vendredi 12 mai 2017

Whisky Discovery 2017 ... Une soirée placée sous le signe de la tourbe

Vendredi 21 avril de 19 heures 30' à 22 heures 30', je retournais chez Hesby-Drink (mais si voyons, souvenez-vous) pour vivre une soirée tourbée.

Parce que oui, ce jour là, c'était Whisky-Discovery !
Whisky-Discovery flyer
Et, oui, c'était déjà la 2ème édition. Fallait bien que je rattrape mon retard ^^ 
En gros, c'est le même concept que le Rhum-Discovery : une flopée de marques présentes pour plus ou moins 100 whiskies à déguster, le tout, une fois encore, en trois heures (oui, fallait bien préparer son coup hein).

Donc on prépare l'équipement (polo, sac, cahier de notes, bic et ... samples ^^) et on arrive ... avant l'ouverture de la grille cette fois (yep, l'ouverture des portes a eu lieu pile-poile à l'heure).
Du coup, pause-pipi dans les buissons au loin ...
Du coup, on se gare de l'autre côté de chez Hesby (côté fournisseur, y avait place et j'étais le seul) et on se fait le trajet à pieds ... pour se rendre compte que la grille s'ouvre. Bon ben voilà, on ne change pas de place et on s'incruste dans la file d'attente.

Niveau organisation ... euh, comme pour le Rhum-Discovery en fait ^^
(oui, même lieu, même équipe, quasi mêmes exposants, ça explique bien des choses)
C'est-à-dire :
- deux espaces dégustations (cave et arrière-salle) et un espace miam-miam à l'extérieur ;
- de l'eau en suffisance et des chips pour grignoter (cette fois-ci je n'ai pas fait impasse, explications après) ;
- le listing des produits présentés et le verre à dégustation (sans indication des 2cl toujours, fichtre ...) sont remis à l'entrée ;
- nombre de places toujours limitées à 150. Etrangement, j'ai trouvé qu'il y avait moins de monde que pour le Rhum-Discovery mais c'était visiblement presque complet ;
- les tokens (jetons, capsules, ... enfin des trucs pour acheter à boire quoi) permettaient également de déguster l'un ou l'autre produit.

Comme pour la dernière fois, je commence par les points négatifs :
...
Voilà. (j'ai kiffé grave cette fois, vous allez comprendre)

Avant de passer à "Lepourquoiducommensétaibien" un truc qui me turlupine quand même (parce qu'on est chiant ou non et que même si y a pas de points négatifs, faut que je bave sur quelque chose :p) : Elle est où la cohérence au niveau du prix des dégustations payantes ??
Attention, je n'ai rien à redire sur les montants demandés (surtout que - comme on le verra plus loin - les verres étaient très très bien servis) : je trouve normal de payer 5,00 euros le dram de Balvenie 21 ans Portwood et les autres prix demandés étaient cohérent.
Je ne comprends juste pas pourquoi certaines bouteilles à plus ou moins 80/90 euros (par exemple les Distillers Edition de chez Diageo) étaient payantes et certaines bouteilles à plus de 150 euros (Johnnie Walker Blue Label pour ne pas le citer) ne l'étaient pas.
Moi y en a perplexe ^^
Bon le sentiment de perplexité a dû durer en tout et pour tout 6 secondes mais je tenais à vous en parler (comme ça, ça fait monter la pression avant d'entrer dans le vif du sujet :p).

