mardi 30 janvier 2018

« From Gent to Loncin » ou « De l'agave au genièvre » ... aka « mon Gin-Discovery »

Derrière ce titre énigmatique se cache en fait la suite de notre périple du 14 octobre dernier (oui, ça remonte déjà, je sais, j'ai honte).
En effet, une semaine après un salon du rhum pas comme les autres, Francis (pour ne pas le nommer ^^) et moi remettions le couvert au salon du Mezcal et de Tequila qui se déroulait à Gand (en français dans le texte) avant , le même jour, de nous diriger vers Loncin où avait lieu le premier Gin-Discovery organisé par Hesby-Drink.
A la question « N'est-ce pas un peu abusé ? », je répondrai clairement, si tout à fait. Mais on avait déjà nos places depuis longtemps donc voilà ^^
 
Flyer Gin Discovery
Bon vous y étiez à deux alors pourquoi « ton » Gin-Discovery ??
Tout simplement parce que mon fidèle acolyte a dû – pour des raisons qui ne regardent que lui – quitter précipitamment la soirée (après le premier verre en fait). Donc, la suite et fatalement la plus grosse partie de la soirée , je l'ai passée seul.
 
Et donc le concept ?
Ben un peu comme tous les discovery en fait : cliquouillez ici, vous aurez toutes les explications et liens vers les autres discovery (consacrés au rhum et au whisky eux).
 
Pour ceux qui ne voudraient pas prendre la peine d'aller jeter un coup d'oeil en arrière, je résume :
- vous arrivez, on vous remet un verre à dégustation (petit mais sympa et spécialement dédié au gin-tonic. Donc oui, le grand malade que je suis avait son verre tulipe avec lui ^^), et la liste des gins exposés ainsi que trois capsules permettant de déguster gratuitement trois gins-tonics (les supplémentaires étant payants au prix – sauf erreur, je n'ai pas prix de notes et ça commence à faire loin – de un euro le gin-tonic) ;
- le prix donc (souvenez-vous, c'est là que le bas blessait au Gin Experience) : il était hyper raisonnable ! L'entrée donnait droit à trois gin tonic de votre choix, les autres étant tous à un euro (ou deux, je ne sais plus, mais quoiqu'il arrive moins cher qu'au Val-Saint-Lambert). Le gin pur était en libre dégustation (et c'était surtout pour ça que j'étais là) ;
- le choix des gins proposés était relativement éclectique (en gros, tous pays, tous horizons et pas uniquement britanniques) et annoncé à l’avance ;
- les gins-tonics (je ne suis absolument pas sûr de cet accord pour le pluriel mais sérieusement, vous en buvez un à la fois de gin-tonic non ? Pas deux ...) étaient petits mais costauds (de mémoire, un ratio de 1:2) et vachement bien servis avec un chouette accompagnement (qu'il s'agisse d'agrumes, de chocolat – si, si, je vous jure – ou encore de poivre ou d'herbes aromatiques) ;
- à nouveau, les exposants que tu croises, tu commences à bien en connaître certains donc c'est vraiment très chouette de discuter avec eux et ça donnent parfois lieu à de bons moments de rigolade ;
- ici, il y avait de l'eau et ça, c'est quand même un truc non négligeable ;
- sûrement autre chose mais depuis lors j'ai un rien oublié.
 
Bref, comme à chaque fois, les soirées de discoverytude chez Hesby, c'est vraiment bien !
 
Le déroulement de ma soirée :
Étant relativement organisé (…), j'avais checké deux-trois (ok, beaucoup plus) gins à tester.
J'ai donc procédé de manière cohérente et ... non je déconne, j'ai commencé par les exposants que je connaissais et par les gins que je voulais vraiment goûter pour finir par les expériences pas nécessairement prévues. N'y connaissant pas grand chose en gin, j'aurais bien du mal à établir un plan de bataille cohérent ...
Les trois tonics – qui suite au départ de Francis – se sont transformés en six – ont clôturés  la soirée. Et cette fois, je n'ai pas prix note sur ceux dégustés. Il me reste toutefois quelques certitudes sur ceux qui m'ont marqué. Les autres devaient donc être plus « passe-partout ».
...
Du mezcal, de la tequila, du gin, des gins-tonics, ... quelle journée ... Et elle n'était pas terminé : j'ai dû préparé du punch antillais pour 6 personnes pour le lendemain quand je suis rentré. Ben j'ai testé le JM blanc à 50° et ai goûté mon punch histoire d'être sûr de mon coup.
J'ai bien dormi.
Une journée comme ça par an c'est bien, plus ça serait abusé ^^
 
Entrons maintenant dans le vif du sujet avec les gins dégustés au cours de la soirée (et une très petite note sur les tonics dont je me souviens ; je le reconnais, j'ai loosé là).
 

The Botanist :

Le gin d'Islay (oui, là oùsse qu'il y a de la tourbe), produit par la distillerie Bruichladdich sur une ingénieuse idée du maître distillateur de l'époque, Jim McEwan.
The Botanist
Une bouteille qui me plaît beaucoup par sa fausse simplicité.
Pour la couleur, on repassera. Et ça sera le cas pour tous à une exception près donc je vous propose de nous concentrer uniquement sur le reste.
 
Le nez est typé genévrier et agrumes avec une légère amertume. L'alcool est parfaitement bien intégré.
J'ai trouvé ça assez rigide et « direct ».
 
En bouche, on reste sur le genévrier et l'amertume perçue au nez mais également de légères épices ainsi que les agrumes qui s'étaient manifestés plus haut.
 
La rétro-olfaction fait quant à elle la part belle au pin et au genévrier.
 
La finale m'a paru assez brève.
 
Monolithique. Bien fait mais un peu trop monolithique à mon goût.
Après je sortais d'une folle après-midi placée sous le signe de l'agave où mon nez et mon palais avaient été mis à toutes les sauces mais avaient surtout découvert tout un tas de nouvelles choses, ce qui peut expliquer le fait que le premier gin de la soirée me paraisse trop « droit ».
 
