jeudi 14 juin 2018

Kill Devil - Belize


On continue dans la douceur avec deux produits en provenance du Belize.
Kill Devil - Belize - line-up
petit line-up, petit article ^^
Oui, je vais vous le faire dans le même ordre que moi ^^
Donc « plus que » cinq après celui-ci (ou six si je splitte la partie Guyana, ce qui est possible).
Courage !

 

Kill Devil – Belize Column Still – Travellers Distillery – 10 ans – 46 % :

Kill Devil – Belize Column Still – Travellers Distillery – 10 ans – 46 %Kill Devil – Belize Column Still – Travellers Distillery – 10 ans – 46 %
C'est doré donc c'est réduit ;-) Et, oui, le sample est trompeur, c'est bien le 10 ans.
 
Sa robe est dorée à tendance orangée.
 
Le nez est relativement doux, pâtissier et exotique sur des notes de coco, de vanille et quelques touches beurrées avec un léger fruité sous-jacent (sur l'orange et les fruits exotiques).
On n’y trouve aucune forme d'agression, l'ensemble est en presque trop facile.
En cherchant bien, une légère note un peu plus acooleuse typée solvant passe de temps à autres le nez à la fenêtre mais c'est fugace.
Le fruité va se faire un rien plus acide, sur les fruits à chaire blanche et les fruits de la passion avant de repartir sur l'orange légèrement épicé (attention, on est loin d'un Don Papa hein).
La « douceur pâtissière » va lentement s'orienter vers le chocolat au lait.
 
En bouche, le produit se fait de suite plus caramélisé et un peu plus épicé (sur des notes de poivre doux avec un petit kick pimenté et quelques notes de menthol).
Les fruits sont également de la partie mais ils se font cette fois plus exotiques (ananas, mangue).
Un léger boisé va apparaître sur la longueur.
C'est à la fois chaud et épicé mais aussi rond et rafraîchissant.
Niveau consistance, on est sur quelque chose d'assez huileux.
 
À la rétro-olfaction, on va garder plus ou moins cette trame en partant sur des notes de bois toasté caramélisé vanillé et finement épicé avec une petite amertume fruitée.
Une légère touche mentholée apportera de la fraîcheur à l'ensemble.
 
La finale, très moyenne niveau longueur, sera plus chaude et restera sur cet aspect épicé plutôt fruité (toujours l'orange) en conservant cette petite amertume perçue plus haut.
 
Comme souvent avec les produits du Belize (du moins, de mon point de vue), c'est bon, c'est facile d'accès mais c'est loin d'être le truc le plus complexe du monde. C'est même assez monolithique.
Y a pas eu de « wow » quoi.
 

Kill Devil – Belize Column Still – Travellers Distilery – 11 ans – 46 % :

Kill Devil – Belize Column Still – Travellers Distilery – 11 ans – 46 %Kill Devil – Belize Column Still – Travellers Distilery – 11 ans – 46 %
Presque le même, presque ...
 
Niveau visuel, c'est sensiblement pareil.
 
Le nez est à la fois plus intense mais aussi plus fermé. Ca reste toutefois très pâtissier avec une sensation « poussiéreuse/poudrée ».
Ce côté pâtissier sur la coco, l'amande et la vanille va finalement aller crescendo, les fruits exotiques arrivant par la suite (principalement l'ananas) tout comme un aspect plus floral relativement agréable (sur la fleur de sureau) avant que les épices douces ne viennent se rappeler à notre souvenir.
Il donnera également l'impression d'être légèrement plus alcooleux. Il est relativement différent du précédent et ce, surtout à cause de son côté floral et « poussiéreux ».
 
En bouche c'est toujours très rond mais également moins « huileux ».
On retrouve pas mal le côté caramel du précédent ainsi que quelques notes toastées.
Son côté plus « fermé » perçu au nez va s'éteindre au fur et à mesure que les fruits exotiques vont exploser sur la grenade (oui, le fruit. Et, oui, le jeu de mots est naze. Mais j'en suis fier donc je m'en fiche :p). C'est assez déstabilisant mais c'est très agréable (et très sucré aussi).
Ici aussi, on droit à un petit côté chocolat au lait.
 
Niveau rétro-olfaction, c'est épicé (sur la muscade et le poivre léger), sur des notes caramélisées avec un peu de fruits.
Ce qui va surtout marquer, c'est son côté plus fumé qui va venir confirmer son petit air de poudre à canon perçu au nez.
 
La finale ne sera pas beaucoup plus longue (et restera donc assez moyenne) et va continuer de surfer sur ces notes de grenades caramélisées fumées (cet aspect fumé s'éteignant plus vite que le reste).
 
Mon préféré des deux. Mais ça reste quand même assez monolithique comme truc.
 
Comme souvent donc quand ça vient du Belize : c'est bon mais pas transcendant.
 
 
Rhum n' Whisky

mercredi 13 juin 2018

Kill Devil - "Ron" - partie 2


Après la première partie des dégustations dédiées aux rhums de tendance hispanique, passons tout simplement à ... la seconde (c'est nul comme intro, je sais mais là, je suis en manque cruel d'inspiration :p) :

Kill Devil – Nicaragua – 11 ans – 46 % :

Kill Devil – Nicaragua – 11 ans – 46 %Kill Devil – Nicaragua – 11 ans – 46 %
Oui, oui, toujours la même bouteille ...