Bon, les points positifs maintenant (accrochez-vous, ils sont Légion) :
- à part peut-être quelques grands absents (qui a dit Highland Park ?), il y avait de tout : du tourbé, du non tourbé, de l'officiel, de l'indépendant, de l'écossais, de l'américain, de l'irlandais, du japonais, ... : clairement un bel assortiment.
Il y avait de tout mais surtout de la qualité (Balvenie Portwood 21 ans, Cameron Bridge 27 ans et j'en passe).
Il y avait de tout et, pour ne rien gâcher, certaines gammes était particulièrement bien représentées (Glenmorangie, Glen Moray, Balvenie, Tomatin, ...).
Bref, il y en avait vraiment pour tous les goûts !
- les quantités servies (que ce soit dans les verres ou les samples) : la dernière fois, à part l'un ou l'autre exposant, c'était un peu ... disons "léger". Cette fois-ci, il n'y avait toujours pas de marque au 2cl et c'était également à discrétion de l'exposant.
Et ben, très clairement, les verres était bien remplis (et les samples aussi), ce qui fait qu'on a pu en profiter un peu plus (ce qui n'est donc pas plus mal). :-)
Bon du coup, y en a qui étaient bien entamés cette fois (mais bon, ceux-là, tu les cibles déjà à l'entrée quand tu entends des trucs genre "Y a plus de 90 whiskies à goûter ! On va se mettre bien !") mais ils sont - sauf erreur - restés très convenables.
- le listing des produits à la dégustation disponible avant l'évènement : je l'ai déjà dit mais je trouve l'idée juste géniale ! Tu peux déjà faire ton marché avant (et te mettre une limite pour éviter tout problème tant d'ivresse que de budget) et organiser tes dégustations dans l'ordre qui te semble le plus pertinent.
Après, ça surprend toujours quand, après quatre types qui demandent 10, 20 ou tout autre nombre rond de tokens, tu lances un "moi il m'en faut 17" ! :'-D
- il n'était pas en dégustation mais je suis reparti avec ma bouteille de Glenmorangie Bacalta (parce que oui, Glenmorangie, c'est un peu comme Arran, j'aime bien) ;
- au cas où vous n'auriez pas encore compris, je suis - à nouveau - reparti avec des samples de tout un tas de trucs que je souhaitais déguster soit depuis longtemps, soit calmement à la maison, soit les deux à la fois.
- une fois encore, on rencontre plein de gens (coucou Charles, coucou Gaëtan) et on continue à connaître de mieux en mieux les exposants : c'est sympa !
- y avait un joueur de cornemuse. Juste trop fort.
- j'allais oublier : les flics ont - enfin, diront certains - eu la brillante idée d'installer un contrôle de police à la sortie (côté Ans) ... Les GO (ouais, ça fait très Club Med dit comme ça) nous ont prévenus :-D
J'imagine bien la tête de nos sympathiques agents verbalisateurs quand ils n'ont plus vu personne arriver vers eux (ou alors des voitures uniquement conduites par des "BOB") ... ben oui, chez Hesby-Drink, tu sors par la droite tu vas à Ans mais tu sors par la gauche ben, tu vas à Grâce-Hollogne. Et là, il n'y avait pas de contrôle ^^

Quand je vous disais que j'avais des choses à raconter !

Avant de passer aux choses "sérieuses", léger spoil des futures dégustations :
Sam-sam-samples !! (Et bouteille. Aussi)
- Bowmore Vault
- Nikka Coffey Malt (ça sent la comparaison avec la bouteille à étiquette rose ça ^^)
- Mortlach 11 ans (Douglas Laing Old Particular)
- Clynelish 1997 (Signatory Vintage)
- Edradour 2006 Madeira Cask (Signatory Vintage)
- Cameron Bridge 27 ans (Cadenhead)
- Johnnie Walker Blue Label
- Balvenie 21 ans Portwood
- Caol Ila 2009 7 ans (Douglas Laing Old Malt Cask)

Bon ben voilà, il est temps de passer à la dégustation.

Comme d'hab, la couleur du liquide vu l'éclairage, tout ça, tout ça.
Et, au cas où le titre ne serait pas assez explicite, je me suis décidé à - enfin - entrer (je devrais plutôt dire "sauter à pieds joints" vu ce que j'ai dégusté) dans le monde de la tourbe.
Mes dernières dégustations tourbées m'ayant relativement plu, je me suis dit qu'il était temps d'approfondir la chose.
N'ayant aucune habitude avec ce type de whiskies (bon, le Machrie Moore de chez Arran est très ... Arran finalement), soyez indulgents ;-)

Et donc, c'est (enfin) parti !