Peut-être qu'il y a eu tonic. Je ne sais plus ...
 

Citadelle :

Il s'agit du grand-frère de la version « Réserve » dégustée au Gin Expérience.
Citadelle
Il y a effectivement un air de famille ...
Le nez de celui-ci m'a d'emblée semblé plus intéressant (au regard de la dégustation précédente) mais – eu égard aux circonstances (j'ai beaucoup parlé) – je l'ai peut être laissé un peu trop aéré.
J'y ai quand même trouvé ... oui, du genévrier et des agrumes mais pas que ! Il avait également un côté plus herbacé à tendance sous-bois.
 
La bouche nous amène directement sur un produit présentant une certaine sucrosité, des notes florales (fleur de sureau), toujours ces notes de sous-bois ainsi que quelques épices et des notes de pin.
 
La rétro-olfaction fait place à plus d'intensité et de chaleur tout en restant sur les notes de pin perçues en bouche ainsi que sur les agrumes (plus typés orange cette fois) perçus au nez.
Un côté terreux est également présent.
 
La finale est plus longue que le premier et reste sur les notes susdites.
 
Ici tonic il y a eu mais c’était le dernier de la soirée et je l'ai descendu assez vite en raison de l'arrivée de mon gentil chauffeur (une idée à la con de boire ça vite soit dit en passant).
 

Mombasa :

un nom qui sonne tribal pour une bouteille au doux nom d'une ville portuaire du sud du Kenya. Et pourtant cette petite chose est élaborée par Thames Distiller. C'est donc un truc bien londonien !
Mombasa
Quand je disais que ça sonnait tribal, ben ça en a le look aussi.
Très honnêtement, celui-ci j'ai l'impression d'être passé complètement au travers.
Mes notes sont d'ailleurs assez claires à ce sujet :
« Nez : très léger, agrumes (nez explosé???) » ça a le mérite d'être honnête ...
La suite est du même tonneau :
« Bouche : doux et sucré, genévrier léger
« Rétro-olfaction : genévrier sucré, agrumes
« Finale : moyenne, plus sur les agrumes »
 
Ou c'est juste bof, ou je suis passé à côté (ça arrive, rassurez-vous) vu les bons retours qu'il y a sur le truc.
 
Soit.
 

Biercée – Less is More :

Celui-ci, je me faisais une joie de le déguster vu que l'autre gin de cette distillerie bien de chez nous m'avait laissé une très bonne impression au Gin-Experience.
Biercée – Less is More
Personnellement, je préférait le style « damier noir » du Thesis & Antithesis.
Le nez est juste wow quoi : l’orange, le cacao ainsi que d'autres agrumes donnent un peps incroyable au produit et une fraîcheur cacaotée surprenante.
 
En bouche, on reste logiquement sur les agrumes tandis que le cacao se fait plus discret. On repère également (et c'est normal) le genévrier ainsi qu'un petit côté clou de girofle.
 
Niveau rétro-olfaction, on reste sur le genévrier mais agrémenté d'une certaine amertume cacaotée. Le tout est englobée dans une impression de sucrosité assez agréable.
 
La finale balance entre agrumes et genévrier avec une légère persistance de l'amertume.
 
Top, clairement.
 
Ici aussi il y a eu un tonic : archi-surprenant avec ses baies de poivre et ses copeaux de chocolat en accompagnement. Mais on ne peut plus délicieux !
 
Rien à voir mais je me rend compte que de temps à autre (oui, quasi tout le temps), j'utilise les termes genièvre et genévrier, ... au cas où ça vous perturberait, je parle bien entendu des baies y relatives hein (pas de l'alcool – qui d'ailleurs s'appelle péket chez nous – ni de « l'arbre » en lui-même).
 

Ungava :

Attention, OVNI ! Et pas que par la couleur : ce gin nous vient du Canada.
D'ailleurs, les canadiens, c'est des gens funs. Preuve en est, le président de la société qui produit l'Ungava aurait déclaré que la couleur originale de leur gin ressemblait « un peu à l'urine matinale enrichie aux vitamines » ... Voilà, voilà ^^
 
Canadien donc et même québécois vu que le gin est élaboré à base de six « matériaux » autochtones provenant de la péninsule d'Ungava dans le Nunavik (un territoire inuit québécois donc) au rang desquels figurent des plantes, herbes, baies, fleurs (biffer la mention inutile) aux noms poétiques comme l'ukiurtatug (à vos souhaits) qui voudrait dire « mélange de l'Arctique ».
 
Ungava signifierait de son côté « vers les eaux libres ».
Enfin, les symboles cabalistiques sur la bouteille sont en fait de l'inuktitut (à vos souhaits, encore), un des quatre grands ensembles dialectaux de la langue inuit.
 
Ah oui, la couleur chelou, elle est due à la baie d'églantier.
Ungava
Couleur étrange, étiquette en inuktitut ...  que des choses très normales donc ^^
Ici, on va parler couleur. Perso, j'ai trouvé ça un peu trop jaune stabylo pour être honnête  ^^
 
Le nez n'a que peu de rapport avec le précédent et m'a paru fort plat : un peu de genièvre et de légères touches florales. Voilà.
 
En bouche, c'est doux mais assez indescriptible. A se demander si c'est bien du gin. Certes il y a du genièvre mais ...
Et c'est liquoreux aussi.
 
La rétro-olfaction fait place à quelque chose de plus amer, sur le genièvre et un truc spécial (le « machin truc tatuq » peut-être).
 
La finale est courte avec un petit côté « doucereux ».
 
