jeudi 20 avril 2017

Virée au pays des banquiers et de l'alcool pas cher

Oui, de l'alcool pas cher. Pas en Suisse donc.
Et vu qu'on y est allé en voiture les possibilités commencent à être limitées ...

Arrêtons tout de suite de vous faire languir : le week-end dernier, on a - enfin diront certains - fait notre descente au Grand-Duché de Luxembourg qui était prévue de longue date et avait déjà été maintes fois reportée !

Tout ne se passant fatalement jamais comme prévu, notre fine équipe (oui, on est trois pour rappel : trois qui boivent et un qui alimente le blog. Mais j'y crois, ça va changer ... l'espoir fait vivre :p) s'est finalement retrouvée à deux, les aléas de la vie n'aidant pas.

Soit.

Après avoir fait un petit plein (il me restait 100 bornes au compteur, c'était léger quand même) et récupéré mon co-équipier, direction le GDL.
Initialement, on devait faire Maxi-Vin, Bohey et Massen.
Dimanche oblige c'était fermé chez Maxi-Vin.

Premier arrêt au Centre Bohey. Une grosse station service avec un drink-market aux prix vaguement proche de ce qui se pratique en Belgique voire plus cher que certains endroits où je me fournis.
Next (en tout et pour tout vu qu'on a quand même checker tous les prix on a dû rester moins de dix minutes).
Ayons une pensée compatissante pour le collègue de Pierre qui se fournit là-bas. Vraiment.

Deuxième étape donc et non des moindres :

Shopping Center Massen :

En gros pour le liégeois moyen, c'est une petite galerie Cora et le Massen en question c'est le Cora mais un Cora avec un rayon alcool "boulversifiant" !
Et je ne vous parle même pas des prix qui sont, comment vous expliquer la chose sans m'étendre trop longtemps sur ces tarifs euh ... incroyablement bas ? Oui, on va juste dire incroyablement bas !

A noter que l'on était surtout là pour le whisky car heureux hasard (ou pas, je sais), la date choisie tombait bien :
Massen WF flyer
Un pur hasard je vous dis ...
Bon, je vous préviens tout de suite, je trouve mes notes (parce que oui, qui dit whisky festival dit fatalement dégustation et maintenant ça entraine une prise de notes) limite inexploitables.

Deux raisons à ça :
- non, ce n'était pas des petits verres (enfin si mais pas tant que ça non plus et puis il fallait rentrer aussi) mais on a été un peu vite niveau dégustation (aurait-on été "pressé" par notre surprenant serveur ?) ;
- la concentration était tout sauf maximale et là, ben c'est la faute d'Herman (coucou Herman :-) ), président du Whisky Club Luxembourg, qui nous servait.
Outre le fait que le WCL organise des soupers assez incroyables (allez visiter leur site, vous verrez et, si le cœur vous en dit, affiliez-vous ^^), leur président a son franc-parler bien à lui (avec un léger accent ce qui ajoute un caractère pittoresque à la chose) et on peut dire qu'il balance à tout va (au hasard, on retiendra juste que le Highland Park 12 ans, c'est juste bon avec un sorbet ! ... Là j'en vois déjà qui prépare leurs torches et leurs fourches :p). Ben c'est fun ! Mais moins studieux du coup ...

Sinon on a gouté ça :

Arran 10 ans Cask Strength (Massen) :
Arran 10 ans Cask Strength (Massen)
(c) Blog wallon sur le single malt (j'ai pas trouvé de photo ailleurs)
La robe est paille.

Le nez est relativement doux, débutant sur de fines notes fruitées (agrumes et fruits blancs). De légères touches de vanille confirment le vieillissement en fûts de bourbon.
Niveau rétro-olfaction, il se fait plus épicé.

En bouche, c'est chaud et ça m'a laissé une impression légèrement "biscuitée" (oui, c'est bizarre). Les fruits perçus au nez sont toujours là et c'est dans l'ensembe très bien foutu.

La finale est, comme souvent (toujours ?) pour les bruts de fûts, longue. Elle reste sur ces notes fruitées qui nous ont guidé tout au long de la dégustation avant de voir les épices refaire finalement surface.

Ah ben j'aime bien moi (bon après, Arran, va falloir y aller à mon avis pour en trouver un que je n'aime pas ...).

Glenburgie 21 ans (Signatory Vintage pour les 10 ans de Nectar) :
Glenburgie 21 ans (Signatory Vintage pour les 10 ans de Nectar)
Le canister typique de chez Signatory

D'une couleur or légère, il a l'air plus vif que le précédent (après, juger un alcool à sa couleur, voilà quoi).

Au nez, c'est hyper doux (encore plus que l'Arran) et très (mais très très) fruité, surtout sur les fruits jaunes.

En bouche, retournement de situation : on part directement sur les épices, c'est chaud et - étrangement - assez sucré (oui, la douceur du nez) donnant une impression de légères notes caramélisées (ça ne doit pas être ça mais j'ai rien d'autre comme notes donc voilà).
Les arômes fruités perçus au nez sont toujours là, latents.

La finale est, quant à elle, longue (ça alors), épicée et fruitée.

A nouveau un très chouette produit !

Highland Park 8 ans (Gordon & MacPhail Cask Strength) :
Highland Park 8 ans (Gordon & MacPhail Cask Strangth)
G&M, Cask Strength, ... on est quand même rarement déçu !
Distillé en 2007, embouteillé en 2016 et titrant à 58,8° (comme dirait Herman, il y a 41,2% d'eau, le reste ce n'est que de l'alcool), il présente une couleur paille.

Le nez est typiquement Highland Park : miel de bruyère et légères notes de tourbe/fumée.
Derrière tout ça, il y a - une nouvelle fois - un peu de fruits.
Pour le surplus, il faudra attendre une prochaine dégust' (Pierre ayant acheté une bouteille, tout comme le Glenburgie, on pourra se repencher dessus à tête reposée. Voilà qu'il commence les IB maintenant : je l'ai corrompu !) parce que là c'est léger ...

En bouche, comment dire ... il enterre très clairement le 12 ans embouteillage officiel et c'est peu de le dire !
A la fois doux (les notes miellées dont question ci-dessus) et légèrement tourbé, les arômes perçus se retrouvent en bouche de façon hyper maitrisée.
Les épices arrivent par la suite pour amener un peu de peps à l'ensemble.
Il a vraiment un truc en plus de l'embouteillage officiel que je n'ai pas su déterminer mais qui - selon moi - fait toute la différence. 

