jeudi 29 mars 2018

Savanna côté “surprenant” (4/4)

Savanna - logo
Ayant fait un peu le tour des gammes que l’on qualifiera de plus “normales” (c’est-à-dire agricole, mélasse et grand arôme), passons aux trucs bizarres autant qu’étranges annoncés dans le premier article !
 
Et on va commencer de suite avec une expérience sensorielle hors du commun !
 

Savanna HERR – 10 ans :

Alors HERR, c'est pour « High Ester Rum Reunion ». Ca annonce la couleur.
Il s'agit d'un millésime 2006 mis en fût de cognac – sauf erreur – en mars 2006 et embouteillé en mai 2016 à 63,8° (quand même) spécialement pour les 60 ans de La Maison Du Whisky.
Savanna HERR – 10 ans
Vu comme ça, on ne se doute pas de ce qui va nous arriver ...
De prime abord, c'est vachement engageant : cuivre profond à reflets ambrés.
 
Au nez, la première chose qui vient à l'esprit c'est – tout simplement « woh putain ! » (désolé mais c'est vraiment ça …) ; je m'explique : est-ce que, sérieusement, vous vous attendez à un truc qui sent la fraise Tagada mentholée ? Ben moi pas.
Je savais que c'était bizarre mais à ce point … J'imaginais un truc bien trash style Hampden bien puant et bien alcooleux mais pas ça, non, du tout.
Notez bien, les 63,8° sont vachement bien intégrés.
Et si on prend le temps d'apprivoiser la bête, les fruits exotiques arrivent, ananas frais en tête. Ca en devient plus sympa, plus fruité.
On reste toutefois sur un registre particulier avec des notes acidulées, limité aigres.
Enfin, on relèvera des notes fumées qui se planquent là, derrière, en embuscade !
C'est archi puissant comme truc (aromatiquement parlant j'entends).
 
Alors qu'on pensait doucement cerner l'affaire, voilà qu'on a la bonne idée (ou pas diront certains) de porter le verre à la bouche et là, deuxième choc brutal !
C'est fumé (mais vraiment bien fumé, limite camphré à certains moments) mais également très bizarre sur un côté « plastique brûlé étrange » (ouais, je sais, ça ne donne pas envie).
Les notes de Tagada sont toujours là, la menthe aussi.
Les épices arrivent doucement et subtilement (en même temps, je crois que tous paraît subtil derrière ce choc d'arômes stupéfiants) ainsi que des notes plus douces et herbacées.
Ce truc est impressionnant. Vraiment.
 
Niveau rétro-olfaction, les notes fumées perçues en bouche sont toujours là mais elles sont englobées par un ananas « tagadifié » ! oO'
Les épices (piment, poivre) et les aromates arrivent ensuite.
La fraicheur mentholée laisse ici place à une incroyable intensité fumée.
 
La finale va démarrer sur ce côté fumé mais de manière plus subtile ainsi que sur des notes plus fruitées (le retour de l'ananas) ; on trouvera encore ce côté bonbon chimique (Tagada quand tu nous tiens ^^) et mentholé.
C'en est presque rafraichissant.
Ah oui, c'est super long (ça semblait logique aussi).
 
Le verre vide sera quant à lui acidulé et épicé.
 
Si on récapitule, le nez s'apprivoise doucement, la finale est un peu écœurante sur cette intensité et ce bonbon chimique mais la bouche, honnêtement, je n'y arrive pas.
Mais ça ne change rien au fait que ce truc soit un choc profond. Vraiment.
Je suis content de l'avoir enfin goûté mais je n'en achèterai pas une bouteille.
Par contre, celui fini en fût de Herr devrait sûrement plus me plaire ;-)
 
Verdict : Hors concours, clairement.
 

Calvados Christian Drouin - 12 ans - The Nectar  “10th Anniversary” :

Un calva ? Ben oui, mais pas n’importe lequel, un calva ayant subi un affinage en fût de rhum de chez Savanna.

Dégusté lors du dernier Spirits In The Sky, celui-ci m’avait fait forte impression (après je n’y connais rien en calvados mais bon, quand c’est bon, je le dis ^^).
Toujours selon mes notes, le vieillissement a été effectué « normalement » durant 6 ans avant un passage de 6 mois en fût de rhum pour repasser 6 ans en fût de calvados.
Spirits in the Sky - logo
 
Pas de photo de mon verre ou de photo live de la bouteille ici. Il va falloir vous contenter du visuel officiel honteusement récupéré sur le site de LMDW.
Calvados Christian Drouin - 12 ans - The Nectar  “10th Anniversary”
Tout de suite, ça fait moins "je m'implique à fond dans ce que je fais en vous montrant les photos de mes samples"...
La robe est d’un beau doré intense.
 
Le nez est très, très rond et, comparé à ce que je venais de déguster avant (le VSOP fort porté sur la pomme ; j’y reviendrai prochainement pour ceux que ça intéresse), pas vraiment porté sur le calvados.
On est en plein sur le fruit (à première vue pas la pomme vu que j’ai noté « pas calva ») avec une superbe intégration de l’alcool.
On y trouve de légères notes caramélisées.
Les pommes refont enfin leur apparition par la suite.
 
En bouche, c’est puissant, c’est huileux niveau texture et on y retrouve un côté fruité intense (ou « fort intense », mes notes n’étant pas hyper lisibles …) et j’ai eu l’impression de bien sentir le finish (comprendre – vu que je ne connaissais pas encore Savanna à l’époque – que ça ne goûte pas vraiment le calvados quoi).
C’est vraiment hyper agréable.
Top en fait.
 
Niveau rétro-olfaction, c’est plus épicé et un peu herbacé (voir végétal).
 
La finale, longue, revient sur cette douceur perçue au nez et va rester sur cet aspect pâtissier.
 
Va falloir que j’essaie de choper une bouteille si c’est encore possible tiens …
 
Ceci conclut notre « petite » incursion dans le monde des rhums (mais pas que) Savanna !
 
 
Rhum n’Whisky

mercredi 28 mars 2018

Savanna côté Lontan (3/4)

Savanna - logo
Agricole, c’est fait, mélasse, aussi.

