mardi 11 juillet 2017

Orange is the New ... Grove

 
On est peut être moins sérieux que les "Guardians of Rum" mais notre logo est plus zoli :-D

Je reconnais, je me suis largement inspiré pour le titre :-D
Merci Francis !

Vous vous souvenez des Gentleman's Rummer et de leur première sortie non officielle ?
Et bien voilà, la machine est lancée : notre première vraie dégustation a eu lieu !
Et quelle dégustation !

Mais avant d'arriver là, replaçons un peu les choses dans le contexte.

Tout d'abord, on a notre camp de base : Blégny-Mine ! Au bout là-bas à Blégny (en face de Blegny-Mine  quand même hein). Oui, c'est loin (du moins de chez moi. Y a des ceusses qui habitent bien plus près ^^) mais c'est sympa et le patron est top (coucou Digger) et puis c'est raccord avec le concept GR car avant d'être un bar/brasserie, c'est surtout une rhumerie !

Et chez Digger, t'as des habitués : déjà, y en a un, il n'a pas de chemise (après il taille petit aussi hein et Marc avait vu grand) - parce que oui, on a nos chemises logotées (on est vraiment devenu une secte) - et quand il arrive, c'est pas qu'il dirait bonjour hein : non, Môssieur va directement faire pipi. Nous on se posait toujours la question de savoir où étaient les toilettes à ce moment là. Après quand faut y aller faut y aller hein Salva ;-) :'-D

Et puis il y avait une jeune dame avec nous. A défaut de déjà l'appeler marraine on l'appellera Itsel (En fait, c'est une magicienne : c'est "Celle dont on ne peut prononcer le nom" ... 'tain suis en forme moi cette fois ; promis Marc, on ne va pas parler de moules. Merde, trop tard ...).
Et Itsel ben y a des gens qui ont demandé au chef : "Dis, c'est qui la jeune dame qui ne dit pas grand chose mais qui en sait plus que toi ?"
Respect.
Elle travaille pour The Nectar. Ca explique déjà bien des choses non ?
... Comme il se passe toujours un certain temps entre le moment où j'écris mes carabistouilles et celui où je les publie ben, voilà, c'est officiel : on peut l'appeler marraine ! (oui, et vous pouvez toujours vous brosser pour son nom :p)

Puis comme on ne fait pas les choses à moitié, Francis nous avait concocté une présentation Power Point (avec rétro projecteur et tout et tout ! C'était soirée dias chez Digger ^^) sur le sujet du jour !
Alors la présentation, elle était top et il serait injuste de couper dedans pour vous en faire un résumé (en gros elle parlait de Maurice le lillois qui faisait du jus de canne en prison), ça ne serait pas lui rendre justice (et puis on m'a imposé des délais pour la publication de ce billet donc voilà).
S'il le souhaite, il peut la mettre sur la page fesse-bouc du blog, c'est lui qui voit ;-)

Bon, après cette introduction pleine de clins d'œil (qui ne sera donc des plus claires pour qui n'était pas là), passons aux choses sérieuses et abordons le sujet du jour !

...

On me fait signe que non et qu'avant tout, il nous faut nous livrer à l'éprouvant exercice (c'est pour faire genre hein, on l'attend avec impatience) du sample mystère !

Après Francis et son *********** (oui, on a déjà lancé le concept lors d'une précédente dégust' qui sera tout prochainement chroniquée sauf qu'on m'a imposé des délais je vous dis - concours de la Confrérie du Rhum, tout ça, tout ça - donc je vous balance mes notes de dégustation dans le désordre. Après, c'est mon blog et je fais ce que je veux aussi hein.), c'était Marc qui nous faisait passer le fourbe mais, oh combien, fun exercice.
On a été unanime : c'était de l'agricole. Puis comme on est des gars subtil, on a fait le tour des îles et quand on a trouvé la bonne (déjà y en a pas des milliers),on checker les distilleries. Qui a dit petits joueurs ?
Bref, il s'agissait d'un Depaz.

Depaz - Cuvée Prestige :

Caractéristique de la distillerie : les plantations sont situées sur des endroits dits "volcaniques" (proche de Saint-Pierre et sur un flanc de la Montagne Pelée) et y poussent principalement de la canne bleue et de la canne cannelle.
La production resterait vraisemblablement très artisanale.
Enfin, si vous tombez encore sur les anciennes versions VSOP (scrollez vers le bas pour avoir une idée du design de la bête), foncez, il semblerait qu'elle soit bien meilleure que la nouvelle même si à la distillerie on vous dira que c'est juste le contenant qui a changé.

Bref, on a goûté ça :
Depaz - Cuvée Prestige
Ah, une carafe ^^
Avant toute chose, remarque préalable sur l'éclairage : il était tamisé orangé. En général c'est sympa mais pour checker la couleur du liquide ça sabote (comme en salon quoi).

Sa robe est orangée à reflets dorés.

Plus le temps passait (et plus le précieux liquide s'aérait) plus le nez (et la bouche) devenait complexe.

Le nez donc : Initialement alcooleux, très boisé et astringent, il s'est adoucit au fil du temps pour révéler toutes ses saveurs et notamment des épices et un côté fruité très agréable (j'y ai personnellement trouvé du fruit rouge, les autres je ne sais plus trop).

