jeudi 22 décembre 2016

Only Scottish (dégustation Brut & Wine)

Hop là, retour chez Brut & Wine (pour ceux qui ne savent pas ce que c'est ; voyez par ) pour une soirée dégustation autour de produits écossais.
Et uniquement écossais cette fois (la prochaine, on voyagera un peu plus).

flyer B&W
C'est écrit en plus : "Only Scottish"

Niveau line-up, comme ma photo est pourrie (si si, vous allez voir), je vous annonce la couleur, sauf erreur dans l'ordre de dégustation (je ne suis plus sur pour les produits dégustés en 2ème et 3ème position) :
- Hazelburn 10 ans
- Jura 16 ans
- Arran 14 ans
- GlenDronach 21 ans - Parliament
- Kilchoman Sanaig
- Compass Box Peat Monster
B&W line-up
Quand tu vois mieux ce qu'il y a autour des bouteilles que les bouteilles, c'est que tu as foiré ta photo ...
Le tout a été présenté de main de maître par Fred Muller, freelance de chez Nectar (oui, la dernière fois, j'avais une photo de notre Maître de Cérémonie et, non, cette fois je n'en ai pas ... honte sur moi).
Bon Fred, outre le fait qu'il soit super sympa, est quelqu'un qui vit et respire whisky. Du coup, quand il vous en parle, c'est juste génial ! C'était un peu notre "whisky-bible" du soir ^^
Pour vous donner une idée du bonhomme, c'est lui qui rédige une partie des notes de dégustation dans le bouquin "promo" de chez Nectar (au demeurant très bien foutu) :
Nectar - Around the World in 180 Spirits
Oui, ça prend de la place question hauteur.

Ok mais Nectar c'est quoi ?
The Nectar - logo
Un logo simple mais efficace
Fondée en 2006, la société "The Nectar" distribue plus de 2.000 références en spiritueux (principalement whisky mais aussi rhum, armagnac, cognac, ...) en majorité par l'intermédiaire de cavistes ou grossistes.
Ils sont constamment à la recherche des meilleurs spiritueux et vous pouvez parfois (il suffit de chercher un peu) trouver des embouteillages spéciaux floqués à leur nom.

Les présentations étant faites, il est temps de passer à la dégustation.

Ah oui, soirée intime, nous étions six (Laurent, sa compagne, Max, Fred et moi ... 5 donc ? Non, 6, on a eu un retardataire) : le chef, Madame, son associé, notre maître de cérémonie et deux clients.
Pour nous c'était très chouette. Question rentabilité, ben, un peu moins ...

Hazelburn - 10 ans :

Hazelburn nous emmène dans la région de Campbeltown et plus précisément chez Springbank (qui produit donc du Springbank, du Hazelburn et du Longrow).
Il s'agit d'une des dernières distilleries indépendantes d'Ecosse (l'autre étant Glenfarclas). Elle utilise une méthode particulière et unique de distillation dite de "double distillation et demie" (en gros, pour apporter une plus grande richesse aromatique au produit fini, il est opéré une troisième distillation "partielle"). Dans le cas de Hazelburn, il s'agit toutefois d'une triple distillation (comme en Irlande).
Springbank est une distillerie atypique à différents points de vue : d'une part, elle est isolée (attention, je parle ici au sens des normes écossaises, le pays où parfois tu ne croises que des champs, des collines et des brebis sur de très longs kilomètres). Comprendre, c'est le trou-du-cul du monde... D'autre part, il s'agit à peu de chose près de la dernière distillerie artisanale vraiment en activité (ses aires de maltage sont toujours utilisées).

Ah oui, photo :
Hazelburn 10
Un packaging sobre, une couleur pâle
La version 10 ans de chez Hazelburn titre à 46° et a été vieillie en futs de bourbon d'où sa couleur paille.

Au nez, c'est fruité (fruits blancs) et très légèrement épicée. Après quelques temps, des notes maltées font leur apparition.

