mardi 18 octobre 2016

Le dimanche, on boit de l'eau ... aussi (aka "Mon Salon du Rhum 2016 - partie 2")

Voilà, c'est parti pour le feed-back de la journée de dimanche !



Salon du Rhum - Spa



Au niveau de l'organisation, c'était toujours au top, rien à redire (voyez ce que j'en pense ici). Ah si, c'est aujourd'hui qu'on a fait connaissance avec le frustré capillaire ^^

Mais surtout, la deuxième journée au Salon c'était : descente en groupe (de trois), rencontre avec plein de gens intéressants et super sympas (les mêmes qu'hier mais avec en plus, L'Homme à la Poussette, Monsieur Whisky-Live, mon caviste préféré, Vincent Thill), Master-Class Velier avec Daniele et ticket Collector.

Oui, si ce n'est pas encore assez clair, c'était génial !

Mais commençons par le début :

Le Salon du Rhum - L'arrivée :

Parce que oui, on est de la région mais pas tout près quand même.
Phase 1 : équipement. Polo "Rhum n' Whisky", bic, carnet, ticket. Check.
Phase 2 : regroupement de l'équipe. Arnaud, pas de soucis, il est venu jusqu'à la maison, déjà habillé (et, oui, nos épouses respectives se sont gentiment fichues de nous. Mais si, souvenez-vous, l'équipe de joueurs de bowling américains ...). Après on a récupéré Pierre. Il avait un lendemain de veille difficile. Mal barré tout ça :p (lui s'est habillé en voiture par contre).
Phase 3 : trajet et parking. Voiture en mode autopilote (en même temps, elle avait déjà fait le trajet hier).
Phase 4 : manger. Quelque chose de sain et de léger (en gros, une demi-baguette chaude avec du chèvre et une autre avec du fromage et des lardons... Quoi ? On aurait pu manger un Quick, ça aurait été moins léger.) avec une boisson légère (un coca zéro, je surveille ma ligne quand même, on va boire du jus de canne à sucre toute l'après-midi...)
Phase 5 : entrée au salon. Ah non finalement, comme hier on était trop tôt. Et on était les seuls. Bravo les soiffards...
Au moins, ça nous aura permis de faire connaissance avec un gars de la sécu très sympa (pas comme son collègue en manque de cheveux donc :p)

Finalement, les portes se sont ouvertes un peu plus tôt que prévu (Vincent Thill a dû avoir pitié en nous voyant ...) et on a pu récupérer nos précieux bracelets (la couleur du dimanche étant moins kitsch que celle du samedi mais je n'en dirais pas plus, ça vous forcera à venir vérifier par vous même l'année prochaine), nos verres et acheter des tokens (trop en fait, il en reste pour l'année prochaine ; en soi, une bonne excuse pour revenir).

Bon le placement des stands n'ayant pas changé depuis samedi (ça aurait été surprenant aussi), on ne va pas s'attarder sur qui est là et qui n'est pas là.
Si ça vous perturbe tant que ça, relisez le billet précédent enfin.

Le Salon du Rhum - Pendant :

Alors avant toute chose, je tiens à préciser qu'on avait préparé un programme bien rôdé :
- 13h à 15h : le salon en lui-même (vu qu'il y a moins de monde à l'ouverture) ;
- 15h à 16h : Master-Class Velier ;
- 16h à 18h : Stand Collector (deux heures pour déguster 11cl, dans mon esprit c'était jouable. Tendu mais jouable.).
Ca c'était pour la théorie. Au début ça s'est passé sans accrocs puis ça a légèrement merdouillé...
On y reviendra, ne vous inquiétez pas.

Soyons pratiques et commençons par les exposants dont je ne vais pas parler (du moins pas trop longuement) mais où je me suis quand même arrêté (parce qu'ils sont sympa, qu'ils ont des bons produits, qu'ils sont sympas et qu'ils ont des bons produits, ...) car je ne pouvais pas laisser le reste de notre folle équipe ne pas découvrir tout ça.

Alors dans le désordre :

Issan :
Mais si enfin, le gros coup de cœur du salon. Et bien ils ont vraiment apprécié (à la base ils n'étaient pas portés sur le rhum blanc agricole plus que ça pourtant).
Et moi, ben j'ai regoûté tiens !
Et j'en ai profité pour remettre à David un sample de Clément Canne Bleue 2013 qu'il n'avait jamais goûté. Il a trouvé ça "sympa et intéressant". C'est déjà ça :-D

Compagnie des Indes :
Vous étiez prévenu, toujours pas de costume de Tyrolien pour Florent Beuchet. Grosse déception donc. Encore. ;-)
Par contre, j'avais participé à une dégustation CDI avec Pierre. Il n'avait pas accroché. Pour Arnaud, c'était un nouveau test après les Rhum Days.
Conclusion après l'Oktoberum et le Boulet de Canon 3 ?
Ben le premier n'accroche pas plus et le second n'est pas fan.
Perso, j'aime toujours autant !

Longueteau :
Ils ont accroché au parcellaire n° 9 (tu m'étonnes tiens) et ont vraiment, vraiment apprécié le XO (Si ça c'est pas une surprise !).
En ce qui me concerne, vous connaissez déjà mon avis sur ces deux produits.

Agricole Tour :
Rien que pour Jerry et Benoit, il fallait passer :-)
Après, la majorité des produits étaient disponibles au stand des exposants présents dans l'autre salle (sauf un La Mauny que j'ai pas eu l'occasion de goûter).
La déception : la gamme La Favorite était "bas de gamme" alors que j'espérais goûter les vieux ;-)
Ils ont goûter le Ter Rouj et un Spiced de je ne sais plus qui. Visiblement au vu de leur réaction c'était chouette. Moi j'étais sur un Guyana Full Proof donc j'ai passé mon chemin.

Diplomatico :
Ambassador pour l'un, Vintage 2002 pour l'autre.
Même conclusion que l'année passée : un beau contenant n'est pas synonyme de beau contenu. Bon, si, l'Ambassador est chouette dans sa catégorie et présente bien mais ça fait cher pour ce que c'est.
Pour moins de la moitié du prix, j'estime que le Vintage est "mieux fait".
Après je ne les ai pas testé cette année, mais c'est également les échos qui me sont revenus des dégustations de Pierre et Arnaud.
Pendant ce temps-là, j'étais au Trois Rivières ;-)

Bon, maintenant que ça c'est fait, allons-y pour les découvertes du jour.

Juste une précision : on était trois, ainsi on a généralement tous testé quelque chose de différent et chacun a goûté le produit de l'autre.
Ca n'aura peut-être pas permis d'approfondir certains rhums mais on a pu en découvrir beaucoup plus de cette manière. Il fallait faire des choix.

