mardi 29 août 2017

Rhum du Peuple - Petit lot de rhums rares


Gné ?!!

Nouvelle année oblige (je sais, quelle idée de lancer un blog en août-septembre ...), revenons à nos fondamentaux et donc aux titres tout pourris ^^

Plus sérieusement, derrière ce titre un rien louche se cache une traduction approximative signée Google translate - après avoir remis les bons mots dedans le bon sens histoire de vouloir dire quelque chose, ... enfin plus ou moins ... - de la dénomination des derniers embouteillages de chez Rum Nation : Small Batch Rare Rums !

Oui, des mois plus tard, on va enfin se pencher sur ces produits nous venant droit de chez Savanna et Hampden.
Ca tombe bien, ça correspond avec le retour aux affaires de Monsieur D et des dégustations chez Créatif (la grande question est : devra-t-on bientôt l'appeler Coupetiffus ?).
Car oui, ces quatre produits nous ont été proposés en petit cercle fermé et assez studieux (comprendre : d'habitude, ça déconne beaucoup plus) because respect du produit.

Petit rappel de la situation ?
Salva, Ruben, La Passion du Rhum et Créatif, on en a déjà pas mal parlé (ici, et encore là).
Rum Nation, outre l'arrêt sur image dédié à leur Jamaïcain de base (ici), on a déjà fait le tour de pas mal de produits (comme je suis pourri, je vous renvoie au listing ; c'est pour ça que je l'ai fait après tout).
Hampden, c'est jamaïcain et plein d'esters. Le concept du rhum jamaïcain "puant", on l'a abordé ici et Hampden, on se penchera sur la distillerie plus en détails prochainement.
Savanna, ben Savanna, ça nous vient de l'Île de la Réunion. Et on va s'en tenir à ça pour le moment parce que j'ai une flopée (huit je pense) de samples de la gamme à la maison qui n'attendent qu'une dégustation pour effectuer un retour et un descriptif de la distillerie (oui, on parlera du Herr et du Lontan).

Maintenant que j'ai posé les bases (et fait une giga autopromotion. Je suis le mal, je sais), on va passer à la découverte des produits ...
Euh non, finalement : on va faire une petite parenthèse GR. Parce que GR pour Gentleman's Rummer.
C'est effectivement ici que l'on a eu droit à notre équipement : chemise classe et verre gravé. La claaaaasssse comme dirait la tortue dans Nemo.
Mais c'est aussi ici que l'on a lancé le concept du sample mystère !


line-up
Un line-up on ne peut plus alléchant ...

Donc avant d'ouvrir les hostilités, place à la dégustation du sample mystère (qui ne le sera pas très longtemps vu que je vais de ce pas vous en balancer le nom ^^) !

Dillon - XO Hors d'âge - Grenadier :

"Grenadier" parce qu'il y a un léger rapport avec le soldat sur la bouteille ^^
Dillon - XO Hors d'âge - Grenadier
Une bouteille qui ne paie pas de mine et pourtant ...
La robe est ambre à reflets dorés. Bon avec ça on n'était pas vraiment avancé sur la question "D'où ça vient ?" ...

Le nez est - dans un premier temps - boisé et épicé avant de laisser place à des notes de fruits secs.
Le boisé est extrêmement bien fondu dans l'ensemble et une petite touche de réglisse y amène un petit coup de folie.

En bouche, c'est relativement rond tout en restant sur ce côté fruits secs/boisé perçu au nez.
Voilà, c'est tout. Je reconnais que j'ai loosé sur mes notes ce coup-ci ...

La finale, relativement longue, reste sur les notes épicées et boisées qui auront servi de fil rouge tout au long de la dégustation.

Un beau produit, vraiment.

La petite mise en jambes étant terminée, place au gros morceau de la soirée !
Notez bien qu'on a laissé les produits s'aérer un certain temps (en gros le temps de la dégustation qui précèdait la suivante) histoire de ne pas se faire attaquer par le voltage et qu'on a surtout pris du plaisir (ce qui implique quelques notes parfois fort brèves).

Rum Nation - Small Batch Savanna 10 ans :

On commence gentiment avec un produit nous venant en droite ligne de la Réunion titrant à 54,2°.
552 bouteilles ayant été produites, bonne chance pour en trouver maintenant (c'est - fort - rare mais pas impossible).
Rum Nation - Small Batch Savanna 10 ans
Une bouteille immédiatement reconnaissable.
La couleur est engageante : or orangé à reflets ambrés.

Au nez, on repère de suite un alcool bien intégré.
Arrive ensuite une déferlante de fruits secs, de fruits exotiques ainsi que quelques épices pour rehausser le tout.
Ce qui va pourtant me marquer c'est ces notes légèrement chocolatées évoluant de manière assez impressionnante vers quelque chose de bien plus torréfié.

Niveau rétro-olfaction, on reste en plein sur les fruits exotiques (mais vraiment hein) enrobés des notes torréfiées perçues initialement.

L'entrée de bouche ne se fait pas sans mal : l'alcool te pète en bouche, c'est hyper tanin et le tabac est bien présent avant que les autres saveurs n'explosent : c'est puissant au niveau des fruits exotiques bien mûrs, des agrumes en veux tu en voilà et la réglisse vient en remettre une couche.
Avec tout ça, les épices passent clairement au second plan.
Vraiment, vraiment bien.

La finale est longue et reste sur les agrumes. C'est sympa mais une touche légèrement amère arrive et à tendance à s'éterniser.

Je suis fan. Un petit moins pour l'amertume en finale mais je suis fan.
Pas eu le temps de choper un sample, Salva ayant récupéré la bouteille (oui, c'est un sorte de sample aussi mais en plus gros :'-D ).

Rum Nation - Small Batch Savanna 15 ans :


C'est pas compliqué : on prend "le même" en plus vieux mais en plus petite quantité (480 bouteilles produites) et à un voltage un rien plus faible (52,8°).
Rum Nation - Small Batch Savanna 15 ans
Bienvenue au jeu du "Sékoikichangesurlétiket" :p

Ici, vu que Ruben nous a raconté ses aventures au Velier-Live (privilégié va ^^) ben, j'ai surtout écouté et moins pris de notes du coup... C'est maaaal, je sais.

La robe de celui-ci est plus foncée : elle est d'un ambre intense tirant plus vers l'acajou.
C'est joli, y a pas à dire.

Le nez m'a paru complètement différent, à la limite plus "pharmaceutique" et poussiéreux (c'est bizarre, je sais) dans un premier temps, il a ensuite évolué pour laisser ressortir des notes plus fruitées.
Un petit côté "cire" était également de la partie.

Niveau rétro-olfaction, les fruits reprennent le dessus. L'alcool donne toutefois l'impression d'être moins bien intégré.

