jeudi 1 décembre 2016

Soirée Pernod Ricard chez Brut & Wine

Coupons tout de suite court aux idées les plus folles : NON, on ne va pas parler pastis.

Nous allons plutôt nous pencher sur certaines (quasi toutes en fait) des distilleries de single malt écossais (sauf erreur, il manquait juste Longmorn et Tormore ; pour le reste, c'est des blends ou des whiskys "étrangers") de la galaxie Pernod Ricard.
Ces dernières dépendent dudit groupe soit directement (Aberlour et Scapa), soit indirectement suite au rachat de Chivas Brothers (pour Strathisla) ou de Seagram (pour Glenlivet) au cours des années 2000.

Et Brut & Wine, c'est quoi ?
Brut & Wine - logo
Un logo sobre et classe
Pour faire simple, c'est tout simplement le premier caviste où je me suis arrêté.
Pour le commun des mortels (soit la majorité d'entre vous et moi), il propose une sélection de whiskys, rhums, portos, cognac, champagne, gins, ... très large et éclectique. Il y en a pour tous les goûts.
Pour ceux qui croulent sous des montagnes d'argent, l'adresse est également assez incontournable. Rare sont les boutiques de la région où l'on peut encore trouver du Macallan n°6 ou celles qui peuvent se vanter d'avoir eu à la vente une bouteille de Remy Martin Louis XIII Black Pearl...
Voilà le décor est planté.
Ah oui, tout ça est dirigé par Laurent Reynders. Quelqu'un qui de fil en aiguille (dans ce cas ci, on devrait plutôt dire "de rhum en whisky") est devenu plus qu'un vendeur :-)
Deux boutiques : à Liège (centre ville) et à l'aéroport de Bierset.
C'est dans la deuxième que se déroulait la dégustation du jour (ou devrais-je dire du soir) :
Brut & Wine - flyer
Bon, au final c'était Aberlour 12 ans et non 16 et il n'y a pas eu de Glenlivet Archive mais c'était déjà pas mal !
En trainant un peu sur fesse-bouc, on pouvait trouver un concours permettant de gagner deux places.
Le concept ? décrire un moment agréable passé au magasin ou avec un produit acheté là-bas.
Un concours pour participer à une dégustation gratuitement ? Concours alors (oui, je m'auto-cite, je suis comme ça moi) :
"Alors pour moi B&W c’est (dans le désordre, de manière complètement subjective et de façon auto promotionnelle en renvoyant à mes notes de dégustation sur certains produits qu’on peut trouver là-bas) :
- l’entrée dans le monde du rhum après le retour des parents de République Dominicaine (déjà à l’époque, on parlait de Don Papa … et déjà à l’époque c’était pas bon) 
;
- l’achat de ma vraie première bouteille de rhum « collector » qui m’a couté bien cher (JM ’95 – 15 ans) : Dieu que c’est bon ;
- l’achat d’une bouteille de whisky qui m’a obligé à vendre un rein (Yamazaki 18) mais bon, vu que c’était pour les 30 ans du parrain de ma fille, ben, c’est comme si c’était pour une bonne cause : on ne regarde pas à la dépense. Et en plus, c’est vachement bon ;
- suite à ce qui précède, l’entrée dans le monde du whisky en découvrant la distillerie Arran (Sauternes finish et 18 ans) avec la petite réflexion fort drôle de Laurent sur le 18 ans : « Alors celui-là il a … ben, une belle couleur de pisse ! » Amis du bon goût bonjour :’-D heureusement, il ne goute pas pour autant ce que ça couleur laisse penser !
;
- la découverte des whiskys asiatiques pour le bonheur de mon palais mais pas de mon portefeuille avec le Kavalan
et tout ce qui a suivi (Hibiki, Hakushu, Yamazaki, Amrut, Nikka, Taketsuru, …) ;
- un caviste sympa à qui je claque dorénavant la bise (ok, c’est le cas de la majorité des cavistes que je connais. Arrêtez d’être critiques aussi) ;
- le fait de devoir procéder à l’aménagement d’une pièce spécifique pour « entreposer » (oui, entreposer, c’est le mot juste) une partie des bouteilles achetées ici et ailleurs (que voulez-vous, quand on aime …)
;
- des dégustations sympas : mention spéciale à la dernière dégustation de rhums dédiée aux produits de la famille Rossi (Nation et Millonario) où j’ai pris un certain plaisir sadique (je le reconnais, c’est mesquin) à voir le visage des gens se liquéfier en passant d’une dégustation Millonario XO (douceur, douceur, douceur) à un Caroni Nation (bitume, asphalte, caoutchouc brûlé mais pas que, le fruité et la douceur étaient toutefois présents ^^) : C’est clair que quand on ne sait pas ce qui nous attend, c’est « déroutant » ;

- le plaisir de voir certaines quilles très très rares (Black Tot Last Consignement entre autre) et se dire que si un jour on croule sous le pognon, on pourra - peut-être - se les offrir ;
- … sûrement plein d’autre chose que j’oublie mais bon, c’est déjà pas mal !"