La bouche a d'emblée été plus ronde avec un retour sur la canne à sucre (et son côté plus sucré que végétal ici)
Une flopée d'épices (poivre et réglisse en tête) dansaient en bouche.

Niveau rétro-olfaction, de légères notes de réglisse et un "boisé sucré" rappelait la bouche alors que d'importantes notes végétales semblaient dire à ceux qui étaient encore sceptiques : "T'es sur un agricole grand !"

La finale était chaude et longue. D'abord boisée mais de plus en plus ronde (une légère impression de caramel, rien de péjoratif hein), elle faisait elle aussi la part belle aux épices avec ces touches de réglisse qui nous poursuivent.
Enfin, de longues notes herbacées reviennent à la charge.
Sans aucune certitude (parce que ça m'a tellement semblé surprenant), je dirais y avoir perçu un petit quelque chose de fumé (c'était très léger mais ça m'a vraiment donné cette étrange sensation).

Certes, je n'en ai pas gouté beaucoup mais je les trouve vachement bien les Depaz jusqu'à présent !

Passons maintenant aux choses sérieuses et au gros de la soirée : la dégustation de quasi tous les single barrels/casks (oui, ça change sur l'étiquette, j'y peux rien) de chez New Grove (quand même) !

Le line-up à disposition : quatre 2004, deux 2005 et deux 2007. Comme on est des gens sérieux (c'est surtout qu'il se faisait tard et qu'il fallait rentrer en un seul morceau) on a - avec un pincement au cœur - dû faire l'impasse sur deux 2004.
Ca ne change rien à la beauté du line-up et au caractère assez hors du commun de celui-ci.
Quand on vous disait qu'on ne faisait pas les choses à moitié !

Single barrel/cask donc un seul fût. Millésimé aussi. Et le même packaging à chaque fois d'où l'impression qu'on allait goûter huit fois la même chose. La photo vous permettra de mieux visualiser la chose :

New Grove SC - line-up
Ca a de la gueule quand même non ?
A la base, je voulais vous faire grâce de la photo de la bouteille à chaque fois parce qu'au final, peu de choses changent ... mais Marc a tellement bien fait ça que finalement, non, je vais les mettre à chaque fois^^

Sur ce, c'est parti !

Pardon ? Sinon New Grove c'est quoi ?
Euh ... y avait un power point vachement bien fait j'ai dit ...
Bon ok, ok.

New Grove :

C'est donc un rhum en provenance de l'île Maurice qui n'est ni plus, ni moins que le fer de lance de la distillerie Grays (dont les bureaux se trouvent à Pamplemousses, ça ne s'invente pas ^^).
Grays est - depuis 1935 - producteur et distributeur de produits spiritueux sur l'île (vins, alcools et liqueurs) mais pas que : Grays s'impliquent également au niveau pharmaceutique au sens large, agro-alimentaire, parfumerie, ...
Niveau spiritueux (ce qui nous intéresse le plus, je le reconnais), à part New Grove, il y a également : le "rhum" Lazy Dodo et la vodka KGB (je la cite pour le nom que je trouve fun hein, c'est tout).
New Grove, qui nous intéresse ici, produirait du rhum depuis ... 2005. Ce qui peut laisser perplexe quant aux millésimes 2004 et à la carafe solera "25 ans". Voilà voilà.
Les fûts utilisés pour le vieillissement sont relativement variés (souvenez-vous des itérations en futs d'acacias, de merisier et moscatel) et de contenances diverses.
On trouve donc une gamme de base composée de rhums blanc, "vieilli", 5 ans, 8 ans et double barrel (les finitions susdites) que vient côtoyer le haut de gamme que sont le solera 25 ans ainsi que les single cask millésimés qui vont nous retenir plus longuement.
A noter qu'il existe également des liqueurs ainsi qu'une gamme destinée spécialement à la mixologie.

Enfin, avant de passer à la dégustation, il est bon de préciser que certaines bouteilles ont été ouvertes sur le moment donc le rhum n'a pas eu le temps de s'oxyder et "d'évoluer" ; ce qui joue également sur le ressenti.
Et, précision utile : malgré le nombre d'informations présentes sur la bouteille, rien en ce qui concerne l'âge du produit !

New Grove  Single Cask Rum 2005 - 54,9°, fût 080-15, 307 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection The Nectar :

Ca en fait des infos hein ?! :-D
Et pour être tout à fait précis, c'était la bouteille 67.

New Grove  Single Cask Rum 2005 - 54,9°, fût 080-15, 307bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection The Nectar     New Grove  Single Cask Rum 2005 - 54,9°, fût 080-15, 307bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection The Nectar
La première d'une longue série ^^
 
La robe est d'un orangé soutenu tirant vers l'acajou.

Le nez, après une première approche relativement alcooleuse et fermée (c'est comme s'il y avait un "truc" au-dessus, genre notes de cire), part directement sur les fruits (fruits exotiques et confits) ainsi que sur de légères notes de sucre brun.
C'est bien plus agréable.

