vendredi 18 janvier 2019

HSE, vieux, moins vieux, très vieux, …



Du coup, si on se penchait sur la gamme « classique » de la maison en partant du plus jeune au plus vieux, histoire de faire ça bien ?
line-up HSE classique
Oui, c'est tout de suite plus coloré :-)

HSE – Élevé sous bois – 42%

HSE – Élevé sous bois – 42%     HSE – Élevé sous bois – 42%
De jaune, on ne passe pas directement à un vert bien marqué mais à une couleur « entre-deux » (oui, ce n’est pas un vert bien marqué mais plutôt un mix vert-jaune tendance caca d’oie. Désolé, mais c’est vraiment à ça que ça me fait penser …).

Sa robe est de couleur or léger voire, plutôt, paille intense (ce qui clope avec le concept de l’ESB) … ce qui, visuellement parlant, veut à peu de choses près dire la même chose.

Le nez est très frais (sur les fruits à chair blanche, pomme en tête), à la fois herbacé et végétal, sur les épices typées poivre et cannelle et très finement boisé.
Les douze à dix-huit mois de fût permettront à la vanille de se développer par la suite avec d’agréables notes végétales relativement sucrées.

En bouche, les épices (principalement le poivre), les notes boisées (vanillées), la canne (ce côté végétal perçu au nez) et de belles notes fruitées (d’abord orientées pommes et poires avant de se diriger vers les agrumes) se mélangent harmonieusement.

La rétro-olfaction nous offrira un poivré mentholé accompagné de notes de cannes et d’un fin boisé vanillé.
On conserve ces notes fruitées qui balancent entre la pomme bien sucrée et les agrumes légèrement amères.

La finale est moyenne et reviendra sur des notes relativement douces (vanillées notamment) avec un poivre sous-jacent et quelques pointes plus amères pour terminer (toujours cet aspect agrumes et réglisse même).
Quelques touches salines se dévoileront pour terminer la dégustation.

Bon, celui-là, après le JM, c’était mon deuxième ESB et – très honnêtement – c’est loin d’être désagréable. Ok, après, j’ai goûté LA bombe Neisson Profil 105 qui met tout le monde d’accord mais faire un line-up ESB/paille pourrait être bien plus intéressant qu’il n’y parait.

HSE – VO – 42%

HSE – VO – 42%     HSE – VO – 42%
Après les « black bottles » de chez Velier, les « black boxes » de chez HSE. Attention, ici, c’est la couleur du texte qui va changer, pas celle de la boite ;-)

Bah, tout de suite, c’est plus vieux. Du coup, c’est plus foncé. On part ici sur un produit à la robe intensément dorée aux reflets orangés.

Le nez est bien plus doux, sur un boisé relativement fin, de la vanille à foison, de fines notes d’orange (qui assoient cette douceur perçue d’entrée).
C’est à la fois facile et agréable.
On y retrouve également des épices mais elles passent au second plan : on sent qu’elles sont là, qu’elles amènent quelque chose mais c’est clairement sous-jacent.
À côté de ça, on relèvera un aspect sucré plus orienté miel que caramel (par contre quel type de miel, ça, …).
Enfin, du fruit à chair blanche on évoluera vers un fruité plus exotique accompagné d’un boisé plus « intense » (qui restera relativement fin hein).

En bouche, ça reste boisé (de manière assez fine mais également plus amère, plus humide je dirais) avec des épices bien plus présentes. On garde ces notes de fruits exotiques.
C’est assez monolithique. Sympa mais monolithique.

Niveau rétro-olfaction, c’est épicé (poivre et réglisse, entre autre), sur des notes de bois typées « boite à cigares » (c’est archi-particulier) et, toujours mais de façon plus discrète, sur ces touches de fruits exotiques.

La finale est logiquement plus longue que celle de l’ESB mais juste un rien hein. Elle est plus douce aussi, sur ces notes de vanille finement boisée qui nous accompagnent depuis le début ainsi que ces épices « sourdes » qui rendent l’ensemble plus sec.
Cet aspect plus amer relevé plus haut refera surface ici pour terminer la dégustation tout en étant sous-tendu par des notes exotiques poivrées ainsi que quelques touches de tabac.
C’est pas mal.

HSE – VSOP – « Réserve Spéciale » – 45%

HSE – VSOP – « Réserve Spéciale » – 45%     HSE – VSOP – « Réserve Spéciale » – 45%
La preuve, on passe au tout argenté ici !

On fonce de plus en plus. Celui-ci se fait ambre à reflets orangés.

