jeudi 29 juin 2017

Genièvre et agrumes !

Ne cherchez pas le jeu de mots ou la traduction fun, il n'y en a pas.

Vu qu'on (oui, nous étions plusieurs) s'est inscrit au Gin Experience (évènement déjà passé mais compte-rendu à venir. Ca va, vous suivez ?), il fallait quand même bien revoir ses "fondamentaux".
Bon ok, j'ai fait avec ce que j'avais à la cave et je vous ajoute un bonus (vas-y, scrolle un coup vers le bas !) qui n'est pas sur la photo de famille :
Gin - The Family
Coloré n'est-il pas ?
Les gins que j'ai à la maison étant relativement basiques, leur robe est ... oui, transparente. Donc on se contentera d'une photo des bouteilles.
Histoire de faire ça de manière plus ou moins cohérente, j'ai effectué la dégustation dans l'ordre suivant : du plus bas au plus haut degré.
 
C'est pas tout ça mais allons-y !

 

Gordon's London Dry Gin - The Original - 37,5° :

Gordon's London Dry Gin - The Original
La base, tout simplement ...
Niveau couleur c'est donc transparent. Qui l'eut crû ?

Au nez, il est très gin (après, mes connaissances en gin étant limitées, voilà quoi) : un pic de genièvre avant de passer à des arômes plus citronnés pour terminer sur des notes plus alcooleuses (ben oui).

En bouche, c'est très léger et ça coule tout seul (si Madame lit ça, elle va s'étouffer :p).
Le genièvre est toujours là avec quelques épices et une touche d'amertume en plus.
Les notes citronnées perçues au nez sont toujours là aussi et on peut noter une légère percée de la réglisse.

La finale est assez "légère" vu le faible degré du truc. Elle reste sur ces notes de genièvre et d'amertume décelées en bouche.

Un produit on ne peut plus basique. Pas le meilleur (loin de là). Pas le moins cher non plus (étrangement). Pas celui au plus beau packaging (mais du tout hein). Bref pourquoi en parler ?
Tout simplement parce que c'est celui qui m'a fait tomber dans le monde du gin tonic et rien que pour ça, il mérite sa place ici (et à ce niveau, il fait le travail donc que demander de plus ?).


Bombay Sapphire Vapour Infused - 40° :

Bombay Sapphire Vapour Infused
Personnellement, je n'ai pas la boite (ce qui est fort dommage parce qu'elle est fort jolie ^^).
Et non, la couleur n'est pas schtroumpfy (bleue quoi), elle est ... Y en a pas en fait.
La bouteille est traitre, je sais.

Le nez est - sans surprise - très genièvre mais en bien plus fin (oui c'est bizarre écrit comme ça mais c'est bien plus évident quand on compare en live). Quelques notes poivrées lui amènent un peps assez sympathique.
Outre les notes citronnées qui se développent au fur et à mesure de la dégustation, je lui ai trouvé quelque chose de plus végétal ou floral, sans pour autant mettre un nom sur cette sensation.

En bouche, et bien, vous me croyez si je vous dis que c'est très genièvre mais - à nouveau - de manière bien plus fine que sur le Gordon ??
Comme pour le nez, il y a une touche de peps en plus et, chose surprenante, une légère et agréable touche mentholée très rafraichissante.

La finale se présente en deux temps : d'abord le genièvre et les épices (poivre ?) puis les notes citronnées, qui prendront très largement le dessus.

Comparativement parlant, un produit largement supérieur au précédent.


Hendrick's - 41,4° :

Hendrick's
LE produit marketing par excellence (mais quel marketing dis donc !)
La couleur est ... Non mais sérieusement, vous suivez un peu parfois ?

Au nez, oui, il y a du genièvre (encore heureux) mais c'est vraiment (mais alors vraiment vraiment hein) plus floral (rose es-tu là ?) et c'est d'une douceur surprenante.
A nouveau, on retrouve nos légères notes citronnées.

Niveau rétro-olfaction, c'est beaucoup plus végétal.

La bouche est assez ronde, sur des notes sucrées bien plus présentes que dans les deux premiers produits dégustés. Le tout est entouré d'une légère amertume type genièvre et de notes végétales.
Peut-être que c'est juste parce que ça fait le buzz Hendrick's et que je suis faible et influençable (... mdr) mais, oui, il y a peut-être bien un peu de concombre là-dessous.
L'ensemble est assez difficile à décrire mais c'est très agréable.
Après, on est loin du London Dry bien typé. On part clairement vers un produit d'appel qui tente d'attirer un public que l'on qualifie de plus "féminin" dans le monde des spiritueux (en gros, quelque chose de relativement rond et doux, plus attrayant et facile d'accès, pour cibler un public plus large. Et donc féminin, vu que seuls les hommes - créatures du démon - boivent de l'alcool. C'est bien connu :p).

La finale est relativement amère (oui, ça peut surprendre) avec, à nouveau, quelques notes citronnées qui viennent toutefois contrebalancer cette amertume.

On part ici sur un produit totalement différent mais pas nécessairement mieux que le Sapphire.
Avec un tonic Fever Tree Elderflower, c'est juste top.


Filliers Dry Gin 28 - 46° :

Cocorico ! Un gin belge (ok, il y en a plusieurs mais on s'en fiche) dont la distillerie a déjà fait parler d'elle sur le blog : rappelez vous du whisky Goldlys. C'est eux.
Filliers Dry Gin 28
Gin from chez nous :p
La couleur. Voilà quoi ^^

Au nez, tout de suite, ça tape plus (le degré tout ça, tout ça) et c'est plus épicé (poivré).
Il est étrangement moins sur le genièvre que les autres.
Il reste par contre sur les agrumes mais moins sur le citron.

La rétro-olfaction est amère et "réglissée".

En bouche, c'est directement plus amer mais ça sera vite surplombé par une douceur agréable (relativement fruitée en fait). On retrouve les touches épicées du nez avec le poivre qui est bien présent. L'ensemble est relativement chaud et agréable.
"Et le genièvre dans tout ça ?" me direz vous. Il est là mais, de nouveau, de manière moins explosive que sur les trois autres.

La finale reste sur les notes perçues en bouche et est assez longue (bien plus que tous les autres. Encore une histoire de degrés sûrement ^^).

Bon, c'est peut être le voltage plus élevé qui fait ça mais c'est vraiment un produit top (et je dis ça sans chauvinisme aucun).


Tanqueray Dry Gin - 47,3° :

Tanqueray Dry Gin
Le produit "de base" de chez Tanqueray ... Faut pas demander la qualité des autres !
La robe est d'un beau vert d'eau !
...
Non, je déconne. Que dalle à nouveau.

Au nez, on fait un retour en force sur le genièvre. Le citron et l'anis se taillent également une belle place à côté de celui-ci.
Les autres épices (et il y en a, croyez moi) passent au second plan derrière cette déferlante de puissance. On revient clairement sur un produit à présenter comme "le" gin (entendre par là, le "London Dry" aux arômes bien typés).

La bouche est, elle aussi, en plein sur le genièvre. Des touches poivrées suivent puis des notes plus douces apparaissent (citron réglissé ?).
Ca peut sembler basique mais cette puissance et ce goût en font un produit extra et, pour ne rien gâcher, l'alcool est extrêmement bien intégré.
C'est - selon moi - très typé gin mais en bien plus intense que le Gordon par exemple (après le prix fait fois deux aussi donc)

La finale est longue (encore plus que sur le précédent), sur ces notes de genièvre qui nous auront accompagnées tout du long avec quelques touches citronnées, tout en dégageant une certaine amertume pas désagréable du tout.

Différent du Filliers mais c'est encore un produit qui surclasse largement les trois premiers (comme quoi, le marketing ne fait pas tout :p).

Bon, après mes retours sont ce qu'ils sont hein, mes connaissances "ginesques" étant relativement limitées et la présente dégustation ayant uniquement pour but de préparer mon Gin Experience (retour à venir).
Il ne m'est donc pas possible d'aller identifier l'ensemble des épices se trouvant dans la préparation (après, est-ce possible ? Sûrement. Mais est-ce pertinent? Ca c'est moins sûr ...).
 

