vendredi 25 mai 2018

Présélection du line-up de la Master-Class Kill Devil du BWSF - phase 3 : Caroni

Kill Devil - logo
Suite et fin de la présélection des produits à présenter.
Après Uitvlugt et Enmore, place à Caroni.
Et pas des Caroni réduits s’il vous plait, ici on va uniquement causer de trucs ne descendant pas en-dessous des 63% !
Caroni Kill Devil - line-up
Petite photo de famille
Pour info, je devais en choisir deux.
 
C’est parti !
 

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 17 ans (février 1998 – novembre 2016) – 63,1 % :

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 17 ans (février 1998 – novembre 2016) – 63,1 %Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 17 ans (février 1998 – novembre 2016) – 63,1 %
Petit jeu : retournez voir les photos des bouteilles des précédents articles et cherchez l'erreur ^^
 
La robe est d’un bel orange cuivré et il présente un léger disque verdâtre sur le dessus.
 
Au nez, les 63,1° sont loin d’être agressifs.
Alors, oui, il y a des marqueurs Caroni mais c’est aussi mentholé (et, du coup, ça apporte une belle fraîcheur au produit) et végétal, limite herbacé (WTF ?!!). Les fruits frais se développeront également par la suite et ça « fruitera » de plus en plus au fur et à mesure de l’avancée de la dégustation.
Niveau marqueurs Caroni, on n’est pas sur un gros goudron bien gras, sur un bitume crapuleux et des notes d’hydrocarbures en veux-tu en voilà mais plutôt sur des notes plus subtiles de type poudre à canon, silex étincelant (oui, ça pourrait être un nom de peau rouge et, sur le moment, j’ai trouvé ça poétique) et souffre poussiéreux. Ça change. C’est particulier mais loin d’être désagréable. Et c’est relativement facile d’accès.
Tellement facile d’accès que derrière ce petit côté « poussiéreux », on trouverait quelques notes plus sucrées dites donc.
Des notes boisées torréfiées et/ou super toastées vont également entrer dans la danse. On repérera enfin quelques épices.
Et ben, pour un Caroni à 63,1°, c’est d’une douceur et d’une subtilité juste wow quoi !
 
En bouche, l’intégration de l’alcool est toujours au top et ça reste facile d’accès.
On retrouve les notes mentholées perçues au nez ainsi que ce côté fruité (plus sur les fruits à chair blanche ou jaune, difficile à dire) agréable.
Quelques touches de réglisse ainsi que des épices plus intenses (poivre, piment) vont se mêler aux notes boisées.
On conserve toujours ces notes « fumées » particulières même si on a plus tendance à aller vers des notes d’hydrocarbures plus « habituelles » mais c’est bien fait, relativement fin et entouré d’une certaine sucrosité très agréable.
 
La rétro-olfaction laisse place au côté chaud (les watts se sentent plus cette fois) et fumé (sur la poudre à canon) du produit mais également à un aspect fruité caramélisé assez surprenant mais très agréable. Les fruits sont cette fois plus typés agrumes.
Le menthol est toujours là.
Ça nous offre un produit à la fois lourd et frais. Un paradoxe à lui tout seul ^^
 
Pour la finale, je vous rappelle qu’on parle de Caroni hein donc c’est long mais très léger : on est vraiment loin d’un Caroni gavé au bitume.
C’est vraiment très agréable, et cet aspect poudre à canon englobée de fruits, de notes sucrées, d’épices et de touches végétales (menthol encore et toujours notamment) n’y est pas pour rien.
Les notes « fumées » finiront logiquement par s’imposer.
 
N’en déplaise à Florent Beuchet, tiendrions-nous là le véritable rhum « Boulet de Canon » ?
En tout cas, on fait face ici à un superbe produit où l’intégration de l’alcool aura été parfaite du début à la fin et où la subtilité et la finesse l’auront emporté sur le côté hyper lourd des notes d’hydrocarbures.
Un superbe Caroni qui pourrait faire tomber plus d’un réfractaire dans ce merveilleux recoin de Trinidad.
Le seul problème ? Son prix …

 

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – juin 2017) – 63,2 % :

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – juin 2017) – 63,2 %Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – juin 2017) – 63,2 %
Oui, l'étiquette change parfois !! Mais seulement niveau couleur (une histoire de voltage tout ça) ...
 
Au visuel, on est sensiblement dans la même gamme de couleur que le précédent. A la limite, il fonce peut-être un peu plus.
 
Au nez, c’est toujours hyper bien foutu niveau voltage.
Et après un Caroni déstabilisant mais hyper agréable, je m’attendais à retomber en terrain plus connu si je puis dire (bitume, goudron, hydrocarbures, …) et en fait non !
Celui-ci est bien plus exotique : on fait face à un bon gros fruité exotique bien gourmand garni de notes de gasoil qui vont aller crescendo mais tout en restant relativement maitrisées et donc assez soft (on n’est pas sur un gros Caroni qui pue le bitume à 20 mètres quoi) avant de laisser place à quelques notes cendrées qui vont doucement mais surement apparaitre.
On retrouvera également un côté légèrement torréfié, quelques notes boisées (typées bois de santal) et un petit kick mentholé qui amènera de la fraîcheur à l’ensemble.
On repart ensuite dans l’exotisme complet avec du fruit à profusion qui va se faire caramélisé, voire flambé.
Miam quoi.
Il est loin, loin, loin, le bitume.
Et ben dis donc, qu’est-ce que ça sent bon ça !
Finalement, des notes tendant plus vers la saumure (et les olives ?) vont apparaitre pour nous offrir un côté plus acidulé.
 
