mercredi 22 août 2018

Le temps passe, les samples (surtout) et les bouteilles (aussi en fait --‘) s’accumulent … (ou "deux ans de carabistouilles en tout genre")

Deux ans !

Ça fait maintenant deux ans que je vous assomme, parfois avec des pavés, parfois avec des textes un peu plus court mais toujours en rapport avec les spiritueux.

Le moment idéal de faire le point sur le blog donc !

Quoi de neuf depuis l’année dernière ?
- de 49 articles on est passé à 111 (celui-ci compris). OK, la pléthore de billets sur le Rhum Fest a peut-être joué dans le nombre de post mais au moins, vous avez eu du contenu de manière un peu plus fréquente.
À ce sujet, depuis 2018 (oui parce que novembre et décembre 2017, c’était un peu mort hein), j’arrive à tenir mes cinq articles minimum par mois. Je suis fierté ^^
Je vais tâcher de garder le rythme jusqu’en décembre (et plus si la motivation et le temps de dégustation et d’écriture le permettent) ;
- 450 dégustations (à nouveau, certaines à deux reprises mais bon, on n’a que le mal qu’on se fait). C’est-à-dire 215 « nouveautés » depuis l’année dernière (où on était quand même à 235).
Mon foie va toujours bien, merci ;
- je tiens à jour la page fesse-bouc du blog. J’arrive même à y publier des trucs certes en rapport avec le blog mais pas nécessairement que des liens vers les articles. Au moins, ça fait un peu vivre l’affaire. Je progresse dans la sociabilisation informatique (ce qui – en soi – est nu exploit à mon niveau) ;
- niveau visibilité, depuis le début de l’aventure on est plus de 168.500 vues et à un rythme de croisière de plus de 5.000 vues par mois en moyenne pour cette année. Ça, vous vous en fichez probablement (j’entends quelqu’un dire au fond « comme du reste » mais je m’en fiche, c’est moi qui écris) mais je flatte mon égo à mon petit niveau, ça fait toujours plaisir :p ;
- la mise en place d’une nouvelle technique de retour pour les évènements : ça permet d’une part de ne pas vous faire une tartine de 23 pages mais surtout de vous parler plus vite de l’évènement en question ou de certains produits y découvert (ok, j’ai encore un retard certain pour l’un ou l’autre truc mais bon, ça va venir, ça va venir) ;
- l’année passée, on avait eu droit à une incursion dans le monde du cognac, un festival sur le gin et la découverte de quelques grappas (le clairin et la cachaça, ça reste quand même dans le domaine du rhum hein). Cette année, la diversification a tout bonnement explosé :
° 284 rhums (la grande majorité des produits chroniqués sur le blog donc) ;
° 85 whiskys (oui, j’accuse un certain retard dans mes dégust’ whisky ; faudrait que quelqu’un pense à lancer une #quinzaine maltée, ça aiderait à remonter le nombre) ;
° 4 clairins et 7 cachaças (c’est intéressant la cachaça, va falloir approfondir. Le clairin aussi mais c’est plus compliqué à trouver sous nos latitudes) ;
° 23 gins (et j’ai un Gin Discovery de retard donc on risque de bientôt frôler la trentaine) ;
° 8 grappas (ça, ça n’a pas bougé par contre mais j’ai des nouveautés à tester :-D) ;
° 35 tequilas, mezcals, sotols et raicillas (de gros coups de cœur pour certains d’entre eux) ;
° puis il y a les mono-dégustations (comprendre « celles oùske j’ai gouté un seul produit »), soit bière, calvados, cognac et eau-de-vie. Mais là aussi ça va bien changer vu le nombre astronomique de samples en attente ;
- … comme à chaque fois que je fais un listing hein : parce que j’ai sûrement oublié quelque chose !

