est dans la continuité du nez, tout en douceur, avec une note fruitée plus prononcée en fin de bouche (qui ressort si on "mâche" le whisky).

Enfin, en finale, le côté fruité semble légèrement s'estomper avec une présence plus marqué du malt.

En somme, un très très beau produit pour une "entrée de gamme".

On va continuer à monter en qualité et en saveur avec la version suivante.

Arran 14 ans :

Arran 14 ans

Remarque stupide de ma part ; je préfère la couleur du canister du 10 ans.
A noter qu'il a également subi - après répartition - un affinage de 2 ans en fûts de sherry (du xérès quoi) de premier remplissage et de bourbon, après un vieillissement normal de 12 ans.

Il présente une couleur or plus soutenue que le 10 ans et des jambes plus uniformes.

Au nez, bien que fruité comme son petit frère, il se révèle bien plus épicé avec notamment des notes de cannelles.

L'attaque en bouche est bien plus douce que ce que le nez ne laisse présager. Toujours sur le fruit, elle est assez pâtissière avec un petit retour sur le malt et une fin de bouche revenant sur les épices annoncées par le nez. Un côté sucre d'orge est également présent et c'est très agréable.

La finale est dans la parfaite continuité de ce qui précède : fruitée (toujours la pêche) et épicée.

Alors ce que j'en pense ? Et bien, quand le parrain de ma fille est venu souper à la maison et qu'il m'a demandé de lui sortir "ce avec quoi je me drogue" (^^), c'est ce que j'ai sorti. Le côté fruité et la complexité que ce whisky révèlent au fur et à mesure de la dégustation me plait énormément.

Et bien voilà, il n'en reste plus qu'un.

Arran 18 ans Pure by Nature :

Arran 18 ans Pure by Nature

Il vient d'entrer dans la gamme officielle mais sous une autre présentation (même style que les 10 et 14 mais en bleu foncé) ; je présume qu'il devrait présenter les mêmes notes de dégustation que celui-ci mais ça reste à voir.

Concernant la présente bouteille, il s'agit donc initialement d'une série limitée (à 9.000 bouteilles quand même) et c'est le dernier embouteillage d'une trilogie débutée par un 16 ans et poursuivie par un 17 ans.
Ce 18 ans a également été vieilli en fûts de sherry.

Il présente une jolie couleur or (mon caviste m'a présenté cette couleur naturelle comme "une belle couleur de pisse", amis du bon goût bonjour), des jambes longue et plus rapide que les deux autres.

Le nez m'a semblé plus puissant en alcool que les deux autres et assez épicé.

La bouche est complètement différente, beaucoup plus douce, sur le miel et le caramel mais également sur les épices, toujours avec la cannelle.

La finale est longue et toute en douceur, dans la lignée de la bouche.

Un bonbon on ne peut plus agréable et légèrement plus gras en bouche que les deux précédents.

Ceci conclut notre petit périple du côté des îles écossaises (du moins pour l'instant).

Quand je vous avais dit que ça serait meilleur cette fois-ci, je n'avais pas menti !


Rhum n' Whisky