Sa robe est d'un or intense, voire d'un orange léger à reflets dorés.

Comme pour le précédent, le nez se fait plus alcooleux (du moins par rapport au cubain).
Les fruits à chair blanche feront toutefois rapidement leur apparition (pêche, poire, ...) accompagnés de légères notes caramélisées à tendance toffee vanillé et de touches de coco (oui, encore). On relèvera également une fine pointe de solvant.
Le côté caramélisé se fera plus sirop d'érable par la suite. Bah oui.
Avant que des notes torréfiées et de bois toastés se développent, on notera la présence de quelques touches d'agrumes.


En bouche, il se fera beaucoup plus sirupeux que le précédent, plus intense aussi.
On va passer des notes de chocolat amer à un shoot épicé déstabilisant (muscade) et mentholé, le tout étant englobé dans cet aspect fruité au sirop d'érable.
En vrac, on notera également un peu d'orange amère, une pointe saline et un aspect plus caramélisé.


La rétro-olfaction va le faire pencher vers le « rhum-bourbon » avec ses notes toastées, vanillées, caramélisées malgré cette légère orange mentholée.

La finale sera relativement courte et restera sur les notes perçues en bouche avec un retour de la vanille (et du  côté bourbon).

Kill Devil – Nicaragua – 17 ans – 59,5 % :

Kill Devil – Nicaragua – 17 ans – 59,5 %Kill Devil – Nicaragua – 17 ans – 59,5 %
... mais la couleur change un peu (oui, juste un tout petit peu, je sais).

La couleur est sensiblement identique à celle de son petit frère.

Au nez, on a la même impression que pour les trois Caroni : le voltage est hyper bien maîtrisé (même si ça « pique » un peu si on « sniffe » trop fort --').
il se fera d'abord relativement floral, légèrement fruité (sur les fruits blancs, le raisin) avec un peu d'agrumes pour compléter le tout.
Les amandes arriveront ensuite.
C'est hyper frais en fait. Et assez « fermé » paradoxalement : ça va rester sur ces notes perçues d'emblée au nez.
Des notes plus pâtissières apparaîtront par la suite (les amandes n'y sont sans doute pas pour rien) avec l'arrivée de touches plus vanillées, de coco et d'un petit côté toffee.


La bouche est un peu plus caramélisée, légèrement épicée (poivre, piment léger) et chocolatée.
Les notes fruitées sont toujours là (toujours ces agrumes citronnés et un peu sur le fruit blanc).
Les notes florales restent en embuscade et l'alcool se sent un peu plus tout en restant relativement bien intégré.
Niveau consistance, c'est un rien sirupeux.
C'est assez lourd finalement.


Niveau rétro-olfaction, c'est bien plus chaud, intensément épicé (sur la muscade et le poivre), sur un boisé floral légèrement amer tout en conservant un côté fruité (agrumes, fruits blancs voire jaunes).

La finale est longue. En même temps, c'est assez logique vu le voltage.
On part sur des notes fruitées caramélisées (agrumes, fruits blancs) tout en conservant de légères épices et un côté toasté légèrement amer.


Sympa mais assez monolithique sur la fin.

Kill Devil – Panama – 10 ans – 60,5 % :

Kill Devil – Panama – 10 ans – 60,5 %Kill Devil – Panama – 10 ans – 60,5 %
Après, faut pas en demander trop non plus hein. Faut vous y habituer, c'est tout ^^

La robe est d'un or un peu plus léger que les deux précédents.

Comme pour le Nicaragua brut de fût, le voltage est extrêmement bien foutu, on ne relève aucune agressivité.
Il se fait toutefois plus intense, plus animal, sur les fruits noirs, des notes de cuir avec un petit aspect salin et quelques épices.
On relèvera quelques fleurs de sureau.
À nouveau, c'est assez déstabilisant avec l'impression d'être face à quelque chose de légèrement fumé.
Et derrière tout ça, c'est déjà assez sucré.


En bouche c'est hyper gourmand ! On démarre avec quelque chose de bien plus rond, sur des jolies notes de fruits cuits au caramel avec de fines épices (cannelle, muscade, une pointe de poivre, vanille).
L'alcool est magistralement intégré et un côté chaud amène encore un plus à l'ensemble.
Je l'ai déjà dit mas c'est hyper gourmand. Ce côté fruit cuit (prune et autres) est on ne peut plus agréable.


Au niveau de la rétro-olfaction, c'est encore un peu plus chaud, toujours sur ces notes de fruits caramélisés avec un côté toasté (ce qui amène une pointe d'amertume) légèrement torréfié.
C'est toujours très rond. Cet aspect toasté vanillé va ressortir tout comme quelques notes chocolatées.


La finale est longue (question de watts, tout ça, tout ça), sur ces notes douces, rondes et gourmandes qui nous accompagnent depuis le début et qui semblent aller vers encore plus de sucrosité, elles en viennent à nouveau à tendre vers une certaine douceur chocolatée.
Un petit kick de fraîcheur arrive en milieu de finale avant de repartir vers ces notes plus douces de fruits cuits entourées de touches mentholées, vanillées et sucrées.
Une brève impression de faire face à une légère amertume sera vite balayée par un retour des notes caramélisées à tendance chocolatée qui arriveront après un long moment.