Vu le taux de participation au concours relativement faible, il y a eu un changement : répondre à la question "Quelle bouteille en dessous du sapin pour Noël ?"
Re-concours du coup :
"Lettre à Papa Noël (références explicites inside !!)

« Cher Petit Garganoël,
Dans la crèche, le petit Yesu Persaud se sent bien seul et, pour lui apporter la douce chaleur et le tendre réconfort qu’il mérite, ça serait merveilleux que tu puisses déposer à côté de son berceau (oui, le tas de foin) une bouteille de Skeldon 1978 et une d’Enmore 1995 (parce que soyons réalistes, si ce n’est pas toi qui les apportes ces jolies bouteilles noires, mon banquier ne va pas être content…)
Si tu trouves ma requête trop dispendieuse (eu égard au nombre d’alcooliques, pardon d’amateurs de spiritueux fins, à livrer en cette belle nuit de Noël), je pense que – provenant de la même région – le petit Yesu sera tout aussi satisfait d’être entouré d’Enmore 2002 (bleu et jaune car sans couleur, c’est terne) de ton ami, le Roi-Mage Melchiorigghi.
Pour t’accueillir, et afin de rester dans les couleurs tendances de l’époque (en gros rouge et vert), je disposerai mes Smugllers Series près de la cheminée (les deux premiers volumes outre leurs couleurs en accord total avec l'époque te permettront de te réchauffer au coin du feu) histoire que tu saches où déposer la bouteille ornée d’un grand cerf blanc. Tant de sollicitude de ta part m’Arrangerais énormément.
Enfin, je serai maltement comblé si tu pouvais apporter un peu d’exotisme à cette soirée froide et enneigée : n’oublie pas mon petit Kavalan Solist Vinho Barrique.
Je serais un amateur de spiritueux heureux si tu pouvais penser à moi (ne serait-ce que pour une des bouteilles précitées
)
Avant de te laisser réfléchir au meilleur moyen d’emballer les bouteilles pour qu’elles ne viennent pas casser dans ta hotte, je me permettrai juste de conclure par ces belles paroles de Monsieur Rossi qui outre le fait qu’il embouteille de bons rhums, chante ta gloire depuis maintenant des années (ou pas…) :
« Luca Garganoël, quand tu descendras du ciel, avec tes bouteilles par milliers, n’oublie pas mes petits small batch » (Enmore si tu sais
)

Quand, dans 21 ans, Papa Noël retrouvera mon courrier dans ses Archives (promis, après j’arrête avec les références), il se dira que de par chez nous, on est quand même parfois vraiment tordu … ou qu’on aime le Glenlivet ^^"

Parfois mon imagination fait peur ...

Je passe le fait qu'un petit malin avait glissé une erreur dans le flyer (photo d'Edradour et non d'Aberlour, du coup c'était assez perturbant parce qu'il n'y avait pas vraiment de lien entre les distilleries ...) ; on va dire que c'était pour tester notre sens de l'observation.

Pour ceux que ça intéresse, j'ai gagné (sentiment de fierté, tout ça tout ça et ce même si le nombre de participants était proche du néant) mais bon, c'était surtout pour le fun vu que j'étais invité (Merci Laurent).

Bon, maintenant qu'on a bien tout mis en place, si on passait aux choses sérieuses ?

Donc dégustation à l'aéroport de Liège sous la houlette de Bart, "brand ambassador" chez Pernod Ricard. Un gars super sympa qui en plus de maitriser son sujet m'a permis de repartir avec un sample de chacun des produits dégustés (sauf l'A'Bunadh, la bouteille était vide). Un tout grand merci à lui !
En gros, ça s'est passé un peu comme ça :
"- Dis Bart, tu fais des samples des produits dégustés ?
- Euh... oui s'il m'en reste mais je n'ai pas de flacons.
- Pas de soucis, j'ai tout prévu !
- Alors c'est parfait !"
Spéciale dédicace au collaborateur de Laurent qui était littéralement sur le cul au moment où on remplissait les samples :-D

Un grand merci à Laurent qui a accompagné la dégustation de toasts au pâté (super bon) et de boudin. L'accord mets-whiskys n'était peut-être pas le plus judicieux mais au vu des produits dégustés c'était plus que bienvenu (et comme déjà dit, c'était bon alors que demande le peuple ?).

