mercredi 21 février 2018

Spirits In The Sky 2017 – part 1 : "Cachaça time"

Euh oui, c'était en novembre ...
Mais je l'ai déjà dit, j'accuse un certain de retard dans mes retours de dégustations.
 
Et pour les gros événements (Spirits In The Sky ou SITS de son petit nom, Whisky-Live, Salon du Rhum ou autre), je pense changer un peu de technique et plutôt revenir sur l’événement en plusieurs articles plus ciblés sur certaines distilleries ou certains produits que de vous faire un gros pavé indigeste qui - de mon côté - nécessite un temps assez conséquent.
Ça me permettrait entre autre de :
- vous parler de l’événement plus ou moins au moment où il s'est déroulé et expliquer pourquoi c'était bien (ou pas) ;
- comme dit plus haut, cibler l'un ou l'autre produit dégusté (il y aura fatalement une partie fourre-tout mais ça c'est un peu logique ^^) ;
- faire d'autres retours de dégustation entre deux articles consacrés à l’événement x ou y ;
- alterner les événements qui – en fonction de la période – s’enchaînent à une vitesse stupéfiante.
- faire sûrement tout un tas d'autres trucs que je n'ai pas encore envisagé.
 
En fait, je n'y pense pas vraiment : j'agis et je commence directement avec celui-ci.
 
Avant de vous dire tout le bien (et le moins bien si besoin est) que je pense de la grand messe Nectar qui a eu lieu les 4 et 5 novembre derniers à Bruxelles, je reviendrais juste un instant sur un truc qui m'a passablement "surpris" dans le petit microcosme des blogs tenus par des amateurs de spiritueux  (je voulais dire "choqué" mais t'es choqué par une catastrophe par exemple, pas par un avis sur un blog spi), raison qui m'a notamment amené à ressortir mes notes sur le SITS (ok, ça date aussi mais je n’ai vu ça qu’il y a peu).
Machin (si tu me lis, j'ai décidé de t'appeler Machin comme j'aurais pu t'appeler truc ou Jean, bref un truc anonyme mais qui se veut sympathique, ne vas pas mal le prendre, il n'y a aucune animosité derrière ça) a donc été au SITS et a été déçu de ne pas se faire offrir plus de verres/samples gratuitement. Bon il ne l'a pas dit comme ça mais si on lit entre les lignes c'est clairement ce qu'il sous-entendait.
Il a également fait jouer le fait que ça privait les lecteurs de plus de diversité.

Perso, et là je parle pour moi mais c'est mon blog donc je fais ce que je veux, quand je vais en salon, exposant ou pas ben j'achète mes tokens, jetons, ... Que je connaisse ou pas les exposants, organisateurs, ... Ça me semble logique.
Après, je le reconnais, ça fait toujours plaisir quand on t'offre un verre gratuit ou quand on te sort la bouteille de sous le comptoir. Mais honnêtement, pour en arriver là, faut montrer un peu d'intérêt au produit, à la distillerie, ... accepter de discuter avec l'exposant, échanger sur son ressenti. Bref faire ce pourquoi tout salon est organisé : partager, rencontrer, prendre du plaisir.
Je reconnais aussi que je suis le premier à râler quand tu n'as pas au moins un produit d'appel sur la table, faut attirer le chaland enfin, c'est la moindre des choses (surtout quand tu vas à un salon pour la première fois et que tu fais tout payer. Oui, je pense à toi nouvelle – plus tant que ça maintenant – distillerie suédoise. Non, pas Mackmyra, l'autre ^^)
Maintenant faire des salons pour choper des samples ou des verres gratuitement, ça peut être un challenge hein. Je sais pas trop, pourquoi pas après tout ?
Alors oui, c'est cher. Mais ça, c'est annoncé sur les bouteilles donc c'est honnête. Parfois c'est abusé (remember Longueteau), parfois c'est justifié. Moi, je me suis toujours dit que ça me permettrait - un jour, quand je l’aurai décidé de franchir le pas du budget violent - de goûter un Port Ellen ou un autre truc vieux, cher et mythique. Mais tu as toujours le choix de goûter ou pas. Et donc de payer ou pas.
Du coup, ça prive certes le lectorat de certains retours sur des nouveautés, des produits d'exception ou des produits normaux mais payants (et ils sont Légion ceux-là) mais ça aussi, ça fait partie du jeu.
Après, même certaines distilleries ou exposants font payer leur caviste/client habituel ; là, je le dis aussi, faut arrêter de déconner quand même.
Sinon Machin, si on se croise en salon, c'est avec plaisir que je te paierai un verre pour discuter avec toi parce que de un, t'as pas l'air d'avoir mauvais goût, loin de là, et de deux, si ça se trouve, il y a autre chose derrière tout ça et j'aimerais savoir ;-)
Bref c'était le moment "carte blanche" pour réagir à un truc plus ou moins d'actualité qui m'a passablement surpris.
 