La bouche bien plus ronde et chaude que ce que le nez ne laissait présager et part d'emblée sur les arômes fruités perçus au nez (fruits exotiques, touches sucrées, ... un peu de soleil et c'est les vacances quoi).
L'alcool est super bien intégré et un côté épicé arrive doucement mais sûrement (il est même possible qu'avec un peu plus de repos, il prenne le pas sur les notes fruitées).

Niveau rétro-olfaction, c'est trèèès épicé, principalement sur le poivre. C'est chaud (54,9° je vous rappelle).

La finale est moyennement longue, fruitée (toujours ces notes d'exotisme) et épicée.

Tout du long de la dégustation, cette note sucrée sous-jacente, sur la mélasse, aura été présente.

New Grove Single Cask Rum 2005 - 55°, fût 68-16, 392 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection pour les 10 ans de The Nectar :

Le préféré de l'assemblée (moi j'ai aimé mais je ne le classerai qu'en deuxième position. Ben oui, j'aime ne rien faire comme tout le monde).

New Grove Single Cask Rum 2005 - 55°, fût 68-16, 392 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection pour les 10 ans de The Nectar     New Grove Single Cask Rum 2005 - 55°, fût 68-16, 392 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection pour les 10 ans de The Nectar
Quand je vous disais qu'il y avait un aire de famille ...
 
La couleur semblait légèrement plus foncée, on partira donc sur "acajou".

Le nez est bien plus doux que celui de son "frère" du fût 80. On part sur quelque chose qui semble doux et crémeux, du toffee en somme !
Mais pas que : les fruits (agrumes en tête mais aussi fruits jaunes et fruits exotiques) empêchent le tout de tomber dans l'écœurant.
Enfin, quelques épices viennent rehausser le tout.

Comme le laissait présager le nez, la bouche est hyper ronde. J'en viendrais même à dire qu'elle est "plaquante" tellement le liquide se fait présent en bouche.
Cette impression "caramélisée" perçue au nez est cette fois prédominante (attention hein, on est loin, très loin, d'un ron hispanique type Diplomatico). Le côté fruité (ananas et consorts) est là mais passe largement au second plan.

Niveau rétro-olfaction, on reste sur le caramel mais cette fois les fruits (agrumes, fruits jaunes) font jeu égal. Enfin, quelques notes épicées (poivre et clou de girofle) font leur apparition.

La finale est - à nouveau - moyennement longue, sur les épices relevées ci-dessus avec toujours ce côté rond que l'on doit à ces arômes fruités (toujours les agrumes). Enfin, quelques notes boisées ponctuent le tout.

Ah oui, si mes yeux ne me trompent pas, c'était la bouteille 212.

New Grove Single Barrel Rum 2007 - 60°, fût 42-15, 385 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection pour les 60 ans de La Maison du Whisky :

En ce qui nous concerne, c'était la bouteille 276.
 

New Grove Single Barrel Rum 2007 - 60°, fût 42-15, 385 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection pour les 60 ans de La Maison du Whisky     New Grove Single Barrel Rum 2007 - 60°, fût 42-15, 385 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection pour les 60 ans de La Maison du Whisky
... c'est même plus qu'un air de famille en fait ...

Oui 60°, carrément !

Niveau coloration, celui-ci est plus clair : orangé à reflets dorés.

Le nez est bien plus complexe à définir vu que les 60 degrés se sentent bien si je puis dire ... Lui il va lui falloir de l'aération (et je ne lui en ai pas laissé assez ...).
Des notes torréfiées apparaissent au fur et à mesure que le temps passe et deviennent de plus en plus imposantes.
Les fruits (exotiques toujours) et les épices (cannelle cette fois) mais aussi cette note de caramel décelée sur le précédent arrivent doucement mais surement sans toutefois prendre le pas l'un par rapport à l'autre.

En bouche, c'est d'une chaleur incroyable et - sans surprise - d'une puissance qui ne sera pas égalée par la suite (à tout le moins lors de la dégustation d'aujourd'hui).

En rétro-olfaction, pour peu que l'on arrive à passer outre l'alcool, des notes fruitées caramélisées viennent à nous et, plus surprenant, des arômes de tabac s'imposent.

Êtes-vous vraiment étonnés si je vous dis que la finale est extrêmement longue et toujours relativement alcooleuse ?
Les notes torréfiées perçues initialement sont toujours là avec cette mélasse qui n'en finit pas de nous suivre de manière relativement discrète.

Après une aération plus longue, d'importantes notes de tabac domineront la dégustation (du nez à la finale) et une petite (petite j'ai dit !) goutte d'eau rendra l'ensemble plus agréable avec des notes de tabac fruité.

Celui-là, il faudra le regouter à l'occasion (l'oxydation risquant de lui faire du bien) et lui laisser le temps nécessaire pour convenablement s'ouvrir.

New Grove Single Cask Rum 2007 - 55°, fût 14-07-48, 300 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin, sélection Tasstoe, Massen et Crombé : 


Bouteille 284 cette fois.

Pour d'obscures raisons logistiques (on n'entrera pas dans les détails), on n'a pas de photo de celle-ci.
Pas grave, elles se ressemblent toutes en fait ! :p
 
La robe était d'une intense couleur orangée.

