vendredi 25 mai 2018

Présélection du line-up de la Master-Class Kill Devil du BWSF - phase 3 : Caroni

Kill Devil - logo
Suite et fin de la présélection des produits à présenter.
Après Uitvlugt et Enmore, place à Caroni.
Et pas des Caroni réduits s’il vous plait, ici on va uniquement causer de trucs ne descendant pas en-dessous des 63% !
Caroni Kill Devil - line-up
Petite photo de famille
Pour info, je devais en choisir deux.
 
C’est parti !
 

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 17 ans (février 1998 – novembre 2016) – 63,1 % :

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 17 ans (février 1998 – novembre 2016) – 63,1 %Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 17 ans (février 1998 – novembre 2016) – 63,1 %
Petit jeu : retournez voir les photos des bouteilles des précédents articles et cherchez l'erreur ^^
 
La robe est d’un bel orange cuivré et il présente un léger disque verdâtre sur le dessus.
 
Au nez, les 63,1° sont loin d’être agressifs.
Alors, oui, il y a des marqueurs Caroni mais c’est aussi mentholé (et, du coup, ça apporte une belle fraîcheur au produit) et végétal, limite herbacé (WTF ?!!). Les fruits frais se développeront également par la suite et ça « fruitera » de plus en plus au fur et à mesure de l’avancée de la dégustation.
Niveau marqueurs Caroni, on n’est pas sur un gros goudron bien gras, sur un bitume crapuleux et des notes d’hydrocarbures en veux-tu en voilà mais plutôt sur des notes plus subtiles de type poudre à canon, silex étincelant (oui, ça pourrait être un nom de peau rouge et, sur le moment, j’ai trouvé ça poétique) et souffre poussiéreux. Ça change. C’est particulier mais loin d’être désagréable. Et c’est relativement facile d’accès.
Tellement facile d’accès que derrière ce petit côté « poussiéreux », on trouverait quelques notes plus sucrées dites donc.
Des notes boisées torréfiées et/ou super toastées vont également entrer dans la danse. On repérera enfin quelques épices.
Et ben, pour un Caroni à 63,1°, c’est d’une douceur et d’une subtilité juste wow quoi !
 
En bouche, l’intégration de l’alcool est toujours au top et ça reste facile d’accès.
On retrouve les notes mentholées perçues au nez ainsi que ce côté fruité (plus sur les fruits à chair blanche ou jaune, difficile à dire) agréable.
Quelques touches de réglisse ainsi que des épices plus intenses (poivre, piment) vont se mêler aux notes boisées.
On conserve toujours ces notes « fumées » particulières même si on a plus tendance à aller vers des notes d’hydrocarbures plus « habituelles » mais c’est bien fait, relativement fin et entouré d’une certaine sucrosité très agréable.
 
La rétro-olfaction laisse place au côté chaud (les watts se sentent plus cette fois) et fumé (sur la poudre à canon) du produit mais également à un aspect fruité caramélisé assez surprenant mais très agréable. Les fruits sont cette fois plus typés agrumes.
Le menthol est toujours là.
Ça nous offre un produit à la fois lourd et frais. Un paradoxe à lui tout seul ^^
 
Pour la finale, je vous rappelle qu’on parle de Caroni hein donc c’est long mais très léger : on est vraiment loin d’un Caroni gavé au bitume.
C’est vraiment très agréable, et cet aspect poudre à canon englobée de fruits, de notes sucrées, d’épices et de touches végétales (menthol encore et toujours notamment) n’y est pas pour rien.
Les notes « fumées » finiront logiquement par s’imposer.
 
N’en déplaise à Florent Beuchet, tiendrions-nous là le véritable rhum « Boulet de Canon » ?
En tout cas, on fait face ici à un superbe produit où l’intégration de l’alcool aura été parfaite du début à la fin et où la subtilité et la finesse l’auront emporté sur le côté hyper lourd des notes d’hydrocarbures.
Un superbe Caroni qui pourrait faire tomber plus d’un réfractaire dans ce merveilleux recoin de Trinidad.
Le seul problème ? Son prix …

 

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – juin 2017) – 63,2 % :

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – juin 2017) – 63,2 %Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – juin 2017) – 63,2 %
Oui, l'étiquette change parfois !! Mais seulement niveau couleur (une histoire de voltage tout ça) ...
 
Au visuel, on est sensiblement dans la même gamme de couleur que le précédent. A la limite, il fonce peut-être un peu plus.
 
Au nez, c’est toujours hyper bien foutu niveau voltage.
Et après un Caroni déstabilisant mais hyper agréable, je m’attendais à retomber en terrain plus connu si je puis dire (bitume, goudron, hydrocarbures, …) et en fait non !
Celui-ci est bien plus exotique : on fait face à un bon gros fruité exotique bien gourmand garni de notes de gasoil qui vont aller crescendo mais tout en restant relativement maitrisées et donc assez soft (on n’est pas sur un gros Caroni qui pue le bitume à 20 mètres quoi) avant de laisser place à quelques notes cendrées qui vont doucement mais surement apparaitre.
On retrouvera également un côté légèrement torréfié, quelques notes boisées (typées bois de santal) et un petit kick mentholé qui amènera de la fraîcheur à l’ensemble.
On repart ensuite dans l’exotisme complet avec du fruit à profusion qui va se faire caramélisé, voire flambé.
Miam quoi.
Il est loin, loin, loin, le bitume.
Et ben dis donc, qu’est-ce que ça sent bon ça !
Finalement, des notes tendant plus vers la saumure (et les olives ?) vont apparaitre pour nous offrir un côté plus acidulé.
 