En bouche, comment dire, … Ah oui : c’est juste wowowow ici aussi !
Clairement, on a plus l’impression de partir en Jamaïque qu’à Trinidad. Et qu’est-ce que c’est bon !
C’est bourré d’exotisme, on est en plein sur l’ananas archi mûr qui règne en maître et qui entoure des notes de goudrons, de fumé et de bitume (ces arômes sont toutefois plus puissants qu’au nez) pour offrir un peu de place à des touches plus salines.
On va également conserver les notes mentholées perçues au nez et on va gagner un aspect plus végétal (sur l’amertume) et assez épicé.
 
La rétro-olfaction est chaude (bah 63,2° quoi), épicée (notes salines sur la saumure mais également du poivre) et laisse surtout une place de choix aux fruits exotiques bitumés.
 
Comme pour le précédent, la finale est looooongue, fruitée (on reste en plein dans l’exotisme) mais surtout beaucoup plus saline (sur ce petit côté saumure aussi. Oui, y en a qui rapproche ça aux notes d’olives).
Sur la fin, les notes plus typées Caroni reprendront le dessus pour nous emmener sur un bitume léger et agréable monstrueusement long. Y a bon goudron quoi ^^
 
Dieu que c’est bon ! Mais celui qui commence par ça risque bien d’être choqué par les Caroni au style bien plus goudronné.
Ça en fait – à nouveau – un Caroni assez facile d’accès (exception faite du prix hein …) et vraiment agréable.
Tellement différent du 17 ans mais tellement bien aussi !
 

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – février 2017) – 65,5 % :

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – février 2017) – 65,5 %Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – février 2017) – 65,5 %
Caroni, la seule distillerie fermée dont les fûts arrivent à se reproduire par mitose ...
 
On ne change pas une équipe qui gagne et on conserve donc un coloris sensiblement pareil.
 
En ce qui concerne l’intégration de l’alcool ça reste – au nez – un miracle d’intégration.
Il est moins funky que le précédent (c’est pas hyper compliqué non plus vous me direz) et nous offre bien plus d’épices (c’est légèrement pimenté mais également sur la cannelle et d’autres épices douces).
On notera également la présence de quelques notes fleuries inattendues.
Malgré tout, l’ensemble paraît assez « fermé », un peu poussiéreux.
Il partira ensuite sur un champ olfactif plus boisé (voire torréfié) et toujours assez épicé et on sentira, là, de manière sous-jacente, ces notes d’hydrocarbure si typiques.
Arriveront ensuite des notes plus empyreumatiques mais également plus acidulées (oui oO).
J’ai lu qu’il fallait y trouver du chocolat … Oui mais non en fait ^^
 
En bouche, l’alcool se sent plus que sur les deux précédents (la faute aux deux degrés et quelques en plus ?) sans toutefois que ça ne nous mette une claque empêchant la dégustation.
C’est moins exotique que le précédent ; du moins, moins fruité en tout cas car le côté fruité sucré hydrocarburé se sentira bien plus cette fois (j'insiste sur le fait que c'est le côte hydrocarbure qui prend cette fois le dessus).
Les notes de gasoil vont reprendre le dessus sur les touches de fruits jaunes englobées d’épices.
 
La rétro-olfaction est bien chaude (le voltage se sent bien cette fois), torréfiée et sur les hydrocarbures aux fruits (jaunes).
Les épices seront cette fois moins agressives (on assiste à un retour de la cannelle).
Enfin, on relèvera quelques touches d’agrumes (que l’on retrouvera en finale) et un aspect plus doux aussi (serait-ce du chocolat ? … Euh, pas sûr non, ça doit être autre chose :p).
 
Pour la finale, les fruits vont démarrer en force (sur les agrumes donc) suivis de près par les épices, les notes boisés et, surtout, ce côté hydrocarbure typique de la distillerie.
Il sera étrangement moins long que le 18 ans à 63,2°.
Enfin, on aura l’impression de retrouver quelques notes de réglisse mais aussi des notes salines (ou alors c’est une résurgence de la dégust’ précédente).
 
Bon, il se passe clairement « moins » de choses ici que dans les deux autres mais ça reste un très bon Caroni, très agréable, à l’alcool bien intégré.
On est donc plutôt dans le style plus traditionnel du Caroni au bitume que dans la surprise des deux précédents.
 
Au vu de ces trois dégustations, on a donc eu droit à :
- un Caroni tout en subtilité ;
- un Caroni funky à souhait ;
- un gros Caroni bien plus lourd.
 
S’il fallait faire un classement purement subjectif, les deux premiers remporteraient une victoire par KO sans forcer. Non seulement, ils sont super bons mais surtout pleins de surprises et totalement différents de ce à quoi j’ai été habitué.
 
Le seul "problème" si vous voulez refaire l’exercice chez vous ? A moins de réussir à chopper un sample de chaque, on arrive gentiment à 900,00 euros pour les trois bouteilles …
 
 
Rhum n' Whisky

jeudi 24 mai 2018

Présélection du line-up de la Master-Class Kill Devil du BWSF - phase 2 : Enmore

Kill Devil - logo
 
Après un petit passage chez Uitvlugt, on reste au Guyana pour nous pencher sur deux Enmore d’un âge respectable :

 

Kill Devil – Guyana – Enmore Distillery – 24 ans (février 1992 – août 2016) – 46 % :

 
Kill Devil – Guyana – Enmore Distillery – 24 ans (février 1992 – août 2016) – 46 % Kill Devil – Guyana – Enmore Distillery – 24 ans (février 1992 – août 2016) – 46 %
Ké belle photo hein oui ^^ (je parle du verre, la bouteille, c'est toujours la même ...) 

La robe est orange cuivrée à reflets or orangés et présente un beau disque verdâtre sur le dessus.
Y a pas à dire, c'est beau.
 