Alors le nez est totalement différent du VO : les fruits (à chair jaune ici) se font confits, le bois est bien moins « brut » et bien mieux intégré, les épices sont présentes mais discrètes et les 45% passent nickel.
D’emblée, il fait plus fin que le VO (c’est un peu le but, je sais …).
Quelques touches vanillées arrivent par la suite mais comme pour les autres épices, ça reste discret.
Le côté gourmand porté par les fruits confits sera contrebalancé par des notes boisées plus sèches et on verra l’apparition (légère) de quelques fruits secs qui va aller en s’intensifiant.
Sur la longueur, des notes plus torréfiées entreront également dans la danse.

En bouche, un boisé beaucoup plus épicé va dominer la dégustation. Les notes de fruits confits sont toujours là, en embuscade mais elles seront largement supplantées par cet aspect boisé épicé bien plus intense.
Le liquide tapisse bien la bouche (même si c’est pourtant loin d’être gras) et nous offre une certaine rondeur mielleuse enrobant les fruits confits.
Bien mais moins complexe qu’au nez.

La rétro-olfaction est boisée et mentholée. Ça va dominer les débats et le poivre va lui amener encore un peu plus de peps. Les fruits s’écrasent complètement ici et on va retrouver un petit côté toasté légèrement amer.

La finale, qui continue de gagner en longueur, revient sur cet aspect boisé et fruité (confit).
Le côté boisé se fera toasté et offrira un sympathique contraste toasté/amertume légère/fruité avant que lesdites notes toastées ne concluent la dégustation.
Tout du long, les épices relevées jusqu’ici se planquaient en arrière-plan.

Et bien pour un produit qui m’a paru initialement plus monolithique que le VO (c’eut été un comble), en fait non, c’est une bien belle évolution par rapport à ce dernier.

Sur ce, on va conclure avec le plus vieux des quatre.

HSE – XO – « Grande Cuvée » – 43%

On perd quelques degrés mais on gagne quelques années. Un mal pour un bien ? 
HSE – XO – « Grande Cuvée » – 43%     HSE – XO – « Grande Cuvée » – 43%
Vu que c’est le « haut de gamme » de leur série « classique », il se pare d’or ^^

Celui-ci se fait orangé à reflets orangés. C’est joli.

Au niveau du nez, disons que la dégustation peut se faire en deux temps. Explications :
Dans un premier temps, le produit offre des notes de vanille, un très fin boisé hyper bien fondu, des fruits secs (figues en tête) et quelques touches orangées accompagnées de fines épices douces.
Par la suite, des notes torréfiées, légèrement portées sur le tabac (ça va s’intensifier) feront leur apparition et le produit se fera plus sec avec un fin menthol rafraichissant au second plan et le boisé se fera plus particulier encore.

En bouche, c’est rond, sur des notes boisées très agréables, quelques touches vanillées et on a l’impression de retrouver l’une ou l’autre note cacaotée.
Le fruit (l’orange surtout) s’écrase complètement.
On repère de la cannelle et le tabac fait doucement son chemin.

La rétro-olfaction est chaude, épicée (sur le poivre, la cannelle) et un peu mentholée avec des notes de tabac qui tirent en longueur.
On conserve ce côté agrumes qui nous suit discrètement depuis le début ainsi que quelques notes chocolatées.

La finale est boisée et celle-ci est accompagnée de notes de tabac et de cacao qui nous emmène vers une douceur cacaotée et vanillée avec quelques épices plus piquantes en arrière-plan.
Et, planquées, là derrière, les notes d’orange essaient elles aussi de se faire une place.
Enfin, ça s’étend en longueur sur cet aspect tabac-torréfié-doux qui finalement nous offre un gros dessert.

Classement ?
1. VSOP (d’une courte tête et pour sa fraîcheur)
2. XO (que c’est doux, que c’est agréable)
3. VO (parce que l’air de rien, c’est quand même bien foutu pour son âge)
4. ESB (même si c’est étonnamment agréable, il en fallait bien un pour finir la marche).

Mais très honnêtement, les quatre sont très bien chacun dans leur catégorie respective.


Rhum n’ Whisky

jeudi 17 janvier 2019

Kilt, houblon et botanique


Derrière ce titre un rien tarabiscoté, se cache L’Herbièriste !
L'Herbièriste - logo
En fait, Philippe (de son vrai prénom), c’est – pour moi – un peu le Dr Clyde de la bière pour ceux qui ne le connaîtraient pas déjà : gentil, passionné, déterminé et, surtout, possédant un look bien à lui qui fait qu’en salon ben, on ne le rate pas.
Et tout comme pour le Dr Clyde, la première fois que j’ai goûté sa bière, … j’ai pas aimé !
Bref, maintenant, on s’entend bien ^^
Du coup, il fallait bien que je reteste ses produits (car oui, il y en a une deuxième maintenant qui devrait plus me plaire selon le principal intéressé).