Ça y est, on arrive enfin à ces produits particuliers que sont les rhums « Grand Arôme » !
Et gustativement, ça raconte quoi ?
 

Savanna Lontan – Rhum Grand Arôme Vieux – 7 ans :

Là, on va changer de registre mais les infos sont toujours aussi précises : millésime 2003, mis en fût (de cognac) en octobre 2003 et embouteillé en février 2011 à 46°.
Savanna Lontan – Rhum Grand Arôme Vieux – 7 ans
Est-ce que j'ose le jeu de mot foireux avec "lontan" ? ...
La robe est orangée à reflets cuivrés.
 
Le nez, ben il est intense dis donc : c'est alcooleux à tendance colle et solvant mais ces notes semblent toutefois plus « renfermées » que sur un gros jamaïcain « puant » ^^
On y trouve aussi de l'olive et un léger côté viande fumée (oui, je sais, moi aussi ça m'a perturbé mais c'est ce qui – pour moi – s'en rapprochait le plus).
Des notes plus douces et un peu sucrées sont là mais bien cachées ; le fruité arrivera quant à lui par la suite (pour le côté fruité, c'est assez difficile à décrire : on part un peu dans tous les sens. Du fruit rouge – un peu – aux fruits exotiques avec, entre autres, un peu d'ananas).
Un petit aspect boisé et quelques notes florales sont aussi de la partie.
C'est assez « lourd » comme truc en fait.
 
En bouche, c'est particulier.
Vraiment, c'est assez inattendu : on a un côté colle un peu fermé avec un léger retour du solvant mais aussi un côté légumineux terreux.
Un boisé humide ramène un peu d'amertume mais on trouve aussi des notes légèrement sucrées avec un aspect caramélisé et des notes de fruits bien murs.
On y trouve enfin un léger côté fumé.
Niveau texture c'est un peu huileux.
 
Niveau rétro-olfaction, c'est plus sucré (toujours ces fruits très mûrs) mais aussi plus épicé et on a toujours droit à cette amertume particulière, limite terreuse.
 
La finale est logiquement assez longue, sur ces arômes perturbant avec quelques notes fruitées sucrées qui viennent équilibrer le tout mais qui sont vite suivies d'une légère amertume.
Les agrumes reviennent en force à la fin.
 
Ah ben c'est bizarre, y a pas à dire. Je comprends pourquoi « grand arôme » maintenant.
Après, au plus que tu le goûtes, au mieux que ça te goûte ! oO'
 

Savanna Lontan – Rhum Grand Arôme Vieux – 8 ans :

Millésime 2003, mis en fût de cognac (on ne change pas une équipe qui gagne) en octobre 2003 et embouteillé à 46° (c'est constant ça aussi) en novembre 2011.
 
J'annonce déjà la couleur : c'est une tuerie ce truc !!
Savanna Lontan – Rhum Grand Arôme Vieux – 8 ans
... Non, ça serait trop facile, et je n'ai pas envie que vous restiez trop lontan là-dessus ... (ah, ben trop tard, j'ai craqué ...)
La robe est cuivrée à reflets orangés.
 
Au nez, l'alcool m'a paru beaucoup mieux intégré, beaucoup plus fermé aussi.
On repère directement des notes florales ainsi que de fines épices.
Par la suite, on repartira sur le côté plus « lourd », plus terreux relevé sur le 7 ans ainsi que sur des notes plus acidulées et laiteuses (non, ce n'est pas du mezcal, promis).
Les notes fermées mais présentes de colle et de solvant ressentie sur la version plus jeune réapparaissent ici aussi mais de manière plus contenue et mieux maîtrisée.
Les fruits exotiques sont on ne peut plus agréables tout en restant en retrait et amènent avec subtilité un petit côté plus sucré au produit.
Enfin, on notera la présence d'arômes pâtissiers : ce truc est beurré à souhait !
C'est hyper complexe mais c'est aussi très subtil, très « posé » et super agréable !
 
La bouche est assez douce (vanillée et caramélisée toastée) mais aussi très intense (colle et solvant ainsi que quelques notes terreuses ; j'ai lu « artichauts » à plusieurs reprises. Ça ne m'a pas perturbé plus que ça mais pourquoi pas.) avec un retour des fruits exotiques bien mûrs. Et peut-être une légère impression de sentir quelques fruits secs.
Celui-ci aussi présente une texture limite huileuse (tout comme le précédent).
Le tout est hyper bien fondu et – à nouveau – super agréable.
 
À la rétro-olfaction, il est beaucoup plus fruité (on est en plein sur l'exotisme et les agrumes légers).
Il est également plus épicé et nous offre un peu de réglisse mais va surtout être très aromatiques avec un côté aromates (ben oui, que voulez-vous) très prononcé.
 
La finale va démarrer sur ce côté fruité (agrumes en tête) avant de revenir vers un peu plus d'amertume.
C'est très, très long.
On part ensuite sur un côté plus végétal même si l'ensemble reste assez doux.
Les agrumes vont ensuite venir se rappeler à notre bon souvenir (oui, c'est un peu une finale « citron-boomerang » : on commence et on termine par ça) avec une pointe de réglisse.
Enfin, de légères notes salines arrivent sur la toute fin.
 
C'est génial ! Un tout gros coup de cœur (du niveau du Créol 6 ans finish calva, c'est dire).
Top, top, top !
 
Les prochains produits étant clairement hors concours, du coup, niveau grand arôme, ben le 8 ans surclasse le 7 ans sans forcer.
 
 
Rhum n’Whisky

mardi 27 mars 2018

Savanna côté Intense (2/4)

Savanna - logo
Après avoir dégusté une partie de la gamme « agricole », passons à quelques rhums « de mélasse » :
 

Savanna – Rhum Vieux Traditionnel – 7 ans :

Ben ici, à part vous dire qu’il titre à 43°, je n’ai pas grand-chose à raconter (j’ai pas de copie de la contre-étiquette --‘)
Savanna – Rhum Vieux Traditionnel – 7 ans
Oui, le sample ne vient effectivement pas du même endroit que les autres ;-)
Sa robe est dorée à reflets dorés intenses tirant vers l’orangé.
 