Un produit top en bouche et hyper gourmand, un gros dessert en somme.
Le coup de cœur du line-up (c'est probablement parce que j'aime les trucs gourmands).


Finalement, ce petit line-up « ron » fut bien plus intéressant que prévu !


Rhum n' Whisky

mardi 12 juin 2018

Kill Devil - "Ron" - partie 1

 

 
Vous étiez prévenu, vous allez bouffer du Kill Devil !
(Faut bien que je rentabilise mon marathon-dégustation hein ^^)
 
Et donc, pour parler de Kill Devil, il faut remonter à 1948.
Cette année-là, à Glasgow, en Ecosse, Fred Douglas Laing eut la brillante idée de fonder la société Douglas Laing (à l'époque, on ne se cassait pas trop la tête pour trouver un nom de société).
Des années plus tard, ladite société sera dirigée par les frères Fred et Stewart Laing jusqu'à ce que ...
Jusqu'à ce que les aléas de la vie fassent que cette jolie histoire familiale se termine début 2013 et que les deux frères se séparent (en bons termes semble-t-il). Fred gradant Douglas Laing qu'il dirige avec sa fille et Stewart partant créer Hunter Laing avec ses deux fils, Andrew et Scott (Andrew qui avait de son côté déjà créé sa propre société d'embouteilleur indépendant en 2010 : « Edition Spirits », comme quoi, c'est génétique dans la famille. Surtout quand on sait que leur cousine a notamment bossé chez Whyte & MacKay et Morrison Bowmore).
Donc la société Hunter Laing date de 2013 mais elle part sur de solides bases. En effet, Stewart Laing travaille dans le milieu des spiritueux depuis qu'il a rejoint l'entreprise familiale en 1963 ou 1964 (oui, rien que ça et oui, incertitude il y a, même le site de chez Hunter Laing n'est pas clair à ce sujet).
Et comme si fêter les 50 ans de Stewart dans le milieu ne suffisait pas, Hunter Laing a décidé de lancer un projet encore plus fou qui a vraiment débuté en 2016 lors de l'acquisition d'une parcelle de terrain sur l'île d'Islay en Ecosse : la construction d'une nouvelle distillerie sur cette île mythique. Les travaux ont commencé en 2017 et la distillerie Ardnahoe a commencé à produire des spiritueux ce printemps.
 
Initialement consacré au whisky (et plus précisément centré sur des single casks), le virage vers le rhum (avec la possibilité d'acquérir des stocks de rhums âgés) n'a pas longtemps été laissé en suspens vu la qualité des produits « disponibles » afin de faire découvrir aux aficionados de la maison divers embouteillages respectant la même philosophie que celle adoptée pour le whisky : des single casks (ce qui est particulièrement embêtant quand on souhaite retrouver une bouteille qu'on a aimé ...), non filtrés à froid et sans ajout (qu'il s'agisse de caramel – pour la coloration – ou autre). Un produit authentique somme toute, embouteillé uniquement quand ses patrons estiment qu'il est arrivé à pleine maturité.
À noter que le vieillissement est effectué en Ecosse vu que les fûts de rhum sont rapatriés dans les chais de chez Hunter Laing et que les produits sont généralement embouteillés à 46° (et qu'ils ont donc subi une réduction plus ou moins importante) voire plus rarement à leur degré naturel (autrement dit « brut de fût »).
Après, il fallait aussi accrocher le chalant et « Kill Devil », ça sonne fun et exotique à la fois. Et puis, c'était également le nom donné au rhum à une certaine époque dans les Caraïbes (pour peu que l'on puisse appeler le produit issu des distillations locales aux 17ème et 18ème siècles « rhum » ^^).
 
Ok, ils font donc « comme pour le whisky », c'est-à-dire ?
C'est-à-dire que les fûts dans lesquels les spiritueux sélectionnés vont effectuer et/ou terminer leur vieillissement sont mûrement choisi et ce tant en Ecosse qu'aux Etats-Unis ou dans certaines bodegas espagnaloes (les sherry cask pour ceux qui s'interrogent). Cela est possible en raison de longues années de collaboration.
Et c'est pareil pour l'acquisition des spiritueux qui vont s'y retrouver : De longues années de collaboration ont permis à Stewart Laing (remember : plus de 50 ans de métier ^^) d'avoir accès à de sympathiques produits parmi une foultitude de distilleries écossaises.
 
Maintenant qu'on en sait un peu plus sur Kill Devil et Hunter Laing (oui, je réutilise  honteusement  presque tout le texte de ma masterclass. C'est bien connu, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se copie-colle ^^), on va passer aux dégustations à proprement parler.
 
Et on débute doucement avec la première partie de ce line-up « ron » :
Line-up Ron
Oui, 5 ... mais rassurez-vous, aujourd'hui ça sera juste 2 ^^

Kill Devil – Cuba – Sancti Spiritus – 17 ans – 46 % :

A un moment, je vais arrêter de faire des légendes hein, y a rien à raconter sur ces bouteilles là, c'est toujours la même chose ...
 
Sa couleur tend vers de légères touches dorées.
 
