vendredi 15 février 2019

HSE aux pays des kilts et des cowboys


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Bon, après les raisins, direction les céréales pour terminer ce tour d’horizon de la gamme HSE (ok, depuis il y a eu des nouvelles sorties dont un nouveau blanc, un canne d’or, deux bruts de fût ainsi qu’un triple millésime si je ne me trompe pas mais bon, tout ce que vous venez de lire a déjà été écrit il y a quelques mois, quand il faisait pétant chaud ; oui, j’ai testé la dégustation par canicule ^^ Même pas peur …).
Bref. 
HSE - whisky - line-up
Dernière photo de famille. 
On va commencer léger avec un produit à forte connotation stazuniesque.

HSE – Black Sheriff

40%, plus ou moins 3-4 ans d’âge, vieillissement en fût de bourbon (Kentucky ou Missouri, perso la subtilité est trop subtile – c’est le cas de le dire – pour moi niveau gustatif).
Pas un finish à proprement parler. Plutôt un VO en fait, qui a bien profité de son fût.
Mais le parallélisme me semblait sympa ^^
HSE – Black Sheriff      HSE – Black Sheriff
La « Black Bottle » selon HSE.

Sa robe est orangée et ses reflets dorés.

Les nez est très porté sur les notes de coco et de vanille avec une fine touche poivrée en arrière-fond mais également un boisé bien présent.
Là, clairement, on la sent l’influence du fût. Et pas qu’un peu. A la limite, on s’éloignerait même un peu trop du rhum.
Avec le temps, les fruits secs grillés mais également des notes plus exotiques avec, en fond, un peu de canne nous ramènent vers le rhum.

En bouche, le produit se fait plus épicé (toujours ces notes de poivre) mais présente également une certaine douceur vanillée.
La canne revient également nous dire bonjour, accompagnée de fruits exotiques et de ce côté toasté (bah oui, c’est quand même un peu boisé). Ce côté plus fruité/sucré lui donne une certaine rondeur.

La rétro-olfaction est chaude, épicée (très), sur des notes de bois toasté (beaucoup) mais aussi sur des notes de canne à nouveau accompagnées d’un fruité exotique. L’ensemble va évoluer vers des notes de menthol qui se feront de plus en plus prégnantes.

La finale est toastée (beaucoup) et épicée (sur le poivre et la vanille, ce qui lui confère une certaine douceur).
La canne va lutter avec le côté boisé du produit et ces notes de fût cramé vont longtemps nous accompagner.

C’est plus qu’honnête finalement (et comme je m’attendais à … pas grand-chose en fait) et, en soi, un chouette « entre deux » pour quelqu’un qui souhaiterait passer en douceur du bourbon à l’agricole (sans passer par l’étape Barbade s’entend).

Ceci étant fait, passons à la partie écossaise de cet article.

HSE – Single Malt finish – Highland – 2005 – 44%

Un peu moins de 8 ans pour celui-ci dont un an en fût de whisky.
HSE – Single Malt finish – Highland – 2005 – 44%     HSE – Single Malt finish – Highland – 2005 – 44%
On retrouve donc ici notre série au packaging « arc-en-ciel »

Comparé au précédent, celui-ci parait légèrement plus clair. On va dire or intense à reflets orangés (ou alors c’est juste pareil hein, la lumière chaude n’aide pas beaucoup …).

Le nez est frais, c’est relativement doux, bien fruité (sur les fruits à chair blanche), passablement mentholé et, à la limite, un peu porté sur la réglisse. Les épices sont légères et on perçoit un fin et subtil boisé derrière tout ça.
C’est hyper agréable en fait.
Ça fait moyennement penser à un rhum mais ça ne fait pas pour autant plus penser à un whisky. Mais c’est franchement bien.
Derrière cet aspect hyper fruité, un côté toasté, presque fumé va faire son apparition avec de légères notes céréalières. C’est léger mais elles luttent avec ce côté fruité et, ça et là, quelques touches mentholées.

En bouche, on est en plein sur la pomme caramélisée (!!) suivie d’un boisé mentholé (et d’un peu de réglisse ?). C’est plus épicé aussi, avec un côté plus porté sur les céréales qui va faire son apparition.
Niveau consistance, c’est assez gras.

La rétro-olfaction nous offre à la fois un produit chaud mais également hyper frais sur ce côté mentholé relevé plus haut.
Le boisé caramélisé (la pomme se sent beaucoup moins ici) est toujours là même s’il se fait plus toasté et on ressent déjà une légère amertume.

La finale, moyenne, confirmera cette légère amertume tout en conservant ce côté gourmand qui s’est révélé en bouche.
Un aspect mentholé garantit une bonne dose de fraîcheur qui nous aura accompagnés tout au long de la dégustation.

Celui-là, au plus que tu le goûtes, au plus que ça te goûte hein. Top !

On va donc terminer notre périple « achesseuhien » avec un finish improbable :

HSE – Single Malt finish – Islay – 2005 – 44%

Déjà, il affiche gentiment dix ans au compteur mais en plus le finish a été effectué pendant un an dans des fûts ayant contenu du whisky tourbé (Islay, tout ça, tout ça).
HSE – Single Malt Finish – Islay – 2005 – 44%     HSE – Single Malt Finish – Islay – 2005 – 44%
Du coup, on a droit à une couleur plus « dark ». J’aime beaucoup :-D

Visuellement, on part sur quelque chose d’orangé à reflets dorés (ils ont donc tous plus ou moins le même aspect).