La finale est longue (ah bon ?) et malgré les notes fumées typiques, arrive à conserver cette douceur qui nous aura suivi du début à la fin.

GlenDronach Single Cask 2004 Port Puncheon (Whisky Club Luxembourg) :
GlenDronach Single Cask 2004 Port Puncheon (Whisky Club Luxembourg) :
(c) Blog wallon sur le single malt (même remarque)
Un embouteillage spécial pour le WCL ? Ben oui, Herman a un sacré bon goût !

La robe est ambre à reflets dorés.

Au nez, les épices douces font rapidement place aux fruits secs et aux fruits frais (fruits rouges et noirs), à la limite compotés.
C'est rond et hyper bien fait. Ca donne vraiment envie d'aller plus loin dans la dégustation.

La bouche explose sur les fruits (toujours ces fruits rouges et noirs et ces quelques fruits secs) avec quelques épices amenant juste le peps qu'il faut (y aurait-il une très légère touche mentholée ?).
Et c'est doux et très porto. Clairement. Il a aussi cet aspect vineux on ne peut plus sympathique.
Juste wow quoi.

La finale est longue, longue, longue (aurais-je oublié de dire qu'il s'agit à nouveau d'un brut de fût titrant aux environs de 55° ?), restant sur cette douceur initialement perçue . Les épices sont ici plus discrètes.

Génial. Très clairement génial.

Bah finalement, les notes de dégustation, ça aurait pu être pire non ? ;-)

Vous ai-je dit que je n'avais choisi aucun des produits dégustés ?
On s'est laissé guidé par notre "hôte" et il faut bien reconnaître qu'il a fait une superbe sélection !
Ah si, Pierre a goûté le Big Peat embouteillé pour Massen : ça avait l'air plus fruité que la version originale ;-)
Personnellement, j'aurai bien goûté autre chose mais c'est moi qui conduisais ...

Après nos achats (non mais sérieux, à ce prix là, on ne pouvait pas ne rien ramener : à bouteilles égales, j'ai gagné plus ou moins 100 euros (!) sur trois bouteilles par rapport aux prix pratiqués chez nous. Pour ne rien gâcher j'ai - en plus - bien mangé à pas cher du tout et j'ai fait le plein de la voiture, toujours à pas cher), on est vite passé chez Knauf.

C'est le même concept que Massen en fait : galerie avec à l'intérieur un Delhaize au rayon alcool assez stupéfiant qui possède certains produits qu'il n'y a pas chez Massen (pas nécessairement en whisky hein) à des prix toujours ahurissant de bassesse (oui ça fait bizarre dit comme ça mais bon).
Bon, on avait flingué le budget donc on ne s'est pas éternisé non plus et on est rentré.

Nos futurs points de chute sont toutefois tout trouvés :-D

Alors je sais, niveau note de dégustation, j'ai déjà fait (beaucoup) mieux (vous étiez prévenu) mais comme j'avais envie de vous en parler et que - jusqu'à preuve du contraire - j'écris encore ce que je veux ^^ - ben voilà (et estimez vous heureux que je ne vous raconte pas mes vacances :p).

J'ai deux-trois dégustations plus ébauchées sous le coude, il faudra juste que je trouve le temps d'écrire tout ça.
Et puis vendredi c'est Whisky Discovery chez Hesby-Drink (quand vous lirez ça, ça sera peut être déjà passé mais ça a le mérite de spoiler le prochain billet).


Rhum n' Whisky

vendredi 7 avril 2017

Triplette de Saint James

Saint James ...
Saint James
Le "problème" quand on habite en Belgique (oui, pour ceux que ça perturbe, jetez un coup d'œil au rayon rhum des grandes surfaces françaises, vous comprendrez ...) et qu'on ne fréquente pas les cavistes, ben Saint James, ça semble se limiter à ça :
Saint-James - base
Et encore, si on a ceux des extrémités, on est chanceux ...
Et c'est clairement pas ce qu'on peut trouver de meilleur.
Donc déjà quand tu commences à t'intéresser au rhum, tu as des a priori moyennement positifs sur les produits de cette distillerie.

Après, tu fouilles un peu et tu découvres que la gamme est bien plus vaste (ben oui, sors des grandes surfaces enfin) et que Saint James c'est aussi plus de 250 ans d'histoire "rhumaine" (on remonte à 1765).
Dans les années 1880, on en arrive à la bouteille "carrée" connue de tous (oui, celle des grandes surfaces mais pas que).
Pourquoi une forme si bizarre ? Tout simplement pour une raison pratique qui visait à limiter la casse lors des transports en mer.

Personnellement, ça fait déjà quelques temps que je souhaite découvrir leur gamme de vieux "de base", soit les 7, 12 et 15 ans.
Le Rhum Discovery m'a permis de faire une provision de samples au rang desquels figuraient ces derniers (bon, après, la quantité des samples, enfin, vous savez quoi. Les photos parleront d'elles même ^^).

Place donc à la découverte et à la dégustation desdits produits :

Saint James 7 ans :

Saint-James 7 ans     Saint-James 7 ans
Et c'est le plus rempli des trois hein ...

Sa robe est orangée à reflets dorés.

Le nez parait initialement boisé et épicé. Le côté épicé s'adoucit avec le temps et l'ouverture laisse les fruits secs/à coques s'exprimer. On peut même dire qu'ils deviennent dominants.
On y relève également quelques touches végétales et "herbacées" (un peu de réglisse en rétro-olfaction ?).

En bouche, c'est toujours boisé mais pas que : de légères notes de café torréfié, quelques épices et une certaine douceur (je lis "moka" à gauche, à droite. Pourquoi pas mais ça ne m'a pas frappé plus que ça) agrémentent le tout.

Pour la finale, le site de la distillerie nous dit "longue et chaleureuse" ... Longue, ça oui, aucun doute mais chaleureuse ? Bon, pour moi, un endroit peut être chaleureux mais un alcool ça me laisse sceptique ;-)
Donc c'est effectivement long, toujours sur les fruits à coques, avec un alcool présent tout du long qui se sent mais qui ne brûle ni ne pique.
Et pour faire plaisir aux gens de chez Saint-James, on va dire qu'il y a un peu de moka sur la longueur (on retrouve effectivement derrière tout ça cette douceur agréable décelée en bouche).

