mercredi 9 novembre 2016

Un Italien au pays des Rastafaris

En voilà un titre qu'il est bizarre !

Qu'est-ce que ça cache ? Un rhum italien fait par des Jamaïcains ou l'inverse ?
...
Oui la première possibilité est, comment dire, ... voilà : complètement à l'ouest.
Donc oui, aujourd'hui on va un peu se pencher sur un embouteilleur indépendant italien qui propose de jolis produits jamaïcains !

Et qui dit embouteilleur italien dit Velier ! Ou Samaroli !
En fait, non. Du tout. On va plutôt s'intéresser à Rum Nation.
Quoi ? Ca veut dire qu'il existe plusieurs embouteilleurs indépendants dans la petite sphère italienne du rhum ? Et oui, n'en déplaise à certains, Luca n'est pas le seul à proposer de belles choses.
Certains soutiendront que les produits de chez Rum Nation ne sont rien d'autre que des "sous-Velier" (s, si, je l'ai déjà entendu) parce que le vieillissement tropical leur fait notamment défaut. Voir que c'est des rhums beaucoup trop sucrés pour être honnêtes.
Moui ... Personnellement, j'aime bien donc je m'en fiche un peu (beaucoup ? Euh, après réflexion, oui, beaucoup) : souvenez vous des deux Demerara Small Batch dégustés au salon du rhum, de véritables tueries.
Et leur Caroni bien qu'assez relevé (les marqueurs types de la maison étant très présents et très très très longs en bouche) est une belle porte d'entrée à prix "réduit" - toute proportion gardée et eu égard aux tarifs pratiqués sur certaines autres bouteilles (Velier, what else ?) dans "l'univers Caroni" (un type de rhum tellement particulier qu'il convient de lui attribuer une catégorie à part, celui-là aussi on y reviendra).

C'est bien tout ça mais Rum Nation, c'est quoi ?

Originaire de Vénétie, la famille Rossi est présente depuis pas mal d'années dans le monde des spiritueux. Dans les années '60, elle importait déjà des whiskys écossais.
La passion de l'alcool bien fait se transmettant visiblement de père en fils, Fabio Rossi créa ainsi en 1992 la société de négoce Wilson & Morgan, bien connue des amateurs de whiskys.
Relativement éclectique, le garçon s'est dit que ça pourrait être chouette de se pencher sur le rhum. Aussitôt pensé, aussitôt fait : visite de distilleries, dégustations, achats de stock et, en 1999, création de la société Rum Nation. Un nom clairement tourné vers l'international (oui, Wilson & Moragn aussi en fait). En même temps, "Rossi whisky and rum" ça en jetait quand même moins. 

Le vieillissement, comme indiqué ci-dessus est continental. En gros, pour ceux que ça perturbe, on peut résumer le procédé comme suit : achat sur place (Caraïbes et autres) et retour au pays (Italie) pour y assurer le vieillissement.
Pour plus de détails quant aux conséquences de cette manière de procéder, je me permets de vous renvoyer à un des premiers articles que vous trouverez (oui, ça parle de whisky mais ce qui nous intéresse se situe dans l'introduction donc vous pouvez vous limiter à ça si vous voulez).

Avant d'être embouteillé, la plupart des produits sont réduits mais de plus en plus de "bruts de fût" semblent faire leur apparition (Caroni et Small Batch en tête) et c'est tant mieux !

Un bémol ? Deux même si vous voulez. Mais pour vous faire plaisir alors :
- généralement l'origine du produit est assez floue. On sait d'où il vient géographiquement parlant (Panama, Perou, Martinique, Demerara, Jamaïque, ...) mais c'est tout. Après pour certaines régions, le choix des distilleries est limité (Panama = Abuelo) par contre pour d'autres c'est un rien plus vaste. Bon, après tout, c'est peut être aussi des blends ce qui "justifierait" cette absence d'information. Qui sait ;
- embouteilleur indépendant = embouteillage limité. Tout simplement (mais bon, les stocks des versions "normales" (en gros tout sauf les Caroni, les Supreme Lord, les vieux Demerara et les Small Batch) sont conséquents donc ne vous inquiétez quand même pas trop).