En bouche, comment dire, … Ah oui : c’est juste wowowow ici aussi !
Clairement, on a plus l’impression de partir en Jamaïque qu’à Trinidad. Et qu’est-ce que c’est bon !
C’est bourré d’exotisme, on est en plein sur l’ananas archi mûr qui règne en maître et qui entoure des notes de goudrons, de fumé et de bitume (ces arômes sont toutefois plus puissants qu’au nez) pour offrir un peu de place à des touches plus salines.
On va également conserver les notes mentholées perçues au nez et on va gagner un aspect plus végétal (sur l’amertume) et assez épicé.
 
La rétro-olfaction est chaude (bah 63,2° quoi), épicée (notes salines sur la saumure mais également du poivre) et laisse surtout une place de choix aux fruits exotiques bitumés.
 
Comme pour le précédent, la finale est looooongue, fruitée (on reste en plein dans l’exotisme) mais surtout beaucoup plus saline (sur ce petit côté saumure aussi. Oui, y en a qui rapproche ça aux notes d’olives).
Sur la fin, les notes plus typées Caroni reprendront le dessus pour nous emmener sur un bitume léger et agréable monstrueusement long. Y a bon goudron quoi ^^
 
Dieu que c’est bon ! Mais celui qui commence par ça risque bien d’être choqué par les Caroni au style bien plus goudronné.
Ça en fait – à nouveau – un Caroni assez facile d’accès (exception faite du prix hein …) et vraiment agréable.
Tellement différent du 17 ans mais tellement bien aussi !
 

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – février 2017) – 65,5 % :

Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – février 2017) – 65,5 %Kill Devil – Trinidad – Caroni Distillery – 18 ans (décembre 1998 – février 2017) – 65,5 %
Caroni, la seule distillerie fermée dont les fûts arrivent à se reproduire par mitose ...
 
On ne change pas une équipe qui gagne et on conserve donc un coloris sensiblement pareil.
 
En ce qui concerne l’intégration de l’alcool ça reste – au nez – un miracle d’intégration.
Il est moins funky que le précédent (c’est pas hyper compliqué non plus vous me direz) et nous offre bien plus d’épices (c’est légèrement pimenté mais également sur la cannelle et d’autres épices douces).
On notera également la présence de quelques notes fleuries inattendues.
Malgré tout, l’ensemble paraît assez « fermé », un peu poussiéreux.
Il partira ensuite sur un champ olfactif plus boisé (voire torréfié) et toujours assez épicé et on sentira, là, de manière sous-jacente, ces notes d’hydrocarbure si typiques.
Arriveront ensuite des notes plus empyreumatiques mais également plus acidulées (oui oO).
J’ai lu qu’il fallait y trouver du chocolat … Oui mais non en fait ^^
 
En bouche, l’alcool se sent plus que sur les deux précédents (la faute aux deux degrés et quelques en plus ?) sans toutefois que ça ne nous mette une claque empêchant la dégustation.
C’est moins exotique que le précédent ; du moins, moins fruité en tout cas car le côté fruité sucré hydrocarburé se sentira bien plus cette fois (j'insiste sur le fait que c'est le côte hydrocarbure qui prend cette fois le dessus).
Les notes de gasoil vont reprendre le dessus sur les touches de fruits jaunes englobées d’épices.
 
La rétro-olfaction est bien chaude (le voltage se sent bien cette fois), torréfiée et sur les hydrocarbures aux fruits (jaunes).
Les épices seront cette fois moins agressives (on assiste à un retour de la cannelle).
Enfin, on relèvera quelques touches d’agrumes (que l’on retrouvera en finale) et un aspect plus doux aussi (serait-ce du chocolat ? … Euh, pas sûr non, ça doit être autre chose :p).
 
Pour la finale, les fruits vont démarrer en force (sur les agrumes donc) suivis de près par les épices, les notes boisés et, surtout, ce côté hydrocarbure typique de la distillerie.
Il sera étrangement moins long que le 18 ans à 63,2°.
Enfin, on aura l’impression de retrouver quelques notes de réglisse mais aussi des notes salines (ou alors c’est une résurgence de la dégust’ précédente).
 
Bon, il se passe clairement « moins » de choses ici que dans les deux autres mais ça reste un très bon Caroni, très agréable, à l’alcool bien intégré.
On est donc plutôt dans le style plus traditionnel du Caroni au bitume que dans la surprise des deux précédents.
 
Au vu de ces trois dégustations, on a donc eu droit à :
- un Caroni tout en subtilité ;
- un Caroni funky à souhait ;
- un gros Caroni bien plus lourd.
 
S’il fallait faire un classement purement subjectif, les deux premiers remporteraient une victoire par KO sans forcer. Non seulement, ils sont super bons mais surtout pleins de surprises et totalement différents de ce à quoi j’ai été habitué.
 
Le seul "problème" si vous voulez refaire l’exercice chez vous ? A moins de réussir à chopper un sample de chaque, on arrive gentiment à 900,00 euros pour les trois bouteilles …
 
 
Rhum n' Whisky

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