Dégustation bonus : Beefeater London Dry Gin - 40° :

Beefeater London Dry Gin
Je suis fan de la bouteille et de son paysage (ok, de Londres) en arrière plan. Et puis, il fallait bien que je vous mette une photo de verre aussi hein ^^
Le "mètre-étalon" permettant les comparaisons selon Ian Buxton (et moi, comme une quille, j'ai testé ça après les autres et - pour ne rien arranger - un autre jour). Et si Ian Buxton le dit ... ;-)
Attention, je vous préviens tout de suite : c'est basique mais qu'est ce que c'est bien fait !

Explications :

La couleur ? Non, c'est bon, on arrête maintenant.

Le nez est puissant sur le genièvre. Les agrumes se font de plus en plus présents.
C'est épicé (fatalement) mais cela se ressent moins que sur les autres.
 
En bouche, il a un goût de sapin assez doux ... (mais si le goût des chiques de la "Madame au Marteau", quand j'étais petit, dans la Galerie Opéra. Si tu n'es pas Liégeois, passe ton chemin, ça ne sert à rien d'essayer de comprendre :p)
Mais pas que (j'en vois pousser un "ouf" de soulagement) : le genièvre est logiquement présent tout comme les agrumes. Par contre, niveau agrumes, on passe du citron (en entrée de bouche) à l'orange (une évolution sûr-sucré quoi).
Il est enfin beaucoup plus épicé (poivre, coriandre).
Attention, c'est relativement "direct" comme produit (il est donc nécessaire de prendre son temps sinon ça sera fort genièvre) mais la note forestière très sympa lui donne ce petit quelque chose en plus.
 
Niveau rétro-olfaction, sans surprise, on revient sur le genièvre mais aussi sur une certaine amertume.
 
La finale est relativement longue, sur cette amertume perçue ci-dessus.
 
Comme dit au-dessus, c'est relativement basique (et pas cher) mais c'est vraiment bien foutu.
 
Bon, maintenant qu'on est chaud et "entrainé", on peut sereinement se rendre au Gin Experience !
 
 
Rhum n' Whisky

mardi 27 juin 2017

City-trip à travers les volcans ...

Au début, je voulais appeler la chose "Y a des fois ou ça fait "flop" ..." mais ce n'était pas engageant comme titre hein ?
... De manière plus pratique, on en revient aux samples du Rhum Discovery qui n'ont pas encore été dégustés (et il en reste encore, croyez moi).

Nous partons donc pour l'Equateur où l'on peut trouver quelques marques de rhums répondant au doux nom des volcans locaux.
C'est original et certains en ont dit beaucoup de bien.

Après, la grande question est "Est-ce que c'est bon ?" ... Là est tout l'intérêt des notes qui suivent :

Cotopaxi 13 ans :

Il s'agit donc du volcan du même nom qui culmine à plus ou moins 5.900 mètres, près de Quito (la capitale). Amis de la géographie, bonjour.
Cotopaxi 13      Cotopaxi 13
Pourtant, la bouteille avait quelque chose, un je ne sais quoi de plaisant ...

Sa robe est cuivrée à reflets dorés.

Au nez, il est très mélasse et très moyen : on est sur le caramel et quelques épices avec une forte dominante d'alcool qui va malheureusement s'intensifier de plus en plus ...
Clairement, ça pique au nez. Et c'est loin d'être agréable.
Des notes de vanille viennent ensuite s'imposer mais ça semble assez artificiel.
Moui c'est fort peu engageant.

La rétro-olfaction, quant à elle, ne viendra pas relever tout ça. Je n'y ai trouvé rien de surprenant.

En bouche, on retrouve cet alcool mal foutu avec ces notes de vanille et un peu de fruits à coques.
Si ce n'est l'alcool, c'est relativement plat ...

La finale est brève, peut-être un rien boisée ou sur les fruits secs, je ne sais pas trop.
Enfin, on y trouve un peu d'épice et beaucoup d'alcool.

Pour une raison que j'ignore et ne m'explique pas : une grosse attente sur ce produit et une grosse déception. Ca arrive, de temps en temps...
Le pire c'est que ce truc est relativement compliqué à trouver de par chez nous et quand même assez cher pour la qualité.

Ca c'est fait.

Pichincha 14 ans :

On reste en Equateur, dans la Cordillères des Andes, toujours près de Quito, pour se tourner vers le Guagua Pichinha, volcan culminant à plus ou moins 4.800 mètres.
Pichincha 14     Pichincha 14

Oui, il y a un air de famille. C'est normal. Mais c'est toujours pas ça ...
 
Sa robe, plus orangée, présente des reflets dorés et les jambes collent à la paroi de manière assez stupéfiante.

Le nez est extrêmement différent mais toujours assez alcooleux ...
Bizarrement, on part plus dans un registre chocolat, fruits à coques, vanille ... Un gros moka en somme.
On finit quand même par retrouver une dominante vanille/caramel avec le temps.
C'est plus intéressant mais pas nécessairement plus emballant.

La rétro-olfaction se fait plus douce et plus caramélisée. Elle tend également vers des arômes torréfiés.

En bouche, bonne surprise : c'est bien mieux maitrisé niveau gestion de l'alcool et donc beaucoup plus agréable.
C'est fruité (sur les fruits confits), caramélisé et légèrement torréfié (café). Pas désagréable donc et plus on y revient, plus ces notes chocolatées au nez et ces arômes torréfiés en bouche font pencher la chose vers le moka.

La finale est longue, douce et à la limite de l'écœurant (c'est le risque avec ce type de produits), sur des notes de moka aux fruits confits.

Bon ben voilà. On ne peut pas gagner à tous les coups.
Après, il est clairement meilleur que l'autre, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit mais ce n'est pas non plus la dégustation du mois.
Et, à nouveau, ça ne vaut malheureusement pas son prix ...

Mombacho 10 ans Sauternes finish :

On quitte l'Equateur pour aller faire un tour au Nicaragua. On reste toutefois dans le monde des volcans vu que le Mombacho s'élève à 1.350 mètres (en gros).
La distillerie qui produit le précieux liquide s'est notamment "spécialisée" dans les affinages (on y trouve, en vrac, Sauternes, bourbon, armagnac, ...).

     Mombacho 10 ans Sauternes finish

La bouteille "Gandalf" ... Mais si, celle qui crie "Fuyez pauvres fous !" quand vous vous approchez ...

La couleur est d'un or très soutenu.

Au nez, deux solutions : soit mes canaux olfactifs se sont fermés à l'approche du verre et je n'ai rien décelé, soit ça sent juste l'alcool.
Avec le temps, on reste sur l'alcool (rassurez-vous) avec peut-être un peu de sucre en fond (et si on est gentil, de noisettes ?).
Bon Christophe m'avait dit "Raah, celui-là,  il sent l'alcool à brûler ..."
C'est pas tout à fait faux (mais ça devait être plus flagrant lors du Rhum Discovery parce qu'en plus la chose n'avait pas pu s'ouvrir) ... c'est même fort vrai en fait ...

Niveau bouche ... "... et il goutte l'eau de Cologne. C'est dégueulasse !"
Sans aller jusque là, il faut bien reconnaître que ... enfin bof quoi ...
A la deuxième gorgée, c'est toujours pas bon et finalement, ben, l'eau de Cologne, c'est pas faux ;-)

La finale est inexistante (si ce n'est qu'elle réchauffe brûle la gorge).
En cherchant bien, on pourrait y trouver un peu de noisettes (ce qui - moi - me perturbe, surtout quand on m'annonce un finish en fût de Sauternes).

Celui-ci, c'est un peu comme le catch sur AB3 : "Ne faites pas ça chez vous !" (chacun ses références de merde hein :p).
Cette fois, j'ai pas pu, il a fini dans l'évier.

Et dire que le brave homme qui servait ça me l'a présenté comme une de ses meilleures ventes. Le pauvre, j'ai mal pour lui ...
(Après, c'est le type même du gars qui n'a pas de chance, il avait quand même la table du Back Jamaïca ...).

