vendredi 24 mars 2017

Non, je n'étais pas à Paris (aka "De l'Agricole chez Créatif ?")

Toi, derrière ton pc (ou ton Mac, ou ta tablette, ou ton smartphone, ou ... enfin ce que tu veux, je ne suis pas sectaire), qui ne comprends ce titre, ne t'inquiètes pas, c'est normal.
A moins d'avoir passé la soirée avec nous, il restera flou pour le restant de tes jours (parce que because "what happens at Créatif, stays at Créatif" d'abord).

Sinon, plus sérieusement, notre Maître de cérémonie préféré  (Oui Ruben, là je parle de toi) ayant annoncé la réception de biens belles bouteilles de rhum agricole, il n'en a pas fallu plus pour que Salva lance le concept "Dégustation Agricole au salon" (quand je disais que c'était l'époque des salons).

Alors le rhum agricole : 
- y a ceusses qui ne jurent que par ça (c'est dommage, ils passent à côté de plein de choses) ;
- y a ceusses qui trouvent ça dégueulasse (c'est dommage, ils passent à côté de plein de choses aussi. Notez bien, il n'y a pas si longtemps que ça, Ruben pour ne pas le nommer, donc ça vous fait une excuse si vous n'aimez pas. En même temps, Ruben, même si ses goûts ont évolué, depuis qu'on sait qu'il carbure au ron-coca depuis ses 17 ans, il nous inquiète ... Et je suis une crapule de ne pas dire de quel ron il se sert, fourbe je suis. :'-D) ;
- y a ceusses qui savent ce que c'est et qui aiment bien (mais pas que) ;
- et puis, y a ceusses qui ne savent pas. Et ce soir, ils étaient Légion.
Et quand tu ne sais pas et que tes références sont logiquement assez douces (ron à tendance hispanique généralement), ben, quand tu commences dans l'agricole, en fonction de ce que tu goûtes ... tu peux avoir l'impression de te prendre une grosse claque dans la gu***** (du style tu fais trois fois le tour de ton slip sans toucher l'élastique).
C'est arrivé :-)

Rassurez-vous aucun dégustateurs n'a été blessé au cours de la soirée (et on n'a pas rendu de clairin à Salva donc il n'a pas failli s'étouffer) mais certains ont proposé de rebaptiser l'un ou l'autre produit "White Spirit". Va savoir, sans doute parce qu'il s'agissait d'un rhum blanc (hum hum ...).
Remarquez, une fois l'effet de surprise passé, la dégustation a eu son petit succès.

Pas de cotation cette fois mais une petite explication de la différence entre rhum agricole et de mélasse pour les nouveaux histoire de comprendre le pourquoi du comment (en beaucoup plus basique, vous aurez un début d'explication ici)

Le line-up du soir avant de se lancer dans la dégustation proprement dite :
line-up
A droite, la bouteille "mystère" (bon ok, en regardant bien c'est jouable ;-) )

Issan :

Pour ne pas faire comme tout le monde et rayonner un petit peu, partons faire un tour en Thaïlande!
Celui-là, ça a donc été la première grosse claque de la soirée pour les nouveaux dans le monde de l'agricole.
Et heureusement que Ruben en a pris un bon hein parce qu'il a été dur à passer.


Sinon, oui je l'ai goûté et il me plait toujours autant.
Comme j'en ai déjà pas mal parlé ici, je n'ai pas pris de notes de dégustation et ai simplement profité du moment.

Au fait, photo :
Issan
Oui, la bouteille n'a pas changé

Depaz VSOP :

Lors du Salon du Rhum, j'ai pu découvrir l'ancienne version.
Il semblerait que la nouvelle soit "la même mais en mois bien" (c'est paradoxal je sais).
Du coup, j'ai décidé de goûter autre chose !

A noter qu'il a reçu un super accueil (ce que je peux comprendre : c'est un agricole vachement bien foutu et assez facile d'accès sans toutefois renier ses origines. Une bien belle phrase compliquée prout-prout pour dire que c'est chouette quoi).
On revient en Martinique sinon.

Comme je suis bon prince, je vous mets une photo du nouveau packaging :
Depaz VSOP
Personnellement j'aimais mieux l'ancien packaging. Après les goûts et les couleurs ...

Montebello 8 ans :

Initialement connue sous le nom de Carrère, la distillerie change de nom en 1975 (en Montebello pour ceux qui ne suivent pas) suite au rachat par la Famille Marsolle qui eut lieu en 1968.
Basée en Guadeloupe, la distillerie propose des assemblages de pur jus et de mélasse (pas de l'AOC donc).

Les 3 ans et 6 ans, j'ai déjà testé (et j'ai apprécié) ; passons donc à la version un cran plus âgée !
Montebello 8 ans
Toujours ce packaging "old school" immédiatement reconnaissable
Première dégustation "colorée" de la soirée : une robe de couleur or à reflets orangés ouvre le bal des rhums vieux.

On démarre sur un nez extrêmement fruité qui va dominer tout au long de la dégustation.
Les notes fruités vont du fruit bien mûr au fruit confit avec une certaine importance des fruits rouges et des agrumes.
Quelques notes boisées arrivent par la suite. On les retrouvera également à la rétro-olfaction avec l'une ou l'autre touche d'épices.

La bouche m'a tout de suite paru plus acide après cette déferlante fruitée. Un retournement de situation complet. C'est bien plus boisée et épicé (les épices étant assez "fortes" dans le style poivre et compagnie).
Les fruits ne pouvant pas avoir complètement disparu, on les retrouve là, derrière ces arômes bien plus secs.