Bart et la boutique
Le "lieu de crime" avec notre maître de cérémonie.
L'ordre des produits dégustés maintenant (oui, parce que, en bon emmerdeur, je vais vous les présenter par distillerie et pas par ordre de dégustation) :
1. Strathisla 12 ans
2. Aberlour 12 ans
3. Glenlivet Cipher
4. Aberlour 18 ans
5. Aberlour A'Bunadh
6. Scapa Glansa
7. Glenlivet Nadurra Peated
NB : à partir du 4ème, la dégustation s'est un peu accéléré donc les notes seront fatalement plus succintes.

Encore une fois, et tout comme pour le salon du rhum, ce type d'évènement est on ne peut plus sympa mais ne permet pas de déguster chaque produit comme on le souhaiterait (ne serait-ce que l'aération qui est souvent fort (beaucoup trop ?) brève).
Il n'empêche que ça permet déjà de se faire une belle idée du produit qu'il n'y aura plus qu'à approfondir par la suite (chez soi après avoir acheté une bouteille par exemple) et, surtout, de savoir si on aime ou non, ce qui évitera d'acheter un truc infâme et innommable. Rien que pour ça, c'est génial. 

C'est pas tout ça mais si on passait vraiment à la dégustation maintenant ?


Ok, ok, c'est parti alors :

Strathisla:

Nous sommes face à la plus vieillie distillerie du Speyside (voir d'Ecosse) : créée en 1786 sous le nom de "Milltown Distillery", elle fut rebaptisé Strathisla en 1950 suite à son rachat par Chivas Brothers (qui en a fait l'acquisition pour assurer la continuité des stocks).
Il y a peu de single malt (un seul en fait) car il s'agit de la base du blend Chivas Regal.
Pour faire simple, sans Strathisla, pas de Chivas Regal.

Strathisla 12 ans :
Il est bon de noter qu'il existe une ancienne version de cette bouteille (certes, de plus en plus difficile à trouver mais bon) qui présenterait un profil assez différent tout en restant très agréable.
Strathisla 12
Design simple et efficace
La version dégustée aujourd'hui est donc l'embouteillage officiel de la marque (ce sera le cas pour chacun des produits présentés) titrant à 40 %.

Dans le verre, il présente une belle couleur dorée qui invite à la dégustation.

Au nez, on perçoit initialement de légères touches de fumée qui s'estompent pour laisser place à des notes fruitées très agréables. Des touches épicées (cannelle) viennent compléter le tout.

En bouche, c'est malté (surtout) et épicé (cannelle donc) mais on peut - selon moi - y percevoir quelques notes végétales rendant l'ensemble plus léger encore.
Après aération, on revient sur des arômes fruitées (agrumes principalement).

En rétro-olfaction, on reste sur le fruit (agrumes, surtout l'orange).

Enfin, la finale reste sur les notes maltées du début de bouche.

Un chouette produit, une belle entrée en matière pour la soirée.

Scapa : 

Le "vilain petit canard" des Orcades. 
C'est la distillerie dont personne ne parle ou dont on n'entend jamais parler et pour cause : quand on pense Orcades, on a inévitablement et invariablement en tête les mots Highland Park qui apparaissent.
Pour ne rien arranger, Scapa a eu une "vie" légèrement chaotique : créée vers 1887, laissée à l'abandon, relancée (son single malt servait alors de base aux blends de Ballantine) puis mise en sommeil, rénovée en 2004 et acquise par Pernod Ricard en 2005. Elle a depuis une production que l'on qualifiera de "normale".

Il serait pourtant triste de ne pas se pencher sur la seconde distillerie de l'île donc on va tâcher de remédier à la chose !

Au "nouveau" lancement de Scapa, il nous avait été donné l'occasion de goûter à leur 16 ans d'âge.
De mémoire, il s'agissait d'une des bonnes surprises du dernier Whisky-Live (Belgique hein) où, si je ne me trompe pas, on partait sur quelque chose de très frais et fruité (sans grand rapport avec Highland Park donc).