Conclusion ?
Et bien comparativement, il y en a un qui sort du lot (sans forcer).
Après d'un point de vue plus général :
- c'était la table à éviter lors du Rhum Discovery ^^ ;
- par rapport à ce qu'on peut trouver de meilleur au même prix sur le marché, ben, passez votre chemin.

On ne peut pas tomber sur de chouettes produits à tous les coups.
Et je prouve que ce blog est totalement indépendant en y incluant également des notes sur des trucs que je trouve personnellement dégueulasses pas à mon goût ...

Vu que mes samples étaient petits, je peux me consoler en me disant que j'ai au moins eu la "sagesse" de les terminer en une fois ...


Rhum n' Whisky

vendredi 16 juin 2017

Escapade italienne - troisième et dernière étape

Et bien voilà, on arrive doucement mais sûrement à la fin de notre escapade découverte au pays de la grappa.
Et, très honnêtement, ce fût une très belle surprise (ok, sauf pour le portefeuille qui va morfler encore un peu plus du coup mais bon ...), ne serait-ce que pour la rencontre avec les gens derrière Villa de Varda !


En route pour la fin de la dégustation :

Grappa Moscato Riserva :

Un produit 100% Muscat donc, vieilli longuement - à nouveau sans plus de précision - dans des "petits" fûts de chêne français de 225 litres légèrement toastés.
Grappa Moscato Riserva
Jusqu'au bout cette bouteille vous aura suivi !
La couleur est différente, si, si : or intense (j'irai même jusqu'à dire "à reflets orangés").

Le nez est fruité, principalement sur les agrumes (citron) et un peu sur le raisin.
Puis, ça part sur des notes florales (là, il y avait une odeur particulière que je n'ai pas su identifier mais c'était assez net, ça ne partait pas dans tous les sens) qui amènent une incroyable fraicheur à l'ensemble.

La bouche présente un côté floral assez doux (fleur de sureau) avant de partir vers les fruits exotiques (ananas et fruits de la passion) de manière assez intense avant, enfin, de laisser place aux agrumes.
Quelques épices très légères amènent une touche de peps intéressante.

Niveau rétro-olfaction, les arômes sont constants par rapport aux notes ci-dessus (douceur florale et fruits) avec un bref début plus alcooleux.

La finale est longue, dominée par les agrumes et le fruit exotique. Tout du long, on y percevra une certaine douceur sous-jacente.

Une belle évolution de la grappa Moscato blanche découverte plus tôt.

"Brandy" Acquavite di Vino :

Ah non, pas de grappa pour terminer mais une eau-de-vie de vin (Teroldego, Merlot et Cabernet) vieillie 10 ans dans des "petits fûts" d'essence diverses (et arrêtez de vouloir en savoir plus aussi hein :p).
"Brandy" Acquavite di Vino
Et même quand on "change" de produit, elle reste :-D
Niveau couleur, on repart sur un jaune doré.

Le nez, et bien, il est complètement différent de tous les autres !
On a l'impression d'être sur un produit beaucoup plus "bonbon fruité caramélisé" au premier nez avant d'avoir l'étrange sensation de retomber en enfance (du moins, moi) avec cette odeur familière de gâteau aux fruits confits.
C'est assez désarçonnant !
Avec un peu plus de concentration (et pour autant qu'on arrive à faire abstraction de ce qui précède), on y trouve du fruit jaune bien cuit (abricots), des amandes et un rien de vanille. Comment ça, "Frangipane !" ?
Ca évolue enfin sur des notes pralinées.

La bouche reste sur ce fruit cuit (qui colle bien avec le nez) mais avec des arômes plus typés cacao et fruits secs (noisettes).
Il y a un peu d'épices aussi.

La rétro-olfaction confirme cette impression perçue en bouche avec l'impression de déguster une liqueur de noisette aux notes fruitées.

La finale est plus sèche, relativement longue, sur les notes perçues en bouche.
Ca sera donc moins "écœurant" que le ressenti du nez (et ce n'est pas plus mal).

Pour moi, le moins bien des huit. Après, je n'ai jamais vraiment réussi à me défaire de cette impression "gâteau aux fruits confits" donc ça a dû jouer (une bonne excuse pour regouter :-D) et ça a donc été difficile à décrire ...
Notez bien, le nez que je qualifierais de "peu engageant" a toutefois été bien sauvé par la bouche et la finale donc, dans l'ensemble, c'est pas mal.

Ca y est, cette fois c'est vraiment fini.

Mais des produits Villa de Varda, il y en a encore plein d'autres donc il n'est pas impossible qu'ils fassent un prochain retour sur le blog (faudra "juste" mettre la main dessus, c'est tout).

J'espère que vous avez pris autant de plaisir à lire ces quelques notes "hors sujet" que moi à les déguster (bon, là c'est pas sûr mais on peut rêver ^^).

Et, encore une fois : Grazie Michele !


Rhum n' Whisky

jeudi 15 juin 2017

Escapade italienne - deuxième étape

Maintenant que l'on en sait un peu plus sur Villa de Varda, il est temps de découvrir la suite des produits garnissant le coffret découverte !


Oui, parfois mes introductions sont brèves, que voulez-vous ...

Grappa Pinot Nerot Riserva :

Comme son nom l'indique il s'agit d'un produit 100% Pinot noir, vieilli en fûts français d'essences diverses pour une période "très longue" (ça a le mérite d'être flou ^^) nous dit la version italienne du site.
Grappa Pinot Nerot Riserva
Comme une impression de déjà vu ...
Et donc, c'est bon ?

La robe est jaune dorée (j'ai déjà vu ça quelque part ...).

Le premier nez paraît assez alcooleux. Quelques touches de vanille (ah, le fût) et un peu de fruits rouges (cuits ?) se partagent avec des notes torréfiées et une impression d'être en présence de céréales.
Je l'admets, je suis perdu ! :s

Ici, je rétro-olfacte (et j'en profite pour inventer un verbe) d'abord parce que je suis paumé : il y a des fruits rouges, c'est déjà plus clair (et plus agréable aussi) mais il y a surtout du cacao (oui !) et encore ces notes torréfiées.

En bouche, c'est complètement différent des trois premiers produits dégustés (et c'est tant mieux) mais dans la lignée des notes perçues jusqu'à présent : café, fruits secs, cacao mais aussi un bouquet fruité (toujours sur les fruits rouges) et épicé.
A nouveau une très légère impression alcooleuse se fait sentir (juste pour dire quoi).
Et histoire d'enfoncer le clou dans le style produit "hors norme" : des notes de pain d'épice font leur apparition, c'est-à-dire douceur miellée et peps épicé sur la cannelle, la muscade et une légère touche de gingembre.

La finale est relativement longue sur ces notes agréables de cacao fruité (vous pouvez prendre un air étonné, c'est l'impression que ça m'a fait) et une certaine douceur.

Le verre vide restera sur ces notes torréfiées et fruitées.

Encore un beau produit mais je l'aime peut-être un peu moins que les autres (après j'ai recommencé ma dégustation par celui-ci, faut bien que les papilles s'habituent).

Grappa Triè :

Ah, un "blend" ! ;-)
Triè donc ... oui, trois types de raisins : Teroldego, Pinot Blanc et Müller Thurgau (croisement entre le Riesling et le Sylvaner ^^ oui, c'est écrit dans la brochure, j'avoue), vieilli "longtemps" (pas de détails) en fûts de chêne français.
Grappa Triè
Celle-là, j'en connais qui l'ont en vrai (et pas en modèle réduit comme moi ^^).
Ici aussi on part sur un jaune doré agréable à l'œil.

Pour le reste, et bien c'est relativement homogène et je dois bien reconnaître que c'est assez agréable. D'ailleurs ça faisait partie des cadeaux de fête des pères de mon papa qui a vachement apprécié :-D

Le nez est tout de suite beaucoup plus fruité (durant un instant, il m'a semblé présenter quelques relents jamaïcains assez sympas avant de partir sur quelque chose de plus massepain ... oui, je sais ...) mais pas sur les fruits rouges. On part dans une direction complètement opposée : fruits blancs et jaunes, quelques agrumes (de l'orange surtout).
On y trouve aussi quelques notes florales, relativement douces et principalement sur la fleur de sureau (si, si, c'est typique comme odeur).
Beaucoup mieux que le précédent !

