dimanche 4 juin 2017

Mon Rhum Day(s) 2017 ou "La dégustation près de chez moi ..."

Parfois, je ne prends pas le train pour participer à un salon de dégustation (ok, parfois je prends l'avion mais ça c'est pour novembre à Milan ^^).
Tout simplement parce que c'est près de chez moi.
Du coup tu réfléchis à comment tu fais pour y aller sans bagnole parce que quand même tu vas boire et que si nos sympathiques représentants de la maréchaussée (les flics pour les deux du fond qui sont perdus) sont un minimum subtil, ils t'attendent à la sortie...
Madame étant à l'étranger, mes fidèles acolytes m'ayant fait faux bond pour des raisons diverses et variées, les horaires de bus étant pourris (en gros j'aurais été aussi vite à pieds ... sans compter le fait qu'il n'y en avait plus pour revenir) je me préparais à me faire un petit 12 kilomètres aller-retour (6 + 6 hein, pas 24 au total) jusqu'à ce que ...

Jusqu'à ce que les Gentleman's Rummer (oui, en italique : marque déposée tout, ça tout ça ^^) décident de faire leur première sortie officielle (certes sans déguisement équipement mais en groupe) aux Rhum Days !
Parce que oui, on est quand même là pour parler des Rhum Days !


Rhum Days
Ambiance "Pirate"
(oui, c'est la photo du plan nous remis à l'entrée, et alors, c'est "home-made" non ?)
Et donc cette histoire de gens de bonne composition qui courent c'est quoi ?
Pas Runner biesse, Rummer !
C'est - à nouveau - une secte d'adorateurs de jus de canne qui se réunissent de manière plus ou moins fréquente dans une ambiance bon enfant afin de déguster et (re)découvrir leur spiritueux favori !

Ce qui fait qu'avec beaucoup de chance deux d'entre nous (dont moi ^^) ont eu un BOB chauffeur (oui, parce qu'il a bu aussi en fait) : c'est sympa :-)
Pour remercier mon gentil chauffeur je lui avais préparé trois samples surprises (sans entrer dans le détail : whisky, armagnac, tequila :p) : le concept a fait recette !
En effet, lors de chacune de nos réunions, l'un d'entre nous fournira un sample mystère !
Quel concept trop top ! :-D

Bref, les Rhum Days sinon, c'était bien ?

Comme d'hab', on va faire un "rapide" comparatif bien/pas bien avant de passer à la partie dégustation.
Et pour ne pas changer une équipe qui gagne, on va commencer par ce qui "n'a pas été" :
- la date (mais ça, ça ne concerne que moi. Mais en même temps comme c'est mon blog ...) : quelle idée de faire ça le week-end de la fête des mères où, en plus, je récupérais Madame de retour de colloque complètement déclassée en pleine nuit le samedi. Conclusion j'ai dû faire impasse sur la journée de dimanche. Et ça, clairement, c'est nul ;
- l'affluence : c'est peut-être parce que le concept "sous-tente" de l'année dernière avait donné l'impression qu'il y avait plein de gens alors que l'espace était réduit mais là, au hall omnisport de Waremme, ça faisait vide mais vide ! Et il parait que ça a été encore pire le dimanche. Espérons que ça ne leur porte pas préjudice pour la prochaine fois (après, le week-end de fête des mères, le beau temps, la multiplication des salons de dégustation - oui, le rhum, c'est tendance - explique peut être tout ça) ;
- pas ou peu de nouveautés : à part le nouveau 1703 Master Select de chez Mount Gay,La Perle de chez A 1710, rien de bien spécial (ok, en discutant un peu on pouvait gouter les Caroni et Hampden de chez CDI ou le Genesis de chez Longueteau (pas dans son packaging officiel toutefois) mais ce n'est pas vraiment du neuf à proprement parler). Pas de parcellaire 4, pas de nouveautés chez les Rhums de Ced', pas de Clairin World Championship, ...
Certaines maisons rarement présentes (qui a dit Neisson ?) n'ont pas vraiment présenté de trucs folichons (et fatalement pas de nouveautés non plus). De mémoire, il n'y avait même pas le 52,5° !
Dommage quoi.
Sinon, à part ça, c'est à peu près tout.