On va tout naturellement commencer par sa première création, celle qui m’avait très clairement laissé de marbre à la première dégustation car bien trop portée sur les aromates à mon goût (ok, c’est un peu le concept mais bon, ça va hein !) :

L’Herbièriste – La Phrodisiaque

Il s’agit « tout simplement » d’une « blanche-rosée » aux plantes aphrodisiaques issue de l’agriculture bio et titrant à 5,5%.
L’Herbièriste – La Phrodisiaque
Pour ceux qui ne savent pas lire (ou qui ne savent pas qu’en cliquant, ça agrandit la photo :p), les plantes dont question sont mentionnées sur l’étiquette (gingembre, ginseng, girofle et hibiscus).
Note d’usage : je n’ai jamais goûté de ginseng ou d’hibiscus donc n’espérez pas me voir en faire état dans la note qui suit.

Bon, visuellement, j’ai eu de la mousse. Très pétillante d’ailleurs. Mais le temps de faire la photo ben … y en avait plus --‘
Du coup, on remarque principalement la robe orangée légèrement trouble. Les bulles restent en nombre.

Le nez est – comme dans mes souvenirs – très aromatique (dans le sens ici « porté clairement sur les aromates »). C’est finement amer et légèrement floral mais l’ensemble est surtout assez « fermé ».
Derrière tout ça, on a quelques fruits rouges (voire noirs) et quelques notes citronnées.
Et puis, on repart sur ces notes hyper aromatiques qui ne sont pas des plus à mon goût mais j’y aurais au moins décelé un peu de fruits cette fois.

Comme dit plus haut, c’est plein de bulles. Cette sensation de « pétillance » est confirmée en bouche.
Hormis les bulles, on note une légère amertume sucrée bien aromatique (normal direz-vous) accompagnée d’épices.
On retrouvera les quelques touches citronnées relevées au nez, vite rattrapées par une grappe de fruits noirs et rouges (foncés les fruits rouges) plus légère qu’au nez toutefois.
Derrière tout ça, ça reste hyper aromatique mais gagne en douceur avec un petit côté biscuité.

Assez courte en apparence, la finale se révélera finalement plutôt longue, surtout pour une blanche, où « l’amertume aromatique » légèrement fruitée régnera en maître.
Quelques notes citronnées et quelques épices (girofle, check !) passeront également dire bonjour.

Je dois reconnaître que j’ai été agréablement surpris : c’est frais, bien plus agréable que dans mes souvenirs, ça clope parfaitement avec la description du produit et avec le personnage mais malgré tout, je ne suis pas fan. Mais c’est déjà quand même plus argumenté et un rien plus précis que mon « beurk » initial. Et ça se boit facilement.
Après, il faut aussi reconnaître que, généralement, c’est un rien plus foncé et plus lourd ce que je bois d’habitude …

Après cette redécouverte de la Phrodisiaque, il est temps de découvrir le nouveau bébé de Mister P.

L’Herbièriste – La Spirine

Une blanche au seigle et à la reine des prés (agriculture bio toujours) titrant à 7%. 
L’Herbièriste – La Spirine
Oui, je reconnais qu’ici, ça ressemble plus à quelque chose que la précédente (c’est la mousse qui fait ça, c’est tout …).
Celle-ci nous offre une mousse dense, assez épaisse, toujours composée de fines bulles (moins présentes que dans la Phrodisiaque cependant) et se pare d’une robe jaune un rien trouble.

Les nez est plus doux, beaucoup moins aromatique que la précédente.
Ce n’est pas sucré, c’est plutôt mielleux et légèrement (très légèrement) vanillé mais surtout bien plus typé « bière » (comme je l’entends du moins) que la précédente.
Avec le temps, les notes vanillées vont s’amplifier et on notera une certaine sucrosité sous-jacente accompagnée d’une fine pointe acidulée (peut-être bien portée sur les agrumes).

En bouche, elle est logiquement bien moins exubérante que la Phrodisiaque (même si on conserve quelques aromates) et, de mon point de vue, ce n’est pas plus mal car ça me plait beaucoup plus du coup.
D’emblée, on notera une légère amertume mielleuse et florale avec quelques épices douces.
On conserve ces notes légèrement vanillées et l’ensemble se fera biscuité (sur des notes céréalières), de manière bien plus franche qu’au nez.