Le verre, une fois vide, se fait beaucoup plus fruité.

Pour moi, le nez - après aération - est ce qu'il y a de plus intéressant dans ce produit.
On pourra conclure en disant que vu le prix (moins de 50 euros), c'est pas mal du tout (bon c'est pas super à mon goût non plus et c'est loin d'être mon agricole préféré mais intrinsèquement, quand on tient compte de tous les paramètres, c'est pas mal).
Sinon un rhum de 7 ans d'âge à moins de 50 euros, comment est-ce possible ? Ben, au vu des quantités produites par la distillerie, ça explique bien des choses.

Saint James 12 ans :

Saint-James 12 ans     Saint-James 12 ans
Ca y est, la quantité commence à baisser ...

Outre le fait que le rapport qualité/prix soit - à nouveau - plus que concurrentiel, il nous raconte quoi celui-ci ?

Même s'il y en a de moins en moins dans le verre, on peut y voir une couleur orangée à reflets cuivrés ainsi qu'un léger disque verdâtre en surface.
Pour ceux qui l'auraient remarqué et qui se posent la question, le reflet rose, c'est le biberon de ma fille qui est en train de sécher :p
Aucune barbe-à-papa n'a été ajouté à ce rhum. Promis.

Le nez est bien plus rond et fruité que le 7 ans (oui, c'est magique, plus ça vieillit et moins c'est boisé ^^).
Alors oui, les notes boisées sont toujours là mais de manière bien moins intense.
Pour les notes fruitées, c'est assez perturbant : on a l'impression de plus partir sur un alcool de fruits (par exemple du Kirsch ... Attention ça n'a rien à voir, c'est juste la première eau-de-vie de fruit qui m'est venue à l'esprit. Pour l'exemple quoi, rassurez-vous) finement boisé.
Niveau rétro-olfaction, on est toujours sur ces notes torréfiées repérées dans le 7 ans.

La bouche nous prend par surprise parce que c'est bien plus sec que ce que le nez ne laissait entrevoir, surtout au niveau des épices. J'ai lu pas mal de retour et plusieurs penchent pour la muscade. C'est pas faux. Comment ça "Qu'est-ce que je n'ai pas compris" ?
Après les notes fruitées du nez sont toujours là et c'est toujours aussi particulier. Comme ça je dirais pruneaux (ce qui semble être le cas quand on se réfère aux notes de la distillerie) mais j'aimerais quand même y regoûter (pour être sûr quoi ^^).

La finale est bien plus fine (dans le sens "subtile") que pour le 7 ans : elle est longue, légèrement épicée, finement boisée et a ce fruité bien foutu qui est présent depuis le début de la dégustation qui englobe le tout.

Le verre vide restera sur ces notes de pruneaux très agréables avec un peu de vanille et de boisé.
...
Jamais je n'aurais cru écrire ça un jour parce que l'air de rien le pruneau, tu l'imagines surtout avec un lapin. Et personnellement j'ai toujours trouvé cruel de faire subir les pires outrages à un lapin mort et cuit en le balançant dans une sauce aux pruneaux.

Ah ben comparé au produit précédant, c'est beaucoup mieux !
J'aime particulièrement bien (après certains le trouveront sans doute "trop" fruité).

Saint James 15 ans :

Le haut du panier donc et, ce qui ne gâche rien, à un prix toujours imbattable (jeter un coup d'œil sur les Clément et JM de cet âge pour vous faire une idée) : on est à +/- 80 euros.
Saint-James 12 ans    

Alors, non, je n'ai pas fait des photos du même verre tout le long de la dégustation : ce sont les samples qui étaient de plus en plus rikiki ...

C'est celui que je me réjouissais le plus de goûter. Bon ben ça risque d'être assez bref.

La couleur est sensiblement la même que le 12 ans. Peut-être légèrement plus intense (mais vu la quantité de liquide, c'est difficile à dire).
Le disque se fait par contre lui plus visible.

Au nez, et bien tout de suite, j'aime mieux : c'est plus boisé que le 12 ans mais moins que le 7 ans, il y a toujours des fruits mais plus du pruneau (il a toutefois toujours ces notes typiques d'alcool de fruits très agréables).
C'est le premier des trois où on sent la canne fraîche. Certes c'est léger mais c'est là.
Avec le temps, les notes typées d'alcool de fruits se calment et on arrive plutôt sur les agrumes (orange principalement) : c'en est encore plus sympa.
L'aspect boisé du produit s'adoucit également avec le temps et une légère touche de vanille apparait.
A noter que j'ai lu pas mal de retour où on nous annonce du champignon. Personnellement, même si c'est étrange, sur le clairin Casimir, la truffe je l'ai senti. Par contre ici, ... A la limite au niveau de la rétro-olfaction où les arômes dégagés font plus végétal, plus "sous-bois" (mais quand même, champignon ? ...).

En bouche, c'est bien foutu mais vraiment hein !
C'est relativement doux, sur les fruits et je dirais même qu'on y trouve l'une ou l'autre touches sucrées/caramélisées.
Une petite note mentholée vient donner encore plus de peps à la chose et relève agréablement le tout.
Quelques épices, relativement discrètes sont également présentes.

La finale est très trèèèès longue, relativement douce avec - accrochez-vous - un petit quelque chose de plus végétal (sous-bois es-tu là ? Ils sont finalement peut être là les champis !).

Le verre vide était plus discret (après y en avait pas beaucoup dedans non plus).

Vu la quantité dans le verre, les notes pour le nez sont les plus importantes mais le reste est vraiment très bien aussi avec un gros plus pour la bouche où tout fonctionne parfaitement.

Conclusion ?

- le 7 ans : il se classe bon dernier quand on le compare aux deux autres et, vu ce qu'il me reste à découvrir, sera donc à oublier (n'empêche, vu le prix, si ça vous botte, lancez vous) ;
- le 12 ans : déjà un gros cran au-dessus, il fait peut-être trop alcool de fruits. Il n'en reste pas moins qu'il est super agréable à boire ;
- le 15 ans : une bouche monstrueuse (et pourtant je n'en avais pas beaucoup dans le verre) et une finale super agréable pour un nez plus "passe-partout" mais hyper bien maitrisé. Le grand vainqueur.