Bunnahabhain - 12 ans :

Oui, on débute avec un truc au nom des plus aisés (et je vous passe l'orthographe parce que vous allez voir, après on va se marrer à ce niveau là) et au whisky le moins tourbé de l'île.
Que voulez-vous, on fait une soirée Islay mais on commence gentil.
Bunnahabain - 12 ans
C'est bien un marin sur l'étiquette
Sinon, il raconte quoi dans le verre ?

Et bien sa robe est de couleur or.

Le nez est doux et relativement fruité (promis, je n'avais pas encore bu). On y décèle de suite l'influence du sherry (surtout au niveau des épices).

La bouche nous emmène sur un territoire tout différent, bien plus marin en fait : une première impression salée/iodée se fait tout d'abord sentir mais reste sur la douceur perçue au nez (un côté caramélisé fruité). A la limite, je dirais qu'on part un rien sur le biscuit.
Avec un peu d'aération, le côté fruité se développe plus.
Très sympa.

La finale est longue et chaude (ça a sûrement un lien avec le degré d'alcool qui titre quand même à 46,3°. Sûrement ...) sur des notes salées "pétillantes".

Bon c'est bien beau tout ça mais si on passait vraiment à cette "Tourbe Night" tant annoncée ?
Alors, au cas où je ne l'aurais pas déjà dit, soyez indulgent avec mes notes ... Moi et la tourbe ça fait deux mais je fais des efforts, promis ^^

Port Askaig - 8 ans :

Vraisemblablement du Caol Ila embouteillé par Speciality Drinks.
Port Askaig - 8 ans
Une certaine conception de la sobriété
La robe est claire. Très claire. Limite transparente en fait.

Le nez ben, ... il est tourbé.
Après, le temps aidant, plus il s'ouvre, plus la tourbe laisse de la place à une certaine douceur : ça fait un peu tourbe et miel.
Vu les fûts employés et les notes douces perçues plus haut on devrait y trouver quelques touches de vanille. Perso, je suis passé à côté :p

En bouche, et bien, c'est toujours tourbé mais pas trop (quelle clarté, je sais) et c'est effectivement "sucré" (les notes de miel du nez je vous dis).
Le temps passant, on a plutôt l'impression de partir sur des notes de cuir et d'épices (ou d'herbes bizarre d'Islay, je sais pas).

La finale, tourbe oblige (du moins selon moi), est looongue sur une tourbe légère.
Mais il s'agit d'une tourbe entourée de douceur (c'est poyétik, je sais).
Quelques épices viennent parfaire le tout.


Box Whisky - Dalvve Batch 2 :

Une fois n'est pas coutume, mon plan d'attaque a foiré quand j'ai croisé un de mes exposants préférés. Et en plus il présentait - gratuitement, j'insiste - des produits sur lesquels j'avais fait l'impasse lors du Whisky-Live (voyez les coups de gueule pour plus de détails) : les whiskys de cette "nouvelle" distillerie suédoise !

Histoire de rester quand même dans le ton de la soirée, on va se pencher sur la version Dalvve (qui voudrait dire "hiver") élaborée pour partie à partir de malt non tourbé et de malt légèrement tourbé.
Box Whisky - Dalvve Batch 2
D'un point de vue purement esthétique et en restant en Suède, je préfère les bouteilles de chez Mackmyra. Voilà. C'est dit (et vous vous en fichez, je sais ^^).
Une robe paille habille le produit.

Au nez, les fruits (compotés, jaunes et blancs) et des notes de céréales donnent un nez vraiment très doux.

La bouche part sur les céréales et - à nouveau - les fruits avant d'aller vers des notes plus terreuses.
Niveau  rétro-olfaction, c'est bien plus terreux et astringent.
Surprenant mais pas désagréable du tout.