Au nez, c'est doux. Attention, pas liquoreux à tendance caramélisée, non, doux.
Il y a du fruit (agrumes) ainsi que des notes herbacées qui vont avoir tendance à se diriger vers quelque chose de plus étrange : des notes de saumure, acidulées, légèrement salées. On partira aussi sur de l'olive, un peu de cire, ... C'est assez particulier.
Mais on notera également la présence de fruits bien plus confits (style les petits carrés chimiques qu'on retrouve parfois en « pâtisserie »).
Ce fruité particulier va prendre doucement le dessus. C'est assez inattendu.
On relèvera un gros boisé entouré de ces notes particulières.
Enfin, par moment, la chose se fait plus « fumée » avant de faire un retour vers des notes plus fruitées et légèrement vanillées.
 
En bouche, c'est beaucoup, beaucoup plus sec et épicé à souhait (poivre, piment) avec d'importantes notes boisées ainsi que des notes de réglisse qui vont se développer de manière assez importante.
Qui dit réglisse dit généralement menthol et effectivement, on en repère un peu.
Un petit côté beurré et quelques notes salées vont revenir sur cette réglisse ainsi que de fines notes d'agrumes.
 
À la rétro-olfaction, ça reste épicé, très sec avec un aspect « fumé » sans l'être vraiment, de la réglisse, des notes boisées et une fine touche de menthol.
 
La finale est plus longue que ce qu'on aurait pu imaginer (moyenne longue quoi ^^) sur des notes de réglisse mentholée fruitée (qui va revenir sur la fin sur ce côté plus fruité) tout en restant très sèche, sur ce boisé fumé.
Les agrumes salés (et/ou la réglisse) resteront longtemps en bouche avec des notes fumées qui reviennent au galop.
 
Un nez sans rapport avec le reste et une sécheresse en bouche inattendue ... C'est pas mal. Atypique et particulier.
 

Kill Devil – Venezuela – CASCA – 13 ans – 46 % :

Oui, le rhum est vraiment plus foncé. Non, ce n'est pas qu'une question de luminosité ^^
 
Au visuel, c'est joli : on part sur un acajou foncé à reflets automnales (orange foncé quoi).
 
Le nez donnera d'emblée l'impression d'être plus alcooleux.
On notera également très vite de la coco (!!) qui amène une fraîcheur inattendue au produit : vu la couleur, je craignais un gros caramel qui tâche mais en fait non. Cette fraîcheur sera accompagnée d'épices douces (vanille, une pointe de cannelle, ...) et d'un petit côté cacaoté (en poudre le cacao) qui viendront compléter le tableau avec une très légère touche de menthol.
Et là, arrive la question : « où qu'il est le caramel Diplomatico style ?? » ben, pas vraiment  au rendez-vous en fait :-D
On est donc face à un vénézuélien tout en fraîcheur.
 
La bouche sera malheureusement plus « monolithique ». Le caramel « tant attendu » sera bien présent, accompagné d'un boisé toasté et épicé (poivre, vanille, cannelle) amenant un certain peps à l'ensemble.
Et bien, étonnamment, ce n'est pas écœurant et ça reste même assez sec.
Le cacao est toujours là, la coco aussi ainsi qu'un petit côté fruits jaunes. Tout cela reste toutefois plus discret.
 
Au niveau de la rétro-olfaction, on va retrouver ces notes boisées toastées, ce côté épicé, une pointe de menthol pour la fraîcheur, un peu de coco (pour l'effet de surprise qui n'est plus vraiment surprenant à ce stade) et un peu de cacao.
 
La finale est assez courte, un rien plus chaude et conserve un aspect mentholé assez imposant qui permettra de conserver cette fraîcheur sous-jacente face à des notes de fruits exotiques aux relents caramélisés.
L'agréable boisé qui nous accompagne depuis le début est toujours là.
 
...
A suivre donc ...
(ça fait très série télé comme ça ^^)
 
 
Rhum n' Whisky

vendredi 8 juin 2018

Belgian Whisky & Spirits Festival 2018 – Clap 1

BWSF - logo
Bien, bien, bien, … par quoi commencer ?
 

Pourquoi « Clap 1 » ?

Tout simplement parce qu’il s’agissait de la première édition.
 
Sinon, plus sérieusement, l’idée de ce festival remonte bien avant les derniers Rhum Days, moment où j’ai rencontré Ludo, découvert la gamme Samaroli et – à mon insu – mis un pied de l’autre côté de la table des exposants avant de définitivement passer du côté obscur lors du dernier Salon du Rhum.
 
Bref, à cette époque, l’idée d’organiser un salon dédié aux spiritueux (rhum et whisky mais pas que) était déjà là.
Il aura ainsi fallu attendre pas loin d’un an pour que la chose se concrétise.
 

D’un point de vue « extérieur », c’est comment pourquoi c’est bien ?

Généralement, à chaque salon, je vous gratifie de mon habituel, bien, pas bien, pourquoi.
Cette fois, cette partie va être un peu différente vu que j’ai vécu l’évènement de l’intérieur (toi, le crabe qui rit et qui pense très fort, « ben oui, comme tous les participants », je voulais juste dire de derrière le stand) et surtout beaucoup plus courte.
 