Donc, oui, je trouve que le 15 ans surclasse sans forcer les deux autres. Après, si vous voulez m'offrir le 12 ans, j'en ferai bien mon week-end, pas d'inquiétude ;-)

Finalement, je vais me repencher sur le Quintessence que j'avais trouvé très (trop ?) boisé à l'époque et m'attaquer à mon sample de single cask 1998 (celui-là, je dois dire qu'il me fait bien envie).


Rhum n' Whisky

dimanche 2 avril 2017

Rhum Discovery 2017

Oui, parfois, y a pas de jeu de mots. Désolé. Et puis il claque le titre non ?
Soit.
Ce vendredi 24 mars, c'était donc la soirée (de 19h30' à 22h30') Rhum Discovery chez Hesby-Drink :
flyer
Et dire qu'on voulait me proposer le bal du printemps du notariat à la place... J'pouvais pas, j'avais Rhum Discovery !
Hesby-Drink ... Gné ?
Pour faire simple, il s'agit du "drink-center" de chez Makart (spécialiste boissons dans l'Horeca, bien connu en région liégeoise mais pas que) accessible à tous.
On y trouve des softs (plein), de la bière (plein aussi), du vin et des bulles (plein, encore) et de l'alcool (rhum, whisky, tequila, cognac, armagnac, vodka, gin, ...), le tout généralement à des prix plus qu'intéressant.
Et en cherchant bien (et en passant au bon moment, aussi oui), il y a moyen de trouver quelques pépites.
En un mot comme en cent : foncez ! (mais si possible après moi si on est intéressé par la même chose ...)


Hesby-Drink Loncin
Là où ce que ça se passait

Maintenant que l'on sait où on est, si on parlait un peu de l'évènement ?
Il s'agit - tout simplement - d'une soirée dégustation où était présentes 51 marques différentes pour un peu plus de 100 rhums présentés.
Et là, logiquement, y en a qui doivent se dire : "Tout ça en trois petites heures ?!!?"
Euh, ... oui ^^

Niveau organisation :
- je suis arrivé avant tout le monde, ai récupéré mon verre et mes jetons et suis parti en repérage (même si je savais déjà ce que j'allais gouter) avant de gentiment venir me remettre dans la file histoire de ne pas faire jaser :p ;
- deux espaces dégustations (cave à vin au sous-sol et réserve/arrière-boutique au rez-de-chaussée) et un petit coin burger à l'extérieur ;
- comme de règle dans ce type d'évènement, il y avait de l'eau en suffisance un peu partout et des trucs à grignoter (bon j'ai fait l'impasse mais l'idée est sympa) ;
- places limitées à 150 personnes. Ca peut sembler peu mais en comptant les représentants et tous les membres de l'organisation autour ça fait déjà du monde. Et puis, surtout, c'est pas extensible non plus comme endroit hein. Du coup, je me dis que 150 c'est un bon chiffre (quoiqu'il arrive, il n'en faut pas plus).

Avant de passer aux découvertes du soir, parlons de ce qui était chouette et de ce qui ne l'était pas.
Comme je suis un emmerdeur fini, on va commencer par ce que j'ai trouvé "moins bien" (parce que je peux finir sur les trucs positifs comme ça et c'est plus gai non ?) :
- 100 produits, certes mais pas mal de tout venant (après y a Discovery aussi dans le nom du truc hein, c'était pas écrit Perfectionnement) ou entrée de gamme (une bonne partie des agricoles, les El Dorado, ...) ;
- les quantités servies. Bon là c'était clair, c'était à discrétion du gars derrière la table, on aurait donc probablement pas 2cl (en même temps, on pouvait s'en douter, il n'y avait pas de repère sur le verre). Qu'il y ait peut-être eu des abus l'année dernière (sais pas j'étais pas là), ok, qu'il ne faille pas saouler les gens qui doivent rentrer, ok, ... Mais sérieux les gars, les gens qui viennent vraiment pour déguster (et on était plusieurs) et pas pour se mettre une murge (et, malheureusement, ils étaient plusieurs aussi ...), on pourrait leur verser un chouia plus qu'un demi cl... (dans le verre ou dans le sample hein).  C'est moyen pour les notes de dégustations quand même :p
Voilà c'est tout.

Les points positifs maintenant :
- ben, comme au-dessus : du tout venant.
"Quoi ? Mais tu viens de dire que c'était nul !"
Ben oui mais tout dépend du point de vue : celui qui n'y connait rien en rhum pourra découvrir les produits de base lui permettant de se faire son palais.
Et moi j'ai pu combler certaines lacunes aussi ^^ ;
- le listing des produits à la dégustation disponible avant l'évènement : ça permet de présélectionner ce que tu vas gouter (gain de temps tout ça tout ça). Après ça serait top de l'avoir avant la mise en vente des places mais bon, arrêtons d'être difficile ;
- quelques petites perles tout de même (payantes mais bon, c'est logique aussi) : les derniers Demerara en date de chez Nectar, deux-trois Clément et JM de compétitions ;
- j'y ai trouvé des trucs que je voulais tester depuis pas mal de temps (deux rhums équatoriens au nom imprononçable, la gamme 7-12-15 ans de chez Saint-James, ...) ;
- tu commences fatalement à croiser des gens que tu connais (coucou Marc, Francis, Pascal, Salva, Christophe, Gaëtan et ceux que j'aurais oublié) et, ce qui ne gâche rien, qui apprécient les bons produits : du coup, tu peux échanger tes ressentis et c'est chouette ;
- tu commences fatalement à connaître quelques exposants (mention spéciale pour Fred Muller et au Monsieur bien sympathique qui tenait le stand Longueteau et chez qui je m'arrête à chaque salon ... quand il est là mais dont j'ai oublié le nom ...) ;
- je suis reparti avec des samples :-) Parce que y a des trucs qui méritent que l'on prennent le temps de se poser pour les déguster (les deux Nectar par exemple), que je souhaitais découvrir au calme ou que je n'ai tout simplement pas eu le temps de goûter.
D'ailleurs un grand merci à Fred (encore lui) et au gentil Monsieur du stand Clément/JM, mes flacons sont top niveau contenu (oui, les autres étaient - comme pour les verres - un peu rats niveau quantité).
Spéciale dédicace aussi au brave homme qui tenait le stand Saint-James/Bally/Rivière du Mat qui m'a demandé ce que je comptais faire de mes samples une fois remplis ... A part les boire calmement à la maison pour vous envoyer une note de dégust', je ne voyais pas trop... Les revendre, vu la quantité servie, ça n'allait pas le faire et me doucher au Saint-James ben voilà quoi :'-D