Au nez, c'est gourmand dites donc ... et pas très Enmore --'
Je m'explique : on a des notes typées sucre/mélasse du Guyana mais avec des notes de fruits bien confits, des touches un peu Jam' mais pas trop ainsi qu'un peu d'encaustique (des notes de bois ancien ciré si vous préférez) et de fines épices.
Par après, arriveront les fruits secs, les notes torréfiées, une légère touche fumée sous-jacente et malgré tout, ça va rester très gourmand avec un côté fruité caramélisé (sur la banane) derrière tout ça.
On relèvera également un aspect plus frais sur de fines notes mentholées.
C'est finalement plus intéressant qu'il n'y parait et c'est hyper agréable.
À noter que des notes plus douces arriveront également par la suite (vanille?).
Sur la longueur, les notes torréfiées/toastées vont clairement prendre le dessus (toujours avec ce petit côté solvant/encaustique).
 
La bouche est d'emblée plus végétale, plus herbacée, ... plus amère surtout.
C'est toujours assez rond mais c'est bien plus végétal qu'au nez (je me répète, je sais) : on va garder ce côté fruité caramélisé mais ça passe clairement au second plan. On repère également quelques notes de bois ancien.
Les épices se font plus intenses mais restent toutefois assez fines (c'est paradoxal, je sais. En fait, je veux dire par là qu'on n'est pas face à un gros poivre qui tache mais je n'ai pas réussi à distinguer de quelles épices il s'agissait).
C'est malheureusement un cran en dessous du nez.
A noter que des notes salines qui se développeront d'abord en finale finiront par faire leur apparition ici aussi.
 
La rétro-olfaction nous offre un aspect bien plus épicé (tant sur le poivre que sur des notes salines à tendance saumure). Ce côté épicé sera accompagné de notes légèrement boisées, de touches plus amères mais également d'un fin solvant ainsi qu'un côté plus toasté-fruité.
 
La finale est moyenne et présente un aspect plus toasté et épicé avant que le fruit exotique caramélisé ne fasse son retour.
On reviendra également sur ce côté solvant/encaustique initialement relevé, tout comme sur les notes toastées/torréfiées du début de dégustation.
L'amertume donnera l'impression de terminer tout ça avant que des notes salines ne se manifestent à la toute fin de dégustation.
 
Bon. C'est beau à regarder (non mais vraiment hein), c'est hyper agréable à sentir mais c'est malheureusement assez plat en bouche et le produit aurait mérité un peu plus de watts.
Dommage, c'était prometteur.
Après, vu le prix, j'en attendais également beaucoup hein.
 

Kill Devil – Guyana – Enmore Distillery – 25 ans (octobre 1990 – 2016) – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Enmore Distillery – 25 ans (octobre 1990 – 2016) – 46 %Kill Devil – Guyana – Enmore Distillery – 25 ans (octobre 1990 – 2016) – 46 %
Oui, l'autre était plus "vendeur", je trouve aussi
 
Au visuel, celui-ci fait de suite moins rêver : sa robe est d'une couleur or léger. Ou paille intense, c'est selon.
 
Le nez est beaucoup plus « caramélisé » que le précédent, finement épicé et présente des notes de fruits exotiques.
C'est cependant assez surprenant vu qu'il part sur des notes plus pâtissières avec un côté beurré assez déstabilisant. Et ça, plus les notes caramélisés, ça donne déjà l'impression – rien qu'au ez – de faire face à un produit assez gras.
Et, comme souvent, quand je repère des notes pâtissières, le côté plus floral n'est jamais bien loin. C'est – à nouveau – le cas ici tout en restant assez subtil (on part sur des fines notes de fleurs de sureau).
Le 24 ans me faisait plus rêver.
Les épices vont se développer un peu plus et on va retomber sur des notes plus herbacées ainsi que sur un boisé qui va lui aussi se développer avec un peu de réglisse.
On n'aura malheureusement jamais ce petit kick rafraîchissant qui pourrait relancer le truc. Ca restera assez lourd.
On en viendra même à relever de fines notes torréfiées et, moins cool ça, camphrées.
 
En bouche, la texture est – sans surprises – assez grasse.
Le produit se fait quand à lui plus épicé, fumé/camphré avec ici quelques notes mentholées qui vont lui amener une fraîcheur bienvenue.
On conservera malgré tout des notes de fruits exotiques caramélisés et un boisé agréable.
Les épices (anis entre autre) et le menthol vont cependant aller crescendo avec un camphre sous-jacent qui vont tenter d'éclipser l'aspect fruit caramélisé (plus sur les agrumes, orange en tête, cette fois) qui – lui – lutte pour sa survie.
On notera également, histoire d'être complet, une petite amertume.
 
À la rétro-olfaction, on tend vers le fruit rouge (si !!) tout en restant dans des saveurs exotiques biens toastées et relativement fumées. On conservera un côté épicé, tout en exotisme lui aussi (des gens plus doués que moi y ont trouvé du curry. Why not?).
Une grosse impression de chaleur s'en dégagera également (surtout au vu de ses 46°).
 
La finale est assez longue sur les épices fines, les notes boisées légères et le caramel fumé.
On notera, toujours de façon assez surprenante, quelques rémanences de fruits rouges.
Enfin, quelques notes salines se feront également leur place au soleil.
 
In fine, on est donc face à un Enmore plus végétal que caramélisé. Plus continental que tropical aussi. Ca joue pas mal l'air de rien.
C'est assez particulier. C'est loin d'être mauvais (pour être tout à fait objectif, c'est même vachement bien) mais ce n'est pas le profil que je recherche dans un Enmore.
On ne peut pas gagner à tous les coups ;-)
 
Photo de groupe ?
line-up Enmore
 
 
Rhum n' Whisky

mercredi 23 mai 2018

Présélection du line-up de la Master-Class Kill Devil du BWSF - phase 1 : Uitvlugt

Kill Devil - logo
 
À l’occasion de la préparation de la master-class Kill Devil pour le BWSF (on y reviendra, promis), j’ai eu l’occasion de pouvoir effectuer un choix parmi certains des produits à présenter.
line-up Kill Devil
Il fallait en retenir cinq étant précisé que le line-up devait comprendre un Uitvlugt, deux Enmore (bon, là, ça n’a pas été trop dur) ainsi que deux Caroni.
Donc des trois Uitvlugt suivants, il ne fallait en retenir qu’un, place au comparatif !
Oui, dis comme ça, ça fait un peu Highlander ^^
 

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 16 ans (décembre 1999 –  août 2016) – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 16 ans (décembre 1999 –  août 2016) – 46 %Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 16 ans (décembre 1999 –  août 2016) – 46 %
Les commentaires vont être succincts ici, c'est toujours les mêmes bouteilles ...
 