Les points positifs maintenant :
- ben c'est l'étape locale en ce qui me concerne donc, automatiquement, je trouve ça bien ! :-D (bon ok, Faimes-Waremme, c'est pas le même bled mais on ne peut pas dire que ça soit hyper loin non plus) ;
- chez nous, il y a deux types de festival : ceux qui sont hyper bien organisés et qui restent humbles (Spa, nous voilà ! Les places sont déjà réservées !) et ceux qui dès leur premier évènement attrapent le gros coup en balançant des trucs style "futur évènement d'envergure internationale" et où tant l'organisation que l'affluence ne sont pas au rendez-vous (certes je n'y suis pas allé mais tous les retours allaient dans le même sens).
Et bien les Rhum Days font clairement partie de la première catégorie : on commence petit (la première année) sans en faire trop (je me souviens qu'un ami avait - à l'époque - lâché sur fesse-bouc un truc style "je passerai mais ça n'arrivera sûrement pas à la cheville de Spa" ce à quoi Xavier Lambrechts (un des organisateurs de l'évènement) avait simplement répondu que ce n'était pas du tout le but) et on évolue calmement : lieu plus sympa et plus grand (bon plus vide cette année mais j'ai déjà expliqué pourquoi), personnel attentif, souriant et au point, de plus en plus d'exposants, bref il y en a pour tous les goûts et même si on s'y connaît déjà un peu, il y a toujours l'un ou l'autre produit à côté desquels on est sûrement passé (moi j'ai encore plein de choses à découvrir donc voilà ^^) ;
- première sortie "officielle" des "GR" donc (mais si, voyez les photos sur la page fesse-bouc du blog, c'est le post qui précède) : amour, coquillages et crustacés du coup ! ... ah non, pardon, à part les mollusques (on y reviendra) c'était plutôt dégustation, échange et discussion le tout dans une super ambiance avec parfois un humour un peu idiot (qui a dit que c'était de ma faute ?) ! Bref, une belle réussite ! Et comme des clampins on n'a même pas fait une photo de groupe :p ;
- comme d'habitude lors de ce type d'évènement, on retrouve des exposants super sympa qu'on commence à bien connaître : c'est chouette ;
- étrangement, il y a eu des dégustations hors sujet :
° une liqueur de rhum (?) au kumquat de chez Fair agrémentée d'un tonic Erasmus Bond (Ginger ale ou Ginger beer, je ne sais plus) : très rafraichissant ;
° un Xeres William & Humbert Pedro Ximenez : alors là on est passé du liquoreux au sirupeux (pour qu'on nous balance "C'est quoi le sirop de liège liquide qui colle à votre verre ?" fallait vraiment que ça plaque... C'est toujours agréable sinon un petit PX ;-)
- l'affluence : oui, j'aime bien mettre le même sujet dans les points positifs et négatifs ... Autant la faible affluence pourrait être préjudiciable aux organisateurs, autant c'est agréable pour les visiteurs : on ne se marche pas sur les pieds, on a le temps de discuter avec les exposants, ... bref c'est très agréable ;
- le stand Samaroli/Kill Devil tenu par Ludo Martin du Chemin des Vignes (à Stockel) : une rencontre "from outer space" hyper sympathique !
Je m'explique : Samaroli, j'en entends parler depuis longtemps sans jamais avoir eu l'occasion de goûter. Et là, toute la gamme 2016 (sauf le Hampden, sniff) était présente donc je dis que j'en prends un de chaque mais que j'ai des samples histoire de déguster ça calmement à la maison. Mon interlocuteur trouve que c'est une bonne idée, on discute un peu, et puis il me dit "Bon, je vais discuter un peu plus loin, je te laisse faire" et là, je me retrouve comme un c** devant les bouteilles de Samaroli avec mes samples en me disant "mais non, t'as mal compris, il va revenir, ..." ... une minute passe (dans ce type de situation, c'est long une minute) et toujours pas de Ludo ... Ben j'ai rempli mes samples moi-même ! Et vous n'imaginez même pas la tête des GR qui sont arrivés à ce moment là en poussant les hauts-cris genre "Mais qu'esse-tu fais là ?!!" ou encore "Non, j'hallucine, tu ne te sers pas tout seul quand même ??!" Stupéfiant je vous dis ! :-D
Fin de salon, je suis repassé remplir mes derniers samples avec quelques vieux Guyanais (anglaise la Guyane, je précise) de chez Kill Devil dont un Enmore qui me fait sacrément de l'œil (25 ans quand même).
La pêche fut donc bonne :
samples !!
Dans le désordre chez Samaroli : Panama, Caribbean, Demerara Vertical, Trinidad, Jamaica Rhapsody Blended, Demerara, Grenada, Fiji, Guadeloupe ! Et chez Kill Devil : Enmore 25, DIamond 18 et uitvlugt 17 ... Que du beau monde donc !
Rien à voir avec les Rhum Days mais je me dois de déjà vous en parler (ben oui, il est sympa Ludo donc je fais sa pub aussi ^^) :
Les vendredi 1er (nocturne), samedi 2 et dimanche 3 juin 2018 aura lieu au Cinquantenaire à Bruxelles le Belgian Whisky & Spirits Festival. On y trouvera du whisky (ben oui. Probablement beaucoup d'embouteillages indépendants vu qu'il y a un léger rapport avec le Chemin des Vignes ;-) ), du rhum (vous voyez qu'il y a un rapport), de l'armagnac (miam miam), du cognac (miam aussi) et du calva (là je suis moins fan, après j'ai probablement testé des trucs pas top top donc ...) avec un peu de gin (cool - articles à venir soit dit en passant) et de vodka (bof l'alcool de patate ...).
Pas de site web pour l'instant mais ça ne saurait tarder ! On en reparle bientôt, promis, et on revient aux Rhum Days
Fin du hors-sujet ^^