Mouais, bof en fait.
Après, celui-ci, je n'en attendais pas grand chose, je l'ai surtout testé pour le fun ^^
 

Sogrin :

Après Citadelle, retour en France avec Sogrin.
Sogrin, c'est du basque et ça veut dire sorcière (d'où l'étiquette).
Mais, surtout, c'est un autre OVNI vu qu'il est notamment composé d'alcool neutre de vin et de distillat de sauvignon (!!) ... Un produit qui fait donc la liaison entre gin et vin élaboré par un vigneron passionné !
Sogrin
Non seulement, c'est bon, c'est original mais en plus c'est classe !
On retourne aux basiques : pas de couleur (et on finira sur des produits incolores donc je ne me pencherai plus là dessus).
 
Le nez est juste génial : les aromates sont présents en plein (j'ai même noté « tamarin et lavande » mais maintenant ça me perturbe).
Quoiqu'il en soit, c'est hyper aromatique, on ne peut plus floral et très doux.
Ben ça annonce du lourd !
 
La bouche est beaucoup plus épicée tout en restant sur une certaine rondeur.
Les watts se sentent un peu plus que sur les autres produits dégustés jusqu'ici mais ce n'est pas désagréable.
Il reste vraiment très floral, est porté de manière plus légère sur les aromates et fait vraiment plus penser à une eau-de-vie ou un marc.
C'est surprenant mais vraiment bon !
 
La rétro-olfaction fait place à une petite amertume (sur le genièvre?) tout en restant sur ces notes planantes.
 
La finale est moyenne et fait la part belle au côté léger et floral perçu depuis le début.
 
J'ai kiffé grave aussi ici !
 
Du coup, tonic il y a eu. C'était très bon mais vous n'aurez pas plus de détails. Désolé --'
 

HAVN – Copenhagen :

sous-titré « Aneth – bouleau fumé - algues » ... ça c'est perturbant ...
 
Ah, encore un produit belge ! Oh, un truc qui se targue d'être du « haut de gamme » ...
Moi, ça, ça me met toujours assez mal à l'aise : et si c'était pas vraiment si bien que ça ?
HAVN – Copenhagen
Je trouve ça un peu kitsch mais vous échappez à la bouteille dorée donc ça va encore :p
Le nez sera directement assez perturbant : on part sur les aromates, des notes végétales et terreuses ainsi que de la cardamome.
Et puis, on va avoir droit à de l'anis qui va se développer de manière subtile.
 
La sécheresse apparente qui démarre en bouche progressera doucement vers quelque chose de plus sucré pour – à nouveau – arriver de manière assez légère sur de l'anis.
Dit comme ça, on n'en a pas l'impression mais c'est bien balancé.
 
La rétro-olfaction nous rappelle qu'il s'agit bien d'un gin avec une amertume portée sur e genévrier (qui n'est pas non plus prédominant hein. Il est là, c'est tout).
 
La finale est douce et « plaquante ». Elle en devient même un peu trop écœurante.
 
Pas emballé non plus mais j'ai testé en tonic et là, le choc ! Clairement,on avait l'impression de déguster un pastis :-/
C'est hors-sujet quoi.
 

Martin Miller's :

En 1999, on l'a un peu pris pour un fou le Martin quand il a doucement mais sûrement lancé la révolution et le réveil du gin : de l'eau islandaise et de l'essence de concombre dans les ingrédients d'un gin ? WTF à l'époque.
De l'eau islandaise ?
Mais oui, regardez la bouteille. Elle n'a pas été faite juste pour vous permettre de revoir votre géo :
Martin Miller's
Je me disais aussi qu'il devait y avoir un lien ^^
Donc, l'eau islandaise, kèssèksèstistoire ? Tout « simplement » le fait que le distillat (qui doit visiblement bien taper dans les watts) est ramené à un degré « consommable » avec cette eau de source « la plus pure et la plus douce d'origine naturelle qui puisse se trouver sur la planète » contrairement à l'eau déminéralisée utilisée habituellement.
Rien que ça.
 
Fatalement, il fallait que je teste :p
 
Le nez nous offre un retour sur les arômes typés London Dry (genièvre et agrumes principalement) tout en étant relativement léger.
 
La bouche reste sur ces notes de genièvre et d'agrumes (surtout sur les agrumes en fait) avec une légère touche herbacée.
C'est sympa.
 
La rétro-olfaction qui d'emblée semble plus amère et plus intense se révélera finalement assez douce, l'ensemble étant extrêmement bien intégré.
La petite touche herbacée perçue en bouche est également présente ici.
 
La finale fait quant à elle la part belle au genièvre ainsi qu'aux notes plus épicées.
 
Vraiment sympa et assez léger pour un produit plus typé London Dry.
 

Liègin :

Alors gin purement liégeois ou léger coup marketing ?
Si l'on considère que la distillerie Rademacher sise à Raeren (communauté germanophone, juste à côté de l'Allemagne) se situe en province de Liège (ce qui est le cas hein) alors oui, c'est bien un gin liégeois.
Mais le liégeois pur souche vous dira qu'en fait c'est une grosse arnaque parce qu'il n'y a que le sleeve (l'étiquette) qui est posé par une société « liégeoise ».
Vaste débat idéologique s'il en est.
Nous le qualifierons donc de gin de la Province de Liège afin d'éviter de nous faire lapider.
Liègin
Niveau marketing, ça claque quand même, faut leur laisser ça :-)
Le nez est hyper fruité (sur les fruits rouges et noirs). C'est assez perturbant.
On ne sent pas vraiment autre chose en fait.
 
La bouche nous amène un genièvre assez léger et une avalanche de fruits (myrtilles, framboises, mures, ...).
C'est bon, vraiment, mais ça tend un peu trop vers le bonbon à mon goût.
 
Niveau rétro-olfaction, c'est chaud et – sans surprises eu égard à ce qui précède – sur les fruits.
 
La finale restera sur ces notes chaudes et fruitées avec un très léger retour sur le genièvre (et un truc que je n'arrive plus à relire si ce n'est que c'était « léger » ^^).
 