Aussi étrange que cela puisse paraitre, le nez ne correspond pas du tout à ce à quoi je m’attendais (comprendre un gros finish qui tache), c’est bien plus fin que « je te fais un rhum avec de la tourbe dedans » (et c’est pas plus mal).
On est donc face à un produit qui fleure bon les fruits exotiques, les épices fines, un boisé subtil typé HSE mais également un aspect plus salin, un rien plus lourd qui tend vers des notes de cuir et qui ne demande qu’à s’exprimer.
Si c’est tourbé, c’est léger hein ou alors ça va arriver tel un uppercut par après … en fait non ^^
Ça reste discret même si ça « tourbise » un peu plus (tout en luttant contre ce côté fruité exotique prégnant) mais c’est très soft.
C’est hyper bien foutu.
À noter qu’avec pas mal d’aération, cet aspect « cuir épicé » va prendre le dessus.

En bouche, c’est épicé, toujours très fruité mais un côté fumé/mentholé se fait bien plus prégnant.
Le boisé se fond, quant à lui, aux notes plus lourdes mais cependant bien maitrisées de ce whisky « tourbé ».
Comme au nez, après aération, le côté whisky est toutefois plus marqué ici par le cuir et les épices.

À la rétro-olfaction, ça sera, de fait, beaucoup plus fumé mais on conservera ce boisé épicé « HSE style » ainsi que cet aspect fruité qui nous fait indéniablement plus pencher vers le rhum que vers le whisky (avant de s’inverser par la suite).

La finale est plus longue que le précédent (tourbe oblige) et le finish est vraiment bien foutu.
Quand, peu de temps avant (pas le même jour hein …), tu testes le dernier truc bizarre de chez Ferroni vieilli (ou c’est juste un finish, je ne sais plus) en fût de Laphroaig, ben tu t’attends – avec crainte – à autre chose.
Mais pas à un finish qui repart sur des notes fruitées (orange notamment) accompagnée de notes salines et épicées avec une fumée légère sous-jacente. Le tout est même relativment sucré.
C’est complètement désarçonnant.
On est clairement plus face à un whisky marin, typé cuir et fumée qu’à une grosse tourbe bien lourde qui tache.
Après, ça reste Islay hein, donc c’est super long et ça se manifeste sur la longueur. C’est ce caractère typé qui restera en fin de dégustation (sur des notes de cuir accompagnées d’épices et de douceur).

Vraiment bien aussi !

Classement ?
1. Highland (d’une courte tête)
2. Islay
3. Black Sheriff (sans surprises, il ne jouait pas dans la même catégorie).

Ceci conclut donc cela !


Rhum n’ Whisky

HSE et la Péninsule Ibérique


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Après le finish en fûts de vin« normaux » dirons-nous, restons ans le vin mais …
Mais … passons au xerez (ou sherry pour ne pas vous perdre) et au porto. C’est un rien plus particulier. 
HSE sherry -porto - line-up
Et ici aussi, on va faire une passe de trois.

HSE – Porto finish – 2009 – 42%

HSE – Porto finish – 2009 – 42%     HSE – Porto finish – 2009 – 42%
Dans le genre mauve pétant, il se pose là lui ^^’

Sa robe est d’un bel orangé à reflets dorés tendant vers l’orangé.

Le nez est particulier, le rhum étant assez jeune (6 ans), on relève tant ce côté boisé vanillé typé du fût de bourbon (dans lequel il aura passé 5 ans) que des petites notes, éparses, du finish en fût de porto (où il est resté une année supplémentaire).
On y retrouve des fruits mais c’est assez « plat » par rapport aux autres finitions « vin » testées jusqu’à présent.
On notera toutefois un peu d’agrumes et un fin boisé (qui, avec le temps, se fera plus torréfié).
Attention, rien n’est désagréable mais rien n’est transcendant non plus.
Très honnêtement, on cherche le finish … qui apparaitra sur le tard avec l’une ou l’autre notes de noix (sans s’imposer toutefois) qui seront contrebalancées par quelques pointes mentholées qui amèneront de la fraîcheur au produit.

En bouche, il se fait rond, gourmand, un peu caramélisé, avant de partir vers des notes plus sèches et plus épicées. L’ensemble « tapisse » bien la bouche.
On conserve ces notes fruitées sur les agrumes, sur l’orange mais aussi quelques fruits secs (c’est léger toutefois). Les fruits noirs seront également de la partie et le boisé se fera à nouveau toasté (et non plus torréfié).
À noter que la canne est ici bien plus présente que sur les trois précédents.

La rétro-olfaction, nous offre des agrumes, des fruits frais (désolé pour la précision des notes ^^’) et, enfin diront certains, des fruits secs (de manière bien plus prégnante donc).
On garde un léger menthol et de fines épices.

La finale est moyenne et reste sur les fruits secs légèrement épicés qui seront cette fois au centre des débats avant que les fruits frais (orange en tête) ne reviennent pour finalement laisser place à des notes boisées qui fermeront la marche.

Sympa. Sans plus.

HSE – Sherry finish – Pedro Ximenez – 2005 – 46%

8 ans dont un peu plus de 7 en fût de bourbon et 6 mois en fût de PX. 
HSE – Sherry finish – Pedro Ximenez – 2005 – 46%     HSE – Sherry finish – Pedro Ximenez – 2005 – 46%
Stabylo Powaaaa !!

Sa robe est cuivrée à reflets orangées.