La finale est assez longue, sur une certaine sucrosité mielleuse et florale avant qu’une amertume légèrement épicée et plus aromatique ne se fasse sentir.
Derrière tout ça, on conserve un côté biscuité.
Alors cette dualité sucré/aromatique, floral/intense accompagnée d’épices est assez déstabilisante mais pas désagréable.
Notez bien que le produit se fera en fait bien plus long sur cette amertume mielleuse, légèrement vanillée, avec une pointe florale et quelques épices. Encore plus long et c’eut été trop écœurant.

Il avait dit que j’aimerais mieux ben … il avait raison : je trouve la Spirine bien plus sympa que la Phrodisiaque. Assez linéaire finalement mais très chouette.
Après, il est clair qu’elles n’ont pas le même public non plus (et c’est pas non plus hyper évident quand on est fan de stout et de porter bien lourds ^^).

*SPOILER ALERT* : il y en a une troisième en devenir … ;-)


Rhum n’ Whisky

mercredi 16 janvier 2019

Fiscalité, exotisme et spiritueux …


Vous l’aurez compris, on va parler de la suite de ma plongée dans cet univers de rhums panaméens où le très bien côtoie sans sourciller le très bof en passant par le très moyen.
(si le cœur vous en dit, en cherchant un peu dans le listing, y a moyen de trouver une dizaine d’autres rhums panaméens. Je sais, c’est boulversifiant …).

Et histoire de commencer en force mais surtout en finesse, direction l’Italie pour découvrir le grand frère du premier panaméen qui m’avait vraiment agréablement surpris :

 
Samaroli – Panama – 2004-2016 :

Samaroli – Panama – 2004-2016     Samaroli – Panama – 2004-2016
Comme d’hab’ depuis quelques temps chez Samaroli, le design est fort travaillé. Moi j’aime beaucoup.

Sa robe est d'or.

Le nez est épicé sans l'être, c'est à la fois marqué et assez doux. C'est assez (très ?) perturbant en fait ...
Une certaine impression "forestière"/herbacée est contrebalancée par des notes plus douces, plus sucrées et on voit poindre l'arrivée d'un léger côté fruité.
Cet aspect relativement doux va commencer à prendre le dessus.
Enfin, une impression légèrement "poussiéreuse" accompagnera la dégustation.

Euh, ... pour la suite, j'ai des flèches qui vont dans tous les sens donc je ne sais plus trop à quoi correspond bouche et rétro-olfaction --' Bref, on va essayer d'être cohérent.

La bouche est, étrangement, assez alcooleuse (malgré la réduction) sur des notes bien plus intenses avec un aspect balsamique étonnant (ça aussi c'est difficile à relire mais vu que j'ai noté étonnant, c'est possible ...) et quelques notes torréfiées sous-jacentes.
On relèvera la présence d'épices portée sur la cannelle, la muscade, ...

La rétro-olfaction se fait à la fois plus épicée et plus ronde (surtout) avec une légère tendance à caraméliser.
On va retrouver les notes fruitées perçues au nez ainsi que de fines notes florales (sur la fleur de sureau). Le côté fruité va se préciser et, avant de pouvoir mettre un nom dessus, une vague torréfiée l'empêchera. Et lui donnera un petit goût de reviens-y.

Pour la finale, je m'attendais à quelque chose de plus court mais c'est pas si mal en fait.
On va rester sur cette douceur épicée et ce café latent.
Les notes fruitées apparaîtront avec plus d'insistance en fin de dégustation et une sensation mentholée sera également de la partie.

Un produit à la fois léger et agréable.
Ça fait longtemps mais je pense lui préférer le 2017.

Direction l’Ecosse maintenant avec un IB qui me laisse souvent de marbre :

 
Duncan Taylor – Panama – 2004 – 13 ans – 53,3% :

Duncan Taylor – Panama – 2004 – 13 ans – 53,3%     Duncan Taylor – Panama – 2004 – 13 ans – 53,3%
Oui, c’est un rien austère niveau packaging mais les infos sont là.

La robe est de couleur dorée à reflets orangés.

Au nez, directement, on sent bien les 53,3% … C’eut pu être mieux intégré …
C’est fruité (sur l’orange), caramélisé, un rien toasté et assez vanillé (le fût a bien craché ici). On retrouve également des fruits à coque.
On notera également un étrange côté légèrement herbacé.
Bon, c’est pas désagréable, ça a plus de peps qu’un bête ron panaméen sans watts mais je trouve le côté alcooleux mal foutu.
Ah oui, il y a des épices (vanille, certes mais aussi un peu de poivre, et un rien de cannelle) qui vont aller crescendo et s’imposer mais toujours avec cet alcool trop présent.