Au nez, ben tout de suite après le Créol porto finish, ouch quoi, aucun rapport, c’est du lourd dites donc !
Il y a – en vrac – du solvant, du fruit confit, du toasté, du caramel cramé (c’est après brûlé mais avant carbonisé ^^) et des notes torréfiées. Tout ça dès le début !
Ça a donc des notes un peu jamaïcaines et c’est sacrément intense (non, je n’ai pas honte …).
Ça se radoucit enfin sur des notes plus caramélisées, vanillées et portées sur les fruits secs et les fruits caramélisés (fruits noirs).
 
En bouche, on part sur un côté caramel/mélasse très gourmand. On est clairement sur quelque chose de plus doux, plus sucré.
Le tout est englobé de fruits exotiques murs (banane principalement) et l’ensemble est rehaussé de quelques épices assez légères.
De très fines notes végétales et mentholées commencent à arriver et, déjà, on repère une touche chocolatée/cacaotée.
 
Niveau rétro-olfaction, les notes mentholées-eucalyptus sont très présentes et viennent bien rafraichir tout ce côté « gras ». Les épices sont un peu plus énergiques.
On repère encore un petit côté chocolaté tout comme quelques notes de fruits noirs bien goutus.
 
La finale reste, dans un premier temps, sur cette fraicheur mentholée légèrement fruitée avant de repasser vers des notes plus caramélisées et chocolatées pour – au final – devenir assez « plat ».
Ce n’est pas hyper long. Le côté fruit exotique mentholé revient un peu par après.
 
Dommage. Un nez prometteur et plein de complexité qui s’assagit un peu trop suivi d’un produit assez gras qui va aller en se rafraîchissant. On a l’impression qu’il aurait pu donner tellement plus.

Particulier et sympa mais sans plus.
 

Savanna Intense – Rhum Traditionnel Vieux – 8 ans :

Je retrouve mes samples avec contre-étiquette et ai donc un rien plus d’info à communiquer : millésime 2002, mis en fût en décembre 2002 et embouteillé en juillet 2011 à 46°.
À noter qu’il a subi un affinage en fût de porto d’une durée indéterminée ^^
Savanna Intense – Rhum Traditionnel Vieux – 8 ans
Le retour du sample qui t'apprend à compter ...
Soyons poètes : sa robe est d’un cuivre profond à reflets automnales.
 
Le nez est plus fermé, moins exubérant que le précédent.
On relève tout de suite moins de choses (ou bien j’ai été plus distrait, ce qui est aussi une possibilité) : il y a du fruit sec – un peu – et des fruits plus frais – sans plus de précisions, désolé – l’ensemble étant assez caramélisé.
On retrouve, ici aussi, un léger côté torréfié tout comme cet aspect plus typé tabac ressenti sur le 7 ans.
 
En bouche, c’est toujours très gourmand sur d’agréables notes caramélisées. Je dirais même d’agréables notes de fruits secs caramélisés.
On a également droit à quelques épices ainsi qu’à un boisé toasté et une légère amertume humide (voire légèrement anisée). Enfin, quelques notes torréfiées viennent compléter le bouquet.
 
À la rétro-olfaction, c’est plus floral, chaud, finement épicé (sur un poivre léger), boisé et ça présente de belles notes caramélisées. L’ensemble est – ici aussi – rafraichi par un léger shoot mentholé.
 
La finale est assez douce avant de vite repasser sur un côté plus amer (plus végétal).
De fines notes salines agréables amènent un peu plus de complexité à la chose et le côté floral (limitéefruité) va également revenir dans la partie.
Les notes torréfiées et de tabac vont se disputer la finale avec ce petit côté mentholé perçu à la rétro-olfaction.
 
C’est un produit « facile » (beaucoup plus que le 7 ans) et peut-être un peu trop doux mais vraiment très agréable. J’ai beaucoup apprécié son côté extrêmement gourmand.
 
Intense mais pas trop quoi ^^
 

Savanna Intense – Rhum Traditionnel Vieux – 12 ans :

Un ancien cette fois : millésime 1999, mis en fût en juillet 1999 et embouteillé à 46° en novembre 2011. Le vieillissement a – à nouveau – été réalisé en fût de cognac.
Savanna Intense – Rhum Traditionnel Vieux – 12 ans
Et en plus, avec Savanna, tu apprends la table de 4 ^^ 
Pour la couleur, on tend vers un orange cuivré à reflets dorés.
 
Le nez est sur la mélasse et le boisé toasté. C'est toutefois, en apparence, encore plus fermé que le précédent.
Les fruits (exotiques surtout) arrivent peu à peu mais le boisé est ici prédominant.
Alors il y a un peu de notes de … Je m'en tiendrais à ça parce que j'ai honteusement oublié de finir ma phrase lors de ma prise de notes …
In fine, le produit ne semble pas bouger beaucoup (après la dégust' a été un peu plus rapide que les autres, c'est peut-être un peu dû à ça aussi mais bon, je suis quand même assez lent dans ma rapidité donc …).
 
La bouche est à la fois douce (fruitée surtout et chocolatée) et épicée (pas de poivre ici, plutôt quelque chose tendant vers la muscade et d'autres trucs bizarres et exotiques).
Il y a de la vanille aussi et c'est assez sucré (sur la canne?)
Enfin, on y trouve un côté boisé mais c'est plus léger.
 
A la rétro-olfaction, les épices s'en donnent à cœur joie (et elles sont particulièrement douces), le boisé est là et les fruits aussi (à la fois jaunes et exotiques).
On partira ensuite vers quelque chose qui présente un peu plus de peps (sur le côté piment) ainsi que sur des notes de réglisse mentholées qui sont finalement de la partie.
 
La finale demeure quant à elle sur des notes fruitées avec de fines touches boisées et se termine sur les épices douces qui nous auront accompagné tout au long de la dégustation.
Ce petit côté réglissé/anisé/mentholé semble également être présent.
 
Je me limiterai à ça concernant ce produit-ci parce que mon palais commençait à crier stop donc je ne devais plus être super au point niveau retour (il y en avait quand même eu quatre avant ^^)
 
Niveau Intense, mon classement perso pourrait être :
1. 8 ans ;
2. 12 ans ;
3. 7 ans


Rhum n’Whisky

vendredi 23 mars 2018

Whisky Live 2018 – part 1 : Le hibou qui ne buvait pas que de l’eau

Nous sommes déjà fin mars et le Whisky Live Belgium c’était début février …
Et la seule fois où je vous en ai parlé, j’ai causé rhum …
 
Il est donc temps de réparer cette erreur !
 