Personnellement, j'ai trouvé ça trop fruité à mon goût mais ce gin local se revendiquant lui-même comme étant assez « girly », il devrait – à ce niveau – trouver son public.
 
Et comme c'est local et pas mauvais, ben je cautionne ^^
 
J'ai peut-être testé un tonic ici, je n'en ai plus la moindre idée (et si ce n'est pas ici alors je ne sais plus où parce que j'en ai bu six ...).
 

Bloom :

Retour en Angleterre avant de définitivement passer aux tonics (parce que oui, je les ai dégustés après, souvenez-vous).
Place donc à la tisane du gin ... Non,je déconne. Mais il est quand même élaboré à partir de camomille et de chèvrefeuille. Ainsi qu'avec du pomelo.
Bloom
La bouteille annonce un truc très floral ...
 
Le nez est léger, sur les agrumes et m'a paru porté sur la fraise (?????!!!!!) et la barbe à papa (pour le côté sucré).
...
Ou comment ton nez te fait comprendre qu'il est grillé et qu'il n'y a plus qu'à passer aux gins-tonics avant que ça ne devienne du grand portnawak ...
 
En bouche (là, j'ai été plus cohérent, rassurez-vous ^^), il est extrêmement rond, assez sucré, très floral et légèrement épicé.
En soi, il est quand même assez particulier mais je n'ai pas su dire en quoi ou pourquoi (le pomelo?).
 
La rétro-olfaction offre un léger retour du genièvre caractérisé par une amertume typique. L'alcool m'a également paru plus présent.
 
La finale m'a semblé plus légère. Et ce côté sucré persistant le rendait – pour moi – un peu trop écœurant.
 
Pas emballé mais éventuellement à retester en début de dégustation (la journée ayant été relativement chargée).
 
Direction les tonics puis retour maison.
 
Y a pas à dire, ce fût une bonne journée !
 
 
Rhum n' Whisky

mercredi 24 janvier 2018

Médecine, houblon et Rolling Stones ou "La dégustation hors sujet - encore"

J'aurais également pu appeler ça "C'est la faute à Roger" parce que oui, c'est un peu sa faute si j'ai décidé de me pencher de manière un peu plus sérieuse sur ... accrochez-vous ... la bière !

Petite précision quant à la chose : niveau bière je suis une vraie klette donc si vous vous rendez compte que je suis complètement à côté de mes pompes dans ce qui va suivre, n'hésitez à me le faire savoir (histoire que je ne réitère pas "l'exploit" ^^).


Bref.

Il y a quelques temps déjà (enfin pas tant que ça non plus vu que c'est quand même assez récent), j'ai entendu parler d'un truc étrange : une bière au sirop de Liège (WTF ?!!) !
Et du coup, ben j'ai eu envie de goûter. Puis ça m'est sorti de l'esprit et d'un coup, par le plus grand de tous les hasards, je tombe sur une bouteille de Brown Sugar (la dernière du magasin, c'est un signe je vous dis).
Donc j'ai acheté :-D
Brown Sugar - étiquette
La nouvelle étiquette avec les infos quant aux récompenses glanées depuis son lancement.
Pour faire simple, on doit la chose à quatre amis issus du milieu scientifique (si j'ai bien compris, trois pharmaciens et un "sbim" (pour sciences biomédicales) qui ont décidé de se lancer dans l'aventure sous le nom des "Barons de la Bière".
Basée à Ferrières, leur micro-distillerie produit également d'autres choses qu'il me tarde de goûter au rang desquelles figurent La Ferrusienne et la Wallifornian Pale Ale (je kiffe le nom de la dernière ^^).


Et sinon, la Brown Sugar, elle raconte quoi ?
De ce que j'en ai lu, il s'agirait d'un mélange de 5 malts, 2 houblon anglais et de ... sirop de Liège ; l'ensemble ayant été refermenté en bouteille.
Pour le reste ben, je ne vais pas trop me mouiller.


Brown Sugar
Finalement, je suis assez satisfait de la manière dont j'ai réussi à me la servir ^^
Visuellement, c'est engageant.
Sombre, elle porte bien son nom : le liquide, d'un joli brun hyper foncé, est surplombé d'une belle mousse beige "pétillante" qui s'évanouit assez vite.
L'ensemble est également assez trouble (une étrange impression qu'il y a des particules de je ne sais quoi qui se balade à l'intérieur).


Au nez, j'ai fait avec les moyens du bord donc je ne suis pas sûr que mon verre "à dégustation" soit idéal mais je n'ai que ça à la maison...
Donc, le nez m'a paru assez doux avant de partir vers une légère amertume fruitée.
Personnellement, j'ai toujours eu beaucoup de mal à repérer les caractéristiques olfactives des bières donc il faudra vous contenter de ça ...

En bouche, on sent d'emblée de petites notes acidulées, lesquelles seront vite dominées par des arômes de réglisse, de girofle et de cannelle, l'ensemble gardant toujours ce petit côté fruité.
Comme toute les brunes que j'affectionne, il y a également du sucré derrière cette légère amertume sentie au nez (et également présente en bouche) mais c'est un sucré perturbant dans le sens où, là, comme ça, ben tu ne vois pas vraiment à quoi ça correspond (et tant que tu l'as en bouche, c'est assez flou).

Arrive enfin la finale où cette légère amertume perçue depuis le début laissera vite place aux épices (et dans une moindre mesure à quelques fruits secs) pour terminer - enfin diront certains - sur ces notes caractéristiques de sirop de Liège (pommes et poires sucrées cuites bien typiques) sans être toutefois trop écœurant.
Le côté sirop de Liège est pas mal persistant et laissera finalement place à un côté un peu plus torréfié.

Conclusion ?