Scapa Glansa :
Cette fois, il nous a été présenté la version "Glansa" (ce qui voudrait dire "ciel orageux étincelant" ... oui, ça claque, je trouve aussi) qui a vieilli en fûts de chêne américain avant de terminer dans des fûts de whisky tourbé.
Cela devrait donc donner un whisky plus tourbé que le 16 ans (ce n'est pas bien compliqué vu qu'il n'était pas tourbé ...) et plus en rapport avec l'endroit diront certains.
Titrant à 40 %, il est non filtré à froid.
Scapa Glansa
Un look épuré
Celui-ci a plus une couleur or à reflets orangés. Une fois encore, ça donne envie.

Au nez, ce n'est étrangement pas tourbé. On part plutôt sur des notes fumées qui ne sont pas sans rappeler certains thés très fumés (souvenez vous le rhum Boulet de Canon numéro 3) mais aussi sur la cire (oui, ça parait bizarre mais voilà) et, surtout, sur le fruit.
C'est relativement doux et, je dois l'avouer, assez étonnant (dans le bon sens du terme).

En bouche, c'est très très doux, voir sucré (caramel, vanille, ...), toujours sur le fruit avec de légères touches fumées pas désagréables du tout.

La finale par contre revient avec les notes fumées relevées au nez (et beaucoup moins présentes en bouches donc) qui persistent assez longtemps.

Donc non, ce n'est pas tourbé mais bien fumé. Et personnellement, j'aime beaucoup !

Aberlour :

Retour dans le Speyside.

Accrochez-vous car si vous estimez que "ciel orageux étincelant" c'est n'importe quoi, vous devez savoir qu'Aberlour voudrait dire "l'embouchure du ruisseau gazouillant" en gaélique. C'est mignon tout plein non ?

Construite, incendiée, reconstruite, reincendiée, rereconstruite, ... (ce n'est pas compliqué, ça serait la distillerie d'Ecosse qui a le plus brûlé. Problème : bye-bye les stocks. Avantage : le matériel est toujours plus performant vu que plus récent. Après, pour ce qui est le plus important, je vous laisse juge), la distillerie serait - selon la légende - installée sur un ancien site druidique (Panoramix, tout ça tout ça).

Il est bon de noter que la distillerie possède un stock de fûts de sherry assez conséquent qui lui permettra de tenir encore un certain temps avant de devoir réinvestir dans l'acquisition de ce type de fûts (que l'on ne peut pas qualifier de "bon marché" ...).

Fun fact : si vous allez visiter la distillerie, il est possible d'y embouteiller soi-même son whisky ! L'air de rien, ça c'est chouette !

Aberlour 12 ans :
Aberlour et les fûts de sherry, c'est donc une longue histoire.
Celui-ci ne déroge pas à la règle : gentiment "sous-titré" double cask mature, cela signifie simplement qu'il a vieilli de manière égale en fût de bourbon puis en fût de sherry.
43 % sous le bouchon.
Aberlour 12
Tout de suite, on part dans des teintes plus chaudes
La photo parle pour elle : il présente une belle couleur ambrée à reflets dorés. C'est engageant !

Celui-ci a besoin d'aération pour s'exprimer pleinement : on s'y plonge tout de suite et ... c'est fort sur l'alcool. Bof quoi.
Après quelques temps (pas encore assez à mon goût mais on fait ce qu'on peut hein), on se retrouve face à un profil plus épicé avec des touches fruitées (encore de l'orange).
C'est tout de suite beaucoup plus sympa !

En bouche, c'est très fruité et, surtout, très doux : assez sucré, il présente des touches biscuitées.
Il donne enfin l'impression d'être crémeux en bouche.
Vraiment très très chouette !

En rétro-olfaction, c'est plus épicé mais ça reste toujours dans la douceur.

Enfin, la finale est quant à elle légèrement épicée. Elle réchauffe tout en restant dans la douceur. C'est assez court sinon.

Alors non, ce n'est pas l'entrée de gamme (il parait que le 10 ans présente un rapport qualité/prix exceptionnel) mais c'est un petit whisky fort sympathique.

Aberlour 18 ans :
43 % et vieilli entièrement en fût de sherry.
...
BAM ! Sherry Monster is in the place !
Pour ceux qui ont un peu suivi ce que j'ai écrit jusqu'ici, oui je suis fan quand - comme ici - ça suinte le sherry.
Aberlour 18
Tout de suite, ça fonce plus ^^
Fût de sherry donc couleur sombre : ambre/orange foncé à reflets dorés.
Pour faire un jeu de mot pourri (une fois n'est pas coutume ...) : la couleur annonce la couleur !