La rétro-olfaction fera ressortir les mêmes arômes mais avec plus d'intensité (et avec une impression plus alcooleuse).

La bouche est douce (dans le sens "sucrée") et, accrochez-vous, "crémeuse" (au fur et à mesure de la dégustation, ça tapisse la bouche) sur les notes florales et fruitées (orange, fruits blancs, raisins, prunes (?)) avec quelques notes épicées très agréables.
Très, très bien !

La finale m'a semblée plus courte mais elle apporte une léger coup de chaleur en "début de finale" assez agréable avant de repartir sur ces notes fruitées et florales qui nous auront guidé tout du long.
Enfin, y relèverait-on une très légère amertume cacaotée ?

Clairement, j'ai été conquis !


Grappa Müller Thurgau Riserva :

Le dernier de la soirée, un produit 100% Müller Thurgau, vieilli en fûts français de diverses essences (encore) pour une "longue" période.
Grappa Müller Thurgau Riserva
Sinon, vous avez remarqué que l'étiquette fait "montagne" ?
La couleur est ... oui ! Jaune doré :-) (c'est constant, comme le design des bouteilles).

Le nez m'a - initialement - paru assez semblable au précédent mais en fait non : il est plus sur les fruits exotiques (ananas), la vanille et les fruits jaunes biens juteux.
Enfin, une odeur que je cherchais à définir mais que je n'arrivais pas à identifier : la cerise au marasquin ! What the fuck ?!? comme dirait l'autre ... Mais je vous promets, c'est vraiment ça (et avec une note de dégustation sous la main c'est encore plus flagrant :p).

La bouche est plus intense que sur le produit précédent : des sensations florales, fruitées et douces laissent place à quelque chose de plus profond et "sombre" (c'est poétique hein ^^) : torréfaction, notes toastées, cacao, fruits secs.
Je n'ai pas grand chose à dire de plus mais est-ce nécessaire quand c'est bien fait ?

En rétro-olfaction, on reste sur des notes fruitées enrobées d'une douceur miellée.

La finale est plus longue que celle du Triè, sur les notes perçues en bouche. Une légère amertume empêche que l'ensemble ne soit écœurant.
Les agrumes arrivent en toute fin.

Bon, ben voilà, encore un beau produit.

Fin de la dégustation numéro deux (certes plus courte que la première mais on s'est juste penché sur les produits. Pour les anecdotes et la maison, voyez l'article précédent ;-) ).

Rendez-vous d'ici peu pour la dernière étape de notre périple !


Rhum n' Whisky

jeudi 8 juin 2017

Escapade italienne - première étape

Alors, non, je ne vais pas vous parler d'un embouteilleur indépendant italien mais de quelque chose de "complètement hors sujet".

Explications :
Sur "fesse-bouc", il se passe une foultitude de choses plus ou moins intéressantes (force est de constater que l'on tend - en général - vers le moins ...) : tu retrouves de vieux amis (ou ils te retrouvent, c'est selon), tu t'inscris sur différents groupes spirituels et spiritueux, ...
Bref une activité normale quoi.
Et de temps en temps on te demande si tu veux être ami avec quelqu'un (incroyaap' hein ^^).
De manière complètement fortuite (ou pas :p), j'ai accepté à peu près la plupart des gens ayant un rapport avec le monde des spiritueux, chose qui - jusqu'à présent - avait au mieux entrainé un échange cordial et au pire ben, ... rien en fait.

Et là, je tape la discute avec Michele Dolzan (coucou :-) ) qui me parle de sa "société" (je reste volontairement flou pour entretenir le suspens ...) et de ses produits.
Je jette un coup d'œil à leur site web, au shop online et y repère un "coffret découverte" assez sympa. Etant totalement néophyte en la matière, je trouvais ça super intéressant.
Du coup on discute, je demande le prix de cette jolie boite et mon interlocuteur me demande si je suis un professionnel, si je vends, tout ça, tout ça. Du coup, je lui explique que non, que je suis "simplement" un amateur de bonnes choses qui aime en découvrir de nouvelles et qui écrit dessus parce que j'ai été pris d'un coup de folie :p
A ce moment là je me suis dit que ça allait en rester là.

Et bien non ! Il m'a proposé de m'envoyer le coffret dont question ci-dessus pour que je puisse découvrir ses produits et en faire un retour (en bien ou en mal, ça c'est à prendre ou à laisser).
Oui, gratuit, livré d'Italie ...
Personnellement, je n'en reviens toujours pas !
Et j'en profite d'ailleurs pour remercier encore une fois Michele pour sa gentillesse !

Ah oui, on parle de Grappa en fait :-D

Si, si, cette eau-de-vie de marc de raisin (oui, je vais gouter des alcools produits à partir de peau de raisin : j'ai peur de rien moi). Produit typiquement italien, la grappa est généralement embouteillée sans vieillissement mais on voit de plus en plus de produits vieillis.

Histoire d'être cohérent pour découvrir la richesse de ce type de produit on va donc s'intéresser à une partie de la gamme Villa de Varda.

Villa de Varda - box            Villa de Varda - box
Quand tu reçois ça à ton boulot, tu es joie :-D

Villa de Varda :

On s'envole vers l'Italie donc. Et plus particulièrement dans la région du Trentin, au cœur des Dolomites, dans la commune de Mezzolombardo.
C'est là-bas que la famille de Varda (y a un petit "de" devant : c'est un peu comme chez nous donc membre de la noblesse, tout ça, tout ça) possédait ses vignobles et produisait son vin et, fatalement, ses grappas.
Au 19ème siècle débute l'ère des Dolzan. A ce jour, nous en sommes à la 5ème génération.
Et ceux-ci ont visiblement conservé intacte la passion de leurs ancêtres pour ces beaux produits. Ajoutez-y un contrôle rigoureux de leurs produits afin que la qualité soit toujours au rendez-vous et vous obtenez une équipe gagnante.

Petit coup de pub : leur site web (très chouette :-) et il y a un shop en ligne :-D)

Maintenant qu'on en sait un peu plus sur la distillerie Villa de Varda, si on l'ouvrait ce coffret découverte ?

 

Les dégustations :

Villa de Varda - box
C'est juste la grande classe je trouve
Sur le principe, je me doutais qu'il fallait que je commence par les "blanches" mais c'était à peu près tout ...
Du coup, j'ai demandé conseil (que j'ai reçu) quant à l'ordre de dégustation idéal (si, si, j'ai fait ça de manière très consciencieuse).

Donc voilà :

Grappa Teroldego :

Un produit composé à 100 % de raisins Teroldego, soit un cépage rouge autochtone de la région du Trentin.
Grappa Teroldego
Une bouteille toute en sobriété
Oui, niveau coloration, c'est comme le rhum blanc : incolore (boulversifiant n'est-il pas ?).

Le tout premier nez m'a laissé une impression de ... grappa (avec un peu de cire). Ok je sors ...
Le nez donc, il est fruité et végétal : un peu comme un rhum agricole blanc mais aux fruits rouges (principalement la framboise) et noirs.
Et plus ça évolue, plus on a l'impression de se diriger vers une "liqueur de fruits" (dans le sens noble du terme :-) ).
Des épices assez légères font ensuite leur apparition pour amener encore un peu de complexité à la chose. Après réflexion, on pourrait plutôt parler d'aromates que d'épices. Et ça va englober les notes fruitées de manière étonnante.

Au premier abord, l'entrée de bouche parait plus "sèche" que ce que le nez laissait entrevoir. C'est juste une première impression (faut bien que le palais s'habitue à de nouvelles choses ^^) : cette sécheresse/amertume laisse immédiatement place à une jolie rondeur chaude et fruitée !
C'est extrêmement agréable et avec un peu plus "d'entrainement" (à traduire par : quand j'aurai goûté plus de sortes de grappa différentes ...), je suis sur qu'on peut y déceler des choses encore plus surprenantes et agréables.

Niveau rétro-olfaction, c'est assez alcooleux : on sent ce qu'on boit mais comme c'est bien foutu ça passe tout seul.
Il est bon de noter que c'est encore plus doux : on part sur de légères notes pâtissières tendance biscuits aux fruits.