Au nez, on sent directement les 4% en plus. Sinon, on remarque d’emblée de l’amande, du noyau, des fines épices, un léger boisé qui semble aller en s’intensifiant et un truc « autre » qui fait penser à des fruits beurrés (je sais …).
Une fine touche mentholée apporte une fraicheur agréable au produit.
On relève des notes vanillées mais également quelques notes fruitées plus typées PX.
On notera également un léger côté tabac qui arrive par la suite.
C’est assez monolithique mais c’est agréable et, de fait, assez gourmand.
Ça donne clairement envie de pousser la dégustation plus en avant.

En bouche, il est bien plus liquoreux que le précédent. Relativement doux (mielleux), légèrement épicé (vanille, muscade, poivre fin), avec un boisé relativement fin et un côté fruité sous-jacent.
En plus de tout ça, on aura quelques notes de tabac mais aussi de légers fruits secs.
Le tout se fera un peu astringent.

À la rétro-olfaction, le produit se fera plus sec, plus boisé, sur la poudre à canon (si) et les épices.
Il restera mielleux et gardera les notes de fruits secs relevées plus avant.

La finale est un peu plus longue que pour le finish porto. Elle est relativement douce et sucrée avec un retour des épices et du boisé par la suite.
Le côte fruits secs (assez sucrés) est également là avant qu’on ne reparte sur des notes plus épicées et très agréables.

Sympa, facile, chouette quoi.

HSE – Sherry finish – Fino & Olorosso – 2004 – 45%

9 ans dont 6 mois en fût de sherry. 
HSE – Sherry finish – Fino & Olorosso – 2004 – 45%     HSE – Sherry finish – Fino & Olorosso – 2004 – 45%
Niveau packaging, c’est le plus sobre des trois …

Niveau visuel, c’est sensiblement pareil que le finish PX. Limite, on fonce un peu sur celui-ci.

Le nez est porté sur les fruits secs, un peu de fruits frais, les épices douces et un beau boisé qui ressort plus que d’habitude, sur des notes plus fines, plus subtiles.
On notera une certaine acidité sur un côté fruité plus typé olorosso mais ça reste léger.
L’alcool se sent étrangement plus que sur le précédent par contre.
Ça restera assez monolithique et fermé, sur des notes limites « poussiéreuses ».

En bouche, c’est principalement boisé, épicé (poivre et cannelle en tête) et sur les fruits secs aux accents « vineux ».
On ressentira finalement une certaine douceur sucrée aidée en cela par quelques notes d’agrumes (orange principalement).
Ici aussi, ça reste très droit. Il ne se passera pas grand-chose de plus.

La rétro-olfaction se fera encore plus épicée avec une touche mentholée ou une pointe de réglisse (j’hésite) avant que le boisé un rien amer ici fasse son retour (on a l’impression qu’en plus des noix, on nous a offert les coquilles. C’est moins cool du coup).

La finale est plus courte que sur le finish PX et est porté sur des notes boisées englobant des fruits secs et une sensation « vineuse » particulière. On conservera l’amertume décelée plus haut avec quelques notes de tabac.

Le mois sympa des trois même si c’est mieux que dans mon souvenir. Et je continue à ne pas voir grand intérêt dans le finish sherry sur le rhum (du moins quand on joue avec de l’olorosso).

Classement ?
1. Sherry Pedro Ximenez
2. Porto
3. Sherry FIno & Olorosso


Rhum n’ Whisky

HSE, In vino rumitas …


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Cherchez pas, je trouvais juste que ça sonnait bien ^^

La partie « classique » de la gamme étant dernière nous, il est temps de nous plonger dans quelque chose qu’HSE a poussé bien plus loin que d’autres distilleries, certes avec des résultats divers et variés mais avec un souci d’innovation certain : le finish !
Dans notre pays oùskon parle pas english, on peut aussi dire « affinage » mais ça sonne moins smart, je le reconnais ;-)

Tout ça pour dire qu’on va se pencher sur les finitions « vin » cette fois.
HSE "vin" - line-up
Oui, le nombre diminue à chaque fois (mais rassurez-vous, à partir de maintenant, ça va rester constant).

HSE – Sauternes finish – 2003 – 41%

Ici, on est sur un vieillissement de 9 ans en fût de chêne des Stazunis avant de terminer pour 8 mois dans des fûts de « Château La Tour Blanche » (un Sauternes premier cru classé ; c’eut pu être pire, on est d’accord).
HSE – Sauternes finish – 2003 – 41%     HSE – Sauternes finish – 2003 – 41%
Ok, c’est blanc (rapport avec le vin ?) mais c’est vraiment avec cette gamme-ci qu’on va pouvoir jouer avec les boites de couleurs diverses et variées.

Visuellement, on est sur un produit à la robe orangée et aux intenses reflets dorés.

Le nez est très agréable : outre la patte HSE, on sent un truc en plus, une certaine douceur fruitée encore plus forte.
On y trouve des notes boisées très fines, un léger menthol, des épices relativement douce (muscade en tête) et – au-dessus de tout ça – du fruit. À ce sujet, on se balade entre fruits à chair jaune, notes de raisin et quelques fruits à chair blanche. Les fruits à coque (noix, noisettes) arriveront par la suite tout en conservant cet aspect doux et sucré.

En bouche, il est tout aussi agréable, sur cet aspect boisé typé accompagné de quelques notes de tabac et légèrement astringent.
Les fruits secs/fruits à coques sont planqués en embuscade et les fruits frais s’écrasent sous les autres arômes.