En bouche, c'est fruité mais plutôt fruits secs puis c'est épicé. Non, c'est plus herbacé qu'épicé en fait.
Et c'est tout (quand je disais que je n'avais pas été hyper attentif ...).

La finale, d'une belle longueur aussi, reste sur les notes perçues en bouche et garde ce petit côté "pharmaceutique/aromate" assez particulier.

Bof.

Par acquit de conscience, il faudrait que je le goûte à nouveau avec un peu plus d'attention mais pour moi, il n'y a pas de match, le 10 ans est clairement au-dessus.

Rum Nation - Small Batch Hampden 18 ans :

Nous voilà donc à la partie "violente" du line-up. Ben oui, 66,3° quand même ...
Logiquement 480 bouteilles aussi pour celui-ci.
Rum Nation - Small Batch Hampden 18 ans
Un design légèrement différent (on change l'animal quoi) mais typique.
Ah ben tout de suite on est sur quelque chose de bien plus léger au niveau visuel : la robe est légèrement dorée.

Au nez, si on est un peu con (j'assume) et même après aération, ça t'envoie une grosse claque dans les narines (un uppercut en pleine face serait plus juste comme description en fait) si tu tentes un "snif" malheureux ^^
Bref, ce test idiot passé, quid du produit ?
JA-MA-Ï-QUE !! Tout simplement. J'entends par là que les marqueurs typiques (et atypiques d'ailleurs) du style jamaïcain sont bel et bien là : une bonne grosse dose de solvant ouvre le bal suivi d'une volée d'ananas ultra mûrs avant de faire un petit passage par des notes de colle.
Je sais, je vous fais le coup à chaque fois mais j'adore (et oui, ça peut rebuter, j'en ai parfaitement conscience).
Les fruits exotiques finissent par l'emporter et dominent la partie.

A la rétro-olfaction, il y a quelque chose ... que je n'arrive plus à déchiffrer (ça m'apprendra à aller rechercher mes notes des mois plus tard ...).
Par contre, ce qui est tout à fait déchiffrable c'est que le côté fruité tout en puissance est hyper présent ainsi que le léger côté solvant bien perçu au nez.

En bouche, ça fond, ça s'évapore et c'est - sans surprise - toujours on ne peut plus jamaïcain (pour ceux qui ne suivent pas : fruits exotiques trop mûrs, solvant, colle) !
Y a bon.
Les ananas sont donc mûrs de chez mûrs et à la limite du fruit compoté.
Une étrange impression de partir un rien sur les fruits à coque passe brièvement. Une illusion ?

La finale est fatalement longue, longue, longue. Et elle reste bien évidemment sur ces fruits et ce solvant qui ont marqué le produit de leur empreinte.

Un must-have (qu'il n'y a sûrement plus mais bon).

Rum Nation - Small Batch Hampden 24 ans :

On prend le même (enfin presque) et on recommence en plus vieux et en moins fort (61,6°).
Le nombre de bouteilles ? Sais plus, j'ai pas noté (en même temps, c'est très peu et sûrement épuisé un peu partout donc ...).
Rum Nation - Small Batch Hampden 24 ans
24 ans ... Respect.
Celui-ci est un rien plus intense que son petit frère et nous présente une robe d'un bel or soutenu.

Et là, accrochez-vous ! Alors qu'on imagine un solvant monstrueux, des fruits pourris et tout un tas de trucs bien puants (Dunder mon ami) et bien ...
Pas tout à fait ;-)

Le nez démarre certes sur des notes de solvant mais celles-ci sont bien plus légères, le côté fruité dominant largement.
Et quand je dis fruits, j'entends fruits exotiques bien évidemment (fruits de la passion, mangue, ananas, ...) mais aussi un côté plus fruits confits.
Et de manière assez surprenante, une certaine fraîcheur est amenée au moyen de notes herbacées aussi étonnantes qu'agréables.

La rétro-olfaction fait la part belle aux ananas ainsi que, cette fois, aux épices (désolé, je n'ai pas pris la peine de relever lesquelles, honte sur moi).
Les notes herbacées perçues au nez sont toujours de la partie !

La bouche est dans la continuité du nez : beaucoup moins de solvant mais un aspect épicé et herbacé assez soutenu.
Le tout bien entendu entouré de fruits bien mûrs quasi compotés.
L'ensemble donne un produit chaud et rond à la fois.
Une légère touche fumée se fait également sentir.

La finale est ici aussi extrêmement longue sur les notes perçues depuis le début mais avec une légère amertume fumée venant ponctuer le tout.

Le verre vide nous fait encore voyager vu la flopée d'arômes continuant à s'y trouver.

Génial.

Deux rhums jamaïcains, venant du même endroit mais présentant des profils tellement différents... C'est juste top !

Ceci conclut donc une soirée pleine de bonne humeur qui a tenu toutes ses promesses au niveau des produits dégustés.

Vivement la prochaine !


Rhum n' Whisky



mercredi 23 août 2017

Un p'tit beurre, des touyoux (ou "un an de carabistouilles en tout genre")

Un an !
Ca fait déjà un an (parce que oui, les premières publications ont bien eu lieu en septembre mais j'ai quand même un peu attendu avant de publier. Histoire d'avoir du contenu, tout ça, tout ça) que je vous fais part de mes avis, pas nécessairement toujours objectifs (oui, il y a l'un ou l'autre chouchou, que voulez-vous) mais - du moins, j'essaie - de manière honnête et sincère, sur les produits dégustés.
 
Et donc, en un  an, il s'est passé quoi sur le blog ?
- 49 articles (celui-ci compris) pour, sauf erreur, 235 produits dégustés (dont certains à deux reprises ^^) ; mon foie va bien, merci pour lui ;
- la création d'une page fesse-bouc (parce que j'ai l'impression que le système de notification par mail de blogger merdouille légèrement) pour vous permettre de vous tenir informé des nouveautés ; et la surprise de voir que des personnes de tous horizons (divers et variés mais généralement spiritueux) s'intéressent à ce que vous écrivez ;
- plus de 100.000 vues (bon ok, y a sûrement eu quelques bots dans le lot mais la majorité des gens me lisant se connecte depuis la France ou la Belgique. C'est clairement hallucinant mais c'est surtout du à l'effet Don Papa qui a été relayé sur plusieurs pages FB dédiées au rhum. Ca fait plaisir :-) ;
- un rythme de parution fréquent que je souhaitais tenir mais qui n'a pas été respecté (oui, bizarrement, j'ai une vie à côté de l'alcool ^^) ;
- de plus en plus d'articles présentant des dégustations groupées au lieu d'un arrêt sur un seul produit ;
- une étrange diversification des dégustations (heureusement que je n'ai pas goûté de vodka sinon j'aurais dû changer la tag-line du site ^^) qui a eu lieu suite à divers concours de circonstances. D'une part c'est très intéressant et, surtout, c'était très bon ;
- ... parce qu'il y a sûrement autre chose mais bon, au final, on s'en balance hein parce que le plus important c'est ce qui suit !
 