La robe est claire. On part sur un rhum de couleur paille. Ou or léger, c'est comme vous voulez.
 
Le nez m'a paru d'emblée un peu piquant mais également assez frais.
Le tout est floral (sur la fleur de sureau) et fruité (on est plutôt sur des notes typées « pâte de fruit »/fruits confits ... Je me comprends, c'est le plus important, c'est en légèrement régressif).
Les fruits frais à chair blanche reviendront également par la suite, tout comme ce côté plus « sucré » dont on vient de parler.
Les épices vont arriver par la suite (le poivre surtout), tout comme un petit côté fumé surprenant (plus typé whisky que Caroni d'ailleurs). On en viendrait même à penser à un léger malt fumé, c'est dire.
C'est assez déstabilisant.
On notera également de discrètes notes boisées.
Avec le temps, l'ensemble se fait plus « facile » (comprendre moins piquant) mais aussi plus consensuel, plus doux, tout en restant agréable au nez et en perdant un peu ce côté surprenant (le côté fumé s'éteignant quelque peu).
 
En bouche, c'est beaucoup plus épicé et on va rester sur quelque chose d'assez déstabilisant, tant par sa texture, légèrement huileuse, que par ses notes subtilement herbacées (on quitte ainsi le champ olfactif floral pour partir sur un produit plus végétal).
Les notes fumées perçues au nez sont toujours là et c'est toujours très whisky tout ça (!!), sur des arômes de cuir et de fumé.
Quelques touches sucrées sont là pour arrondir les angles mais comme ça, j'y vois toujours plus un whisky légèrement fumé qu'un gros rum du Guyana bien gras. Mais bon, les goûts et les couleurs ^^
Juste par principe, on relèvera une brève fulgurance florale qui passera vite en notes sous-jacente, tout comme un petit côté fruité qui essaie de se frayer un chemin parmi ces arômes « autres » sans arriver à reprendre le dessus sur ces derniers.
 
Niveau rétro-olfaction, c'est chaud, épicé, sur un profil partant plus sur les céréales (comment ça « plus whisky »?).
On repérera également quelques notes sucrées ainsi que des touches plus « métalliques ».
 
La finale est moyenne avec une amertume plus présente.
Le côté « malté fumé » revient dans la danse et est contrebalancé par quelques notes de fruits.
On assistera également à un bref retour des notes florales avant qu'une dominante fumée vienne terminer la dégustation. Et, avec le recul, ça sera assez long sur ce côté fumé qui restera longtemps en bouche.
 
Peut-être un peu trop whisky à mon goût. Ou quand Kill Devil redevient Hunter Laing quoi ^^
 

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 17 ans (février 1999 – février 2017) – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 17 ans (février 1999 – février 2017) – 46 %Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 17 ans (février 1999 – février 2017) – 46 %
Sinon, je peux aussi parler de mon jardin, c'est comme vous voulez ...
 
La couleur de celui-ci est sensiblement pareille (paille – or léger si vous êtes perdus).
 
Le nez est directement moins « piquant » que le 16 ans.
Il reste toujours assez floral mais surtout beaucoup plus rond, plus sucré, plus « caramélisé » que le précédent. Oui, plus typé Guyana que Islay en somme.
Il se fait également fruité mais on tend plutôt vers les agrumes cette fois.
Étrangement, on dirait qu'il se referme un peu sur lui-même en faisant la part belle aux épices douces (cannelle entre autres, un rien de vanille) et à un boisé assez fin.
J'ai trouvé ça plus agréable que le 16 ans.
Les fruits (jaunes surtout), plus ronds, arriveront par la suite.
Le côté floral légèrement caramélisé viendra s'imposer par la suite.
Alors oui, c'est plus linéaire que son petit frère mais sa rondeur le rend on ne peut plus agréable.
 
En bouche, d'emblée, il est plus « rhum ».
L'alcool se fait également un peu plus sentir mais ce sont surtout les notes de mélasse typiques du Guyana qui vont marquer la dégustation.
Niveau texture, c'est toujours huileux (j'ai écrit cireux mais ça me perturbe :p).
Les épices sont bien plus présentes (poivre, encore un peu de cannelle), tout comme ce côté boisé perçu au nez.
On repartira ensuite en boucle sur cet aspect « caramélisé amer » (végétal?) présentant quelques notes de réglisse.
 
À la rétro-olfaction, c'est ce côté sucré-mélassé légèrement épicé (poivre, cannelle, ...) sur une légère amertume « réglissée » qui va dominer.
On notera un bref retour des agrumes ici aussi.
 
La finale est moyenne, bien plus sur l'amertume que le précédent.
Elle s'éteint assez vite sur ce côté sucré assez agréable repéré en bouche ainsi que sur quelques notes boisées qui se feront ici plus toastées (et qui, par la force des choses, viendront rivaliser avec l'amertume).
 
Bien plus à mon goût que le 16 ans (qui était certes bien foutu aussi mais moins dans une optique « rhum » on va dire).
L'amertume végétale, humide (c'est assez difficile à qualifier) semblait lui apporter un petit truc en plus mais elle se fera bien trop présente sur la fin.
 

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 18 ans (novembre 1997 – 2016) – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 18 ans (novembre 1997 – 2016) – 46 %Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 18 ans (novembre 1997 – 2016) – 46 %
Oui, là, il faisait nuit ^^
 
Au visuel, il est comme ses deux prédécesseurs (paille – or léger), à la limite un rien plus foncé (mais c'est bien pour vous faire plaisir hein).
 