Whisky-Live logo
 
Pour ce 15ème (oui, déjà) Whisky Live, j’ai décidé de faire la totale. Comprendre : vendredi-samedi-dimanche.
Mon foie va bien, merci pour lui.
 
Coupons court aux éventuelles questions du style : étais-tu organisé ? Non, clairement, enfin si un peu mais trop.
Comment ça, c’est pas clair ?
Ok, je m’explique : j’ai relevé ce que je ne voulais pas gouter (l’inverse donne un résultat trop vast …) et ce que je voulais absolument gouter. Pour le reste je me suis dit que j’allais checker sur place (en trois jours, c’est jouable non ?). De toute façon, quand je prépare un programme commando, ça foire toujours (soit je m’arrête ailleurs, soit la bouteille que je veux goûter n’est pas là, … bref, c’est beau, c’est bien préparé mais ça prend du temps et c’est inutile).
Donc j’y suis allé avec ma b***et mon couteau.
Donc j’y suis allé avec mon sac, mon bic, mon carnet (je sais, on en reçoit un sur place mais j’aime avoir mes affaires ^^), mes samples et mes étiquettes.
In fine, ça s’est un peu déroulé comme ça :
- vendredi : repérage et dégustation avec de longs arrêts aux stands Belgian Owl, Mackmyra et Worthy Park (mais si, ça je vous en ai déjà parlé) puis dodo sur place (oui, vendredi, c’est nocturne) ;
- samedi : lever, déjeuner, concert de cornemuses (ou bagpipes si vous voulez) au Pouhon Pierre-le-Grand, dîner et ouverture du salon avec en vrac des arrêts plus ou moins long chez Balvenie-Glenfiddich et Koval, tester l’embouteillage Spécial Salon chez Signatory Vintage (l’autre étant samplé), acheter le livre de Martine Nouet et se le faire dédicacer (grand enfant, je sais ^^), retrouver Magali et récupérer une bouteille de rhum (photo plus bas), rentrer maison et dodo ;
- dimanche : retour à Spa, manger et début des dégustations avec à nouveau un passage chez Glenfiddich et Balvenie mais aussi chez Compass Box. Le reste a été plus décousu et mes pérégrinations m’ont emmené à des endroits conseillés par mes cavistes préférés. Ah oui, j’ai fini derrière le stand Worthy Park (mais ça, vous le savez déjà).
 
Conclusion de ces trois jours de folie ?
Beaucoup de samples. La preuve :
samples
Comment ça, c'est excessif ?
32 dégustations en 3 jours … Oui, vous avez bien lu, 32, seulement (je dis ça par rapport aux autres années hein) d’où le nombre fameux de samples.
Beaucoup (énormément en fait) d’échanges, tant avec les exposants qu’avec des amis/connaissances/collègues de dégustations (appelez les comme vous voulez, il s’agit de toute manière de gens super sympa :-) ). Ce qui répond à la question « Et comment ai-je fait pour goûter si peu ? ». Et oui, plus les années passent, plus ou connait les gens et plus on discute (et moins on boit du coup). Et très honnêtement, c’est pas plus mal du tout, on profite différemment mais tout aussi bien
 
Soit.
 
15 ans de Whisky Live, ça modifie un peu la donne niveau programme et organisation de l’évènement :
- le samedi, les cornemuses passent dans le salon et ça, c’est chouette (bon y en qui n’aime pas, moi je kiffe, chacun son truc) ;
- outre les entrées classiques et les masterclass distilleries, on avait également droit à une super masterclass, un espace VIP où l’on pouvait profiter de produits incroyables et un espace rarities présentant lui aussi des trucs hors normes. Question de budget (oui, ma vie ne se résume pas au whisky et mon budget entier ne lui est pas consacré), j’ai dû faire des choix et j’ai zappé le coin VIP et rarities. Tout comme les masterclass. Après, rassurez-vous, il y a moyen de se faire plaisir sans boire de Port Ellen ou de Karuizawa (même si, il faut le reconnaitre, ça donne vachement envie ^^) ;
- un verre (type Glencairn, cool) au logo « WL 15 » (normal), un carnet et un bic (habituel) mais aussi un bouchon en liège logoté whisky-live ainsi qu’un « porte-verre tour de cou ». Ca, c’est pour les cadeaux de cette 15ème édition ;
- un nouvelle salle de dégustation réservée aux produits The Nectar. Grande cause de discussions cette salle d’ailleurs : loin, au bout de tout, tout le monde pensait que personne ne s’y rendrait et finalement c’est tout le contraire qui s’est passé ! En effet, à partir d’un certain temps, il ne faisait plus à mettre un pied devant l’autre là-bas. La raison ? C’est là que les verres étaient distribués et fatalement les gens y restaient (un peu trop au goût des exposants présents dans la salle habituelle).
Pour les exposants, ça n’a pas nécessairement dû être évident (qu’ils soient assaillis dès le début ou en train de glander en attendant le visiteur), par contre moi j’ai trouvé ça génial : on a eu la salle principale rien que pour nous pendant un long moment.
Et deux salles, ça veut dire plus d’espace et ça c’est chouette aussi ;
- il y avait toujours possibilités de se sustenter à l’étage (sandwich ou repas chaud) ;
- Martine Nouet était là pour présenter son nouveau livre « à table, le whisky, du verre à l’assiette ».
 
Je pense avoir fait un peu le tour.
 
Comme d’hab, voyons les points positifs et négatifs du salon. Et pour ne pas changer, commençons par ce qui n’a pas été !
 
Les points négatifs :
- … bah, c’est bien rôdé maintenant donc y a pas trop à discuter si on adhère au principe ;
- si on veut vraiment relever quelque chose, ben la pauvre Martine Nouet, fan de fine cuisine qui a « subi » la cuisson des Saint-Jacques au beurre toute la journée du samedi dans une odeur très (trop) prégnante (en ayant discuté avec elle, elle a souffert :p).
C’est à peu près tout hein.
 
