mardi 12 juin 2018

Kill Devil - "Ron" - partie 1

 

 
Vous étiez prévenu, vous allez bouffer du Kill Devil !
(Faut bien que je rentabilise mon marathon-dégustation hein ^^)
 
Et donc, pour parler de Kill Devil, il faut remonter à 1948.
Cette année-là, à Glasgow, en Ecosse, Fred Douglas Laing eut la brillante idée de fonder la société Douglas Laing (à l'époque, on ne se cassait pas trop la tête pour trouver un nom de société).
Des années plus tard, ladite société sera dirigée par les frères Fred et Stewart Laing jusqu'à ce que ...
Jusqu'à ce que les aléas de la vie fassent que cette jolie histoire familiale se termine début 2013 et que les deux frères se séparent (en bons termes semble-t-il). Fred gradant Douglas Laing qu'il dirige avec sa fille et Stewart partant créer Hunter Laing avec ses deux fils, Andrew et Scott (Andrew qui avait de son côté déjà créé sa propre société d'embouteilleur indépendant en 2010 : « Edition Spirits », comme quoi, c'est génétique dans la famille. Surtout quand on sait que leur cousine a notamment bossé chez Whyte & MacKay et Morrison Bowmore).
Donc la société Hunter Laing date de 2013 mais elle part sur de solides bases. En effet, Stewart Laing travaille dans le milieu des spiritueux depuis qu'il a rejoint l'entreprise familiale en 1963 ou 1964 (oui, rien que ça et oui, incertitude il y a, même le site de chez Hunter Laing n'est pas clair à ce sujet).
Et comme si fêter les 50 ans de Stewart dans le milieu ne suffisait pas, Hunter Laing a décidé de lancer un projet encore plus fou qui a vraiment débuté en 2016 lors de l'acquisition d'une parcelle de terrain sur l'île d'Islay en Ecosse : la construction d'une nouvelle distillerie sur cette île mythique. Les travaux ont commencé en 2017 et la distillerie Ardnahoe a commencé à produire des spiritueux ce printemps.
 
Initialement consacré au whisky (et plus précisément centré sur des single casks), le virage vers le rhum (avec la possibilité d'acquérir des stocks de rhums âgés) n'a pas longtemps été laissé en suspens vu la qualité des produits « disponibles » afin de faire découvrir aux aficionados de la maison divers embouteillages respectant la même philosophie que celle adoptée pour le whisky : des single casks (ce qui est particulièrement embêtant quand on souhaite retrouver une bouteille qu'on a aimé ...), non filtrés à froid et sans ajout (qu'il s'agisse de caramel – pour la coloration – ou autre). Un produit authentique somme toute, embouteillé uniquement quand ses patrons estiment qu'il est arrivé à pleine maturité.
À noter que le vieillissement est effectué en Ecosse vu que les fûts de rhum sont rapatriés dans les chais de chez Hunter Laing et que les produits sont généralement embouteillés à 46° (et qu'ils ont donc subi une réduction plus ou moins importante) voire plus rarement à leur degré naturel (autrement dit « brut de fût »).
Après, il fallait aussi accrocher le chalant et « Kill Devil », ça sonne fun et exotique à la fois. Et puis, c'était également le nom donné au rhum à une certaine époque dans les Caraïbes (pour peu que l'on puisse appeler le produit issu des distillations locales aux 17ème et 18ème siècles « rhum » ^^).
 
Ok, ils font donc « comme pour le whisky », c'est-à-dire ?
C'est-à-dire que les fûts dans lesquels les spiritueux sélectionnés vont effectuer et/ou terminer leur vieillissement sont mûrement choisi et ce tant en Ecosse qu'aux Etats-Unis ou dans certaines bodegas espagnaloes (les sherry cask pour ceux qui s'interrogent). Cela est possible en raison de longues années de collaboration.
Et c'est pareil pour l'acquisition des spiritueux qui vont s'y retrouver : De longues années de collaboration ont permis à Stewart Laing (remember : plus de 50 ans de métier ^^) d'avoir accès à de sympathiques produits parmi une foultitude de distilleries écossaises.
 
Maintenant qu'on en sait un peu plus sur Kill Devil et Hunter Laing (oui, je réutilise  honteusement  presque tout le texte de ma masterclass. C'est bien connu, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se copie-colle ^^), on va passer aux dégustations à proprement parler.
 