En bouche, comme au nez, les 53,3% sont bien là mais ça n’en rend pas le produit moins écœurant pour autant : c’est épicé, hyper caramélisé et sur des notes de fruits quasi confits.
On relèvera également une touche mentholée pas hyper agréable qui va s’intensifier avec le temps.

La rétro-olfaction est relativement chaude et fort épicée. On y retrouve des notes herbacées et mentholées ainsi qu’un aspect toasté qui viennent surplomber le côté caramélisé de la chose et quelques notes de fruits rouges.
Le caramel sous-jacent reste écœurant …

La finale est longue (voltage oblige), toastée (très), caramélisée (trop) et mentholée avec des notes de fruits rouges et d’orange épicée qui viendront clore les débats.

Mouais, ça reste trop écœurant à mon goût et pas hyper agréable du coup.
Décidément, Duncan Taylor, niveau rhum, je ne suis pas hyper fan (ou bien je n’ai pas goûté ce qu’il faut, possible aussi).

On retourne en Italie, en espérant trouver un panaméen d’un niveau équivalent au fantastique Enmore 2002 embouteillé par …

 
Silver Seal – Panama / Don José – 2000-2016 – 15 ans – 46% :

Bon, je spoile tout de suite ?
Ok ^^
Il y a (ou a eu) 281 bouteilles en vente. À un prix silversealesque probablement. Soit beaucoup trop cher pour la qualité du truc (certes mieux intégré que le Duncan Taylor mais quand même pas génial, génial).

Silver Seal – Panama / Don José – 2000-2016 – 15 ans – 46%     Silver Seal – Panama / Don José – 2000-2016 – 15 ans – 46%
Ou comment casser sa note en quelques lignes …

Maintenant que je vous ai donné envie (comment ça, non ?), passons à la note de dégustation.

Visuellement, c’est fort claire pour 15 ans : or intense à reflets dorés. Continental, tout ça, tout ça quoi.

Pour ses 46%, le nez est alcooleux hein. Avec un léger côté pâtissier derrière.
On a certes un peu de fruits (bien trempés dans l’alcool) et un aspect plus « végétal » (assez surprenant mais trop fugace que pour amener quelque chose à l’ensemble) avant de partir vers un caramel légèrement amer et chocolaté.
Et puis, ça va s’écraser et se refermer sur ces notes bien trop douces.
Bof bof hein. Difficile de se dire qu’il s’agit de l’IB qui a sorti un superbe Enmore 2002 (oui, celui dans la boîte bleue ^^).

En bouche c’est alcooleux, encore, plus épicé (cannelle, pain d’épice, poivre léger), caramélisé, vanillé et toasté.
Oui, on a bien un petit (tout petit) côté fruité/orangé en arrière-plan mais c’est pour dire.

La rétro-olfaction reste épicée (poivre), un rien végétale (si !) et toujours sur ce caramel toasté.
Le tout est accompagné d’une pointe mentholée.

La finale est brève, chaude, caramélisée, toastée, épicée avec un léger côté chocolat au lait.

Pas convaincu donc …

Le suivant est un « blend », niveau vieillissement du moins : un peu (ok, beaucoup) de Panama, un peu de France, une touche écossaise et une sélection belgo-luxembourgeoise :

Plantation Rum – Single Cask « Belux Tour 2018 » – Panama – 12 ans – cask 01 – 46,2% :

Sélectionné par Hesby-Drink, le fût « frère » se trouverait chez Toby Vins (si je ne dis pas de bêtises).
Le vieillissement a été effectué comme suit :
- 9,5 ans en fût de bourbon sous climat tropical ;
- 1 an en fût de cognac Ferrand (climat continental) ;
- 1,5 ans de finish en fût ayant contenu de l’Arran (du whisky donc. Et toujours sous climat continental).

Plantation Rum – Single Cask « Belux Tour 2018 » – Panama – 12 ans – cask 01 – 46,2%Plantation Rum – Single Cask « Belux Tour 2018 » – Panama – 12 ans – cask 01 – 46,2%Plantation Rum – Single Cask « Belux Tour 2018 » – Panama – 12 ans – cask 01 – 46,2%
Sinon, Plantation, l’avantage, c’est qu’on reconnait d’emblée leurs bouteilles.

C’est doré.
(oui, parfois, je suis concis).

Au nez, on est d’emblée assailli par un petit côté « cuir » qui laisse vite place à quelque chose de plus frais (fruité).
C’est très fruité en fait et un peu pâtissier aussi. Pas de gros caramel qui tache à l’horizon. Et un boisé fin et agréable vient compléter l’ensemble.
Des notes de fruits confits vont prendre le dessus. Le tout restera relativement gourmand sur un petit côté sucré/salé (parce que bon, les fruits confits et moi, voilà quoi …).
Des notes de fruits blancs feront finalement leur apparition (the Arran touch ?)