Niveau organisation tout d’abord :
- l’évènement avait lieu au parc du Cinquantenaire, côté Autoworld et plus particulièrement sur la mezzanine dudit musé. C’est joli. Ça doit être cher niveau location aussi (mais ça, ce n’est pas notre problème) ;
- il se déroulait sur trois jours : vendredi-samedi-dimanche (les 1, 2 et 3 juin 2018 pour être précis) ;
- le billet (30 euros en prévente avec 5 tokens ou 40 euros le jour même) permettait de visiter le musée (en même temps, fallait bien passer dedans pour arriver à l’espace dédié aux spiritueux donc) ;
- il y avait du whisky et des « spirits », tout plein de « spirits » différents (j’y reviendrai) ;
- il y avait plein de masterclass (à mon avis une vingtaine, étalées sur les trois jours) diverses et variés (oui, il y avait plein de « spirits » je vous dis) ;
- un shop était dispo à la sortie.
 
Je pense que c’est à peu près tout niveau pratico-pratique.
 
Au niveau des points positifs :
- la situation : Bruxelles, tout le monde sait y aller (du moins, en train). Et, une fois Gare Centrale, un petit trajet en métro et on est bon. Comprendre par-là : c’est plus facile que d’aller à Spa (du moins, pour moi : Waremme-Bruxelles, c’est direct, Waremme-Spa ben, pas vraiment non) ;
- penchons-nous directement sur une question importante : oui, les toilettes sont propres ^^ ;
- autre point non négligeable : il y a de l’eau (fraiche froide même. Du moins, quand on la reçoit) à volonté ;
- on a eu droit à un concert de cornemuse ^^ ;
- l’affluence : alors oui, c’est un premier salon mais il y a eu peu de monde. Vraiment très peu de monde : les vendredi et dimanche, ça a été un peu mort. Et du point de vue des visiteurs ben c’est juste génial hein ! Pas trop de monde sur les stands, possibilité d’obtenir une foultitude d’informations, aucune impression d’être écrasé par une marée humaine. Bref, c’est top ;
- le point le plus important selon moi : il y avait des « spirits » ! C’était annoncé dans le nom même du festival et force est de constater que ce n’était pas un mensonge.
On retrouvait donc les « trois grands » qui ont droit de plus en plus à leurs festivals dédiés (whisky, rhum et gin) mais il y avait surtout pas mal d’autre chose et notamment des alcools très peu (voire jamais pour certains) mis en lumière lors de festivals ou évènements : tequila, mezcal, cachaça, pisco, armagnac, cognac, calvados, grappa, eau-de-vie de fruits, baiju et j’en passe (ou j’en oublie).
C’est clairement – pour moi du moins – le gros plus de ce festival et si j’avais été visiteur, à part l’une ou l’autre exclusivité en rhum ou en whisky, j’aurais passé mon week-end sur ces stands « différents ».
En plus, la majorité des représentants étaient passionnés par leur produit donc c’est juste top !
- la conséquence du point précédent : une flopée de masterclass sur des thèmes divers et variés (rhum, whisky, armagnac, cognac, baiju, pisco, …) ;
- … parce que j’ai sûrement raté un tas de trucs hein
 
Au niveau points négatifs :
- c’est un salon belge hein. Et qui dit salon belge, dit tokens (jetons, … appelez ça comme vous voudrez). Il y avait des stands où tout était gratuit, des stands où tout était payant, des stands où c’était « proportionné ». Il y avait aussi des stands où les prix étaient clairement abusés.
Après, on sait, c’est – à peu de choses près – toujours comme ça que ça se passe chez nous.
Je ne reviendrais pas sur la question du bien-fondé ou pas de cette méthode, c’est comme ça, c’est tout.
Après, la discussion mène à tout hein : découverte de produits intéressants, rabais, … alors certes ça ne stoppe pas le problème mais ça le minimise.
Mais rassurez-vous, pour avoir fait le Whisky Festival de Milan, je peux vous dire qu’on est dans la moyenne basse niveau prix (là, certaines bouteilles font « fois quatre », si, si). En fait on est même dans une certaine logique vu que le prix du dram correspondait généralement au prix de la bouteille divisé par sa contenance pour obtenir le prix au centilitre.
La question est : est-ce pertinent sur un salon où le ticket d’entrée est déjà de 40 euros (comparé à certains salons français où tout est gratuit pour ce prix) ?
Il y aura toujours du pour (éviter les débordements) et du contre, ça fait partie du jeu et je n’ai pas à me prononcer sur la question cette fois vu que je n’ai pas « subi » cette « tokenisation » ;-) ;
- trop de masterclass tue les masterclass à mon avis : pour une première c’était une super idée mais il y avait vraiment très, très peu de gens (quand il y en avait) inscrits ;
- le concert de cornemuse : l’espace étant réduit ça faisait vraiment, vraiment beaucoup de bruit. Et comme certains l’ont relevé, ce n’était pas un salon consacré exclusivement au whisky. Quid de la musique des Caraïbes ? :p ;
- le parking : visiblement, c’était « Bruxelles environnement » ce week-end là ce qui fait que le parking du Cinquantenaire était fermé … ;
- pas grand-chose d’autre à ajouter (bah oui, j’ai pas vraiment eu l’occasion de peser le pour et le contre comme je vous ai dit) si ce n’est qu’il fallait vraisemblablement sortir du festival pour se sustenter et que l’eau tardait parfois à arriver quand on avait tué sa bouteille.
 

Et niveau « intérieur » maintenant ?