Le nez était bien plus doux que les autres (ou alors j'ai été trompé par la dégustation précédente ...) et présentait des notes herbacées assez surprenantes mais loin d'être désagréables.
Il laisse ensuite place à des notes fruitées qui partent sur les fruits jaunes et blancs en plein (la pêche blanche domine clairement les débats).
Un nez extrêmement agréable et d'une fraicheur que l'on avait pas encore trouvée jusque là.

La bouche est ronde et les arômes y sont fondus de manière vraiment harmonieuse.
En vrac - parce que là ce fut plus un moment plaisir que studieux, je le reconnais - vous y trouvez du "caramel" (mélasse tout, tout ça), des fruits frais (qui rappellent le nez, logique me direz-vous) mais également confits. Enfin de très légères épices rehaussent - si besoin en était - l'ensemble.

Les épices ressortent plus à la rétro-olfaction mais sont entourées d'une belle couche de fruits et si j'arrive à me relire d'une légère touche fumée (?).

La finale, bien que plus courte que la version précédente (en même temps, est-ce étonnant ?) n'a pas à rougir niveau longueur.
On y retrouve ces surprenants arômes végétaux perçus au nez avant de revenir sur les notes fruitées (la pêche blanche, toujours) qui nous auront accompagné tout du long.
Et cette sensation de douceur sucrée/caramélisée sous-jacente tout en discrétion est à nouveau présente.

Un énorme coup de cœur !

New Grove Single Barrel 2004 - 49,9°, fût 13-04-149, 254 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin :


Alors nous, c'était la bouteille 197 mais c'était surtout une bouteille "collector". En effet, le brave homme de chez New Grove qui a écrit l'année sur le canister a brillamment floqué la chose avec un "2009" assez surprenant ;-)

New Grove Single Barrel 2004 - 49,9°, fût 13-04-149, 254 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin     New Grove Single Barrel 2004 - 49,9°, fût 13-04-149, 254 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin
LA bouteille "collector" ; celle du millésime pas encore embouteillé :p
 
Sinon, il raconte quoi ? Euh, ben voilà quoi, il était bien ... (Oui, d'accord, j'ai peu de notes mais je vais quand même vous les donner).

Sa robe est orangée tirant vers l'acajou.

Sur le nez, clairement j'ai calé. Il est fruité, certes. Probablement sur les fruits exotiques (pour ne pas changer) mais de manière différente. Il a quelque chose que je n'ai pas su identifier.
Après maintes recherches, plusieurs retours font état de notes de "bois humide". Pourquoi pas. Ca expliquerait ce côté un peu fermé/englobant.
Des notes caramélisées sont présentes mais contrebalancée par de légères touches poivrées.

La bouche repart sur des notes extrêmement douce, sur le toffee, le caramel au beurre et des notes fruitées (est-ce possible d'y avoir décelé des fruits rouges ?) mais aussi de la vanille.

La finale est un rien plus longue que la précédente et reste sur les notes fruitées typiques à New Grove (fruits exotiques).

New Grove Single Barrel 2004 - 49,9°, fût 13-04-151, 297 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin :


Dernière dégustation et bouteille 83 pour nous.
Vous relèverez qu'il existe quatre fûts de 2004 et qu'ils titrent étrangement tous à 49,9°. Bizarre ...
Sinon, celui-ci c'était "celui de trop en trop peu de temps", comprendre : il est très New Grove. Oui, j'ai décroché un peu niveau notes mais surtout niveau efficacité des papilles. Après, je n'étais pas le seul (l'air de rien, y a eu du voltage en peu de temps et y avait pas de quoi grignoter donc ...).
 
New Grove Single Barrel 2004 - 49,9°, fût 13-04-151, 297 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin     New Grove Single Barrel 2004 - 49,9°, fût 13-04-151, 297 bouteilles, vieilli en fût de chêne du limousin
C'est carrément du mimétisme à ce niveau !

Je vous livre quand même mes brèves notes :

Sa robe est acajou à reflets orangés. Il est plus "profond" que les autres.

Le nez m'a paru, je cite, "mwoui bof" avant d'évoluer dans le bon sens sur les fruits secs et les agrumes. Des touches de vanille font également leur apparition pour amener de la douceur à l'ensemble.

La bouche est plus épicée (cannelle, poivre) avec ... oui, ces notes de caramel qui nous auront suivi du début à la fin ainsi que quelques touches fruitées.

Des notes plus herbacées font leur apparition en rétro-olfaction. Elles viennent se mêler à ce côté fruité décelé en bouche.

La finale est ... finalement arrivée sur les notes perçues en bouche (désolé). Une certaine constance donc.

Et bien voilà, c'est terminé.
Voici mon classement (abstraction faite du dernier donc) :

1. New Grove Single Cask Rum 2007 - 55°, fût 14-07-48
2. New Grove Single Cask Rum 2005 - 55°, fût 68-16 (c'est celui qui, dans l'ensemble a recueilli le plus de suffrages)
3. New Grove Single Barrel 2004 - 49,9°, fût 13-04-149
4. New Grove  Single Cask Rum 2005 - 54,9°, fût 080-15
5. New Grove Single Barrel Rum 2007 - 60°, fût 42-15

Conclusion ?