Ceci exposé, il est temps de passer à la dégustation du jour (qui a eu lieu il y a déjà quelques temps mais bon, on fait ce qu'on peut hein ^^).

Rum Nation 8 ans Jamaica Pot Still :

En fait, je n'avais qu'un sample donc la photo de la bouteille n'est pas de moi. Mais pour être complet (et parce qu'un article sans photo de bouteille, c'est nul), elle ressemble à ça :

Rum Nation 8 ans Jamaica Pot Still
Il fait plus foncé dans la bouteille (voir la photo qui suit pour comparer).

Rum Nation - Jamaïque 8 ans
Juste un verre, ça fait un peu vide non ?

Il semblerait que le vieillissement ait été effectué huit ans en fûts de bourbon avent de subir une finition en fût de Sherry Oloroso. Pour le reste, comme dit ci-dessus, ben ça vient de Jamaïque et a été distillé au moyen d'un alambic à repasse.
Bref, passons à la dégustation (oui, enfin !) :

Comme on peut le voir sur la photo (pour une fois que l'on n'est pas déconcentré par la bouteille qui se trouve généralement à côté du verre), il présente une jolie couleur dorée.

Au nez, on se trouve clairement face à une attaque jamaïcaine mais celle-ci semble plus "élégante" (j'étais visiblement d'humeur lyrique quand j'ai pris des notes). J'entends par là qu'on retrouve moins le côté "colle et solvant" propre aux rhums du pays du Reggae même s'il est toujours là.
Plus on s'y attarde et plus c'est agréable (sensation on ne peut plus difficile à expliquer donc je ne vais pas m'étendre). On part sur quelque chose de très fruité (ah, le retour du fruit mûr) agrémenté de cannelle.
Super sympa !

La bouche est relativement épicée (sur la cannelle toujours et quelques notes poivrées) passé le côté jamaïcain. Toujours sur le fruit (grosse ligne directrice en fait), j'ai relevé de légères notes herbacées voir fumées (euh, oui, pour ces dernières, sur mes notes j'ai mis un point d'interrogation. Il va falloir gouter à nouveau donc !).

Enfin, la finale est longue sur des notes épicées et boisées mais toujours avec tous ces fruits en trame de fond.

Vraiment un chouette produit au rapport qualité/prix dément.

Un point négatif ? Il semblerait qu'il va être définitivement remplacé par une version de cinq ans d'âge contrairement aux huit ans de celui-ci. Pas glop.

Enfin, juste pour vous dire que le jamaïcain blanc de chez Nation est très bien aussi mais que vous n'aurez pas de notes de dégustation tout de suite (la faute à une bande de fourbes qui a vidé le sample et remplacé le rhum par de l'eau !! Notez que même malgré ça, on pouvait toujours sentir les arômes du produit - en bien plus édulcoré certes mais quand même - vu qu'il n'ont pas rempli le flacon jusqu'au dessus. Par contre en bouche, c'était d'un fade, je ne vous raconte pas ... C'est ça aussi les amis :p).

Tout ça pour confirmer ce que j'avais déjà dit : j'aime de plus en plus les rhums du pays de Bob Marley (du moins ceux qui ont un certain punch parce que l'Appleton Estate c'est bon, c'est doux mais c'est moins typique. On y reviendra).


Rhum n' Whisky

mardi 8 novembre 2016

Du peket dans mon whisky ?

Un peu de Chauvinisme n'ayant jamais fait de mal à personne (Si ? Non hein ^^), parlons "belge" !
De whisky belge pour être précis (vous voyez, je vous avais dit que vous auriez droit à une petite note sur le whisky)
Et non, on ne va pas parler du Belgian Owl ! Incroyable n'est-ce pas ?

Cette fois, on va se pencher sur la distillerie Filliers.