Les notes de tabac vont dominer la rétro-olfaction et seront accompagnées de fruits secs et d’un beau boisé épicé (poivre, muscade, …).
C’est « gras » à tendance beurrée.
À noter que le côté boisé de la chose va évoluer vers des notes plus mentholées avant de revenir vers un aspect plus orienté tabac.

La finale se fera plus douce tout en restant sur ces notes de tabac et de fruits secs (à tendance beurrée toujours) perçues ci-avant avec, toutefois, une arrivée de notes fruitées plus « sombres » et bien plus douces. On y repère également quelques épices.
La longueur ? … j’ai pas noté ça … ça devait être pas mal je suppose --‘

Top, vraiment !

HSE – Skouras white wine cask finish – 2007 – 51,5%

On quitte le format 50 cl pour faire place au magnum de 1,5 litre, rien que ça.
Et histoire de frustrer les gens, la chose ne serait disponible qu’à la boutique de la distillerie (merci à mon gentil QDD du coup).

Embouteillé en 2017, il a subi un vieillissement de 24 mois (soit deux ans pour ceux qui aiment convertir) dans des fûts de vin blanc grec (non, pas le Retsina ! Suivez un peu que diable !). Ca y en a être original.
HSE – Skouras white wine cask finish – 2007 – 51,5%     HSE – Skouras white wine cask finish – 2007 – 51,5%
Copyright HSE comme on dit ^^ Vu la taille, je présume qu’il n’y a pas de boite …

Celui-ci se fait plus foncé que le précédent : la robe acajou se pare de reflets orangés et de ce disque verdâtre caractéristique sur le dessus du verre.

Au nez, on repèrera directement une superbe intégration de l’alcool ainsi que des notes biens plus intenses et relativement lourdes et gourmandes … sur le chocolat !
À nouveau, on retrouve un peu de muscade, un léger poivre et des notes beurrées.
Les fruits sont plus frais, plus typés raisin qui – avec le temps – vont se diriger vers des notes de raisin sec.
Comme d’hab, le côté boisé du produit est superbement maitrisé.

En bouche, il se fait beaucoup plus puissant que le finish Sauternes (après, il a gentiment 10° de plus hein …).
Le boisé tannique et épicé (sur le poivre) ainsi que les notes de tabac cacaotées (plus que chocolatées en fait) sont également de la partie.
On relèvera toujours la présence de fruits séchés (moins de raisins secs mais plus de figues par contre) ainsi qu’un certain peps épicé en fin de bouche.

La rétro-olfaction est portée sur les notes boisées et les notes de tabac, ce qui entraine une certaine amertume contrebalancée toutefois par un agréable fruité plus exotique. In fine, on aura une belle rondeur qui viendra clairement couvrir ces notes de tabac de manière assez impressionnante.

C’est long, sur les fruits secs/à coque (ce qui lui confère un aspect « porto » assez déstabilisant) et les fruits frais (entre raisins … secs et fruits exotiques).
Le boisé et les épices se révèleront sur la fin qui se fera bien plus longue que prévu.

Triple Miam !
Il est encore mieux que le précédent !

Terminons cette première partie avec un finish qui aura énormément fait parler de lui :

HSE – Château Marquis de Terme finish – 2005 – 48%

Du blanc, on passe au rouge : après 10 ans en fût de chêne américain, il passera un an et demi en fût de Margaux grand cru (du domaine susdit).
HSE – Château Marquis de Terme finish – 2005 – 48%     HSE – Château Marquis de Terme finish – 2005 – 48%
Oui, il semblerait que le finish vin aime se parer de blanc ;-)

Visuellement, le passage en fût ne lui a pas donné une couleur de vin rouge, non, non. On serait même plus clair que le finish vin blanc. Scandale ? Non, pas tant que ça ^^
Bref, c’est un rhum à la robe cuivre intense à reflets orangés qui repose dans notre verre.

Le nez nous offre du fruit, du solvant (tout en finesse hein, on n’est pas sur un Hampden ici), des notes florales, un voltage au top, des notes d’amandes/de noyau et du fruit rouge (histoire d’être plus précis quant aux fruits).
C’est très agréable mais un peu moins gourmand que le Skouras
Les fruits rouges et noirs vont aller crescendo et englober un boisé bien maitrisé (fin, subtil mais bien présent). Après, aussi étrange que cela puisse paraître, ce côté fruits rouges et les notes sucrées du produit lui confèrent un petit côté « grenadine » inattendu.

En bouche, on garde ce petit côté solvant mais ce sont surtout les fruits secs qui mènent la danse, accompagnés en ça d’un boisé légèrement amer.
C’est – à nouveau – assez « lourd » et les notes de tabac ne sont pas loin.
Les épices se font plus fines mais paradoxalement plus piquantes (en gros, on a un poivre plus lourd mais moins intense … je me comprends). C’est également un peu « beurré » et astringent.

La rétro-olfaction est chaude, plus épicée avec une amertume portée sur le tabac et des notes boisées.
Les fruits secs s’en donnent également à cœur joie avec quelques fruits rouges en embuscade.

La finale va rester sur ces épices amères avec, cependant, une fine touche mentholée relativement fugace avant d’assister à un retour des fruits rouges (et noirs mêmes), sur la grenade (le fruit, pas le machin qui fait boum).
Le tabac est toujours de la partie et la longueur ben … comme le Sauternes, j’ai pas de notes --‘

C’est sympa. Mais c’est celui qui m’a le « moins » plu des trois (après, c’est surtout qu’il fallait faire un classement donc voilà. Parce qu’il est chouette aussi).