La finale est moyennement longue, sur les notes rondes et agréables de la fin de bouche avec un retour du fruit rouge en finale.
On y trouve aussi quelque chose de plus "imposant" (le folder parle de "notes chocolatées" ... ben oui, peut-être mais je ne vais pas m'avancer plus ^^).

Bon, je savais déjà - après m'être pas mal intéressé aux rhums blancs - que les alcools blancs pouvaient réserver pas mal de surprises mais là, franchement, c'est juste top !
(Après c'est peut-être le geste qui flingue un peu mon objectivité ... Non, en fait non : j'y suis clairement allé avec un gros a priori négatif parce que la grappa et moi ça faisait deux tout récemment (avant ce verre-ci en fait) donc j'étais plus que sur mes gardes.).

Ca donne clairement envie de continuer à découvrir les autres produits !

Grappa Moscato :

D'un produit composé à 100 % de Teroldego, on passe à un produit composé à 100 % de Moscato (un cépage blanc local cette fois)
Grappa Moscato
Oui, la bouteille, il va falloir vous y habituer ;-)
Pour la petite histoire, celle-ci (et deux-trois autres), j'ai cru que je ne la gouterais jamais : les mignonettes sont hyper sympas et très jolies mais milliards qu'elles sont parfois compliquées à ouvrir...

A nouveau un alcool blanc donc pour la couleur on repassera. ;-)

Et là, grosse surprise : le nez est complètement différent ! C'est on ne peut plus surprenant !
Le nez, vu qu'on parle de lui, est toujours très fruité (bien que l'on parte plus vers le fruit blanc à tendance pomme) mais également on ne peut plus floral (rose, fleur de sureau, ...) avec pas mal de touches d'agrumes.
Et puis il y a quelque chose qui prend petit à petit le dessus sur tout le reste (vraisemblablement un mix de tout ce que j'ai énuméré. A la limite, on pourrait y trouver une petite odeur de massepain mais ce n'est pas nécessairement lui rendre justice donc faites comme si je n'avais rien écrit).
Enfin, des notes de pain d'épice arrivent progressivement.
Et ben, c'eut été dommage de ne pas arriver à l'ouvrir !

La bouche maintenant. Juste wow quoi ! Après une première expérience "fruits rouges", on part - comme pour le nez en fait - dans un registre complètement différent mais tout aussi agréable : des notes fruitées (fruits blancs) relativement douces (qui a dit sucrées ?) et florales sont boostées par un peps d'agrumes et de fruits exotiques (!) en fin de bouche (ananas, fruits de la passion). Super surprenant mais incroyablement agréable.

En rétro-olfaction, le coté floral assez sucré ressort mais, de manière inattendue, des notes végétales se taillent également leur place au soleil.

La finale, toujours relativement chaleureuse m'a semblée plus longue que la précédente et restait sur les notes de fin de bouche (fruits exotiques) très agréables.

Top aussi en fait !

Bon, les blanches, c'est fini, évoluons ;-)
A noter que les deux premiers produits ont "vieilli" dans des fûts en acier inoxydable durant six mois minimum.
Maintenant on va clairement partir sur des produits que l'on peut qualifier si pas de "vieux", "d'âgés".

Grappa Teroldego Riserva :

Retour sur un produit 100 % Teroldego mais cette fois vieilli plus de 18 mois en fûts français (en chêne je suppose).
Grappa Teroldego riserva
Qu'est-ce que je disais ? ^^
La robe est d'un jaune doré uniforme (couleur vin de paille).

Le nez est tout de suite plus complexe mais également plus fermé.
Il y a des fruits mais derrière un voile aromatique assez indéfinissable. En en faisant abstraction, on découvre des fruits secs, amande en tête, et - surprise - des fruits "cuits" avec une vague impression de boisé.
Après aération, les fruits rouges (cerises bien juteuses) percent doucement mais surement.

La bouche prend - une fois encore - un contrepied surprenant : devant la difficulté à percevoir les arômes au nez, on fait face à une véritable explosion de saveurs !
Cette fois, j'ai du chocolat mais aussi et surtout du fruit en marmelade (orange) ainsi que quelques épices (vanille, cannelle).
Une véritable déferlante de douceur (miel/sucre d'orge) sous toutes ses formes sans être écœurante pour autant.
Si vous n'avez pas compris, je suis bien plus charmé par la bouche que par le nez.

La rétro-olfaction amène une dualité amertume (chocolat) / douceur (miel) intéressante.

La finale est relativement longue et chaude (oui, encore) sur ces notes douces qu'on a trouvé en bouche.
J'ai noté un truc bizarre aussi (oui, même à la maison, mais j'ai une écriture de chien, que voulez-vous) : "+ sensation florale". Ca vous fait une belle jambe, je sais.

Le verre vide dégagera des notes épicées (cannelle, 5 épices, ...) un certain temps après avoir été vidé. Histoire de continuer à voyager olfactivement après la dégustation.

Et bien voilà, trois très beaux (et très bons surtout) produits pour une superbe entrée en matière.
Reste 5 !

On se retrouve bien vite pour la suite (alors oui, les notes sont dans mon carnet mais comme j'ai dégusté ça en plusieurs soirées, je vais vous en faire profiter en plusieurs fois aussi. Je vous sens joie et euphorie là ...).


Rhum n' Whisky

dimanche 4 juin 2017

Mon Rhum Day(s) 2017 ou "La dégustation près de chez moi ..."

Parfois, je ne prends pas le train pour participer à un salon de dégustation (ok, parfois je prends l'avion mais ça c'est pour novembre à Milan ^^).
Tout simplement parce que c'est près de chez moi.
Du coup tu réfléchis à comment tu fais pour y aller sans bagnole parce que quand même tu vas boire et que si nos sympathiques représentants de la maréchaussée (les flics pour les deux du fond qui sont perdus) sont un minimum subtil, ils t'attendent à la sortie...
Madame étant à l'étranger, mes fidèles acolytes m'ayant fait faux bond pour des raisons diverses et variées, les horaires de bus étant pourris (en gros j'aurais été aussi vite à pieds ... sans compter le fait qu'il n'y en avait plus pour revenir) je me préparais à me faire un petit 12 kilomètres aller-retour (6 + 6 hein, pas 24 au total) jusqu'à ce que ...

Jusqu'à ce que les Gentleman's Rummer (oui, en italique : marque déposée tout, ça tout ça ^^) décident de faire leur première sortie officielle (certes sans déguisement équipement mais en groupe) aux Rhum Days !
Parce que oui, on est quand même là pour parler des Rhum Days !


Rhum Days
Ambiance "Pirate"
(oui, c'est la photo du plan nous remis à l'entrée, et alors, c'est "home-made" non ?)
Et donc cette histoire de gens de bonne composition qui courent c'est quoi ?
Pas Runner biesse, Rummer !
C'est - à nouveau - une secte d'adorateurs de jus de canne qui se réunissent de manière plus ou moins fréquente dans une ambiance bon enfant afin de déguster et (re)découvrir leur spiritueux favori !

Ce qui fait qu'avec beaucoup de chance deux d'entre nous (dont moi ^^) ont eu un BOB chauffeur (oui, parce qu'il a bu aussi en fait) : c'est sympa :-)
Pour remercier mon gentil chauffeur je lui avais préparé trois samples surprises (sans entrer dans le détail : whisky, armagnac, tequila :p) : le concept a fait recette !
En effet, lors de chacune de nos réunions, l'un d'entre nous fournira un sample mystère !
Quel concept trop top ! :-D

Bref, les Rhum Days sinon, c'était bien ?