Petite entreprise familiale dont les premiers pas dans le monde des spiritueux remonteraient à 1880 (le site web de Filliers présente une jolie ligne de temps qui explique tout ça en détails), elle fait partie aujourd'hui des "poids lourds" de l'univers des spiritueux belges.
Située à Deinze (près de Gand) et plus principalement à Bachte-Maria-Leerne, elle se trouve à proximité de la Lys, la rivière voisine (il y a un lien, vous allez voir).
Principalement connue pour ses genièvres (ou "peket" comme on dit de par chez moi. Voilà, il ne faut pas chercher plus loin le pourquoi du comment du titre.) et ses gins, elle produit également de la vodka, de l'advokaat (beurk), toutes sortes de liqueurs et ... vous l'aurez deviné, du whisky !

Un whisky répondant au nom poétique de Goldlys ou la Lys dorée (sans rapport avec la couleur du breuvage) en mémoire du fait qu'à l'époque, on faisait rouir le lin dans la rivière ce qui lui donnait (à la rivière, pas au lin) une couleur brunâtre à reflets dorés).
La Lys était alors surnommée "Golden River". C'est mignon hein ?
Faire rouir le lin ? Gné --'
*Mode culture générale on*
Pour faire simple on faisait macérer le lin (par une immersion dans la Lys donc) afin de séparer plus facilement l'écorce filamenteuse et la tige.
*Mode culture générale off*

A noter que la législation en vigueur impose qu'un alcool de grain repose au minimum trois ans en fût de chêne avant de pouvoir se prévaloir de l'appellation "whisky".
Vérification faite sur le site de la distillerie, il semblerait que le produit dont je vais vous parler plus bas ne soit plus disponible actuellement.
Toutefois, il est encore possible de mettre la main sur le Goldlys Family Reserve et sur quatre finitions (trois en fût de sherry - Amontillado, Manzanilla et Oloroso - et une en fût de Bourgogne).
Edit : contact pris avec la distillerie, le site n'est pas à jour ^^ Le finish PX est donc  disponible.
Ceci conclut notre petite présentation de cette sympathique "entreprise familiale".

Et comme "le lundi c'est whisky" (oui, la dégustation a été faite un lundi et comme j'étais fier de ma phrase - trouvée avant de commencer à boire - je me suis dit qu'il fallait que je la ressorte), place à la dégustation du jour :

Goldlys 12 ans - Pedro Ximenez finish (embouteillage Belgian Beverages) :

Belgian beverages ? C'est quoi ça ?
(Ah tiens, on ne va pas parler dégustation tout de suite du coup ...)

BelBev pour les intimes est une société coopérative à responsabilité limité spécialisé dans le groupement d'achat.
Celle-ci conclut des accords de coopération au profit de ses associés avec - principalement - des fournisseurs de boissons afin que ses susdits associés puissent bénéficier des meilleures conditions d’achat.
Le Groupon du spiritueux quoi ^^ 
Mais ce n'est pas tout ! Belbev distribue également plusieurs produits sous un label propre (ce qui nous intéresse plus particulièrement ici).

Et donc Filliers/Goldlys et BelBev ont collaboré. Et ça donne quoi ?

Un produit au packaging emprunt d'humilité (je trouvais l'ancien packaging du Goldlys original un peu "kitsch" en fait) :
Goldlys 12 ans PX finish - BelBev
Quand je vous disais que c'était sobre

D'après les informations que j'ai pu trouvé, il serait issu d'une double distillation ("Pot Still" et "Column Still" ??) et élaboré à base d'orge malté et de grains.

Et les 12 ans, ils se sont passés comment ?
Onze ans dans des fûts de bourbon suivis d'une année  de finition en fût de sherry (Pedro Ximenez) de premier remplissage.
Il s'agit du fût 2630 qui aurait permis de procéder à 911 embouteillages (chacune des bouteilles est numérotée).
C'est donc une version collector ^^

Pour rappel, le Pedro Ximenez est un vin doux naturel à la robe ébène aux arômes de raisin sec, figue, prune, caramel et cassis.
Etrangement, je n'ai pas vraiment retrouvé les "marqueurs sherry" repris ci-dessus si ce n'est la douceur globale du produit dont je vais - enfin - vous parler plus en détails.