Bon, le coup de gueule habituel des grands événements étant posé (généralement, c'est le garde à problèmes capillaires mais lui il est à Spa donc fallait bien parler d'autre chose ^^), il est temps d'en revenir au SITS en lui-même !
 
Spirits in the Sky 2017 - flyer
 
Niveau logistique tout d'abord :
- Où ? À Bruxelles, à l’hôtel Thon (oui, je sais, moi aussi ça me fait marrer) pour être précis  ;
- Quand ? Les 4 et 5 novembre derniers (suivez un peu, je l'ai déjà dit plus haut). Et le prochain, c'est les 10 et 11 novembre  ;-)
- Quoi et Comment ? Plusieurs salles de conférence (je suppose) dans lesquelles vous avez droit, dans le désordre, à des dégustations, des master-class diverses et variées (raaaaaah, j'ai raté celle de Dave Broom !!! Mais j'ai pu faire une photo avec lui *joie*), un espace cocktails (super pour Madame ; coucou Jef), des produits divers et variés (de presque tout whisky au début on rayonne vraiment pas mal maintenant), un espace rarities cher (vu les produits proposés, c’est logique aussi) mais hyper bien fourni et j'oublie certainement l'une ou l'autre chose.
 
Et sinon, les trucs nuls c'est quoi ?
- le premier, il faut donner raison à Machin, ben en fonction du stand c'est cher. Mais c'est le jeu (et mes samples de Del Maguey m'ont coûté un bras mais qu'est-ce que je suis content d'avoir payé pour les goûter parce que comme L’Oréal, ça le vaut bien ! Oui c'est bien un teaser dégust' ^^) donc voilà, tu paies ou tu passes ton chemin si ton budget ne le permet pas ou si tu ne veux pas débourser un kopeck.
Et ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : il y a tout un tas de produits en dégustation libre (whisky, rhum, porto, sherry, mezcal, cognac, calva, armagnac, ...) Bref c'est un point négatif sans en être un :p
- deux jours c'est trop peu : Sérieux quoi, y a trop de choses à goûter et, ce qui n'arrange rien pour l'organisme, de tout style (voyez plus haut). Attention aux mélanges donc.
- ... euh, je crois que c'est tout. Si autre chose me revient, je ne manquerai pas de balancer ;-) mais dans l'ensemble,je suis quelqu'un qu'on peut contenter facilement niveau organisation donc voilà.
 
Et pourquoi c'est bien du coup ?
- le plus important à mes yeux (surtout depuis que je me diversifie massivement niveau spiritueux) c'est le choix de produits disponibles (à nouveau, voyez plus haut) :niveau diversité c'est juste top !
Et pour ne rien gâcher, y a moyen de goûter à pas mal d'entre eux sans débourser un token. Que demande le peuple ? Après tu montes en gamme, tu paies mais c'est logique (et surtout, c'est à peu près partout pareil en Belgique) ;
- il y a de l'eau à tous les stands (et du ravitaillement en bas, c'est non négligeable). Oui, depuis le Gin-Experience, ça me tient à cœur de le souligner :p
- les exposants sont super sympas :-D Qu'ils viennent de la distillerie (que ce soit Amores, Drouin, Montesquiou, Augier, Graham ou d'autres que j'aurais oublié), qu'ils bossent pour Nectar (coucou Itsel, coucou Pierre ^^), qu'ils soient « juste » exposants (coucou Didier, coucou Stijn) ou bartender (coucou Jef), ce fût un plaisir d'échanger avec eux !
- c'est fun de voir Itsel faire des « visites guidées » et de voir la tête des gens goûter le clairin ;
- j'ai parlé des « gens du salon » mais il y a aussi les « gens qui sont venus pour le salon ». Et c'est aussi grâce à eux que je passe de chouettes moments (oui, parfois, je parle avec des gens au lieu de boire. Et le pire, c'est que ça arrive de plus en plus ... heureusement que je prends des samples avec moi ^^). Et donc, coucou Magali, Coucou Gaëtan, coucou Michael, coucou Vincent et tous les autres que j'aurais honteusement oublié ;
- parce que c'est le premier salon que j'ai fait avec Madame :-D (il y avait du porto, ça l'a convaincu ^^).
- sûrement d'autres choses que j'ai oublié depuis lors (honte à moi ...).
 