Stand Kill Devil :

"Kill Devil" c'est quand même un nom qui claque ça. Mais ça cache quoi ?
Et bien, vous pouvez être rassuré. Derrière ce nom et ces bouteilles à l'aspect "satanique" se cache en fait l'embouteilleur écossais Hunter Laing (amis du whisky, bonjour !) qui importe ses fûts en Ecosse pour les y faire vieillir (contrairement à Velier qui procède à un vieillissement sous les tropiques) et les embouteile sur place (sans additifs et sans filtration).

Ah oui, la petite dame qui assurait le service n'était autre que l'épouse de Dimitri (du Stand Bielle & Montebello). Tout comme lui, elle a été très chouette. Sa gentillesse compensait largement son stress de présenter des produits qu'elle ne connaissaient pas nécessairement super bien (la personne "en charge des explications" étant absente au moment où nous sommes passés).

Fort bien, on a remis les choses dans leur contexte mais sinon, c'est bon ?

Guyana 15 ans - Diamond / Savalle :
Notez que comme la plupart des produits de la marque, il est réduit à 46%. Dommage.

Kill Devil - Guyana 15
Quand je vous parlais de bouteilles "sataniques"

L'apparence est engageante: une belle couleur acajou typique des vieux Demerara.

Au nez, ça vous transporte directement sous d'autres latitude avec une dominance du cuir et des fruits exotiques.

En bouche, c'est relativement doux (avec des notes de caramel ?) mais des notes légèrement fumées viennent donner un coup de peps à ce rhum qui aurait - sans ça - été trop sage.

La finale est bien plus chaude et explose sur les épices (cannelle ?).

Pour une première chez Kill Devil, j'ai vraiment apprécié.
Comme pour ce par quoi j'ai commencé hier, j'aurais sûrement dû passer par ici plus tard mais bon, ce qui est fait est fait hein.

Fiji 14 ans :
Les îles Fiji ? Pourquoi pas après tout.

Kill Devil - Fiji
Sabbat Bottle donc
Tout de suite, c'est plus clair. Ambre à reflet doré ou or léger (je ne suis plus sûr et mes notes étaient déjà pourries, ça promet pour la suite...).

Au nez, c'était assez perturbant, on aurait dit que l'on se trouvait face à un Caroni (pour ceux qui ne savent pas encore : Asphalte, bitume et caoutchouc brûlé. Que du bonheur dit comme ça ^^) légèrement passé car les notes d'"asphalte" étaient assez faibles. Le tout cachait des arômes de fruits exotiques qui venaient arrondir les angles.

En bouche aussi c'est typé Caroni (toi aussi lèches le bitume pour voir) mais toujours en étant très fruité.

Enfin, la finale est relativement longue, dans la digne suite des notes présentent au nez et en bouche.
 
Je trouve toujours ça aussi bizarre.

Sur un Caroni pourquoi pas mais là ? Il faudra trouver un autre produit en provenance des Fiji pour comparer parce que c'est quand même perturbant tout ça.

Panama 10 ans :
Rien qu'au nom, on sent qu'on va tomber sur un truc doux ^^

Kill Devil - Panama
En même temps quand on en a vu une, on les a toutes vues ...
Alors, c'est clair ici aussi (un or fort peu soutenu).

Au nez, ça explose sur les fruits confits. Bon déjà, moi les fruits confits, je ne suis pas fan.

En bouche, comme on pouvait s'y attendre, c'est très doux avec toujours des notes de fruits qui accompagnent l'ensemble tout du long.
On notera un important retour de l'alcool en rétro-olfaction. En brut de fût, il doit t'arracher la gorge et te faire fondre les narines lui...

Les notes finales sont - au vu de mon ressenti - fort peu agréables (notes empyreumatiques mal torchées).

Bref, celui-là, j'ai pas aimé.

Guyana 12 ans - Diamond / Versailles Pot Still - Cask Strength :
Tout de suite moi, ça me parle quand je vois "Guyane" et "Brut de fût". Un beau bébé qui affiche quand même 63,9°. Ca tape déjà pas mal et il est encore tôt.
Kill Devil - Guyana
... Finalement non, les bruts de fût sont plus colorées ;-)
Contrairement au premier, celui-ci est clair. Mais clair. Or pâle en fait.

Au nez, ça pique. *Epic Fail*
Après s'être repris, on relève une nouvelle fois quelques notes de cuir. Finalement, ce n'est pas désagréable. En cherchant bien, on devrait pouvoir trouvé autre chose mais là, j'ai le conduit nasal explosé pour les 5 prochaines minutes (en même temps, on dira que c'est bon pour le rhume ^^)

En bouche, on les sent bien les 63,9°. Ca chauffe très très trèèèès longtemps avant de céder la place à des notes épicées.

La finale par contre est plus sur la douceur (sucré) avec un retour sur les fruits.

Etrangement, j'ai préféré le premier. Après, il est aussi fort possible que j'attendais monts et merveilles de celui-ci.

Bon, débrief :
- un produit top ;
- un autre à retester parce que bizarre mais pas désagréable pour autant ;
- un que je n'aime pas ;
- un assez décevant finalement.

Ouais. Faudra voir le reste de la gamme parce qu'il y a de l'Uitvlugt et de l'Enmore quand même. Ca laisse présager de bonnes choses finalement.

Stand Velier :

Je les avais laissés de côté hier mais il était hors de question que je quitte Spa sans les goûter, ça fait bien trop longtemps qu'ils me font de l'œil.
On va donc s'attarder un peu sur les clairins. Ces eaux-de-vie de canne en provenance d'Haïti. Et oui, il n'y a pas que Barbancourt dans la vie.

Les trois clairins exportés par Luca Gargano portent le nom de leur producteur (à une époque, s'appeler Casimir, ça devait être dur, surtout si on était un peu épais...) et sont produits au moyen de pur jus de canne frais.
Les cannes locales sont cultivées sans adjonction d'engrais chimiques.
Les clairins fermentent avec des levures naturelles que l'on retrouve dans le jus de canne.
Enfin, ils sont embouteillés à leur degré naturel (+/- 50°) alors qu'ils sont habituellement dilués (jusqu'à 30° pour certains).

Voilà, j'espère que c'est un peu plus clair comme ça. Ce n'est pas du rhum mais un cousin fort proche, tout comme la cachaça.

A la question "C'est bon ?", la première réaction est de se dire qu'un produit Velier ne peut pas être mauvais.
La seconde, plus pertinente, est de goûter.
Goûtons donc.

Clairin Sajous :
Et oui, on repart sur quelque chose d'incolore. Back to white donc.

Au nez, la canne domine mais c'est très fruité (surtout sur le citron).

En bouche, on démarre sur une légère amertume qui présente un fond toujours très fruité avec des notes épicées très chouettes. C'est toutefois assez bref : on repart vite sur quelque chose d'assez sucré sans être écœurant. Le retour de la canne dans toute sa splendeur.