Ah oui, désolé, je n'ai pas visité les toilettes --' (allez lire le compte-rendu des derniers salons, vous comprendrez).

Voilà voilà.
Pour ceux qui n'aurait pas compris, je le fais en plus simple : c'était vraiment très très chouette ! Vivement l'année prochaine (pour autant que la date le permette, ça sera les deux jours !) !

Sur ce, on passe aux dégustations ?
Alors je vous préviens tout de suite, ça a été bien moins studieux que les autres fois (un gentleman, ça va, six gentlemen, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va mais c'est moins attentifs quand même :p).

Rum Malecon - Seleccion Esplendida 1987 :

Contrairement à ce qu'il y a d'écrit sur la bouteille (Metodo Tradicional Cubano), ce ron-ci nous vient du Panama (qui a dit Abuelo ? Médisants va).
Du coup, on a peu d'info sur la chose si ce n'est qu'il s'agit d'une "production" de chez Caribbean Spirits. Voilà voilà.
A noter que la gamme est assez large (12, 15, 18, 21 et 25 ans : tous sont - en sample - à la maison : ça sent la soirée comparative un de ces jours ^^) et ils ont dernièrement embouteillé un brut de fût (sauf erreur un 20 ans).

Rum Malecon - Seleccion Esplendida 1987
Y a pas à dire, niveau packaging, c'est classe.
 La robe, d'un ambre profond, a des reflets or orangés. Pour faire simple, on a tous dit : "C'est beau".

Au nez, une amorce très douce ("caramel", notes fruitées (exotiques surtout)) laisse progressivement place à quelque chose de plus complexe : notes torréfiées, de cuir, légères touches mentholées et herbacées.
Très agréable.

En bouche, on y trouve certes quelques touches vanillées et caramélisées mais c'est bien plus épicé que ce que j'imaginais.
Les fruits secs et à coques s'y taillent également une belle place.
En rétro-olfcaction, il m'a semblé que les notes "herbacées" perçues au nez supplantaient le côté sucré du produit.

