vendredi 9 novembre 2018

Velier, clap 2 – Back to black aka "Mon Whisky-Live Paris 2018 – partie 5"


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Comme annoncé, retour aux « mythiques » bouteilles noires avec une nouvelles série de  Long Pond, un rhum que l’on risque plutôt de retrouver du côté de chez Plantation dorénavant ;-)

Ici, impossible de faire un comparatif totalement objectif dans le sens ou les deux premiers ont été dégustés le dimanche dans la Rhum Gallery et les deux derniers le lundi dans l’espace VIP.
Ça ne m’empêchera toutefois pas de vous faire part de mon avis en toute partialité !

N’ayant pas connu la grande époque Demerara (enfin si mais juste en sample et seulement pour certains, le prix des bouteilles étant devenu complètement con), je n’ai – à ce jour – été vraiment conquis que par une « black bottle » récente de chez Velier : le Caroni 1996 Full Proof (appelé par certain « Trespassers »).
Ah oui, et aussi par le Destino sorti pour les 70 ans de la maison mais dans le genre licorne, il se pointe aussi lui. On va éviter de causer du nouvel embouteillage tout naze hein.

Donc je me fais gentiment à l’idée que la grande époque Velier est maintenant révolue et que nos braves amis italiens nous gratifierons désormais de produits au rapport qualité/prix/plaisir allant de bof à sympa (pour autant qu’on arrive à choper lesdites quilles au prix de sortie hein) avec parfois quelques fulgurances.

Qu’en est-il donc de ces Long Pond au tarif somme toute « raisonnable » (par rapport à certaines récentes sorties Velier s’entend) ?

Réponse tout de suite (étant rappelé que pour les deux premiers, on avait toujours droit à cette perturbante odeur de caoutchouc brulé dans la Rhum Gallery …) :

Velier – Vale Royal (VRW) – 2006 :

12 ans de vieillissement tropical (en Jamaïque) et embouteillé à 62,5%. Niveau esters, c’est léger : 150 à 250.

Velier – Vale Royal (VRW) – 2006
Niveau design, ben, c’est du Velier hein. En noir et blanc. Et, non, la « bavure » n’est pas d’origine.
Visuellement, c’est ambré à reflets dorés.

Le nez est assez alcooleux. Une fois cette sensation passée, on découvrira quelques fruits pour finalement nous offrir un profil assez doux avec l’une ou l’autre touche de vanille accompagnée d’une pointe de caramel.
Quelques épices amèneront un peu de peps à l’ensemble et on gagnera en finesse.

En bouche, j’ai dû y aller comme un bucheron parce que la première chose qui m’est venue à l’esprit c’est « Bordel, ça tape ! ».
Après cette désagréable impression (tout comme une impression plus piquante qui va également diminuer avec le temps), on est assailli de fruits confits mais également de notes on ne peut plus toastées (qui vont toutefois aller en diminuant). Le tout sera accompagné de notes de réglisse assez intenses.

À la rétro-olfaction, on conserve ces notes toastées et fruitées (toujours sur le fruit confit, si, si) que surplombe la réglisse.

La finale est persistante et conservera sensiblement le même profil.

Le verre vide nous offrira plus d’épices et de fruits secs.

C’est bon mais sans plus.

Velier – Cambridge (STCE) – 2005 :

On gagne un an de vieillissement tropical ainsi qu’une puissance aromatique plus élevée (de 150/250, on passe à 550/700) avec un voltage équivalent.

Velier – Cambridge (STCE) – 2005
Oui, il y a un petit cœur entre le C et le E (après y a pas grand-chose à dire sur le packaging non plus hein --‘)
La robe est d’un bel or intense.

Directement, le nez est plus sympa même si toujours assez alcooleux.
On retrouvera des notes fruits exotiques et des épices avant que le caractère boisé du produit et des épices bien plus intenses ne prennent le dessus.
Et il y a un truc sur lequel j’ai buggé du coup mes notes sont limitées à « arôme difficile à définir » (on me souffle pâtissier à l’oreille, possible ^^). Voilà, voilà …

En bouche, l’alcool est bien mieux intégré que sur le précédent et ça part un peu dans tous les sens. Je m’explique : ce côté difficilement définissable est hyper prégnant (pas de chance) mais il y a bien d’autres choses qui font que cette dégustation-ci est bien plus agréable que la précédente avec, dans le désordre, des notes de solvant assez particulières, des fruits exotiques bien mûrs, des épices pleine de peps ainsi que des notes mentholées très fraiches et quelques touches herbacées relativement agréables.

La rétro-olfaction passera des fruits exotiques largement épicés et enrobés d’un léger solvant aux notes bien plus herbacées relevées en bouche.