La finale est dans la continuité de ce qui précède mais commence par un shoot d'épices avant de faire place à une douceur qui revient sur la canne.

Et bien, moi j'aime vraiment beaucoup.
S'il fallait sortir un produit du lot qui n'est pas du rhum, ça serait celui-ci sans hésitation.
Le retour du coup de cœur sur du "blanc".

Une photo pour la route ?
Clairin Sajous
Comme souvent chez Velier : plein d'infos sur la bouteille :-)

Clairin Vaval :
Bon celui-ci, il a déjà un packaging plus exubérant :
Clairin Vaval
C'est festif hein ?
Une nouvelle fois, la robe est incolore. Qui l'eut crû ?

Au nez, bizarrement on retrouve des notes de "plastique" avant que la canne ne se forge tant bien que mal un passage au travers de ce mur d'arômes assez lourdes.
Là, tout de suite, on fait plus dans le jamaïcain que dans l'agricole.

En bouche, on retrouve la canne en plein mais on sent que l'alcool est légèrement moins bien intégré que dans le précédent.

La finale doit sûrement être sur la canne. Oui sûrement parce que mes notes sont vierges à ce niveau-là (à ma décharge, on discutait déjà beaucoup à ce moment-là).

Bon, c'est bien fait mais j'aime moins.
Dans les trois, c'est celui qui m'aura le moins plu.

Clairin Casimir :
"Voici venu le temps des rires ..."
...
Ok, je sors.

Clairin Casimir
Tout de suite, le packaging fait plus penser à un Barbancourt 15. Haïti un jour, Haïti toujours !
Passons sur la couleur (ou plutôt l'absence de couleur) pour s'attaquer directement au nez.

Et bien, c'est surprenant ! Iodé avec des légers relents de truffes !?! Ca c'est original quand même.

En bouche, on reste dans les surprises avec des notes salées et piquantes qui font place doucement mais sûrement à la canne qui tente de se frayer un chemin là-dedans.

La finale repart de nouveau sur l'iode avec des notes salines. Et elle est très longue et très sympa.

Pour en avoir parlé avec Laurent Cuvier au stand collector et il a employé un mot assez juste pour décrire ce produit : "un OVNI".
Personnellement, j'ai trouvé ça vraiment bien.
Après je peux comprendre que certains (beaucoup ?) n'accrochent pas parce que, mine de rien, c'est quand même spécial.

Conclusions sur ces dégustations tant attendues ?
- une tuerie qui tend vers l'agricole ;
- un semi-jamaïcain qui s'ignore mais sans grand intérêt pour moi ;
- un truc complètement hors sujet mais tellement étonnant que je ne peux que l'apprécier. Il fallait oser !

Stand Bielle & Montebello :

Oui, je sais, pour l'instant, on refait plus ou moins les mêmes stands qu'hier.
De un, on fait ce qu'on veut :-p
De deux, c'est parce qu'il y a plein d'autres choses à goûter ;
De trois, ben les exposants sont sympas.

On va panacher ici : un peu de tout (mais on reste quand même en Guadeloupe) !

Montebello 3 ans :
Montebello, on en parle rarement je trouve. A tort parce qu'ils ont de très beau produit.
J'en veux pour preuve ce tout jeune vieil agricole (oui, je sais écrit comme ça, ça fait bizzare) :

Montebello 3 ans
Une bouteille qui ne paie pas de mine mais ...
La couleur est d'un ambre léger. En même temps, pour trois ans il ne faut pas non plus s'attendre à avoir quelque chose de très foncé.

Le nez est extrêmement fruité. A la fois sur les fruits frais (exotiques) et les fruits confits.
Pour quelque chose d'aussi jeune, c'est sympa.

La bouche reste également sur le fruit (jaune) mais avec un retour de la canne. Le tout est porté par un retour sur les épices (poivre, ...) qui réveille un peu.
On note également quelques notes boisées de ci de là.

La finale quand à elle est plus épicée et plus sèche.

Un chouette petit vieux Guadeloupéen à un prix tout à fait raisonnable. Une super entrée de gamme.
D'un point de vue rapport/qualité prix, c'est génial.

Pierre m'a dit un truc du genre : "***ain, ça râpe et ça pique ton truc !" ... De fait quand on boit un Longueteau XO, ben  on ne joue tout simplement pas dans la même catgorie ;-)

Montebello 6 ans :
On garde le même design "simple" :
Montebello 6 ans
Simple mais efficace
3 ans de plus et fatalement, plus foncé que le premier : il présente donc une robe d'une couleur ambre plus soutenue.

Au nez, on est toujours sur les fruits (frais et confits) mais les épices sont plus présentes.
Le tout est très gourmand et demanderait d'être un peu plus approfondi et ce, de manière plus calme.

En bouche, même si on est une nouvelle fois sur les épices avec des fruits qui viennent englober tout ça en arrière-fond et des notes boisées en fin de bouche qui rehaussent le tout, on se trouve clairement dans une autre dimension que le trois ans.

La finale est longue sur les mêmes arômes que citées ci-dessus.

C'est super bien foutu comme produit. Et une nouvelle fois d'un rapport qualité/prix défiant toute concurrence.

La Guadeloupe risque de nous réserver encore de belles surprises.

Bielle 2009 :
Oui, Bielle, encore.
Personnellement, j'espérais trouver des anciens millésimes Brut de fût mais voilà.
A la base, je ne devais pas le tester mais j'ai goûté dans le verre de quelqu'un d'autre.

Au niveau du design, y a pas à dire, c'est plus joli que le blanc :
Bielle 2009
Distillé en 2009, embouteillé en 2013 mais réduit :'-(
L'ayant très peu goûté, je serai assez bref (surtout que j'ai été un peu déçu) :

La robe est très claire (un or très très pâle).

Au nez, c'est fruité (agrumes) et légèrement épicé. La canne est là mais un peu étouffée.

En bouche, les "marqueurs Bielle" sont là, c'est sûr mais ils semblent plus fades que ceux présents dans le 2007.

La finale est courte, sur les épices.

En soi, il n'est pas mauvais. Loin de là. Mais quand on a goûté au Brut de fût (2007 ou autre pour les chanceux et bienheureux), ça parait fade et sans relief.
Dommage.

Stand Rum Nation :

Initialement, je n'avais pas prévu de m'y arrêter (peu de temps avant j'avais fait une dégustation de leur produit avec le sympathique exposant du stand Dillon & Depaz) mais j'étais d'accord de faire une exception s'ils présentaient leur Small Batch Demerara brut de fût.

Premier arrêt, samedi : je cherche les bouteilles en verre transparent avec un bouchon du même acabit, plus classe que les bouteilles habituelles. Conclusion : que dalle.
Ni une, ni deux, j'interroge l'exposant (encore un type extra soit dit en passant) qui me répond, tout penaud, qu'il les a laissées à son hôtel mais qu'il peut essayer de trouver quelqu'un pour le dépanner et aller les récupérer. Super gentil mais inutile, il ne les oubliera pas dimanche et comme je serai là ...