La finale, moyennement longue, m'a semblée légèrement pétillante (oui, ça part déjà en sucette :p) avec une prédominance des épices entourées d'agréables notes douces.

Y a bon (le prix aussi mais bon ...).

Kill Devil Jamaica 17 ans :

Pour la petite histoire Kill Devil, c'est par là (vas-y, clique moi).


Kill Devil Jamaica 17 ans
Oui, je sais, elles se ressemblent toutes (après ça aide à les repérer hein mais quand on en a plusieurs, ...) 
Et il vaut quoi ce petit Hampden (parce que oui, c'est de là qu'il vient ^^) ?

Sa robe est très légère : on part sur une couleur paille.

Le nez est tout de suite très ... jamaïcain ! Mais Jam Jam Jam hein !
C'est tellement typique mais tellement bien :-)
Ah oui, pardon, donc on part sur du fruit exotique super-méga-hyper mûr avec quelques épices de là-bas pour équilibrer le tout.
Equilibrer le fruit quasi-pourri avec des épices ? Meuh non, équilibrer ce fruit (trop) mûr avec les notes de solvant/colle forte également présente (attention, ce n'est pas hyper dominant comme dans certaines versions, c'est "léger" et parfaitement maitrisé).

En bouche, on ne change pas une équipe qui gagne : les fruits mûrs sont toujours là mais cette fois ce côté solvant si particulier revient en force.
Il y a des épices ... aussi mais elles passent un peu au second plan ici.
Niveau rétro-olfaction, c'est clairement colle forte et solvant.

La finale reste dans la lancée : fruits mûrs et solvant avec, toutefois, une élégante touche fumée qui vient achever le travail.
Et c'est d'une longueur incroyable !

Vraiment extra mais pas à la portée de tous (comme souvent avec les jamaïcains "puants").

A1710 - La Perle :


C'est tout simplement la toute nouvelle distillerie de Martinique. Qui sort déjà des rhums vieux ... qui viennent d'autres distilleries (le concept me laisse sceptique déjà) à des prix exorbitants (scepticisme volume 2) en indiquant fièrement (qui a dit "de manière hautaine" ?) rhum extraordinaire sur ses bouteilles (BAM ! ... mon thermomètre spécial sceptique vient d'exploser, désolé).
Ok, t'es nouveau, faut te faire connaître mais de là à sortir des bouteilles que le commun des mortels ne saurait se payer (on me dit que les gens normaux ne sont pas la cible en fait. Ah bon. D'accord ...) et à avoir un directeur de com' qui mise tout sur le concept "moi je fais mieux et je le dis fort haut même si je n'ai aucun vécu derrière" ben faut pas s'étonner que ça te pète à la gueule s'il y a une couille dans le potage à un moment donné.
Mode coup de gueule passé.
Après "leurs" vieux ne sont pas mauvais mais le rapport qualité/prix/plaisir faut furieusement défaut au niveau prix.

A1710 - La Perle
Alors celui-ci, Laurent (aka "L'homme à la poussette") lui avait trouvé un fort goût de moule espagnole. Quid du coup ?
Niveau couleur on penche clairement vers le rien ... Suivez un peu, c'est un blanc ;-)

Le nez est relativement agréable : végétal, sur la canne en plein, il laisse progressivement place à des notes fruitées rafraichissantes.
Jusque là tout va bien.

Et puis on goûte et là, patatras ! Tout ce qu'on a retrouvé au nez disparaît d'un coup, d'un seul pour laisser placer à une impression métallique, pétillante, salée ou/et/iodée avec quelque chose d'étrange derrière tout ça ...
Après mûre réflexion, je partirais sur un truc genre viande boucanée (et je n'étais pas le seul). A ce moment là, on a failli perdre un GR qui a poussé les hauts cris "Aaah ! Beurk, beurk, beurk, tu la sens pas la moule là, tu la sens pas ? Je déteste ça depuis tout petit et ça se goûte vraiment ! Pouah !" (propos à vérifier pour la partie "depuis tout petit" sinon le reste s'est vraiment passé comme ça).
Ca donne envie hein ?

