jeudi 22 mars 2018

Savanna côté Créol (1/4)

Les quinzaines du BRC, c’est quand même vachement bien : ça me permet d’ouvrir tout un tas de samples qui « pourrissent » à la cave et de ressortir des notes non encore rédigées pour l’occasion.
Je l’ai déjà dit, mais je suis fan !
 
Cette fois, le sort (ou les admins enfin) a décidé que nous poserions nos bagages du côté de La Réunion et plus particulièrement à la distillerie Savanna
Savanna Logo
Savanna donc, kézako ?
Historiquement, on remonterait aux années 1870 dans la région de Saint-Paul avec un lieu alors dénommé « La Grande Maison de Savanna » ou « Maison Blanche » (m’est avis que la couleur de l’habitation n’y est pas pour rien ^^).
Emile Hugot, le régional de l’étape - si l’on peut le qualifier ainsi - en deviendra administrateur en 1934 et va développer la distillerie durant un certain nombre d’années.
En 1982, Savanna fait l’acquisition d’un « atelier de distillation » qui permettra une grande diversification des produits.
Enfin, en 1992 la distillerie « déménage » à Bois-Rouge (Saint-André) afin de répondre à une demande énergétique importante. Cela entrainera également la modernisation de ses équipements.
 
Sinon, niveau rhum ?
Et bien, c’est assez vaste :
- on a de l’agricole (la gamme Créol dont on va plus amplement parler ci-après) ;
- on a du rhum de mélasse (la gamme Intense, ça c’est pour la prochaine fois) ;
- on a du rhum grand arôme (la gamme Lontan qui subit une lente fermentation « à l’ancienne », type de rhums dont la majorité des représentants est utilisée en cuisine. Ça aussi on en parlera plus tard).
C’est déjà pas mal vu comme ça.
Mais on ne s’arrête pas en si bon chemin : Savanna fait aussi des expériences bizarres autant qu’étranges (HERR m’entends-tu ?) et offre à certaines distilleries de faire vieillir leurs produits en fût ayant contenu leur rhum (Calvados … calvados …). On terminera notre petit (pas tant que ça finalement) tour d’horizon par ça.
 
Du coup, on est parti pour découvrir la gamme Créol !
 

Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 5 ans :

Niveau info, la contre-étiquette est bien fournie (bon la mienne étant un peu réduite vu la taille du sample, tout n’est pas visible mais c’est déjà pas mal du tout) : Millésime 2005, mis en fût en 2007 et embouteillé en 2012 – vieillissement réalisé en fût de cognac – 46°
Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 5 ans
Comme mes samples sont chouettes, je les mets en photo. Voilà ^^
La robe présente une belle couleur or à reflets dorés.
 
J’ai trouvé le nez assez particulier. Il est d’emblée pas mal aromatique et d’une belle intensité. C’est surprenant.
Ce n’est pas trop boisé mais l’influence est toutefois bien présente (ça a l’air un peu contradictoire mais je me comprends), c’est relativement épicé (sur les épices méditerranéennes et les aromates).
Un côté floral et un rien beurré (histoire d’être plus précis que si je disais juste « pâtissier ») est également de la partie.
Enfin, on a l’impression d’y percevoir quelques notes mentholées.
 
En bouche, c’est tout de suite beaucoup plus épicé (et toujours dans ce style très méditerranéen). Ça reste sur ce boisé particulier et j’ai eu l’impression qu’il était légèrement alcooleux.
On y trouve également un mix assez rafraichissant de réglisse et de notes citronnées.
Ça envoie pas mal.
 
Niveau rétro-olfaction, c’est plus rond, plus fruité (limite sur les fruits jaunes et rouges) mais toujours bien épicé (sur le piment) avec une légère amertume boisée.
 
La finale restera sur ce côté chaud et épicé, englobé de cette agréable rondeur fruitée (agrumes anisés toujours) perçue en bouche ainsi que sur certaines notes plus rafraichissantes.
 