Au nez, c'est - qui l'eut crû - très sherry : épices typiques (cannelle, ...), fruits secs et confits.
Du bonheur. Et celui-là, plus il s'aère, plus il doit dégager des arômes agréables !

En bouche, une nouvelle fois, c'est très sherry : des épices (cannelle, muscade, badiane, ...) avec encore plus de fruits (orange, raisins secs, pruneau, ...).
J'adore.

En rétro-olfaction, ce n'est pas compliqué, on retrouve les mêmes arômes qu'en bouche et, autant être clair, c'est chouette !

La finale est longue, vineuse (sur les tanins) et encore sur les fruits.

Si vous n'avez pas encore compris, je kiffe à mort !

Aberlour A'Bunadh :
Amis de la culture, bonjour : A'Bunadh, c'est pour "origine".
Origine, tout simplement parce qu'il s'agit d'un brut de fût : ça permet donc de se rapprocher de ce qu'est le whisky à la sortie du fût (à l'origine quoi ^^).
La gamme A'Bunadh est réalisée au moyen de whiskys âgés entre 5 et 25 ans, tous vieillis en fûts de sherry Oloroso de premier remplissage.
Sherry, brut de fût ... Sherry Monster again ? En fait oui, clairement.

Nous avons eu l'occasion de goûter au batch 56, embouteillé à 61,2% (oui, ça tape dur maintenant).

Aberlour A'Bunadh
La bête
Ici, la couleur ne trompe pas : ambre très profond, acajou, ... Foncé quoi. Sherry surtout.
Rien qu'en le regardant on pense "miam".

Au nez, comme tous les bruts de fût, si vous ne le laissez pas respirer un peu, il vous décochera un direct en pleine face et vos narines seront KO un bon moment.
Aérons donc. Et après aération, ça donne quoi ? C'est puissant (tu m'étonnes), vineux (ah bon ?) avec des notes de cire.
Logiquement, une aération plus longue aurait permis de dénicher quelques notes fruitées derrière tout ça. On n'a pas eu le temps d'aller jusque là. Ce n'est que partie remise (et c'est le seul sample qui me manque, sniff).

En bouche, c'est chaud, c'est puissant et, sans surprise, c'est fruité (fruits secs et confits) et épicé (cannelle, gingembre).
Dieu que c'est bon.

La finale est longue et puissante sur les mêmes notes que la bouche.

Conclusion ? Un whisky que je trouve vraiment excellent. A ne pas mettre entre toutes les mains toutefois. Le voltage risque de vous tuer un homme qui ne s'y attend pas.

The Glenlivet :

Pour terminer, on va rester dans le Speyside et aller faire un tour dans la deuxième plus grande distillerie de la région (et d'Ecosse logiquement), derrière - vous l'aurez sans doute deviné - Glenfiddich.

En son temps, la vallée de la Livet était un endroit prisé pour les distilleries clandestines.
Tout ça a commencé à changer quand George Smith, fondateur de la distillerie, fut le premier à obtenir une licence suite à l'entrée en vigueur de la loi de 1823.

Le style de la maison est riche, fruité et complexe. Généralement, il en sort de très belles choses.

A noter que pendant pas mal de temps, des concurrents peu scrupuleux utilisèrent le nom Glenlivet. Après quelques démêlés juridiques, il ne resta plus qu'une distillerie pouvant utiliser l'appelation : l'originale. Elle devint ainsi The Glenlivet.

Mettons tout de suite les choses au clair : non, on n'a pas goûté le 21 ans - Archive. Dommage. Ce n'est toutefois pas une raison pour ne pas lire ce qui suit parce que les produits présentés valaient le détour, croyez moi.

Glenlivet Cipher :
Ici, ce n'est pas compliqué : aucune information n'est disponible sur le contenu de la bouteille. D'ailleurs, on ne sait rien du liquide tant qu'on ne l'a pas versé dans son verre, la bouteille étant noire et opaque.
Le but recherché est de forcer les consommateurs à découvrir les arômes du produit sans être influencé par d'éventuelles notes de dégustation figurant au dos de la bouteille.
Il semblerait que la bouteille et la boite donne des infos mais celles-ci seraient bien cachées (Professeur Layton, es-tu là ?). Personnellement, ça ne m'a pas parlé plus que ça.
A part 48 %, je n'ai rien vu de pertinent :-)

Une fois acheté et dégusté, il est possible de participer - sur le site de la distillerie - à l'expérience Cipher. En gros, vous faites part de votre ressenti et le master blender vous pécise si vous êtes dans le bon ou non.
Un concept sympa.

