vendredi 23 décembre 2016

Back in Bierset (aka "dégustation Brut & Wine ter")

On aurait appeler ça "Return of the Fred" vu que la soirée était une nouvelle fois animée par Mr Frédéric Muller.
Pour ceux qui n'ont pas suivi et qui ne veulent pas scroller jusqu'au précédent article, cliquez ici pour plus d'info.

Nous revoici donc à Liège-Airport (Brut & Wine) pour une nouvelle dégustation de whiskys de chez Nectar, cette fois tournée vers des destinations plus exotiques : l'Irlande, la France, la Suède, ... Quoi, comment ça "Où est l'exotisme ?" ? On se calme et on lit attentivement. Les USA, l'Inde et Taiwan. Voilà, content ?
Brut & Wine - carte de la soirée
Petite représentation graphique de la chose
Le line-up de la soirée, dans l'ordre cette fois :
Brut & Wine - Around the World - line-up
C'est mieux que la dernière fois non ? C'est pas encore ça mais on progresse !
Vu qu'on a déjà un peu fait le tour la dernière fois (Brut & Wine, Nectar, ...) et qu'on n'a toujours pas de photo de Fred (je loose, je sais), on va directement passer à la dégustation (dans l'ordre de la soirée).

Teeling Whiskey - Single Malt :

La famille Teeling et le whiskey (irlandais donc), c'est une longue histoire : le père des dirigeants actuels de Teeling a tout de même fondé la distillerie Cooley et, si on remonte beaucoup plus loin, Walter Teeling ouvrait déjà une distillerie en 1782. Rien que ça.

Société d'embouteillage fondée en 2012, elle possède sa propre distillerie depuis 2015, ce qui en fait la première distillerie créée à Dublin depuis plus de 125 ans.
Fatalement sans stocks propres, la distillerie se fournit chez Bushmills, Midleton et ... Cooley.

En 2015, Whisky Magazine désignait le produit qui suit comme meilleur single malt irlandais.
Teeling Whiskey - Single Malt
De loin, ça fait un peu (beaucoup) bouteille Velier non ? ^^
On part ici sur un non-aged (il y a dedans des distillats allant quand même jusqu'à 23 ans) embouteillé à 46°. C'est un blend composé de whiskys élaborés à partir d'orge malté affinés dans différents types de fûts (Sherry, Porto, Madère, Bourgogne blanc et Cabernet Sauvignon).

De premier abord, c'est clair. On part donc sur une couleur paille.

Au nez, c'est très (mais très très) fruité et légèrement épicé.

En bouche, on démarre sur quelque chose de plus épicé et de plus sec avec des petites touches de boisé. On assiste par la suite à un retour des fruits (fruits blancs et agrumes) avant de laisser place à des notes que je qualifierais de plus "pâtissières et biscuitées".

La finale est moyenne et est en harmonie avec la bouche toutefois agrémentée de quelques touches épicées ça et là.

Un début sympathique, léger et relativement facile d'accès. Pas besoin de plus pour débuter.

Kavalan - King Car Whisky :

Direction Taïwan et la distillerie Yuan-Shan dont on a déjà plus longuement parlé ici.
On va donc s'intéresser tout de suite au produit du soir :
Kavalan - King Car Whisky
Généralement le packaging est sobre chez les asiatiques.
Celui-ci aurait vieilli trois ans. Oui, c'est peu mais c'est trois ans à Taïwan. Ca a son importance et je ne peux que vous renvoyer à l'article précité pour que vous puissiez mesurer l'importance de la chose.

Donc vieilli trois ans dans - sauf erreur - huit types de fût différents (au rang desquels figurent très certainement Sherry et Bourbon).

Bien qu'il soit clair sur la photo, il présente - dans le verre - une couleur tirant vers l'ambre foncé à reflets orangés/dorés.

Au nez, j'y ai surtout relevé des notes types Sherry (notes vineuses, raisins secs, ...) ainsi qu'une certaine douceur au travers d'arômes fruités et de touches de miel et/ou de caramel.
Il y avait bien plus de choses à y relever qui arrivaient au fur et à mesure mais on n'avait pas toute la soirée non plus.
Au premier abord, un nez relativement complexe donc.

En bouche, les épices se font beaucoup plus présentes (notes de poivre, présence de vanille, ...) avant un retour sur le fruit à tendance "confiture" (et non sur le fruit "confit", à ne pas confondre) qui apparait sur la longueur.
Très très chouette.