Du début à la fin, il aura toutefois dégagé une certaine intensité que l’on ne retrouve pas (du moins, c’est mon avis) sur d’autres agricoles plus « typiques ».
À noter qu’il lui faut du temps pour s’ouvrir mais plus le temps passe et plus c’est agréable à déguster (et je reconnais avoir arrêté de prendre des notes après un certain moment).
 
Une chouette découverte. Pas nécessairement ce que je préfère mais très intéressant.
 

Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 6 ans :

Ici aussi l’étiquette regorge d’infos utiles et intéressantes : millésime 2001, mis en fût en octobre 2003 et embouteillé en 2010 à 46°.
Le vieillissement a été effectué en fût de cognac avant de subir un affinage de six mois en fût de calvados.
 
La question est : sera-ce plus sympa que le JM cask finish qui avait le cul entre deux chaises ?
Réponse tout de suite !
Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 6 ans
Rien qu'au visuel, celui-ci donne plus envie.
La couleur est plus sympa ici : on part sur un joli orangé à reflets ambrés. Agréable à l’œil.
 
Au nez, le côté « intense et particulier » du 5 ans est toujours là mais en beaucoup plus discret. J’en viendrais même à dire « profondément écrasé par le finish ». Il y a une influence calva, ça c’est sûr.
Sinon, histoire d’être un peu plus précis, j’y ai trouvé de belles notes pâtissières, le côté beurré étant cette fois exacerbé.
J’ai également été agréablement surpris par le boisé, plus sympa que celui du 5 ans.
Enfin, des notes plus florales – qui apparaitront vraiment en fin de dégustation – se font déjà ressentir.
 
En bouche, c’est rond, c’est doux, c’est à fond sur la tarte Tatin en fait (et la cannelle).
Une petite touche boisé et quelques épices tout en subtilité viennent compléter le tableau.
Didju que c’est bon !
Avec un peu de repos, on y décèlera de fines notes rafraichissantes de réglisse ainsi que quelques touches de fruits secs.
 
Niveau rétro-olfaction, on part sur un boisé bien caramélisé. La touche calva est clairement de la partie ici aussi : c’est hyper rond, très porté sur les fruits (oui, les pommes) avec un léger peps épicé.
 
La finale se découvre un côté floral sur des notes de rose (… je sais …) assez surprenant mais très chouette tout en conservant ce côté gourmand qui nous aura accompagné tout du long (au début, ça m’a semblé limite écœurant mais cette impression a vite disparu, la finale se faisant plus équilibrée par la suite) et m’a beaucoup séduit.
Un très joli boisé revient tout à la fin de la dégustation.
 
Le verre vide se fera beaucoup plus vanillé pour terminer dans ce registre pâtissier agrémenté de quelques notes boisées.
 
Deux conclusions :
- c’est vachement mieux que le JM ;
- c’est vachement bon tout simplement.
 
Question : n’est-ce pas trop calva ? Euh, … peut-être bien mais je m’en fiche parce que j’ai kiffé (ce qui n’était pas plus le cas que ça sur le JM par exemple).
 

Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 7 ans :

On continue avec une foultitude d’infos : millésime 2002, mis en fût en octobre 2004 et embouteillé en mars 2012 à 46° pour un vieillissement intégral en fût de cognac.
Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 7 ans
Aujourd'hui, c'est atelier "J'apprends à compter avec Savanna" ^^
La robe est d’un bel or intense à reflets orangés.
 
Le nez revient sur cette intensité perçue dans le 5 ans mais en plus alcooleux (et du coup, moins agréable). C’est également pas mal boisé avec une grosse touche de cire.
Les épices exotiques (à tendance méditerranéenne, encore) relevées sur le 5 ans sont toujours là ainsi qu’un aspect floral et plus herbacé.
De petites notes d’agrumes sont aussi  de la partie.
Enfin, le côté pâtissier a – quant à lui – quasi disparu (même s’il revient longtemps après et de manière très légère).
 