Pour l'anecdote, ce n'est pas la première fois qu'ils nous font le coup. A l'époque, la bouteille mystère répondait au nom de code "Alpha" (après mûre réflexion, il s'agit vraisemblablement de la gamme "agent secret" de la distillerie).

Trêve de bavardage, voici l'énigme de la soirée :
Glenlivet Cipher
On dira ce qu'on voudra mais c'est un bel objet
La couleur est doré. C'est très léger.
Ca donne plus l'impression d'un fût de bourbon (ou alors c'est très très jeune).

Au nez, c'est fruité et floral. Vraiment agréable.
On est dans le pus pur style Glenlivet.
Pour le reste, je n'arrive pas à me relire ... (un peu xghaftd ... même en faisant un gros effort, y a pas moyen). Des touches de vanille peut-être ? Si oui, ça lance définitivement le fût de bourbon.

L'entrée de bouche est plus épicée (cannelle, poivre) avant de s'estomper et de laisser place à des notes fruitées (oui c'est succinct, comme mes notes. Désolé).

La finale présente une légère touche mentholée et reste dans la lignée de la bouche.

Conclusion : un chouette produit. Un beau coup marketing aussi. Après paie-t-on le contenu ou le contenant, là est toute la question...

Glenlivet Nadurra Peated :
On ne change pas une équipe qui gagne donc c'est l'heure du cours de gaélique : Nadurra veut dire naturel. Tout simplement. La sobriété a du bon parfois.

La gamme Nadurra est en fait la gamme des bruts de fût non filtrés à froid de chez Genlivet. Celui-ci présente un gentil 61,5 %. Pas mal hein.
On y trouve pour l'instant un Nadurra Oloroso (miam) et un Nadurra First Fill Selection (fûts neufs américains).

Oui mais peated ? ... Moi non plus ça ne me met pas en confiance (souvenez-vous, la tourbe et moi, c'est moyen-moyen). En fait, il a vieilli en fût de bourbon de premier remplissage avant de subir un "finish" en fût de whisky tourbé.
Ce qui devrait donner un produit aux saveurs douces et fruitées rehaussées de notes fumées. Tout un programme !

Glenlivet Nadurra Peated
L'objet de toutes les inquiétudes

La photo ne ment pas (et le vieillissement en fût de bourbon non plus) : c'est clair. Je dirais même pâle. Doré mais pâle.
Et là, Pierre a eu le bon mot de la soirée : "En fait, ça a la couleur du jus d'ananas...mais celui en conserve bon marché hein !"
C'est tellement vrai en plus !

Etrangement, même s'il a 0,3 % de voltage en plus que l'A'Bunadh, il semble beaucoup moins puissant. Pas d'uppercut violent si on s'y plonge directement donc.
On dira ce qu'on voudra et à la distillerie ils feront ce qu'ils voudront mais quoi qu'il arrive, au nez c'est du Glenlivet. Clairement.
Certes, c'est fumé (et vous allez voir, seulement sur le nez) mais c'est surtout fruité. Et l'ajout d'eau (une goutte, pas un verre bande d'hérétiques) renforce encore le côté fruité !
Donc finalement, pas de tourbe (je trouve que ce n'est pas plus mal).
C'est autant bizarre que sympathique.

En bouche, on a une légère note fumée (mais très légère hein) pour débuter qui s'estompe très vite pour laisser place aux épices.
Alors, je ne sais pas si c'est moi (sûrement) mais je lui ai trouvé des notes chocolatées en fin de bouche. Et j'ai vraiment apprécié.

La finale reste dans la douceur de la bouche.
Vous n'en saurez pas plus, c'est à ce moment là que j'ai commencé à négocier mes samples : Bart refermant ses bouteilles, il fallait faire un choix. J'ai arrêté de noter ^^

C'est donc sur cette dernière note que se conclut notre soirée dégustation.

Conclusions :
- des marques que je connaissais sans nécessairement y avoir déjà goûté : c'est maintenant chose faite ;
- de très bonnes surprises (qui a dit Aberlour ?) ;
- des produits qui sortent de l'ordinaire (Scapa, Glenlivet Nadurra) ;
- une chouette ambiance.

Bref une super soirée !


Rhum n' Whisky

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