Pour la finale, longue aussi de mémoire, j’ai été un peu moins précis car, problème des salons (ou avantage enfin, tout dépend comment on voit les choses : sur le moment, c’est top mais pour retranscrire ses notes, c’est pas pratique), on rencontre des gens et on discute beaucoup ^^’
Bref, c’est épicé tout en restant relativement doux avant que les notes herbacées ne se développent.
Désolé, vous n’en saurez pas plus …

Pour les deux suivants, les retours sont à prendre avec des pincettes car peut-être inversés (bah oui, on nous en a servi un puis vidé de suite car il fallait prendre l’autre, … bref, on n’a pas tout suivi mais je pense que c’était dans ce sens-là).

Velier – Long Pond (TECC) – 2007 :

On continue d’aller crescendo niveau profil aromatiques (1500/1700) avec onze ans de vieillissement tropical. On reste sur du 62,5%.

Oui, on a visiblement démarré par le plus trash. Etrange, je sais …

Velier – Long Pond (TECC) – 2007
C’est parce que j’ai pris pour habitude de mettre une légende hein parce qu’honnêtement, sur les bouteilles Velier, à part discuter de la couleur de l’étiquette et de la typo employée, y a pas grand-chose à dire …
Sa robe est orangée à reflets dorés.

Le nez ne trompe pas, on bien en Jamaïque.
On notera la présence de notes acidulées relativement agréables, de fruits exotiques à foison ainsi qu’un léger solvant.
On évoluera ensuite vers des fruits plus secs avec des notes plus caramélisées, voire torréfiées.
Le tout se calmera pour faire place à des épices à la fois plus fines et plus exotiques.

En bouche, c’est chaud, les 63% tapent pas mal mais vu que j’étais en grand discussion, j’y suis allé sans trop faire gaffe. Ben sanction du coup hein …
On retrouve des fruits exotiques en folie, limite confits, accompagnés de légères notes de solvant et d’épices avec un boisé toasté en arrière fond.

La rétro-olfaction reste sur la même trame : chaude, ave de beaux fruits exotiques limites confits, des épices (poivre en tête) et des notes toastées.

La finale sera longue, sur les fruits secs et les fruits confits avec un léger aspect fumé/archi toasté.
En fait, c’est même hyper long et on y relèvera une sympathique sucrosité sous-jacente.

Alors celui-là, il est top !

Velier – Long Pond (TECA) – 2003 :

Alors oui, on gagne quatre ans de vieillissement par rapport au précédent mais on diminue en puissance aromatique (1200/1300). On va gagner légèrement en voltage vu qu’on passe ici à 63%.

Velier – Long Pond (TECA) – 2003
… et sur les deux derniers, y a que les chiffres qui changent en plus :p
On reste sur un produit à l’apparence orangée à reflets dorés (et j’ai écrit autre chose mais je ne sais plus me relire).

Comparé au 2007, le nez est plus porté sur le solvant tout en restant assez léger sur cet aspect. Il est également plus boisé. On y retrouve par contre moins de fruits exotiques même s’ils sont toujours présents.
Et ce qui marque le plus c’est ce côté animal (un peu dans le style cuir ?) si particulier et si prégnant.
On notera également quelques notes toastées qui se développeront par la suite.

La bouche sera plus marquée par le solvant et les fruits exotiques archi murs, le tout accompagné d’épices (poivre et autres trucs exotiques) avec des notes sous-jacentes de cuir.

La rétro-olfaction est chaude, intense, épicée et passablement animale. Je dirais même fauve ^^

Enfin, la finale est – comme on pouvait s’y attendre – longue sur ces notes intenses et animales avant de repartir sur les fruits exotiques.
On y relèvera enfin une certaine amertume.

Sympa aussi mais je préférais le 2007 (pour autant que la dégust’ ait bien eu lieu dans ce sens là --‘)

Après ces quatre dégustations, s’il fallait établir un classement, ça serait :
1. Long Pond 2007, sans contestation aucune
2. ex-aequo : Long Pond 2003 et Cambridge 2005, deux profils différents mais très intéressants 
4. Vale Royal 2006, bah oui, c’est celui qui m’a le moins plu

Sinon, d’un point de vue plus général, un très chouette embouteillage à prix « raisonnable » (pour du Velier s’entend), deux produits intéressants mais quand même fort cher et un quatrième sans grand intérêt.
Tout cela n’étant que mon avis hein, j’en connais beaucoup qui souhaitent ardemment choper un Vale Royal ;-)

Ceci conclut donc la partie « rhum » de ce Whisky-Live.


Rhum n’ Whisky

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