Comme d'hab', on va faire un "rapide" comparatif bien/pas bien avant de passer à la partie dégustation.
Et pour ne pas changer une équipe qui gagne, on va commencer par ce qui "n'a pas été" :
- la date (mais ça, ça ne concerne que moi. Mais en même temps comme c'est mon blog ...) : quelle idée de faire ça le week-end de la fête des mères où, en plus, je récupérais Madame de retour de colloque complètement déclassée en pleine nuit le samedi. Conclusion j'ai dû faire impasse sur la journée de dimanche. Et ça, clairement, c'est nul ;
- l'affluence : c'est peut-être parce que le concept "sous-tente" de l'année dernière avait donné l'impression qu'il y avait plein de gens alors que l'espace était réduit mais là, au hall omnisport de Waremme, ça faisait vide mais vide ! Et il parait que ça a été encore pire le dimanche. Espérons que ça ne leur porte pas préjudice pour la prochaine fois (après, le week-end de fête des mères, le beau temps, la multiplication des salons de dégustation - oui, le rhum, c'est tendance - explique peut être tout ça) ;
- pas ou peu de nouveautés : à part le nouveau 1703 Master Select de chez Mount Gay,La Perle de chez A 1710, rien de bien spécial (ok, en discutant un peu on pouvait gouter les Caroni et Hampden de chez CDI ou le Genesis de chez Longueteau (pas dans son packaging officiel toutefois) mais ce n'est pas vraiment du neuf à proprement parler). Pas de parcellaire 4, pas de nouveautés chez les Rhums de Ced', pas de Clairin World Championship, ...
Certaines maisons rarement présentes (qui a dit Neisson ?) n'ont pas vraiment présenté de trucs folichons (et fatalement pas de nouveautés non plus). De mémoire, il n'y avait même pas le 52,5° !
Dommage quoi.
Sinon, à part ça, c'est à peu près tout.

Les points positifs maintenant :
- ben c'est l'étape locale en ce qui me concerne donc, automatiquement, je trouve ça bien ! :-D (bon ok, Faimes-Waremme, c'est pas le même bled mais on ne peut pas dire que ça soit hyper loin non plus) ;
- chez nous, il y a deux types de festival : ceux qui sont hyper bien organisés et qui restent humbles (Spa, nous voilà ! Les places sont déjà réservées !) et ceux qui dès leur premier évènement attrapent le gros coup en balançant des trucs style "futur évènement d'envergure internationale" et où tant l'organisation que l'affluence ne sont pas au rendez-vous (certes je n'y suis pas allé mais tous les retours allaient dans le même sens).
Et bien les Rhum Days font clairement partie de la première catégorie : on commence petit (la première année) sans en faire trop (je me souviens qu'un ami avait - à l'époque - lâché sur fesse-bouc un truc style "je passerai mais ça n'arrivera sûrement pas à la cheville de Spa" ce à quoi Xavier Lambrechts (un des organisateurs de l'évènement) avait simplement répondu que ce n'était pas du tout le but) et on évolue calmement : lieu plus sympa et plus grand (bon plus vide cette année mais j'ai déjà expliqué pourquoi), personnel attentif, souriant et au point, de plus en plus d'exposants, bref il y en a pour tous les goûts et même si on s'y connaît déjà un peu, il y a toujours l'un ou l'autre produit à côté desquels on est sûrement passé (moi j'ai encore plein de choses à découvrir donc voilà ^^) ;
- première sortie "officielle" des "GR" donc (mais si, voyez les photos sur la page fesse-bouc du blog, c'est le post qui précède) : amour, coquillages et crustacés du coup ! ... ah non, pardon, à part les mollusques (on y reviendra) c'était plutôt dégustation, échange et discussion le tout dans une super ambiance avec parfois un humour un peu idiot (qui a dit que c'était de ma faute ?) ! Bref, une belle réussite ! Et comme des clampins on n'a même pas fait une photo de groupe :p ;
- comme d'habitude lors de ce type d'évènement, on retrouve des exposants super sympa qu'on commence à bien connaître : c'est chouette ;
- étrangement, il y a eu des dégustations hors sujet :
° une liqueur de rhum (?) au kumquat de chez Fair agrémentée d'un tonic Erasmus Bond (Ginger ale ou Ginger beer, je ne sais plus) : très rafraichissant ;
° un Xeres William & Humbert Pedro Ximenez : alors là on est passé du liquoreux au sirupeux (pour qu'on nous balance "C'est quoi le sirop de liège liquide qui colle à votre verre ?" fallait vraiment que ça plaque... C'est toujours agréable sinon un petit PX ;-)
- l'affluence : oui, j'aime bien mettre le même sujet dans les points positifs et négatifs ... Autant la faible affluence pourrait être préjudiciable aux organisateurs, autant c'est agréable pour les visiteurs : on ne se marche pas sur les pieds, on a le temps de discuter avec les exposants, ... bref c'est très agréable ;
- le stand Samaroli/Kill Devil tenu par Ludo Martin du Chemin des Vignes (à Stockel) : une rencontre "from outer space" hyper sympathique !
Je m'explique : Samaroli, j'en entends parler depuis longtemps sans jamais avoir eu l'occasion de goûter. Et là, toute la gamme 2016 (sauf le Hampden, sniff) était présente donc je dis que j'en prends un de chaque mais que j'ai des samples histoire de déguster ça calmement à la maison. Mon interlocuteur trouve que c'est une bonne idée, on discute un peu, et puis il me dit "Bon, je vais discuter un peu plus loin, je te laisse faire" et là, je me retrouve comme un c** devant les bouteilles de Samaroli avec mes samples en me disant "mais non, t'as mal compris, il va revenir, ..." ... une minute passe (dans ce type de situation, c'est long une minute) et toujours pas de Ludo ... Ben j'ai rempli mes samples moi-même ! Et vous n'imaginez même pas la tête des GR qui sont arrivés à ce moment là en poussant les hauts-cris genre "Mais qu'esse-tu fais là ?!!" ou encore "Non, j'hallucine, tu ne te sers pas tout seul quand même ??!" Stupéfiant je vous dis ! :-D
Fin de salon, je suis repassé remplir mes derniers samples avec quelques vieux Guyanais (anglaise la Guyane, je précise) de chez Kill Devil dont un Enmore qui me fait sacrément de l'œil (25 ans quand même).
La pêche fut donc bonne :
samples !!
Dans le désordre chez Samaroli : Panama, Caribbean, Demerara Vertical, Trinidad, Jamaica Rhapsody Blended, Demerara, Grenada, Fiji, Guadeloupe ! Et chez Kill Devil : Enmore 25, DIamond 18 et uitvlugt 17 ... Que du beau monde donc !
Rien à voir avec les Rhum Days mais je me dois de déjà vous en parler (ben oui, il est sympa Ludo donc je fais sa pub aussi ^^) :
Les vendredi 1er (nocturne), samedi 2 et dimanche 3 juin 2018 aura lieu au Cinquantenaire à Bruxelles le Belgian Whisky & Spirits Festival. On y trouvera du whisky (ben oui. Probablement beaucoup d'embouteillages indépendants vu qu'il y a un léger rapport avec le Chemin des Vignes ;-) ), du rhum (vous voyez qu'il y a un rapport), de l'armagnac (miam miam), du cognac (miam aussi) et du calva (là je suis moins fan, après j'ai probablement testé des trucs pas top top donc ...) avec un peu de gin (cool - articles à venir soit dit en passant) et de vodka (bof l'alcool de patate ...).
Pas de site web pour l'instant mais ça ne saurait tarder ! On en reparle bientôt, promis, et on revient aux Rhum Days
Fin du hors-sujet ^^

Ah oui, désolé, je n'ai pas visité les toilettes --' (allez lire le compte-rendu des derniers salons, vous comprendrez).

Voilà voilà.
Pour ceux qui n'aurait pas compris, je le fais en plus simple : c'était vraiment très très chouette ! Vivement l'année prochaine (pour autant que la date le permette, ça sera les deux jours !) !

Sur ce, on passe aux dégustations ?
Alors je vous préviens tout de suite, ça a été bien moins studieux que les autres fois (un gentleman, ça va, six gentlemen, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va mais c'est moins attentifs quand même :p).

Rum Malecon - Seleccion Esplendida 1987 :

Contrairement à ce qu'il y a d'écrit sur la bouteille (Metodo Tradicional Cubano), ce ron-ci nous vient du Panama (qui a dit Abuelo ? Médisants va).
Du coup, on a peu d'info sur la chose si ce n'est qu'il s'agit d'une "production" de chez Caribbean Spirits. Voilà voilà.
A noter que la gamme est assez large (12, 15, 18, 21 et 25 ans : tous sont - en sample - à la maison : ça sent la soirée comparative un de ces jours ^^) et ils ont dernièrement embouteillé un brut de fût (sauf erreur un 20 ans).