L’avant BWSF :
Aspect purement personnel du festival : la préparation de la masterclass Kill Devil et des produits présentés sur le stand (on y arrive) s’est déroulée en trois phases :
1. le choix (et la dégustation) des produits à présenter lors de la MC (remember les retours sur les Uitvlugt, Enmore et Caroni) ;
2. réfléchir (et écrire) ce que j’allais raconter pour cette MC ;
3. le mini-marathon rhumesque (25 rhums en 5 jours) – histoire de savoir ce que j’avais sur ma table – qui a eu lieu la semaine précédant le festival (oui, comme pour Samaroli à Spa, j’ai récupéré les samples peu de temps avant ^^).
line-up Kill Devil
Comment ça, c'est abusé ? --'
Vendredi :
Je vous épargne le trajet pour se rendre jusqu’au salon, il ne s’est pas passé grand-chose d’intéressant (pareil pour le retour et ce, pendant les trois jours) pour arriver directement sur les lieux.
Une fois sur place, on dit bonjour à tout le monde, on repère les toilettes (question de survie ^^) et on se dirige vers la mezzanine.
Premier constat, y a pas grand monde.
Deuxième constat, y a des bouteilles Kill Devil sur ma table mais pas 33 …
Déballage des bouteilles, découverte d’un Dark Overproof (maintenant que j’y pense, je ne l’ai même pas goûté celui-là) dont j’ignorais l’existence jusqu’alors et une fois toutes les bouteilles sur la table, le constat est sans appel : il en manque (notamment les trois Barbade, soit deux coups de cœur et un OVNI. Crotte.).
Ni une, ni deux, j’essaie d’appeler Ludo … qui ne répond pas et donc je redescends.
Pour certaines quilles, il n’y avait plus assez de stock mais pour les Barbade, c’est un oubli (recrotte donc).
Et là, j’apprends qu’Antonio Blève (le petit Monsieur qui dirige Samaroli depuis quelques années déjà) ne donne pas signe de vie. Le gars devait légèrement présenter ses produits (rhum et whisky) mais également assurer une masterclass où il y avait un inscrit.
J’apprends aussi qu’il n’y a pas d’inscrit pour la MC Kill Devil (question de prix sans doute).

Me voilà donc en charge de présenter les produits Kill Devil (ok, je gère) et Samaroli (le rhum je gère, je les connais, c’est ceux de l’année dernière et un peu de 2016 par conter le whisky … c’est la première fois que je vois les bouteilles). Ben ça fait plus de 25 bouteilles en plus à présenter --‘
Heureusement qu’ils avaient prévu trois tables pour Samaroli : j’ai pu rapatrier les Kill Devil juste à côté (à la grande surprise de la petite dame de chez Hunter Laing qui a pu bénéficier d’une table en plus du coup).
Les tables étant prêtes …
Samaroli - rhumSamaroli - whisky

Kill Devil
Ca a de la gueule quand même non ? Attention, jeu : toi aussi, trouves la bouteille de Smith & Cross
 
... je retourne faire un petit tour et mes espérances deviennent réalité : il y a plein de spiritueux divers et variés, va falloir penser à prendre des samples fin du week-end ^^
Et c’est à partir de ce moment que je commence à dire bonjour à plein d’exposants (c’est toujours les mêmes donc ça aide) et chacun fera son petit tour sur le stand de l’un ou l’autre (c’est mort je vous dis le vendredi). C’est chouette et on ne va pas tous les nommer (de peur principalement d’en oublier un).
 
Pendant ce temps, ça cafouille un peu en bas (pas de prix pour les dégust’ ; on n’en aura d’ailleurs jamais du week-end Oo’ … les bouteilles pour la boutique continuent d’arriver et les gens aussi, …) mais bon, rien de bien grave, c’est une première, il faut que jeunesse se fasse ;-)
 
Et donc les gens arrivent et commence alors la ruée sur les bouteilles et une occupation de tous les instants qui … non, je déconne, vendredi, c’était mort :p
Après, c’est bien aussi, ça permet de donner les infos que le gens souhaitent avoir et d’être un peu (beaucoup) plus à l’écoute que quand vous avez 12 personnes autour de vous.
Mais ceux qui étaient là en ont bien profité vu qu’à nos tables, à un moment de la soirée, on se serait cru aux puces : c’était tout à 1 euro (oui, même le Hampden !)
Bref tout se passe bien, les gens ont l’air convaincus par les produits (bon, il est possible que j’ai poussé vers les trucs que j’appréciais en précisant que certains étaient moins « bien » que d’autres donc, ça mettait en confiance et je pense – pour les rhums du moins ; ce qui était quand même la plus grande partie de mon « stand » - j’ai été d’assez bon conseil ^^) et tout le monde passe un bon moment dans une ambiance relativement calme (c’est pas plus mal).
Bon, je reconnais avoir fait une grosse promo sur le Smith & Cross. Y a des ceusses à qui ça a un peu déboité les narines et la mâchoire (je les avais prévenus pourtant :p).
 
Ah oui, ce jour-là, j’ai retesté un truc que j’avais trouvé un peu infâme à ses débuts : le rhum du Dr Clyde ^^
Bon ben voilà. C’est un peu comme le Belgian Owl en fait : il faut réhabiliter Pierre-Yves (à tout le moins sur son brut de fût et son blanc archi-aromatique) !
 
Nous terminerons cette première journée sur ces bonnes paroles.
 