La finale reste constante sur les notes décelées en bouche (principalement épices et bois donc) et est assez longue.

J'en avais pensé beaucoup de bien au Salon du Rhum, mon avis ne change pas : j'aime toujours autant.

Chamarel XO :

Il s'agit d'une des plus jeunes distilleries de l'Île Maurice (si pas la plus jeune mais comme je n'ai pas envie de vérifier, je vous laisse vous en assurer par vous même) et, a fortiori, de l'Océan indien, puisqu'elle a poussé au milieu des champs de cannes en 2008.

Pour info, ils font aussi une liqueur de rhum à la mandarine : j'aime pas (en même temps, je n'aime pas les mandarines donc ...).
Mais soyons sérieux et passons donc au XO :
Chamarel XO
Moi je trouve ça superbe et très classe. Vraiment.
Sa robe est orangée à reflets dorés.

De prime abord, il m'a paru plus alcooleux que le précédent.
Sinon, c'était "spicy-time" : des épices en veux tu en voilà au rang desquelles la vanille prend une place considérable (mais très considérable hein).
Après un peu de repos, il se fait plus boisé et la douceur apparait de plus en plus.

En bouche, c'est toujours très épicé. La vanille est toujours là, les notes boisées aussi.
Et puis il y a ce petit quelque chose d'assez indéfinissable sur lequel je n'ai pas réussi à poser de mot, un mélange de fruits et d'épices assez étonnant qui donne un petit caractère animal au produit. Pas désagréable du tout, loin de là, mais perturbant. Vraiment.

Enfin, une finale moyenne sur les mêmes arômes "surprenants" que la bouche vient clore les débats.

Oui ben voilà. C'est bien fait mais j'ai du mal (c'est finalement celui qui m'a le moins plu de la soirée).

A noter que Cyril y a trouvé pas mal de notes de réglisse et de pruneau. C'est peut être ça qui lui donne son caractère si particulier (parce que oui, parfois quand je ne sais pas, je lance des pistes :p).

Longueteau - Sélection Parcellaire n° 9 :

Pas de notes non plus donc (enfin si mais pas dans ce billet-ci)
Il m'avait tellement bien plu que je me suis - à nouveau - laissé tenter (dommage quand même de ne pas avoir pu comparer en direct avec le n° 1).
Confirmation ce soir : il est top. Encore un cran au-dessus de l'Issan que j'apprécie déjà beaucoup (au cas où ça ne serait pas clair dans l'article cité plus haut). En même temps, comme l'a si bien fait remarqué un de mes collègues : Issan ça fait un peu moins de deux ans qu'on en parle (et que les produits existent) tandis que Longueteau ben voilà quoi ...

Gros succès en général d'ailleurs. Il a été pas mal apprécié par l'assemblée (bon après Ruben n'avait clairement pas choisi le plus dégueulasse des blancs non plus hein ;-) ).
Guadeloupe one point.

Sinon, le packaging n'a pas changé, rassurez-vous :
Longueteau - Sélection Parcellaire n° 9
Le format typique de chez Longueteau


Neisson Extra Vieux :

Retour en Martinique avec cette distillerie mythique (tant pour sa bouteille "Zépol’Karé" que pour la qualité de ses produits et notamment de ses très vieux rhums ... Pouvoir déguster un Neisson 21 ans, ça relève tout simplement de l'utopie).
En ce qui me concerne, je n'ai jamais goûté "que" le 15 ans lors du Salon du Rhum (et de son espace Collector du tonnerre) qui m'avait laissé un souvenir incroyable (et que j'ai égoïstement gardé pour moi sans prendre de notes pour vous). Rien de la gamme dite "classique".
Il est donc temps de se pencher sur cet "Extra Vieux" :
Neisson Extra Vieux
Zépol’Karé !!
Une robe ambre/orangée à reflets cuivrés invite à la dégustation.

Le premier nez est boisé. C'est clair et net. Mais c'est bien fait et donc très agréable.
De légères épices (un poivre bien moins puissant que sur le Montebello par exemple), bien intégrées, complètent cette première impression.

Des notes fruitées arrivent par la suite avec notamment quelques touches d'oranges. Eu égard au premier nez, j'ai trouvé ça assez surprenant. Agréable mais surprenant.
Enfin, au fil de la dégustation, il m'a semblé que le nez se faisait de plus en plus doux.
Ou je suis passé complètement à côté de mon sujet ou les notes végétales/de cannes annoncées partout étaient vachement bien planquées.
Niveau rétro-olfaction, ça n'a pas arrangé les choses : impression de douceur assez prononcée tendant limite vers le caramel (et pourtant Neisson c'est sensé être du pur jus de cannes).
Après je n'étais pas le seul à trouver ça surprenant de douceur donc ...

En bouche, c'est d'abord boisé et épicé. Ce n'est donc pas sans rappeler le premier nez et on se dit qu'on va repartir sur des sentiers "agricoles" plus balisés.
En fait non : cette douceur fruitée perçue au nez fait son retour de manière insidieuse pour nous offrir - au final - un produit bien plus rond que ce à quoi je m'attendais.

La finale est longue, boisée et épicée (aaaah) avec toutefois cette sensation de douceur qui continue de nous tourner autour.