Ben oui, en un an, IRL, ça a donné quoi (on va passer sur la création de t-shirt même s'ils sont top) ?
- un nombre de rencontres assez incroyable : et ce que ça soit entre amateurs passionnés (citons pour l'exemple certains légionnaires qui se reconnaîtront ou une personne se promenant - à l'époque - avec une poussette) ou avec des professionnels du secteur (qu'ils soient exposants lors de salon, cavistes ou encore patron de distillerie). Il est impensable de tous les énumérer ici au risque d'en oublier certains (ça serait ballot) mais l'intention y est ;
- suite logique des susdites rencontres, le "tissage de liens" (amis du tricot, bonjour) entre certaines des personnes susvisées qui a entrainé dégustations, soirées, échanges de samples, bref tout un tas de trucs liés aux spiritueux (sérieux, vous alliez imaginer quoi ?) ;
- la découverte d'un univers incroyablement vaste (je suis d'ailleurs conscient que je ne saurai jamais en entrevoir qu'une infime partie mais je m'applique, promis ^^) qui réserve plein de surprises olfactives et gustatives ;
- des "voyages" (oui, de part chez nous, faire Waremme-Spa en train en prenant quatre trains, c'est généralement considéré comme un "périple") nous amenant à visiter d'autres contrées (l'Italie on en reparle fin d'année avec - dès à présent - un gros coup de gueule en perspective ; la France ça sera l'année prochaine ;-) et d'autres suivront !) ;
- des claques gustatives monumentales (dans les dernières en date, et si on ne tient compte que des produits chroniqués, on citera seulement le Diamond '81 de chez Velier) ;
- un manque de temps stupéfiant pour goûter puis faire des retours (les samples s'accumulent et l'une ou l'autre notes tardent à sortir, pas bien) ;
- ... ici aussi j'oublie sûrement plein de choses géniales mais je crois que le plus important est là.
 
Et dire que tout ça est parti d'un délire entre potes au fond d'une cave ^^
 
Conclusion ? Ca me plait beaucoup de vous raconter mes retours de dégustations(intéressantes ou pas) et ça risque de continuer (désolé pour ceux qui espérait un post d'adieu).
 
Et dans le monde du rhum et du whisky en général ?
A mon petit niveau, j'ai pu relever que les évènements (majeurs ou mineurs) y liés commençaient à se multiplier de plus en plus de part chez nous (ce qui est bien pour l'amateur ; il va juste falloir commencer à les sélectionner parce que ça fait vraiment beaucoup). Ca c'est bien !
L'engouement de plus en plus important pour le rhum (et celui pour le whisky qui ne diminue pas) a par contre entrainé son lot de chieries, augmentation des prix (parfois complètement disproportionnée) et spéculateurs en tête. Ca c'est nul.
Mais gardons espoir !
(et puis, si tout ça devient trop cher, on se rabattra sur l'armagnac parce que c'est vachement bon et vachement moins cher ^^)
 
Voilà voilà !
 
Sinon à quand le prochain vrai article ?
Il va arriver, il va arriver ...
(il y en a même deux en attente, faut "juste" trouver le temps de les écrire ...)
 
Sur ce, à bientôt !
 
Rhum n' Whisky
 

jeudi 10 août 2017

Ah ben ici on n'a pas bu d'eau tiens (aka "Mon Gin Experience 2017")

Le samedi 27 mai (oufti que ça remonte déjà à loin tout ça, va falloir faire travailler ma mémoire ...), on avait décidé de faire une descente au Val Saint-Lambert (oui, à S'rin, pour ceux qui ne situent pas. Et comme je viens de là, j'ai le droit de le dire :p) pour faire plus ample connaissance avec des produits à base de ... genièvre !

Gin experience - logo
Désolé pour tous ceux qui espéraient un article sur le peket (oui, dans ma région, c'est comme ça qu'on appelle le genièvre ^^).
Honnêtement, c'était plus que tentant :
- on devait y trouver une flopée de représentants de distilleries diverses et variées ;
- la prévente était à 12 euros (oui, 12 malheureux euros) ;
- un bon de 5 euros à l'achat de deux produits au shop (in fine ton entrée te coute donc 7 euros !!) ;
- un cadre agréable ;
- l'opportunité de découvrir des pros vous préparer un gin tonic ;
- un food-truck (c'est tendance) ;
- un chouette verre à gin tonic.
 
Sympa non ?
 
Si, in fine, j'ai passé un super moment, il y avait quand même quelques (gros) bémols :
- le premier c'est la sensation de s'être un peu fait couillonner niveau budget. Alors, oui, c'était indiqué sur le site mais quand même, le gin tonic à 4 euros, ça fait un peu mal au cul. Je ne parle pas des softs à 2 euros ;
- niveau organisation, c'était visiblement un lendemain de veille pour certains (on y est allé le samedi) :
° chez Hendrick's par exemple, on ne sait pas à partir de quelle heure il a commencé à servir (on a renoncé à y aller après trois fois) : ses glaçons n'étaient pas près ... Mais bordel quoi, t'en demandes au stand d'à côté non ? Et plus pragmatiquement, tu t'organises mieux pour que tu sois prêt à l'ouverture. Bref ;
° le food-truck avait l'air d'avoir quelques soucis de démarrage ;
° certains exposants semblaient particulièrement peu concernés : quand je sais qui est normalement derrière le stand (parce que je l'ai vu peu avant) et qu'il cause avec un pote exposant deux stands plus loin alors que je plante la tente devant son stand pendant cinq grosses minutes, je l'ai un peu mauvaise (j'ai un sale fichu caractère, c'est comme ça et, je le reconnais, ça fait beaucoup de "stand" dans la même phrase) ;
- il faisait chaud (sur le principe, c'est chouette) mais pétant chaud hein, autant dedans que dehors et, magie de l'organisation, y avait pas d'eau !!
Personnellement, ça me semble assez basique comme raisonnement non ? Tu organise un évènement "éthylique", tu mets des bouteilles à volonté ou deux-trois fontaines par-ci par-là histoire que 1. les gens puissent rincer leur verre avec autre chose que des glaçons (dans le meilleur des cas) ou du tonic, voire du gin (dans les autres cas) et 2. les gens puissent se désaltérer un rien entre deux verres. Quitte à faire payer un forfait eau à l'entrée. On s'en fiche.
Bref, l'équation "alcool fourbe (non parce que sérieux, le gin ça tape quand même et, mélangé au tonic, ben ça coule tout seul) + chaleur + absence d'eau" a dû donner quelques résultats pas tristes en fin de journée ...
- le shop : la grosse blague quoi. J'ai renoncé à y trouver un truc après avoir entendu - à trois reprises pour mes trois coups de cœur - "ah ben si vous le voyez pas, c'est qu'on n'en a pas" ... D'accord, d'accord.
 
