mardi 27 février 2018

Mon Rhum Live 2018

Gné, « Rhum Live » ?
...
Bah oui, quand je vais à un salon spécialement dédié au whisky, j'arrive à squatter trois jours au stand Worthy Park …
Whisky-Live 2018
Parce que oui, c'est bien de ça dont il s'agissait ^^
Oui, oui, Worthy Park, la distillerie dont j'ai déjà goûté un tas d'embouteillages indépendants.
Worthy Park Estate
 Alors fatalement, quand tu arrives audit stand, que tu checkes les produits présents et que tu te diriges directement vers l'overproof, ben ça surprend l'exposant, surtout quand il se rend compte que tu apprécies :-D
 
Du coup, longue discussion entrecoupée de dégustation fort agréables mais sans prises de notes et fin de la première journée du Whisky-Live au stand Worthy Park.
Le deuxième jour, je repasse et finis derrière le stand (cooool ^^) durant la pause clope de Joshua (l'exposant en question avec qui j'ai sympathisé).
Troisième jour, je repasse et on échange des samples (en gros, je lui amène de l'Hampden et de je repars avec le line-up complet qui trônait sur le stand exception faite de la crème de rhum. Échange de bons procédés somme toute).
 
Worthy Park, j'en ai déjà un peu parlé la dernière fois donc on va se concentrer sur la partie dégustation.
Et le Whisky Live dans tout ça ? Ben j'y reviendrai quand je parlerai whisky. Ca me semble un chouia plus pertinent ;-)
 

Rum-Bar – Silver :

Rum-Bar – Silver     Rum-Bar – Silver
Je sais, la bouteille ne casse pas trois pattes à un canard mais ...
 
Niveau couleur, c'est assez simple : que dalle.
 
Le nez est clairement jamaïcain mais tout en retenue : c'est végétal à souhait, un peu sur le solvant et des fruits amènent de la rondeur (et on voyage du fruit rouge – si !! - aux fruits exotiques).
On y trouve enfin un peu d'agrumes et de légères notes douces ramenant un peu de sucrosité.
 
La bouche est bien plus herbacée, les épices sont quant à elles plus sur l'aspect « funky » du produit et on garde ce côté citronné.
 
La rétro-olfaction est plus chaude. Le côté solvant se fait plus présent, tout comme la banane. Les sensations herbacées et citronnées retrouvées en bouche sont toujours là et amènent une agréable fraîcheur.
 
La finale est chaude, assez longue et revient sur ce côté fruité sucré et végétal.
Les agrumes sont toujours présents, ce qui donne fraîcheur et vivacité au produit.
 
Un produit parfait pour découvrir « gentiment » le monde des gros jamaïcains blancs qui tachent :p
 

Rum-Bar - Gold :

Le même mais vieilli durant quatre ans en fût de bourbon.
    
Ok, celui-ci n'est pas plus engageant non plus ...
 
La robe est de couleur paille à reflets dorés.
 
Au nez, après le Silver tellement jamaïcain, c'est un peu « décevant » : il perd toute sa puissance et son caractère après avoir vieilli en fût de bourbon.
On est en plein sur la vanille accompagnée d'épices douces, de notes à la limite « céréalières » avec un léger côté herbacé-mentholé rafraîchissant.
En fait c'est plus floral qu’herbacé. C’est également pâtissier.
Sympa mais très (trop?) loin de mes standards jamaïcains (les gros qui tachent ou les subtils au caractère bien trempé).
 
En bouche, c'est gentil : Légèrement boisé, relativement floral, pas mal vanillé avec de fines touches épicées (poivre, piment).
 
La rétro-olfaction est plus chaude et plus épicée (sur le poivre mais pas le noir qui t'arrache la tête, non, un poivre plus subtil. Mais vous dire s'il est blanc, rose, vert ou que sais-je ben vous repasserez ^^).
C'est également herbacé, limite végétal.
 
La finale est assez chaleureuse mais très moyenne sur ce côté toasté vanillé agrémenté de quelques touches herbacées.
Bah, où qu'ils sont les fruits ? Et cette petite touche de solvant ? Et cet aspect archi-végétal que j'affectionne tant ?
 
C'est bien trop « gentil » à mon goût. Mon impression à la maison est la même qu'au salon : c'est assez plat en fait.
Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : ça enterre pas mal de rons faits à la va-vite mais niveau jam' voilà quoi …
 

Worthy Park – Single Estate Reserve 45°:

Un blend de rhums âgés de 6 à 10 ans.
Worthy Park – Single Estate Reserve      Worthy Park – Single Estate Reserve
Tout de suite, la bouteille a plus de style. Rien à dire.