La finale est quant à elle bien plus longue que celle du premier produit dégusté et relativement épicé. Il présente également un côté malté et vanillé.

D'un extrême à l'autre aurait-on envie de dire. On peut dire qu'avec celui-ci on passait aux choses sérieuses et que la dégustation commençait vraiment pour moi.
Bon, après, Kavalan j'aime bien mais ce n'est pas nouveau non plus.

Mackmyra - the Living Cask edition :

Celui-ci, j'ai prévu de vous en parler dans un autre article donc on ne va pas s'étendre sur la distillerie ni sur les particularités du produit cette fois-ci (dommage parce qu'il y a plein de choses à dire). Mais on y reviendra vite, promis !
Une photo pour la route quand même :
Mackmyra - gravity cask
Un fût ? What the f*** ?
Quelques notes (qui seront bien plus détaillées prochainement) histoire de vous mettre en appétit ?

Une belle couleur paille à reflets dorés, un nez sur le fruit, la vanille et des notes végétales, une bouche toujours sur le fruit mais avec un caractère plus terreux et une finale relativement longue et épicée.
Ca donne envie hein ?

Patience, la bouteille est à la cave et n'attend plus qu'on la débouche ! Je suis fourbe, je sais ...

Pour vous mettre encore plus l'eau à la bouche : LE whisky de la soirée !

Au fait, on était en Suède.

Armorik - Double Maturation :

Petit détour en France cette fois. Plus précisément du côté de la distillerie Warenghem (ça fait un peu Belgique avec un nom pareil ^^) qui n'est autre que la plus ancienne productrice française de whisky : l'aventure débuta en 1987 pour entrer de plein pied dans le single malt en 1994.
La distillerie s'appuie également sur un long savoir-faire dans la production de liqueur de qualité.

Voici le produit qui nous intéresse :
Armorik - Double Maturation
Armorik, le whisky breton !
Petit passage par les distinctions (ça fait toujours bien ... ou pas en fonction de qui les décerne) : meilleur whisky du "Nouveau Monde" de moins de 12 ans en 2012 et meilleur whisky européen tout court en 2013.
Ici on parle quand même de distinctions décernées par Whisky Magazine hein, pas de celles refourguées au salon alsacien de la saucisse de Francfort.

Titrant à 46°, non-filtré à froid, il a vieilli 5 ans en fût de chêne français toasté (ah, un côté fumé serait donc présent) avant de passer un an et demi à deux ans en fût de Sherry Oloroso.
Ami des Elfes, des fées, des Kobolds, trolls et autres créatures imaginaires (et tes enfants qui aiment Merlin l'Enchanteur aussi) ou toi, fan de Kaamelott, ce whisky est pour toi : les douelles des fûts de chêne français proviennent d'arbres issus de la forêt de Brocéliande. Fun ^^

Sinon niveau dégustation, il présente une belle couleur dorée.

Au nez, des notes fumées très présentes initialement disparaissent progressivement pour laisser place à des arômes boisés et plus doux (sur les fruits secs) ainsi qu'à de légères touches vineuses.

Pour la bouche, ça m'a fait un peu le même effet que le Kilchoman Sanaig mais à l'envers : d'abord l'influence du Sherry puis le camphre et les notes médicinales.
Comme ça vous pouvez essayer de comparer ce qui ne l'est pas vraiment (ça n'a donc aucun intérêt mais je m'en fiche, c'est moi qui écris après tout).
Il est toutefois plus doux (touches de caramel) et l'influence Sherry se manifeste au travers d'épices variées (parmi lesquelles on retrouve une nouvelle fois la cannelle mais aussi la muscade et un rien de gingembre).

La finale reste sur les épices mais le côté tourbé revient pas mal.

Toujours pour comparer, je préférais le Kilchoman. Après ce n'est pas mal fait mais, de mémoire, la version non tourbée m'avait fait meilleure impression au Whisky-Live.

Paul John Peated :

On traverse l'Océan pour partir en Inde mais on reste dans la tourbe (si le nom n'est pas assez clair, je ne peux rien faire pour vous).