Donc samples il y a eu ? :
samples
Dans le mille, samples il y a eu (si toi aussi, tu vois là un jeu de mot à la c** et que tu as ri, auto-congratules toi, tu as atteint mon niveau de bêtise :p)
On reparlera donc une autre fois de ce qu'il y a dans ces petits flacons :
- Nectar Diamond 16 ans et Uitvlugt 18 ans
- Clément XO, cuvée Homère et 15 ans
- JM XO et 1845 (ça sent le comparatif JM/Clément tout ça si on prend en compte les réserves à la cave)
- Millonario 10 ans
- Pichincha et Cotopaxi
- Mombacho 12 ans Sauternes (bon, sur ce coup là, j'ai peut-être bien foiré, quelqu'un dont je tairais le nom m'a dit un truc du genre : "un nez sur l'eau de cologne et un goût d'alcool à brûler" ... voilà voilà ...)
- Rivière du Mat XO et 2004
- Saint-James 7-12-15 ans (ah, ça sent la dégustation croisée aussi ça).

Ah oui sinon, j'ai goûté tout ça :
(oui, en trois heures mais en même temps, à concurrence de parfois 0,5cl dans le verre ... je sais, je me cherche des excuses ...)

Remarque d'ordre pratique :
Certains retours risquent d'être assez bref et moyennement précis eu égard à la quantité de liquide versée dans mon verre. Désolé. Même avec la meilleure volonté du monde, j'aurais pas pu faire mieux.
Et comme d'hab', niveau couleur, vu les éclairages variables, ben voilà quoi.

Zafra 21 :

Zafra 21
Le packaging met pourtant en confiance ...
Commençons gentiment la soirée (c'est le cas de le dire vu la quantité versée dans mon verre :p) avec une douceur (logiquement) nous venant du Panama (qui a dit Abuelo ?) et arborant fièrement un gros "21" sur son étiquette.
Bon très clairement, c'est un vieillissement en Solera donc on sera loin, très loin des 21 ans annoncés hein, ne vous faites pas d'illusions.

Après ça peut quand même être sympa donc lançons nous :

La couleur est d'un bel ambre orangé à reflets dorés qui invite sans conteste à la dégustation.

Le nez est - sans surprises - relativement doux : caramel, vanille et ... fruits secs, noix en tête pour amener un petit plus à l'ensemble.

En bouche, l'alcool se fait plus présent mais on nage toujours dans les notes "sucrés" perçues au nez.
On y retrouve toutefois un peu plus d'épices, cannelle et vanille en tête.
Une nouvelle fois, les fruits secs font leur retour mais c'est plus léger.

La finale m'a initialement semblée assez courte, sur les mêmes arômes que la bouche mais s'est finalement (oui, c'est le cas de le dire) faite plus surprenante avec une légère touche fumée et l'arrivée de quelques notes végétales.

Relativement déçu, surtout eu égard au prix de la chose.
Après, il n'est pas inintéressant non plus.
Il faudrait envisager de regoûter tout ça avec une quantité somme toute plus "normale", on ne sait jamais.


Dzama 1998 - 10 ans :

Direction Madagascar (Nosy-Be plus précisément) avec le rhum Dzama (diminutif de Dzamandzar, endroit où est produit le rhum).
Bon très clairement, j'en avais déjà goûté (le coffret "prestige" en imitation croco/cuir noir un peu moche) et ça m'avait fait un effet très (trop) vanille.
Bon joueur, j'ai laissé sa chance à cette version-ci :
Dzama 1998 - 10 ans
Une bouteille pour le moins originale !
Niveau couleur, pareil : ambre à reflets dorés (après c'est peut être l'éclairage de la pièce qui veut ça).

Au nez, moi qui m'attendais un ramassis de vanille, j'ai été surpris ! De la vanille, il y en avait mais pas que : j'ai trouvé ça relativement épicé (sans mettre de nom sur lesdites épices), légèrement vanillé donc, assez doux sur le caramel.
Quelques fruits (dates, bananes ?) et des notes de bois mouillées se développent au fur et à mesure.

La bouche m'a elle aussi surpris (c'est le mot de la dégustation en fait) : les notes épicées se font encore plus présentes (limite tendant vers le poivre) pour couvrir cette douceur perçue au nez.
Des notes mentholées rafraichissantes font leur apparition et quand on pense avoir fait le tour, arrive ce petit goût de tabac surprenant.

La finale semble d'abord douce et sucrée avant de devenir bien plus sèche et épicée.

Finalement, j'ai bien fait de tester un autre produit de leur gamme parce que j'ai été très agréablement surpris, si, si !
A réessayer, sans aucun doute !


Rum Nation - Barbados 10 ans :

Aaah, Rum Nation. On en a déjà goûté pas mal l'air de rien (mais si, voyez le listing, il a été fait pour ça ^^) et on en a parlé un peu plus longuement ici.
Donc je vous montre une photo de la bête et on passe directement à la dégustation !
Rum Nation - Barbados 10 ans
Le packaging Nation, immédiatement reconnaissable !
Sinon, il semblerait qu'il s'agisse d'un Foursquare ayant subi une finition en fût de Xerez.

La robe est dorée.

Au nez, ça m'a semblé très coco avec une impression alcooleuse assez présente (ce qui n'est d'habitude pas le cas chez Rum Nation).
Et puis ça a évolué très rapidement vers un nez plein d'agrumes avec des notes citronnées en veux tu en voila !

En bouche, après un léger retour sur la coco, on repart sur les épices (cannelle, poivre, réglisse) avec quelques notes citronnées et fruitées.

La finale, moyenne, fait la part belle à une touche fumée assez inattendue qui vient contrebalancer les épices présentes en bouche.

Sympa, comme souvent chez Rum Nation.

Rum Nation - Demerara Solera n° 14 :

... même remarque que pour le précédant en fait : direction la dégustation !
Rum Nation - Demerara Solera n° 14
Si, si, immédiatement reconnaissable !
Ah, on fonce, une belle couleur ambre à reflets orangés garnit le verre. Engageant.

Au nez, ben, déjà, j'aime beaucoup mieux ! Ca me parle bien plus que les précédents.
On est clairement face à la douceur typique du Demerara : un sucré (sucre brun donc) hyper maitrisé et pas écœurant.
On part sur les fruits frais (prunes, fruits rouges, ...) avant d'évoluer vers les fruits plus secs puis ... vers les agrumes ?!
Enfin, tout un tas d'épices sont là, derrière tout ça.