Deuxième arrêt, dimanche : Elles sont presque toutes là (Enmore et Port Mourant, ne manque que la bouteille de Diamond). Génial.
Et il y avait un Jamaïcain de 25 ans (1991). Grosse déception. Pas qu'il soit mauvais, c'est juste que les dernières gouttes me sont passées sous le nez. Sniff.
On se consolera avec les deux autres du coup (surtout que les verres étaient bien servis dis donc).

Port Mourant 1999-2016 57,4° :
Annonçons tout de suite la couleur : une tuerie !

Rum Nation - Port Mourant 1999-2016
Une bouteille super classe et une photo en provenance du site RumCompany.de
Il présente une belle robe acajou qui invite à a dégustation. 17 ans quand même. le léger disque verdâtre et huileux à la surface du verre est bien présent.

Au nez, il explose sur des notes de cuir et une flopée d'épices qui vous font voyager sur un autre continent.
Un dépaysement complet et extraordinaire, des arômes en veux-tu en voilà, ça va être génial !

En bouche, c'est très doux, l'alcool est hyper bien intégré et d'importantes notes épicées (poivre surtout) viennent rehausser le tout. La douceur fait toutefois sont retour doucement mais sûrement.

La finale est longue mais vraiment très longue. Toujours sur les épices, elle présente toutefois des notes plus herbacées qui vous font une nouvelle fois changer de registre.

Et bien, je ne suis vraiment pas déçu du voyage ! Gros coup de cœur, un produit comme on aimerait en voir plus souvent. Dommage qu'il soit si cher.

Est-ce que le deuxième fera le poids face à ce monstre de goût et de saveur ?
Réponse tout de suite :

Enmore 1997-2016 58,7°:
La bête en image, attention photo trompeuse :
Rum Nation - Enmore 1997-2016
Moi je trouve ça toujours aussi beau
Contrairement à la photo, je l'ai trouvé bien plus clair (or orangé). Fort fort clair d'ailleurs pour un 19 ans (!). Toujours ce petit cercle verdâtre et huileux (C'est la première fois du salon que je les trouve si "présents").
A la question, si vieux et pas si cher que ça (oui, bon, il faut déjà allonger pour se l'offrir mais ça pourrait être bien pire), la réponse est fort simple : vieillissement continental. Ca change énormément de choses au niveau de la part des anges ...

Au nez, tout de suite c'est différent. Très fruité, avec des notes de cuir et d'épices.
Un tout autre style. Personnellement, j'accroche tout autant !
Là aussi on est transporté dans une autre dimension.

En bouche, tout un tas d'arômes se bousculent : ça part sur le fruit, le cuir, de légères notes de caramel et bien d'autres encore mais je reconnais que mes notes aussi se sont bousculées à ce moment là. Désolé.
Cela n'empêche pas que je peux confirmer que c'était fantastique (rien que ça).

Et pour la finale, on se prend un gros uppercut : des notes iodées viennent nous réveiller alors qu'on pensait finir la dégustation très calmement.
En plus de ça, quelques notes fumées complexifient encore la chose.
Il va sans dire que la finale était monstrueusement longue.

Conclusion ? Une tuerie, encore ! Et un énorme coup de cœur (oui, même plus que le Port Mourant).
Un bémol ? Le prix, encore une fois.

Deux coups de cœur au même stand, et sur deux produits dégustés en plus (oui, en même temps, j'ai choisi mes dégustations aussi). Pas mal non ?

Stand Trois Rivières :

Si la cuvée "Oman" était là, je ne l'ai pas vue (et je ne veux pas le savoir, je m'en voudrais de l'avoir ratée).

Bon après deux produits exceptionnels, il fallait faire un choix mûrement réfléchi histoire de ne pas être vraiment très déçu.

J'ai donc jeté mon dévolu là-dessus :

Millésime 1995 :
En JM, le '95 est juste génial. Je me suis dit que c'était peut-être une bonne année du coup ;-)
Ici on a une double maturation (fûts de bourbon puis de cognac).

Mais sinon, c'est bon ? Et ça ressemble à quoi ?
Trois Rivières - 1995
Belle boite et bouteille sobre. Etrangement, quand c'est simple à l'extérieur c'est souvent bon à l'intérieur.
La robe est relativement foncée (pas encore acajou mais pas loin).

Au nez, on est sur le fruit compoté avec des notes de canne. Des notes boisées apparaissent dans une moindre mesure.

En bouche, on reste sur le fruit, c'est très doux et agréable. Quelques épices viennent rehausser l'ensemble mais sont moins présentes que les notes boisées.

Enfin, la finale est - quand à elle - plus sur les notes boisées avec une fin tout en douceur sur des arômes plus "sucrées".

Vraiment un beau produit qui est loin d'avoir fait flop après les deux dégustations précédentes.
Décidément, j'aime de plus en plus moi le Trois Rivières (quelle idée aussi de commencer avec la "Cuvée du Moulin" :p Je sens qu'elle va finir en 'ti vieux).

Stand RL Seale Co. Ltd. : 

Gné ?
Oui, la société "RL Seale Co. Ltd." possède les marques Doorly's, Foursquare, RL Seale et Rum Sixty Six. Les trois premières étaient représentées, la dernière, je ne sais plus.

Doorly's, on a déjà testé, c'est top.
Foursquare, pas encore. Et en plus il fallait bien comparer avec le Velier d'hier ;-)

Problème, il nous restait 20 minutes pour tester les 3 Foursquare et passer faire "pause pipi" avant d'assister à la Master-Classe Velier.
Oui, pour ceux qui suivent, c'est à cette occasion, que le gros lourd de la sécu nous a dit : "On ne sort pas avec un verre plein, même pour aller aux toilettes ..."
Deux remarques à l'attention de cet espèce de Rambo complexé et antipathique et avec un problème de pilosité capillaire (j'ai d'ailleurs fait remarqué à son collègue qu'il était beaucoup plus sympa, ce qui n'a pas eu l'air de l'étonner ...) :
1. L'année passée une flopée de gens buvaient tranquillement leur verre à l'extérieur et il n'y a pas eu de problèmes ;
2. Je l'ai payé le liquide qu'il y a dedans. Donc juridiquement parlant c'est ma propriété et si j'ai envie de lui faire faire un tour, j'ai le droit ^^ Plus pratiquement, je l'ai payé donc c'est pas pour le balancer à la tête du premier venu gros malin.
Soit. Passons.

On a donc tous pris un verre différent histoire d'être pratique, rapide et efficace (mais moins précis en terme de notes de dégustation du coup).