Le côté fruité ressort également en bouche mais laisse aussi place à des notes que je qualifierais de plus "végétales". En fin de bouche, des touches de caramel apparaissent ça et là.

La finale reste dans la même veine fruitée (surtout la pêche) et la douceur persiste longuement en bouche.

Une belle entrée en matière.

Jura Duriachs' Own - 16 ans :

Retour dans les Highlands, plus précisément dans les îles (nous sommes ici proche d'Islay).
Jura en langue nordique, ça veut dire "cerf". Tout s'explique quand on sait que l'île compte plus ou moins 5.000 cerfs pour 200 habitants (les Diurachs, du nom de la bouteille donc).
Créée dans les années 1960 pour donner de l'emploi aux habitants de l'île, la distillerie avait surtout vocation à fournir un whisky pour servir de base à des blends au style "Speyside".
Sinon Jura c'est aussi :
- l'île où George Orwell a écrit 1984, roman d'anticipation dans lequel apparaît Big Brother (le vrai, le seul ^^) ;
- l'île où Jimmy Cauty et Bill Drummond (The KLF) ont brûlé 1.000.000 de livres en billets de 50 dans les années 1990 (ça laisse songeur) ;
- le Corryvreckan (nom d'un embouteillage d'Ardberg soit dit en passant), maelstrom au nom imprononçable qui se situe au nord de l'île ;
- la possibilité de faire partie des "Amis des Diurachs" et de se voir offrir un dram une fois par an quand on passe sur l'île (fun et sympa. Il faut juste y aller ...).
Sinon, rien de bien folichon chez Jura (hormis les bouteilles aux whiskys très âgés et donc impayables) dans la gamme normale à part ce 16 ans embouteillé à 40° (quelle idée) vieilli à concurrence de 90% en fûts de chêne blanc américain et à concurrence de 10% en fûts de Sherry Oloroso.
Jura Diurachs' Own 16
Une bouteille à la forme immédiatement reconnaissable
Tout de suite, celui-ci, il fait plus vieux en présentant une couleur ambre à reflets orangés.
Appétissant.

Au nez, c'est biscuité, fruité et, au vu de mes notes, il présenterait des notes de sirop de sucre (oui c'est flou, je sais). Le malt fait son retour par la suite.

En bouche, le miel est immédiatement reconnaissable. Il forme un ensemble harmonieux avec les fruits secs.
C'est "chaud et doux" avec un retour sur le caramel (tant en rétro-olfaction qu'en fin de bouche). Quand je vous parlais de sirop de sucre, ce n'est visiblement pas trop une connerie ^^

La finale, assez brève, commence par de légères notes plus épicées avant de laisser place à une légère amertume (c'est du moins l'effet qu'il m'a fait).

Sympa, sans plus. La grande question maintenant : Pourquoi le réduire à 40° ?!?

Arran - 14 ans :

Bon, ici, ce n'est pas compliqué, je suis fan. Complètement.

Arran 14
Photo pour ceux qui auraient oublié
Celui-ci j'en ai déjà parlé plus longuement donc je vais tout simplement (qui a dit "de manière honteusement paresseuse" ?) vous renvoyer à l'article dédié.
C'est là que ça se passe : "Arran 10 14 18"

Sinon, on reste dans les îles (sur l'île d'Arran pour être précis. Oui, les écossais font preuve d'un manque d'imagination flagrant au moment de choisir le nom de leur distillerie). et je l'ai quand même dégusté (faut pas déconner non plus).

Bon, ça c'est fait. Suivant !

GlenDronach - Parliament 21 ans :

Pour continuer sur ma lancée, je vais tout simplement vous renvoyer là-bas pour un peu plus de détails sur GlenDronach.
On passe donc dans le Speyside pour cette version embouteillée à 48°.

GlenDronach - Parliament 21
Pour moi, il s'agissait tout simplement de la bouteille à ne pas rater ce soir !