Un expérience super intéressante où l'on a pu découvrir qu'à partir d'une "colonne vertébrale" semblable on peut sortir des produits si pas totalement différents, présentant à tout le moins des caractéristiques bien à eux.

Notes personnelles pour la prochaine expérience de ce type :
- garde ton verre plus longtemps : ça s'aérera plus et, du coup, ça évoluera plus (et tu pourras comparer avec les autres) ;
- amène un truc à grignoter (quoi on s'en fout mais quelque chose) parce que l'eau c'est bien mais ça ne fait pas éponge ^^ ;
- voir avec le chef pour faire ça en plus longtemps (ou alors en diminuant le line-up) parce que c'était costaud.

Bref, je l'ai déjà dit mais c'était une super expérience, l'ambiance était au rendez-vous, le line-up juste incroyable, ... (ajouter les superlatifs que vous voulez ^^).
Une super première sortie officielle pour les GR en somme !
Vivement la suivante !


Rhum n' Whisky

jeudi 6 juillet 2017

Diamond(s) Night

A la base, je voulais appeler cet article "Lucy in the Sky with Diamonds" mais d'un je ne m'appelle pas Lucy et de deux j'étais plutôt assis à la table du living quand j'ai fait ma dégustation.
Tout de suite ça l'aurait moins fait. Vraiment.

Bref tout ça pour dire qu'un ami (coucou Francis) nous a dernièrement gratifié d'une photo (et d'un retour) sur un incroyable line-up d'Enmore (Velier '95,SS 32 ans, Kill Devil 25 ans, ...) et qu'il m'a clairement donné l'eau à la bouche.
J'ai donc checké mes samples d'Enmore (ceux de 3cl, de 5cl ou de 70cl :p) ben en fait j'en ai pas mal (et notamment les trois monstres cités au dessus) mais suis-je prêt ?
...
Ben si je ne les ouvre pas pour une obscure raison, je ne les ouvrirai jamais donc j'ai décidé de me considérer comme prêt (vivons dangereusement quoi !).
Puis j'ai jeté un œil aux autres samples de Demerara.
En fait j'ai (à l'heure où j'écris ces quelques lignes, je devrais plutôt dire "j'avais" ...) une flopée de Diamond ^^

Ceci explique cela (Enmore ça sera pour une prochaine fois, promis).

Et donc, niveau line-up ça donnait ça :
Line-up
Y a du potentiel ^^
Pour la petite histoire de ces rhums bien typiques que sont les rhums du Demerara, je me permets de vous renvoyer ici vu qu'on en a déjà un peu parlé.

Maintenant que vous avez revu vos fondamentaux (ou pas, on s'en fiche, je sais que vous êtes là pour la dégust'), on va passer aux choses "sérieuses".
Mais avant toute chose, un grand merci pour les samples à Christophe, Ludo, Goose et au Comte (soyez gentils, éviter d'aller leur gratter des samples, je les ai payés hein :p).
Ah oui, dédicace spéciale à "Roger" pour les photos penchées (comprenne qui pourra ça aussi ^^).

Enfin, #ouvrezvelier !
(comment ça, ça compte pas pour les samples ?)

Donc, dans l'ordre de la photo :

The Nectar of the Daily Drams - Diamond - 2000 - 16 ans - 52,3° :

Parce qu'il en faut bien un pour commencer, tout simplement.

Nectar of the Daily Drams - Diamond - 2000 - 16 ans - 52,3°     Nectar of the Daily Drams - Diamond - 2000 - 16 ans - 52,3°
C'est engageant non ?

La robe est d'un bel ambre intense tirant vers les tons brunâtres. Les jambes coulent lentement.
Ca donne envie, vraiment.

Au nez, on remarque directement que l'alcool est bien intégré. Je traduis pour ceux qui ne suivent plus (c'est le flacon de Velier qui fait ça, pas d'inquiétude) : ça ne pique pas.
Après cette considération certes importante mais fort peu explicite, qu'en est-il des arômes dégagés ?
Et bien on est sur un rhum de mélasse, ça se sent de suite. La mélasse est à la fois expressive et assez "noble" avec de fines notes boisées. Le fait que ces arômes vont et viennent est surprenant et agréable.
Des notes torréfiées apparaissent relativement vite pour s'effacer tout aussi vite avant de revenir par la suite.
Enfin, des fruits  à coques sont également de la partie.
Il se fait plus épicé après aération.
Vraiment très bien !

En bouche, l'alcool est tout de suite plus présent (en même temps, on n'est pas non plus sur un truc à 37°).
On reste sur la mélasse mais sur des notes que je qualifierais de "fauves mélassées" du fait que l'on part sur un trio cuir-bois-caramel très présent qui est relevé soit par son degré d'alcool (sûrement) et quelques touches épicées (cannelle, notes poivrées).
Les fruits à coques grillés sont toujours là.
Des notes salées (!?) viennent conclure la dégustation. C'est surprenant mais - après avoir regoûté à plusieurs reprises - je confirme.