Mais comme l’année dernière, le plus important, ce n’est pas de savoir qui a la plus grosse le plus grand nombre de billets ou de spiritueux chroniqués sur son blog. Non, loin de là, le plus important, c’est ce qui se passe derrière votre écran quand vous sortez de votre chez vous : la vraie vie avec des vrais gens (même si parfois ils sont bizarres ^^).
Et cette année encore on va faire abstraction sur le fait que je me balade toujours avec les mêmes polos (faudrait que je me trouve un vrai logo qui claque mais comme je suis nul en graphisme ben on va encore les garder quelques temps) :
- l’évènement le plus récent mais également le plus triste : le décès de Jacky Busch. Il laissera un vide énorme.
Je trouve ça perturbant de le mettre dans ce type de billet mais – à notre niveau « belge » – ça me parait trop important que de faire comme si de rien n’était. Je ne m’étendrai toutefois pas plus à ce sujet ici ;
- le nombre de rencontres est toujours stupéfiant : alors non seulement, on connait de plus en plus de gens mais surtout on connait de mieux en mieux les « habitués » des salons (amateurs, exposants, organisateurs) ou les cavistes, ce qui fait qu’on sympathise pas mal avec certains. Et très honnêtement, c’est très chouette.
La preuve ? Cette année, trois jours de whisky-Live, plus ou moins trente dégustations (mais beaucoup de samples en contrepartie). Voyez les premiers salons chroniqués, il y avait bien plus de retours. Du coup maintenant, on rencontre des têtes connues, des connaissances, des amis et on discute. On discute même plus que déguster ;-) ;
- c’est pas tout-à-fait IRL (pas du tout en fait) mais le réseau fesse-bouc s’étend et permet de découvrir non seulement de nouvelles personnes mais également de nouveaux spiritueux parfois introuvables autrement ;
- l’année passée, je vous parlais de « la découverte d'un univers incroyablement vaste », vu que je me diversifie de plus en plus, il devient quasi infini cet univers. On va tâcher d’en faire un petit tour dans la mesure de mes moyens ;
- des "voyages" (et plus seulement Waremme-Spa hein) : maintenant on fait Waremme-Bruxelles, Waremme-Orbais et Waremme-Gand … Non, je déconne (enfin, si, c’est vrai, on est allé à Bruxelles, à Orbais et à Gand mais là n’est pas le concept du voyage) : cette année on a notamment découvert Milan (un fantastique acte manqué, on finira bien par en parler maintenant que la pilule est passée) et Paris (un vrai périple en soi et une journée démentielle. N’hésitez pas à checker les posts du mois d’avril) ;
- des claques gustatives monumentales (si je ne goutais que des trucs dégueulasses, c’est que soit je suis complètement maso, soit j’aurais arrêté le blog depuis longtemps), des (re)découvertes et des trucs infects aussi mais surtout des trucs flippants (les chimistes de chez Don Papa deviennent doués et c’est inquiétant) ;
- et surtout, ce qui m’a le plus plu cette année : le passage – à deux reprises et demi (si vous suivez le blog, vous comprendrez le « et demi » sinon, ça vous fera une excuse pour lire les articles de cette année :p) – « behind the stand » : non seulement, c’est top (j’irais même jusqu’à dire que ça me plait plus de que d’arpenter les allées des salons en tant que visiteur) surtout qu’étant totalement libre vis-à-vis des produits que je présente, je n’hésite pas à donner mon avis sur ces derniers. Un véritable avis. Pas toujours valorisant pour les produits mais au moins les gens sont contents. Ça change du discours marketing formaté de certains.
Après, c’est clair que ça ne joue pas en ma faveur pour bosser pour un distributeur ^^
- ah oui, comme l’année passée, je constate un manque de temps stupéfiant pour goûter ce qui me tente puis faire les retours qui vont bien (les samples continuent de s'accumuler et pas mal de notes tardent à sortir) ;
- ... ici aussi j'oublie sûrement plein de choses géniales mais je crois que le plus important est là.