Zinfandel Cask Bend 11 ans :
Zinfakoi ? Zinfandel.
C'est un vin doux californien assez puissant en alcool. Le rhum a donc été partiellement (6 ans quand même) vieilli en fût de Zinfandel après avoir passé 5 ans en fût de bourbon.

Il présente une robe de couleur fauve. Mais c'est assez léger.

Au nez, c'est doux. C'est très très doux. Ca ne fait pas Barbade en fait.
L'influence du fût sans doute.
Mais j'aime bien.

En bouche, c'est toujours aussi doux mais on sent un peu plus le bois et la coco (on revient doucement en Barbade).

La finale est elle aussi relativement douce, sur les fruits (orange) et les épices douces (vanille, ...).

Un chouette petit produit au prix parfaitement raisonnable pour qui voudrait passer d'un ron pas nécessairement "authentique" à tout point de vue à quelque chose de facile mais de plus "vrai".
Oui Richard Seale a, à peu de choses près, la même vision du rhum que Luca Gargano.
Des gens biens. En plus, ils font des produits géniaux.

Au fait, photo :
Foursquare Zinfandel Cask Blend
Tout en sobriété

Port Cask Finish 9 ans :
Ici, c'est 3 ans en fût de bourbon et 6 en fût de porto.
Foursquare Port Cask Finish
Oui, toutes les bouteilles ont la même présentation.

Tout de suite, la couleur est plus soutenue et il présente une belle robe ambrée.

Au nez, on sent l'influence du fût de porto avec des notes de fruits mais moins que dans un whisky. Le rhum se taille une part belle des arômes présentes : boisé, coco, épicé. Barbade quoi.

En bouche, c'est doux (pas sucré, doux, nuance) avec les mêmes marqueurs qu'au nez mais aussi une touche de noisettes (fût de porto quoi)

La finale, revient légèrement sur l'alcool et se fait plus sèche mais reste toutefois dans la douceur du début avec un retour des notes boisées.

Sympa. Mais j'aime mieux l'autre.

Cask Strength 2004 :
Voilà, l'heure de la comparaison a sonné.
Foursquare Cask Strength 2004
Moins glamour que la bouteille noire. Moins cher aussi ^^
Malheureusement, pressé par le temps, il n'y a pas vraiment pu avoir de dégustation détaillée. Comme d'hab, il faudra réessayer une prochaine fois.

La couleur est ambre à reflets dorés.

Au nez, on sent les 59°. Pour être franc, au début, on ne sent que ça ;-)
Après des notes boisées et vanillées (fût de bourbon pendant 11 ans quand même) apparaissent. Sympa.

En bouche, ça réchauffe ! Et l'importance de l'alcool au nez, laisse place aux fruits (agrumes) et aux épices (principalement des notes herbacées). Toujours avec un boisé sympathique qui entoure le tout.
C'est mieux déjà.

La finale est très longue (comme souvent avec les bruts de fût) et toujours sur les notes herbacées susdites mais également avec un petit côté fumé appréciable. Enfin, un peu de douceur (notes sucrées) vient terminer le travail.
J'aime beaucoup !

Voilà.
Comme dit plus haut, je n'ai pas vraiment eu le temps de l'apprécier à sa juste valeur mais revoyant les notes de celui-ci et mes commentaires sur le Velier ben, il n'y a pas de match.
Si vous voulez vous la pétez (ou si vous êtes inconditionnels de Velier ou spéculateurs mais là c'est déjà un peu tard), acheter une bouteille noire qui - je trouve - ne vaut malheureusement pas son prix actuel (après, si vous l'avez acheté à sa sortie et que vous l'avez ouverte, faites comme si je n'avais rien dit).
Par contre, si vous voulez vous faire plaisir (Pas qu'il n'y ait pas de plaisir à boire le Velier, loin de là, mais il faudra déjà le trouver ... et le payer), ne réfléchissez pas longtemps et prenez celle-ci. En plus elle est quasi 4 fois moins chère (!).
Ca c'est fait ^^

Ceci conclut la partie "normale" du salon.
Reste donc la Master-Class et l'espace Collector.

On y va ?

Le Salon du Rhum - Master-Class Velier :

Soyons clairs, c'est la que notre programme chargé mais réalisable a merdouillé. Vraiment.
Pas que ce n'était pas bien ou pas intéressant loin de là, c'est juste que Velier nous a envoyé son numéro 2 pour nous faire la présentation (oui, certains regrettent Luca mais bon, il n'est visiblement pas au Rhum Fest non plus donc) ce qui implique que le Monsieur ben il aime ce qu'il fait (beaucoup) et il aime encore plus en parler (vraiment beaucoup) mais (il y a toujours un "mais") il se fiche éperdument du timing imparti ^^
Rappelé à l'ordre à deux reprises par l'équipe du Salon, il s'est finalement décidé à nous faire descendre (le mot déguster n'était plus adapté à ce moment) les 5 verres devant nous en plus ou moins 15 minutes (après avoir parlé pendant 1h15' alors que tout devait être bouclé en 1 heure). C'est un peu dur, surtout vu le voltage de certains des bestiaux présentés.
En même temps, il parait qu'il fait le coup à chaque fois ;-)
Moralité, tu invites Daniele, tu lui dis qu'il a une heure mais tu prévois une heure et demi (NB tu invites Luca, tu prévois minimum deux heures parce qu'il semblerait qu'il parle encore plus).

Et sinon, il a parlé de quoi Daniele (Biondi de son nom de famille) ?

Dans un premier temps, il a présenté Velier (j'en avais déjà un peu parlé donc on ne va pas s'étendre).

Il a parlé de la catégorisation des rhums suivant le mode de production (par exemple un rhum est "quatre étoiles" si la société cultive, récolte, distille, embouteille elle-même le produit. Puis on redescend de catégorie en fonction de ce que l'on fait ou pas (pas de culture mais transformation de la canne ou de la mélasse, ...)
Super intéressant même quand on en a déjà entendu parlé.
Vous n'aurez pas plus de détails (je n'ai pas pris de notes) et certains en on déjà parlé mieux que moi ailleurs. Et je n'ai pas envie d'écrire de couillonnades.