Rum Malecon - Seleccion Esplendida 1987
Y a pas à dire, niveau packaging, c'est classe.
 La robe, d'un ambre profond, a des reflets or orangés. Pour faire simple, on a tous dit : "C'est beau".

Au nez, une amorce très douce ("caramel", notes fruitées (exotiques surtout)) laisse progressivement place à quelque chose de plus complexe : notes torréfiées, de cuir, légères touches mentholées et herbacées.
Très agréable.

En bouche, on y trouve certes quelques touches vanillées et caramélisées mais c'est bien plus épicé que ce que j'imaginais.
Les fruits secs et à coques s'y taillent également une belle place.
En rétro-olfcaction, il m'a semblé que les notes "herbacées" perçues au nez supplantaient le côté sucré du produit.

La finale, moyennement longue, m'a semblée légèrement pétillante (oui, ça part déjà en sucette :p) avec une prédominance des épices entourées d'agréables notes douces.

Y a bon (le prix aussi mais bon ...).

Kill Devil Jamaica 17 ans :

Pour la petite histoire Kill Devil, c'est par là (vas-y, clique moi).


Kill Devil Jamaica 17 ans
Oui, je sais, elles se ressemblent toutes (après ça aide à les repérer hein mais quand on en a plusieurs, ...) 
Et il vaut quoi ce petit Hampden (parce que oui, c'est de là qu'il vient ^^) ?

Sa robe est très légère : on part sur une couleur paille.

Le nez est tout de suite très ... jamaïcain ! Mais Jam Jam Jam hein !
C'est tellement typique mais tellement bien :-)
Ah oui, pardon, donc on part sur du fruit exotique super-méga-hyper mûr avec quelques épices de là-bas pour équilibrer le tout.
Equilibrer le fruit quasi-pourri avec des épices ? Meuh non, équilibrer ce fruit (trop) mûr avec les notes de solvant/colle forte également présente (attention, ce n'est pas hyper dominant comme dans certaines versions, c'est "léger" et parfaitement maitrisé).

En bouche, on ne change pas une équipe qui gagne : les fruits mûrs sont toujours là mais cette fois ce côté solvant si particulier revient en force.
Il y a des épices ... aussi mais elles passent un peu au second plan ici.
Niveau rétro-olfaction, c'est clairement colle forte et solvant.

La finale reste dans la lancée : fruits mûrs et solvant avec, toutefois, une élégante touche fumée qui vient achever le travail.
Et c'est d'une longueur incroyable !

Vraiment extra mais pas à la portée de tous (comme souvent avec les jamaïcains "puants").

A1710 - La Perle :


C'est tout simplement la toute nouvelle distillerie de Martinique. Qui sort déjà des rhums vieux ... qui viennent d'autres distilleries (le concept me laisse sceptique déjà) à des prix exorbitants (scepticisme volume 2) en indiquant fièrement (qui a dit "de manière hautaine" ?) rhum extraordinaire sur ses bouteilles (BAM ! ... mon thermomètre spécial sceptique vient d'exploser, désolé).
Ok, t'es nouveau, faut te faire connaître mais de là à sortir des bouteilles que le commun des mortels ne saurait se payer (on me dit que les gens normaux ne sont pas la cible en fait. Ah bon. D'accord ...) et à avoir un directeur de com' qui mise tout sur le concept "moi je fais mieux et je le dis fort haut même si je n'ai aucun vécu derrière" ben faut pas s'étonner que ça te pète à la gueule s'il y a une couille dans le potage à un moment donné.
Mode coup de gueule passé.
Après "leurs" vieux ne sont pas mauvais mais le rapport qualité/prix/plaisir faut furieusement défaut au niveau prix.

A1710 - La Perle
Alors celui-ci, Laurent (aka "L'homme à la poussette") lui avait trouvé un fort goût de moule espagnole. Quid du coup ?
Niveau couleur on penche clairement vers le rien ... Suivez un peu, c'est un blanc ;-)

Le nez est relativement agréable : végétal, sur la canne en plein, il laisse progressivement place à des notes fruitées rafraichissantes.
Jusque là tout va bien.

Et puis on goûte et là, patatras ! Tout ce qu'on a retrouvé au nez disparaît d'un coup, d'un seul pour laisser placer à une impression métallique, pétillante, salée ou/et/iodée avec quelque chose d'étrange derrière tout ça ...
Après mûre réflexion, je partirais sur un truc genre viande boucanée (et je n'étais pas le seul). A ce moment là, on a failli perdre un GR qui a poussé les hauts cris "Aaah ! Beurk, beurk, beurk, tu la sens pas la moule là, tu la sens pas ? Je déteste ça depuis tout petit et ça se goûte vraiment ! Pouah !" (propos à vérifier pour la partie "depuis tout petit" sinon le reste s'est vraiment passé comme ça).
Ca donne envie hein ?

La finale , toujours sur cette note métallique a toutefois permis à des notes d'agrumes et de canne de refaire leur apparition.
Elle est trop longue car trop persistante sur les saveurs de la bouche.

Clairement, un produit à oublier !
Après il s'agit du premier batch et il semblerait que le second ait pas mal rectifié le tir mais bon quand c'est comme ça t'évite d'écrire sur l'étiquette "Rhum extraordinaire" ...

Maison La Mauny - Acacia :

On reste en Martinique avec la distillerie La Mauny. Pardon, Maison La Mauny : nouvelle dénomination, nouveau packaging, même produit : merci le département marketing.
Fondée en 1749, elle reçoit le label AOC en '96.
Pour le reste je n'ai pas grand chose à vous raconter pour l'instant. Désolé.
Maison La Mauny - Acacia
Moi j'aimais bien l'ancien packaging en fait (bon celui-ci n'en avait pas vu que c'est une nouveauté mais j'aimais bien la forme de la bouteille avant par rapport à maintenant : elle avait une identité propre au moins).
La couleur est perturbante : c'est un blanc qui a eu un léger (mais très léger hein) finish ce qui fait qu'il a une très légère coloration (paille moins moins ^^).

Le nez est fort sur la canne et les notes salines avant de partir vers les agrumes.

De manière assez surprenante - alors que le nez ne le laissait pas présager - j'ai trouvé l'attaque en bouche assez alcooleuse.
Les notes végétales perçues au nez étaient toujours là (canne un jour; canne toujours comme on dit). C'était également herbacé (je n'ai pas trouvé d'autres mots pour expliquer mon ressenti sur le moment).
Niveau rétro-olfaction : une impression salée domine mais on est plutôt sur un fruit entouré de sel : c'est surprenant.

La finale conserve les marqueurs principaux qui nous ont accompagnés jusqu'ici : un peu de sel, un peu de fruits et des notes végétales.

Un produit relativement frais et agréable.
J'ai noté "très sympa" dans mes notes. Je sortais de La Perle aussi hein. Un chouette petit rhum "blanc" qui peut réserver de belles surprises en cocktail ou en ti-punch à mon avis.

Pusser's Navy Rum - 15 ans Nelson Blood :

Dans la marine britannique le pusser (ou purser si on veut parler bien english) est simplement le brave homme chargée de la paie. Gné, ça n'a aucun rapport! Mais si : il était aussi chargé de distribuer le rations de rhum à l'équipage, tradition assez sympathique qui s'est perdue en 1970 (un jour j'espère vous parler du Black Tot ^^) pour des raisons de sécurité.
Il s'agit donc d'un Navy Rum (ici, un blend de rhums provenant du Demerara, de Barbade, de Trinidad et de Jamaïque réellement vieillis 15 ans. Rien que  ça.), catégorie assez peu représentée de part chez nous.

Pusser's Navy Rum - 15 ans Nelson Blood
Ici j'ai rien à dire mais comme j'ai décidé de mettre des légendes partout ... :p
La robe est d'un ambre orangé intense assez foncé. Ca donne envie.