Je vous rappelle que cette stupéfiante aventure a quand même démarré suite à un délire entre potes au fond d'une cave ^^

Conclusion ? Ca me plait toujours autant que l’année dernière donc on va continuer encore un peu hein :-)

Et dans le monde des spiritueux en général ?
- comme l’année dernière, les événements spirituels et spiritueux sont de plus en plus nombreux (tout type de spiritueux confondus, qu’il s’agisse de salon « tout produit » comme le BWSF ou de salons dédiés à un produit particulier comme le Rhum Fest). C’est top mais il faut faire des choix (ou alors être super riche et ne pas avoir de vie à côté. Vu que je ne remplis aucun des deux prérequis ben je fais des choix) ;
- toujours comme l’année dernière : la montée en puissance du rhum (et dans une moindre mesure du whisky vu qu’il squattait déjà le haut du panier) entraine toujours son lot de dérive : spéculation, traficotage de produits chimiques (Don Papa m’entends-tu ?) et montée constante des prix. Il faut se faire à l’idée, ça ne va pas changer.
Une lueur d’espoir ? Certains IB sortis de nulle part proposant des trucs monstrueux à prix « abordables ». Profitons-en !
- l’ouverture au monde des autres spiritueux que le whisky, le rhum et le gin qui bénéficiaient déjà de leurs évènements particuliers (on a droit maintenant à un salon de la Tequila et du Mezcal, à des salons ouverts à la découverte de produits divers et variés, …). Ca rejoint mon premier point, je sais --‘ ;
- enfin, un truc qui me plait moins – sans pour autant remettre en cause la qualité des produits que je n’ai d’ailleurs pas encore goutés – l’arrivée des NAS dans le monde du rhum (allô, Longueteau ?). Une très mauvaise idée selon moi. L’avenir nous dira ce qu’il en est.

Voilà pour mes petites considérations personnelles.

Sinon à quand le prochain vrai article ?
Il va arriver, il va arriver ...

Sur ce, à bientôt !

     



Rhum n’ Whisky

lundi 13 août 2018

Diversification dans le Mezcal


Parce qu’on ne va pas seulement se cantonner aux marques déjà testées jusqu’à présent hein, ça serait trop simple ^^

Du coup, place à deux découvertes ramenées du BWSF :

Entrecampos :

Entrecampos
Un design très "bat" ^^
Mezcal élaboré à base d’agaves Espadin et titrant à 42%.

Fatalement, il est … limpide (oui, je varie aussi les adjectifs :p).

Le nez est d’abord très fruité, légèrement floral et très frais avant que le côté agave cuit ne revienne relativement vite avec ces notes acidulées particulières et ce côté légèrement fumé.
L’aspect fruité relevé au premier nez (fruits blancs, jaunes, … pêche ?) est toujours là mais il se fait bien plus discret au profit de notes florales plus prédominantes.

En bouche, le côté agave revient en force, les épices entrent dans la danse (poivre, un peu de cumin) et un côté plus terreux et plus végétal va se faire jour.
Et on continue de retrouver, de manière sous-jacente, ces notes fruitées et florales perçues au nez pour équilibrer le tout.

À la rétro-olfaction, on entrera clairement en plein dans le monde du mezcal avec de légères mais persistantes notes fumées et d’agaves cuits accompagnées d’une certaine douceur sucrée et d’agrumes amenant une certaine fraicheur (citron).
On repère, encore, là en-dessous, ces notes plus florales perçues au nez.

La finale est moyenne, sur ces notes d’agaves acidulées repérées plus avant et salines. Une pointe fumée amène encore un peu plus d’intensité au produit qui est toutefois équilibré par de fortes notes fruitées.

C’est très agréable et très (trop ?) facile d’accès.

Los Cuerudos :

Los Cuerudos
Pour une fois que je touche une bouteille numéro "001" ^^
Toujours élaboré à base d’agaves Espadin et toujours à 42%.

Pour les trois derniers Balam et l’Entrecampos je n’y ai pas vraiment prêté attention mais celui-ci parait assez « gras » au verre.