Il a enfin parlé de ce que l'on pourrait appeler "la classification Gargano" qui tente de révolutionner le monde du rhum comme cela avait été le cas en son temps dans le monde du whisky lorsque certains ont essayé de faire reconnaître le single malt comme produit de qualité équivalente ou "supérieure" au blend.
Notez bien que Richard Seale (Doorly's, Foursquare, ...) y est également pour beaucoup.
Une super idée mais au vu du bordel actuel et de l'absence de législation uniforme (hormis l'AOC en Martinique), il va y avoir du boulot. Mais ça amènera une plus grande transparence au niveau des produits et ça c'est bien (ça risque aussi d'augmenter les prix et ça c'est moins bien).
En substance, ça consiste en quoi ?
Et bien cette classification est basée sur la grande distinction entre distillation continue et discontinue (la seconde étant bien plus compliquée à mettre en œuvre que la première). On en parlera peut-être dans un autre billet mais le faire ici risque de prendre beaucoup de place et je risque de raconter beaucoup de conneries parce que l'air de rien, c'est assez technique --'
Donc, on va commencer (en essayant de ne pas se tromper) par ce qui est le top du top pour finir par le moins bien :
1.a/ Pure single rum : rhums de mélasse provenant d'une seule distillerie, distillé de manière discontinue au moyen d'alambic traditionnel.
Par exemple, Foursquare et Worthy Park ;
1. b/ Pure single agricole rhum : rhums de pur jus de canne provenant d'une seule distillerie, distillé de manière discontinue au moyen d'alambic traditionnel.
Par exemple, Rhum Rhum et Issan (tiens, encore eux) ;
2. Single blended rum : qui dit blend dit assemblage. C'est donc un assemblage de rhum distillés de façon continue et discontinue au moyen de colonne traditionnelle et d'alambic à repasse, le tout provenant d'une seule distillerie.
Par exemple, El Dorado et Appleton ;
3. a/ Traditional rum : rhums de mélasse distillés de manière continue à partir de colonne traditionnelle.
Par exemple, Antigua Distillers.
3. b/ Agricole rhum : rhums de pur jus de canne distillés de manière continue à partir de colonne traditionnelle.
Par exemple, Longueteau, JM, Clément et Bielle ;
4. Rum : Tout le reste (généralement des rhums légers produits par des colonnes multiples - des trucs énormes).
Par exemple, Bacardi et Havana Club.
Voilà voilà.

Ah oui, outre nous trois et une grande partie de la Légion Rhumaine, on pouvait également identifier une tête bien connue des amateurs de rhum et d'internet : L'Homme à la Poussette (à cet instant, je n'étais pas sûr que ça soit lui mais j'en ai eu confirmation au Stand Collector).

La dégustation enfin. Elle portera exclusivement sur la nouvelle gamme de la maison, les biens nommés "Habitation Velier".
Au fait, je vous en ai déjà parlé mais en cas d'oubli je vous rappelle qu'avec les "Habitation Velier", tout est sur l'étiquette :-)

Donc sur les 15-20 minutes restantes, on a pu découvrir (ou redécouvrir) 5 produits de chez Habitation Velier (j'en ai parlé au même endroit que de Velier ; donc).
C'est parti pour un débrief hyper rapide et pas du tout précis vu le temps imparti pour se pencher sur ces pourtant beaux produits qui méritent qu'on s'y attarde.
Go !

Foursquare 2013 - 64° :
Habitation Velier - Foursquare 2013

La couleur tire vers un ambre léger.

Au nez, bien que l'alcool soit bien présent, les épices ressortent mais le boisé et les fruits secs dominent (noix, ...).

En bouche, c'est assez doux avant que l'alcool ne fasse son retour, rendant l'ensemble plus piquant.

La finale est chaude et herbacée.

Forysths WP 2005 - 57,8° :
Habitation Velier - Forysths WP 2005

Celui-ci est ambre à reflets dorés.

Au nez, ça sent la Jamaïque mais pas trop. Les fruits exotiques mûrs se marient avec pas mal d'autres arômes non identifiés faute de temps. Pas vraiment d'odeur de colle ou de solvant de mémoire.

La bouche est d'abord fruitée puis plus sèche.

La finale est toujours sur les fruits et des notes boisées.

Forsyths WP 151 Proof :
Habitation Velier - Forsyths WP 151 Proof

Pour celui, je le reconnais, je n'ai rien noté (et à ce moment là de la dégustation, on  a juste essayé de survivre :p).
En même temps, j'en avais déjà largement parlé dans un précédent billet (oui, c'est celui auquel je vous renvoie depuis tantôt. C'est pas voulu pourtant.) ... c'est inquiétant, 10 articles et je m'autoréférence déjà ...

Port Mourant White - 59° :
Habitation Velier - Port Mourant White

A partir de là, on a vraiment, vraiment commencé à se dépêcher.

Ben, en fait, c'est transparent (ça faisait longtemps).

Les agrumes ressortent pas mal sur le nez.

En bouche, c'est chaud avec des notes légèrement fumées (?) et épicées.

La finale semble relativement longue.

Hampden 2010 HLCF - 68,5° :
Habitation Velier - Hampden 2010 HLCF

"Ooh-yeh, well alright!
We're jamming, I wanna jam it with you
We're jamming, jamming and I hope you like jamming too

..."

Pardon, désolé.

On est donc en Jamaïque et celui-là, c'est clairement une tuerie et c'est bien triste d'avoir dû le boire si vite (oui, je me répète, je sais).

Une nouvelle fois, la robe est joliment ambrée.

Au nez, c'est bien rock n' roll (ou plutôt "reggae n' roll") : colle, solvant, ... et alcool fort. Beaucoup diraient "beurk". Certains baveront à l'idée d'un produit arrivant directement du pays de Bob Marley.
J'en suis.

La bouche laisse place à des fruits (exotiques ou non, ananas en tête) mûres et - contrairement à  ce que l'on pourrait penser - l'alcool est "vachement bien" intégré.

La finale est longue longue longue (et je n'ai pas plus de notes).

En très très peu de temps, il a presque mis tout le monde d'accord.
Je le redis, une tuerie et un autre (encore) coup de cœur !

Voilà voilà, bref et concis. Vous étiez prévenus.
Sinon, comme annoncé, de superbes produits et une master-class vraiment intéressante. Juste un problème de gestion du temps indépendant de la volonté de l'équipe du Salon qui a tant bien que mal tenté d'activer Daniele (en même temps, il aurait pu nous dire de boire pendant son "introduction" aussi hein parce que du coup, la description des produits elle a été fort brève (les infos de l'étiquette en gros).

Il est évident que les cinq rhums présentés ci-dessus ont bien plus à livrer que les faibles informations mentionnées. Mais c'était trop court pour pouvoir bien approfondir la dégustation.

Après, ça casse un peu quand même. 5 bruts de fût (dont un surpuissant) en 15 minutes c'est violent l'air de rien.

Le Salon du Rhum - Espace Collector :

Où, une fois n'est pas coutume, on croise Ruben et les Légionnaires, l'Homme à la Poussette, Monsieur Whisky-Live (qui étrangement ne bois pas de rhum) et, surtout, où on se rend compte que finalement, non di djû, il ne nous reste pas assez de temps pour en profiter.