Donc le classement, sans surprises si vous avez tout lu :
1. Skouras
2. Sauternes
3. Marquis de Terme

La suite arrive bientôt …


Rhum n’ Whisky

mardi 12 février 2019

Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume de Bavière …


Bon, ça faisait longtemps que je n’avais pas poussé un coup de gueule, il est donc temps d’y remédier !

Zonant tranquillement sur Fessebouc pendant mon heure de table, je tombe sur un post de Benoît Bail (Monsieur "Confrérie du Rhum" pour les deux-trois ermites à qui ce nom ne dirait rien) que je me permets de copier-coller par souci de facilité :
« Chers Confrères, l'heure est grave...
Plus sérieusement, depuis quelque temps maintenant, un rhum produit en Bavière (Allemagne) intitulé Rumult - Bavarian Rum est en vente sur le marché allemand et germanophone.
Celui-ci trompe malheureusement le consommateur en usurpant l'identité des rhums agricoles, car il stipule clairement sur son étiquette la mention "Pure Single Agricole Rum".
En plus de vouloir faire son entrée dans la classification de Gargano (pour des raisons marketing probablement), ce rhum indique donc être un rhum agricole.
Selon le producteur avec qui plusieurs personnes, en plus de moi, ont échangé, son jus de canne viendrait de l'île Maurice par un moyen qui n'a pas encore été clarifié à ce jour, car sa version change en fonction de l'interlocuteur.
Ceci étant la réglementation européenne sur la dénomination "agricole", est claire:

Règlement 110/2008 Annexe
Catégories de boissons spiritueuses
1. Rhum
ii) ... Cette boisson
Spiritueuse peut-être mise sur le marché avec le terme «agricole» qualifiant la dénomination de vente
«rhum», assortie de l'une des indications géographiques des départements français d'outre-mer et de la
région autonome de Madère enregistrées à l'annexe III
f) Le terme «traditionnel» peut compléter l'une des indications géographiques mentionnées dans la catégorie 1 de
l'annexe III lorsque le rhum est produit par distillation à moins de 90 % vol après fermentation alcoolique de
produits alcooligènes exclusivement originaires du lieu de production considéré. ...

Nous avons donc ici clairement un cas où le producteur essaie de profiter de la notoriété d'une certaine catégorie de produit très réglementée.
Ainsi, afin de protéger nos chers rhums agricoles et leur dénomination, preuve d'un savoir-faire authentique, nous vous invitons à aller sur la page Rumult - Bavarian Rum et d'y laisser un avis négatif expliquant les faits dans le but de les amener à réagir et de changer leurs étiquettes et leur discours commercial.
C'est un geste qui ne prend que quelques minutes, mais qui démontre que nous, consommateurs de rhum, de rhum agricole et que cette confrérie, ne nous laisserons pas berner et que nous défendons les produits de nos terroirs.
#noagricoleinbavaria »

Parce qu’une image vaut parfois mieux qu’on long discours, je vous pose gentiment la photo de la chose ci-dessous.
Et comme je suis un mec gentil (enfin, y en a qui trouvent que je suis un sale con mais je m’en fous donc bon), j’ai même mis un cadre et une flèche moche (faits sous Paint avec mes petites mains potelées) histoire de bien attirer votre attention quant à la chose :
Bavarian rum ...
Alors, il est pas beau mon montage ? ^^
C'est bon, vous avez tous remarqué ce qui coince ?
Sérieux quoi "Pure Single Agricole Rum"

Alors, vu que ces sympathiques bavarois nous prennent un peu pour des cons, on va faire un point géographie histoire de les recentrer un rien et relever quelques incohérences :

- En Bavière, on parle allemand, il ne fait pas nécessairement super ensoleillé et niveau plage paradisiaque c’est un peu « délicat » dirons nous, la patronne du pays s’appelle Angela et on a plus de chance d'y croiser Oliver Kahn que François Longueteau.
Bref, c’est pas vraiment les DOM. Accessoirement, ça n’a aucun rapport avec Madère non plus.
Déjà, ça part mal.

-Après, on nous parle de jus de canne à sucre de l’île Maurice. Bah oui mais non hein les gars, faut au moins un peu vérifier ce qu’on peut qualifier d’agricole ou non quand même. Au même titre que la Bavière, l’Île Maurice n’est pas reprise dans la liste de l’Annexe III du règlement 110/2008.
Crotte alors.
Limite, que les pays hors Europe s’asseyent sur ce règlement, je comprends (je ne cautionne pas mais je peux comprendre) mais bordel, l’Allemagne, c’est un chouia en plein milieu de l’Union Européenne bordel de me*** ! Du coup, je me permets d’émettre un avis : faire caca sur les règlements européens, c’est certes facétieux mais moyen-moyen quand même quand on en plein centre de ladite Union …

- Donc, pour ceux qui se posaient la question mais n’osaient pas demander : non, malgré le réchauffement climatique, il n’y a (toujours) pas de champ de cannes à sucre en Allemagne.
C’est ballot hein.