En bouche, après cette douceur, on nous rappelle qu'on boit de l'alcool (qui se sent plus donc mais sans que ça soit dérangeant hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit).
Et là, on y retrouve des arômes de Xerez (qui a dit finition ?) et, logiquement, des notes de sucre roux, quelques épices, un peu de fruit et - surtout - une légère touche fumée relativement agréable.

La finale est moyennement longue, toujours sur ces notes sucrées bien maitrisés, ces légères touches de tabac et les quelques épices qui viennent rehausser le tout.

Vraiment très très chouette. Et vu le prix, il n'y a pas à hésiter.

Longueteau - Sélection parcellaire numéro 1 :

Le parcellaire numéro 1, depuis le temps que j'en entends parler, je me faisais une joie de le goûter !
Il s'agit toujours de cannes rouges, issues cette fois d'une parcelle relativement ensoleillée et peu humide.
Longueteau - Sélection parcellaire numéro 1
Ici aussi on sait d'où ça vient :-)
Sans surprise la couleur est tout simplement absente (est-ce bien étonnant ?).

Par contre, arrivé au nez, là ça ne passe plus inaperçu du tout. Bien que l'on soit en plein sur la canne, le produit est clairement différent du parcellaire numéro 9 (tant mieux pour nous mais pas pour notre portefeuille ...) : les notes de canne, très végétales sont donc là mais derrière on retrouve des notes salines et marines assez surprenantes et très agréables.

La bouche reste clairement sur la canne fraîche. Un truc monstrueux.
L'alcool se fait plus puissant mais est extrêmement bien intégré.
Et on a toujours ce petit côté salin qui vient relever le tout de manière très fine.

La finale ne vient pas changer pas une équipe qui gagne : canne, notes salines et marines, très longue avec un petit quelque chose de fruité sur les agrumes qui vient couronner le tout.

Très clairement LE gros coup de cœur de la soirée (bon, après y a des trucs qui - j'en suis sûr - sont exceptionnels mais que j'ai repris en samples donc voilà).
Vivement la sortie du parcellaire numéro 4 (cannes bleues cette fois) afin de pouvoir continuer à comparer ces magnifiques produits !

Bonpland :

Embouteilleur indépendant allemand arrivé récemment de part chez nous, Bonpland me perturbe depuis que j'ai vu ses bouteilles en dégustation au Salon du Rhum. Je devrais plutôt dire "le prix de ses bouteilles" parce que oui, ça tape sévère dans le portefeuille dites donc ! Faut quand même avoir une sacrée paire de cojones pour balancer de nouveaux produits totalement inconnus à de tels tarifs sans avoir fait aucune preuve (ou être sûr de son coup) ...
Ce qui fait que jusqu'à présent je n'avais jamais goûté.

Le hasard faisant bien les choses, il y a eu un regroupement de quelques personnes à ce moment là autour de Salva qui avait pris un verre de Bonpland Trinidad 16 ans (pour info, on est déjà à plus de 135 € la bouteille) et qui n'a pas apprécié la chose plus que ça. Il a donc fait tourné son verre. Merci M'sieur ! :-)
Deux conclusions :
- la première, que tout le monde connait : quand c'est écrit juste "Trinidad" ben c'est pas Caroni (sinon tu ne manques pas de l'indiquer et tu vends tes bouteilles bien plus cher) ;
- ben pour le prix, je prends de l'Angostura (et je ne suis pas plus fan que ça pourtant). Certes c'est un rien plus énergique mais c'est très franchement surévalué.
Et je ne suis pas le seul à avoir trouvé ça moyen-moyen...

Bon après, ils ont deux entrées de gamme, les VSOP blancs et rouges, deux blends à fortes influences caribéennes vieillies en fûts de vin allemand (déjà faut aimer :p).
C'est Fred qui faisait le service là-bas à ce moment là donc je lui ai demandé si ça valait le coup.
Bref, suivant ses conseils, je me suis dirigé vers le Cadenhead (vous en tirez les conclusions que vous voulez hein)...

Allez, je vous mets quand même une photo d'une de leurs bouteilles (le design étant le même pour quasi toutes les bouteilles, on se fiche de ce qu'il y a écrit dessus) :
Bonpland
Quand on parlait du Trinidad ...

Cadenhead Classic Rum :

Tout simplement le plus ancien embouteilleur indépendant écossais (mondial ?) vu que la création de la société WM Cadenhead's remonte à 1842.
Respect.
D'abord et surtout présent dans le monde du whisky, la société s'est peu à peu (comme souvent) intéressée au monde du rhum.
Ce qui est bien ici, c'est que le produit est non-filtré à froid, embouteillé à sa couleur naturelle et à un joli 50°.
Alors le packaging est peut être moins beau que celui de chez Bonpland (quoique moi j'aime bien aussi quand c'est sobre) mais c'est aussi moins cher (beaucoup) et ça vaut vraiment la peine :
Cadenhead Classic Rum
Sobriété ...
On est donc sur un blend des Caraïbes de l'ordre de 8 ans d'âge présentant une couleur ambre à reflets dorés.

Le nez s'ouvre sur quelques touches de solvant (Jamaïque ?) avant de laisser place à un peu de coco et aux épices douces (vanille en tête).
Niveau rétro-olfaction, on part sur quelque chose de plus boisé.

La bouche est plus sur la coco et la vanille tout en présentant des notes assez sèches : on peut y trouver des arômes de tabac assez prononcés.
Enfin, c'est beaucoup plus épicé (outre la vanille, le poivre et la cannelle se font leur place dans ce beau mélange).

La finale, chaude, est moyennement longue. Tout est restant sur les épices, elle s'adoucit avec le temps.

Pour une raison que j'ignore, Cadenhead, ça ne m'a jamais tenté. Il va falloir revoir mon opinion parce que c'est un très chouette produit (et il parait qu'ils font de très bons whiskies aussi ^^).