Le nez nous gratifie directement de notes fruitées typées fruits jaunes et exotiques accompagné esd’un bref moment « solvant ». là, de suite, ça fait plus Jam’ que Mezcal hein ^^
Mais rassurez-vous quelques fulgurances « fermières » vont finalement arriver de-ci, de-là tout comme l’une ou l’autre notes plus acidulées. On conservera toutefois ce côté fruité (limite confits d’ailleurs par moment).
C’est – à nouveau – totalement différent niveau champ olfactif et c’est relativement agréable.
Ça va ensuite repartir sur une fraicheur florale, limite mentholée avec la vague impression de faire face à quelques touches de massepain (!?).
Enfin, le nez se fera plus acidulé et plus minéral.

En bouche, il semble initialement plus plat qu’au nez avec des notes végétales, voire légumineuses (sur l’artichaut !) avant de redevenir assez minéral (ce côté sera d’ailleurs prédominant par la suite).
Les épices (poivre en tête) suivront de près avant de laisser place à des notes d’agaves cuits avec, ici, un petit côté plus « caoutchouteux » ; les notes acidulées bien typées seront également plus présentes.

La rétro-olfaction nous gratifie d’un beau retour de l’agave et de ses notes acidulées si particulières.
De manière plus surprenante, on relèvera un côté très (mais vraiment très, très hein) sucré sur des notes de fruits rouges déstabilisantes. Ça fait limite chewing-gum tellement c’est puissant dis donc :-/

La finale est d’apparence assez brève, sur les notes perçues en bouche avant que les arômes d’agaves cuits enlacés de volutes fumées ne viennent se rappeler à nous. Ça en sera donc plus long que ce qu’il n’y paraissait.
L’ensemble reste relativement doux et « sucré » (à tendance fruitée) malgré la présence de quelques notes salines.

C’est assez particulier et un rien trop sucré dans l’ensemble. Je préférais le précédent.


Rhum n’ Whisky

jeudi 9 août 2018

Bon voyage Monsieur Whisky


Ce matin, le cerveau encore à moitié dans l’oreiller, j’ai pris une grande claque dans la gu****.
Et d’un coup, les considérations bassement matérielles de certains quant aux spiritueux (spéculation, rage de rater une bouteille, prix indécent de certains samples, … la liste est longue) m’ont semblé loin. Très loin. Complètement anecdotiques en fait.
Parce que, hier soir, nous a quitté un grand Monsieur du whisky belge. Beaucoup trop tôt.

Il n’est pas question de revenir ici sur les qualités humaines de celui-ci.
Me considérant comme une simple connaissance, je suis loin d’être le mieux placé pour ça.
Sa famille, ses amis et ses proches s’en chargeront de manière magistrale, j’en suis sûr.

Non, vu le concept même du blog, il me semblait important de rappeler à quel point, durant toutes ces années, il a œuvré pour la reconnaissance du whisky dans le petit monde des spiritueux belges.
Et dans une certaine mesure également – par « famille interposée » – pour celle du rhum.
Et de manière plus générale, parce que l’on est quand même dans un petit pays, pour les spiritueux au sens large, tout simplement.

Ce n’est ni le moment, ni l’endroit pour faire état des quelques anecdotes que ces dernières années (plutôt d’éphémères rencontres ponctuelles) m’ont permis de vivre. Celles-là, je les garde pour moi. Egoïstement.  

Par contre c’est l’endroit idéal pour se souvenir de sa bonne humeur, de son implication dans ses projets, de …. (ajoutez ici toute chose positive qu’il vous inspire, ça a parfaitement sa place) dans les nombreux festivals qu’il a organisé ou aidé à organiser.

On s’est raté en février mais j’espérais sincèrement pouvoir discuter avec lui d’ici deux mois.
Ça ne sera pas le cas. Et l’espace Collector du Salon du Rhum semblera bien vide.
Ça nous permettra – à nous, visiteurs ou exposants – de ne conserver que les bons souvenirs d’octobre dernier où un heureux évènement lui avait scotché un sourire encore plus grand que d’habitude sur le visage (derrière la fatigue et le stress y relatifs, soyons honnêtes).
Cette année, l’ambiance risque d’être plus lourde. La plupart des gens présents ne le remarquera pas. Les autres, ceux « qui savent », n’auront pas le temps d’y penser dans les moments d’effervescence (espérons qu’il y en ait beaucoup). Par contre, ça sera plus dur entre les « coups de feu ». Ça sera l’occasion de montrer une nouvelle fois que dans le monde des spiritueux belges on est une grande famille qui sait faire front dans les moments difficiles.
Je ne vous parle même pas de février…

Bref, comme souvent dans ces cas-là, on dira qu’il est « parti trop tôt ».
C’est généralement des termes qu’on emploie à tort et à travers mais ici c’est le cas car il lui restait énormément à faire. Et je ne parle pas que d’un point de vue spiritueux.

