jeudi 29 mars 2018

Savanna côté “surprenant” (4/4)

Savanna - logo
Ayant fait un peu le tour des gammes que l’on qualifiera de plus “normales” (c’est-à-dire agricole, mélasse et grand arôme), passons aux trucs bizarres autant qu’étranges annoncés dans le premier article !
 
Et on va commencer de suite avec une expérience sensorielle hors du commun !
 

Savanna HERR – 10 ans :

Alors HERR, c'est pour « High Ester Rum Reunion ». Ca annonce la couleur.
Il s'agit d'un millésime 2006 mis en fût de cognac – sauf erreur – en mars 2006 et embouteillé en mai 2016 à 63,8° (quand même) spécialement pour les 60 ans de La Maison Du Whisky.
Savanna HERR – 10 ans
Vu comme ça, on ne se doute pas de ce qui va nous arriver ...
De prime abord, c'est vachement engageant : cuivre profond à reflets ambrés.
 
Au nez, la première chose qui vient à l'esprit c'est – tout simplement « woh putain ! » (désolé mais c'est vraiment ça …) ; je m'explique : est-ce que, sérieusement, vous vous attendez à un truc qui sent la fraise Tagada mentholée ? Ben moi pas.
Je savais que c'était bizarre mais à ce point … J'imaginais un truc bien trash style Hampden bien puant et bien alcooleux mais pas ça, non, du tout.
Notez bien, les 63,8° sont vachement bien intégrés.
Et si on prend le temps d'apprivoiser la bête, les fruits exotiques arrivent, ananas frais en tête. Ca en devient plus sympa, plus fruité.
On reste toutefois sur un registre particulier avec des notes acidulées, limité aigres.
Enfin, on relèvera des notes fumées qui se planquent là, derrière, en embuscade !
C'est archi puissant comme truc (aromatiquement parlant j'entends).
 
Alors qu'on pensait doucement cerner l'affaire, voilà qu'on a la bonne idée (ou pas diront certains) de porter le verre à la bouche et là, deuxième choc brutal !
C'est fumé (mais vraiment bien fumé, limite camphré à certains moments) mais également très bizarre sur un côté « plastique brûlé étrange » (ouais, je sais, ça ne donne pas envie).
Les notes de Tagada sont toujours là, la menthe aussi.
Les épices arrivent doucement et subtilement (en même temps, je crois que tous paraît subtil derrière ce choc d'arômes stupéfiants) ainsi que des notes plus douces et herbacées.
Ce truc est impressionnant. Vraiment.
 
Niveau rétro-olfaction, les notes fumées perçues en bouche sont toujours là mais elles sont englobées par un ananas « tagadifié » ! oO'
Les épices (piment, poivre) et les aromates arrivent ensuite.
La fraicheur mentholée laisse ici place à une incroyable intensité fumée.
 
La finale va démarrer sur ce côté fumé mais de manière plus subtile ainsi que sur des notes plus fruitées (le retour de l'ananas) ; on trouvera encore ce côté bonbon chimique (Tagada quand tu nous tiens ^^) et mentholé.
C'en est presque rafraichissant.
Ah oui, c'est super long (ça semblait logique aussi).
 
Le verre vide sera quant à lui acidulé et épicé.
 
Si on récapitule, le nez s'apprivoise doucement, la finale est un peu écœurante sur cette intensité et ce bonbon chimique mais la bouche, honnêtement, je n'y arrive pas.
Mais ça ne change rien au fait que ce truc soit un choc profond. Vraiment.
Je suis content de l'avoir enfin goûté mais je n'en achèterai pas une bouteille.
Par contre, celui fini en fût de Herr devrait sûrement plus me plaire ;-)
 
Verdict : Hors concours, clairement.
 

Calvados Christian Drouin - 12 ans - The Nectar  “10th Anniversary” :

Un calva ? Ben oui, mais pas n’importe lequel, un calva ayant subi un affinage en fût de rhum de chez Savanna.

Dégusté lors du dernier Spirits In The Sky, celui-ci m’avait fait forte impression (après je n’y connais rien en calvados mais bon, quand c’est bon, je le dis ^^).
Toujours selon mes notes, le vieillissement a été effectué « normalement » durant 6 ans avant un passage de 6 mois en fût de rhum pour repasser 6 ans en fût de calvados.
Spirits in the Sky - logo
 
Pas de photo de mon verre ou de photo live de la bouteille ici. Il va falloir vous contenter du visuel officiel honteusement récupéré sur le site de LMDW.
Calvados Christian Drouin - 12 ans - The Nectar  “10th Anniversary”
Tout de suite, ça fait moins "je m'implique à fond dans ce que je fais en vous montrant les photos de mes samples"...
La robe est d’un beau doré intense.
 
Le nez est très, très rond et, comparé à ce que je venais de déguster avant (le VSOP fort porté sur la pomme ; j’y reviendrai prochainement pour ceux que ça intéresse), pas vraiment porté sur le calvados.
On est en plein sur le fruit (à première vue pas la pomme vu que j’ai noté « pas calva ») avec une superbe intégration de l’alcool.
On y trouve de légères notes caramélisées.
Les pommes refont enfin leur apparition par la suite.
 
En bouche, c’est puissant, c’est huileux niveau texture et on y retrouve un côté fruité intense (ou « fort intense », mes notes n’étant pas hyper lisibles …) et j’ai eu l’impression de bien sentir le finish (comprendre – vu que je ne connaissais pas encore Savanna à l’époque – que ça ne goûte pas vraiment le calvados quoi).
C’est vraiment hyper agréable.
Top en fait.
 
Niveau rétro-olfaction, c’est plus épicé et un peu herbacé (voir végétal).
 
La finale, longue, revient sur cette douceur perçue au nez et va rester sur cet aspect pâtissier.
 
Va falloir que j’essaie de choper une bouteille si c’est encore possible tiens …
 
Ceci conclut notre « petite » incursion dans le monde des rhums (mais pas que) Savanna !
 
 
Rhum n’Whisky

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