Bon, comme à mon habitude, je bave, je bave mais j'ai quand même passé un chouette moment.
Explications :
- le verre est fun ^^ 
-  j'avais un plan de bataille (comme à chaque fois que je fais un salon donc) et sur base de la liste des distilleries présentes, j'avais fait un listing de choses à goûter : tout n'était pas là mais le cahier des charges est largement rempli en ce qui me concerne ;
- les exposants (ceux qui étaient au point, tenaient leur stand, travaillaient pour la distillerie, ... entourez la ou les mentions qui vous plaisent) : outre ceux que je connaissais déjà (et chez qui il est toujours sympa d'aller discuter), il y avait ceux qui étaient passionnés par ce qu'ils faisaient et ça c'est toujours très chouette ;
- j'ai découvert de très très chouettes (et vraiment surprenants aussi) gins ;
- le gin "pur" (sans tonic donc) était gratuit et ça, quand tu vas en salon pour découvrir un produit, c'est quand même mieux de pouvoir le gouter "de base" avant qu'il soit mélangé. En plus, le but était de les déguster purs pour pouvoir s'en faire une bonne idée donc c'est top. Bon, je suis encore passé pour un extraterrestre avec mon verre à dégustation emporté avec moi pour l'occasion mais je m'en fiche :p ;
- les gin-tonics et les softs étaient vraiment bien préparés (tant niveau goût que présentation) ;
- on s'est vachement bien amusé. A mon avis ces trois là y sont pour quelque chose ;-)

smile ^^
L'équipe (sans moi, faut bien que quelqu'un fasse la photo aussi hein) ; sinon, oui, c'était un peu vide ...
Vu que ça fait maintenant plus de deux mois que l'évènement a eu lieu, j'ai probablement oublié l'une ou l'autre chose mais je pense que - dans l'ensemble - ce qui m'avait plu et moins plu est repris ci-dessus.
 
Place à la dégustation du coup (et je vous ferai grâce du pourquoi du comment le tonic était bon parce que 1. on s'en fiche et 2. j'ai pas pris de notes pour ça :p).
Je préciserai juste les produits dégustés par la suite en gin-tonic.

Ah oui, je m'étais certes penché un peu plus assidûment sur le gin avec les maigres ressources que j'ai à la maison histoire de m'y faire un peu mais vu le contexte (salon, tout ça, tout ça), les notes risquent d'être plus light quand même.
 
On y va :
 

Citadelle - Réserve :

Alors Citadelle, c'est comme Plantation dans le monde du rhum : c'est le cognac du gin ... Ok, pour faire simple, c'est un produit français qui nous vient de la maison Ferrand (qui produit donc du cognac et est à l'origine de la gamme de rhum Plantation).

A noter que la version Réserve dégustée ici est vieillie quelques mois en fûts de chêne (ai-je besoin de préciser ce qu'ils ont contenu préalablement ?).
Citadelle - Réserve
Tout de suite tu vois qu'il y a de la couleur dedans ta bouteille ici (amis de la grammaire, bonjour).
Sa robe est extrêmement claire (pas translucide donc), tendant vers une couleur paille vraiment très légère.

Le nez est à la fois frais et épicé, sur le genièvre (un marqueur de base qui devrait théoriquement nous accompagner tout au long de la journée) et les agrumes (idem).
Il évolue vers une certaine douceur (légèrement fruitée ?).

En bouche, le genièvre est là mais c'est doux, vraiment. Une légère impression de sureau ou de sucre de canne tendrait même à se faire sentir (non, je n'étais pas déjà à l'ouest).
Les agrumes, plus légers également, refont surface eux aussi.

Niveau rétro-olfaction, j'y ai trouvé une légère amertume.

La finale est relativement longue, toute en douceur sur des notes florales et fruitées (agrumes encore) avant de faire place à un retour du genièvre.

Un produit d'une rondeur assez étonnante et très agréable.
Un bon début donc.

Jinzu :

Premier arrêt "gin from outer space" et première claque gustative !
Nous voilà donc face un mélange des traditions britannique (pour le London Dry) et japonaises (pour les tentacules (Nico, sort de ce corps) le saké).
Et là, j'en vois faire "Gnéé ?!" derrière leur écran.
Normal.
On va essayer d'être un peu plus clair du coup : niveau aromates, on y trouve fatalement du genièvre (logique) et de la coriandre (logique aussi il parait ^^) mais aussi du yuzu et de la fleur de cerisier (ce qui explique la bouteille).
Au cours de la distillation, il est assemblé à du saké Junmai avant d'être réduit (à un degré incompréhensible de 41,3°, allez pas chercher à savoir pourquoi). Le saké Junmai - pour le peu que j'en sache sur le saké - ferait visiblement partie de la catégorie des Rolls du saké, le riz entrant dans sa composition étant poli jusqu'à 70% de sa taille originelle (en plus de lui avoir retiré ses enveloppes extérieurs).

Bon sinon, ce truc, il est bon ?
Très !
Jinzu
Après, je le reconnais, le look de la bouteille m'avait déjà conquis.
Niveau couleur, retour aux basiques : y a pas.

Le nez est immédiatement surprenant : on sent à la fois le genièvre et le saké (!!).
Les agrumes sont là aussi et un côté plus fruité ressort par la suite.

La bouche est extrêmement ronde, sur les fruits rouges.
Le genièvre est là mais c'est relativement discret.

Niveau rétro-olfaction, on reste sur les fruits rouges mais on part également du côté des agrumes.

La finale fait quant à elle un surprenant retour sur une gamme plus amère (type pamplemousse) avant de laisser place à la rondeur caractéristique du produit.

Vraiment très très bien !
Après, il y aura toujours des rabat-joies pour dire que c'est un produit fait pour ceux qui n'aiment pas le gin ou qui aiment le saké, voire que c'est un mélange bâtard.
Personnellement, je m'en fiche parce que j'aime beaucoup.

Tonic il y a eu en fin d'après-midi.

Gin Mare :

Après la France et l'Ecosse, petit détour par l'Espagne (si, si !) pour nous pencher sur le deuxième ovni de la journée (et, accessoirement, un des gros coups de cœur du jour), un produit - à nouveau - atypique.
Voyez : il y a certes du genièvre mais la macération a ça de particulier qu'elle emploie également du thym, du romarin, du basilic et ... des olives Arbequina (petites olives de Catalogne relativement chères, ce qui impacte considérablement le prix de la bouteille) !
Gin Mare
Classe et sobriété. J'aime beaucoup.
Ici aussi, on passera vite sur la partie couleur qui est absente. Voilà.