En bouche, c’est boisé et très épicé (piment et autres épices intenses).
On y trouve également quelques notes plus fruitées tout comme un petit côté sucré mais ça reste léger.
 
Niveau rétro-olfaction, c’est toujours boisé (typé encaustique) et épicé (anisé) mais avec une forte présence des agrumes (principalement des notes citronnées).
 
La finale, qui sera moins longue que le finish Calva (mais ce n’est pas étonnant), reste sur ce boisé spécial et assez cireux avec quelques retours sur les agrumes ainsi que de fines touches épicées.
Si on cherche vraiment, on retrouve un tout petit côté floral (mais faut vraiment chercher).
 
Celui-ci m’a beaucoup moins plu, je n’ai pas vraiment accroché et ne suis pas resté des heures dessus. J’ai trouvé qu’il ne se passait pas grand-chose (après c’est un peu dur de passer après le finish calva aussi, même si la dégustation a été faite le jour suivant).
 

Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 8 ans :

Chez Savanna, infos un jour, infos toujours ^^ : millésime 2002, mis en fût en novembre 2002 et embouteillé en avril 2011 à 46°. Le vieillissement a d’abord été effectué en fût de cognac avant de terminer par une finition de 24 mois (histoire de ne pas dire deux ans) en fût de porto).
Savanna Créol – Rhum Agricole Vieux – 8 ans
Alors si ici, la couleur ne vous donne pas envie de goûter, je ne comprends pas ! :-D
C’est beau, tout simplement. La robe est d’un superbe acajou à reflets cuivrés.
Miam.
 
Au nez, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus gourmand que le précédent (sans toutefois atteindre la gourmandise du finish calva). Preuve en est, mon épouse qui généralement me gratifie d’un « pouah » quand elle sent mon verre a trouvé que celui-ci sentait bon.
On repart ainsi vers des notes plus pâtissières avec un joli beurré et des touches de caramel.
J’imaginais des fruits rouges et noirs ainsi que des fruits secs à profusion mais finalement, presque pas. Un léger boisé toasté vient amener un peu plus de peps à la chose.
 
En bouche, c’est plus boisé (ce que je qualifierais de « boisé Savanna » c’est-à-dire un peu cireux) mais c’est surtout très gourmand.
Niveau texture, c’est un peu huileux.
Quelques épices (typées poivre) amènent du peps à l’ensemble alors que les agrumes (sur l’orange cette fois) s’en donnent à cœur joie.
On trouve un peu de fruits secs (ou alors c’est purement psychologique) et c’est relativement doux (dans le sens « sucré »).
 
Niveau rétro-olfaction, c’est boisé et légèrement épicé.
Une fine pointe de fumée amène de la complexité au côté fruité sucré (sur l’orange toujours) qui est également rafraichi par quelques notes citronnées/anisées.
 
La finale est chaude, toujours sur ce boisé toasté perçu au nez, ces notes d’oranges caramélisées (attention, ne vous méprenez pas, on est très, très loin d’un Don Papa) gourmandes avant de repartir vers une amertume plus orientée tabac.
Un léger shoot mentholé amène un peu de fraicheur.
Le côté porto, plus porté sur les fruits secs, revient par la suite et c’est très agréable.
 
Très sympa !
 
Décidément, ils sont tops leurs finish !
 
S’il fallait faire un classement (parce que non, je ne donne pas de cote ; je sais pas comment font les gens pour différencier un rhum noté 82 ou 83 par exemple. J’ai un profond respect pour eux, vraiment. Moi je ne saurais pas ^^) :
1. 6 ans finish calvados
2. 8 ans finish porto (parce qu’il se passe un peu moins de chose dans celui-ci)
3. 5 ans
4. 7 ans (parce que je n’ai pas kiffé)
 
 
Rhum n’Whisky

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