Le nez est totalement différent des deux produits dégustés jusqu'ici (c'est d'ailleurs super intéressant comme exercice). On a même l'impression de partir en Jamaïque au premier abord mais pas que : ça démarre sur un léger côté solvant mais ça nous offre surtout de belles notes torréfiées avec une bonne grosse dose de fruits exotiques, le tout étant légèrement caramélisé.
C'est à la fois follement expressif et ... terriblement discret (!) car ces notes hyper prégnantes sont malgré tout assez « fermées », sur un petit côté « poussiéreux »/bois ciré.
Rassurez-vous, ça va aller en s'ouvrant sur ces notes plus lourdes de fruits exotiques torréfiés et toastés.
Ah oui, ils sont bien mûrs hein les fruits.
Les notes torréfiées vont se hisser au dessus des autres pour finir par prendre l'ascendant. Elles vont – par la suite – évoluer sur le toffee (mais aussi sur la coco ? Une vague impression sans aucune certitude cependant) pour plus de gourmandise encore.
 
En bouche, c'est « caramélisé », épicé (sur des notes poivrées), sur des notes de fruits biens mûrs, un peu de solvant typé Jam' et toujours ce côté toasté (plus que torréfié ici) qui va amener une légère amertume.
On a également la sensation d'être face à quelque chose de plus végétal ou herbacé.
Enfin de belles notes de réglisse amènent à la fois un certain type d'amertume mais également une certaine dose de fraîcheur.
C'est hyper gourmand.
 
Niveau rétro-olfaction, de légères notes mentholées amenant encore plus de fraîcheur au produit vont se fondre parmi les fruits exotiques mûrs, la réglisse et sa dose d'amertume contrôlée, de légères notes de solvant, des épices qui apportent du peps à l'ensemble et de belles notes boisées toastées perçues auparavant.
 
La finale est plus longue que le 17 ans et dans le même style que le 16 ans : de prime abord, elle semble assez moyenne mais va finalement rester durant un long moment sur ce côté torréfié qui nous aura accompagné tout au long de la dégustation.
Et, derrière cette note bien caractéristique, on relèvera toujours de légères notes de solvant, quelques notes fruitées (toujours très mûrs les fruits) mais aussi – et ça, c'est bien plus surprenant – une légère touche saline (et très mais vraiment très légèrement fumée) qui va se faire une place tout à la fin de la dégustation.
 
C'est vachement bien tiens ça ! J'aime beaucoup.
 
Le plus « lourd » des trois produits dégustés.
Mon préféré aussi.
 
En conclusion :
- un « rhumsky » assez déstabilisant ;
- un produit sympa mais un rien trop amer sur la fin ;
- un truc bien lourd qui m'a beaucoup plu.
Sans surprises, le classement est donc 18-17-16.
line-up Uitvlugt
Petite photo de famille ^^
L'exercice comparatif est super intéressant !
 
 
Rhum n' Whisky

jeudi 17 mai 2018

Et si on changeait un peu en testant autre chose que de l'espadin ? aka "ma plongée chez Del Maguey" – deuxième partie

Del Maguey - logo
 
Après avoir découvert quelques produits préparés à base d'agaves espadin, il était temps de se diriger vers des mezcals préparés avec une « base » différente.
C'est parti !
 

San Pablo Ameyaltepec :

A vos souhaits …
Plus sérieusement, on part cette fois sur des agaves papalote âgées de 12 à 18 ans (ah oui, quand même).
Del Maguey - San Pablo Ameyaltepec
L'étiquette X-Files ^^
Même remarque que la dernière fois : niveau couleur, y a que dalle donc on va zapper cette partie-là hein.
 
Le nez est légèrement laiteux (cette sensation va et vient) mais surtout floral avant qu'un côté subtilement terreux n'arrive par la suite.
Le côté terreux et les épices lui donnent un vague air de Sotol, surtout si on tient compte du fait que cet aspect relativement doux sur la fleur de sureau va aller en diminuant.
On regagnera en fraîcheur par la suite avec des notes d'agrumes qui vont arriver mais également de légères touches de fruits exotiques (sans toutefois pouvoir vous en dire plus).
On notera également une fine note d'agave, juste pour dire (et parce qu'on la cherche surtout).
Quelques notes de réglisse que l'on repérera d'abord en fin de dégustation vont finalement entrer dans la partie.
 
En bouche, on a l'impression d'être sur un produit assez minéral, voire « métallique » même.
C'est toujours bien épicé (sur le poivre surtout) puis, avec le temps, on va partir sur quelque chose de plus « lourd » (à tendance laiteuse, avec des notes de cuir) mais aussi plus rond (sur ce côté fleur de sureau à tendance réglisse). Oui c'est paradoxal.
Niveau consistance, c''est limite crémeux.
 
La rétro-olfaction est on ne peut plus épicée (carrément sur les piments cette fois) et chaude avec un côté plus animal ici.
 
La finale est longue, chaude et nous balance un shoot épicé assez bref avant de laisser place à plus de douceur typées réglisse (et donc de fraîcheur aussi) qui va dominer la finale de manière très prononcée.
On notera quelques retours floraux et l'une ou l'autre touche végétale.
 
Et ben ça aussi c'est bon dites donc ! Mais vraiment hein !
Coup de cœur ? ;-)
 

Wild Papalome- San Perdo Teozacoalco :

On change à nouveau de matière première pour découvrir les bienfaits de l'agave papalometl (aussi appelée tobala) qui, ici, est âgée de 10 à 12 ans.
Del Maguey - Wild Papalome- San Perdo Teozacoalco
Y a un volcan, ça annonce peut-être la couleur ...
Le nez est particulier. Bizarre même. C'est « poussiéreux » et moutardé/vinaigré avec des notes de pneu (ou de caoutchouc si vous préférez. Mais c'est « pneu » qui m'est de suite venu à l'esprit).
Ben comme ça, bof bof quoi, ça ne donne pas super envie (après, quand on débute, un Caroni ou un jam' puant non plus hein :p).
On va doucement évoluer vers quelque chose de plus doux et agréable : ça va devenir plus floral mais aussi plus végétal. Un certain temps plus tard, on y trouvera de fines notes d'agave.
 