Conclusion ? Et bien oui, c'est bien fait. Y a pas à discuter là-dessus. Après Est-ce que ça doit pour autant être élevé au panthéon des rhums agricoles, ben je ne sais pas. Du moins pour celui-ci (c'est vrai que le 15 ans était une tuerie quand on y repense bien mais on ne jouait pas non plus dans la même catégorie...).
Donc oui, c'est bien, mais ce n'est pas l'agricole que je préfère. (désolé Od)

Bielle 2008 - 40ème anniversaire :

Marie-Galante, 7 ans, brut de fût (53,4°), ... que demande le peuple ?
Une petite histoire sur la distillerie ? Voilà (cliquez-moi, cliquez-moi).
Une photo ?
Bielle 2008 - 40ème anniversaire
Attention piège : 40 ... ème anniversaire, pas 40 ans hein (si ça existait un jour, ça ne couterait pas le même prix...)
...
Quoi ? Aaah, les notes de dégustation ! ok ok, voilà :

D'une couleur or intense (orangé), c'est un produit engageant.

Au nez ça sent bon mais bon, vous n'imaginez pas. Et en bouche, c'est un vrai délice. Une tuerie.
Ressenti un, check.

On va essayer d'être un rien plus précis maintenant ;-)

Au nez, c'est très typique Bielle, les "marqueurs-maison" sont là : c'est finement boisé, légèrement épicé (sur la vanille ... Fût de bourbon m'entends-tu ?), relativement fruité (agrumes) avec un retour sur la canne bienvenu.
L'alcool est ici on ne peut mieux intégré (et ça je l'ai déjà dit souvent mais qu'est-ce que c'est agréable).
Enfin, plus étonnant (et agréable car rafraichissant) : une légère touche mentholée ramène  encore un peu plus de fraîcheur au produit.
En rétro-olfaction, les notes boisées et les épices prennent le dessus.
Un nez hyper agréable. Top top top.

En bouche, c'était déjà le cas sur les derniers bruts de fût millésimés mais j'aime bien le souligner donc : oui, c'est 53,4° mais en fait non, ça ne se sent pas tant que ça au final. Comme déjà dit pour le nez, c'est vraiment bien fait (après est-ce qu'un Bielle peut être raté ? ... Oui, sûrement, c'est comme tout, mais ça doit être rare).
Les agrumes et la canne fraîche dominent la dégustation, l'ensemble étant englobé de fins arômes boisés pour complexifier un peu la chose.
Et cette note mentholée toujours présente et rafraichissante amène ce petit plus très agréable.
Les épices sont toujours là et de légères touches plus douces se fondent parfaitement dans l'ensemble.
Comment dire ? ... ah oui : top top top !

La finale est longue mais longue et fraîche (oui, toujours cette touche mentholée. Et n'allez pas croire que c'était un rhum coupé menthe hein, c'était hyper fin et végétal comme truc).
Elle présente également une douceur légèrement sucrée et de fines touches d'épices qui complètent le tout.
Enfin, il m'a semblé y déceler une très légère note fumée à la toute fin.

Ai-je besoin de préciser qu'il s'agit d'un de mes tous gros coups de cœur de la soirée ?

Place donc à la "bouteille mystère".
Pour faire monter un peu la pression, même sans la goûter, on sait déjà, rien qu'en voyant la boite, que ça va être une dégustation unique et intemporelle.
Parce que oui, tout qui aime les bateaux et les perroquets sait que Silver Seal fait quand même des choses tout bonnement incroyable !

Silver Seal, avec un nom à consonance britannique comme ça, il est évident que seul un italien peut se cacher derrière cet embouteilleur indépendant mythique (que je place personnellement sur le même pied que Velier au niveau de la qualité des produits. Après le fait que l'un puisse se targuer d'avoir un vieillissement tropical intégral et pas l'autre ben oui, c'est vrai, mais ça n'enlève rien au fait que les deux font de très très très beaux produits).
Rien à voir mais si vous avez l'occasion de goûter un whisky embouteillé par Silver Seal, n'hésitez pas !

Silver Seal Guadeloupe - Bellevue 17 ans :

Guadeloupe, 17 ans, brut de fût (50°), ... comment ? Une impression de déjà lu ?
Peut-être oui mais c'est loin d'être du Bielle, rassurez-vous.

Je ne vais pas dire qu'il y a eu un moment de recueillement dans la salle à ce moment là mais ... pas loin. Tout le monde (à des niveaux différents mais ça c'est normal) s'est rendu compte de la chance qui lui était offerte de déguster un tel produit.

Déjà le packaging, tout bonnement superbe :
Silver Seal Guadeloupe - Bellevue 17 ans
Et encore, vous ne voyez là qu'une seule face de la boite (et je ne vous parle pas de l'intérieur ...)
Après, la dégustation, juste exceptionnelle (pas nécessairement très agricole mais exceptionnelle quand même) :
La couleur est orangée à reflets dorés et "ça plaque" comme on dit de part chez moi.
On sait tout de suite que ça va être relativement gras.
Mais on voit aussi que ça va être relativement bon ! :-)

Au nez, ben oui, 50°, mais ici aussi c'est bien intégré donc ça ne vous pète pas les canaux olfactifs et ça c'est bien. C'est parce qu'on sait que c'est à 50° sinon on ne l'imaginerait pas.
Sinon qu'est-ce que c'est fruité (pêche surtout, quelques notes de fruits noirs - cassis en tête - avant de passer sur les fruits secs type amande et compagnie).
C'est boisé également (on le ressent principalement en rétro-olfaction).
Quelques notes fumées (plutôt vers les arômes "tabac" en fait) amènent encore plus de complexité à la chose.
Enfin, le tout se calme et la douceur s'installe le temps passant.
...
Ou comment mettre tout le monde d'accord rien que sur le nez. Tout simplement.