La robe est d’un bel or intense tendant vers le cuivre aux reflets dorés.

Le nez est légèrement acidulé, relativement pâtissier et floral, et démarre sur des notes de vanille et d’amandes.
Derrière tout ça, on sent quelques notes de fruits exotiques ainsi que des touches d’agrumes.
Un très très léger côté mentholé rafraichissant est également de la partie.
C’est engageant mais c’est loin d’être un « jamaïcain puant ».
À noter qu’un aspect plus « animal » va se développer par la suite.

En bouche, le produit a une consistance assez liquoreuse/huileuse.
Ce qui marque d’emblée, c’est le côté fruits exotiques accompagné de fines épices et d’un léger boisé (ceux-ci étant englobés par ce beau fruité bien mûr).
Une légère touche sucrée ainsi que quelques notes de réglisse complètent le tableau.

Niveau rétro-olfaction, c’est chaud, sur un boisé humide-amer à tendance réglisse avec quelques notes de fruits exotiques épicés.

La finale, moyenne, chaude, épicée et boisée va progressivement se rafraîchir sur le côté fruité et mentholé (avec quelques notes de réglisse de-ci de-là).
Les fruits exotiques vont continuer de nous accompagner et – à nouveau – un côté plus intense va se manifester, cette fois sous la forme de notes légèrement toastées.
Les arômes pâtissiers et floraux vont également faire leur réapparition, tout comme les notes d’amandes.

C’est sympa. Le mètre-étalon Worthy Park ?
 

Worthy Park - Marsala Finish 60° :

Worthy Park - Marsala Finish     Worthy Park - Marsala Finish
La bouteille "coup de cœur"
 
Celui-ci a vieilli quatre ans dans les habituels fûts de bourbon avant de terminer son vieillissement durant un an en fût de Marsala (un vin liquoreux sicilien).

Il est un peu plus foncé et présente une robe cuivrée à reflets orangés.

Au nez, on sent bien que derrière il y a quelque chose de pâtissier et d’hyper fruité mais c’est écrasé par autre chose. Quelque chose de très différent : c’est floral er fruité mais ça reste relativement différent du précédent (sur le raisin ???).
On y retrouve de douces notes de miel ainsi que des fruits à coque et des notes assez liquoreuses.
Et les 60°, et bien, ils sont vraiment bien intégrés.
Le côté pâtissier initialement ressenti finira par faire son apparition tout comme quelques notes mentholées (très légères ici aussi).
Mais il y a encore un truc assez intense qui se planque derrière tout ça …

En bouche, c’est toujours assez huileux (niveau consistance donc).
Au niveau du goût, c’est beaucoup plus intense : tant au niveau des watts qu’au niveau des saveurs. Le côté jamaïcain caractéristique revient en force (solvant, fruits exotiques – ananas archi-mûr en tête) tout en conservant cet agréable côté fruits secs perçu au nez.
Et, ici aussi, on va repérer un truc super puissant mais inattendu qui va libérer tous ses arômes à la rétro-olfaction … (oui, je fais du teasing dans mes notes de dégust’, j’ai honte de rien ^^).

La rétro-olfaction est … « caroniesque » sur des notes de caoutchouc (voire bitume) brulé accompagnées d’épices et de fruits exotiques.
Inattendu mais vraiment bien.

La finale est longue, chaude, à la fois sur le côté jamaïcain (fruits exotiques) et le côté marsala (fruits secs, boisé) avec même une petite touche chocolatée.
De fines épices amènent un léger peps à l’ensemble tout comme ce côté Caroni assez particulier.

Le verre vide se fait plus frais avec un côté floral, herbacé et cacaoté.

Une tuerie !
 

Worthy Park – Madeira Finish – Cask 2017 #07 – 65° - 4 ans :

Celui-ci devrait arriver sur le marché en mars 2018 si tout va bien.
De mémoire (parce que je n'ai brillamment pas pris de notes …), c'est vieilli quatre ans en fût de bourbon avec de subir une finition de quelques mois en fût de madère (un vin doux naturel portugais cette fois).
Worthy Park – Madeira Finish     Worthy Park – Madeira Finish
La bouteille « sous le comptoir » :-D
 
La robe est un rien plus intense que le précédent (on part sur un truc cuivré à reflets … cuivrés ^^).
 