La finale , toujours sur cette note métallique a toutefois permis à des notes d'agrumes et de canne de refaire leur apparition.
Elle est trop longue car trop persistante sur les saveurs de la bouche.

Clairement, un produit à oublier !
Après il s'agit du premier batch et il semblerait que le second ait pas mal rectifié le tir mais bon quand c'est comme ça t'évite d'écrire sur l'étiquette "Rhum extraordinaire" ...

Maison La Mauny - Acacia :

On reste en Martinique avec la distillerie La Mauny. Pardon, Maison La Mauny : nouvelle dénomination, nouveau packaging, même produit : merci le département marketing.
Fondée en 1749, elle reçoit le label AOC en '96.
Pour le reste je n'ai pas grand chose à vous raconter pour l'instant. Désolé.
Maison La Mauny - Acacia
Moi j'aimais bien l'ancien packaging en fait (bon celui-ci n'en avait pas vu que c'est une nouveauté mais j'aimais bien la forme de la bouteille avant par rapport à maintenant : elle avait une identité propre au moins).
La couleur est perturbante : c'est un blanc qui a eu un léger (mais très léger hein) finish ce qui fait qu'il a une très légère coloration (paille moins moins ^^).

Le nez est fort sur la canne et les notes salines avant de partir vers les agrumes.

De manière assez surprenante - alors que le nez ne le laissait pas présager - j'ai trouvé l'attaque en bouche assez alcooleuse.
Les notes végétales perçues au nez étaient toujours là (canne un jour; canne toujours comme on dit). C'était également herbacé (je n'ai pas trouvé d'autres mots pour expliquer mon ressenti sur le moment).
Niveau rétro-olfaction : une impression salée domine mais on est plutôt sur un fruit entouré de sel : c'est surprenant.

La finale conserve les marqueurs principaux qui nous ont accompagnés jusqu'ici : un peu de sel, un peu de fruits et des notes végétales.

Un produit relativement frais et agréable.
J'ai noté "très sympa" dans mes notes. Je sortais de La Perle aussi hein. Un chouette petit rhum "blanc" qui peut réserver de belles surprises en cocktail ou en ti-punch à mon avis.

Pusser's Navy Rum - 15 ans Nelson Blood :

Dans la marine britannique le pusser (ou purser si on veut parler bien english) est simplement le brave homme chargée de la paie. Gné, ça n'a aucun rapport! Mais si : il était aussi chargé de distribuer le rations de rhum à l'équipage, tradition assez sympathique qui s'est perdue en 1970 (un jour j'espère vous parler du Black Tot ^^) pour des raisons de sécurité.
Il s'agit donc d'un Navy Rum (ici, un blend de rhums provenant du Demerara, de Barbade, de Trinidad et de Jamaïque réellement vieillis 15 ans. Rien que  ça.), catégorie assez peu représentée de part chez nous.

Pusser's Navy Rum - 15 ans Nelson Blood
Ici j'ai rien à dire mais comme j'ai décidé de mettre des légendes partout ... :p
La robe est d'un ambre orangé intense assez foncé. Ca donne envie.

Au nez, grosse claque : une déferlante de notes caramélisées (vu la provenance, on dira plutôt sucre brun) fumées et épicées (cannelle notamment) laisse progressivement place  à quelques notes de coco, de solvant (siiii ^^) et de chocolat (les experts parlent de cacao. Moi je dis chocolat d'abord) avant de terminer par une pointe de boisé.
Une grosse claque je vous dis.

En bouche, c'est hyper rond et super agréable : on passe des notes fruitées (bien ronde style pruneau) à des notes fumées/toastées avec une touche de caramel toujours très légère. Les arômes boisés perçus au nez sont également toujours là.
En rétro-olfaction, on reste sur un caramel toasté agréable.