Samedi :
Je ne vais pas être plus long que de raison vu que la journée s’est relativement déroulée de la même manière (j’ai croisé encore plus de gens que je connaissais cela dit).
À deux-trois exceptions près :
- c’était déjà plus rôdé en-dessous donc le cafouillage du vendredi c’était effectivement dû à l’effervescence de la « grande première » ;
- on a constaté que les gens complètement plein ben, ils ne savent pas descendre sans ascenseurs (les escaliers sont fourbes) ;
- c’était le jour de la Masterclass Kill Devil qui, jusqu’au dernier moment, devait être annulée mais en fait non : il y a finalement eu un inscrit au dernier moment.
 
La MC Kill Devil donc :
Je le reconnais, à part l’historique de chez Hunter Laing (que je vous réserve pour plus tard) et les notes de dégustation, le reste c’était un peu de la récup’. En même temps, parler d’un embouteilleur indépendant, c’est toujours un peu chaud hein, on a vite fait le tour…
Ce qui fait que parmi les sujets abordés, il y a eu :
- le pourquoi du comment des rhums du Demerara (ça, ça vient d’ici) avec une petite explication sur chaque distillerie (qu’on retrouve dans la Mc Samaroli) ;
- Caroni (ça, ça vient de là) ;
- les notions d’embouteilleurs indépendants et officiels ainsi que la distinction vieillissement tropical/continental (ça, ça vient de la MC Samaroli du Salon du Rhum).
Je sais, c’est facile vu comme ça.
Quant aux rhums proposés, il s’agissait : de l’Uitvlugt de 18 ans, des deux Enmore et des trois (oui, les trois finalement) Caroni (gros succès des 17 ans et 18 ans à 63,2°).
La personne en face de moi étant intéressée par ce que je racontais et sympathique (et surtout au vu du prix de la MC), nous sommes repassés au stand histoire de lui faire découvrir l’un ou l’autre produit que l’on qualifiera de « bonus ». Au vu des retours, il semblait enchanté. Ça fait plaisir :-D
 
Fatalement, durant la MC, ça a été le « coup de feu » (en gros 3-4 personnes à la fois au lieu d’une seule) qui a encore duré quelques temps avant que ça ne se calme à nouveau.
Bon, après, j’ai été subtil hein, les étiquettes Samaroli, ça attire l’œil et j’étais à l’entrée :p
 
Dans l’ensemble, je pense que les gens étaient satisfaits de mes explications et des produits (après, je n’avais pas hérité du pire stand possible non plus, je le reconnais).
Par après, il y a eu un léger schisme au sein de l’organisation ce qui fait qu’on s’est finalement retrouvé en plus petit comité pour aller souper. C’était top (tant dans l’assiette qu’en dehors). Mais ça, ça vous intéresse moins.
 
Dimanche ;
On prend les mêmes et on recommence, à nouveau à deux-trois exceptions près :
- j’ai rencontré un collègue travaillant dans le notariat (oui, goûter et parler d’alcool n’est pas mon vrai métier) et ayant travaillé dans l’étude où je bosse actuellement (je dirais que la probabilité de gagner à l’euromillion est plus forte. Pas de pot :p) ;
- j’ai proposé à quelqu’un de rincer son verre avant de passer à la dégustation suivante et ce crabe à vider son verre dans le mien au lieu du crachoir. Comment dire, … --‘
- c’était le jour de la Masterclass Samaroli.
 
La masterclass Samaroli :
Initialement, une seule personne devait y assister. Finalement, un second est arrivé en cours de route (le premier a donc eu droit deux fois aux mêmes explications).
Niveau présentation, je ne me suis pas beaucoup foulé : j’ai repris la même qu’à Spa en y ajoutant un peu d’histoire sur le Demerara (pour rentabiliser ce que j’avais préparé quoi).
Niveau produits présentés, n’ayant reçu aucune instruction (ou interdiction) je me suis fait plaisir  et j’ai – je pense – fait plaisir aux participants :
- Trinidad 1999-2017
- Dark Demerara 2005-2017
- Demerara 1990-2017
- Demerara 1998-2017
- Fiji 2001-2017
- Hampden 1992-2017
Ils ont apprécié ! :-D
 
Pour le surplus, ce fut plus comme vendredi (un peu mort) et donc j’ai pu pas mal échangé avec les gens. Le kiff :-D
Avant de ranger, de dire au revoir à tout le monde (et, j’espère, à l’année prochaine), j’en ai quand même profité pour sampler « l’un ou l’autre » produits …

… ok, j’ai samplé comme un goret, la preuve en image :
samples
Saaaaaaaaamples ^^
À ma décharge, je n’ai quasi rien gouté du week-end (principalement dimanche ou j’étais pris d’une part, par mon allergie et d’autre part, par le rhume de ma fille. Double combo !).
C’est une excuse pourrie mais je l’assume pleinement ^^
 
Fin de salon.
Fin de week-end.
Il est donc temps de retourner à une vie normale, des souvenirs plein la tête.
 