Ben moi j'aime bien. C'est rafraichissant, original et local.
A noter que j'ai voulu comparer mon ressenti avec un face-à-face Brown Sugar-Sirop de Liège et ... ça a foiré, je n'avais plus de sirop de Liège à la maison. Hérésie ^^

Sinon l'expérience "retour houblonné" était intéressante et sympa (attendez-vous à en voir d'autres donc).

Et oui, comme me l'a fait remarqué Roger ou Laurent (enfin on s'en fout, lui aussi il est plusieurs dans sa tête ^^), dans Rn'W il n'y a pas de B pour bières.
Pas faux mais il n'y a pas de M pour Mezcal ou de G pour Gin et Grappa donc ...


Rhum n' Whisky

lundi 22 janvier 2018

Quinzaine JM - côté pile

 
Oui, c'est la suite de l'autre.
(ceux qui ont bien regardé les photos du dernier article ont dû se rendre compte qu'il y avait plus de samples que de produits dégustés).

Ayant fait le point sur la gamme que l’on pourrait qualifier « de base » dans le dernier article, on va maintenant se pencher sur des produits un peu plus particuliers, savoir les finish et les millésimés. 

Photo de groupe (des versions 2015, soit n° "1" ... je n'ai pas trouvé de photos des nouvelles releases ... j'ai pas beaucoup cherché non plus en fait ...)


JM – Cask Finish « 2 » - Calvados Lecompte

« 2 » car il s’agit des versions 2017 qui ont visiblement subi un vieillissement « normal » (ça fait beaucoup de guillemets, je le reconnais) en fûts de bourbon pour une période de 9 ans et 10 mois pour ensuite passer tranquillement leur 10 derniers mois dans des fûts plus « particuliers » afin de leur donner une patte différente.
La démarche est intéressante (et vachement courante dans le monde du whisky notamment … bon ok, pas pour le Calva mais vous avez compris l’idée) mais apporte-t-elle vraiment une plus-value au produit ?
Décryptage sur bases des petits (j’insiste, la quantité était minime) samples dont je disposais.
Finish Calva donc.
(si certains voient un jeu de mots idiot dans la ligne du dessus, félicitations, vous êtes aussi loin que moi… Le pire étant que je m’en suis rendu compte en l’écrivant …)

Bref.
JM – Cask Finish « 2 » - Calvados Lecompte     JM – Cask Finish « 2 » - Calvados Lecompte
A chaque finish, sa couleur !

La robe est orangée tirant vers le cuivre et présente des reflets or orangés.

Au nez, des notes acidulées viennent à notre rencontre et on a l’impression de sentir la pomme … réaction psychologique au vu du nom du finish ?
Euh … clairement non, il y a de la pomme et pas qu’un peu, elle prendrait même un rien le pas sur le reste.
On y trouve également un peu de vanille et le tout évoluera vers de légères notes torréfiées et de tabac.

En bouche et bien c’est « surprenant ». N’étant pas fin connaisseur de calvados (et c’est un euphémisme), je serais prétentieux de dire qu’on sent bien les notes typiques à cet alcool mais honnêtement, « y a kékchose hein » ^^
On reste à nouveau bien sur la pomme tout en retrouvant là, en arrière-plan, un petit côté gourmand plus typé JM XO par exemple ainsi que quelques notes vanille beurrée … ouais, ça nous donne un rhum biscuit au beurre et au pomme :-D

Niveau rétro-olfaction, on est en plein sur des notes d’alcool de pommes (alcool qui semble se faire plus présent ici) et on sent déjà une légère amertume qu’on retrouvera en finale.

La finale débute donc par des notes plus amères et épicées avant de logiquement faire un retour vers un côté plus doux caractérisé par des touches vanillées, sucrées (sucre roux, cassonade) et de pommes.
C’est long et ça pourrait devenir écœurant à mon avis.

Très honnêtement, je trouve l’expérience intéressante mais j’en reviens à la question que je posais initialement : est-ce vraiment utile ?
Perso, j’aime bien les pommes et visiblement le calvados qui a séjourné dans le fût utilisé pour l’affinage était top mais autant je trouve qu’un finish sherry apporte quelque chose à un whisky autant ici ben je trouve ça bon, vraiment y a pas à discuter (ce côté gourmand sur le fruit sucré est top) , mais j’ai l’impression qu’on a un truc hybride qui a clairement le cul entre deux chaises, à la fois trop éloigné du rhum et probablement trop éloigné du calva (vu qu’à la base ce n’est qu’un finish).
Je salue le concept, je suis content de l’avoir goûté mais je n’achèterai pas une bouteille (alors que le XO ben là, clairement la bouteille est sur la – trop longue – wishlist ; tout comme j’achèterai bien un calva de chez Drouin mais là c’est une autre histoire).


JM – Cask Finish « 2 » - Cognac Delamain

JM – Cask Finish « 2 » - Cognac Delamain     JM – Cask Finish « 2 » - Cognac Delamain
La bouteille n'est pas avare d'informations et ça c'est sympa :-)
 
Le verre présente cette fois une jolie couleur orangée à reflets dorés.

Le nez fait directement plus « JM » que le précédent (après c’est pas bien compliqué non plus, on est d’accord ; pour ceux que j’ai perdu, je parlais du finish calvados) mais – ben oui, si je ne suis pas un rien rabat-joie, y a aucun intérêt – c’est pas encore ça.
C’est boisé (à ce niveau là, il est bien foutu), épicé, sur les fruits secs avec une légère touche d’exotisme plus typée JM (le fruité XO toujours), une sucrosité vanillée et enfin – à nouveau même – un petit côté torréfié.
C’est relativement complexe.

La bouche est une fois encore très ronde, très fruitée (sur la pomme, oui, encore mais pas que) et relativement sucrée (on part plus vers un aspect miel que caramel ici).

Niveau rétro-olfaction, c’est légèrement plus épicé (notes poivrées) avec cet aspect boisé-sucré agréable.