La finale est d'une longueur moyenne et toujours très douce quoique légèrement épicée.
On a plus l'impression de partir sur les fruits rouges.

En conclusion, un produit très rond et très agréable qui n'a quand même que peu de rapport avec les tourbés qui vont suivre.

Après cette parenthèse de douceur, retournons à nos moutons tourbés !


Talisker - Distillers Edition 2016 :

Avant de retourner définitivement sur Islay, arrêtons nous quelques temps sur l'île de Skye pour nous intéresser à la seule distillerie de l'île dont le nom signifierait  "rocher escarpé" (ouais, j'aime bien ces explications qui n'intéressent que moi) et plus particulièrement  sa version "Distillers Edition".

Alors les versions Distillers Edition, c'est tout simplement les six "classics malts" de chez Diageo (Cragganmore, Dalwhinnie, Glenkichie, Lagavulin, Oban et, fatalement,Talisker) ayant subi un affinage en fût de sherry ou de porto (en général).

Celui-ci a été affiné en fût de sherry Amoroso (un type de Xérès assez sucré).
Talisker - Distillers Edition 2016
Des vagues. Serait-ce un whisky "marin" ?
La couleur offre un bel or intense à reflets orangés.

Au nez, on cherche la tourbe et la fumée, vraiment.
C'est très doux (sherry quand tu nous tiens), sur un fruité "salé".
Ces notes salines (marines) vont se développer au fur et à mesure et prendre le pas sur le reste.
S'agissant d'une première pour moi, j'ai trouvé ça pas mal du tout.

En bouche, tout comme pour le nez, c'est d'abord assez doux tout en étant légèrement salé et iodé.
C'est cette fois plus "sucré" (caramélisé ?) que fruité au niveau de la douceur.
Par contre il est bien plus épicé (sur le poivre notamment) quand on passe à la rétro-olfaction.

La finale est dans la continuité de ce qui précède :  sur la douceur mais avec une note de fumée assez légère.
Bon là, je ne sais - déjà - plus me relire mais j'ai terminé ma phrase (parce que oui, des fois j'écris des vraies phrases mais comme vous voyez c'est une idée foireuse ...) par "c'est plus fin qu'en bouche".

De mémoire c'était très chouette !


Caol Ila - Distillers Edition 2016 :

Géographiquement parlant, on se situe face à l'île de Jura.
Pratiquement parlant, le Caol Ila est surtout utilisé comme base dans le célèbre blend Johnnie Walker et vieillit dans les chais de Diageo (donc pas sur Islay).
Enfin, la version Distillers Edition est affinée en fût de Moscatel
Caol Ila - Distillers Edition 2016
Un jour, je gouterai le 12 ans "de base", si, si ...
La robe est d'un bel or. Tout simplement.

Au nez, je me suis dit que plus j'en goutais (bon ok, je n'en ai pas gouté des litres non plus mais bon ...), plus je trouvais que Caol Ila c'éait vraiment très cuir en fait (plus que tourbé ou fumé). Et j'aime beaucoup.
Une nouvelle fois, le finish lui donne une certaine douceur mais c'est moins présent que sur le Talisker par exemple, les notes initiales prenant pas mal le pas sur le reste
Niveau rétro-olfaction, on est toujours sur le cuir enrobé d'une certaine douceur.

En bouche, c'est par contre tout de suite beaucoup plus doux (un peu de miel, un peu de fruits cuits) avec ces notes animales que je trouve si caractéristiques du style Caol Ila (voilà , il en goûte trois, il se prend pour un grand expert du truc ...).
La fumée ("aaah" penseront certains) arrive ensuite.
J'aime toujours autant.

La finale m'a semblée plus courte que pour le précédent.
C'est légèrement fumé, assez épicé (poivre, un peu de sel, ...) ce qui peut paraitre étonnant car peu présent au nez et en bouche et finalement la douceur revient une nouvelle fois.