- Les mecs, ils transporteraient donc du vesou de chez Maurice jusqu’en Bavière. Moi y en a sceptique parce que – pour faire simple – la « durée de vie » du susdit liquide est totalement insuffisante pour faire ce trajet. Donc il y a déjà une opération en amont. Ce qui impliquerait que ce ne sont finalement que des embouteilleurs indépendants fort peu scrupuleux.
Certains ont – en son temps – essayé de nous faire croire la même chose. C’était « Rhum Gabriel ». Et ils avaient une communication de merde. Non mais rien de méchant hein, c’est juste un fait avéré. Puis ils ont disparu (mais sont de retour sous le doux pseudo de « Little G », ne vous faites donc pas avoir).
Niveau com’, nos copains teutons ont l’air d’être du même acabit. Ça laisse rêveur.

- la « classification Gargano » … Alors là, je trouve qu’on touche au sublime. Non seulement, ils enfument le consommateur mais en plus, ils le font en utilisant les termes mêmes de celui que certains présentent comme le pape des embouteilleurs indépendants, Mister Velier.
Niveau marketing, comme l’a écrit Benoit, c’est bien vu. Niveau honnêteté, … non, je ne vais rien dire en fait.

- … on peut s’arrêter là non, vous ne trouvez pas ?

Quoi le goût ?
Franchement, quand on me parle de « finale extrêmement longue au caramel », ça ne me fait pas nécessairement rêver. Ajoutez à cela, les fruits secs et l’orange (surtout l’orange) et j’ai la sale impression qu’on nous offre gentiment un truc qualifiable de « Don Papa au pays de Derrick » mais avec Horst Tappert en bermuda au milieu des champs de cannes de Martinique pour en faire la promo mensongère …
Je vous laisse imaginer cette vision idyllique.

À un moment, il faut penser à arrêter de se foutre de la tête des gens non ?
Si vous ne pouvez pas faire un truc en respectant ce qui doit l’être, ne le faites pas, c’est tout.
Parce la, clairement, il y a tromperie sur la marchandise.
J'en connais qui se sont pris un procès sur la gueule pour moins que ça (Tu la sens ma manœuvre dolosive, tu la sens là ?).
Je dis ça, je dis rien.
A bon entendeur ...

Bref, Rumult, wir haben ein Problem ...


Rhum n’ Whisky

vendredi 8 février 2019

« Le Rhum à Nico » aka Latitudes - O Reizinho


Au début, j’ai voulu intituler l’article « Mon père, Madère, mes frères et mes sœurs, … » mais … enfin voilà quoi ^^

Tout ça pour dire qu’il y a quelques temps, je reçois un message de Nico (Monsieur « Cœur de Chauffe ») qui me dit se lancer dans une activité oh combien géniale (scrollez vers le bas pour en savoir plus) et me propose de découvrir – en avant-première – un échantillon du rhum qu’il a sélectionné.
Joie et sentiment de privilégitude (j’invente des mots si je veux) m’envahissent et j’accepte avec plaisir.

Les jours passent, l’enveloppe arrive au bureau et, comme un barbare, je déchire le truc pour découvrir le sample et me rendre compte que j’ai explosé le sympathique petit mot qui accompagnait le colis (boulet je suis, je le reconnais).
Merci, tout simplement :-)

Avant de passer à la dégustation, petit point info et vu que c’est vachement bien fait sur le site de Rhum Attitude et que je ne vois pas l’intérêt de paraphraser (si ce n’est pour me faire ch*** et ne rien vous apporter de plus), je vais un « rien » copier-coller les infos utiles concernant le produit dégusté aujourd’hui.

D’une part, concernant la distillerie :
« La distillerie O Reizinho a été enregistrée officiellement en 2013 sur l’île de Madère, mais c’est en réalité une affaire bien plus ancienne. En effet, avant cela, la famille Ferreira produisait déjà son “aguardente de cana” (eau-de-vie de canne) depuis plusieurs générations, pour elle-même et pour quelques amis. La distillerie est toujours située au sous-sol de la maison, et la méthode traditionnelle reste inchangée.
L’approvisionnement se fait auprès de fermiers locaux, qui cultivent les 6 variétés de canne à sucre présentes sur les petites parcelles de cette île montagneuse.
C’est un rhum agricole, donc de pur jus de canne, qui sort de leur alambic traditionnel portugais.
3000 litres ont été produits lors de la première année, en 2013, et la production s’est étendue à 15000 litres en 2018. »

Et d’autre part, quant au processus de fabrication du produit :
« O reizinho 50° est un rhum agricole artisanal de Madère. La canne est pressée aussitôt son arrivée à la distillerie, durant la campagne de récolte qui s’étend de mars à mai. Le pressage se fait sans adjonction d’eau, sauf si la concentration en sucre est supérieure à 18 brix, ce qui serait trop élevé pour démarrer une fermentation. Cette dernière est lancée par des levures de boulangerie, sans acides, puis elle s’étend sur 3 à 4 jours en moyenne. La température au sein des cuves semi-ouvertes peut être contrôlée en fonction des conditions climatiques. Il en résulte un vin de canne avoisinant les 12% d’alcool.
La distillation s’effectue sur un alambic traditionnel portugais, un hybride entre pot-still et colonne, semblable à ceux utilisés en armagnac. Le distillat titre en moyenne entre 60 et 70%, puis il repose en cuves inox avant d’être réduit à 40 ou 50%. »

Ceci étant posé,  c’est parti pour la dégust’ du coup :

Latitudes – O Reizinho – blanc – 50°

Latitudes – O Reizinho – blanc – 50°
Non, le verre n’est pas énorme, c’est juste la bouteille qui est petite ^^
Comme vous pouvez le voir c’est …
Sérieux, vous voulez vraiment qu’on s’attarde sur la couleur de la chose et qu’on discute de ça ?
Ok, donc c’est cristallin et ça a l’air assez gras.
Niveau « tombé de jambes », ça plaque au verre.