En bouche, c'est beaucoup plus frais et beaucoup plus rond avec un côté floral sucré (encore de la fleur de sureau ?). Croyez-moi, après un nez pareil, on ne s'y attend pas du tout !
De légères touches salines arrivent également par la suite ainsi qu'un côté plus fruité, sur les agrumes.
 
La rétro-olfaction va mêler épices déstabilisantes (elles sont bien exotiques, gingembre en tête) et rondeur, toujours avec cet aspect floral et légèrement sucré/fruité.
On notera également la présence d'un truc plus sec tirant vers le foin, la paille.
 
La finale est d'abord assez douce avant de repartir sur plus de sécheresse en repassant de manière légère sur les épices perçues à la rétro-olfaction.
Des notes salées apparaitront aussi au fur et à mesure de la dégustation.
 
Pour moi, celui-ci présente un gros plus au niveau de la bouche et de la finale mais pèche au niveau du nez (qui s'adoucira toutefois vraiment dans la durée sur un côté bien plus fruité tirant vers les fruits rouges).
 

Wild Tepextate :

On fait dans la diversification des produits cette fois !
Nous avons donc droit ici à de l'agave tepextate (d'où le nom) âgée de 18 à 25 ans (!), ce qui en fait le plus « vieux » produit de la dégustation. Quand je dis « vieux », c’est dans le sens « temps qu’il a fallu pour que l’agave arrive à maturité » hein, on reste sur un jus non vieilli.
Del Maguey - Wild Tepextate
Attention, on ca commencer le jeu des 7 erreurs ...
Comparé au précédent, le nez est tout de suite beaucoup plus engageant !
On démarre sur les fruits blancs et jaunes, de fines notes florales ainsi qu'un petit côté acidulé typé agave. Y a pas à dire, c'est beaucoup plus sympa !
Ça deviendra par la suite plus minéral avant que les notes lactées d'agave ne refassent leur apparition, accompagnées de touches citronnées.
Et comme ça, sans y toucher, on sent qu'il y a un truc plus trash, plus jam' là derrière …
 
En bouche, les arômes présents verront leur intensité décuplée avec – en plus – un léger côté pétrolifère (Caroni quand tu nous tiens) mais également sur le solvant (Jamaïque, encore et toujours). De la réglisse viendra apporter subtilité et fraîcheur et elle sera accompagnée de notes de fruits bien mûrs.
C'est vachement bien foutu et une rondeur douce et agréable viendra contrebalancer le côté plus intense du produit.
 
À la rétro-olfaction, le côté solvant fleuri et épicé (elles restent assez exotiques les épices) se fait plus intense.
Il sera accompagné de notes citronnées.
C'est juste top.
 
Outre le fait qu'elle soit très longue, la finale est mentholée (si !), offre des épices plus sèches (du cumin (?) ainsi qu'un léger côté poivré) mais conserve son côté fruits exotiques (ananas) mûrs.
La touche saline typique revient nous faire coucou à la fin.
L'ensemble est hyper bien intégré.
 
Le verre vide offrira un superbe retour sur l'agave.
 
Alors, celui-ci, il est juste top, top, top ! Il offre une belle complexité et un plaisir de dégustation certain.
Tout gros coup de cœur !
 

Wild Jabali :

Il est déjà temps de terminer cette dégustation placée sous le signe du mezcal.
Mais avant, nous allons découvrir un produit élaboré à partir d'agaves jabali âgées de 18 à 20 ans.
Del Maguey - Wild Jabali
... vous avez trois minutes ^^
Au nez, on se prend une grosse claque là. BAM ! Retour à la réalité après le superbe mezcal que l'on vient de déguster : un côté hyper (trop) acidulé vient directement nous frapper de plein fouet.
Étrangement, ça donne l'impression de vouloir évoluer vers des notes florales plus capiteuses.
Puis – car, oui, ça évolue – on se dirigera vers des notes plus fruitées sur des agrumes relativement doux. Un petit côté  sucré arrivera doucement mais sûrement et ça n'en deviendra que plus agréable.
C'est finalement plus sympa qu'il n'y paraît et histoire de continuer dans la diversification des arômes, on relèvera un léger côté cuir et cireux sous-jacent (qui finirait bien par s'imposer).
C'est pas mal finalement !
 
En bouche, c'est cet aspect acidulé perçu initialement au nez qui marquera directement.
Il sera suivi par des notes tendant tant vers le solvant, l'agave et les épices (poivre mais pas que) que vers des notes plus sucrées (à tendance florale).
Et c'est fruité aussi : on part à nouveau du côté des agrumes mais des agrumes doux (pas un gros citron acide quoi).
Finalement, c'est doux, c'est rond, c'est assez facile, … c'est chouette quoi !
 
La rétro-olfaction offrira une belle rondeur sucrée et florale mais également des notes fruitées (sur l'orange) et épicées (sur la quinine?).
Et en embuscade, quelques notes salines.
 
La finale passera vite sur des notes à tendance plus herbacées et sucrées avant de nous offrir de belles notes d'orange amer (j'avais un truc en plus à vous dire mais je n'arrive pas à relire ce passage-là donc voilà … -–') qui vont rester longtemps. Et ce n'est pas plus mal car c'est relativement agréable.
On assistera ensuite au retour de quelques légères notes salines.
 
Ben c'est chouette aussi ça ! Dommage l'approche du nez (qui évolue toutefois très bien) car c'est vraiment chouette en bouche.
 