Avant de détailler un peu ce qui précède, autant vous le dire tout de suite : ce que j'ai pu goûter était exceptionnel. Vraiment (sauf la cuvée chevalier du zodiaque mais ce n'est pas moi qui l'ai testé celle-là). Et j'ai décidé, de manière complètement égoïste de profiter à fond de la chose sans me casser la tête à retranscrire mon ressenti... Désolé.
A ma décharge, à ce moment là, même Laurent avait arrêter de prendre des notes :p
Un seul regret, ne pas avoir pu profiter plus longuement de ce fantastique Espace Collector.
Si il le refont l'année prochaine, on modifiera drastiquement notre programme (ou on prendra beaucoup de samples, c'est selon ^^).

Dans le désordre, donc, dans l'espace Collector :
- on (oui, on était toujours trois à ce moment ce la soirée, même après la Master-Class Velier. Pas mal hein ^^) a pu goûter des choses exceptionnelles ;
- j'ai goûter (très peu) la cuvée "Chevalier du Zodiaque" ou A 1710 - Nuée Ardente (Shiryu, sort du corps de ce commercial !). Outre le fait qu'on n'en sait pas grand chose et que c'est vendu très cher et bien, ça ne vaut pas son prix (très sucré, très court en bouche). Bof bof ;
- j'ai croisé Ruben et la Légion (dont une grande partie était à la Master-Class Velier) qui m'a dit "Je t'ai vu plusieurs fois de loin mais j'étais trop pourri pour aller jusqu'à toi..." M'enfin Ruben ;-) Du coup on a discuté (je lui ai d'ailleurs expliqué qu'un proche avait essayé de m'empoisonner la veille, il était mort de rire à la vue du "liquide" responsable. Pour ceux que ça perturbe, relisez la fin du dernier billet) ;
- je ne l'ai pas reconnu tout de suite mais le Monsieur à gauche sur les photos qui servait de façon extrêmement sympathique au stand n'était autre que Monsieur Jacky "Whisky-Live" Busch (et accessoirement beau-père de Vincent Thill, organisateur de l'évènement pour ceux que j'aurais perdu).
Conclusions :
1. Dans la famille (au sens large donc, ils sont visiblement tous super sympas et sont restés humbles malgré le succès des évènements qu'ils organisent. Respect.
2. Même au Salon du Rhum, il réussit à boire du whisky (Aberlour si je ne me trompe). Respect, bis ;
- j'ai rencontré Laurent Cuvier (plus connu dans la sphère rhumesque de l'internet sous le surnom de "L'Homme à la Poussette"), celui-là même qui m'a donné l'envie de partager avec vous cette belle aventure éthylique. Sur son blog, il a l'air sympa. Et bien, c'est le cas en vrai aussi et ça c'est chouette.
On a donc pu échanger quelques mots et quelques impressions sur les produits présentés (et on a visiblement un faible pour le Enmore Silver Seal présenté à l'espace Collector).
C'était vraiment chouette ;
- à trois, il semblerait qu'à un moment on faisait plus de bruit que la Légion réunie ... Désolé --' ;
- on n'a vraiment pas eu assez de temps pour goûter, apprécier et profiter des rhums présentés. On reviendra !

Au fait, voilà ce que l'on nous proposait, en dose de 1cl à chaque fois (pour ceux qui se posent encore la question : oui, si vous cliquez sur la photo, elle s'agrandit. La magie de l'informatique.) :

Stand collector

Donc, en accéléré, ce que j'ai personnellement testé avec - parfois - une mini note de dégustation :

- Neisson15 ans pour la partie "gold" (il y avait aussi un Bielle 2002 et un Enmore Silver Seal 1986 - 21 ans).
Alors Neisson ou l'absence de Neisson sur le salon, c'était - à peu de choses près - la seule déception du week-end (l'autre étant le temps trop juste pour profiter de l'espace collector mais ça c'est de notre faute).
Je me réjouissais de regoûter à l'Esprit, de tester la cuvée troisième millénaire et m'étais mis à rêver de pouvoir goûter les parait-il exceptionnellement extraordinaires 15,18 et 21 ans.
C'est raté donc.
Mais j'ai quand même pu tester ce fameux 15 ans (dont le prix tourne quand même autour de 350 euros la bouteille) et pourtant ce n'est pas comme si les deux autres me laissaient indifférent.
Pour celui, aucune note.
J'ai juste profité. Personnellement je trouve que j'ai bien fait.
Un produit d'une qualité incroyable. Vraiment.
SI vous en avez l'occasion, essayez le. Vous ne serez pas déçu.
Allez, en très très bref : boisé et épicé avec une finale très longue :-)

Si vous avez bien suivi, on était trois et il y avait trois dégustations "gold". Vous voyez où je veux en venir ?
Oui, on a testé les trois !
Alors oui, certes, 0,33 cl c'est peu (très très peu même) mais largement suffisant pour se faire une idée de l'étendue aromatique de ces fabuleux produits :

- Bielle 2002 : Brut de fût sauf erreur, avec les marqueurs Bielle mais pas que. Couleur ambre, un nez sur la canne et la douceur, une bouche sur les épices (avec de légères notes fumées ?) et une finale longue et intense.
Super ! (le prix aussi : +/- 600 euros !)

- Silver Seal Enmore 1986 - 21 ans : Un vieil Enmore de chez Silver Seal. Miam. couleur cuivre à reflets acajou, nez sur les fruits et le cuir, bouche toujours sur les fruits (sec et confits cette fois) et une finale longue encore sur les fruits et les épices.
Génial ! Extra ! Enmore quoi ^^
(+/- 375 euros si vous vous posez la question)

Trois produits incroyables qu'il aurait fallu appréhender avec plus de respect et plus de temps.
Mais dans la vie, on fait ce qu'on peut. Et bien franchement, c'était déjà pas mal du tout (c'était même incroyable, comme les produits présentés).
Pour la sélection "silver", on pouvait tester 10 rhums différents sur le panel proposé.
Précisons tout de suite que je n'ai pas eu l'opportunité de profiter de mes 10 dégustations mais :
- notre dernier verre a été très bien servi (2-3 cl minimum) ;
- j'ai eu la présence d'esprit de prendre un sample de 5 cl avec moi (oui, juste un, ... ça va hein, ne retournez pas le couteau dans la plaie) et suis donc reparti avec 5cl d'Enmore Silver Seal (pas le gold hein)

Pour le reste, la dégustation a donné plus ou moins ça (le tout entrecoupé de discussions avec des personnes super intéressantes venant d'horizons divers et variés si vous avez suivi, ce qui n'a pas non plus aidé à la prise de notes mais les conversation étaient quand même plus chouettes que de rester écrire tout seul dans mon coin comme un autiste) :

- MG 9 ans : MG ? Marie-Galante? Oui oui. Bien ? Juste un mot : Velier.
Voilà, ça devrait résumer le fond de ma pensée. Mais comme je bous aime bien : couleur or, nez sur le fruit (mes notes sont toutefois très très floues à ce sujet), bouche douce, boisée et épicée, finale très très longue.
Un délice ;