Certains l’appelaient Monsieur, d’autres Jacky, parfois Jack ou encore Monsieur Busch.
D’autres encore l’appelaient papa.
Moi, de manière complètement stupide et dans la droite ligne de mon humour à deux balles, je l’ai d’emblée appelé « Grand Chef ».

Il est des gens qui laissent une trace de leur passage, à son niveau et dans un cadre purement spiritueux, c’est on ne peut plus vrai.
Aujourd’hui la Belgique du whisky et de manière plus générale, le monde des spiritueux belges est en deuil.
Je pense toutefois – pour le peu que je l’ai côtoyé – qu’il préférerait nous voir entre amis ou en famille lever notre verre à sa mémoire plutôt que nous apitoyer sur la situation.
Plus facile à dire qu’à faire, j’en ai conscience.

Bon voyage Jacky, nous ne t’oublierons pas.

lundi 6 août 2018

Back to Mexico


Balam - logo

Après notre découverte d’une partie de la gamme au Salondu Mezcal et de la Tequila, place à la suite des produits de chez Balam (bah oui, je n’ai rien gouté mais j’ai chopé plein de samples au BWSF ^^)

Tobala :

Balam - Tobala
Balam, un look terrible :-D
Pour les trois produits dont on va discuter, il s’agit à chaque fois d’alcools non vieillis donc on ne va pas s’éterniser sur la couleur hein.
Par contre, on va parler voltage car ça, ça diffère entre chacun des spiritueux présentés.
Celui-ci titre à 45 %.

La première chose qui vient à l’esprit quand on porte le verre à son nez est « Ouah, ça faisait longtemps » (le mezcal faisant partie des rares alcools dont je n’ai pas une bouteille à la cave …).
Directement, on part sur des notes lactées, minérales, sur le cuir et une pointe de fumée. C’est un mezcal quoi !
Derrière ces notes bien lourdes, on repèrera quelque chose de plus doux, à tendance fruitée, limite sucrée mais, c’est derrière le reste.
En parlant du reste, on fera face à des épices bizarres autant qu’étranges (avec notamment un peu de cumin) mais également à un côté légèrement terreux.
On aura fatalement droit à de belles notes d’agaves cuits.
C’est très chouette !

En bouche, on est sur un produit très, très épicé (poivre, piment) qui présente toutefois une certaine sucrosité végétale , voire un peu florale.
Plus d’épices et c’était la cata, la c’est « tendu comme un string juste ce qu’il faut » ^^’

La rétro-olfaction se fait plus douce avec un retour de ce côté sucré épicé qui revient tel un boomerang pour apporter un peps monstrueux à la chose accompagné de fines notes fumées en embuscades et d’une pointe saline.

La finale reviendra sur ce côté minéral et sucré avec des épices qui se rappelleront à nous sur la fin.
Les notes salines réapparaitront tout à la fin avec cet aspect fumé très agréable.

J’aime toujours autant.

Madre Cuishe :

Balam - Madre Cuishe
Honnêtement, ça ne vous met pas directement dans l'ambiance ?
Incolore toujours mais on monte en voltage : 49 % pour celui-ci.

Le nez est plus fermé, légèrement « poussiéreux ». On partira ensuite vers des notes florales subtilement épicées avec un petit côté acidulé, voire sur les agrumes. On aura même – de manière très fugace cependant – l’impression de de faire face à un truc encore plus particulier (sur le … céleri …).
C’est totalement différent du produit précédent.
On évoluera finalement vers des notes bien plus herbacées avec un côté poudre à canon relativement fin.