La finale présente ici une légère amertume, un côté épicé relevé à la rétro-olfaction ainsi que de belles notes boisées (qui se « refondent » avec les notes sucrées dont on a déjà parlé plus haut).
La finale m’a semblée plus courte que pour le précédent. Moins écœurante aussi. Ca doit jouer sur l’impression de longueur ^^

Encore une fois, c’est agréable et bien foutu mais est-ce bien utile ?
Petit sample donc petite note ;-)


JM – Cask Finish « 2 » - Armagnac Tariquet

Attention, mini-sample donc mini-note (mais note quand même ^^).
JM – Cask Finish « 2 » - Armagnac Tariquet     JM – Cask Finish « 2 » - Armagnac Tariquet
Le dernier, qui se révèlera le plus à mon goût.

La robe est d’un joli cuivre à reflets orangés (bon, ok, sur la photo ça rend moyen-moyen mais c’est à cause de l’éclairage aussi).

Le nez est finement boisé, on y trouve toujours du fruit (encore de la pomme caramélisée ?!), des épices (vanille, cannelle et « x » parce que je vois bien ce que c’est mais je n’arrive plus à remettre un nom dessus …) et un petit côté beurré pâtissier.

En bouche, c’est encore très rond et très fruité (sur les fruits cuits caramélisés) avant de vite passer vers quelque chose de plus boisé et tannique avec un retour des épices de manière plus intense.

Niveau rétro-olfaction, c’est boisé, chaud et épicé avec un petit shoot de fraîcheur mentholé (oui, le revoilà celui-là).

La finale restera sur ce fin boisé et ces épices, le  tout enrobé d’une légère sucrosité.

Même remarque que pour les autres : c’est bon mais je me contenterais de mon sample.

Vu qu’il s’agit de produits « particuliers », il ne me parait pas pertinent de les comparer au reste de la gamme.

Par conséquent, je me contenterai de donner un ordre de préférence ne portant que sur ceux-ci :
1. armagnac (fatalement c’est celui dont j’avais le plus petit des petits samples –-‘)
2. cognac
3. calvados

Passons maintenant aux deux millésimés de la sélection.

Le 10 ans, étiquette papier, 2003 a déjà fait l'objet d'un retour dans cet article-ci.
C'est un retour que l'on qualifiera de rapide (ou de paresseux, tout dépend du point de vue).
Ouvrons maintenant la boite bordeau pour voir ce qui s'y trouve ...


JM – 1995 « étiquette cuir » 15 ans

Si j’en crois la contre-étiquette, presque 16 ans même : juin ’95 – 27/06/2011.
Vieillissement en fût de bourbon (comment ça, comme d’hab ?).
La « bête » de ma #quinzaine présente un voltage de 44,8° qualifié de brut de fût (toujours l’étiquette) même si ça me semble relativement soft pour un BDF.
JM 1995 - 15 ans
Un packaging terrible !
Comme vous le voyez – ou pas – sur la photo, la bouteille est déjà pas mal entamée et a donc été ouverte depuis un certain temps, ce qui m’évitera de m’appesantir trop longuement sur ce put*%§ de bouchon bien scellé avec une s@[0£#&*/ de cire du feu de dieu.
Certes, quand c’est fermé, c’est beau. Mais quand il faut l’ouvrir, bonjour hein…

Soit, c’est ouvert depuis un certain temps maintenant et l’oxydation tout ça, tout ça, a eu le temps de jouer un peu avec ce produit qui – à la première dégustation – m’avait fait dire « ouais c’est bon mais sans plus ; heureusement que je n’ai pas payé plus cher ».
Et donc évolution en bien ou pas ?

Verdict :
La robe est d’un joli or orangé à reflets dorés.

Le nez  a – de mémoire – pas mal évolué depuis l’ouverture de la bouteille.
Ce qui marque au premier abord c’est cette sensation de « bonbon » qui va rester quelques temps avant de se diriger vers un côté plus végétal et herbacé, accompagné de son lot d’épices subtiles et de ce petit côté « fraicheur mentholée » qui me suit dans quasi chaque dégustation (attention, c’est léger hein mais rafraichissant).
Et ça c’est tout de suite beaucoup plus agréable que cette étrange impression de – soyons honnête – « chewing-gum »  pas folichonne …
Les notes de moka/torréfiées qui ont accompagné la dégustation  des JM que l’on qualifiera de « de base » refont ensuite leur appariation même si elles restent assez légères.
À noter qu’au rang des épices, on peut déceler une petite pointe de sel amenant un petit plus à l’ensemble.
Enfin, j’ai également eu l’impression d’y trouver un aspect pâtissier et/ou floral sur le massepain et/ou la fleur de sureau sans toutefois arriver à déterminer lequel des deux se manifestait.
Bref ça part un peu dans tous les sens (oui, comme mon retour).
C’est foutraque mais c’est chouette :-)

L’entrée de bouche est de suite plus « acide », plus boisé, plus mentholé, beaucoup plus épicé (avec des épices à profusion partant un peu dans tous les sens ici aussi), bref c’est beaucoup plus intense !
On y retrouvera toutefois le côté « doux » perçu au nez avec un peu de vanille (15 ans en fût de bourbon quand même) et ce côté floral et pâtissier y relevé mais cette fois en toile de fond. C’est également légèrement mielleux.
On peut enfin y déceler quelques notes d’agrumes.
Un bien bel ensemble où le voltage se fait un rien plus présent mais juste ce qu’il faut pour amener l’énergie nécessaire à l’ensemble qui est remarquablement bien fondu (trop en fait pour arriver à en percer toutes les subtilités sur une seule dégustation). Un gros melting-pot de saveurs où il est difficile d’en valoriser une par rapport à l’autre.

La rétro-olfaction nous gratifie d’un habituel shoot épicé enrobé de fraicheur mentholée ainsi que d’une légère amertume végétale et d’un joli boisé.
C’est relativement chaud et on quitte clairement le côté doux du nez pour partir vers quelque chose de plus franc (dont l’amorce avait déjà débuté en bouche).