Le nez part directement sur les herbes aromatiques. C'en est à la fois désarçonnant et agréable. Le thym se fait clairement sentir, le romarin aussi.
On y trouve un peu d'agrumes si on cherche bien (histoire de se sentir en terrain connu).
Il m'a paru un rien plus alcooleux que les deux autres sans pour autant que ça soit désagréable, loin de là.
Et, bizarrement, j'ai eu une sensation de menthe qui est apparue au fil du temps (ça ne devait pas être ça mais les autres l'ont également ressentie donc ...).

En bouche, c'est plus épicé mais toujours herbacé et on sent poindre l'olive doucement mais sûrement.
Il y a du genièvre aussi, un peu.

Niveau rétro-olfaction et bien ... je n'ai pas de notes. Voilà voilà ^^

En finale, l'olive est là mais pas que : les autres aromates aussi.
Une sensation de fraicheur nous accompagnera tout du long.
Et, à nouveau, cette étrange impression mentholée (il faudra vraiment que je me trouve une bouteille pour revérifier ça. Oui, c'est une excuse de m****, je le reconnais).

Un produit vraiment bien foutu et très agréable à boire seul.

Pareil que pour le Jinzu, je suis repassé par la case tonic en fin de journée.

Filliers Barrel Aged :

Le petit tour du monde continue et on se pose un peu en Belgique.
Ce Filliers-ci (parce que je vous ai déjà parlé de ce FIlliers-là ^^) est mis à vieillir plus ou moins quatre mois en fût de chêne du limousin ayant précédemment contenu du cognac.
Filliers Barrel Aged
Une bouteille bien reconnaissable de par chez nous.
Gin vieilli donc gin coloré ? Ben, oui, un peu : le verre se pare d'une robe de couleur paille assez légère.
 
Le nez est d'emblée sur le genièvre mais on sent bien que c'est relativement travaillé et assez fin.
On y trouve aussi une certaine douceur sous-jacente, une impression de vanille qui ne doit pas être étrangère au fait que le produit ait été mis à vieillir.
 
Au niveau de la bouche, on repart en terrain connu avec ce qui fait le propre du Gin Filliers : c'est plus épicé, il y a un peu d'agrumes, le genièvre est là (ben tiens) mais - parce qu'il y a un mais - cette douceur perçue au nez est toujours là. C'est assez stupéfiant de voir à quel point, en si peu de temps, le travail du fût a marqué sa patte sur le produit.
Enfin, un très léger boisé se manifeste de-ci de-là.
 
La finale devait vraisemblablement être relativement longue mais je n'ai pas de note si ce n'est qu'elle est très gin (London Dry quoi) tout en étant enrobée d'une agréable douceur.
 
On fait quand même de chouette truc de part chez nous :-)
 

Gin Biercée - Thesis & Antithesis :

Finalement, comme on se sent bien chez nous, on va un peu y rester et se diriger du côté de Thuin et plus particulièrement à la distillerie Biercée ; distillerie qui produit du gin (fatalement) mais aussi du peket, de l'Eau de Villée, des liqueurs et eaux-de-vie de fruits (dont l'une répond au poétique nom de "gratte-cul", ça ne s'invente pas ^^).
 
Bref, deux gins sont proposés chez Biercée mais on ne va se pencher que sur le premier qu'ils ont commercialisé.
Gin Biercée - Thesis & Antithesis
Le look damier il faut aimer. Perso, j'accroche pas trop. Mais c'est reconnaissable directement donc ...
Retour aux gins incolores.
 
Au nez, on sent le genièvre mais ce n'est pas ce qui nous accroche en premier.
En faisant un peu plus attention, on se rend compte qu'il y a de l'anis (c'est sympa) mais il y a encore autre chose, un truc plus végétal qui dégage cependant une certaine fraicheur ...
Du fenouil ! Si, si, je vous jure, ce truc sent le fenouil !
 
La bouche fait surtout la part belle au ... fenouil (puisque je vous le dis) : c'est assez désarçonnant mais assez sympa en fait.
Le genièvre est un peu en retrait et un petit côté anisé/fleur de sureau amène une certaine rondeur au produit.
 
Niveau rétro-olfaction (oui, ici j'ai des notes :p), on est "à fond" sur des notes végétales.
 
La finale restera sur ce côté fenouil anisé.
 
Une chouette découverte totalement surprenante.
 

Ferdinand's Saar Dry Gin :

On repart en vadrouille pour aller se poser en Allemagne (ils font du gin aussi là-bas, oui, oui) chez une bande de grands malades qui ont décidé - accrochez-vous - d'ajouter un peu (2,5% du volume pou être précis) de Riesling (oui, le vin) à leur gin avant embouteillage !
Ok, après le mix gin-saké, ça ne vous perturbe peut être pas trop mais quand même quoi !
Ferdinand's Saar Dry Gin
Vu le mauvais goût allemand sur certaines bouteilles d'alcool, on pouvait craindre le pire. Le drame est évité (après, ça pourrait être plus beau mais bon).
On reste basique, pas de couleur non plus (ben oui quoi, c'est du gin) malgré l'ajout - certes léger - de vin au produit.
 
Au niveau du nez, oui, on est sur un gin, c'est sûr mais avec une certaine dose de sucrosité (et de rondeur donc) en plus, vraisemblablement due à l'ajout de vin.
Pour le reste, je dois reconnaître que ça m'a laissé un peu sur le carreau (pour être tout à fait honnête mes notes précisent "assez indéfinissable").
Il faudra donc vous contenter de ça.
 
En bouche, le genièvre diminue drastiquement d'intensité pour laisser place à de douces notes sucrées et vineuses mais surtout à une flopée d'agrumes ainsi qu'à quelques épices ramenant un peu de peps à l'ensemble.
 
La finale restera sur les agrumes (principalement des notes citronnées) avant de laisser place à une très légère amertume assez surprenante au vu de ce qui a précédé.
 
Expérience intéressante. Vraiment.
 

G'Vine - Floraison :

Retour en France pour ce dernier produit tout en délicatesse.
Elaboré en Charente à partir d'alcool de vin, il y a lieu de noter qu'entre dans sa composition la fleur de vigne, chose visiblement unique à ce jour.
Et pour pouvoir utiliser des fleurs de vigne, il faut y aller ! Je m'explique : en gros, on ne dispose que de 15 jours entre le moment où on peut les récolter et celui où elles se transforment en mini-grains de raisins. Y a du challenge donc.
Il existe une seconde version (Nouaison) qui est toutefois plus "traditionnelle" (dans le sens "London Dry") mais comme c'est moins fun, on va se contenter du Floraison (et, de mémoire, il n'y avait que celui-là).
G'Vine - Floraison
Un packaging aussi top que le Gin Mare tout en étant différent. Juste génial.
On finit logiquement sur un produit ne présentant aucune couleur.
 
Le nez est d'une douceur assez stupéfiante. C'est à la fois floral et fruité (sur les agrumes).
C'est extrêmement rafraichissant.
 