Présentant une couleur ambre assez foncée à reflets dorés, il est plus "clair" que le 18 ans. C'est simplement dû au fait que le vieillissement a eu lieu tant en fût de sherry Oloroso qu'en fût de Pedro Ximenez.
Sherry sherry donc. Miam miam.

Au nez, on est clairement sur attaque sherry avec pas mal de notes boisées (le fût mais aussi le bois précieux).
Les notes de l'Oloroso ressortent clairement au début pour s'assagir par la suite et laisser le Pedro Ximenez s'exprimer (on passe ainsi de l'épicé bien lourd à quelque chose de bien plus doux).
Loin d'être un sherry monster, c'est toutefois hyper bien maitrisé. J'adore !

En bouche, et bien, ... Sherry hein (ça parait logique non ?). On part sur les épices (un peu de cannelle notamment), les figues, le bois, la cire, ...
L'âge a clairement influencé les arômes ici. Et, au vu du résultat, tant mieux !

La finale est dans la même veine : épicée (longue, longue, longue) tout en restant dans la douceur (ah, le Pedro Ximenez, tout un programme quand même). On peut même y trouver quelques notes de moka.

Pour moi, c'était très clairement LE whisky de la soirée !

Kilchoman Sanaig :

Bon, voilà le moment de la soirée que je redoutais un peu : l'arrivée sur Islay (à prononcer "Eye-là" pour faire le malin), l'île des whiskys tourbés.
Je dois bien reconnaître que je n'étais vraiment pas plus emballé que ça ...

Tant qu'à aller sur Islay, autant s'intéresser à la distillerie la plus récente de l'île (la première construite depuis plus de 120 ans) et si pas la plus jeune d'Ecosse.
Kilchoman a été créée en 2005 et a sorti son premier whisky (tourbé donc) en 2009.
Petite distillerie de par la taille et la production (vraiment très faible d'où la difficulté de mettre la main sur certaines bouteilles), elle est couplée à une ferme et dispose de ses propres aires de maltage.
A noter : aucun fût ne quitte l'île, tout est vieilli et embouteillé sur place.

Bon place à la bête maintenant :
Kilchoman Sanaig
Encore un packaging classieux

Nous avons donc eu l'opportunité de découvrir la dernière version de chez Kilchoman appelée Sanaig, du nom d'une calanque située non loin de la distillerie.
Embouteillé à 46°, il a vieilli à concurrence de 50% en fûts de bourbon et de 50% en fûts de Sherry.

Ici, la dégustation a clairement eu lieu en deux temps : avant et après aération.
On va être bref sur la première partie :

La couleur est dorée. C'est la seule chose qui ne changera pas.
Le nez était clairement sur des notes de camphre et médicamenteuses. Beurk.
La bouche était tourbée et spéciale ("spéciale" dans le sens "beurk" ici aussi).
La finale enfin était fumée.
...
Comme vous voyez, que du bonheur ... Mon appréhension semblait justifiée. Dommage.

Et puis là, on est tous resté sceptique parce qu'à peu près personne (même les amateurs de tourbes) n'a apprécié.
Jusqu'à ce qu'on décide de s'y replonger après aération (courte, certes, mais quand même).
Et là, miracle :

Une couleur dorée toujours.
Notez bien, si la couleur de votre whisky change après quelques minutes, foutez le à l'évier.

Le nez, bien que toujours sur des notes typiquement Islay, partait plus vers le caramel avec des notes sucrées pas désagréables du tout.
Tout de suite, ça met plus en confiance.

La bouche, toujours tourbée (sinon, c'est louche quand même pour la région) faisait quant à elle place aux agrumes et toujours à ces notes de caramel retrouvées au nez.

La finale enfin laissait - à travers la fumée - passer des notes fruitées et douces (caramel quand tu nous tiens ...) pendant un très long moment.

Et oui, après aération, c'est devenu un très chouette produit.
Quand je disais que je n'aimais pas la tourbe mais que je me soignais !

Voilà, on arrive doucement mais surement au dernier de la liste.