Quoi les tokens ?
Oui, les tokens.
Ok, parlons-en.
Alors oui, certains salons n’en utilise pas (qui a dit Paris ?) mais l’entrée est plus chère.
Alors oui, certains produits sont chers (très, voire trop chers) mais c’est l’exposant qui fait le prix pas l’organisateur et certains produits sont exceptionnels et peuvent parfois justifier leur prix.
Alors oui, si t’es pas blindé de pognon et que tu veux goûter autre chose, tu vas passer à côté d’une grande partie de la gamme Murray McDavid par exemple mais bon, c’est le jeu aussi.
Je vais m’arrêter là parce que la question des tokens reste (et restera) le point qui fait débat dans la majorité des salons organisés en Belgique. Mais à partir du moment où on sait que c’est organisé comme ça, il faut en prendre son parti. Point.
Et n’oubliez jamais qu’un exposant qui voit que vous êtes là par amour du produit (ok, pas besoin d’aller jusque-là. Si vous montrez déjà que vous êtes intéressé et que vous êtes venu pour  la découverte et pas pour la beuverie, c’est déjà pas mal !), avec qui vous allez discuter, … sera toujours plus sympathique avec vous (je n’ai pas dit que ça serait open-bar mais vous pourriez avoir de bonnes surprises. Essayez, vous verrez).
Enfin, rien ne vous empêche de demander un demi-verre (et de régler la moitié des tokens) : ça vous évitera de vous cramer le palais et vous pourrez quand même découvrir certains produits « hors budget ». Technique testée et approuvée.
Et puis, c’est comme pour l’espace rarities ou le vip, pas besoin d’y aller ou de débourser de sommes folles - dans ce cas-ci - pour se faire plaisir. Il y a des produits pas (trop) cher qui valent vraiment la peine tout comme il y a des trucs très chers et très dégueulasses.
Bref, tokens il y avait. Mais comme tous les ans. Et ça ne changera sûrement pas, faites-vous à l’idée ;-)
 
Les points positifs maintenant :
- les rencontres. Qu’il s’agisse ou non des exposants. Le Whisky Live, c’est avant tout un moment de partage et d’échange (pas de beuverie). Un peu comme tous les salons de dégustation en fait. Et ça, c’est cool. Histoire d’éviter d’en oublier un, je ne vais pas faire la liste des exposants sympas (surtout que c’était le cas  pour la totalité des stands où je me suis arrêté). C’est facile, je sais ;
- les cornemuses. Je kiffe ;
- il y avait de l’eau (c’est un point non négligeable dans ce genre d’évènement) : des bouteilles et des « points eau » ;
- perso, la disposition des stands et les deux salles m’ont bien plu (circulation fluide, espace aux stands, …)
- les exposants sont de moins en moins étonnés (ou font semblant, c’est selon) quand tu arrives avec tes samples. Ce qui évite d’entrer dans de longues explications fastidieuses (si, c’est déjà arrivé) ;
- la gamme proposée était très variée (comme à chaque fois) avec une belle présence des embouteilleurs indépendants ;
- mentions spéciales à Belgian Owl (exposant « historique ») et Koval (première participation) où, en plus d’être super accueillants, tout est gratuit (c’est chouette pour la découverte ; oui, les suédois de The Box de l’année dernière où ils arrivaient pour la première fois et faisaient tout payer, ça me reste là ^^) ;
- les quelques bouteilles « de sous le comptoir » : c’est cool et ça fait toujours plaisir ;
- Martine Nouet. Contrairement à Alexandre Vingtier l’année dernière, elle, elle était là (du coup, après ma photo avec Dave Broom, j’ai ma photo avec Martine Nouet. Moment geek, check ^^) ;
- et, au rayon, j’ai testé pour vous : les toilettes sont toujours aussi propres :p
- …
 
… parce que ça fait quasi deux mois maintenant et que j’ai surement oublié l’une ou l’autre chose (je pourrais faire ça plus vite après l’évènement, ça serait plus subtil. J’en suis le premier conscient).
 
Après ce petit tour d’horizon quant au salon en lui-même, arrêtons-nous quelques instants sur les produits de chez Belgian Owl.
Belgian Owl - logo
Oui, le hibou belge
The Owl Distillery, je la visite fin du mois donc on va passer les explications la concernant (pour mieux y revenir plus tard – avec, si possible – des photos pour agrémenter tout ça) pour s’intéresser aux produits présentés.

Alors, pour ceux qui ne me connaissent pas, Belgian Owl, c’est vraisemblablement le premier (ou un des premiers) whisky que j’ai goûté dans mes jeunes années.
Très honnêtement, j’ai trouvé ça dégueulasse.

Et je ne me suis pas privé de le dire aux gentils collaborateurs d’Etienne Bouillon. J’ai également ajouté que leur whisky étant produit près de chez moi (que ce soit avant ou maintenant. Entretemps, j’ai moi aussi déménagé et m’en suis encore plus rapproché), que c’était bête de rester sur cet a priori négatif et que je voulais me refaire une idée de la chose (surtout que maintenant on va dire que j’ai un rien plus d’expérience qu’à l’époque ^^).
Je suis comme ça, moi, j’annonce la couleur direct ^^
Bref, toute la gamme était là, et même quelque chose que l’on ne peut pas qualifier de whisky (mais qui risque de finir dans ma cave tellement c’est sympa), la preuve :

Belgian Owl - Line-up
Il y avait de quoi faire :-)
Trêve de bla-bla, passons à la dégustation !
 

Belgian Owl – Spirit (« Origine ») :

C'est bien celui qui n'est pas un whisky car tout simplement non vieilli.


Belgian Owl – Spirit (« Origine »)
Après, y a pas non plus écrit whisky dessus, au cas où vous douteriez ...
Pour la couleur, c'est un peu comme un rhum blanc hein : que dalle.
 
Au nez, il se passe directement tout un tas de choses très surprenantes. On part sur quelque chose d'hyper fruité où la poire et la prune s'en donnent à coeur joie.
Un léger côté minéral est également de la partie.
C'est assez monolithique mais qu'est-ce que c'est gourmand !
 
En bouche, on retrouve cette minéralité ainsi que ce côté fruité qui se fait toutefois moins puissant.
 