Paul John, c'est un peu un coup de folie de la part de cet entrepreneur indien du même nom (après tout, pourquoi chercher un nom compliqué quand il suffit d'utiliser le sien ?) : l'envie de créer un whisky indien "premium" mondialement reconnu. Pas mal comme ambition (Ca me fait d'ailleurs penser que le problème de la "premiumisation" des alcools mériterait bien un article à lui tout seul...).
Pour l'instant beaucoup de gens connaissent Amrut mais il va falloir commencer à compter de plus en plus avec la distillerie de Goa.
Créée en 2004, la distillerie utilise de l'orge cultivé sur l'Himalaya (oui, ça en jette, je trouve aussi), fait vieillir ses fûts en sous-sol (mais ceux-ci subissent quand même une part des anges importante de plus ou moins 10 % par an, climat tropical oblige) et se fournit sur Islay pour ses besoins en tourbe (ça c'est quand même bien amené non ?).

Paul John Peated
Personnellement, j'imagine mal mon nom sur une bouteille mais bon ...
La robe est ambre à reflets dorés.

Le nez est quant à lui assez surprenant : doux (sur la vanille) et épicé avec de très faibles notes fumées qui tendent plus vers le cuir.
Et pour un brut de fût (plus de 55% quand même), il n'assomme pas les narines.

En bouche, il parait presque crémeux. Les notes tourbées et fumées sont là mais, comme pour le nez, elles restent enveloppées dans un certaine douceur (sucre brun) avant de laisser place à des arômes plus épicés (notamment quelques touches poivrées).

La finale est elle aussi surprenante : elle est longue sur des notes fumées et de cuir. On part clairement sur quelque chose que je qualifierais "d'animal".
Comme pour le reste, on perçoit derrière tout ça un peu de douceur et de fruité.

Un bien beau produit qui mérite que l'on s'y replonge à nouveau.
Quand vous écrivez des trucs pareil vous sentez que vous tombez doucement mais surement dans le monde de la tourbe (Et pas que doucement vu que quelques jours après, j'ai - enfin - gouté le classique Lagavulin ... que j'ai apprécié. Je ne me suis pas roulé par terre de plaisir non plus mais je ne l'ai pas craché en faisant une grosse grimace donc il y a du progrès je trouve ... Octomore me voilà ! Oui, autant y aller sans aucune modération :p).

Michter's Small Batch US 1 Bourbon :

Oui US pour Stazunis. Le pays du Lemmy, pardon, du Jack Daniel's mais pas que comme nous allons le voir.

Michter's c'est assez ancien (on remonte quand même à 1753) et ça se trouvait initialement en Pennsylvanie et s'appelera vraiment Michter's à partir des années 1950.
Peu de détails si ce n'est que la distillerie ferme en1989 et est relancée dans les années 1990 dans le Kentucky (oui, oui, la patrie du "Lemmy". Il va falloir vous y faire, c'est comme ça que j'appelle le JD).

On est donc ici sur un bourbon, c'est à dire un whiskey élaboré au Kentucky (pas nécessairement mais c'est quasi toujours le cas) à partir d'un mélange de céréales contenant un minimum de 51% de maïs ; les autres céréales étant l'orge, le malt et le seigle.

Et sinon, c'est bon ça ?
Oui, très. Explications :
Michter's Small Batch US 1 Bourbon
J'ai mis une légende pour le principe parce que je n'ai pas vraiment grand chose à dire ...
La bouteille donc !
Sa robe est ambre à reflets dorés.

Au nez, par rapport aux deux derniers, on change clairement de registre : Vanille (beaucoup) et coco (pas mal) dominent (Ca fait un peu marqueurs barbadiens dit comme ça, je sais). On fait donc face à un produit très très doux présentant également quelques notes beurrées.

La bouche reste sur la douceur et on y trouve sans devoir se casser la tête des arômes de vanille, des notes de sucre roux (de part chez nous, on dit cassonade) ainsi que quelques épices (cannelle surtout) plus présentes en rétro-olfaction toutefois.

En finale, les épices (avec ici des notes poivrées) et la coco ressortent.

De ce que j'en ai lu, beaucoup lui trouve des notes d'orange et de fruits mûrs. Je suis complètement passé à côté.
Ca n'empêche pas qu'il s'agit d'un chouette produit permettant d'éviter de boire du Lemmy quand on vous demande un bourbon.
Peu connaisseur de ce type de whisky, ce fut une découverte fort agréable.

Voilà, c'est déjà fini.

Encore merci à Laurent et Max pour l'organisation et à Fred pour avoir, une fois encore, présenté tout ça de main de maître.
On remet ça quand vous voulez (mais deux sur la même semaine, c'est un peu chaud les gars).


Rhum n' Whisky

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