La finale - moyennement longue - reste sur cette rondeur perçue en bouche avec quelques touches épicées amenant une note de peps pour bien terminer.
A noter que le léger fumé qui nous poursuit depuis le début est toujours là aussi.

Pour un produit dont je n'attendais pas grand chose, c'est une bien jolie découverte !

Mount Gay - 1703 Master Select :

Détour par la Barbade, berceau du rhum pour nous poser dans la seconde grande distillerie de l'île (l'autre étant Foursquare) fondée parait-il en 1703 (ça explique bien des choses).
C'est donc le remplaçant du Mount Gay 1703 (qui attend toujours sagement son ouverture à la cave d'ailleurs) qui va retenir note attention.
On part quand même sur un assemblage de jus âgés de 10 à 30 ans (et il devrait - au final - contenir une proportion plus importante de rhums "plus vieux" que le précédant).

Mount Gay - 1703 Master Select
Nouvelle version, nouveau packaging (et j'aimais bien la photo même si le verre est scandaleux).
La robe est acajou. Y a pas à discuter là-dessus.

Le nez est typique de la Barbade avec ses notes de coco et d'agrumes (citron et orange).
On peut également y trouver un peu de "cire" (soit une impression de noblesse ... ok, je vous ai complètement perdu :p) ainsi que des épices douces au rang desquelles vanille et cannelle se disputent le devant de la scène.
Des notes toastées arrivent par la suite pour laisser finalement place à un caractère plus boisé.
Un truc monstrueusement évolutif.

La bouche est au diapason : boisée, avec des notes de coco et de fruits (toujours ces agrumes).
Toutefois, on va y trouver plus d'épices à la fois pleine d'énergie (poivre, badiane, un truc que je ne sais plus relire, ...) et de douceur (vanille, sucre brun).
Niveau rétro-olfaction, on partira sur des notes de coco épicées.

La finale est longue, sur les mêmes notes que la bouche, éventuellement un peu plus douces et boisées.

Vraiment vraiment bien !

Bon pour les trois suivants, je vous préviens tout de suite : j'ai l'impression d'être complètement passé à côté d'un truc. Il faudra vraiment que je les goûte à nouveau car le premier, plein de gens en disent du bien et les deux suivants ben, jusqu'à présent, je n'ai jamais été déçu de leurs produits. Affaire à suivre donc !

Toucan blanc :

Si je vous dis "On part en Guyane", vous penserez surement Demerara :-) (vous êtes des gens de bon goût).
Raté : on part en Guyane française cette fois.
Issu de la distillerie Saint-Maurice (qui produit également La Cayennaise et La Belle Cabresse), Toucan est le "bébé" de Catherine Arnold, française de son état, qui a eu envie de se lancer dans l'aventure rhum.
Il existe également une version infusée à la vanille (Toucan Vaniliane) et un rhum épicé (Toucon Boco Spicy).
Enfin, il est bon de noter qu'après distillation, il est envoyé en France pour y être réduit.

Toucan blanc
L'étiquette est donc bien en rapport avec le nom du produit :-D
Sans surprise, la couleur n'y est pas ... Vous espériez autre chose ?

Au nez, on est très canne (vraiment) puis ça devient légèrement fruité (sur les fruits blancs et tropicaux).

La bouche est douce (toujours les fruits) et sur la canne.
Et puis le drame : un arrière-goût plus amer (herbacé ??!) très surprenant (et pas dans le bon sens du terme).
En rétro-olfaction, ça m'a semblé fort sur la canne mais plus alcooleux.

La finale démarre sur la canne avant de passer par une phase "amertume" (crotte alors) pour terminer dans la douceur.

Ben oui mais non en fait ...

Rum Nation - Guadeloupe Vieux :

Rum Nation on a en déjà pas mal parlé non ? Mais si, un peu plus en détail ici. Sinon le listing reprend plus d'une dizaine de références de l'embouteilleur, vous avez de quoi faire avec ça :-D

On va tout de suite passer à la dégustation du coup.
Rum Nation - Guadeloupe Vieux
Une bouteille Rum Nation quoi ^^
Celui-ci présente une robe dorée.