En bouche, il se fait à la fois foral, sur les agrumes (citron et pamplemousse lui donnent une légère amertume) mais également épicé (avec, cette fois, des notes plus typées gingembre ; ça claque !).
Et derrière tout ça, on retrouve des notes terreuses.

Il fait montre d’une belle chaleur à la rétro-olfaction et se pare d’agrumes, d’épices et de notes florales capiteuses.
Ce côté fumé particulier est également présent mais il se fait bien plus discret.

Enfin, la finale revient sur quelque chose de plus sec, plus terreux surtout mais également bien moins épicé (et par conséquent, un peu plus doux, plus sucré. Oui, c’est paradoxal, je sais).
Des notes d’agrumes épicées referont surface à la fin.

Ça n’a absolument aucun rapport avec le précédent mais c’est top.

Raicilla « Madurado » :

Balam - Raicilla « Madurado »
Et, parfois, ça masque de lutteur mexicain :p
Alcool blanc toujours mais titrant à 50%. C’est le maximum pour cette fois.

Le produit est bien plus intense au nez, sur des notes de fruits cuits avant de virer sur des arômes de caoutchouc/pneu brûlé. C’est assez particulier et ça me plait moins.
Et c’est vraiment prégnant ce côté caoutchouc dis donc. Par contre, niveau voltage, ils passent tout seuls les 50%.
Les notes un peu trash vont aller en s’adoucissant mais ce n’est toujours pas ça.
Enfin, ça se fera un peu plus floral par la suite et déjà légèrement caramélisé.
Et là, derrière, au loin, de très légères notes d’agave.

En bouche, c’est malheureusement assez plat. C’est très doux, voire caramélisé mais limite caramel au beurre (Werther’S style quoi) avec quelques épices légères (un poivre très doux) ainsi qu’un aspect légèrement lacté.
Ah oui, il y a un peu de menthol aussi. Et les épices vont aller crescendo avec le temps mais toujours rien de transcendant.

Pas de fulgurance à la rétro-olfaction. On gardera donc le même champ olfactif que ce qu’on a repéré en bouche (caramel beurré, épices, menthol) avec quelques notes terreuses en plus.

Pour la finale, il y a un truc que je n’arrive plus à relire … soit.
C’est court, légèrement épicé mais le côté caramel beurré va prendre le dessus même si on sent qu’il y a autre chose derrière. Dommage.

C’est clairement trop « sucré » à mon goût. Il lui manque un truc. Après, ce n’est pas à proprement parler un mezcal mais ça tend quand même plus vers des tendances « ron » que vers un gros jus d’agaves plein d’arômes bien « roots ».


Rhum n’ Whisky

mercredi 1 août 2018

De Seraing à Trois-Ponts en passant par l’Amérique du Sud et le Pérou avec quelques relents jamaïcains…

Oui, c’est perturbant comme titre, j’en ai bien conscience ;-)

Pour ceux qui n’ont pas encore compris, on va parler de deux produits élaborés par la Distillerie du Dr Clyde.
Dr Clyde Distillery - logo

Vu l’inauguration prochaine de la nouvelle distillerie (qui a donc été déplacée de Seraing à … Trois-Ponts, c’est bien, vous suivez. Pour les « non belges », c’est donc en Belgique et plus précisément en région liégeoise) et la visite y prévue, on va principalement causer spiritueux (un article plus détaillé spécialement dédié devrait logiquement suivre à un moment ou un autre).