Le nez est végétal à souhait dites donc, très orienté canne, légèrement porté sur les agrumes avec de fines notes de poivre et un côté un peu plus sur la saumure/l’olive (ces notes particulières retomberont assez vite pour passer au second plan).
Très clairement, ça nous change des standards habituels.
Et histoire de rester dans la fraîcheur, le produit nous offre un petit kick mentholé accompagné du poivre ressenti en début de dégustation.
C’est très miam en fait ! Surtout qu’on va gagner en notes fruitées assez exotiques avec une petite acidité typée citron vert.
Enfin, l’ensemble se fera relativement rond sur des notes plus sucrées et très gourmandes.
Et les 50 watts ? Ils sont super bien foutus, aucune agression des narines. C’est top.
Bon ben pour le nez, check, c’est franchement bien et hyper agréable.

En bouche, on va rester sur cet aspect végétal (bien plus présent encore) et on va gagner en épices (poivre, piment) avec une petite amertume végétale.
… bon, en vrai, j’y suis allé un peu trop gaiement et si on ne se lance pas comme un taré, c’est super bien fichu et très fin. Les 50% sont toujours aussi bien gérés et c’est relativement agréable.
C’est assez gras en bouche, la canne et les épices éjectent les agrumes (qui vont dès lors passer au second plan) et ce qu’on va perdre en fruits, on va le récupérer en réglisse.

La rétro-olfaction est chaude, épicée et nous offre un retour des notes d’olive accompagnées d’un aspect plus végétal.
Comme en bouche, les fruits s’écrasent même si les agrumes luttent, là, derrière.
La fine amertume perçue en bouche penche plus vers des notes de levure.
Le voltage est toujours au top.

Enfin, la finale n’est pas mal du tout (c’est donc au diapason avec le reste) : les épices perdent un peu de leur superbe mais pas trop, c’est pile-poile ce qu’il faut, l’olive et la canne se dispute le premier rôle et on assiste à un retour des agrumes sur un côté sucré/salé qui donne juste envie d’y retourner. Ce petit côté « reviens-y » est juste traître ^^.
C’est relativement long et, in fine, ce côté sucré sera contrebalancé par des notes d’olive accompagnées d’une fraîcheur plus florale.

Si vous n’avez pas encore compris, c’est top !
Et d’un point de vue rapport qualité/prix, c’est encore mieux !
À la prochaine commande Rhum Attitude, elle se retrouve dans le panier celle-là.

Bon, Nico, pas d’inquiétudes, tes voisins d’Outre-Quiévrain apprécient (du moins Roger et moi ^^).

Latitudes – O Reizinho – blanc – 50°
En vrai, elle claque hein ? (oui, oui, photo de Rhum Attitude toujours ;-) )
Alors oui, Rumporter m’a coupé l’herbe sous le pied, oui, j’aurais pu publier ça depuis quelques jours mais j’avais un feed-back festival tout chaud à sortir donc voilà --‘
L’idée était de vous offrir une petite interview de Nico « Roger style » pour que ce dernier nous éclaire un peu plus quand à cette nouvelle gamme.

Enjoy du coup.

Rn’W : Tout d’abord, merci d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions !
Pour commencer, peux-tu nous parler un peu de toi et de ta passion pour le rhum ?
N : Ma passion pour le rhum remonte au début des années 2000, avec un voyage en Martinique, et notamment avec la visite de la distillerie JM. Le cadre était incroyable, avec cette distillerie nichée dans un coin paradisiaque du nord de l'île. J'ai découvert un univers que je ne connaissais pas du tout, avec des artisans et des produits exceptionnels. Pour moi à l'époque, le rhum c'était Old Nick, alors imagine la claque quand j'ai goûté mon premier vrai rhum, un JM millésimé !
En rentrant, je me suis constitué une petite collection de rhums de Martinique, avec ce que je pouvais trouver dans mon coin, et grâce à quelques QDD de l'époque ;-)
Je n'ai longtemps vu que par le rhum martiniquais, jusqu'en 2011 où j'ai rencontré Freddy de la cave A'rhum, qui m'a fait découvrir ce qui se faisait ailleurs. Si je me souviens bien, j'avais goûté un Botran 18, un Dos Maderas 5+5, un El Dorado 12, un Appleton 12 et un Séverin XO.
La passion s'est rapidement intensifiée, je me suis alors intéressé aux différences entre les styles et aux raisons de ces différences, ce qui m'a amené par la suite à renseigner des personnes encore plus novices que moi. Les mêmes questions revenaient souvent, sur internet ou dans mon entourage, donc je me suis dit "pourquoi ne pas écrire ça, on gagnera du temps !" :-D  C'est comme ça qu'est né Cœur de chauffe, fin 2015. 

Comment passe-t-on de blogueur « amateur » (Cœur de Chauffe) à rédacteur de notes pour un site de vente (Rhum Attitude pour ne pas le nommer) pour enfin finir « embouteilleur indépendant » ?
(Enfin, finir, peut-être que tu es comme Roger et que c’est seulement la première étape dans ta future domination du monde, sait-on jamais…)
Olivier, le créateur du site Rhum Attitude, cherchait des passionnés pour faire les notes de dégustation des rhums vendus sur son site. Il a contacté plusieurs personnes, dont un collègue blogueur qui à son tour m'a recommandé (j'en profite pour l'en remercier encore une fois !). J'ai donc rejoint Laurent "L'homme à la poussette", qui travaillait déjà avec le site depuis un moment.

