lundi 5 septembre 2016

Arran 10 14 18



Isle of Arran


Vu ce qu'on s'est envoyé la dernière fois (pour ceux qui ne suivent pas, les initiales de la choses étaient DP ...), il était nécessaire de se rattraper ce coup-ci et, par la même occasion, de se faire plaisir.

Partons donc du côté de la Distillerie Isle of Arran (oui en Ecosse, sur l'île du même nom) pour parler whisky. Et comme l'idée était de se faire plaisir, c'est parti pour une triplette d'Arran : les embouteillages de 10, 14 et 18 ans.

Arran 10 14 18
Riri, Fifi et Loulou ^^

Fondée en 1995 sur l'île d'Arran sur la côte ouest de l'Ecosse, il s'agit ainsi d'une distillerie assez jeune (pour la comparaison, Glendronach date de 1826).
Le "Master Distiller" James MacTaggart a, outre les versions ci-dessus, également apporté un grand soin à des versions affinées (sauternes, porto, amarone et plus récemment madère ; certains affinages de sherry sont encore également disponibles).
Il nous réserve également certains embouteillages collectors dans des séries limitées (Illicit Stills, Devil's Punchbowl, ...) ainsi qu'une version tourbée (Machrie Moore - brut de fût ou non) et un blend (Robert Burns). Nous ne manquerons pas d'y revenir prochainement.

Tout ça c'est fort bien mais pourquoi Arran et pas une distillerie des Highlands bien plus connue (type Glenmorangie ou autre) ?
Tout simplement parce qu'après le Yamazaki, il s'agit de mon premier coup de cœur whisky.
Et comment en est-on arrivé là me direz-vous ?
Et bien, au gré de mes pérégrinations à la recherche de rhum, je me suis retrouvé chez un sympathique caviste à qui j'ai dit : "Je cherche un whisky, j'aime beaucoup le Yamazaki 18 ans, vous pouvez me proposer quoi dans le même genre ?"
La réponse a été du style "Dans le même genre, c'est compliqué mais j'ai ça qui est assez spécial et ça permettra de varier un peu."
Ce jour là, je suis sorti de là avec trois bouteilles : un Kavalan Solist ex-Bourbon cask, un Arran 18 ans ainsi qu'un Arran Sauternes cask finish (on reparlera des deux autres une prochaine fois).
Ayant trouvé les deux Arran particulièrement à mon goût (le Kavalan aussi mais là n'est pas le sujet), j'ai cherché à en savoir un peu plus et donc a en goûter un peu plus, je me suis retrouvé chez un autre caviste qui m'a proposé les 10 et 14 ans. Tout aussi agréable.

Deux choses avant de commencer, ces trois whiskys : 
- sont non filtré à froid.
Cela a deux conséquences : d'une part, un whisky de moins de 46° (les trois whiskys dont on traite ici présentent tous un titrage de 46°) se "troublera" plus facilement en dessous d'une certaine température ou lors d'ajout d'eau et, d'autre part, il sera plus riche et complexe (la filtration à froid ayant un impact sur le profil aromatique du whisky qui perd en acides gras, protéines et esters) ;
- ont conservé leur couleur naturelle.
Ce qui me parait suffisamment clair ; il n'y a donc eu aucun ajout de colorant quelconque permettant d'obscurcir le whisky pour lui donner une air vieilli.

Bien après tout ce blabla, c'est parti pour la dégustation :

Arran 10 ans :

Arran 10 ans

Il présente une joie couleur or et de belles jambes lentes se dessinent sur le verre.

Au nez (alors là, il me parait utile de préciser dès à présent que j'ai d'énormes lacunes à ce niveau ... ce qui est assez pénible au niveau de la dégustation car je passe à côté de pas mal de choses mais je tente de progresser ^^), il dégage des arômes fruités (fruit blanc type pêche, ...), pâtissier et malté, ce qui donne une odeur assez agréable.

La bouche est dans la continuité du nez, tout en douceur, avec une note fruitée plus prononcée en fin de bouche (qui ressort si on "mâche" le whisky).

Enfin, en finale, le côté fruité semble légèrement s'estomper avec une présence plus marqué du malt.

En somme, un très très beau produit pour une "entrée de gamme".

On va continuer à monter en qualité et en saveur avec la version suivante.

Arran 14 ans :

Arran 14 ans

Remarque stupide de ma part ; je préfère la couleur du canister du 10 ans.
A noter qu'il a également subi - après répartition - un affinage de 2 ans en fûts de sherry (du xérès quoi) de premier remplissage et de bourbon, après un vieillissement normal de 12 ans.

Il présente une couleur or plus soutenue que le 10 ans et des jambes plus uniformes.

Au nez, bien que fruité comme son petit frère, il se révèle bien plus épicé avec notamment des notes de cannelles.

L'attaque en bouche est bien plus douce que ce que le nez ne laisse présager. Toujours sur le fruit, elle est assez pâtissière avec un petit retour sur le malt et une fin de bouche revenant sur les épices annoncées par le nez. Un côté sucre d'orge est également présent et c'est très agréable.

La finale est dans la parfaite continuité de ce qui précède : fruitée (toujours la pêche) et épicée.

Alors ce que j'en pense ? Et bien, quand le parrain de ma fille est venu souper à la maison et qu'il m'a demandé de lui sortir "ce avec quoi je me drogue" (^^), c'est ce que j'ai sorti. Le côté fruité et la complexité que ce whisky révèlent au fur et à mesure de la dégustation me plait énormément.

Et bien voilà, il n'en reste plus qu'un.

Arran 18 ans Pure by Nature :

Arran 18 ans Pure by Nature

Il vient d'entrer dans la gamme officielle mais sous une autre présentation (même style que les 10 et 14 mais en bleu foncé) ; je présume qu'il devrait présenter les mêmes notes de dégustation que celui-ci mais ça reste à voir.

Concernant la présente bouteille, il s'agit donc initialement d'une série limitée (à 9.000 bouteilles quand même) et c'est le dernier embouteillage d'une trilogie débutée par un 16 ans et poursuivie par un 17 ans.
Ce 18 ans a également été vieilli en fûts de sherry.

Il présente une jolie couleur or (mon caviste m'a présenté cette couleur naturelle comme "une belle couleur de pisse", amis du bon goût bonjour), des jambes longue et plus rapide que les deux autres.

Le nez m'a semblé plus puissant en alcool que les deux autres et assez épicé.

La bouche est complètement différente, beaucoup plus douce, sur le miel et le caramel mais également sur les épices, toujours avec la cannelle.

La finale est longue et toute en douceur, dans la lignée de la bouche.

Un bonbon on ne peut plus agréable et légèrement plus gras en bouche que les deux précédents.

Ceci conclut notre petit périple du côté des îles écossaises (du moins pour l'instant).

Quand je vous avais dit que ça serait meilleur cette fois-ci, je n'avais pas menti !


Rhum n' Whisky

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