C’est relativement liquoreux en bouche (niveau gustatif, pas niveau consistance), c’est sucré (caramélisé donc) sur les fruits confits avant que les épices (poivre en tête) se manifestent, le tout étant sous-tendu par ces notes plus lourdes perçues au nez avec un boisé toasté, limite fumé.
Un joli mix fruits confits toastés, épicés et légèrement caramélisés.

Niveau rétro-olfaction, on conserve les fruits confits, les épices se font plus douces, la vanille et le bois toasté sont toujours de la partie et le côté « sucré » nous est offert par des notes plus chocolatées (au lait) que caramélisées.
L’influence du finish se sent encore plus ici sur le côté chaud et sous-jacent du truc.

La finale, relativement courte, reste sur ce fruit sucré et ce boisé qui nous accompagne depuis le début, le tout étant gorgé d’épices.
Des notes de fruits blancs (pommes, poires), dans le plus pur style Arran, se manifesteront également.

Alors, oui, c’est bon. Pas révolutionnaire mais ça a le mérite de ne pas nous envoyer du caramel bien gras en pleine tête et, déjà, ça c’est pas mal du tout.
Ah oui, 46,5%. Soit 0,5% de plus que le Siver Seal et une intégration bien mieux maitrisée (pour un prix bien plus bas).
Le finish whisky ben, c’est Arran donc c’est relativement fin et bien moins flagrant qu’un finish porto comme sur les Abuelo par exemple. Perso, je trouve ça assez agréable (après, c’est Arran donc niveau objectivité, vous repasserez hein ^^’).
Une version avec plus de watts pourrait être vachement intéressante !

On reste finalement en France pour terminer la dégustation avec un OVNI, clairement :

Compagnie des Indes – Panama – Distillerie Secrète – 9 ans – 60,9% :

Oui, j’ai gardé la « bête » pour la fin. Vu le voltage, j’avais pas trop envie de me griller directement ^^’

Compagnie des Indes – Panama – Distillerie Secrète – 9 ans – 60,9%     Compagnie des Indes – Panama – Distillerie Secrète – 9 ans – 60,9%
Chez CDI aussi les bouteilles sont facilement reconnaissables et comportent généralement pas mal d’infos.

Visuellement parlant, c’est plus foncé que le Plantation (même si plus jeune) : or intense à reflets légèrement orangés.

Eh bien, étrangement et contre toute attente, ça ne flingue pas les narines ! Respect déjà.
Après, c’est totalement autre et sans rapport avec ce qui a été dégusté jusqu’à présent : épicé, intense/animal (notes de cuir) et assez fermé.
M’est avis que l’aération va faire changer les choses mais c’est pas mal déjà, ça a le mérite de proposer autre chose ici aussi.
Après un aspect un rien fermé, on aura droit à un côté plus fruité (fruits noirs et jaunes assez goûtus), ce qui va lui conférer un caractère assez gourmand.
Peut-être que je n’ai pas laissé la chose assez respirer (ça faisait quand même déjà trois bons quarts d’heure et il se faisait tard donc il a fallu abréger les tests) mais c’est certes fermé mais agréable.
Nous sommes donc face à un produit très « sobre », en rien exubérant, absolument pas caramélisé à outrance (pas caramélisé du tout en fait) dont le côté fruité se fera légèrement herbacé.
Vraiment déroutant.

En bouche, oui, c’est puissant mais ça n’éclate pas du tout les papilles. Maîtrise totale du sujet. Good Job Florent comme on dit.
L’ensemble se fait plus épicé, intensément boisé, toujours sur ces notes de fruits noirs, un rien vanillé.
Un produit avec du peps en veux-tu en voilà et présentant une légère amertume herbacée.
Sérieusement, on est vraiment au Panama là ??

La rétro-olfaction reviendra brièvement sur ce côté plus animal avant de laisser place à ce fruité boisé et épicé.
À aucun moment, on n’est brûlé par les 60 et quelques degrés.
On va même gagner en fruits avec une touche de mirabelle (si, je vous jure, back from Lorraine, je sais de quoi je parle ^^).
Ça reste très gourmand sans être écœurant.

Vu le voltage, la finale est longue (qui l’eut cru ?). toujours très intense, elle est également épicée, sur des notes de bois toastés avec ce fruité gourmand qui va aller en se développant (fruits noirs, mirabelle) avec une légère pointe saline qui elle aussi va aller crescendo et lui donner un goût de reviens-y assez traître !