Au nez, grosse claque : une déferlante de notes caramélisées (vu la provenance, on dira plutôt sucre brun) fumées et épicées (cannelle notamment) laisse progressivement place  à quelques notes de coco, de solvant (siiii ^^) et de chocolat (les experts parlent de cacao. Moi je dis chocolat d'abord) avant de terminer par une pointe de boisé.
Une grosse claque je vous dis.

En bouche, c'est hyper rond et super agréable : on passe des notes fruitées (bien ronde style pruneau) à des notes fumées/toastées avec une touche de caramel toujours très légère. Les arômes boisés perçus au nez sont également toujours là.
En rétro-olfaction, on reste sur un caramel toasté agréable.

La finale - moyennement longue - reste sur cette rondeur perçue en bouche avec quelques touches épicées amenant une note de peps pour bien terminer.
A noter que le léger fumé qui nous poursuit depuis le début est toujours là aussi.

Pour un produit dont je n'attendais pas grand chose, c'est une bien jolie découverte !

Mount Gay - 1703 Master Select :

Détour par la Barbade, berceau du rhum pour nous poser dans la seconde grande distillerie de l'île (l'autre étant Foursquare) fondée parait-il en 1703 (ça explique bien des choses).
C'est donc le remplaçant du Mount Gay 1703 (qui attend toujours sagement son ouverture à la cave d'ailleurs) qui va retenir note attention.
On part quand même sur un assemblage de jus âgés de 10 à 30 ans (et il devrait - au final - contenir une proportion plus importante de rhums "plus vieux" que le précédant).

Mount Gay - 1703 Master Select
Nouvelle version, nouveau packaging (et j'aimais bien la photo même si le verre est scandaleux).
La robe est acajou. Y a pas à discuter là-dessus.

Le nez est typique de la Barbade avec ses notes de coco et d'agrumes (citron et orange).
On peut également y trouver un peu de "cire" (soit une impression de noblesse ... ok, je vous ai complètement perdu :p) ainsi que des épices douces au rang desquelles vanille et cannelle se disputent le devant de la scène.
Des notes toastées arrivent par la suite pour laisser finalement place à un caractère plus boisé.
Un truc monstrueusement évolutif.

La bouche est au diapason : boisée, avec des notes de coco et de fruits (toujours ces agrumes).
Toutefois, on va y trouver plus d'épices à la fois pleine d'énergie (poivre, badiane, un truc que je ne sais plus relire, ...) et de douceur (vanille, sucre brun).
Niveau rétro-olfaction, on partira sur des notes de coco épicées.

La finale est longue, sur les mêmes notes que la bouche, éventuellement un peu plus douces et boisées.

Vraiment vraiment bien !

Bon pour les trois suivants, je vous préviens tout de suite : j'ai l'impression d'être complètement passé à côté d'un truc. Il faudra vraiment que je les goûte à nouveau car le premier, plein de gens en disent du bien et les deux suivants ben, jusqu'à présent, je n'ai jamais été déçu de leurs produits. Affaire à suivre donc !

Toucan blanc :

Si je vous dis "On part en Guyane", vous penserez surement Demerara :-) (vous êtes des gens de bon goût).
Raté : on part en Guyane française cette fois.
Issu de la distillerie Saint-Maurice (qui produit également La Cayennaise et La Belle Cabresse), Toucan est le "bébé" de Catherine Arnold, française de son état, qui a eu envie de se lancer dans l'aventure rhum.
Il existe également une version infusée à la vanille (Toucan Vaniliane) et un rhum épicé (Toucon Boco Spicy).
Enfin, il est bon de noter qu'après distillation, il est envoyé en France pour y être réduit.

Toucan blanc
L'étiquette est donc bien en rapport avec le nom du produit :-D
Sans surprise, la couleur n'y est pas ... Vous espériez autre chose ?

Au nez, on est très canne (vraiment) puis ça devient légèrement fruité (sur les fruits blancs et tropicaux).

La bouche est douce (toujours les fruits) et sur la canne.
Et puis le drame : un arrière-goût plus amer (herbacé ??!) très surprenant (et pas dans le bon sens du terme).
En rétro-olfaction, ça m'a semblé fort sur la canne mais plus alcooleux.

La finale démarre sur la canne avant de passer par une phase "amertume" (crotte alors) pour terminer dans la douceur.

Ben oui mais non en fait ...

Rum Nation - Guadeloupe Vieux :

Rum Nation on a en déjà pas mal parlé non ? Mais si, un peu plus en détail ici. Sinon le listing reprend plus d'une dizaine de références de l'embouteilleur, vous avez de quoi faire avec ça :-D

On va tout de suite passer à la dégustation du coup.
Rum Nation - Guadeloupe Vieux
Une bouteille Rum Nation quoi ^^
Celui-ci présente une robe dorée.

Le nez m'a semblé légèrement fumé, fruité (très fruité. Sur les fruits rouges surtout) et anisé (WTF ?!).

La bouche est douce, fruitée et épicée de façon surprenante (réglisse et anis sont relativement présents avec un rien de poivre).

La finale est douce, sur les notes perçues en bouche.

Moui moui ...

Rum Nation - Réunion 7 ans :

D'humeur paresseuse, je vais simplement vous renvoyer au produit ci-dessus (qui - lui-même - renvoie à un autre article ; c'est bien fait hein ?) pour les détails sur Rum Nation.

Rum Nation - Réunion 7 ans
Une autre bouteille Rum Nation donc :p
La couleur est dorée.

Le nez est assez indéfinissable et m'a donné l'impression de partir sur des notes de plastique fruité avec un rien de poivre (oui, à ce moment là, tu te dis que soit tu as bien foiré ton coup, soit qu'il est temps de rentrer ...).
Par la suite, on reste sur les épices et arrivent des notes végétales. En fait c'était plutôt herbacé que végétal. Dans tous les cas, ça a amené de la fraicheur à l'ensemble.

La bouche est épicée (poivre, réglisse et anis - encore !) et fruitée (sur les fruits rouges et confits).
En rétro-olfaction, c'est épicé (mais alors y a plein d'épices quoi) et de nouveau herbacé.

La finale est fumée (? ... ? parce que c'est pas hyper lisible dans mon carnet) et épicée.

Voilà voilà ...

Bologne - Black Cane :

N'y a-t-il qu'en Guadeloupe que l'on joue avec les différentes variétés de canne à ce point (Longueteau, Bielle, ...) ?
Bonne question !
Toujours est-il que Bologne, distillerie de Basse-Terre (en Guadeloupe donc) produit ce rhum au moyen des cannes "noires" entourant le domaine et qui sont ensuite distillées dans une colonne en cuivre.
A noter, ce fut la première distillerie à avoir un propriétaire qui n'était pas un "blanc". Ca a son importance parce qu'on était quand même en 1830, soit 18 ans avant l'abolition de l'esclavage.

Bologne - Black Cane
Moi, la bouteille elle me plait bien :-)
Alors non, le jus n'est pas noir! Est-ce que les parcellaires 1 et 9 de chez Longueteau sont rouges ou le canne bleue de chez clément de couleur schtroumpf ? Non. Donc c'est incolore. Voilà.

Le nez est principalement sur la canne et les agrumes. Ca évoluera légèrement vers les fruits exotiques.

La bouche reste pas mal sur la canne mais c'est bien plus végétal, presque "terreux" (oui, c'est bizarre mais c'est l'impression que ça donne) avec toujours ces petites touches d'agrumes perçues au nez.
Alors ça peut surprendre mais j'y ai aussi trouvé des notes de gingembre (ça méritait bien un alinéa à part non ?)
La canne est toute en puissance en ce qui concerne la rétro-olfaction.

La finale est longue et dans la continuité de la bouche.

Tout de suite ça m'a mieux plu.

C'était donc le dernier de la journée.
Oui, c'est chelou de finir par un blanc mais que voulez-vous, il y a des jours où ça ne sert à rien d'établir un plan de bataille précis parce que, de toute façon, ça foire toujours.

Après nous sommes passés à la liqueur de kumquat et au Pedro Ximenez. Puis on est rentré, j'ai été courir, ... mais ça vous vous en fichez un peu non ? ;-)

Sinon vous ai-je déjà dit qu'on avait passé une super bonne journée ?

A l'année prochaine donc !


Rhum n' Whisky