Compagnie des Indes - Jamaica 5 ans Navy Strength :

Jeune embouteilleur indépendant français (2014, c'est récent quand même non ?), Compagnie des Indes est dirigée par le sympathique Florant Beuchet dont on a déjà parlé à plusieurs reprises (enfin, de ses produits surtout). Mais si voyons, checker le listing :-D
En général, j'aime bien (bon, je suis loin d'avoir tout goûter mais j'ai des samples à la maison dont un Hampden 24 ans qui me fait de l'œil).
Ce qu'il y a  de biens avec CDI (parce que je trouve ça bien moi comme diminutif) c'est que - du moins pour les singles casks, et ils sont Légion - tout est écrit sur l'étiquette, ça change des trucs intraçables : nom de la distillerie, date de distillation, date d'embouteillage, numéro du fût, ...
Ajoutez à ça l'absence d'ajout (sucre, caramel, additif, colorant) et la mention de l'âge minimum du rhum composant les blends et vous obtenez une entreprise transparente comme je les aime !
Compagnie des Indes - Jamaica 5 ans Navy Strength
Eux aussi, on les reconnaît de loin !

Et sinon, le produit dégusté, c'est quoi ?
C'est un blend (y a de l'Hampden, du MonyMusk, du Worthy Park et du Long Pond visiblement) embouteillé à 57°.
On s'accroche donc !

La robe présente une couleur "or léger" ou "paille intense" (ou, plus prosaïquement, Laurent style, "une belle couleur de pisse en fait" amis du bon goût ... :p).

Au nez, 57° oui mais ... non en fait : l'alcool est là mais ne brûle pas les narines.
On sent de suite qu'on est en Jamaïque, c'est sûr, on y retrouve ces notes de solvant et de fruits très murs caractéristiques (surtout les fruits exotiques bien mûrs en fait).
Après, il y a cette touche très "Compagnie des Indes" que l'on retrouve dans pas mal de leur produit (tous ?) immédiatement reconnaissable. Ceux qui en ont déjà goûté plusieurs pourront vous le confirmer. Il faut accrocher c'est tout. Moi j'aime bien.
Niveau rétro-olfaction et bien ... c'est fumé ! Oui, oui.

En bouche, et bien, tout de suite, c'est beaucoup plus jamaïcain ! Reggae time !
Des fruits exotiques en plein (et des biens mûrs hein, comme au nez) et des notes de solvant.
En plus c'est puissant : là on les sent les 57 watts !
J'aime bien. Plus que le nez !

La finale, longue et chaude est toujours sur ces arômes intensément fruités et décapants.

Un beau blend typiquement jamaïcain finalement (avec juste un petit moins pour le nez).


Compagnie des Indes - Belize Travellers 11 ans 66,2° :

66,2° ... Ca tape hein ?
Compagnie des Indes - Belize Travellers 11 ans 66,2°
La boite reste, la bouteille aussi. L'étiquette change !
Bon, il raconte quoi ce petit Bélize ?

La couleur est ambre à reflets orangés.

Le nez s'ouvre sur la coco et est initialement alcooleux (en même temps, vu le voltage ...).
Ca évolue ensuite sur la douceur sans toutefois être trop sucré : on part plus sur des notes pâtissières avec quelques épices douces (vanille principalement).

En bouche, il donne l'impression de sévaporer de suie.
On y retrouve la coco, quelques fruits, de l'amande douce et, enfin, de fines épices qui amènent du peps à l'ensemble.

La finale est fatalement longue, chaude et sur la vanille. Du moins je crois. A ma décharge, j'ai beaucoup parlé pendant cette dégustation :p

C'est bien foutu mais à choisir, je prends le blend jamaïcain.

Summum 12 ans Sauternes :

Ah, un rhum dominicain qui n'est pas un Oliver & Oliver (rassurez-vous, il y en a d'autres qui n'ont aucun rapport avec O&O, Brugal et Barcelo par exemple).
Je n'ai pas beaucoup d'autres infos, comme ça, là tout de suite et - de vous à moi - j'ai un peu la flemme d'en chercher donc ... ;-)

Bref, j'ai gouté ça :
Summum 12 ans Sauternes
Arrangé frangipane olé olé ^^
La robe est d'une jolie couleur paille.

Après, du rhum dominicain fini en fût de Sauternes ben on s'attend à quelque chose de relativement doux.
Quid donc ?

Et bien oui, c'est doux mais pas comme vous l'imaginez (du moins moi je ne l'imaginais pas comme ça) : le nez part de suite sur des notes de frangipane (si, si !!) et de fruits cuits.
Bon, si je voulais faire plus subtile, je dirais qu'il est sur les amandes et la marmelade d'orange mais je me fiche de passer pour une bille : il est clairement sur la frangipane je vous dis ! :-D

La bouche, quant à elle, commence à nous balancer les notes d'orange perçues au nez avant de laisser place à des arômes plus pâtissiers.
... Oui, on revient sur la frangipane !

La finale est brève mais la sensation de sucrosité s'accroche longtemps.

Et bien voilà, j'ai découvert le "rhum-frangipane" ! Allô, Cédric Brément ? Je tiens un concept là :p

Conclusion ? Plus que surprenant, vraiment. Je citerai volontiers mon sympathique exposant qui répétait à qui voulait l'entendre que "Si on le fait goûter à Madame, il faut le mettre dans l'armoire, fermée à clé ! Sinon, elle risque de le vider avec ses amies !"
Bien qu'il s'agisse d'une réflexion un brin sexiste (... :p), je dois dire qu'il n'avait pas complètement tort : c'est peut être bien le seul rhum (si on peut encore appeler ça comme ça quand ça a ce goût là) que mon épouse pourrait apprécier !
Sinon ce n'est pas désagréable hein, juste un peu écœurant (et je n'en ai pas bu beaucoup, c'est dire).


Cihuatan 8 ans :

Le premier (et, jusqu'à présent, seul) rhum du Salvador.
Pour situer la chose, l'idée de produire du rhum là-bas arrive en 2002.
En 2003, ça y est, il sort de l'alambic et est mis à vieillir en 2004 dans des fûts de bourbon.
8 ans plus tard, soit en 2012, les premiers embouteillages arrivent (il s'agirait donc d'un vrai huit ans) !
Enfin, 2016 sera l'année de l'export.
L'air de rien, les gars ont eu de la patience !
Pour info, une version "12 ans" est annoncée.
Cihuatan 8 ans
Ben ici, j'ai rien à dire en fait ...
Ca a de quoi intriguer même si on imagine fatalement quelque chose d'assez doux.
Alors erreur ou pas ?

La couleur est ambre à reflets orangés.

Le nez est, comme je m'y attendais, relativement doux : on part sur le caramel mais on retrouve derrière quelque chose de surprenant et assez rafraichissant que je n'ai pas identifié. La vanille arrive par la suite.