Voilà voilà.
 
Il est temps de parler un peu dégustation maintenant non ?
 
Direction le Brésil du coup pour nous plonger au plus profond de la cachaça !
Un grand merci à Stijn pour ses explications et ses conseils, ce fut un très chouette moment :-D
SITS 2017 - cachaça
La table à cachaças. Y avait de quoi faire ^^

Cuca Fresca – Ouro :

Celle-ci nous vient de Sao Polo. Je pourrais vous dire qu'il s'agit de la cachaça de Snoop Dogg mais ça fait moins rêver ...
Après avoir subi une double distillation, elle a vieilli durant quatre ans en fût de jequitiba, une essence locale qui – si mes notes sont correctes – ne devrait pas avoir trop d'influence sur le produit tant au niveau du goût que de l'odeur si ce n'est qu'il en réduirait l'acidité et aiderait au développement des notes végétales (ça a donc, in fine, une influence ^^).
Cuca Fresca – Ouro
Une bouteille qui ne paie pas de mine.
Sa robe est de couleur paille.

Le nez est d'abord végétal et assez plat avant de passer sur quelque chose de plus doux et sucré.
Ça m'a fait pensé à un « gentil » rhum agricole (le côté canne, tout ça, tout ça), très facile d'accès.
Quelques épices pointent le bout de leur nez par la suite.
 
En bouche, on démarre sur une douceur mielleuse qui va vite laisser place à des notes plus végétales.
A nouveau, les épices arrivent par la suite.
 
Niveau rétro-olfaction, on est sur un produit beaucoup plus épicé et herbacé.
 
La finale, assez brève, restera sur ces notes végétales (canne, canne, canne) et épicées.
 
De par sa rondeur, c'est super facile d'accès.
 

Magnifica – Tradicional :

Direction Rio de Janeiro. On est face ici à un produit vieilli deux ans en fût de bois Ipê, une autre essence locale.
Magnifica – Tradicional
On reste dans la sobriété.
Deux ans mais c'est fort fort clair. Limite incolore.
 
Le nez est quant à lui hyper végétal (sur la canne) mais aussi extrêmement intense (sur le moment, j'ai pas réussi à en dire plus). C'est assez stupéfiant, surtout comparé au premier produit dégusté.
 
En bouche, ça reste très intense (c'est végétal en plein et à la limite légèrement caoutchouteux) mais très bien intégré avec une rondeur sous-jacente sur les fruits exotiques.
Celui-ci m'a plus fait pensé à un clairin par exemple.
 
À la rétro-olfaction, on reste sur les notes végétales qui nous guident depuis le début de la dégustation ainsi que sur des notes plus épicées qui commencent à apparaître.
 
La finale, moyenne, s'adoucit (sur des notes plus sucrées) tout en conservant une certaine chaleur.
 
Plus jeune mais beaucoup plus sympa.
 

Sapucaia – Velha tradicional :

Retour à Sao Polo pour découvrir une partie de la vaste gamme Sapucaia.
On commence avec un produit vieilli cinq ans.
Si je ne raconte pas de bêtises (et que je comprends mes gribouillis), la canne utilisée est cultivée uniquement trois mois par an.
Sapucaia – Velha tradicional
Sobriété toujours mais avec un code couleur cette fois ...
A nouveau, c'est très, très clair.
 
Au nez, il ne se passe pas grand chose en fait : canne, notes végétales, rondeur et – en cherchant bien – un peu d'épices.
 
En bouche, on a droit à une déferlante d'épices (principalement sur le poivre).
On reste sur la canne pour le côté rond du produit.
Étrangement, ça m'a quand même paru un peu « fermé » (ok, c'est perturbant dit comme ça mais c'est l'effet que ça m'a fait ^^)
 
Niveau rétro-olfaction, c'est doux et épicé, légèrement sucré mais aussi – et de manière plus surprenante – fumé.
 
La finale est moyenne, sur le poivre et la canne.
 