Ah ben ça, ça n’a rien à voir avec le reste des produits dégustés mais c’est vraiment sympa !
Top. Mon préféré derrière les deux Samaroli et ex-aequo avec le Kill Devil testé il y a de ça quelques temps.


Rhum n’ Whisky

lundi 14 janvier 2019

HSE un peu, beaucoup, passionnément …


HSE - Logo

Il y a déjà un certain temps (ça doit bien faire deux ans maintenant … oui, ça fait long, je sais), j’avais chopé un pack de samples de chez HSE qui regroupait l’ensemble des finish existant à l’époque.

Histoire d’être un rien cohérent, je me suis toujours dit que ça serait un peu plus pertinent de les goûter après m’être penché sur la gamme « de base ».

Bref, c’est chose faite.

La preuve avec une photo de famille du line-up complet :
HSE - Line-up complet
Tout n’a pas été dégusté le même jour, loin de là ^^’
Avec ça, on ne pourra pas dire que je ne me suis pas impliqué :p

Commençons donc par le commencement en nous penchant sur les blancs.
HSE - line-up blanc
Il y a déjà de quoi faire …

HSE – blanc – 50% (embouteillage des années 2000-2005)

Déjà, merci Guillaume pour le sample :-) et la précision au niveau de l’année d’embouteillage de la chose.

HSE – blanc – 50% (embouteillage des années 2000-2005)
Moi je trouve que l’étiquette avait un certain charme à l’époque.
Pour cette fois, on va se passer de décrire le liquide qui squatte dans le verre (c’est surtout histoire que je ne me casse pas la tête à trouver des synonymes pour cristallin, transparent, incolore, initialement très foncé mais passé au charbon pour lui rendre une couleur totalement inexistante, … enfin, vous voyez quoi).

Sans surprises, le nez est porté sur la canne (beaucoup), les agrumes (aussi) avec un beau côté frais et végétal.
Quelques épices (légères) un peu plus « sèches » arrivent par la suite et rendent l’ensemble un rien plus « terreux » même si cette sensation ne perdure pas.
Le voltage est bien dosé, les 50% sont bien maîtrisés.

En bouche, ça reste très canne, poivré et fatalement très végétal.
L’ensemble m’a paru « un peu grossier » si je puis dire (comprenez par-là que depuis on trouve des blancs bien plus fins).

À la rétro-olfaction, la canne nous gratifie de son aspect le plus sucré vite rejoint par une certaine amertume végétale et, en fond, toujours ces notes poivrées.

La finale, moyenne, reste sur des notes de canne et végétales avec un retour de ce côté terreux ainsi que de quelques agrumes. Les épices restent en embuscade avec une fine touche saline. Les notes terreuses reviendront longtemps après.

C’est sympa. Pas extra mais sympa. C’est surtout bien pour le côté « scientifique » du truc dans le cadre de la comparaison :-D

HSE – blanc – Cuvée Titouan Lamazou – 40%

HSE – blanc – Cuvée Titouan Lamazou – 40%     HSE – blanc – Cuvée Titouan Lamazou – 40%
Certes, mon sample est moche mais la quille est jolie :-)

Au nez, on change de registre : c’est très doux, très frais et, au premier abord, bien plus floral que végétal.
C’est bien plus fin que sur le précédent. On notera – à nouveau – la présence d’agrumes tout en finesse également.
Relevons également que les notes terreuses, limite « poussiéreuses » déjà ressenties sur l’ancien embouteillage sont de la partie mais contrebalancées par les notes végétales et d’agrumes.

En bouche, ça passe tout seul (après, on est à 40%, je sais) et on navigue entre canne, agrumes, un côté floral qui se fera plus herbacé avec le temps ainsi que de fines épices portées sur le poivre.
C’est toujours très doux et très facile d’accès.

La rétro-olfaction se fait un peu plus chaude, plus épicée, plus végétale mais aussi plus sucrée et plus terreuses avec des agrumes en embuscade.

La finale est relativement courte, très, très douce, sur la canne, les agrumes et de légères épices.

C’est plus fin, plus doux mais aussi moins punchy (la faute au 10 watts de moins) que le précédent.
Il semblerait qu’une version à 50% existe, ça doit être pas mal du tout du coup.