La bouche prend le contrepied du nez !
On part sur des notes plus végétales (limite mentholées) et épicées. La caramel et la vanille sont toujours là mais ce n'est pas ce qui domine, loin de là.
Quelques touches boisées et des arômes de tabac viennent rendre l'ensemble plus sec et plus percutant.
Et bien, c'est une belle surprise après ce nez pas vraiment folichon !

La finale est relativement courte, sur des notes de caramel, tabac et café.

Un produit étonnant que je ne regrette nullement d'avoir goûté ! Ca change des rones sans âmes qui se complaisent dans le caramel (et, dans les entrées de gamme, il y en a beaucoup).
Du coup je me réjouis de découvrir leur futur 12 ans !

Bally 7 ans :

Ben la voilà notre escale martiniquaise. Ici aussi je me réjouissais de passer parce que l'air de rien, Bally, ça a sa petite renommée et je n'en ai jamais gouté.
Juste une bouteille disponible :
Bally 7 ans
La bouteille qui nous vient d'Egypte :p

Le truc chouette c'est qu'il s'agit de la "mythique" bouteille pyramidale lancée par Jacques Bally dans les années 1930.
A noter que la distillerie est, comme d'autres (HSE par exemple), passée au Simon.

Sinon, ça donne quoi cette "entrée de gamme" ?

Clairement faussée ici, la couleur m'a semblée d'un orange intense à reflets dorés.

Le nez est d'abord légèrement boisé avant de passer aux fruits qui sont bien présents : les fruits blancs et jaunes laissent progressivement leur place aux fruits secs.
C'est bien fait, quelques épices non identifiées (oui, petit verre, tout ça, tout ça) ramènent de la douceur et de la fraicheur à l'ensemble.
Chouette.

En bouche, c'est tout de suite plus sec : on revient à des notes boisées légèrement arrondies par les touches de fruits.
Enfin, c'est tout de suite beaucoup plus épicé.

La finale, relativement longue, est surtout boisée et épicée.
Une finale très agréable sur des notes rafraichissantes (réglisse ?) assez douces.

Une bien belle découverte. Va falloir se pencher sur le reste de la gamme du coup.

Gold of Mauritius Dark Rum 5 Solera :

Vous ai-je déjà parlé de l'Île Maurice et de mes "ratés rhumesques" en provenance de là-bas ?
Mais si, l'Arcane, j'ai déjà balancé dessus (un truc très banane Haribo ...) . Et l'Emperor qui n'a rien arrangé niveau réputation (celui-là, j'ai purement et simplement boycotté la dégustation).
Bon après, il y a eu le Lazy Dodo : sympa mais sans plus.
Puis la claque New Grove (mais visiblement pas tous) et la surprise Chamarel.
J'y suis allé crescendo quand même :-)
Puis j'ai foiré ... et j'ai goûté ça :
Gold of Mauritius Dark Rum 5 Solera
Comme ça, ça présentait encore bien non ? ... Non ?

En même temps, quand y a écrit "Dark" dessus, ça pue l'arnaque pour ne pas dire "spiced" hein ^^

Ben c'est foncé. Orange intense tirant vers l'acajou.

Le nez refroidit de suite : c'est doux (trop sucré), ça fait un rien trop chimique : une espèce de bonbon Haribo industriel aux fruits secs (ouais, c'est bizarre ...).
Puis ça s'assèche de manière étrange.
Bof.

En bouche, c'est très liqueur de noisette. Le problème c'est qu'il y a une très bonne liqueur de noisette dans un resto espagnol où j'aime aller et ici, ben, c'est moins bien ...
Après, on y retrouve des épices aussi : beaucoup de cannelle, un peu de poivre.
Bof, bof.

La finale est "plaquante" mais brève, toujours sur la noisette.
Bof, bof, bof quoi.
On s'en tient à  ça ?


Black Jamaica XO :

Bon, après ça ne s'est pas arrangé, l'heure de partir approchant (et de faire pause burger avant de reprendre la voiture. Soit dit en passant, bons les burgers mais un peu chers ;-) ) une bouteille kitsch au possible qui avait attirer mon attention semblait dire "Allez quoi, t'as gouté le gold machin Dark de chez Maurice, viens chez moi avant de rentrer cause aïe chot ze chérif" (ou un truc du genre. Mes souvenirs sont confus ... pas à cause de l'alcool, juste parce que je ne veux pas me souvenir en fait...).

La bouteille kitsch donc :
Black Jamaica XO
La Bobteille Marley. C'est d'un mauvais goût en plus (oui, le jeu de mots aussi) ... Mais qu'est-ce qui m'a pris ??!!
Ici, on prend déjà une claque visuelle : c'est acajou à tendance rougeoyante !
Ouch !

Laissons lui ça, le nez est très légèrement (mais très très très légèrement hein) sur la Jamaïque avec un peu de solvant (après, ici c'est peut-être juste un défaut du produit aussi :p) avant de partir sur un trop plein d'épices. Vraiment, beaucoup trop d'épices pour être honnête.

En bouche, ben c'est un spiced rum mal maitrisé à réserver uniquement aux cocktails bas de gamme (après c'est mon avis hein, si vous aimez, faites vous plaisir :-) ).
C'est toujours plein d'épices.

La finale est sur les mêmes notes et n'ayant pas voulu tester sa longueur, je suis passé aux chips et à l'eau directement.

Tant qu'à prendre un spiced pour faire des cocktails, autant se rabattre sur du Kraken si on veut une bouteille fun et - surprise - moins chère ! Et, surtout, meilleure gustativement parlant (en cocktail s'entend hein parce que boire un spiced en dégustation pure, même s'il est bien fait comme le Kraken, voilà quoi ...)
Bon, j'ai pas aimé mais est-ce vraiment du rhum après tout ? ;-)

Voilà voilà, fin de la dégustation, pause-burger/cola, retour maison.


Conclusion ?

Ben dans l'ensemble c'est pas mal comme petite sortie en fait (si j'avais évité les deux derniers produits ça aurait été encore mieux mais bon ça c'est de ma faute ^^).
Pour les "débutants" c'est l'idéal : pas trop de choses à goûter, un panel assez représentatif des différents style, quelques embouteilleurs indépendants, ...
Après ce n'est pas Spa mais ça n'en a pas la prétention non plus !
On se voit l'année prochaine pour confirmer tout ça ?


Rhum n' Whisky