En bouche, il y a certes du genièvre mais c'est loin d'être ce qui marque le plus les esprits : on reste toujours sur un produit rond et floral à tendance fruité (ça ressemble au nez, et alors ?). Les agrumes sont là, et un truc plus "étrange" qui se rapproche du raisin (influence des fleurs de vigne ?) aussi.
Vraiment très, très bien.
 
La finale restera sur ces notes assez originales et on ne peut plus agréables perçues en bouche ainsi que sur la rondeur du produit qui nous aura accompagné tout du long.
 
Vu comme ça, ça a l'air assez monolithique et assez basique mais dès lors que c'est bon, pourquoi vouloir complexifier les choses ?
 
Gros coup de cœur et dernier tonic de la journée.
 
In fine, trois coups de cœur, à chaque fois sous trois formes différentes :
- le gin en lui-même : une tuerie ;
- le gin-tonic : juste comme il faut ;
- le packaging : top top top !
 
Ceci conclut cela (et comme la soirée BBQ qui a suivi ne vous intéresse/concerne/regarde/... pas (biffez la mention inutile)), on se dit à la prochaine fois !
 
 
Rhum n' Whisky

mercredi 2 août 2017

"La malédiction du doseur" aka Dégustation de rhums blancs chez les 'GR'

logo GR
Ca c'est de l'image d'accroche !
L'avantage du logo, c'est que vous savez directement que ce qui va suivre se rapporte à une soirée dégustation d'une secte d'adorateurs de jus de canne bien spécifique.
(Le premier qui me demande pourquoi pas Gentlemen vu qu'on est plusieurs ben euh voilà quoi, c'est pas mon idée mais on s'en fiche parce que ça claque ^^).

Soit, après la première sortie officielle, place donc à ... la deuxième (et pas seconde car j'espère qu'il y en aura d'autres) !
Niveau organisation, c'est assez simple : comme la dernière fois. C'est-à-dire à Blegny, Au bout là-bas, un sample mystère, la dégustation à proprement parler et une bonne dose de bonne humeur et d'humour idiot.
Pourquoi changer une équipe qui gagne après tout ?

Ah si, changement en fait :
- il y avait du grignotage (du pain) : ben, l'air de rien, c'est pratique ;
- le chef avait acheté des doseurs (d'où le titre) sensés nous faire des verres de 2cl à chaque fois. Problème : il a fallu se faire à l'usage du bousin (si, si, c'est plus compliqué que ce qu'on imagine) et le goulot des bouteilles de rhum est finalement assez fourbe car fort changeant de l'une à l'autre (traduction : ça ne se met pas nécessairement comme ça devrait). Du coup, il y a eu une bonne dose de Free-style :'-D (après ça a été mieux mais on s'est bien amusé ^^) ;
- je crains, pour une personne en particulier, qu'on tienne le running-gag de la confrérie. Pour ne pas trop en dévoiler (histoire que vous veniez en vrai à nos dégustations et que l'on puisse vous l'expliquez directement ; c'est tellement mieux) nous dirons juste qu'il traite de moules ... ;
- le sample mystère, c'était pas du rhum ^^ ;
- accueil au sein de la confrérie de la compagne de Francis D. (on met des photos de nous mais on tient à notre anonymat :p). Conclusion générale : Madame saura dorénavant ce qu'il achète (et - si j'ai bien compris - aura une nouvelle excuse pour acheter des chaussures du coup ;-) ) ;
- une surprise de taille nous attendait en fin de dégustation (soyez sympas, lisez le reste avant de scroller vers le bas ... ou pas enfin, c'est comme vous le sentez).

Pour le reste, la dégustation à rencontrer moins de succès que la première bien qu'elle était plus accessible (selon moi du moins parce qu'entre trouver les différences entre différents batch/millésime de New Grove - un exercice assez pointu quand même - ou découvrir des blancs différents ben, la seconde est clairement plus orientée découverte).
Après, la date a probablement joué (en plein mois de juillet) et (surtout ?) le rhum blanc bien qu'il en apparaisse de plus en plus qui soient qualifiés de "premium" (terme que je n'apprécie que moyennement et parfois usurpé ...) conserve généralement mauvaise presse auprès des nouveaux adorateurs de canne à sucre.
A retenter donc ;-)

C'est pas tout ça mais il est temps d'entrer dans le vif du sujet.
Précision du scribe un peu pourri car en vacances : ayant déjà dégusté une grande partie des produits présentés et le ressenti sur ces derniers confirmant quasi mon ressenti initial, je ferai "quelques renvois" vers mes notes initiales (bon, je copie-collerai histoire d'être complet mais je ferai quand même un renvoi fourbe pour vous inviter à aller cliquer ^^).

On débute donc avec le sample mystère qui nous emmène du côté du Brésil :


Cachaça Envelhecida Engenho da Vertente Tradicional :

Pour faire très simple, c'est une eau-de-vie brésilienne de jus de canne frais.
D'où le rapprochement avec le rhum (jus de canne frais, rhum agricole, cachaça, tout ça, tout ça).
Pour plus de détails sur le pourquoi du comment cette cachaça-ci, je vous renvoie là-bas.
Cachaça Envelhecida Engenho da Vertente Tradicional
Oui, cette photo a déjà servi ...
Pour cette fois (comprendre "l'article au complet"), je vous épargnerai le paragraphe sur la robe du produit qui est ben ... incolore.
Oui, à chaque fois ^^

Au nez donc, on part sur une foultitude d'arômes. C'est relativement végétal et fruité (au premier nez, on a l'air d'être sur une liqueur de fruits mais cette impression passe fort vite).
Nous sommes face à quelque chose de très bien maitrisé qui donne envie de s'y plonger à nouveau.
 
Etrangement, c'est plus sec en bouche. Toujours sur les "herbes" avec une note de fruits verts en arrière-fond.
C'est toujours aussi chouette.
 
Enfin, la finale est plus épicée mais garde l'aspect sec et herbacé retrouvé plus haut.
 
Ce n'est certes pas du rhum mais il n'empêche qu'il s'agit tout de même d'un "cousin" pas si éloigné que ça quand on jette un coup d'œil ne serait-ce qu'à sa matière première.
Et puis il serait idiot de ne pas s'ouvrir vers d'autres horizons sucriers.
Et comme l'exercice du soir s'y prêtait bien, pourquoi se priver ?
 
Après cette mise en bouche, place à la dégustation en elle même !
 
Le line-up :
line-up
Parce que j'aime le concept du contre-jour (ou que je suis nul en photo, c'est selon :p).