Compass Box - The Peat Monster :

Bon, là j'avais déjà plus confiance parce que Compass Box ça m'avait laissé un super souvenir au dernier Whisky-Live (j'avais - à peu près - goûté et apprécié tout ce qui était présenté, et oui).
C'est en fait un embouteilleur indépendant. La société a été créée en 2000 par un américain, John Glaser.
Son concept : créer des blends très aromatiques et extrêmement complexes (qui ont tous des noms totalement tarabiscotés). C'est quasi à chaque fois des produits top ! Quasi car je n'ai - malheureusement - pas pu dégusté toute la gamme.
Il est bon de savoir que ce bon vieux John a quelque peu fait scandale à l'époque car il prône une transparence totale de ses produits (en gros il dit qu'il a mis x% de tel whisky de tel âge dans son blend et ainsi de suite jusqu'à remplissage complet de la bouteille). La Scotch Whisky Association, un ensemble de personnes très honorables défendant les vraies valeurs du whisky (on peut dire aussi des vieux casse-couilles dans ce cas-ci) lui ont fait savoir que cette manière de faire était scandaleuse car il faut indiquer sur le blend l'âge du whisky le plus jeune pour ne pas tromper le client... Oui, alors qu'il indique tout ce qu'il met dans son blend avec précision. Certains grands noms du whisky on gentiment dit à la SWA de se calmer et de retourner jouer aux billes parce que franchement voilà quoi.
Pour ne pas arranger sa situation, Monsieur Glaser a sorti ce qu'on pourrait qualifier de whisky arrangé : l'Orangerie, un whisky titrant à 40° quand même dans lequel a macéré des écorces d'oranges. Il parait que c'est juste sublime.
Enfin, il vient de sortir un produit baptisé "whisky de table" mais, surtout, un "three year old Deluxe" (à un prix très élevé mais contenant de très très vieux whisky ainsi que très très peu, vous l'aurez compris , de whisky de trois ans d'âge) juste pour bien se foutre de la gu****de la SWA... Ca ne va pas arranger sa situation ^^

Ce n'est pas tout ça mais il est temps de passer au produit dégusté :
Compass Box - The Peat Monster
Non seulement, ils ont toujours des noms étranges mais leur packaging est juste génial (mon avis n'engage que moi).
Donc un blend de plein de produits, c'est à dire ?
- 40 % de Laphroaig pour le côté fumé et marin ;
- 20 % de Ledaig pour le côté tourbé ;
- 13 % de Caol Ila pour la fumée, encore ;
- 26 % d'Ardmore pour son côté malté ;
- 1 % de whisky des Highlands (selon le site un mariage de Clynelish - je le savais ^^ - de Teaninich et de Dailuaine vieillis en fût de Bourgogne toasté) pour apporter une note épicée à tout ça.

Ok les chimistes, mais c'est bon sinon ?
Et comment !

La couleur est légère, très légère (paille claire).

Au nez, ce qui frappe pour commencer ce sont les notes fruitées (fruits bancs) et d'agrumes avant de laisser place aux arômes que l'on attend plus de ce type de produit : salines (air marin, tout ça tout ça) et fumées.
Très très chouette.

En bouche la tourbe est bien présente mais elle est très légère. Des notes d'épice et de caramel complètent le tout, en faisant ainsi un produit complet et agréable en bouche.
En rétro-olfaction, la tourbe revient en force.
Vraiment très bien foutu.

La finale est longue, sur la cendre tout en réservant une place à des touches plus douces.

Vous l'aurez compris, c'est - avec le GlenDronach - l'autre whisky de la soirée.
Je me dis d'ailleurs de plus en plus que Compass Box, pour faire aimer le whisky à celui qui n'aime pas et bien, c'est vraiment extra.
Enfin, vous constaterez que je commence progressivement à apprécier la tourbe.

Voilà, cette fois c'est fini.

Un grand merci à Laurent, Max et Fred. C'était une super soirée les gars ! Vivement la prochaine !


Rhum n' Whisky

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