À la rétro-olfaction, le produit se fait légèrement plus alcooleux. Une chaleur fruité englobe une amertume végétale venant contrebalancer le tout.
 
La finale est – de manière surprenante – longue, sur ce côté fruité plus léger, cet aspect minéral ainsi que cette amertume végétale perçue à la rétro-olfaction.
 
Très, très chouette (et sûrement très, très fourbe parce que ça a l'air de se boire tout seul ^^).
 
Need one !
 

Belgian Owl – Identité :

On arrive maintenant à celui qui a fait la renommée de la distillerie le Belgian Owl vieilli 3 ans.
C’est également le truc qui m'a dégouté du whisky pendant un temps certain.
Belgian Owl – Identité
LA bouteille de base
Sa robe est paille (après c'est jeune hein, ceci explique cela).
 
Le nez est on ne peut plus frais, malté à souhait (avec de belles notes de céréales donc) et du fruit blanc (j'y ai trouvé pas mal de pomme).
Une douceur vanillée est également de la partie.
 
En bouche, on repère de très légères notes boisées ainsi que des épices (poivre notamment mais pas que), les notes maltées se font plus présentes et les fruits plus croquants.
Les céréales sont bel et bien présentes et c'est très agréable.
 
Au niveau de la rétro-olfaction, l'alcool se fait – ici aussi – plus présent, on retrouve également une légère amertume (légèrement végétale ?) ainsi que quelques épices.
Enfin, on notera que ce côté céréales sucrées est toujours présent.
 
La finale est chaude, épicée, fruitée (toujours sur la pomme) et continue de présenter de belles notes de céréales avec un boisé très fin qui ponctue le tout.
 
Ben voilà, c'est vachement bien finalement (surtout pour un trois ans !) ; j'ai bien fait de vouloir retester l'affaire :-D
 

Belgian Owl – Passion – Single Cask – fût 566-299 – bouteille 441 :

Si je m'en réfère au site, le fût 5660299 présenterait un vieillissement de 47 mois.
Et on titre toujours à 46°.
Belgian Owl – Passion
Oui, niveau packaging, on joue surtout sur les couleurs.
Niveau coloration, on ne change pas, c'est paille.
 
Le nez démarre sur les fruits blancs et peut-être même un peu de fruits jaunes.
Mais ce qui va surtout prendre le dessus, c'est la vanille. On sent bien que le fût a craché, ce qui amène une sucrosité assez importante.
 
Pour les notes de la bouche, j'ai vraisemblablement beaucoup discuté parce que c'est assez soft, je me cite : « moins exubérant niveau saveurs mais plus de peps ; pourtant même % ».
Voilà, voilà.
Ah oui, celui-ci semble plus crèmeux, plus huileux en bouche.
 
Niveau rétro-ofaction, on va rester sur ces mêmes arômes (alors ceux perçus au nez ou en bouche - dont on ne sait pas grand-chose ... - je ne sais plus).
On y relèvera des notes plus épicées ainsi qu'une légère amertume.
 
La finale est quant à elle plus épicée avec un retour du bois et des fruits jaunes.
Cette sucrosité vanillée perçue au nez (et vraisemblablement en bouche vu ma conclusion) est également de la partie.
 
Moins frais mais beaucoup plus doux que le précédent.
 

Belgian Owl – By Jove :

La bouteille « Marque Jaune » ^^
Le whisky s'y trouvant est âgé de quatre ans et titre à 46° ; à noter que les 4 éditions présentent toute le même whisky mais une étiquette différente.
Belgian Owl – By Jove
Certains étiquettes font plus "BD" ; celle-ci étant tout en sobriété.
Le verre continue de se garnir d'un liquide de couleur paille.
 
Le nez repart sur des notes de pommes mais c'est plus sec. La vanille est également de la partie mais ne prend pas le dessus comme sur le précédent.
Il semble un rien plus alcooleux.
Le côté plus fruité finira par nous revenir sur la fin.
 
En bouche, l'amertume se sent plus mais le côté sucré-épicé va vite revenir à la charge.
Le côté fruité se fait plus faible et on va récupérer quelques notes de céréales.
C'est d'un aspect « croquant » (oui, ça fait bizarre pour du liquide, je sais).
 
La finale est assez surprenante sur de légères notes de réglisse. Un côté boisé va également faire son apparition.
Les notes fruitées passent quant à elles complètement au second plan.
C'est assez long et quelques touches toastées vont venir conclure la dégustation.
Autant le nez et la bouche ne m'ont pas convaincu, autant la finale me plaît beaucoup !
 
S'il fallait les classer, je dirais :
1. Identité
2. Passion
3. By Jove
 
Terminons enfin par la bête de la gamme :
 

Belgian Owl – Intense :

Intense parce que brut de fût. Et quand je dis brut de fût, c'est 72,6° pour celui-ci !
Rien que ça !
Cette version à 72,6° serait âgée de 40 mois et il s'agirait du fût 5558589.
Belgian Owl – Intense
Un monstre, tout simplement.
Pour ne pas changer une équipe qui gagne, on va rester sur un whisky de couleur paille.
 
Le nez est tout d'abord très fermé pour un produit titrant à 72,6° avant que les notes plus « alcooleuses » ne commencent à arriver (je traduis pour ceux qui ne suivent pas : non, malgré le voltage, tu ne prends pas directement une claque en pleine face!) et le produit se fait alors chaud et gourmand.
Des épices vont se développer doucement mais surement, le tout restant relativement fin.
Le côté fruité qui nous aura accompagné sur chacun des produit de la gamme va également entrer dans la danse ainsi que quelques notes plus boisées et plus florales.
Un petit côté « poussiéreux »/ancien est également de la partie.
C'est hyper intéressant (et un peu piquant).
Vraiment.
 
En bouche, juste WOW quoi !! Ca s'évapore directement mais ça reste croquant sur des notes très fruitées et légèrement épicées (avec un retour du poivre entre autres).
Terrible.
Mais à ne pas garder trop longtemps en bouche histoire de ne pas se griller les papilles.
Il me reste un sample, il faudra que je teste en y ajoutant une goutte d'eau. Ça lui réussit bien il parait ^^
 
La rétro-olfaction est un véritable mélange de saveurs : céréales, sucrosité maitrisée, épices fines et fruits.
Top.
 