La finale est longue, sur les notes perçues à la rétro-olfaction. Le côté boisé terminera longuement la dégustation en s’éternisant de manière on ne peut plus agréable.

Y a pas à dire, bien mieux que dans mes souvenirs.

Voilà, cette fois, je n’ai vraiment plus rien de chez JM dans mes cartons ;-)


Rhum n' Whisky

lundi 15 janvier 2018

Quinzaine JM - côté face

*sentiment de fierté* ^^
 
J'ai « remporté » la quinzaine du BRC dédiée à WorthyPark et ai donc eu le privilège de lancer le sujet de la quinzaine suivante.
 
Vu que je suis un mec un peu tordu, j'avais proposé les thèmes suivants (on m'en avait demandé trois) : « additifs, tromperie et grands succès : Don Papa et compagnie » ou « les whiskys et autres spiritueux finis en fûts de rhum » ou encore « bouteilles à bouchon à vis »
Finalement, lesdits thèmes semblaient actuellement trop « déroutants » et on est donc reparti sur le line-up trois familles/trois distilleries (mais ce n'est que partie remise, les admins du BRC semblant – pour certains du moins – aussi tordus que moi :p ... va juste falloir assurer pour remporter une prochaine quinzaine).
 
Bref tout ça pour dire que je suis responsable de la quinzaine dédiée à JM. 
Alors oui, je le reconnais, fallait choisir un agricole et j'aurais pu prendre Bielle mais comme je suis un gros égocentrique ben j'ai pris la distillerie dont les initiales coïncident avec les miennes (un pur hasard je vous dis).
 
Et puis JM moi j'aime bien, c'est joli avec ses toits rouges ^^
 
 
 Un peu d'histoire-géo avant de passer à la pièce de résistance ?
 
Comme Wothy Park, c'est vieux. Enfin, si on y tient vraiment, les premières mentions d'une habitation sucrière à Macouba (au nord-est de la Martinique, sur les pentes de la montagne Pelée ; près de l'océan) remontent en effet à 1690.
Toutefois, ce qui nous intéresse plus particulièrement, c'est-à-dire la distillerie, voit le jour en 1845 suite au rachat de la propriété par Jean-Marie Martin, l'homme qui apposera ses initiales sur les fûts (et qui donnera finalement son nom « commercial » à la distillerie Fonds-Préville, du nom d'un de ses premiers propriétaires).
Je vous passe les détails pour en arriver à 1914 (bon la date c'est un peu flou, elle change en fonction des sources mais c'est celle reprise sur le site de chez JM donc ...), période à laquelle les Crassous de Médeuil rachètent la distillerie (mais si, ceux dont le nom figure sur l'étiquette des bouteilles).
Pour la suite, c'est rachat et agrandissement. Rien de bien passionnant si ce n'est que l'actuelle bouteille (et son étiquette) est « créée » dans les années '80 (1984 ?).
 
La gamme JM s'étend du blanc (à 50°) aux vieux millésimés (10 et 15 ans) en passant par un ESB (pour "élevé sous bois"), un VSOP, un XO ainsi que deux carafes (une cuvée du fondateur rebaptisée récemment « 1845 » et une cuvée prestige sortie à 500 exemplaires, soit un truc très rare et très cher).
On relèvera également l’existence de certains finish plus « particuliers ».
Il semblerait que le VO ne soit plus à l'ordre de jour (il ne figure plus sur les « grands » sites de vente et ne fait même plus partie de la collection reprise sur le site de chez JM ; à vérifier).
Le blanc a – quant à lui – été décliné sous différentes versions (50°, 55°,Macouba).
On trouve enfin un schrubb (oui, comme souvent).
 
Maintenant qu'on en sait un peu plus, place à la dégustation !
 

JM – Blanc 50°


JM - blanc 50°
LA bouteille JM (qui - exceptionnellement - est transparente).
Niveau couleur ben, y a pas (oui, c’est logique mais c’est toujours bon de le préciser).

Au nez, c’est végétal, on est sur la canne en plein et le degré d’alcool n’agresse pas du tout les narines.
On y trouve également des notes plus acidulées à tendance citronnée.
Enfin, il m’a semblé que quelque chose de plus « intense » apparaissait avec le temps (je n’ai par contre pas réussi à identifier le truc en question ; pour la bonne forme on dira qu’il s’agit de quelque chose tirant vers des notes camphrées/mentholées mais sans certitude aucune).

En bouche, on retrouve – sans surprises – ce côté canne fraîche mais également un aspect terreux qui nous ramène encore plus dans les champs de canne.
C’est relativement chaud.
Les épices (principalement le poivre mêlé à la canne à sucre) font ensuite leur apparition.
 
Niveau rétro-olfaction, pas beaucoup de différences : chaud, terreux (si, si) et relativement épicé avec cette canne en toile de fond.
 
La finale fait la part belle au côté poivre terreux de façon relativement intense avant de laisser place progressivement à plus de douceur (sur la canne donc).
Pas mal de temps après, on assiste à un léger retour des agrumes.
Bref, c’est relativement long.
 
Sympa.
 

JM – VSOP

JM VSOP     JM VSOP
Voilà donc LA bouteille verte - Sinon, vous avez vu ? C'était toujours Noël ^^
 
La robe est d’un bel or soutenu présentant des reflets dorés.
 
Le nez est extrêmement fruité (sur les fruits blancs) et légèrement vanillé. On est donc face à quelque chose de relativement doux qui – le temps passant – part toutefois vers un côté plus sec avec de fines notes boisées et des arômes torréfiés (café/moka) assez surprenants.
Cet aspect boisé torréfié ira en s’intensifiant avec de petites touches fruitées venant équilibrer la chose.
Pour faire basique (j’aime bien de temps en temps) : ça sent vraiment bon.
 