Eh bien voilà, ceci conclut cela.
 
 
Rhum n' Whisky

mercredi 16 mai 2018

Retour au pays de l'agave pour une incursion dans la gamme Del Maguey – première partie

Del Maguey - logo
 
Vous vous souvenez du Spirits In The Sky ?
Ben j'en suis revenu avec tout un tas de samples de mezcal.
Et du mezcal de chez Del Maguey s'il vous plait ^^
line-up Del Maguey
Joli line-up non ?
Même si on a l'impression qu'elle fait partie du paysage depuis toujours, la gamme Del Maguey n'existe que depuis 1995 (en même temps, avant ça, des mezcals de qualité ... enfin voilà quoi ^^) et on la doit à un artiste américain du nom de Ron Cooper qui tomba littéralement amoureux de ce spiritueux après un séjour au Mexique dans les années 1970. Cet homme est un des pionniers de la promotion du mezcal à l'international.
La gamme Del Maguey propose des distillats « familiaux » de l'état d'Oaxaca et chacun des mezcals porte le nom du village où il est produit.
Outre le fait que ses produits soient certifiés « bio », Del Maguey s'implique également dans la reforestation (pour autant que l'on puisse parler en ces termes) d'agaves sauvages et dans l'amélioration des infrastructures des producteurs locaux.
 
Maintenant qu'on en sait un peu plus (oui, pour faire simple, on peut dire qu'il s'agit d'un embouteilleur indépendant), il est temps de passer à ce qui nous intéresse vraiment : la dégustation.
 
Alors petite note d'usage : dès lors que le mezcal est un alcool non vieilli, il présente une couleur translucide. On ne s'étendra donc pas sur ce point (sauf si vous voulez vraiment me voir faire des vannes pourries pour chaque produits mais bon, ça je l'ai déjà fait donc je comptais vous épargner).
Et, oui, on parle d'agaves d'un certain âge. De fait, mais c'est l'âge de la plante et non du jus produit (en gros, c'est comme si – en rhum – on vous parlait d'une canne âgée de 24 mois permettant de produire un rhum blanc).
 

Vida :

L'entrée de gamme si l'on peut dire.
Élaborée à partir d'agave espadin âgée de 7 à 8 ans.
Del Maguey - Vida
Il va falloir vous habituer à ces bouteilles vertes ...
Le nez est légèrement acidulé, sur l'agave cuite avec un aspect « crémeux » voire « laiteux ».
Des notes salées et fumées sont également de la partie.
Ça va aller en s'adoucissant (avec quelques notes de fruits) avant de repartir vers un côté plus animal sur des notes de cuir et des notes bien plus intenses que j'ai initialement qualifiées de « festival boueux » … Après, j'ai pris conscience de l'existence du terme « fermier ». C'est raccord et beaucoup plus élégant ^^
 
En bouche, c'est toujours crémeux/laiteux mais c'est également plus épicé (sur des notes poivrées).
On conserve ce côté agave mais avec un aspect beaucoup plus doux (un léger fruité indéfinissable).
Des notes plus minérales vont ensuite apparaître avant de laisser place à quelque chose de plus caoutchouteux mais aussi à quelques notes de réglisse.
 
La rétro-olfaction est quant à elle épicée (sur des notes de poivre avec une touche saline/iodée).
Un côté plus végétal et plus fumé se rappellera également à nous.
 
Après un shoot d'épices, on assistera à un retour en force de l'agave et d'un peu plus de rondeur avant de repartir sur ces notes plus « caroniesques » (goudron, caoutchouc, …).
Des notes fumées sous-jacentes et un retour de pointes salines nous offrirons une finale relativement longue.
 
Une très jolie entrée de gamme !
Décidément, j'aime de plus en plus le mezcal moi (à noter que celui-ci me plait bien plus en bouche et sur la finale qu'au nez).
 

Chichicapa :

Celui-ci est produit à base d'agave Espadin de 7 à 8 ans.
Del Maguey - Chichicapa
Les étiquettes ont un charme désuet je trouve. j'aime encore bien.
Le nez est fermier (maintenant que je sais, je réutilise le terme ^^), sur l'agave acidulé, les aromates et, accrochez-vous, les olives (mais en plein hein). Limite on tend vers des notes de tapenade.
On notera également quelques touches de cuir et des notes plus animales.
Le côté agave acidulé reprendra le dessus mais de manière très agréable.
 
La bouche est surprenante de douceur (assez portée sur le sucre) avant de nous offrir un passage plus minéral entrecoupé de notes végétales (agave toujours) tout en restant relativement rond.
Sur celui-ci aussi on relèvera ce petit côté fumé ainsi que quelques notes caroniesques plus typées asphalte.
Ah oui, c'est également laiteux.
 
La rétro-olfaction est bien épicée (poivre et piment) et relativement chaude (j'ai noté « sur une chaleur caroniesque » mais je ne sais absolument plus ce que j'ai voulu dire par là. Voilà, voilà, ça m'apprendra à ne pas retaper mes notes plus vite …).
Quelques notes d'agave seront également de la partie tout comme un petit côté sucré.
 
La finale verra le retour des notes fermières (qui évolueront de plus en plus vers un côté Caroni ; que voulez-vous, c'est mon repère ^^) enrobées d'une douceur sucrée perçue en bouche avec quelques pointes salées de ci, de là.
 
Top. Clairement, je comprends tout le bien qu'on dit de cette marque (et j'ai l'étrange impression que j'aime beaucoup les mezcals à base d'agave espadin moi …).
 

Santo Domingo Albarradas :

On reste sur l'agave Espadin mais celle-ci est plus vieille (8 à 10 ans).
 
Ce fut une expérience cette dégustation : déjà j'ai renversé la moitié de mon verre (heureusement que j'avais de la réserve dans mon sample …) avant d'avaler une gorgée de travers ce qui a eu pour effet de me transformer en geyser …
Epique je vous dit.
Sinon c'était top.
 