Sapucaia – Reserva da Familia :

La même mais avec cinq ans de plus (ce qui nous donne effectivement un total de dix ans).
Sapucaia – Reserva da Familia
Quand je vous parlais d'un code couleur ;-)
Ca y est, on fonce. Mais légèrement hein. On en arrive à une robe paille très claire.
Pour du dix ans, c'est soft.
 
Le nez ressemble pas mal à la version précédente (canne, végétal, rondeur, légères épices) mais est plus rond, présentant ça et là quelques notes plus vanillées.
 
En bouche, on repart sur un produit plus végétal et épicé enrobée d'une rondeur vanillée et – peut-être – de quelques notes fruitées.
 
Pour la rétro-olfaction, il se fait plus doux que le précédent tout en restant assez épicé.
 
La finale est plus longue cette fois, toujours épicée (mais c'est plus en retenue ici) et légèrement fruité.
 
Malgré les cinq ans de plus, je n’ai pas vraiment trouvé de différences flagrantes entre les deux derniers produits.
 

Sepucaia – Real 18 anos :

On est ici face à la cachaça la plus vieille du Brésil (toujours selon mes notes hein).
Le vieillissement a eu lieu pendant dix ans en fûts de chêne et, en raison d'une part des anges de l'ordre de 70 %, quatre fûts ont été regroupés en un seul et même fût pour terminer calmement le vieillissement durant huit ans.
Pour les fans de chiffres, des 1.000 litres de départ, on est arrivé à 280 bouteilles. Au Brésil aussi les anges sont gourmands (ou alcooliques enfin).
Sepucaia – Real 18 anos
Je le reconnais, je n'ai pas trouvé de photo correspondant à la bouteille exposée. Du coup, c'est le format 75cl.
Et bien, ça y est, on a de la couleur : c'est bien doré !

Au nez, l'influence du fût se fait immédiatement sentir : c'est hyper vanillé. C'est presque trop « bonbon ».
Quelques notes de fraîcheur mentholée viennent un peu rééquilibrer la chose.
 
En bouche, c'est rond, c'est doux, c'est vanillé, on a l'impression d'aller se promener en Barbade.
J'aime bien mais je trouve que – comme pour les mezcals vieillis – ça dénature un peu le produit brut, on perd tout ce côté végétal agréable.
 
La rétro-olfaction, comme pour me contredire, va nous offrir un retour des notes herbacées.
 
La finale est longue sur le côté doux et sucré toutefois contrebalancé par ces arômes herbacés qui viennent tout juste de se manifester.
 

Weber Haus - Amburana :

Comme son nom l'indique, celle-ci a été vieillie en fût d'Amburana (une autre essence locale).
Le produit fini est cependant totalement différent de ce qui a été dégusté jusqu'à présent parce que le climat du lieu où a été effectué le vieillissement est différent (on se trouve cette fois dans les montagnes), tout comme la macération et les levures employées.
Bref, c'est pas pareil.
Weber Haus - Amburana
Oui, ici, il y a un travail sur le packaging.
On reste dans un produit « coloré » avec une jolie robe d'un or léger.
 
J'ai annoncé la couleur plus haut et là je confirme : le nez n'a aucun rapport avec les autres produits. On est clairement sur une cachaça « dessert » !
Les notes pâtissières sont à la fête et les épices douces s'en donnent à cœur joie, cannelle en tête. On peut également relever des notes de pain d'épice ainsi que quelques touches à tendance spéculoos.
Ben c'est sympa mais limite écœurant quand même (et on n’en est qu’au nez dites donc !).
 
Le choc se produit toutefois en bouche. D'un coup, tu te dis que tu bois un apfelstrudel (si, si, je vous jure). Cette impression serait due au type de bois employé pour constituer le fût (l'Amburana donc).
Ne vous attendez pas à plus de notes de ma part, quand on bugge sur « apfelstrudel », c'est fini, on ne sait plus rien trouver d'autre.
 
La finale est « plaquante » et va rester sur les mêmes notes douces, rondes, pâtissières et limites écœurantes perçues jusqu'à présent.
 
Et ben c'était surprenant !
 
Ceci conclut la partie cachaça de mon premier Spirits In The Sky.
Une expérience très intéressante qu'il serait sympa de reproduire au calme dans mon chez moi.
 
Ne me demandez pas un ordre de préférence, je n'ai rien noté à ce sujet et ça fait maintenant trop longtemps que je les ai dégustés (même si je pense avoir un penchant pour la Magnifica).
 
 
Rhum n' Whisky

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