Niveau bouche : boisé ? check ; épices ? check (poivre mais aussi des épices plus fines type cannelle) ; notes fruitées ? check ; douceur vanillée ? check aussi.
L’ensemble est hyper bien équilibré et l’alcool hyper bien fondu.
 
À la rétro-olfaction, on repart sur les notes boisées et épicées perçues en bouche avec de légères touches de tabac qui viennent compléter le tableau.
L’alcool se fait un rien plus présent mais passe toujours tout seul (après je venais de perdre 7° dans l’aventure du soir, ça doit influer aussi ^^).
On peut également déceler un petit shoot de fraicheur mentholée.
 
La finale débute par ce côté épicée et boisé toasté avant de revenir sur des notes plus douces (plus typées fruits).
C’est long et le côté fruit/boisé/« sucré » reste longtemps en bouche.
 
Top.
 

JM – XO

JM XO     JM XO
L'avantage c'est qu'on reconnait tout de suite les bouteilles :-)
 
On fonce doucement mais surement avec une couleur légèrement ambrée à reflets orangés.

Le nez est d’emblée plus acide (sans que cela soit toutefois désagréable hein).
On y retrouve un boisé assez fin, des fruits (plus typés fruits jaunes -ou alors plus dans le style « Flibuste » ? je me comprends, je me comprends- cette fois qui apportent une rondeur stupéfiante au produit) et de  fines touches de vanille (le fût, tout ça, tout ça).
Tout est extrêmement bien fondu (oui, encore), l’alcool est au top et on découvre également quelques notes pâtissières ainsi que – à nouveau – de légères notes torréfiées.
Ça évolue pas mal (et c’est très bien comme ça).

En bouche, c’est beaucoup plus rond mais aussi beaucoup plus épicé (ça part dans pas mal de sens en fait. Démonstration : poivre, cannelle, vanille, légères notes salines).
Le côté fruité est hyper gourmand (on part sur les pruneaux mais pas que, les agrumes – principalement l’orange – se taillent également une belle part de la dégustation) ; on a même parfois l’impression de faire face à des touches de fruits caramélisés : bref un bon gros dessert bien gourmand ^^
Pour le reste, j’ai eu beaucoup de mal à mettre des mots sur mon ressenti mais c’est clairement super bon.

La rétro-olfaction change la donne niveau saveurs : un boisé humide tendant vers  une légère amertume et des épices plus intenses (poivre en tête) amènent plus de « sécheresse » au produit bien que l’on y retrouve aussi le petit côté « fraicheur mentholée » perçu sur le VSOP ainsi que de fines notes d’orange.

La finale est quant à elle longue et chaude, avec un retour du boisé.
Le côté épicé va en s’intensifiant avant de faire un retour sur des notes de « pâtisserie au fruits sucrés ».

J’adore. Gros melting pot de saveurs prouvant – à nouveau – qu’il est parfaitement possible de se faire plaisir sans dépenser des fortunes (bouteilles noires ? …).

La grosse question que je me pose c’est « Pourquoi est-ce que j’ai commencé l’agricole avec un Clément VSOP ?? Pourquoi ?? … »


JM – 1845


JM 1845     JM 1845
Anciennement dénommée "Cuvée du Fondateur" (scrollez vers le haut, l'explication est là).
 
La robe est d’une couleur cuivrée à reflets orangés (ça fonce dis donc).

Le nez démarre à fond sur les fruits (fruits exotiques en plein). C’est hyper gourmand et extrêmement doux.
Les touches vanillées propres au vieillissement en fût de bourbon sont présentes et le boisé … quel boisé en fait ? Ah si, il est complètement fondu dans l’ensemble. Tout comme l’alcool, on ne peut mieux intégré.
De légères notes mentholées apportent une touche rafraichissante à la chose tout comme ce petit côté réglisse assez surprenant.
On partira ensuite vers quelque chose de plus doux encore (notes de maïs, de chocolat – au lait, pas noir. J’ai dit doux –, de miel, …) avec cet aspect fruité qui va et vient.
Les notes torréfiées sont toujours là mais de manière très discrètes et arrivent longtemps après ouverture.

En bouche, le fruité du nez s’entremêle à un subtil boisé, le tout agrémenté de fines épices qui viennent donner un coup de peps à l’ensemble.
Les fruits sont ici plus « confits » et on a même parfois l’impression de retrouver un peu de cerise au marasquin (c’est surprenant).
La douceur mielleuse perçue au nez est toujours là, accompagnée de notes d’agrumes (orange en tête).

La rétro-olfaction nous entraine sur un côté fruité plus amer (orange – cerise) et plus épicé (un peu de poivre mais également des épices que je qualifierais de plus « exotiques »).
Ce petit côté fraicheur mentholé est toujours là.
Mais on remarque surtout un côté amande non négligeable.

La finale offre une belle sensation chaleureuse qui reste longtemps en bouche, le côté boisé épicé perdant vite le dessus au profit du profil plus fruité perçu tout au long de la dégustation.
On retrouve ici l’amande ressentie à la rétro-olfaction (on est loin d’un gros amaretto qui tâche hein, c’est quand même bien plus subtil) qui va aller en s’intensifiant.
On terminera enfin par un retour sur ce superbe boisé.

Bien différent du XO (et plus cher aussi) et donc bien difficile à départager ; certains le trouveront vraisemblablement trop rond et trop éloigné des marqueurs JM.
 
S’il fallait établir un classement dans la gamme standard (pour autant que le 1845 fasse partie de ladite gamme standard), je partirais sur l’ordre suivant :
1. XO – 1845 (ouais ex-aequo parce qu’ils sont vraiment top tous les deux)
3. VSOP (oui 3. Y en a deux en première place, suivez un peu ^^)
4. blanc

Mais est-ce vraiment un classement surprenant ?
 
Ceci conclut le débrief’ de mes samples.
Satisfait ^^
 
 
Rhum n' Whisky