Pour ceux qui se souviennent, le Dr Clyde, c’est le type au look victorien (ou steam-punk pour certains, c’est selon. Mais lui préfère victorien) qui – en son temps – avait sorti le premier « rhum » belge.
Et ça avait fait scandale parce que la chose (que j’avais trouvé pas très bonne à l’époque. En fait, le mot juste commençait par dégueu et se terminait par lasse. Soyons honnêtes.) était élaborée à partir de cassonade (un rhum de jus de betterave en somme). Betterave/canne à sucre, je vous laisse imaginer le tollé que ça a provoqué à l’époque dans la petite communauté rhum.
Ce produit, toujours distillé actuellement, a – pour info – été rebaptisé en « Old Clyde ».
Et on n’en parlera pas ici. Mais pour l’avoir retesté dernièrement ben, c’est vachement meilleur que ce qui était sorti à l’époque ;-)

Ce qui est plus intéressant, c’est la gamme « Belgian Rum » composée des itérations White, Classic, Spiced et Cask Strenght qui elles sont élaborées à base de mélasse biologique provenant d’Amérique du Sud et de panela (du vesou cuit provenant du Pérou). C’est bon, le titre est un peu plus clair maintenant ?
Pour les relents Jam’, on y vient.

Trève de discussion, c’est parti pour la dégustation de deux produits qui méritent largement d’être connus !

Dr Clyde – Belgian Rum Cask Strength

D’un âge approximatif d’un an, le produit titre entre 55 et 65% en fonction du fût (et comme je suis une bille, j’ai pas posé la question :p).

Dr Clyde – Belgian Rum Cask StrenghtDr Clyde – Belgian Rum Cask Strenght
Moi je suis fan du concept de l'étiquette "BD"

Sa robe est orangée à reflets dorés.

Au nez, le voltage est là hein, c’est indiscutable. Il ne faut pas y aller de manière inconsidérée histoire de ne pas se griller les narines.
D’emblée, il semble piquant (les watts, tout ça, tout ça) et, du coup, assez épicé mais on va lui laisser le temps de s’aérer.
Derrière les watts, on a quelque chose de relativement doux (après, on est sur un mix mélasse bio Sud Am’ et panela aussi, ça joue indéniablement).
On aura ensuite droit à des notes caramélisées pas mal toastées qui vont aller vers des notes plus torréfiées (et ça ne fera que s’intensifier).
Et puis, il y a un truc plus « lourd », plus « roots » on va dire, qui va lui donner une identité propre (une fugace impression de fruits mûrs, un peu de solvant ? Difficile à dire mais clairement, il y a quelque chose). Enfin, une légère présence d’agrumes complète le tableau.

En bouche, c’est chaud, c’est épicé (sur le poivre notamment), c’est mentholé, c’est bien (mais vraiment hein) toasté.
Mais c’est surtout très marqué par ces notes particulières évoquant un mix jam’-ron sur un aspect solvant relevé par des notes plus « hispaniques ». Ca fait tout le charme du produit.

Les notes archi-toastées lui confèrent une légère amertume à la rétro-olfaction qui sera accompagnée par cet aspect mentholé et, toujours, cette douceur caramélisée.

La finale est longue, toastée et torréfiée avec un retour sur des notes de caramel beurré.
Sur la fin, il se fait plus rafraichissant avec quelques fulgurances mentholées.
Ici, ça donne plus l’impression d’être sur un rhum dessert qu’au nez et en bouche.

Ah bin y a pas photo hein ! C’est vachement meilleur que ce que le Docteur nous a sorti à ses débuts (après, faut bien commencer par quelque chose) et que dans mes souvenirs du coup !

Dr Clyde – Belgian Rum White

Dr Clyde – Belgian Rum WhiteDr Clyde – Belgian Rum White
L'aspect bleuté, c'est à cause de l'éclairage chez Hesby hein, en vrai, c'est comme dans le verre ;-)

Niveau couleur ben rien hein, c’est écrit dessus.

Au nez, c’est juste waouh quoi ! C’est lourd à crever ! Rien qu’au nez, c’est déjà gras, prégnant et aromatique à mort.
Comment dire ? … Si le but est de s’approcher d’un Pot Still jamaïcain ou d’un Lontan blanc ben on risque de vite y arriver si on continue sur cette voie (y a bon maintenant pour le titre du billet ? ^^).
En vrac, on a des notes herbacées, de la levure (avec des arômes plus lactés donc), des agrumes, du végétal et un peu d’épices (poivre, notes salines, herbes aromatiques) qui vont et viennent.
Un petit côté plus « sucré » se distingue en arrière-plan, plus typé canne quant à lui, et va aller crescendo.
Les notes mentholées vont arriver au fur et à mesure.
Pour info, le voltage (50% quand même) est tip top comme il faut niveau intégration.
Après, clairement, ça part dans tous les sens en même temps mais j’aime beaucoup. En plus, on peut vraiment dire qu’il a son identité propre (encore plus que le brut de fût).
Et pour ne rien gâcher bah, c’est artisanal hein.
Kiff quoi :-D