- Diamond 1999 SVW - 15 ans : Velier toujours. Bouteille noire ^^ (elle n'était plus sur la photo.)
J'ai noté "extraordinaire". couleur fauve, sur les fruits et les épices.
il faudra vous contenter de ça ;

- Enmore 24 ans : Embouteillé pour The Nectar, on est face - à nouveau - à un superbe produit. Bon d'accord, j'ai un faible pour l'Enmore et après ? C'est mieux que le Don Papa non ?
Celui-ci présente des notes un peu plus fumées que ceux dégustés jusqu'à présent. Ce qui ne gâche rien à l'ensemble du produit qui est extrêmement bien maitrisé, de l'attaque olfactive à la finale (une belle phrase pour vous faire comprendre que je n'ai pas de notes mais que j'ai bien aimé :p) ;

- Enmore Silver Seal 2002 :  Quand je vous dis que j'aime bien, ce n'est pas des histoires.
Celui-là, je l'avais déjà goûté et il m'avait laissé une impression incroyable, confirmée une nouvelle fois. Le seul bémol, il est de plus en plus difficile à trouver et - a fortiori - de plus en plus cher ; Dommage.
Robe cuivrée à reflets dorés.
Au nez, ça balance dans tous les sens : fruits, caramel, tabac, ... Impressionnant. L'alcool est là mais n'est pas prédominant.
En bouche, c'est doux, épicé, sur l'ensemble des arômes du nez (et quelques notes de "brûlé") avec un alcool hyper bien intégré.
La finale est longue, avec un retour sur le fruit en toute fin.
Déjà goûté donc un retour plus simple et complet que les derniers.
Celui-là, c'est un coup de cœur phénoménal (Si vous avez besoin d'une idée cadeau, vous savez quoi m'offrir ^^) et il dévoile une palette de saveur de plus en plus large à chaque dégustation.
Le top du top ;

- Samaroli Jamaïca 1986 : Alors Samaroli pour les Jamaïcains, j'en ai toujours entendu parler comme de Velier pour les Demerara. Ca donne le ton quoi.
Il fallait le goûter donc. 27 ans en plus. Une dégustation monstrueuse en perspective.
Voici mes notes : "+++++". Cinq "+" quand même, c'est que c'était très très très très très bon ^^
De mémoire, c'était extra. Les détails ? Une prochaine fois (pour autant que je remette la main dessus ...)

- La Favorite - cuvée spéciale de la Flibuste : Non, je n'ai pas pris note de l'année ('85 ou '86 sûrement).
Arrivé à ce moment de la dégustation, il était 18 heures donc il fallait partir. Il nous restait des croix à faire sur notre carton Collector donc on a pris un gros sample d'Enmore Silver Seal 2002 (ça alors) et on a tous pris un gros verre de Flibuste.
Passons sur la polémique "Pruneau or not pruneau - véritable agricole ou arrangé", à ce stade ci de la journée déjà on s'en fout et puis quand c'est bon, ben c'est bon quoi. Mais sauf erreur, on ne voit apparaître la mention AOC sur cette bouteille ;-)
On est de toute façon face à un "monument" du rhum agricole : 30 ans d'âge (là je suis sceptique au vu du prix quand on le compare au Neisson 21 ans mais bon, la question n'est pas là) sont annoncés sur la bouteille. Wow !
Vu la taille du verre on a pu profiter plus longuement du produit.
Couleur acajou, presque brun.
Au nez, c'est doux, très doux, sur les fruits frais (pruneau), les fruits confits, la vanille, ... C'est hyper gourmand.
En bouche, c'est pareil : super doux (presque pas de boisé malgré trente ans en fût (!)), sur les fruits (pruneau) et les épices (cannelle).
La finale reste sur cette incroyable douceur avec quelques notes épicées.
Vraiment, c'est super bon ! Après est-ce que c'est vraiment authentique ? Vaste question, vastes débats en perspective mais, dans le fond, peu importe : on en voit tellement rarement chez nous que l'on aurait tort de s'en priver si l'occasion se présente.

Voilà, c'est fini : Peu de notes mais 3 "gold", 6 "silver", 1 gros sample et 1 gros dernier verre. Pas mal, on s'en sort bien finalement :-)

On dit au revoir à tout le monde, on croise Vincent Thill que je remercie pour sa disponibilité et sa gentillesse (et l'organisation super du Salon, cela va sans dire), on se fait dégager par le complexé capillaire mais on s'en fout, on va dire au revoir à David et son collègue de chez Issan.
Et là, quelques mètres plus loin, je croise Charles, mon caviste préféré (note à Ruben : t'es un pote maintenant donc je ne te considère plus comme mon fournisseur préféré même si je m'approvisionne toujours chez toi ;-) ). On discute un peu, je lui fais goûter ma Flibuste et lui vante les mérite d'Issan.
Il goûte et - grand moment - on a l'occasion de goûter un Issan "brut de fût". Déjà que l'original était bien, celui-ci, c'est vraiment un produit fantastique !
Va falloir trouver une solution législative pour pouvoir en produire et l'exporter hein !

Après, c'est moins drôle : on récupère notre veste et on s'en va.
 
Pas de  "Conclusion - Day 2" cette fois, je crois d'une part avoir déjà fait état de mon ressenti dans l'article précédent et il me semble que je ne ferais que répéter ce que j'ai déjà dit plus haut pour celui-ci.
Vous voulez vraiment un mot résumant le week-end ?
...
Accrochez-vous alors, voilà le mot : "absolumengénialavecpleindegenéderhumextra". A aucun moment on n'a dit un mot qui existe.

Voilà, cette troisième édition (deuxième pour moi) du Salon du Rhum se termine.
Ce fut - en ce qui me concerne - un véritable succès.

Vivement l'année prochaine !



Rhum n' Whisky

Notes de service :
- pour des raisons familiales purement pratiques, le rythme de parution des articles est susceptible de baisser (Madame fait moins de garde, c'est chouette :-) ) mais je vais faire pour un mieux (je ne désespère pas non plus de voir les deux autres écrire l'un ou l'autre papier). En même temps avec les deux billets du mois, même si elles sont courtes, vous avez quand même de quoi faire question notes de dégustation, non ?
- beaucoup de notes rhumesques (Salon du rhum oblige) ces derniers temps et ce n'est pas fini (j'ai encore quelques notes en réserve et je prévois encore de vous parler plus longuement de la distillerie Issan) ; après, je me remets au whisky (tout dépendra de l'humeur du moment et de l'envie de dégustation en fait mais on finira par y revenir. Au pire du pire pour le Whisky-Live même si, oui, je sais, ça fait loin février) ;
- ce fichu rhume me poursuit toujours ce qui n'est pas l'idéal pour procéder à de nouvelles dégustations pour le moment.

Voilà, cette fois, j'en ai vraiment fini.
A très bientôt donc !

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