Depaz - Cuvée de la Montagne :


Alors Depaz, c'est un peu la distillerie "pas de chance" (bon après s'installer près d'un volcan, même Pierce Brosnan pourrait dire que c'est une mauvaise idée aussi hein) : au début du siècle dernier - ça fait sérieux dit comme ça :p - une toute "pitite" éruption rase complètement la ville de Saint-Pierre (et les distilleries qui s'y trouvaient) et la famille Depaz y passe complètement sauf Victor qui décidera de revenir s'installer au pied du volcan (y en a qui ne doute de rien après tout ...).
Sans rapport avec le volcan, les chais prendront feu fin des années '90. Bye-bye les vieux millésimes ...
Quand je vous disais qu'ils avaient la guigne ...
 
Sinon, ça donne quoi cette cuvée de la montagne ? 
Depaz - Cuvée de la Montagne
C'est sobre.
Et bien niveau couleur ... non je déconne (mais juste parce que je l'ai lu quelque part et que je trouve qua ça sonne bien, on va dire cristalline ^^).
 
Le nez est hyper surprenant : à fond sur les fruits rouges ! On pourrait tenter une comparaison rhum-confiture de fraises qu'on n'en serait pas si éloigné que ça (quand je vous dis que c'est surprenant).
Les fruits évoluent et la fraise laisse progressivement place à la framboise.
Derrière tout ça, on trouve quand même un peu de canne, rassurez-vous.
Eu égard à l'endroit où poussent les cannes (à flanc de volcan donc) on pouvait s'attendre à quelque chose de plus minéral et bien pas du tout !
 
La bouche est extrêmement ronde et douce : on reste sur le fruit, toujours très présent.
On perçoit également une forte "sucrosité" qui tend plus vers des notes de miel.
La canne revient également avec quelques notes végétales plus marquées cette fois.
 
Niveau rétro-olfaction, c'est fruité avec quelques épices (poivre) qui amènent un peu de peps au produit.
A noter que les fruits rouges laissent progressivement place à d'autres fruits plus exotiques (et il faudra vous contenter de ça ^^).
 
La finale est plus longue que le produit mystère mais on la qualifiera quand même de moyenne.
Elle reste très fruitée (toujours cette douceur fruitée perçue en bouche et ce sentiment de "sucré") mais les épices s'invitent à la fête pour rehausser un peu l'ensemble.
 
Le verre vide continue de dégager des arômes de fruits rouges.
 
Une sacrée bonne surprise pour débuter le line-up officiel de la soirée. J'ai accroché, très clairement. 

Bologne - Black Cane :


Après la Martinique, détour par la Guadeloupe !
Pour plus de détails, je vous renvoie par là


Bologne - Black Cane
J'aime toujours autant ce design (dommage que ça ne soit que le design).
Sinon, comme je l'écrivais à l'époque (bon, c'était aux derniers Rhum Days donc il n'y a pas si longtemps non plus hein) :
 
Le jus est, comme son nom l'indique, ... noir
...
Ok, j'arrête mes conneries.

Le nez est principalement sur la canne et les agrumes. Ca évoluera légèrement vers les fruits exotiques.
 
La bouche reste pas mal sur la canne mais c'est bien plus végétal, presque "terreux" (oui, c'est bizarre mais c'est l'impression que ça donne) avec toujours ces petites touches d'agrumes perçues au nez.
Alors ça peut surprendre mais j'y ai aussi trouvé des notes de gingembre.
Et cette fois, je l'ai trouvé bien plus amer mais surtout, surtout, beaucoup trop épicé (on y va à fond sur le poivre).
 
La canne et le côté poivré dominent la rétro-olfaction.
 
La finale est longue et dans la continuité de la bouche.
 
Bref, bof quoi. 

La Favorite - Rivière Bel' Air :


Back to Martinique et plus précisément dans la célèbre distillerie controversée pour ses iconiques cuvées "Flibuste" (au demeurant délicieuses).
 
Remarques préalables :
- c'est encore un put*** de bouchon plein de cire de m**** à enlever (bon, Marc l'avait déjà ouverte donc rien de grave mais quand même quoi). Tout ça pour dire, préparez-vous à en baver avant de pouvoir le déguster ;
- cire rouge = canne rouge (et non, cette fois je ne déconne pas ^^).
- le Bologne m'ayant tellement fait "mauvaise" impression (oui entre guillemets parce que ce n'est que mon ressenti hein) après le Depaz, mon feed-back de celui-ci risque d'être un rien faussé.
La Favorite - Rivière Bel' Air
Même quand le jus est transparent, une bouteille de La Favorite ça se reconnaît facilement.
Le nez est complètement différent du Bologne : plus doux, plus rond et, de manière assez surprenante, on sent déjà qu'il va être plus "plaquant".
Un premier côté fruité (principalement sur les agrumes, citron en tête) fait progressivement place à des notes végétales qui vont aller crescendo pour s'imposer.
Un côté minéral se fait également ressentir.
 
La bouche, toujours après le Bologne (j'ai trouvé ma tête de Turc de la soirée, que voulez-vous) fait juste dire "Wow !" (et gare au premier qui vient me parler des Orcs ou de l'Alliance ... oui, référence geek inside) : c'est hyper végétal mais aussi terreux.
C'est comme le Bologne du coup ? Ben non, parce que le terreux fait plus "distingué" (je n'ai pas trouvé le moyen de vous expliquer ça de manière plus claire, désolé ...)
Après, on se prend une nouvelle déferlante d'épices (poivre en tête à nouveau) mais avec un côté salé/iodé en plus.
 
Niveau rétro-olfaction, ça m'a paru citronné et légèrement iodé.
 
La finale était bien plus longue sur des arômes de canne et de citron iodé (oui, je lance un concept :p).
 
Un produit à la fois semblable mais tellement différent (qui a dit "mieux maitrisé" ?) que le Bologne. 

Longueteau - Sélection parcellaire numéro 1 :


Bien, on arrive doucement mais sûrement aux "poids lourds" de la soirée (tant niveau voltage que niveau qualité)
 
Celui-ci, je l'ai découvert au Rhum Discovery et c'est avec un plaisir certain que j'ai replongé dedans.
 
On reste sur de la canne rouge issue d'une parcelle relativement ensoleillée et peu humide.
Longueteau - Sélection parcellaire numéro 1
Ici aussi les bouteilles sont immédiatement reconnaissables.
Comme déjà indiqué dans mon dernier retour du Rhum Discovery, on retrouve - au nez - des notes de canne très végétales mais arrivent derrière des notes salines et marines assez surprenantes et très agréables.

La bouche reste clairement sur la canne fraîche. Un truc monstrueux.
L'alcool se fait plus puissant mais est extrêmement bien intégré.
Et on a toujours ce petit côté salin qui vient relever le tout de manière très fine.

La finale ne vient pas changer pas une équipe qui gagne : canne, notes salines et marines, très longue avec un petit quelque chose de fruité sur les agrumes qui vient couronner le tout.
 
Rien à dire, ça me plait toujours autant ! 