En bouche, c’est toujours très lourd, relativement épicé (le poivre se fait plus sentir ici) et surtout très végétal avec une présence accrue des aromates.
Niveau intégration de l’alcool, c’est toujours parfait.
Et puis, il y a un truc en plus ici aussi, quelque chose qui rend l’ensemble si lourd (dans le bon sens du terme s’entend) que je n’arrive pas à définir mais qui se rapproche d’un jam’ blanc trash (un solvant/colle forte à fort relent végétal et aromatique) ou d’un clairin bien « roots ».

La rétro-olfaction va rester sensiblement sur ces mêmes notes avec des agrumes et quelques touches mentholées en plus.
Cette fois la canne sera plus typée clairin (bien plus que rhum agricole mais est-ce bien étonnant vu la matière première) et on constatera que c’est elle qui – en fait – mène la danse.

La finale est longue (vu les arômes dégagés jusqu’ici, c’eut été étonnant que ça ne soit pas le cas) avec un puissant kick mentholé et anisé qui nous ramènera vers des notes plus typées levure avant de repartir sur une touche plus « sucrée mentholée » déstabilisante.
De manière sous-jacente, ça reste fort sur la canne.
En fin de finale (la tournure me fait rire donc je la garde), on notera un retour des agrumes.

Bon ben, j’en avais gardé pour un pote mais … j’ai finalement vidé mon sample –‘
Je kiffe.
Sans vouloir paraitre hérétique et si on fait abstraction de ses qualités intrinsèques en dégustation pure, ça doit dépoter comme base pour cocktails (je fais mes mojitos au Worthy Park banc de chez Rum Nation hein ^^).
Ça ne laisse présager que du bon pour l’avenir.

Alors, sans chauvinisme aucun, je ne puis vous dire qu’une chose : Goûtez les !
Et puis, soyons chauvins (parce que parfois ça fait du bien) :
- on parle quand même de la seule distillerie de rhum en Belgique (certes ils ne font pas pousser leur canne à sucre mais trouvez-moi plus authentique dans le pays et on en reparle) ;
- un Sérésien, c’est un voisin (enfin c’était vu qu’il a émigré à Trois-Ponts et moi vers Waremme). D’ailleurs, c’était plus fun de parler du rhum de « S’rin » que du rhum de Trois-Ponts mais bon, on va s’y faire ^^ ;
- c’est totalement authentique et artisanal ;
- c’est fait par des passionnés qui en ont quand même pris plein la gueule à leur début (parce que passé l’effet de surprise et le concept fun du rhum cassonade, pas mal de voies se sont élevés dans la communauté rhum et je reconnais avoir fait partie des sceptiques) mais qui n’ont jamais abandonné. En plus ils sont sympas (ne faites pas comme moi, ne les évitez pas pendant des années, allez discuter avec eux et découvrir leurs produits) ;
- les illustrations sont funs (après faut aimer le style, je suis d’accord mais bon, moi j’aime bien) ;
- ils ne font pas que du rhum : outre la gamme Belgian Rum citées plus haut, on trouve également la gamme « Old Clyde » (le distillat de cassonade présenté sous diverses formes au rang desquelles le Classic, le Smokey, le Honey et le Sheriff’s Reserve) et la gamme « Herbals » qui se composent d’une absinthe, d’un elixir, d’un gin et d’un gin navy strenght. Rien que ça.

Une remarque pour terminer ?
Pour les locaux (et les moins locaux mais passionnés qui voudraient faire le déplacement) : c’est porte ouverte les samedi et dimanche 11 et 12 août prochain !


Rhum n’ Whisky