D'un bel or soutenu à reflets orangés, il semble "adhérer" aux parois du verre ce qui donne de longues jambes tombant lentement de façon assez espacées.
C'est assez sympa et aussi assez clair pour un whisky ayant séjourné en fût de sherry (enfin, un an seulement).

Au premier abord, le nez a un profil "vineux" mais c'est léger et dominé par l'alcool. Pas engageant tout ça.
Bon, il faut dire aussi que je venais juste d'ouvrir la bouteille et qu'il aurait été plus pertinent de le laisser reposer un peu. Ce que j'ai fait.
Le nez redémarre alors sur des notes de céréales et a un profil bien plus doux (on pourrait le qualifier de sucré et/ou pâtissier).
C'est tout de suite beaucoup mieux non ? :-)

La bouche est bien plus épicée que dans mes souvenirs (oui, je l'ai goûté au Whisky-Live cette année mais je pense que c'était l'embouteillage "officiel" et il m'avait laissé une impression de douceur assez surprenante) : on part sur la cannelle avec des touches anisées. C'est étonnant mais c'est chouette !

Enfin, la finale débute sur les mêmes notes épicées que celles décrites ci-dessus avant de passer sur quelque chose de beaucoup plus doux (ah, retour des impressions du Whisky-Live) et "onctueux". La toute fin laisse enfin place à de légères notes "toastées".

J'espère que ce petit billet vous aura donné envie de découvrir (si ce n'est pas déjà le cas) ce beau produit qui n'a rien à envier à certaines grosses machines écossaises qui se reposent parfois un peu trop sur leurs lauriers.


Rhum n' Whisky

samedi 5 novembre 2016

Issan - Un pur jus thaï

Vous vous souvenez de mon méga coup de cœur de cette année au salon du Rhum de Spa ?

Mais si, un petit producteur thaïlandais qui répond au doux nom de :

Issan - logo
Voilà !

Alors pourquoi un coup de cœur ?

Tout d'abord parce que le produit est top (n'en déplaise à certains irréductibles martiniquais ^^) mais surtout parce que derrière Issan se cache quelqu'un d'assez incroyable qui arrive à transmettre sa passion de manière phénoménale.
Et pour ne rien gâcher, c'est tout récent !
Résumons, une distillerie toute neuve, un patron extra, un produit génial. Ca annonce du lourd !
Oui, rien que ça.

Issan - Distillerie
En plus, ça fait "vacances" ; que du bonheur !

Derrière Issan, se cache David Giallorenzo (ou David pour faire simple) qui, avec un nom pareil, n'est pas italien mais ... français. ET oui.
Un français parti se perdre en Thaïlande pour faire du rhum agricole ?
Et ben dis donc, quelle idée !

Arrivé en Thaïlande un peu par hasard, ses visites sur place et la vue des champs de cannes de la région lui ont doucement mais surement donné l'idée de tenter sa chance dans le monde des spiritueux. Et plus particulièrement dans le rhum agricole.
Réunir les fonds, trouver les investisseurs, quitter famille et pays pour se lancer à l'aventure de l'autre côté du monde où le climat politique n'était pas des plus serein. Culoté !

Ok mais pourquoi la Thaïlande ? Peut-être parce qu'il s'agit simplement d'un des plus grands producteurs de canne à sucre au monde (oui, je sais, j'ai déjà dit ça des Philippines mais ici le contexte et, surtout, le produit sont différents).
La distillerie est située dans une région relativement pauvre de la Thaïlande (la région d'Issan - comme le nom du rhum donc ; il y a surement un lieu ... - se situe au nord-est de la Thaïlande, entre le Laos et le Cambodge) où la population vit principalement de l'agriculture. Celle-ci a donc développé une grande maîtrise de la culture de la canne à sucre.
Encore fallait-il pouvoir en tirer profit.

L'esprit Issan :

Et sinon, il y a une philosophie particulière là-derrière (parce que la dernière fois qu'on a parlé de rhum asiatique, le but était quand même pour les gens derrières de faire du pognon et accessoirement de rendre diabétique tous les Philippins ...) ?
Oui, et pas qu'un peu !
La distillerie se veut écologiquement responsable et on ne peut plus respectueuse de ses producteurs. En gros le rhum du développement durable !