Niveau rétro-olfaction, on reste sur la base caramel du nez. Y trouverait-on quelques touches chocolatées et de réglisse ? Ce n'est pas impossible !

Pour la finale, on repart sur des notes grillées/toastées et caramélisées.
J'ai également eu l'impression d'y trouver une légère touche d'amertume qui s'estompe toutefois avec le temps.
Sinon, cela va sans dire, c'est très long.

Initialement, son prix était très raisonnable. Si c'est toujours le cas, foncez parce que c'est un très chouette produit.

Ultimatum - Diamond - 12 ans - bourbon barrel - 46° :

Un rhum guyanais d'un embouteilleur hollandais. Why not ?
Le produit a vieilli de juillet 2012 à septembre 2016.

Ultimatum - Diamond - 12 ans - bourbon barrel - 46°     Ultimatum - Diamond - 12 ans - bourbon barrel - 46°
Moi je dis, on a de la chance niveau packaging : on aurait pu avoir des tulipes :p

La couleur du liquide est paille (!). Les jambes à grosses goutes démarrent lentement avant de s'accélérer.

Le nez est sans aucun rapport (mais aucun !) avec le produit précédent : pas de mélasse, pas de présence d'alcool pour rehausser la chose (après le faible degré joue aussi) mais on a vraiment l'impression d'être sur un produit "autre" (un alcool de fruit ?).
C'est fruité et floral au premier abord sur des trucs que j'ai beaucoup de mal à décrire (après, moi et les fruits aussi ...) ; sans certitudes, on dira fruits jaunes et, à la limite, prune. C'en est complètement déconcertant.
On y trouve également un très léger côté solvant qui le rapproche un rien de la Jamaïque (mais What the fuck quoi !).
Ca n'évolue pas beaucoup non plus.

La première chose qui nous vient à l'esprit une fois le liquide arrivé en bouche c'est : "Ou qu'ils sont le bois et la mélasse ??!"
Ce qui frappe d'emblée, c'est la brièveté de la chose et une certaine amertume assez caractéristique (vers des notes toastées ?). Bof.
Un peu d'épices et de légères touches fruitées sur les agrumes, voire quelques notes fumées peuvent être décelées si on cherche bien (mais il faut vraiment bien les chercher hein).
Moui Moui Moui.

Niveau rétro-olfaction, c'est un rien plus sucré tout en restant sur des notes fruitées (encore les agrumes).
L'alcool se sent un peu plus.

Etrangement, la finale est plus longue que ce à quoi on s'attendait (c'est déjà ça). Elle est chaude et sur les mêmes notes qu'en bouche mais en plus rond.
A la toute fin, une sensation citronnée et salée apparaît.

Ben voilà. Très très très surprenant. Ou alors il y a erreur sur le sample (ce dont je doute) ou alors c'est clairement l'intrus du line-up.
C'est pas mon kiff, loin de là.

Rum Nation - Diamond - 2005-2016 - 58,3° :


Rum Nation - Diamond - 2005-2016 - 58,3°     Rum Nation - Diamond - 2005-2016 - 58,3°
Oui, je le reconnais la photo est floue ... mais quand je l'ai remarqué le verre était vide ^^

Plus sérieusement, il est temps que je me repenche sur la chose.

La robe est d'un beau cuivre profond tendant vers l'acajou. On peut repérer le léger disque verdâtre sur le dessus. Et c'est "gras".
Juste "Miam".
Tout de suite, il est plus engageant que le précédent.

Le nez est d'emblée assez "sec", sur des notes de tabac.
L'alcool est là mais ne vous grille pas les narines et c'est tant mieux.
Le rhum évolue et, derrière ces notes de tabac, on retrouve le duo mélasse/caramel-bois brûlé plus habituel. Et il y a des épices relativement discrètes.
Enfin, des notes torréfiées arrivent progressivement.
De mémoire, c'est assez différent de ce dont je me souvenais (la magie de l'oxydation ?) et il présente une identité bien marquée.

En bouche, c'est rond : on part sur la mélasse, les notes d'agrumes (orange), le tabac, quelques touches chocolatées et ... oui, des notes de réglisse. Mais, de mémoire à nouveau, bien moins explosives que la première fois que je l'ai goûté. Et c'est tant mieux !
La réglisse donc. Elle a finalement tendance à s'imposer sur une certaine amertume que je trouve assez agréable.
Il a enfin un petit côté herbacé.
Ce truc est terrible finalement !

Niveau rétro-olfaction, on prend les mêmes et on accentue tout dans le bon sens : malgré un alcool plus (trop ?) présent, la mélasse parait encore plus ronde, le tabac plus fin et la réglisse plus explosive.
Pas mal du tout !

Ce que l'on a ressenti en bouche est pas mal respecté sur la finale et l'amertume de la fin de bouche est là tout du long (et, accessoirement, c'est long).
Il y a donc de la réglisse mais c'est bien plus fin que dans mes souvenirs.