Mais, ce qui m’aura le plus plu au cours de ces trois jours, ce sont ces rencontres avec des gens de tous horizons (inconnus, amis, collègues, exposants) autour d’une passion commune ainsi que la bonne ambiance entre tous les membres de l’équipe que l’on formait sur les stands qui nous étaient dédiés (à aucun moment je n’aurais pensé discuter Alice Cooper et Nino Ferrer devant un bon repas :-D).
Bref, après ce moment guimauve mais sincère, je vous promets de redevenir un connard ;-x
 
Ah oui, y avait aucun produit de chez Nectar.
Parce que bon, malgré tous les produits et marques présents, ça fait quand même un gros manque.
À la question « est-ce un oubli de l’organisation ? », je ne peux y croire. Du coup deux solutions subsistent :
- choix délibéré des organisateurs de ne pas « inviter » la société (qui – soyons honnêtes – aurait occupé à elle seule l’espace. Ceux qui ne me croient pas, je vous invite à faire un tour au Spirits in the Sky) ;
- volonté de ladite société de ne pas participer à ce salon (afin de se consacrer entièrement à « son » salon (ledit Siprits in the Sky donc) ?).
 
Quoiqu’il en soit, vivement l’année prochaine !
 
Alors vous l’aurez compris (ou pas), 25 rhums en 5 jours … vous allez en bouffez du Kill  Devil à partir de maintenant ^^
 
 
Rhum n’ Whisky

mardi 5 juin 2018

Le moulin et son « p’tit vieux »

A l'occasion d’une des dernières quinzaines du BRC, j'ai ressorti une des premières bouteilles que j'ai achetée et qui "pourrissait" dans le fond de ma cave.
En même temps, elle ne m'a jamais fait forte impression.
Mais bon, si je ne la ressortais pas à cette occasion, qu'allais-je bien pouvoir en faire (à part des ti-vieux, on est d'accord) ?
 
Du coup :
 

Trois Rivières – Cuvée du Moulin :

Trois Rivières – Cuvée du Moulin
Je vais finir par demander des réductions au Salon du Rhum (ou alors ils vont me réclamer des royalties, je sais pas trop --')
Sa robe est or orangée à reflets dorés.
 
Alors, je ne sais pas si c'est l'oxydation ou alors le fait que j'ai pris un peu de bouteille (jeu de mots pourri de circonstances, je ne pouvais pas m'en empêcher :p) ou encore que je n'avais pas de goût à l'époque mais le nez est bien plus agréable que dans mes souvenirs.
C'est relativement fruité : à la fois sur les fruits frais (fruits blancs) mais également sur les fruits séchés (en plein sur la mangue séchée légèrement sucrée).
On y trouve déjà pas mal d'épices relativement douce (cannelle, légère touche de vanille, poivre très délicat, un peu de muscade, ...) ainsi qu'un boisé bien typé et légèrement humide.
Avec un peu d'aération, les fruits (exotiques mais également sur les agrumes) vont doucement prendre le dessus, accompagnés d'un petit côté sucré, étant toutefois précisé que les notes boisées, plus sèches, restent en embuscade.
 
En bouche, c'est bien plus épicé (poivre, muscade, cannelle) et on part sur des notes de bois bien plus sèches (un peu comme sur la finale du nez) mais en conservant toutefois ce côté fruité prégnant qui respire l'exotisme et les agrumes.
On va également gagner un aspect plus végétal (sur la canne) un rien amer.
C'est pas mal balancé finalement.
 
À la rétro-olfaction, les épices – poivre fin en tête – sont contrebalancées par des notes sucrées un peu plus florales avant de laisser place à une légère amertume végétale.
Et derrière tout ça, on repère un boisé toasté.
 
La finale est moyenne et relativement douce avec un côté fruité (plus sur le raisin à présent) épicé (à nouveau sur le poivre qui domine les autres épices dans un premier temps avant que celles-ci n'apportent un peu de douceur au produit) et une légère amertume boisée et végétale.
 
Parfois ça a du bon de retomber sur de vieilles quilles dont on n'attend plus rien.
Parce que ça me plaît bien mieux que dans mes souvenirs.
Alors oui, c'est très, très loin d'être un grand rhum agricole mais au vu de son prix, c'est relativement sympa ;-)
 
Et donc, moment « bonus » :
Le même mais en « p'tit vieux » (comment ça, c'est pas comme ça qu'on dit ?) !
Trois Rivières – Cuvée du Moulin - ti-vieux
C'est limite flippant tout ce qu'il y a dans ce verre ...
Ben au visuel, le verre paraît plus gros et inadéquat, le jus semble un rien plus foncé, des trucs verts chelous flottent dans le liquide et une cuillère vient squatter le truc.
Je vends du rêve, j'en ai conscience ^^
 
Étrangement, le nez est très citron vert dites donc. Avec quelques notes de 3R quand même (quoi, je le charge trop en citron ?).
C'est rafraîchissant, c'est le but :-D
 
En bouche, c'est plus « sirupeux » niveau consistance (la faute au sucre sans doute) et les notes de citron sont entourées d'un rhum agréablement sucré avec un léger retour des notes boisées et des épices propres au « matériau de base ».
 
Niveau rétro-olfaction (oui, je donne de ma personne), le citron se fait plus épicé tout en restant sur des notes végétales, l'amertume en moins.
Niveau boisé et épicé, c'est très chouette.
 
La finale bah, elle n'est pas vraiment plus courte (la faute au côté sucré-citronné), ni plus longue mais on va rester sur ce citron agréablement sucré avant qu'un retour du bois et des épices nous rappellent que le mélange n'est pas fait avec un blanc.
 
 
Rhum n’ Whisky