La distillerie possède la moitié des champs de canne lui permettant de produire son rhum (la canne étant récoltée par les habitants de la région). Le surplus appartient à des petits cultivateurs locaux dont les plantations se situent à plus ou moins 5 kilomètres de la distillerie. Cela permet d'être approvisionné en matière première on ne peut plus fraîche.

Issan - champs de canne
Les champs de canne donc. Ca change des rizières hein ?

Elle "finance" certains de ses producteurs et offre un prix d'achat de la canne supérieur (de l'ordre de 50% !) au cours du marché, ce qui a permis de créer un lien de confiance avec les cultivateurs locaux devenu un véritable partenariat
D'un point de vue écologique, Issan table sur une production qualitative plutôt que quantitative. Et ça marche, les modes de cultures locales semblent changer afin de s'adapter à cette façon de faire plus en adéquation avec le respect de la nature mais qui permet également d'avoir des produits de grande qualité.
Enfin, elle a préféré opter pour un mode de production bien plus manuel que mécanique. Outre le fait que le produit fini n'en est que plus authentique, cela permet de donner du travail à une plus grande partie de la population locale.

Oui, moi j'aime bien ce type de concept. Et non, je ne crache pas dans la soupe, je sais parfaitement que ça ne peut marcher qu'avec des petites structures (imaginer par exemple Saint James fonctionner de la sorte. C'est tout bonnement inconcevable).

L'élaboration du produit :

Outre le fait qu'elle provienne des plantations mêmes de la distillerie ou de plantations très proches (5 kilomètres pour ceux qui ne suivent pas), la canne est récoltée quotidiennement afin de satisfaire aux besoins de la distillerie (pas de surcoupe et donc de gaspillage).
Elle est ensuite débité en "sticks" de plus ou moins 50 centimètres et pelée à la main (!). Cette manière de procéder permet de supprimer l'amertume du produit.
Elle sera enfin pressée le jour même dans un petit moulin.

Issan - pelage
L'étape du "pelage". Ca donne directement un autre aspect à la canne !

Issan - pressage
Le petit moulin qui permet de presser les sticks de canne pelés.

Pour les sceptiques quant à l'utilité de travailler de la sorte, il faut savoir que la fraîcheur de la canne ainsi que sa propreté auront un impact assez impressionnant sur les arômes du produit fini.
Un respect du terroir et du produit qui n'est pas sans rappelé un certain Luca G. On y reviendra.

Ensuite (le jour même), le jus - non dilué - est mis en fermentation (probablement avec une levure spécifique, secrète et typique de Thaïande mais là c'est trop technique pour moi ^^) durant 3 à 4 jours.
Ce liquide fermenté est enfin distillé dans un alambic "Pot Still" en cuivre de type cognaçais de 400 litres en une seule passe (qui donne 15 à 17 litres de distillat).
A la sortie d'alambic, l'alcool titre à 55° en moyenne mais eu égard à la législation applicable en Thaïlande, il est coupé pour arriver à 40°.
Au vu de la qualité du produit, un "brut d'alambic" doit être juste génial ! (Spoiler ?)

Issan - alambic
L'alambic. ... Qui a dit lampe de génie ??

Reconnaissance et exportation :

Honk-Kong, novembre 2014, IWSC (pour International Wine & Spirit Competition) : Issan remporte la médaille d'argent au plus grand concours asiatique sur les vins et spiritueux.

Paris, mai 2015, Rhum Fest Awards : cette fois Issan remporte deux médailles :
- le bronze dans la catégorie "Pur jus et agricole blanc moins de 50°" ;
- l'or pour le "Prix spécial du Jury".
Voilà voilà. Pas mal pour une première année de commercialisation !