En bouche (parce que oui, c'est beau et ça sent bon, il faut respecter le produit mais on était surtout là pour le goûter aussi !!), c'est tout de suite plus boisé et plus épicé (il y a de la réglisse mais juste comme il faut).
On retrouve les fruits annoncés au nez mais de manière encore plus douce (on part cette fois vers les fruits cuits) et, à nouveau, quelques fruits secs.
L'alcool est ici bien intégré.
Enfin, quelques touches de cuir donne un caractère plus animal (ouais, j'aime bien le mettre, je sais) à l'ensemble.
C'est tout bonnement dans la continuité du nez : magnifique.

La finale est chaude et chocolatée (?!), assez douce en somme.
Et surtout elle est longue mais longue, longue, longue, ... On me dit que le mot "interminable" fonctionne bien aussi dans ce genre circonstances.
In fine, il y a un léger retour des notes fumées décelées au nez.
Juste génial quoi.

Que dire ?
Tout simplement merci Monsieur Righi pour ce rhum exceptionnel et merci Ruben pour l'avoir présenté !
*merveilleusement bien*

Et bien voilà, après cette majestueuse dernière dégustation, on avait finit le line-up de la soirée.

Certains ont goûté l'un ou l'autre produit supplémentaire (le Longueteau Grande Réserve 2004 a été pas mal plébiscité par ceux qui l'ont goûté. L'ayant découvert au Salon du Rhum - certes brièvement mais découvert quand même - et ayant de la route à faire, j'ai passé mon tour mais j'y regouterai un jour).

Ah oui, la dégustation a eu son petit succès et Ruben a vendu pas loin d'une vingtaine de bouteilles ... dont deux seulement parmi celles présentées.
La mélasse hispanique a encore de beaux jours devant elle ! :-D

Et, Salva, y a eu réclamation sur le chocolat : y a des ceusses qui veulent du Côte d'Or (des gens de goût ma foi ^^).

Enfin, on va essayer de communiquer un peu plus avec des vrais gens la prochaine fois (parce que c'est un peu facile derrière son écran vous ne trouvez pas ? Mais j'ai échangé avec Marc et Pascal quand même hein ^^). Promis (mais faut pas s'attendre à ce que je monopolise le débat. Ou il faut me faire boire beaucoup alors :p et comme on n'est pas là pour ça ...).

Quand tu finis une soirée comme ça (traduire : une super soirée avec une chouette ambiance et des gens sympas), tu te demandes juste : c'est quand la prochaine ?
Quoi ? Vendredi chez Hesby ? Oui mais non hein, la prochaine chez Créatif !


Rhum n' Whisky

P.S. : Non, je n'étais définitivement pas à Paris (mais Milan me tente beaucoup cette année ^^).

lundi 20 mars 2017

Battle de Rones

Oui parce que ça fait quand même longtemps que je vous l'annonce et qu'il était temps d'arrêter de spoiler.
Et donc quid ?
Tout simplement un retour chez Créatif (mais si, souvenez-vous) où Ruben nous proposait de déguster dix des meilleurs rhums de tendance hispanique du moment à moins de 100,00 euros et de noter tout ça histoire de voir lequel serait le grand vainqueur.
L'idée est fun. Clairement.
Une photo du line-up pour vous faire saliver (ou pour toi, le diabétique, là, au fond, tomber dans le coma directement ^^) :

Line-up
Jeu : Ami lecteur, un produit n'a pas été dégusté. Trouveras-tu lequel ?
Histoire de faire simple (parce que je n'ai pas envie de retourner mes notes dans tous les sens en fait), on va présenter les produits dans l'ordre de dégustation et je vous ferai un petit récapitulatif des notes obtenues (les miennes parce que c'est moi qui écrit après tout et la moyenne de la soirée parce qu'on était une vingtaine quand même).
Mettons tout de suite les choses au clair. Les rhums hispaniques un peu (beaucoup ?) sucré, oui, j'aime bien.
Mais pas que.
J'ai - certes partiellement - commencé par là mais je me suis diversifié depuis lors et mes goûts ont pas mal évolué (qui a dit Demerara ?), ce qui est somme toute normal.
Donc oui, on a eu droit à de beaux produits mais ça ne veut pas dire qu'une note de 9/10 nous donne un rhum de meilleur qualité qu'un Enmore ou qu'un Bielle. Ce n'est clairement pas comparable.
Et puis, quand on te dit "Ce soir, on fait battle de rones et on note tout ce qu'on goûte" ben tu joues le jeu, tu fais abstraction de tout ce que tu as déjà goûté d'autres et tu ne mets en compétition que les produits proposés (ce qui est quand même plus pertinent parce que si tu es un inconditionnel de l'agricole et que tu compares avec ton rhum préféré, tu mettras 2 à tout. Et encore, 2, c'est si tu es gentil ... :p).
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis non plus : les produits présentés étaient de très bonne qualité et extrêmement agréable à déguster. Pour preuve, il y en a un que j'ai à la maison, j'ai le grand frère (le millésime antérieur quoi) d'un deuxième, un troisième m'a mis une grosse claque niveau qualité et il y a clairement deux-trois autres bouteilles qui m'ont scotché (rapport qualité/prix/plaisir) et qui auraient parfaitement leur place à la cave.
Sur ce, allons y !
On commence gentil avec un ron Coca au Centenario pour rester dans le concept.
Nin le 20 ans hein biêsse, on l'a fait avec celui-ci  :

Centenario Anejo Especial
Honnêtement, en cocktail, c'est juste top (surtout quand tu compares la qualité de la chose avec ce que tu trouves en grande surface pour un prix équivalent ...)
 