Lagavulin - Distillers Edition 2016 :

"Le moulin dans la vallée" en gaélique. Voilà voilà.
Le site de la distillerie a - en son temps - également abrité la distillerie Malt Mill, fermée dans les années '60 et qui n'est autre que celle ayant produit le précieux liquide tant convoité dans le film La part des anges de Ken Loach (regardez-le, c'est chouette et ça parle de whisky).
Cette version-ci a eu droit à une seconde maturation en fût de sherry. Mais de Pedro Ximenez. Ca annonce donc un mélange détonnant de fumée et de douceur.
Lagavulin - Distillers Edition 2016
Moi je la trouve plus "design" que celle du 16 ans et vous ?
La robe est ambre à reflets dorés.

Au nez, clairement, c'est tourbé : déjà loin du nez, le verre dégage des arômes assez puissants. Waow.
Même si ça m'a semblé moins puissant que la version de base (le 16 ans quoi), les notes de fumée et de cendre froide (plus que de tourbe) sont toutefois très présentes.
Alors oui, c'est fumé, mais on sent également que l'affinage en fût de PX a eu une influence non négligeable sur la bête : un étonnant aspect fruité et légèrement épicé vient arrondir les angles de ce produit très Islay.

La bouche est la parfaite illustration de ce que peut donner une confrontation fumée/cendre contre sherry très doux. C'est donc fumé et fruité (les épices ne parvenant pas - ou très peu - à se frayer un chemin à travers tout ça).
Niveau rétro-olfaction, on a droit à un gros retour de la fumée et des cendres.

Enfin, la finale est extrêmement longue et parfaitement maitrisée, soit pas trop douce (on ne part pas sur un truc trop sherry), pas trop fumée (toujours cette impression de cendre) et légèrement épicée (histoire de donner cette dernière touche de peps à l'ensemble).

A noter que plus le temps passe, plus l'influence du sherry se fait présente (au détriment des notes fumées donc). Olfactivement, j'ai - à un moment - même eu l'impression de partir sur des fruits secs (pitêt je l'ai rêvé aussi hein).

Sinon, c'est clairement un gros coup de cœur.

Kilchoman - Machir Bay :

Kilchoman on en a déjà un peu parlé par là donc on va juste se contenter de dire que Machir Bay c'est le nom de la plage proche de la distillerie et qu'il s'agit de la version "de base" de chez eux (et, sauf erreur, d'un produit relativement jeune : trois ans, soit le minimum syndical).
Kilchoman - Machir Bay
Y a des distilleries, tu reconnais de suite les bouteilles. C'est notamment le cas ici.
La robe est paille.

Je ne sais pas pourquoi mais je m'attendais à un truc hyper tourbé au nez et finalement, ben, non : c'est plutôt herbacé à tendance agrumes (citron) et légèrement doux (notes de vanille, influence du fût, tout ça tout ça) voire fruité (fruits blancs et jaunes).
Alors oui, la fumée et les cendres sont là mais c'est bien plus léger que ce à quoi je m'attendais.

En bouche par contre, je ne dis pas qu'on se prend une grosse claque mais ... pas loin : les notes du nez passent largement au second plan derrière des arômes biens plus "terreux".
Et niveau rétro-olfaction, c'est hyper fumé (et assez typé poudre à canon).

Une nouvelle fois, la finale est très longue, toujours relativement fruitée mais très (vraiment très) tourbée avec une 'chtite touche d'épices pour faire bien.

A nouveau une belle surprise (à noter que malgré le grand verre d'eau qui a suivi, ben les arômes restent bien en bouche).

Laphroaig - Quarter Cask :

Vu qu'on est lancé, on continue : Laphroaig c'est pour "le creux dans la large baie" (vanne scabreuse, s'abstenir).
Il parait que la distillerie produit le whisky le plus "médicinal" d'Islay (en gros des notes de camphre et de teinture d'iode. Le camphre ok, la teinture d'iode, ... WTF ?!).
Une partie (la plus importante) de l'orge malté est produite à Port Ellen.