Issan - David Giallorenzo
Au centre, David. Oui, j'aurais pu mettre sa photo plus tôt mais celle-ci était raccord avec le sujet.
(Et puis je fais ce que je veux ^^)

Oui, ceux qui me connaissent savent que - généralement - je ne porte pas vraiment d'attention (voir que je ris gentiment en voyant toutes les médailles sur les bouteilles) à ce type de récompenses mais force est de constater que l'on se trouve ici à un niveau assez relevé (pour ne pas dire le top du top) ce qui apporte quand même pas mal de légitimité à la chose.
Ce n'est pas comme s'il avait été primé au CSPSNK (Concours du Spiritueux le Plus Sympathique du Nong Khai - concept déposé à l'instant ^^) ...

Initialement réservé au marché thaïlandais, le rhum Issan est distribué en Europe depuis début 2015.

Et sinon, c'est bon ?

Qu'est-ce qui n'est pas clair dans ce que j'ai écrit ?
C'est mon coup de cœur donc c'est fatalement une tuerie ! (Oui je suis quelqu'un de très objectif parfois).

Vu que certains bavent déjà, on va quand même se livrer à une mini note de dégustation. Mini parce que sur salon et que pour écrire tout ça ben j'ai discuté beaucoup avec David donc mes notes de dégustation sont légères.

Photo ? Photo :
Issan - bouteille
Pour ceux qui auraient oublié à quoi elle ressemblait
Donc, il présente une couleur ... *suspens* ... Ah oui, pardon, c'est un blanc. Il n'y en a pas. Merci à ceux qui suivent.

Au nez, c'est doux et riche à la fois : tout un tas d'arômes fruités et floraux nous assaillent. Et c'est très agréable !

En bouche, on continue sur quelque chose de très rond où la canne ressort de manière assez caractéristique. A 40°, ça passe tout seul.

La finale est dans la même lignée. Sur la canne et le fruit.

Oui, c'est bref mais vous étiez prévenus.
Il ne me reste plus qu'à m'acheter une bouteille pour approfondir tout ça plus calmement dans mon chez moi.

Le deuxième jour du salon, j'ai eu l'opportunité de goûter à un brut d'alambic. Un produit incroyable. Pas de notes parce que j'en ai simplement profité mais pour faire simple : c'est le même sous stéroïdes, les arômes de l'Issan "de base" avec des watts en plus. Que du bonheur !
Il faut vraiment trouver une solution pour - à tout le moins - pouvoir exporter ce type de produit (et ce même si sa commercialisation est interdite sur place) !

Projets et avenir :

David souhaite lancer prochainement un rhum vieux. La mise en fût devrait débuter incessamment si ce n'est déjà fait.
Il va falloir se montrer patient mais ça risque de nous réserver de belle surprise au vu du produit initial.

Il envisage également de se servir d'autres types de canne (la réintroduction de la canne "noire" serait ainsi prévue) pour proposer d'autres types d'arômes.
Un mot pour résumer mon état d'esprit :"impatient" !

Enfin, vous vous souvenez certainement que je vous ai déjà parler d'Habitation Velier (Luca te revoilà) ?
Vous vous rappelez aussi que nous avons "risqué notre vie" lors de la Master-Class y relative qui s'est déroulé au Salon du Rhum ?
Et bien à cette occasion, Daniele Biondi a révélé qu'outre un projet avec Chamarel, il ne serait pas étonnant de voir prochainement fleurir un embouteillage Issan. Rien que ça.
Comme déjà dit plus haut, l'amour du produit, le respect de celui-ci et du terroir donnait déjà à David des petits airs de Luca. Ben voilà.
Là on est carrément face à une toute jeune distillerie qui a plus qu'attiré l'attention de ce grand Monsieur du Rhum ! J'en viens à me demander si ce n'est pas encore une plus belle reconnaissance que les distinctions reçues lors des concours susdits (bon, ok, commercialement parlant non mais sur le plan personnel...).

Bref, l'avenir semble réserver de bien belles choses à Issan et, a fortiori, à nous aussi.

Je ne peux que souhaiter qu'elles se réalisent et que David puisse nous faire profiter encore longtemps de son (ses ?) fantastique(s) produit(s) !

Rhum n' Whisky

PS : Un grand merci à David pour les photos et les précisions qui ont permis de compléter cet article !