Ensuite, au cours de mes recherches pour le blog, je suis tombé sur des rhums intrigants, mais souvent un peu difficiles d'accès. Certains étaient sûrement inconnus pour une bonne raison, et d'autres étaient fantastiques. Quelque part, je me disais qu'un jour il faudrait que je me bouge pour faire en sorte qu'ils soient distribués en France. Et puis un jour en discutant avec Olivier, on s'est dit qu'il fallait simplement s'y mettre !

En ce qui concerne Roger, je vois que tu es bien renseigné. Il reste quelques détails à régler dans notre projet de domination de la galaxie, notamment de bêtes histoires de budget et de partage de territoires, mais je ne te cache pas que ça avance plutôt pas mal. 

Vu que le sujet est abordé, peux-tu nous en dire plus sur « Latitudes » ?
Le but est de proposer des choses inédites, qui sortent un peu des embouteillages indépendants habituels. On aimerait mettre en valeur des rhums qui ont été de véritables coups de cœur, et pas des choses qui ont été sélectionnées dans le catalogue d'un courtier. Attention je ne veux pas cracher dans la soupe, j'ai découvert et je découvre encore des choses incroyables avec les embouteilleurs indépendants. Mais je pense qu'aujourd'hui il y a suffisamment de gens qui font cela, avec leur savoir-faire, et je pense qu'on ne pourrait rien apporter de nouveau ou d'intéressant.

Le premier rhum de la sélection (O Reizinho) est un embouteillage officiel, déjà distribué sur l'île de Madère. Il y aura aussi des embouteillages indépendants, que ce soient des rhums jamais embouteillés, des versions alternatives de rhums existants. Et puis il se pourrait que l'on imagine des assemblages sous cette marque propre.

Pourquoi Madère ?
Je me suis intéressé à Madère car cette île est un des berceaux de la canne et du rhum. On y fabrique du sucre depuis le milieu du XVème siècle, et de l'aguardente de canne depuis le milieu du XVIIème. Les premiers plants de canne à sucre apportés au Brésil viennent sûrement de Madère ! 
On sait que les rhums de l'île sont officiellement des rhums agricoles, au même titre que ceux des DOM, pourtant ils sont nettement moins connus. Ça pousse forcément à la curiosité !
Ensuite, je me suis plus particulièrement intéressé à O Reizinho car c'est le plus petit producteur de l'île, une affaire familiale et très artisanale, qui distille encore sur son petit pot-still au sous-sol de la maison. Je l'ai vraiment adoré la première fois où j'ai eu la chance de le goûter, on ressent vraiment le côté artisanal, il est très différent des autres rhums de Madère.

O Reizinho semble avoir la cote en ce moment, peu avant ton embouteillage, on a eu droit à une sortie du « même » produit chez l’embouteilleur britannique « That Boutique Y Rum Company » dont le design était, on va dire, un rien moins élégant mais au demeurant assez drôle (^^’). Pourquoi cette distillerie là en particulier ?
Pour tout te dire, j'ai été hyper surpris de voir arriver ce rhum, alors que l'on était justement en train de fignoler les derniers détails de notre côté. J'étais même un peu embêté, on ne savait pas du tout que l'on avait travaillé sur la même chose en même temps. Mais That Boutique-y est sur un concept différent, et leurs petits batches ont été relativement peu dispos en France, donc nous sommes complémentaires et au final le travail de O Reizinho est d'autant plus mis en avant, donc c'est cool (et puis j'adore leur étiquette, super funky !).

Sinon, à côté du rhum, tu as place pour avoir une vraie vie ? :p
(J’ose poser la question vu que tu sembles encore pire que moi ^^)
C'est vrai que ça prend un temps fou de lire, écrire, goûter des rhums, papoter avec des passionnés... c'est pas une vie ! 
J'intègre le rhum à la vraie vie pour gagner un peu de temps. Je lis du Alain Huetz de Lemps à mes enfants avant de dormir, toujours après leur avoir fait écouter ce magnifique morceau de Philippe Lavil : https://www.youtube.com/watch?v=C6jGCglEdRI
J'invite ma femme dans des restos où comme par hasard il y a un speakeasy, et je multiplie les soirées dégusts avec les copains que j'ai tous convertis. C'est aussi une façon de mettre à exécution le plan que nous avons avec Roger.

Enfin, vu la qualité de ton premier embouteillage, je suppose (et j’espère) que tu n’en resteras pas là … Du coup, quelques infos croustillantes sur l’une ou l’autre future sortie ? ;-)
(si c’est secret bah, … on attendra hein)
Merci ! :-) Normalement un nouvel embouteillage devrait suivre cette année, quelque chose que nous mettrons en bouteille nous-même et qui sentira bon les gros esters !

Un grand merci pour le temps accordé, ta confiance et la découverte d’un produit super sympa !
Merci à toi pour le soutien ! 

Vivement la suite donc !


Rhum n’ Whisky


NB : J’ai compris pourquoi Roger faisait des interviews ! C’est l’interviewé qui fait tout l’article en fait ^^ (il ira loin niveau domination du monde, il ira loin !)