Vraiment bien donc.
Comme quoi, c'est intéressant de comparer ses notes "à chaud" prises dans le cadre d'une dégustation "groupée" ou d'un salon (et surtout quand on est en fin de dégustation :p) avec ce que tu ressens au calme, dans ton chez toi. Parce que l'air de rien, ça peut entrainer des ressentis complètement différents.
Après, mes goûts ont évolué, mon palais a évolué, mes références ont évolué et se sont diversifiées (et ont drastiquement augmenté aussi) donc ...

Kill Devil - Guyana Diamond Distillery - 18 ans - 46° :

Vieilli de mai 1998 à février 2017, voyons ce que ce Kill Devil nous réserve (ceux déjà goutés m'ayant laissé une impression mitigée).

Kill Devil - Guyana Diamond Distillery - 18 ans - 46°     Kill Devil - Guyana Diamond Distillery - 18 ans - 46°
Les bouteilles Kill Devil, t'en as vu une, tu les as toutes vues ;-)

On repart sur un produit plus clair avec une robe d'un or intense qui laisse place à de belles jambes uniformes.

Au niveau du nez, on est plus proche du second mais sans toutefois trop s'en rapprocher (et c'est tant mieux !). Les notes de mélasse ne sont pas hyper présentes (loin de là) mais elles sont là, tout comme ces arômes boisés assez léger.
On repart quand même en terrain connu.
L'alcool, bien que moins puissant que dans le Rum Nation, prend plus au nez (comme quoi).
Plus il évolue, plus il sent bon.
On passe ensuite sur un côté fruité (exotique ?) mais avec quelque chose d'autre, des notes - accrochez-vous - plus intenses en arrière plan ^^ (c'est précis, je sais).
Quelques touches chocolatées et vanillées (fût de bourbon ?) amènent encore un peu de rondeur.
Enfin, le tout se ponctue par une fulgurance caramélisée tellement douce qu'elle tend vers le toffee.
Un nez finalement très intéressant et évolutif, bien loin des "marqueurs" perçus chez Nectar et Rum Nation (après y a écrit Guyana Diamond Distillery hein, pas Diamond tout court ^^).

En bouche, c'est effectivement fruité (sur les fruits exotiques, limite confits par moments) et légèrement épicé.
Les notes douces caramélisées et chocolatées se planquent à nouveau derrière tout ça.
Celui-ci n'évolue pas beaucoup (après, je suis peut être resté trop longtemps sur le nez ...) ; éventuellement, il prendrait un peu plus de rondeur et perdrait un peu en fruité mais c'est moins flagrant qu'au nez.

Niveau rétro-olfaction, le côté fruité laisse progressivement place à quelque chose de plus sombre, sur des notes plus torréfiées (voire de tabac mais légères alors).

La finale m'a semblée terriblement brève.
Elle fait d'abord un retour sur les notes torréfiées perçues plus haut qui - dans un premier temps - supplantent le côté fruité qui reprendra toutefois le dessus.
Une légère amertume passagère se fait également ressentir.

Tout en étant différent des produits Nectar et Nation, il est bien meilleur que l'Ultimatum (heureusement). Mais j'aime quand même moins.

Bristol Classic Rum - 1998 Damond Distillery Demerara Rum - 12 ans - 40° :

Ah, un embouteilleur indépendant dont je ne connais quasi rien (si ce n'est qu'il a sorti quelques pépites).
Surprise donc ^^

Bristol Classic Rum - 1998 Damond Distillery Demerara Rum - 12 ans - 40% :     Bristol Classic Rum - 1998 Damond Distillery Demerara Rum - 12 ans - 40% :
Moi j'aime bien, c'est classe et discret à la fois. Et ça a une identité propre.

Pour ce qui est de la couleur, on est sur un bel ambre à reflets orangés. Tout de suite c'est plus engageant. Les larmes sont épaisses et les jambes plus fines. On peut aussi dire qu'il "plaque".

Le nez de celui-ci se rapproche bien plus des 1er et 3ème produit dégustés avec des notes de mélasse et d'agrumes suivie d'un très léger boisé (léger j'ai dit).
Niveau "sniffing", on peut y aller franchement, rien ne brûle, c'est bien maitrisé.
Une impression de partir sur des notes plus végétales clôturera ce bref ressenti.

Au niveau de la bouche, on est en terrain connu : caramel, réglisse (un peu, si, si ; elle amène une légère amertume), agrumes (citron et orange qui amènent de la fraîcheur) et légères notes boisées (tendant vers le bois brûlé).
C'est bien fait et rien ne prend vraiment le dessus. On est sur un produit plus "passe-partout" qui donne une sensation de douceur et de rondeur sans être trop sucré.

On ne change pas une équipe bien rôdé pour la rétro-olfaction avec des notes de caramel, quelques épices, des notes torréfiées, des fruits secs et une touche chocolaté. C'est assez chaleureux.

La finale est assez brève (je ne l'ai pas goûté le même jour que le Kill Devil donc je ne vais pas essayer de comparer) et c'est dommage car elle est chaleureuse et reprend les arômes perçus en bouche.
Ce côté caramel fruité qui reste en bouche lui donne un aspect relativement sympathique.
A noter que, sur la longueur, des notes plus végétales (qui ne sont pas sans rappeler celle perçues au nez) ainsi qu'une légère amertume se font sentir.
Rien d'extraordinaire mais loin d'être désagréable (voilà, je deviens difficile).