Sinon le Quarter Cask est un petit fût de 100 litres qui amène logiquement un échange plus important avec le bois. Donc, non ça ne vieillit pas plus vite (c'est d'ailleurs tellement jeune qu'il s'agit d'un NAS soit No Age Statement) mais l'influence du fût est telle qu'en peu de temps le produit arrive à "maturité".
Laphroaig - Quarter Cask
Un whisky d'hôpital donc...
Si j'arrive à bien me relire, il semblerait que la robe soit "bien dorée".

Pour le reste j'annonce tout de suite la couleur (non ce n'est pas illisible, médisants va) : j'ai eu beaucoup de mal à décrire le produit et à retranscrire mon ressenti ...

Ce qui fait qu'au nez je l'ai trouvé d'abord relativement doux avant d'avoir l'impression qu'il se fermait petit à petit (c'est bizarre, je sais) pour ensuite passer sur quelque chose de relativement piquant (épicé donc).

La bouche est très particulière : c'est effectivement très médicinal, pas mal sur le camphre et, chose qui m'a pas mal surpris, ça plaque en bouche de manière assez stupéfiante (qui a dit de manière huileuse ?).
A noter que je ne l'ai pas trouvé fumé plus que ça mais vraiment particulier.
La rétro-olfaction confirmera ces notes médicinales.

Il s'adoucit enfin légèrement sur la finale (mais il faut attendre un certain temps).

Bon, celui-ci j'ai pas trop accroché.
J'en regouterai. Mais pas celui-là.
Ne serait-ce que pour ne pas me faire une opinion sur un seul produit.

Ardbeg :

Oui Ardbeg tout court parce que j'ai fait un arrêt relativement long au stand (j'ai quand même dégusté les trois versions que l'on peut qualifier "de base").
J'ai beaucoup aimé aussi.

Après avoir failli disparaitre (la distillerie est restée fermée pendant des années), Ardbeg a été racheté par Glenmorangie plc et appartient donc maintenant au puissant groupe LVMH. Disons le tout de suite, pas besoin de s'inquiéter pour l'avenir de la distillerie.

Passons donc à la dégustation de celui que l'on présente comme le plus tourbé des whiskys écossais (pour info, j'ai suivi l'ordre de dégustation proposé par l'exposant : soit du moins tourbé au plus tourbé mais étrangement en commençant par un des plus forts au niveau degré)

Ardbeg Uigeadail :
A vos souhaits.
Imprononçable n'est-ce pas ?
Ce joli nom poétique (pour "sombre et mystérieux endroit") est simplement le nom du loch alimentant la distillerie en eau.
A noter qu'il est composé de whisky ayant partiellement vieilli en fûts de sherry.
Ardbeg Uigeadail
Dans la famille des bouteilles à forme qu'on repère de loin, je demande Ardbeg
Sa couleur est d'un bel or léger.

Au nez, je me suis dit que soit j'étais grillé, soit il était indescriptible (comme ça vous êtes prévenu.
Mes brèves notes parlent d'un fruité fumé tendant vers une certaine acidité (?) (le point d'interrogation figure dans mes notes, si si) voire des notes cireuses.
Très peu engageant dit comme ça mais en réalité très sympa :-)

Ca c'est la première approche puis on goute et ... BAM : une grande claque dans la gueule la face! C'est fumé mais fumé genre inimaginable si on ne goute pas.
Mais (parce qu'il y a toujours un mais) on perçoit derrière cette couche de fumée impressionnante une douceur fruitée sous-jacente (fruits noirs, fruits secs, ...) provenant vraisemblablement du vieillissement partiel en fûts de sherry.
Etrangement j'aime beaucoup (étrangement parce qu'avant ce soir moi et la tourbe, ...).

La finale est longue et - sans surprise - on ne peut plus fumée. Quelques épices viennent ajouter un petit plus à tout ça.