HSE – blanc – Cuvée de l’an 2010 – 50%

HSE – blanc – Cuvée de l’an 2010 – 50%     HSE – blanc – Cuvée de l’an 2010 – 50%
À partir d’ici, on va commencer à jouer avec un code couleur niveau boites et bouteilles…

L’intégration de l’alcool est au top, le nez est hyper frais, sur la douceur de la canne et la fraicheur exotique des fruits accompagnées de notes d’agrumes bien plus fines et plus douces que le précédent.
C’est donc doux, frais, enivrant et fatalement hyper agréable.
Derrière tout ça, on notera la présence de quelques épices tout en discrétion pour ne pas s’endormir devant la finesse de la chose ainsi que de légères notes d’amande/de noyau.

Sans surprises, la bouche est plus chaude que la cuvée Lamazou. Portée sur la canne et les fruits, elle va nous offrir une légère amertume relativement agréable (mi-végétale, mi-agrumes).

La rétro-olfaction se fait chaude, un rien épicée, les agrumes ressortent plus, tout comme le côté plus floral et relativement sucré du produit.
On retrouvera également cette petite amertume plus portée sur les amandes et le noyau.

Sans surprises, ici aussi, la finale sera plus longue que le précédent et nous offrira des notes de cannes, une belle douceur sucrée mais aussi de l’amande (sur ce côté noyau qui nous suit depuis le début) avec un retour des agrumes (bien portés sur le citron cette fois) épicés sur la fin.

Ça se boit sans soif en fait.

HSE – blanc - Cuvée de l’an 2012 – 50%

HSE – Cuvée de l’an 2012 – 50%     HSE – Cuvée de l’an 2012 – 50%
… amis des arcs-en-ciel, bonjour !

Ah, il y a un air de famille non seulement au visuel du packaging mais également dans le verre vu qu’ici aussi on fait face à une belle maîtrise de la puissance du rhum (pas d’explosion de narine donc) accompagnée d’arômes floraux.
Il va sans dire que la canne fraîche sera également de la partie et cet aspect floral se fera plus fruité le temps passant mais à nouveau un fruité teinté d’exotisme.
C’est presqu’une copie conforme du 2010 en fait vu que les notes de noyau/d’amandes sont toujours de la partie.
Niveau épices, on retrouve de légères notes poivrées accompagnées d’agrumes légers.

En bouche, ça explose sur le fruit. Mais un fruit confit exotique au sucre de canne hein. Miam !
L’ensemble se fera également plus « minéral » avec des notes poivrées qui auront tendance à évoluer.

La rétro-olfaction, chaude, fruitée et sucrée, nous offre de belles épices (surtout orientées poivre) ainsi qu’une légère amertume.

La finale est, elle aussi, sensiblement identique à la Cuvée de l’an 2010 si ce n’est qu’elle revient plus sur la canne, les notes poivrées et un aspect fruité clairement porté sur les agrumes.
À noter que quelques notes salines ainsi qu’une légère amertume se feront sentir sur la longueur.

Des deux « cuvées de l’an … », ma préférence va à celui-ci.

HSE – blanc – 55%

On va terminer notre incursion dans le blanc avec celui qu’on trouve partout (du moins, en France, parce que chez nous, à défaut d’aller, chez un caviste, du HSE en grande surface, voilà quoi …).

HSE – blanc – 55%     HSE – blanc – 55%
Ok, on quitte le code couleur que je vous ai vanté tout à l’heure mais c’est pour mieux y revenir plus tard.

Le nez se fait floral et fruité avant d’évoluer vers des notes de canne.
Mais il y a surtout un truc sous-jacent, plus lourd, difficilement identifiable, qui rend l’ensemble plus intense.
On conserve ce côté noyau, de fines épices et on récupérera un peu (beaucoup ?) d’agrumes.

Clairement, celui-ci est plus « brut de décoffrage » nous allons dire. Les 55%, ils sont là.
Aussi étrange que cela puisse paraître, il m’a paru un rien « lacté », un peu sur des notes « fermentées » (oui, c’est louche, je le conçois).
Derrière tout ça, on relèvera des notes de fruits (limite confits) mais loin, très loin et derièrre une barrière d’épices qui fait « écran ».
Sans être péjoratif, la bouche fait vraiment « terroir ».

La rétro-olfaction est portée par des notes végétales, de canne et un léger poivre avec des agrumes en arrière-plan qui vont aller crescendo.
On relèvera la présence d’une grosse amertume.

La finale balance entre canne, amertume, notes fruitées plus ronde (plus sucrées quoi) avec un poivre en retrait.
C’est un peu plus long que les autres.

Oui mais non en fait.

Tant qu’à faire, on classe ?
Soyons fous :
1. Cuvée de l’an 2012
2. Cuvée de l’an 2010
3. embouteillage des années 2000-2005
4. Cuvée Titouan Lamazou
5. 55%

To be continued … comme on dit aux stazunis.


Rhum n’ Whisky