Et on débute doucement avec la première partie de ce line-up « ron » :
Line-up Ron
Oui, 5 ... mais rassurez-vous, aujourd'hui ça sera juste 2 ^^

Kill Devil – Cuba – Sancti Spiritus – 17 ans – 46 % :

A un moment, je vais arrêter de faire des légendes hein, y a rien à raconter sur ces bouteilles là, c'est toujours la même chose ...
 
Sa couleur tend vers de légères touches dorées.
 
Au nez, c'est doux. Attention, pas liquoreux à tendance caramélisée, non, doux.
Il y a du fruit (agrumes) ainsi que des notes herbacées qui vont avoir tendance à se diriger vers quelque chose de plus étrange : des notes de saumure, acidulées, légèrement salées. On partira aussi sur de l'olive, un peu de cire, ... C'est assez particulier.
Mais on notera également la présence de fruits bien plus confits (style les petits carrés chimiques qu'on retrouve parfois en « pâtisserie »).
Ce fruité particulier va prendre doucement le dessus. C'est assez inattendu.
On relèvera un gros boisé entouré de ces notes particulières.
Enfin, par moment, la chose se fait plus « fumée » avant de faire un retour vers des notes plus fruitées et légèrement vanillées.
 
En bouche, c'est beaucoup, beaucoup plus sec et épicé à souhait (poivre, piment) avec d'importantes notes boisées ainsi que des notes de réglisse qui vont se développer de manière assez importante.
Qui dit réglisse dit généralement menthol et effectivement, on en repère un peu.
Un petit côté beurré et quelques notes salées vont revenir sur cette réglisse ainsi que de fines notes d'agrumes.
 
À la rétro-olfaction, ça reste épicé, très sec avec un aspect « fumé » sans l'être vraiment, de la réglisse, des notes boisées et une fine touche de menthol.
 
La finale est plus longue que ce qu'on aurait pu imaginer (moyenne longue quoi ^^) sur des notes de réglisse mentholée fruitée (qui va revenir sur la fin sur ce côté plus fruité) tout en restant très sèche, sur ce boisé fumé.
Les agrumes salés (et/ou la réglisse) resteront longtemps en bouche avec des notes fumées qui reviennent au galop.
 
Un nez sans rapport avec le reste et une sécheresse en bouche inattendue ... C'est pas mal. Atypique et particulier.
 

Kill Devil – Venezuela – CASCA – 13 ans – 46 % :

Oui, le rhum est vraiment plus foncé. Non, ce n'est pas qu'une question de luminosité ^^
 
Au visuel, c'est joli : on part sur un acajou foncé à reflets automnales (orange foncé quoi).
 
Le nez donnera d'emblée l'impression d'être plus alcooleux.
On notera également très vite de la coco (!!) qui amène une fraîcheur inattendue au produit : vu la couleur, je craignais un gros caramel qui tâche mais en fait non. Cette fraîcheur sera accompagnée d'épices douces (vanille, une pointe de cannelle, ...) et d'un petit côté cacaoté (en poudre le cacao) qui viendront compléter le tableau avec une très légère touche de menthol.
Et là, arrive la question : « où qu'il est le caramel Diplomatico style ?? » ben, pas vraiment  au rendez-vous en fait :-D
On est donc face à un vénézuélien tout en fraîcheur.
 
La bouche sera malheureusement plus « monolithique ». Le caramel « tant attendu » sera bien présent, accompagné d'un boisé toasté et épicé (poivre, vanille, cannelle) amenant un certain peps à l'ensemble.
Et bien, étonnamment, ce n'est pas écœurant et ça reste même assez sec.
Le cacao est toujours là, la coco aussi ainsi qu'un petit côté fruits jaunes. Tout cela reste toutefois plus discret.
 
Au niveau de la rétro-olfaction, on va retrouver ces notes boisées toastées, ce côté épicé, une pointe de menthol pour la fraîcheur, un peu de coco (pour l'effet de surprise qui n'est plus vraiment surprenant à ce stade) et un peu de cacao.
 
La finale est assez courte, un rien plus chaude et conserve un aspect mentholé assez imposant qui permettra de conserver cette fraîcheur sous-jacente face à des notes de fruits exotiques aux relents caramélisés.
L'agréable boisé qui nous accompagne depuis le début est toujours là.
 
...
A suivre donc ...
(ça fait très série télé comme ça ^^)
 
 
Rhum n' Whisky

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire