mercredi 23 mai 2018

Présélection du line-up de la Master-Class Kill Devil du BWSF - phase 1 : Uitvlugt

Kill Devil - logo
 
À l’occasion de la préparation de la master-class Kill Devil pour le BWSF (on y reviendra, promis), j’ai eu l’occasion de pouvoir effectuer un choix parmi certains des produits à présenter.
line-up Kill Devil
Il fallait en retenir cinq étant précisé que le line-up devait comprendre un Uitvlugt, deux Enmore (bon, là, ça n’a pas été trop dur) ainsi que deux Caroni.
Donc des trois Uitvlugt suivants, il ne fallait en retenir qu’un, place au comparatif !
Oui, dis comme ça, ça fait un peu Highlander ^^
 

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 16 ans (décembre 1999 –  août 2016) – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 16 ans (décembre 1999 –  août 2016) – 46 %Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 16 ans (décembre 1999 –  août 2016) – 46 %
Les commentaires vont être succincts ici, c'est toujours les mêmes bouteilles ...
 
La robe est claire. On part sur un rhum de couleur paille. Ou or léger, c'est comme vous voulez.
 
Le nez m'a paru d'emblée un peu piquant mais également assez frais.
Le tout est floral (sur la fleur de sureau) et fruité (on est plutôt sur des notes typées « pâte de fruit »/fruits confits ... Je me comprends, c'est le plus important, c'est en légèrement régressif).
Les fruits frais à chair blanche reviendront également par la suite, tout comme ce côté plus « sucré » dont on vient de parler.
Les épices vont arriver par la suite (le poivre surtout), tout comme un petit côté fumé surprenant (plus typé whisky que Caroni d'ailleurs). On en viendrait même à penser à un léger malt fumé, c'est dire.
C'est assez déstabilisant.
On notera également de discrètes notes boisées.
Avec le temps, l'ensemble se fait plus « facile » (comprendre moins piquant) mais aussi plus consensuel, plus doux, tout en restant agréable au nez et en perdant un peu ce côté surprenant (le côté fumé s'éteignant quelque peu).
 
En bouche, c'est beaucoup plus épicé et on va rester sur quelque chose d'assez déstabilisant, tant par sa texture, légèrement huileuse, que par ses notes subtilement herbacées (on quitte ainsi le champ olfactif floral pour partir sur un produit plus végétal).
Les notes fumées perçues au nez sont toujours là et c'est toujours très whisky tout ça (!!), sur des arômes de cuir et de fumé.
Quelques touches sucrées sont là pour arrondir les angles mais comme ça, j'y vois toujours plus un whisky légèrement fumé qu'un gros rum du Guyana bien gras. Mais bon, les goûts et les couleurs ^^
Juste par principe, on relèvera une brève fulgurance florale qui passera vite en notes sous-jacente, tout comme un petit côté fruité qui essaie de se frayer un chemin parmi ces arômes « autres » sans arriver à reprendre le dessus sur ces derniers.
 
Niveau rétro-olfaction, c'est chaud, épicé, sur un profil partant plus sur les céréales (comment ça « plus whisky »?).
On repérera également quelques notes sucrées ainsi que des touches plus « métalliques ».
 
La finale est moyenne avec une amertume plus présente.
Le côté « malté fumé » revient dans la danse et est contrebalancé par quelques notes de fruits.
On assistera également à un bref retour des notes florales avant qu'une dominante fumée vienne terminer la dégustation. Et, avec le recul, ça sera assez long sur ce côté fumé qui restera longtemps en bouche.
 
Peut-être un peu trop whisky à mon goût. Ou quand Kill Devil redevient Hunter Laing quoi ^^
 

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 17 ans (février 1999 – février 2017) – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 17 ans (février 1999 – février 2017) – 46 %Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 17 ans (février 1999 – février 2017) – 46 %
Sinon, je peux aussi parler de mon jardin, c'est comme vous voulez ...
 
La couleur de celui-ci est sensiblement pareille (paille – or léger si vous êtes perdus).
 
Le nez est directement moins « piquant » que le 16 ans.
Il reste toujours assez floral mais surtout beaucoup plus rond, plus sucré, plus « caramélisé » que le précédent. Oui, plus typé Guyana que Islay en somme.
Il se fait également fruité mais on tend plutôt vers les agrumes cette fois.
Étrangement, on dirait qu'il se referme un peu sur lui-même en faisant la part belle aux épices douces (cannelle entre autres, un rien de vanille) et à un boisé assez fin.
J'ai trouvé ça plus agréable que le 16 ans.
Les fruits (jaunes surtout), plus ronds, arriveront par la suite.
Le côté floral légèrement caramélisé viendra s'imposer par la suite.
Alors oui, c'est plus linéaire que son petit frère mais sa rondeur le rend on ne peut plus agréable.
 