 
Ok, je développe un peu ^^
Del Maguey - Santo Domingo Albarradas
C'est rustique ^^
Le nez m'a plutôt fait penser à un produit de chez Balam avec ses notes moutardées et terreuses  assez surprenantes avant de passer sur les épices, cumin en tête.
On reste dans un registre acidulé mais c'est bien différent.
Des notes plus végétales, limite mentholées, vont se développer par la suite. Les notes d'agave arriveront seulement ensuite et de manière plus légère.
Le plus incroyable dans tout ça c'est que le produit reste frais malgré tout et ce grâce à de fines notes d'agrumes très agréables.
 
En bouche, BAM ! On part sur les mêmes notes : chaleur, moutarde acidulée, puissance et douceur sucrée (qui va – sur ce dernier point – se rapprocher du produit précédent).
Un côté plus anisé et mentholé arrive par la suite et va doucement dominer les débats. C'est surprenant.
Notez bien, j'y ai également relevé de légères notes cireuses voire un solvant léger (c'est pas tout à fait ça mais c'est la seule chose qui me soit venue à l'esprit).
 
La rétro-olfaction est plus épicée (poivre et piment encore) avec un important retour des notes salées et de ce côté agave laiteux.
 
La finale est chaude sur ces notes mentholées anisées mais avec une rondeur plus intense (on tendrait même vers des notes chocolatées mais là je me perturbe rien qu'en l'écrivant …) avec une amertume assez cacaotée (bah oui, puisque je vous le disais qu'il y avait du chocolat).
Et on va conserver une certaine fraîcheur à l'ensemble (je dis ça à cause des petits « rototos » aux agrumes … toute une aventure cette dégust' je vous dis).
Les notes salées vont faire un retour longtemps après.
 
Alors celui-là, au plus que tu le goûtes, au mieux que ça te goûte !
 

San Jose Rio Minas :

Toujours de l'agave espadin âgée de 8 à 10 ans. Del Maguey parle sur son site de Vino de Mezcal mais l'étiqette continue de renseigner « Single Village Mezcal » (oui, le site différencie ces catégories).
 
Bref.
Del Maguey - San Jose Rio Minas
Et c'est aussi très pastel (j'ai rien à raconter mais j'aime mettre une légende ^^)
Le nez est extrêmement fruité (les fruits jaunes dominent largement), herbacé et légèrement terreux. Ça n'a aucun rapport avec les trois produits précédents. C'est stupéfiant ces trucs là !
On notera cependant un petit côté cireux et acidulé qui nous rappelle quand même où on est.
On relèvera une impression plus alcooleuse que sur les trois autres.
Ça partira ensuite vers des notes florales avant de terminer sur un nez typé agave fruité.
 
La bouche est toujours très fruitée et présente un côté solvant assez jamaïcain et laiteux à la fois (ça fait bizarre).
Les notes se feront ici plus florales qu'herbacées avec une sucrosité plus proche de la fleur de sureau.
Donc on a un produit d'une part fruité/floral mais aussi solvant/aromate (encore des notes mentholées). C'est perturbant !
Des petites notes d'agave vont finalement apparaître avec le temps.
 
À la rétro-olfaction la sucrosité prédomine (sur la fleur de sureau mais pas que) après un bref shoot de solvant dopé aux fruits hyper mûrs et une rafale d'épices (bien sur le poivre ici).
On relèvera – à nouveau – ces notes herbacées et végétales où l'on repérera un retour des notes plus typées agave.
 
La finale, chaude, va aller en s'adoucissant sur cette sucrosité fruitée avant que ne se fasse sentir un légère impression de tabac qui s'efface à nouveau au profit des fruits (jaunes et rouges ici).
On terminera sur des notes d'agave (histoire quand même de se rappeler ce qu'on boit).
 
Alors c'est hyper intéressant ! C'est aussi le plus léger des quatre produits dégustés mais il me paraît que l'on n'y retrouve pas assez – selon moi – les « marqueurs mezcal ».
 
Fin de cette première partie, la suite arrive prochainement !
 
 
Rhum n' Whisky (n' Mezcal? --')

lundi 14 mai 2018

Quand mini-dégust’ implique mini-note --‘

En fait, c’est juste pour ne pas laisser le blog à l’abandon (je me sens bien obligé, après un mois d’avril que l’on peut qualifier de « faste » niveau retour … et puis, je fais de la récup’ donc le travail demandé n’est pas trop exigeant :p).
 
Bref, à l’occasion d’une soirée pré-anarchy (encore un groupe ouskonboidanlabonumeur ^^), on a longuement discuté mais aussi dégusté.
 
Et on a notamment eu l’occasion de tester ceci :
Karukera 2008 - L'Expression - 60 ans LMDW
Oui, c’est une fiole de 5cl … et on était 6 …
Cela implique donc une mini-note --‘
(On fait avec les moyens du bord hein …)

Karukera 2008 - L'Expression - 60 ans LMDW :

Sa robe est cuivrée.
 
Le nez révèle un subtil boisé, de légères épices, quelques notes cacaotées ainsi que des notes toastées.
 
En bouche, on garde le boisé mais en un rien plus "ciré" ; les fines épices sont toujours là, tout comme l'aspect cacaoté.
Une sympathique fraîcheur se fait jour avec un fruité léger (sur des notes orangées) ainsi qu'un petit côté mentholé.
 
A la rétro-olfaction, c'est chaud et on reste sur une impression toastée/cacaotée ainsi que sur des notes d'orange.
 
La finale est moyenne, épicée, boisée et orangée.
 
Sympa.
Mais trop peu.
Et à prendre avec des pincettes car fait sur une (à la grande limite, deux) mini-gorgée(s).
 
Merci à Hervé pour le sample !
 
Les retours Kill Devil vont arriver, patience ;-)
 
 
Rhum n’ Whisky