Le nez m'a semblé légèrement fumé, fruité (très fruité. Sur les fruits rouges surtout) et anisé (WTF ?!).

La bouche est douce, fruitée et épicée de façon surprenante (réglisse et anis sont relativement présents avec un rien de poivre).

La finale est douce, sur les notes perçues en bouche.

Moui moui ...

Rum Nation - Réunion 7 ans :

D'humeur paresseuse, je vais simplement vous renvoyer au produit ci-dessus (qui - lui-même - renvoie à un autre article ; c'est bien fait hein ?) pour les détails sur Rum Nation.

Rum Nation - Réunion 7 ans
Une autre bouteille Rum Nation donc :p
La couleur est dorée.

Le nez est assez indéfinissable et m'a donné l'impression de partir sur des notes de plastique fruité avec un rien de poivre (oui, à ce moment là, tu te dis que soit tu as bien foiré ton coup, soit qu'il est temps de rentrer ...).
Par la suite, on reste sur les épices et arrivent des notes végétales. En fait c'était plutôt herbacé que végétal. Dans tous les cas, ça a amené de la fraicheur à l'ensemble.

La bouche est épicée (poivre, réglisse et anis - encore !) et fruitée (sur les fruits rouges et confits).
En rétro-olfaction, c'est épicé (mais alors y a plein d'épices quoi) et de nouveau herbacé.

La finale est fumée (? ... ? parce que c'est pas hyper lisible dans mon carnet) et épicée.

Voilà voilà ...

Bologne - Black Cane :

N'y a-t-il qu'en Guadeloupe que l'on joue avec les différentes variétés de canne à ce point (Longueteau, Bielle, ...) ?
Bonne question !
Toujours est-il que Bologne, distillerie de Basse-Terre (en Guadeloupe donc) produit ce rhum au moyen des cannes "noires" entourant le domaine et qui sont ensuite distillées dans une colonne en cuivre.
A noter, ce fut la première distillerie à avoir un propriétaire qui n'était pas un "blanc". Ca a son importance parce qu'on était quand même en 1830, soit 18 ans avant l'abolition de l'esclavage.

Bologne - Black Cane
Moi, la bouteille elle me plait bien :-)
Alors non, le jus n'est pas noir! Est-ce que les parcellaires 1 et 9 de chez Longueteau sont rouges ou le canne bleue de chez clément de couleur schtroumpf ? Non. Donc c'est incolore. Voilà.

Le nez est principalement sur la canne et les agrumes. Ca évoluera légèrement vers les fruits exotiques.

La bouche reste pas mal sur la canne mais c'est bien plus végétal, presque "terreux" (oui, c'est bizarre mais c'est l'impression que ça donne) avec toujours ces petites touches d'agrumes perçues au nez.
Alors ça peut surprendre mais j'y ai aussi trouvé des notes de gingembre (ça méritait bien un alinéa à part non ?)
La canne est toute en puissance en ce qui concerne la rétro-olfaction.

La finale est longue et dans la continuité de la bouche.

Tout de suite ça m'a mieux plu.

C'était donc le dernier de la journée.
Oui, c'est chelou de finir par un blanc mais que voulez-vous, il y a des jours où ça ne sert à rien d'établir un plan de bataille précis parce que, de toute façon, ça foire toujours.

Après nous sommes passés à la liqueur de kumquat et au Pedro Ximenez. Puis on est rentré, j'ai été courir, ... mais ça vous vous en fichez un peu non ? ;-)

Sinon vous ai-je déjà dit qu'on avait passé une super bonne journée ?

A l'année prochaine donc !


Rhum n' Whisky

2 commentaires:

  1. Très instructif ! Merci, je viens de l'univers whisky et je découvre le monde du rhum. ..

    RépondreSupprimer
  2. Merci pour le retour.
    Deux univers à la fois différents et terriblement intéressants (personnellement j'ai suivi le chemin inverse ;-) )

    RépondreSupprimer