Longueteau - Sélection parcellaire numéro 9 :


Canne rouge toujours, la parcelle numéro 9 est cette fois située en pleine terre et entourée de rivières (un climat relativement humide donc). Ce qui donne un rhum assez "gras".
 
Découvert au Salon du Rhum l'année dernière, ce fut un des coups de cœur à l'époque. Quid aujourd'hui ?
Longueteau - Sélection parcellaire numéro 9
Si, si , y a une différence, le chiffre de la parcelle change ;-)
Au nez, on reste sur de la canne fraîche et sur le fruit (mais fort léger), le tout avec des arômes végétaux.
On perçoit également une certaine douceur.


C'est super bien foutu !
 
En bouche, la canne domine toujours avec de légères notes fruitées. Le tout se passe tout en douceur (une sensation sucré, à nouveau tendance miel, enrobe tout ça) malgré les 55° du bestiau.
 
La finale nous emmène plus sur le fruit avec - à nouveau - un retour logique sur la canne.
 
Ca peut paraitre basique par rapport aux précédents mais honnêtement, quand c'est super bien foutu y a pas besoin que ça dégage trouzemilles arômes différents pour être délicieux !
 
Bref, c'est toujours aussi bon !
 
Vivement la dégustation du parcellaire numéro 4 (canne bleue pour celui-là) parce que s'il est au même niveau que les deux autres ... 

Karukera - L'Intense :


On termine par l'artillerie lourde : un brut de fût (60,3°) composé uniquement de cannes bleues arrivées à pleine maturité.
On passera sur la controverse Karukera = Longueteau pour cette fois (on y reviendra, ne vous en faites pas) pour s'intéresser - à nouveau - à un produit découvert lors du Salon du Rhum de 2016 (en même temps que le Longueteau donc) et profiter de l'occasion pour étoffer quelque peu mes notes.

Karukera - L'Intense
Classe et sobriété
 
Au nez, on est de nouveau en plein sur la canne.
Des notes florales et fruitées (agrumes, fruits rouges, fruits exotiques, ...) font également surface.
Quelques épices et une très légère note iodée viennent relever le tout si besoin en était.
Un bal d'arômes s'ouvrent donc à nous et c'est vraiment très agréable.

Une fois en bouche, les watts sont là mais hyper bien intégrés ce qui joue grandement au niveau de l'explosion des saveurs !
La canne (plus sucrée que végétale ici) domine les débats et un petit côté fruité tente de faire son trou (agrumes).

Au niveau de la rétro-olfaction, c'est tout aussi stupéfiant, on reste dans le même registre puissant et agréable à la fois.

La finale, longue, réchauffe la gorge et, pour faire dans la continuité, reste sur la canne avec quelques notes épicées qui font surface.
Y percevrait-on une légère touche de réglisse ?

Un produit ... intense donc (c'est facile, je sais).

Vous avez donc le podium inversé avec les trois dernières dégustations.

De vous à moi, me concernant, il n'y a pas eu match, les trois derniers produits surclassaient largement les trois premiers :
1. Karukera (le voltage joue un peu à mon avis ^^)
2. Longueteau (parcellaire 9)
3. Longueteau (parcellaire 1)
4. Depaz (et oui, comme quoi)
5. La Favorite (parce qu'il était certes meilleur que le Bologne mais un cran derrière les autres)
6. Bologne (voilà voilà)
 
Une question me taraude quand même : est-ce que le chef a fait exprès de ne pas sélectionner La Perle de chez A1710 ?
 
Et quand on pensait avoir terminé, voilà ti pas Francis qui nous sort ça : 

Duquesne - 10 ans - "Val d'Or" Vieux Rhum agricole :


Une "vieillerie" du début des années '70 (quand Trois Rivières s'appelait donc Duquesne et non pas parce qu'il provient du stock d'une maison de repos bien connue de la région liégeoise. C'est bien vous suivez :p).
 
Une relique du passé, clairement, qui témoigne d'un mode de production différent qui ne saurait être reproduit actuellement (ou, plutôt, que l'on ne souhaite plus reproduire actuellement eu égard à certaines obligations de rendement notamment).
 
Alors même si Francis a tenté de minimiser la chose en présentant ça comme un simple rhum vieux, sans plus, pas millésimé ni rien, ne nous voilons pas la face : cette bouteille fait partie des choses que l'on ne goutera qu'une fois dans sa vie (déjà faut réussir à en trouver, puis avoir les fonds nécessaires pour l'acquérir).
 
Ce fut une dégustation plaisir - si j'écris expérience sensorielle on va encore dire que j'exagère ... - donc les notes seront basiques (bon après, c'est pour pas non plus que vous vous disiez, "ça a l'air topissimentextraodinairefantasticogénial ce truc, il m'en faut une" parce que comme dit plus haut, bonne chance pour en trouver ^^).
Duquesne - 10 ans - "Val d'Or" Vieux Rhum agricole           Duquesne - 10 ans - "Val d'Or" Vieux Rhum agricole
La photo de la bête au cours de la soirée et la même en plus net pour vous en mettre plein les yeux ;-)
 
La robe (oui, c'est pas du blanc, je peux vous parler de sa couleur) est cuivrée à reflets orangés.
Les larmes sont lentes mais lentes ...
Quid du disque verdâtre ? Bonne question, l'éclairage n'a pas aidé :p
Tout ça pour vous dire que rien que dans le verre, c'est superbe.
 
Le nez n'avait fatalement aucun rapport avec les autres.
Relativement doux et rond, il est passé des fruits à coques aux fruits plus "frais" (type fruits noirs) qui se développaient avec le temps.
Un boisé relativement fin enrobait le tout.
j'ai eu l'impression d'y déceler une légère touche de vanille et de réglisse.
 
La bouche est légèrement boisée, les notes de fruits à coques perçues au nez sont bel et bien là, des épices (cannelle, légères notes poivrées) se fraient un chemin à travers ça et une très légère amertume se fait sentir.
 
Niveau rétro-olfaction, c'est certes plus épicé mais ça reste sur ces mêmes notes très agréables.
 
La finale m'a d'abord paru moyennement longue. C'est trompeur en fait : ça reste super longtemps en bouche.
On repart sur le même registre que celui perçu en bouche.
 
A nouveau, comme pour l'Intense (dans un tout autre registre s'entend hein), on fait ici face à un rhum qui bien qu'assez "linéaire" est vraiment bien foutu.
 
Un grand moment de dégustation et de plaisir entre passionnés (là on entendait vraiment les mouches voler) pour un produit "comme on n'en fait plus".
 
Après se pose l'inévitable question : l'ai-je laissé assez aérer ?
(sûrement pas mais on a fait du mieux qu'on pouvait vu l'heure déjà avancée de la soirée nuit).
 
Une super soirée se concluait donc sur une dégustation "hors du temps".
 
Vivement la prochaine !
 
 
Rhum n' Whisky