Bon, après cette mise en bouche sympathique, on débute vraiment la Battle (... dis comme ça, ça fait quand même limite gangsta-rap-hop-hop (oui parce que hop-hop ça me fait plus rire que hip-hop. J'ai un humour de merde, que voulez-vous...)).
Ah oui, ceux qui me connaissent savent que coter une boisson ben ... je n'aime pas et je ne fais jamais. Mais bon, c'était un peu le but de la soirée donc on va faire exception à la règle.
Histoire d'avoir une base commune il avait été convenu de retenir les notes suivantes :
- moins de 5 : beurk
- 5/6 : bof
- 6/7 : moyen
- 7/8 : bon
- 8/9 : vachement bien
- supérieur à 9 : totalement démentiel
Ca allait et c'était relativement simple jusqu'à ce que deux-trois fourbes (oui, j'en faisais bien évidement partie ^^) balancent des cotes à virgule. Là ça a commencé à partir en couilles pour les calculs...
 

Opthimus 25 :

Et pas 25 ans parce que Solera ;-)
Sinon, Opthimus, c'est un produit Oliver & Oliver (on en a déjà un peu parlé lors de la dernière dégustation Créatif, voyez le point Quorhum) et donc dominicain.

Opthimus 25
Parce qu'il en faut un premier :-)
La robe est d'un ambre foncé à reflets orangés.
 
Le nez est - sans surprises - extrêmement doux mais également assez fruité (sur les fruits confits).
En rétro-olfaction, on reste sur la douceur avec une légère touche d'épices qui revient sur la fin (cannelle en tête).
 
La bouche est très légèrement boisée avec des notes de fruits secs.
L'aspect douceur et sucré perçu au nez est toujours là. On part plus sur des arômes caramélisés.
Elle se fait de plus en plus douce au fur et à mesure de la dégustation.

Bien que la finale ait donné une impression plus alcooleuse (rien d'alarmant non plus hein), c'était toujours doux, avec des notes de vanille.
On la qualifiera de moyennement longue.
 
Une belle entrée en matière.
Je lui ai mis 7 et il a reçu une moyenne de 7,25 (rassurez-vous, je vous fais un récapitulatif à la fin).


Millonario XO :

On quitte la République Dominicaine pour aller faire un tour au Pérou.
Bien qu'elle ne porte nullement le nom de Rossi ou de Rum Nation, la distillerie a bien été "découverte" puis rachetée par Fabio Rossi dans le courant des années 2000 afin de produire ce rhum très liquoreux dont la bouteille la plus connue n'est pas celle présentée ici mais la version 15 "ans" entièrement habillée de paille (qui a dit Zacapa ?).
 
Sinon que donne le liquide se trouvant dans cette superbe carafe ?

Millonario XO
Y a beau contenant hein ? ^^
La couleur de la photo est relativement honnête : orange intense à reflets dorés.
C'est engageant.
 
Le nez est doux (oui, ça risque d'être le cas tout du long, va falloir vous y faire) : caramel, sucre roux. C'est clairement le marqueur principal.
Il est également fruité (fruit jaune) mais cette sensation s'estompe rapidement pour laisser plus de place aux fruits secs.
Arrivent enfin les notes torréfiées pour amener ce petit côté café pas désagréable du tout (non, on n'est pas sur du Dictador).
 
En bouche, c'est le 15 ans mais en beaucoup beaucoup beaucoup plus fin. Bon ok, comparativement parlant, ça n'a pas lieu d'être. Celui-ci enterre clairement la version 15 ans.
C'est doux (toujours le caramel), c'est légèrement fruité (fruits secs toujours) et les quelques notes de café présentes au nez se retrouvent en bouche.
C'est vachement bien en fait :-)
 
La finale est, une fois encore, relativement douce mais quelques épices viennent contrebalancer ça (un peu de poivre) et rehausser le tout afin qu'il ne tombe pas dans un trop plein de caramel à la vanille.
C'est bref mais la sensation sucrée est présente longtemps.
 
Celui-là je l'aime vraiment beaucoup. Et du coup, il prend un bon 8.
En moyenne, il a récolté un 7,625.
 

Zacapa XO :

On rayonne toujours en Amérique Latine avec un petit arrêt au Guatemala !
Zacapa on pourrait en parler longtemps et pour plusieurs raisons :
- sa version 23 "ans" (oui, oui, Solera) entièrement recouverte de paille - un peu comme le Millonarion 15 - serait un de meilleurs rhums du monde. Problème, on n'en trouve plus et la version actuelle serait bien en deçà (et en plus, maintenant, il y a moins de paille sur la bouteille ...) ;
- chose rare (mais qui tend à s'étendre) : on est face au produit d'une "master blendeuse" (parce que je féminise le mot comme je veux, oui Madame) ;
- il est élaboré à partir de miel de canne (en gros, un jus de canne concentré) ;
- il est cultivé et vieilli en altitude (350 mètres pour la première "opération" et 2.300 mètres pour la seconde) ;
- il y a de plus en plus de versions disponibles dont certaines très limitées (15, 23, 30 "ans", XO, Royal, étiquette noire, édition limitée millésimée, ...) ;
Bref plein de chose à raconter.
 