En bouche, d'emblée, il est plus « rhum ».
L'alcool se fait également un peu plus sentir mais ce sont surtout les notes de mélasse typiques du Guyana qui vont marquer la dégustation.
Niveau texture, c'est toujours huileux (j'ai écrit cireux mais ça me perturbe :p).
Les épices sont bien plus présentes (poivre, encore un peu de cannelle), tout comme ce côté boisé perçu au nez.
On repartira ensuite en boucle sur cet aspect « caramélisé amer » (végétal?) présentant quelques notes de réglisse.
 
À la rétro-olfaction, c'est ce côté sucré-mélassé légèrement épicé (poivre, cannelle, ...) sur une légère amertume « réglissée » qui va dominer.
On notera un bref retour des agrumes ici aussi.
 
La finale est moyenne, bien plus sur l'amertume que le précédent.
Elle s'éteint assez vite sur ce côté sucré assez agréable repéré en bouche ainsi que sur quelques notes boisées qui se feront ici plus toastées (et qui, par la force des choses, viendront rivaliser avec l'amertume).
 
Bien plus à mon goût que le 16 ans (qui était certes bien foutu aussi mais moins dans une optique « rhum » on va dire).
L'amertume végétale, humide (c'est assez difficile à qualifier) semblait lui apporter un petit truc en plus mais elle se fera bien trop présente sur la fin.
 

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 18 ans (novembre 1997 – 2016) – 46 % :

Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 18 ans (novembre 1997 – 2016) – 46 %Kill Devil – Guyana – Uitvlugt Distillery – 18 ans (novembre 1997 – 2016) – 46 %
Oui, là, il faisait nuit ^^
 
Au visuel, il est comme ses deux prédécesseurs (paille – or léger), à la limite un rien plus foncé (mais c'est bien pour vous faire plaisir hein).
 
Le nez est totalement différent des deux produits dégustés jusqu'ici (c'est d'ailleurs super intéressant comme exercice). On a même l'impression de partir en Jamaïque au premier abord mais pas que : ça démarre sur un léger côté solvant mais ça nous offre surtout de belles notes torréfiées avec une bonne grosse dose de fruits exotiques, le tout étant légèrement caramélisé.
C'est à la fois follement expressif et ... terriblement discret (!) car ces notes hyper prégnantes sont malgré tout assez « fermées », sur un petit côté « poussiéreux »/bois ciré.
Rassurez-vous, ça va aller en s'ouvrant sur ces notes plus lourdes de fruits exotiques torréfiés et toastés.
Ah oui, ils sont bien mûrs hein les fruits.
Les notes torréfiées vont se hisser au dessus des autres pour finir par prendre l'ascendant. Elles vont – par la suite – évoluer sur le toffee (mais aussi sur la coco ? Une vague impression sans aucune certitude cependant) pour plus de gourmandise encore.
 
En bouche, c'est « caramélisé », épicé (sur des notes poivrées), sur des notes de fruits biens mûrs, un peu de solvant typé Jam' et toujours ce côté toasté (plus que torréfié ici) qui va amener une légère amertume.
On a également la sensation d'être face à quelque chose de plus végétal ou herbacé.
Enfin de belles notes de réglisse amènent à la fois un certain type d'amertume mais également une certaine dose de fraîcheur.
C'est hyper gourmand.
 
Niveau rétro-olfaction, de légères notes mentholées amenant encore plus de fraîcheur au produit vont se fondre parmi les fruits exotiques mûrs, la réglisse et sa dose d'amertume contrôlée, de légères notes de solvant, des épices qui apportent du peps à l'ensemble et de belles notes boisées toastées perçues auparavant.
 
La finale est plus longue que le 17 ans et dans le même style que le 16 ans : de prime abord, elle semble assez moyenne mais va finalement rester durant un long moment sur ce côté torréfié qui nous aura accompagné tout au long de la dégustation.
Et, derrière cette note bien caractéristique, on relèvera toujours de légères notes de solvant, quelques notes fruitées (toujours très mûrs les fruits) mais aussi – et ça, c'est bien plus surprenant – une légère touche saline (et très mais vraiment très légèrement fumée) qui va se faire une place tout à la fin de la dégustation.
 
C'est vachement bien tiens ça ! J'aime beaucoup.
 
Le plus « lourd » des trois produits dégustés.
Mon préféré aussi.
 
En conclusion :
- un « rhumsky » assez déstabilisant ;
- un produit sympa mais un rien trop amer sur la fin ;
- un truc bien lourd qui m'a beaucoup plu.
Sans surprises, le classement est donc 18-17-16.
line-up Uitvlugt
Petite photo de famille ^^
L'exercice comparatif est super intéressant !
 
 
Rhum n' Whisky

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