Au nez, le voltage se sent plus mais ce n'est que passager. On repart vie sur le côté acidulé, floral et pâtissier du Single Estate Reserve, amandes en tête, ainsi que sur quelques épices que l'on qualifiera de plus exotiques.
C'est également légèrement fruité mais ça reste discret, tout comme les fruits secs.
Un aspect plus « poussiéreux » (ou épicé très étrange) apparaît également (en fait, ça fait un peu meuble ancien mais ça reste léger).
Il est un rien plus alcooleux et plus astringent que le Marsala Finish.
 
En bouche, le premier ressenti est : « BAM ! » (amis des onomatopées, bonjour!), on démarre en trombe sur les fruits à coques avec des fruits exotiques en arrière fond et des épices bien plus intenses.
Les degrés se sentent bien ici aussi.
A nouveau, légèrement astringent et boisé malgré un petit côté plus doux à tendance sucré et vanillé.
 
La rétro-olfaction est bercée par les épices, une sensation de chaleur, une légère acidité, des notes de fruits exotiques et de fruits  coques, une légère touche de solvant ainsi que des notes boisées et légèrement torréfiées qui se partagent le devant de la scène.
 
La finale est longue, sur des notes de fruits à coques englobées de fruits exotiques caramélisés.
Un côté plus intense tendant vers quelque chose de toasté/cacaoté va se développer.
Le côté floral accompagné de fines touches de réglisse revient par la suite.
 
Bien aussi mais je lui préfère le finish Marsala.
 

Rum-Bar – Overproof :

On termine par la « bête ». Alors, certes, cet Overproof perd deux degrés par rapport au précédent mais il est tellement aromatique que c'est délicat de le placer avant.
Rum-Bar – Overproof      Rum-Bar – Overproof
Alors oui, la bouteille est moche mais dites vous que pour le prix, c'est juste incroyable !
 
Retour sur un blanc donc niveau couleur … ben rien quoi.
 
Le nez est hyper végétal (tellement qu'on en sentirait la canne alors qu'il s'agit quand même d'un rhum de mélasse ^^), sur des notes citronnées et de solvant.
Des notes fruitées (avec, par moment, l'impression de dévier sur des fruits rouges 'Oo) viennent contrebalancer ce côté végétal.
L'alcool est super bien fondu et les 63° n’agressent pas les narines.
 
En bouche, et bien ça s'évapore directement (après, ce n'est pas le cas si vous en prenez un grosse gorgé mais ai-je besoin de préciser que ce n'est pas nécessairement la chose la plus subtile que vous puissiez faire ?).
Le produit reste « très doux » tout en étant à la fois archi-puissant ! En gros, ça veut dire que les notes végétales s'en donnent à cœur joie tout en se réservant une certaine sucrosité (toujours cette impression d'être sur la canne), les agrumes apportent une belle fraîcheur, le côté solvant balance une grande claque à la chose et le tout est ponctué par un côté banane bien mure assez stupéfiant.
Miam. Tout simplement.
 
Niveau rétro-olfaction, c'est – certes – toujours végétal mais aussi beaucoup plus terreux et plus épicé.
C'est, sans surprise, hyper chaud tout en gardant cette agréable sucrosité.
 
La finale est extrêmement longue et très gourmande. On ne peut plus fruitée (banane), elle reste très douce avec cette agréable sucrosité qui nous aura accompagné tout au long de la dégustation ; on y repère également un petit côté amande.
 
Une tuerie aussi celui-ci. Très clairement.
 
Il ne manquait que le Finish Sherry pour compléter la série des OB Worthy Park mais celui-ci n'est pas disponible en Belgique (quelle idée stupide soit dit en passant).
 
S'il fallait faire un classement (deux en fait), ça serait assez simple :
Côté blanc, l'Overproof enterre très clairement le Silver mais il faut reconnaître qu'il n'est pas fait pour tout le monde (la faute à ses 23° en plus peut être ^^).
 
Côté vieux :
1. Marsala Finish
2. Madeira Finish
3. Single Estate Reserve
4. Rum-Bar – Gold
 
Ceci conclut notre deuxième (et pas seconde, parce qu'il y en aura encore :-D) incursion chez Worthy Park.
 
Ah oui, souvenir du Whisky Live avec l'exposant le plus sympa du salon :

 
Rhum n' Whisky

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