Mais on est surtout là pour parler dégustation non ?
Cette fois, on a pu admirer le joli flacon du la nouvelle version du XO :

Zacapa XO
Claaaasssse non ?
Le contenant n'est pas sans rappeler celui du Zacapa Royal (une broutille à +/- 250 euros ...).
En parlant du Royal, Salva a eu la gentillesse de me le faire goûter. Un tout grand merci ! :-D
Et même si les conditions de dégustation n'étaient pas optimales (Tumbler quand tu nous tient ^^), force est de constater que c'est une tuerie. Vraiment.
Du coup, la dégustation de celui-ci - et la note obtenue - a plus que probablement fait les frais de cette comparaison douloureuse (pour le XO s'entend si vous n'avez pas suivi).
Une photo juste pour vous faire saliver ?
 
Zacapa Royal
Encore plus classe en fait mais on ne va parler de lui, désolé

La robe est acajou à reflets dorés. Ca fonce, ça fonce.

Au nez, c'est certes doux mais ça m'a paru assez fermé au premier abord avec des notes alcooleuses qui reviennent marquer leur territoire. Bof.
Puis ça a été boisé. Un boisé qui ne m'a pas conquis en fait.
On pouvait enfin trouver, en cherchant bien derrière tout ça des fruit secs.
Je n'ai pas été conquis. Du tout.

En bouche, c'est fatalement très doux mais avec un caractère épicé plus présent que sur les deux produits dégustés jusqu'à présent : cannelle, vanille, cardamome (?).
On y retrouve un boisé qui m'a paru bien plus sympathique qu'au nez.

La finale était sur la douceur (caramel) et les épices, cannelle en tête.

Il s'est rattrapé sur la fin mais je ne lui ai donné qu'un 6.
Après je suis sur que la comparaison l'a enterré donc il faudra que je le goûte à nouveau à l'occasion (histoire de ne pas rester sur cet a priori négatif parce que l'air de rien, c'est normalement un produit top).
J'ai flingué la moyenne du coup. Elle tournait à 7,20.
 

Presidente Marti 23 :

Retour en République Dominicaine et toujours chez Oliver & Oliver.
On passe tout de suite à la dégustation du coup.


Presidente Marti 23
Un look très "billet de banque" qui n'est pas sans rappeler un certain Diplomatico...
Ici aussi, on est sur de l'acajou à reflets dorés.

Le nez - derrière les habituelles notes de caramel et de vanille - nous balance une flopée d'arômes. Je dirais qu'on est plus dans le style du Millonario XO mais en plus intense : plus d'épice, plus de fruits (agrumes), plus de tout en fait. Avant de passer aux fruits secs.
Alors c'est "plus" mais ça s'adoucit très vite (on ne peut pas tout avoir).
Un nez très chouette et on ne peut plus plaisant.

La bouche est quant à elle toujours sur ces épices retrouvées au nez (et oui, je n'ai pas noté lesquelles mais il y avait probablement de la cannelle :p) mais aussi - et de manière plus surprenante - sur les fruits rouges.
Les notes de caramel et la douceur caractéristique des rhums hispaniques n'étaient pas en reste non plus.
Enfin, il est bon de noter que le rhum était assez liquoreux en bouche.
Bon ben c'est toujours aussi sympa qu'au nez en fait.

La finale est moyennement longue : toujours sur les épices, on peut toutefois y retrouver une légère touche fumée surprenante qui vient booster le tout.
Il va sans dire que le caramel revient finalement prendre le dessus.

Alors celui-là c'était vraiment la grosse surprise.
Et si on tient compte de tout (rapport qualité/prix/plaisir), il a droit a à 8-8,5. Un bon 8,25 donc.
En moyenne, il a également rencontré un certain succès avec une note de 7,633...
 

Centenario 25 :

Comme on a déjà parlé du petit frère ici, on ne va pas non plus s'étendre et passer directement à la dégustation (et comme ça, je vous renvoie vers d'autres articles, histoire de vous fidéliser :p).
Pour ceux qui n'ont pas cliqué, on est au Costa Rica.
 
Au fait, comme de règle, qui dit dégustation pour moi dit - généralement - rhume (et pas rhum) ... Celle-ci ne fait pas exception à la règle et j'ai quand même ressenti un léger coup de mou (et de Sofrasolone ...) sur les deux rhums suivants.
Du coup désolé si ce n'est pas hyper raccord avec la réalité.

Centenario 25
Un air de famille avec le 20 ans non ?
On ne change pas une équipe qui gagne donc on va rester sur un produit qui part sur une couleur acajou à reflets dorés.

Au nez, c'est légèrement boisé, épicé (cannelle et vanille, les grands marqueurs épicés de la soirée), sur le caramel et avec quelques notes de café torréfié (qui se font plus présentes à la rétro-olfaction).

En bouche, on revient logiquement sur la douceur ("logiquement" parce que c'est le cas pour les 20 et 30 ans hein) et les notes caramélisées donc.
Quelques fruits secs et deux-trois épices se cachent derrière tout ça.

La finale est elle aussi moyennement longue mais principalement sur la douceur et les épices typiques de ces rhums hispaniques.

Un produit un peu plus sans surprise mais très bien réalisé. Ca vaut 8 (mais Centenario j'aime bien donc ...).
Dans l'ensemble, il a également bien plu avec un beau 7,89.


