dimanche 18 décembre 2016

Doorly's, le perroquet du rum

Cette fois, on va s'arrêter à la Barbade (oui le pays de Rihanna... Brrr, rien que son nom fait froid dans le dos quand on aime le même style de musique que moi: Led Zep', Pink Floyd, Deep Purple, AC/DC, Iron Maiden, Telephone, The Cure, ...que des trucs de vieux en fait mais je m'en fous).
Fort heureusement pour moi (et vous ?), cette sympathique île - à la fiscalité avantageuse et aux "chanteuses" douteuses -possèdent quelques distilleries dont la renommée n'est plus à faire.

Je vous avait déjà parlé en vitesse de Foursquare lors de notre passage au salon du rhum ainsi que de la "classification Gargano", on va cette fois revenir plus en détail sur la société à l'origine du premier car il s'agit tout simplement du même groupe qui produit Doorly's :

RL Seale Co. Ltd. :

Généralement présentée comme la distillerie Foursquare, ce groupe comprend en fait plusieurs marques de rhums de tradition britannique (rum donc, d'où le titre de l'article ; ce n'était pas une faute).
Il s'agit de Doorly's, Foursquare, RL Seale et Rum Sixty Six (le haut de gamme de chez Foursquare).

La famille Seale, à peu près tous des producteurs de rhum, est présente sur l'île depuis cinq générations (pour ceux qui veulent absolument un chiffre ça fait plus ou moins 1820).
La société R.L. Seale (pour Reginald Leon Seale) a été fondée en 1926.

Richard Seale, directeur actuel de la distillerie et arrière-petit-fils de R.L. Seale, y fait son entrée en 1992 et a - tout comme un certain Luca Gargano - une vision assez rafraichissante de ce que devrait être le rhum : un produit honnête dans le sens "vrai" (voir la partie Master-Class Velier de notre deuxième jour au Salon du Rhum et ici pour encore plus de détails sur la classification Gargano), soit sans ajouts quelconques (sucre, caramel, copeaux de bois, ...)
C'est rare et, surtout, ça fait plaisir à une époque où les produits dits "trafiqués" sont malheureusement légion.

La distillerie Foursquare a - quant à elle - été créée en 1996. Oui c'est tout récent ! Et c'est surtout un bijou de technologie au niveau de la distillation.
Elle travaille la mélasse et non le pur jus de canne. On n'est donc pas sur un rhum agricole mais bien sur un rum de tradition britannique (au sens le plus noble du terme ici).

Pour la petite histoire Foursquare serait le nom de la plus ancienne plantation de cannes à sucre de la Barbade, voire des Petites Antilles. En gros le berceau du rhum. Rien que ça.

Fun fact : la bouteille de R.L. Seale 10 ans a une forme qui, de par son col penché, rappelle les gourdes en cuire des marins.

Ok mais Doorly's sinon dans tout ça ?

On y vient, on y vient.

En 1920, Martin Doorly fonde la marque portant son nom. La famille Seale la rachète en 1992 (oui, pour ceux qui suivent, à l'époque où Richard Seale fait son entrée dans la société familiale). Elle en profite également pour - logiquement - faire main basse sur les stocks de rhums vieux s'y trouvant.

Depuis son rachat et la distribution des Doorly's de chez Foursquare, le packaging de ceux-ci a été entièrement revu (et, soyons honnêtes, de fort belle manière. Gros coup de cœur pour le 12 ans pour ma part) : sur chaque bouteille figure une race de perroquet ara différentes (ararauna bleu et jaune pour le blanc affichant 3 ans, ara Macao rouge, jaune et bleu - celui que tout le monde connaît - pour le 5 ans, hyacinthe pour le XO, un blend de 6 à 12 ans et, enfin un ara de Spix - celui du dessin-animé Rio - pour le 12 ans).
Pour résumer : plus c'est vieux, plus le piaf est rare. Autant dire que le12 ans sera probablement le plus vieux à sortir quand on sait que le ara de Spix est - à tout le moins à l'état sauvage - une espèce disparue depuis plus de 15 ans.

Les bases étant établies, il est temps de procéder à la dégustation.

Cette fois nous allons nous pencher un peu plus longuement sur le plus récent (en termes de commercialisation) mais aussi le plus vieux (en termes d'âge) rhum de chez Doorly's :

Doorly's Rum 12 ans :

Nous faisons face à un blend de chez Foursquare vieilli 12 ans dans des fûts de bourbon (pour 9/10 du distillat) et en fûts de madère (pour le 1/10 restant).

Doorly's 12
Un packaging à la fois classe et inhabituel
Et oui, pas de bouchon mais - n'en déplaise aux puristes - une capsule !
Remarquez, certains des meilleurs whiskys japonais utilisent des capsulent en plastique donc ...

D'un ambre profond à reflets dorés, la couleur est "authentique". Aucun ajout extérieur n'a été employé pour le rendre plus "beau".

Le nez est tout d'abord très épicé avec des notes de vanille assez présentes. Les épices font ensuite place au boisé agrémenté de notes fruitées (orange surtout).
De longues notes torréfiées sont également présentes et le tout aurait tendance à partir vers de légères touches de poivre.
Il est toutefois bon de noter que - malgré la description pouvant sembler sèche et austère - le tout reste assez "doux".

En bouche c'est plus sec. Enfin, plus sec sans l'être trop non plus (voilà, c'est le moment de l'article où je vous perds pour de bon ^^). C'est sec car plus sur le fût (et donc boisé) tout en restant gourmand avec des notes fruitées toujours présentes.
Les épices (surtout le poivre cette fois), quant à elles, reviennent en fin de bouche.

La finale reste dans la même veine (sèche) tout en conservant cette agréable douceur. Le tout perdurant assez longuement.

En bref, un bien beau produit, bien fait, honnête et authentique qui ne peut amener qu'une remarque : à quand un retour en Barbade ?


Rhum n' Whisky

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