Bon mais sans plus.

Ca y est, l'attente aura été longue mais c'est le moment, le rhum de la dégustation à battre, celui qui rien qu'avec le nom de son embouteilleur et ses années de vieillissement tropical semble déjà mettre ses concurrents K.O. ...

Velier - Diamond 1981 - 31 ans - 60,1° :

La bête a été embouteillée en 2012 ... Faites le calcul ... Oui, 31 ans. De vieillissement tropical.
Alors même s'il ne s'agit que d'un sample, c'est toujours un moment particulier d'ouvrir et de déguster ce type de produit (ok, un vieux Demerara de chez Velier. Voilà, c'est dit) que le commun des mortels ne verra plus jamais (sérieusement, 31 ans sous les tropiques et plus de 90% de part des anges ... Qui irait faire vieillir ses produits si longtemps maintenant à part peut-être Appleton et DDL ?) ...
Et si vous avez l'occasion d'en croiser une bouteille à prix (in)décent (de plusieurs centaines d'euros quand même à beaucoup trop ...), considérez qu'il valait déjà son pesant de cacahuètes à sa sortie et que le nombre de bouteilles est clairement limité.
 
Bref, il est temps de s'attaquer au monument après une longue aération :

Velier - Diamond 1981 - 31 ans - 60,1°     Velier - Diamond 1981 - 31 ans - 60,1°
Un mythe, tout simplement ...

La couleur est d'un ambre intense tendant vers l'acajou et présente de beaux reflets orangés. Le disque verdâtre est bien là.
Les gouttes se forment extrêmement lentement et un anneau "huileux" garnit le verre.
Bon ben déjà, visuellement, c'est juste top.
Miam.

Parce que je suis curieux (j'en entendu "et un peu con ..." ; c'est pas faux ...), j'ai penché mon nez au dessus du verre après l'avoir servi. Ce fut sans concession : BAM ! Ben oui, 60,1° ça tape sévère et tu te rends compte (si ce n'était pas encore le cas) des bienfaits de l'aération.
Mais derrière cet alcool qui se calme un peu avec le temps, on peut y trouver une certaine douceur caractérisée par des notes de mélasse/caramel, de vanille et d'épices douces.
Et puis, cette légère note de vernis initiale couvrant le tout qui semble nous dire "Tu n'es qu'au début de tes surprises".
Des notes fruitées (sur la pêche et l'orange) amènent la fraicheur nécessaire à la chose et sont soutenues par les épices relevées plus haut (un peu de vanille et de cannelle surtout).
Quelques touches torréfiées apparaissent également et tendent vers de légères notes de tabac.
Le tout est bien évidemment d'une intensité incroyable.
Un degré monstrueux et un vieillissement tropical intégral rendent ce nez juste incroyable.
Terrible.

En bouche, alors qu'on s'attend à se prendre un gros uppercut alcooleux, et bien non !
(Faut pas non plus y aller franco et descendre son verre en deux gorgées hein ...)
L'alcool est super bien maitrisé, on part sur des arômes de mélasse et de fruits exotiques, c'est incroyablement envoutant.
Un boisé logique se fait jour et ne prend pas le pas de manière excessive sur le reste des arômes. On y trouve également de la coco et des épices amenant - si besoin en était - encore plus de peps à l'ensemble (un peu de cannelle, du poivre, du gingembre)-
Et c'est toujours hyper fruité (sur l'orange) avec ces notes torréfiées et de tabac sous jacentes.
C'est à la fois rond, puissant et gourmand. C'est monstrueusement bien
A noter qu'ici aussi de légères notes salines se développent sur la fin et donnent encore - si besoin en était - plus de relief à la chose.
Incroyable, simplement incroyable.

Niveau rétro-olfaction, c'est - sans surprise - chaud (sans toutefois être brûlant), sur des notes fruitées (des fruits rouges et exotiques cette fois) mélassées et épicées (sur la cannelle principalement).
Avec le temps, les notes plus intenses se manifestent (boisées, torréfiées, et tabac léger).
... Y a des moments où il n'y a juste rien à dire ...

La finale est extrêmement longue et - pour ne rien gâcher - reste sur les arômes perçus en bouche.
L'orange ressort un peu plus et les notes caramélisées sont portées par la puissance du produit.
On termine sur une fraicheur végétale et légèrement saline (si, si).
Un monstre, tout simplement.

Une fois le verre vide, la puissance ressentie tout au long de la dégustation est toujours bien présente, sur des notes de fruits plus complexes encore (voire des notes florales) et sur de la mélasse.
C'est juste terrible.

Respect éternel Luca.
... Et dire qu'il parait que les 1996 sont encore meilleurs ...

Bon, ben voilà, il n'y a finalement pas eu match.

Les résultats de la dégustation maintenant :
1. Velier, sans surprises, à des années lumières de tous les autres !
...
...
2. Rum Nation
3. Nectar
4. Bristol Classic
5. Kill Devil
...
6. Ultimatum (loin, très loin, derrière les autres)

Encore une expérience intéressante et enrichissante avec la découverte d'un produit exceptionnel.


Rhum n' Whisky