Cartavio XO :

Petit retour au Pérou où, derrière Millonario, se cache d'autres distilleries.
Située près de Trujillo (aucun lien de parenté avec le bassiste de Metallica ... oui c'est nul mais j'avais envie de la placer :p), la distillerie produit donc du rhum mais aussi du pisco (normal), du gin (pourquoi pas), du whisky (c'est déjà plus étonnant) et de la vodka (bon, ok y a des patates au Pérou mais quand même quoi !). C'est vaste tout ça.

Cartavio XO
On sent bien au design de la bouteille qu'on a voulu le placer dans les rhums "haut de gamme" ... (surtout le bouchon)
La robe est cuivrée à reflets dorés.

Le nez, d'abord fruité (plus que les autres produits dégustés), part ensuite sur le caramel avant de bifurquer sur des arômes de café (c'est ce qui m'a le plus marqué).

La bouche était toujours sur le caramel et le café. Les notes fruitées passant largement au second plan.

Une finale café-caramel légèrement épicée ponctue le tout.

Quand je vous disais que ces deux notes-ci risquaient d'être brèves...
Sinon, je n'ai pas accroché : 6,5.
En moyenne, il a obtenu 7,19.


Rum Nation Panama 21 ans :

Un autre produit de chez Rum Nation donc (le lien est au-dessus, mais si, allez relire la partie sur le Millonario XO).
Il semblerait qu'il s'agisse d'un véritable 21 ans en provenance du Panama (Abuelo ?) vieilli en fûts de bourbon et de sherry et ayant bénéficié de tout le savoir-faire de l'illustre Don Francisco Fernandez, maestro ronero cubain (surnommé Don Pancho).

Rum Nation Panama 21 ans
Attention OVNI !
La couleur est acajou (21 ans quoi).

Il s'agit tout simplement du nez le plus fruité de tous les rhums présentés jusqu'à présent (prune et date en tête).
Il est légèrement épicé, voire, à la limite, végétal (j'avais prévenu dans la légende : OVNI).
On y trouve du caramel mais c'est discret et bien amené ; je dirais que les arômes boisés sont plus facilement identifiables que les notes caramélisées.
Enfin quelques arômes de tabac (mais légers) viennent parfaire le tout.
La description est brève mais sachez que ça m'a scotché (peut-être parce que ça n'avait rien à voir avec le reste de la dégustation, allez savoir).

En bouche, c'est - comme pour le nez - complètement différent de ce qu'on peut attendre d'une dégustation de rhums hispaniques : c'est épicé mais de manière surprenante ! La réglisse surplombe la cannelle et la cardamome.
On peut également y trouver de fines touches mentholées.
Une fois encore ça m'a semblé assez végétal.
Après, les notes de caramel et les fruits présents au nez étaient toujours là mais c'est loin d'être ce qui m'a le plus marqué.

La finale m'a paru relativement longue, principalement sur les épices (réglisse en tête) mais laissant une place à un caramel plus boisé qu'à l'accoutumé.

Alors là on était sur un produit totalement différent et bien moins sucré que tout ce qui a été présenté jusque là mais, selon moi, extrêmement agréable.
On est toutefois que deux à lui avoir mis une note supérieure à 8 (8,8 en ce qui me concerne).
Les autres l'ont purement et simplement enterré avec un 6,88 bien douloureux.
En même temps, il faut bien reconnaître qu'il faisait un peu intrus dans le line-up et pour ceux qui était venu découvrir des produits "sucrés", et bien, ils ont pris une grosse claque gustative. ;-)

Sinon, le prix était également très attractif pour un rhum de 21 ans.


Esclavo XO :

République Dominicaine, Oliver & Oliver, ... C'est bon, on passe à la dégustation ?

Esclavo XO
Une bouteille très Clément ...
La robe présente une jolie couleur acajou à reflets orangés.

Au nez, on part sur le caramel. Tout en puissance.
On s'en tiendra à ça car - comme à chaque fois - j'ai un blanc dans mes notes ("légères touches de ..." merci de compléter comme vous l'entendez).

En bouche, c'est hyper doux (caramel tout ça, tout ça).
Ca part aussi sur des notes chocolatées assez puissantes.
Enfin, quelques épices (cannelle pour ne pas la citer) viennent donner un peu de peps à cet ensemble très (trop ?) sucré/doux.

La finale, moyennement longue (avec une sucrosité très persistante toutefois) a - sans surprises - pris ses quartiers dans la douceur, le caramel et la vanille.
Un léger retour des épices ne sauvent pas l'ensemble.

Doux, trop doux en fait (et ce n'est pas les quelques degrés en plus qui ont sauvé le truc).
7, pas plus.
Dans l'ensemble, il n'a pas convaincu non plus : 7,06.

Voilà, la partie "gentille" de la dégustation est terminée.
Place maintenant aux deux monstres de la soirée !


Diplomatico Single Vintage 2002 :

Tout le monde connaît le produit "de base" (enfin, pas si "de base" que ça mais c'est celui qu'on voit le plus), la version Reserva Exlusiva.
Si ce n'est pas le cas, c'est soit que vous n'aimez pas le rhum et ne vous y intéressez du coup pas, soit que vous avez vécu dans une grotte ces dix dernières années (+/- hein, on n'est pas à deux ans près).
Mais si enfin, c'est a bouteille de rhum "billet de banque américain" :

Diplomatico Reserva Exlusiva
le rhum Fort Knox donc
Et bien on ne va pas parler de celui-là.