La finale est fatalement chaude, extrêmement longue et on ne peut plus douce malgré le voltage.
De fines épices sont présentes tout comme quelques notes boisées qui vont conclure cette dégustation.
 
Une tuerie !
 
Un bémol (histoire de) ? Son prix peut-être. Mais à part ça, c’est terrible comme truc.
 
Ah ben j'ai bien fait de retourner goûter dites donc sinon je serais rester avec mes stupides a priori et j'aurais raté une eau-de-vie géniale, un whisky frais et très agréable (36 mois) et un véritable monstre, un des coups de coeur du Whisky Live (l'Intense).
 
Ceci conclut ce premier véritable retour sur le Whisky Live (la suite arrive, promis. Quand par contre ...)
 
 
Rhum n' Whisky

jeudi 22 mars 2018

Savanna côté Créol (1/4)

Les quinzaines du BRC, c’est quand même vachement bien : ça me permet d’ouvrir tout un tas de samples qui « pourrissent » à la cave et de ressortir des notes non encore rédigées pour l’occasion.
Je l’ai déjà dit, mais je suis fan !
 
Cette fois, le sort (ou les admins enfin) a décidé que nous poserions nos bagages du côté de La Réunion et plus particulièrement à la distillerie Savanna
Savanna Logo
Savanna donc, kézako ?
Historiquement, on remonterait aux années 1870 dans la région de Saint-Paul avec un lieu alors dénommé « La Grande Maison de Savanna » ou « Maison Blanche » (m’est avis que la couleur de l’habitation n’y est pas pour rien ^^).
Emile Hugot, le régional de l’étape - si l’on peut le qualifier ainsi - en deviendra administrateur en 1934 et va développer la distillerie durant un certain nombre d’années.
En 1982, Savanna fait l’acquisition d’un « atelier de distillation » qui permettra une grande diversification des produits.
Enfin, en 1992 la distillerie « déménage » à Bois-Rouge (Saint-André) afin de répondre à une demande énergétique importante. Cela entrainera également la modernisation de ses équipements.
 
Sinon, niveau rhum ?
Et bien, c’est assez vaste :
- on a de l’agricole (la gamme Créol dont on va plus amplement parler ci-après) ;
- on a du rhum de mélasse (la gamme Intense, ça c’est pour la prochaine fois) ;
- on a du rhum grand arôme (la gamme Lontan qui subit une lente fermentation « à l’ancienne », type de rhums dont la majorité des représentants est utilisée en cuisine. Ça aussi on en parlera plus tard).
C’est déjà pas mal vu comme ça.
Mais on ne s’arrête pas en si bon chemin : Savanna fait aussi des expériences bizarres autant qu’étranges (HERR m’entends-tu ?) et offre à certaines distilleries de faire vieillir leurs produits en fût ayant contenu leur rhum (Calvados … calvados …). On terminera notre petit (pas tant que ça finalement) tour d’horizon par ça.
 
Du coup, on est parti pour découvrir la gamme Créol !
 

Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 5 ans :

Niveau info, la contre-étiquette est bien fournie (bon la mienne étant un peu réduite vu la taille du sample, tout n’est pas visible mais c’est déjà pas mal du tout) : Millésime 2005, mis en fût en 2007 et embouteillé en 2012 – vieillissement réalisé en fût de cognac – 46°
Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 5 ans
Comme mes samples sont chouettes, je les mets en photo. Voilà ^^
La robe présente une belle couleur or à reflets dorés.
 
J’ai trouvé le nez assez particulier. Il est d’emblée pas mal aromatique et d’une belle intensité. C’est surprenant.
Ce n’est pas trop boisé mais l’influence est toutefois bien présente (ça a l’air un peu contradictoire mais je me comprends), c’est relativement épicé (sur les épices méditerranéennes et les aromates).
Un côté floral et un rien beurré (histoire d’être plus précis que si je disais juste « pâtissier ») est également de la partie.
Enfin, on a l’impression d’y percevoir quelques notes mentholées.
 
En bouche, c’est tout de suite beaucoup plus épicé (et toujours dans ce style très méditerranéen). Ça reste sur ce boisé particulier et j’ai eu l’impression qu’il était légèrement alcooleux.
On y trouve également un mix assez rafraichissant de réglisse et de notes citronnées.
Ça envoie pas mal.
 
Niveau rétro-olfaction, c’est plus rond, plus fruité (limite sur les fruits jaunes et rouges) mais toujours bien épicé (sur le piment) avec une légère amertume boisée.
 
La finale restera sur ce côté chaud et épicé, englobé de cette agréable rondeur fruitée (agrumes anisés toujours) perçue en bouche ainsi que sur certaines notes plus rafraichissantes.
 
Du début à la fin, il aura toutefois dégagé une certaine intensité que l’on ne retrouve pas (du moins, c’est mon avis) sur d’autres agricoles plus « typiques ».
À noter qu’il lui faut du temps pour s’ouvrir mais plus le temps passe et plus c’est agréable à déguster (et je reconnais avoir arrêté de prendre des notes après un certain moment).
 
Une chouette découverte. Pas nécessairement ce que je préfère mais très intéressant.
 

Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 6 ans :

Ici aussi l’étiquette regorge d’infos utiles et intéressantes : millésime 2001, mis en fût en octobre 2003 et embouteillé en 2010 à 46°.
Le vieillissement a été effectué en fût de cognac avant de subir un affinage de six mois en fût de calvados.
 
La question est : sera-ce plus sympa que le JM cask finish qui avait le cul entre deux chaises ?
Réponse tout de suite !
Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 6 ans
Rien qu'au visuel, celui-ci donne plus envie.
La couleur est plus sympa ici : on part sur un joli orangé à reflets ambrés. Agréable à l’œil.
 
Au nez, le côté « intense et particulier » du 5 ans est toujours là mais en beaucoup plus discret. J’en viendrais même à dire « profondément écrasé par le finish ». Il y a une influence calva, ça c’est sûr.
Sinon, histoire d’être un peu plus précis, j’y ai trouvé de belles notes pâtissières, le côté beurré étant cette fois exacerbé.
J’ai également été agréablement surpris par le boisé, plus sympa que celui du 5 ans.
Enfin, des notes plus florales – qui apparaitront vraiment en fin de dégustation – se font déjà ressentir.
 