Ah oui, il titre gentiment à 54,7°.

Par rapport au Laphroaig précédant, c'est un changement de style radical !

Ardbeg Corryvreckan :
Bon, plus facile à dire mais pas à écrire, il fait référence au nom du puissant maelstrom situé au large de Jura.
Puissant, le whisky l'est aussi vu qu'il titre à un "petit" 57,1° (ah oui, quand même).

Fun fact : si on y ajoute un peu (un peu j'ai dit) d'eau, on verra de petits tourbillons se former dans le verre (rapport au phénomène se produisant quand on mélange deux liquides de viscosités différentes. Vous voyez que je n'écris pas que des biestreyes).
On passera sous silence le fait que ça se produit avec chaque brut de fût. Ils n'avaient qu'à choisir un nom de maelstrom eux aussi ^^
Ardbeg Corryvreckan
Pour celle-ci, j'ai une photo de la boite. Classe hein ?
(oui, parfois j'ai pas d'idée pour les légendes mais comme je veux en mettre ...)
Et sinon, c'est bon ?
Oooh oui.

...

Bon ok, je détaille, je détaille.

Le liquide présente une jolie couleur d'un or intense.

Le nez m'a d'emblée paru plus "vineux" que le précédent mais ce qui marque surtout c'est son côté tourbé qui se développe de façon assez stupéfiante au fur et à mesure de la dégustation passant ainsi de saveurs marines à une fumée goudronnée (ouais, c'est bizarre mais c'est moi qui écrit).
Derrière tout ça, il m'a semblé que l'on retrouvait quelques fruits secs.

A nouveau, l'entrée de bouche est fracassante (oui, BAM !, comme tantôt) : la poudre à canon avec des notes de fruits rouges laisse progressivement place à la fumée et aux cendres froides.
Une surprenante mais agréable touche "sucrée" apparaît ensuite.
A la rétro-olfaction, les fruits noirs fumés s'enrobent d'épices puissantes (poivre, ...) pour venir nous assommer encore plus.

La finale est on ne peut plus longue (mais dans le genre qui reste très longtemps en bouche comme au nez), toujours fumée.
Peut-être est-elle également douce ou épicée comme je l'ai entendu mais ça ne m'a pas semblé si évident que ça.

Ardbeg Ten :
Le whisky de chez Ardbeg, celui que tout le monde connaît et qui vous fait dire - si c'est la première fois que vous goûter du whisky tourbé - "pouah, beurk, beeeh" parce que oui, il dépote aussi.
Après, il faut reconnaître que c'est quand même un passage obligé niveau dégustation quand on s'intéresse un tant soit peu au whisky.
Ardbeg Ten
The Ardbeg. Tout simplement.
Et donc, ça raconte quoi ? Et bien, derrière ses gros sabots tourbés, c'est vachement fin en fait comme produit.
Je m'explique :

Sa robe est paille (ah, fût de bourbon ?).

Le nez est tourbé, clairement mais on y décèle pas mal d'autres choses : des fruits (agrumes, fruits blancs), des notes florales et un peu de douceur.
Quand je disais que c'était vachement fin !

La bouche est crémeuse (ben oui, ça m'a fait cet effet-là) et d'abord assez ronde sur les céréales avant de repasser à la tourbe et la fumée.
En rétro-olfaction on revient principalement sur la tourbe.

La finale est un élégant mélange de douceur et de fumée.
Il va sans dire qu'elle est - une fois encore - trèèèès longue et on ne peut plus persistante.

Très très bien.

Et voilà, il aura fallu le temps pour l'écrire ce feed-back mais c'est fait.
Comme je l'ai déjà dit ce fut une super soirée pleine de belle découverte.

Ah si, le point négatif de la soirée : avant d'y aller je n'aimais pas les whiskys tourbés. Ca c'était avant (et maintenant mon portefeuille va encore pleurer un peu plus ...)


Rhum n' Whisky