Sinon, outre le fait que Diplomatico soit une marque mondialement connue et on ne peut plus décriée par ses détracteurs (et ils sont nombreux), il s'agit d'un des rhums ayant amené - ces dernières années - un nombre incalculable de gens à s'intéresser au rhum (Pierre si tu me lis ;-) ).
Et très franchement, je peux comprendre que l'on apprécie le produit (et e n'ai pas honte de le dire ^^).

Enfin, vous noterez - si vous avez l'occasion de parler avec Tito Cordero, maestro ronero/master blender de la maison - qu'au Venezuela (parce que oui, on est au pays du Santa Teresa), depuis qu'ils sortent des singles vintage, le climat est exceptionnel (surtout ces trois dernières années). Oui, oui. Voilà.^^

Ce n'est pas tout ça mais si on dégustait ?
Diplomatico Single Vintage 2002
Une certaine conception de la classe
La couleur est ambre à reflets cuivrés.

Bien que la finition en fût de sherry ait été assez brève, ça a donné tout un tas de notes que l'on qualifiera de "très sherry" à l'ensemble (et ça, j'aime bien !) : fruits rouges et cannelle en tête.
Après, on est sur un Diplo sous testostérone donc caramel et vanille sont présent de manière assez intense mais c'est tellement bien fait que ça ne couvre pas le reste. Et ça c'est chouette !

Celui-ci aussi a droit à une augmentation de son voltage (43°) et, en bouche, on sent effectivement que l'alcool est plus présent. Il est toutefois super bien intégré à l'ensemble et c'est du coup on ne peut plus agréable. Ca et les quelques épices présentes rehaussent le tout de main de maitre.
Parce que oui, on est quand même sur la douceur du caramel, ne vous inquiétez pas.
A noter que de légers arômes boisés sont également présents.

La finale est bien plus longue que tous les autres produits dégustés jusqu'à présent (bon, ok, le degré d'alcool n'y est pas pour rien non plus mais quand même).
Elle est douce, épicée et chaleureuse.

Tout simplement un superbe produit qui obtient un 9 sans se fouler.
Relativement apprécié, il s'en tire avec une moyenne de 8,23.


Zacapa Reserva Limitida 2015 :

Retour au Guatemala chez Zacapa pour la dernière édition limitée millésimée en date.
La version 2014 avait été vieillie, si je ne me trompe, dans un jardin d'épices.
Celle-ci aurait vieilli dans un fût poussant au maximum les marqueurs Zacapa (vanille, caramel, fruits). Un super Zacapa en somme !
On passe à 45° pour info.
 
Photo ?
Zacapa Reserva Limitida 2015
Un design moins "bling-bling" que les deux autres carafes mais ...
La robe est, cette fois, acajou à reflets cuivrées.

Note de service pour la suite : ça risque d'être bref mais c'est souvent les choses les plus simples qui sont les meilleures.

Le nez est, comme annoncé, en force sur la vanille, le caramel et les notes boisées.
Quelques touches de fruits (agrumes) sont également présentes.
Enfin quelques épices (cannelle) sont là pour affiner encore les arômes dégagés.

La bouche est elle aussi boisée, caramélisée, vanillée et fruitée.
Le tout est saupoudré d'épices légèrement plus puissantes.

Dois-je préciser que la finale présentes des arômes boisés, vanillés et caramélisés ?
(ok, il y a un tout petit peu d'épice, mais très peu hein).

Voilà voilà.
Ca n'a pas l'air de casser trois pattes à un canard vu comme ça ?
Et pourtant, c'est tout simplement le meilleur rhum présenté de la soirée !
Quand je disais que c'est parfois les choses "les plus simples" les meilleures, il y avait une raison.
Les arômes dégagés sont d'une finesse et d'une justesse incroyables, tout est hyper bien intégré.
Un plaisir de dégustation total.
Je lui ai mis 9 mais j'aurais pu (et dû) aller plus haut parce qu'il est - pour moi - encore un cran au-dessus du Diplomatico.
Au fait, c'est également le grand gagnant de la soirée avec un très joli 8,59 de moyenne !

Voilà, la dégustation étant définitivement terminée, c'est l'heure du verdict.
Pour faire simple : place du produit, cote entre parenthèse et nom du produit.

Mon classement :
(oui, je commence par le mien parce que je suis un peu égocentrique. En même temps, j'écris un blog sur mes dégustations donc ...)
1. (9) ex-aequo
 Zacapa Reserva Limitida 2015
 Diplomatico Single Vintage 2002
3. (8,8) Rum Nation Panama 21
4. (8,25) Presidente Marti 23
5. (8) ex-aequo
 Millonario XO
 Centenario 25
7. (7) ex-aequo
 Opthimus 25
 Esclavo XO
9. (6,5) Cartavio XO
10. (6) Zacapa XO

La moyenne de la soirée :
1. (8,59) Zacapa Reserva Limitida 2015
2. (8,23) Diplomatico Single Vintage 2002
3. (7,89) Centenario 25
4. (7,633) Presidente Marti 23
5. (7,625) Millonario XO
6. (7,25) Opthimus 25
7. (7,20) Zacapa XO
8. (7,19) Cartavio XO
9. (7,06) Esclavo XO
10. (6,88) Rum Nation Panama 21

A part le Zacapa XO et le Nation Panama, je suis presque bon non ? ;-) :p

Ce fut, encore une fois, une super soirée !
Et l'idée du classement était finalement très fun.

On se revoit bientôt au même endroit pour une spéciale rhum agricole !

A très bientôt !

 
Rhum n' Whisky