En bouche, c’est rond, c’est doux, c’est à fond sur la tarte Tatin en fait (et la cannelle).
Une petite touche boisé et quelques épices tout en subtilité viennent compléter le tableau.
Didju que c’est bon !
Avec un peu de repos, on y décèlera de fines notes rafraichissantes de réglisse ainsi que quelques touches de fruits secs.
 
Niveau rétro-olfaction, on part sur un boisé bien caramélisé. La touche calva est clairement de la partie ici aussi : c’est hyper rond, très porté sur les fruits (oui, les pommes) avec un léger peps épicé.
 
La finale se découvre un côté floral sur des notes de rose (… je sais …) assez surprenant mais très chouette tout en conservant ce côté gourmand qui nous aura accompagné tout du long (au début, ça m’a semblé limite écœurant mais cette impression a vite disparu, la finale se faisant plus équilibrée par la suite) et m’a beaucoup séduit.
Un très joli boisé revient tout à la fin de la dégustation.
 
Le verre vide se fera beaucoup plus vanillé pour terminer dans ce registre pâtissier agrémenté de quelques notes boisées.
 
Deux conclusions :
- c’est vachement mieux que le JM ;
- c’est vachement bon tout simplement.
 
Question : n’est-ce pas trop calva ? Euh, … peut-être bien mais je m’en fiche parce que j’ai kiffé (ce qui n’était pas plus le cas que ça sur le JM par exemple).
 

Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 7 ans :

On continue avec une foultitude d’infos : millésime 2002, mis en fût en octobre 2004 et embouteillé en mars 2012 à 46° pour un vieillissement intégral en fût de cognac.
Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 7 ans
Aujourd'hui, c'est atelier "J'apprends à compter avec Savanna" ^^
La robe est d’un bel or intense à reflets orangés.
 
Le nez revient sur cette intensité perçue dans le 5 ans mais en plus alcooleux (et du coup, moins agréable). C’est également pas mal boisé avec une grosse touche de cire.
Les épices exotiques (à tendance méditerranéenne, encore) relevées sur le 5 ans sont toujours là ainsi qu’un aspect floral et plus herbacé.
De petites notes d’agrumes sont aussi  de la partie.
Enfin, le côté pâtissier a – quant à lui – quasi disparu (même s’il revient longtemps après et de manière très légère).
 
En bouche, c’est boisé et très épicé (piment et autres épices intenses).
On y trouve également quelques notes plus fruitées tout comme un petit côté sucré mais ça reste léger.
 
Niveau rétro-olfaction, c’est toujours boisé (typé encaustique) et épicé (anisé) mais avec une forte présence des agrumes (principalement des notes citronnées).
 
La finale, qui sera moins longue que le finish Calva (mais ce n’est pas étonnant), reste sur ce boisé spécial et assez cireux avec quelques retours sur les agrumes ainsi que de fines touches épicées.
Si on cherche vraiment, on retrouve un tout petit côté floral (mais faut vraiment chercher).
 
Celui-ci m’a beaucoup moins plu, je n’ai pas vraiment accroché et ne suis pas resté des heures dessus. J’ai trouvé qu’il ne se passait pas grand-chose (après c’est un peu dur de passer après le finish calva aussi, même si la dégustation a été faite le jour suivant).
 

Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 8 ans :

Chez Savanna, infos un jour, infos toujours ^^ : millésime 2002, mis en fût en novembre 2002 et embouteillé en avril 2011 à 46°. Le vieillissement a d’abord été effectué en fût de cognac avant de terminer par une finition de 24 mois (histoire de ne pas dire deux ans) en fût de porto).
Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 8 ans
Alors si ici, la couleur ne vous donne pas envie de goûter, je ne comprends pas ! :-D
C’est beau, tout simplement. La robe est d’un superbe acajou à reflets cuivrés.
Miam.
 
Au nez, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus gourmand que le précédent (sans toutefois atteindre la gourmandise du finish calva). Preuve en est, mon épouse qui généralement me gratifie d’un « pouah » quand elle sent mon verre a trouvé que celui-ci sentait bon.
On repart ainsi vers des notes plus pâtissières avec un joli beurré et des touches de caramel.
J’imaginais des fruits rouges et noirs ainsi que des fruits secs à profusion mais finalement, presque pas. Un léger boisé toasté vient amener un peu plus de peps à la chose.
 
En bouche, c’est plus boisé (ce que je qualifierais de « boisé Savanna » c’est-à-dire un peu cireux) mais c’est surtout très gourmand.
Niveau texture, c’est un peu huileux.
Quelques épices (typées poivre) amènent du peps à l’ensemble alors que les agrumes (sur l’orange cette fois) s’en donnent à cœur joie.
On trouve un peu de fruits secs (ou alors c’est purement psychologique) et c’est relativement doux (dans le sens « sucré »).
 
Niveau rétro-olfaction, c’est boisé et légèrement épicé.
Une fine pointe de fumée amène de la complexité au côté fruité sucré (sur l’orange toujours) qui est également rafraichi par quelques notes citronnées/anisées.
 
La finale est chaude, toujours sur ce boisé toasté perçu au nez, ces notes d’oranges caramélisées (attention, ne vous méprenez pas, on est très, très loin d’un Don Papa) gourmandes avant de repartir vers une amertume plus orientée tabac.
Un léger shoot mentholé amène un peu de fraicheur.
Le côté porto, plus porté sur les fruits secs, revient par la suite et c’est très agréable.
 
Très sympa !
 
Décidément, ils sont tops leurs finish !
 
S’il fallait faire un classement (parce que non, je ne donne pas de cote ; je sais pas comment font les gens pour différencier un rhum noté 82 ou 83 par exemple. J’ai un profond respect pour eux, vraiment. Moi je ne saurais pas ^^) :
1. 6 ans finish calvados
2. 8 ans finish porto (parce qu’il se passe un peu moins de chose dans celui-ci)
3. 5 ans
4. 7 ans (parce que je n’ai pas kiffé)
 
 
Rhum n’Whisky