mercredi 6 février 2019

Liège Whisky Festival – Masterclass, vous avez dit Masterclass ?


Comme déjà annoncé dans mon précédent billet, chaque journée avait droit à sa Masterclass.
Et chacune d’elle présentait un line-up de fou furieux !

Et, par deux fois, j’ai eu le privilège de pouvoir y assister.
En substance, ça s’est passé comme ça : François nous a dit a dit, les deux jours :
« Allez les gars, la masterclass va commencer, allez-y. Allez-y. »
Nous : « T’es sûr ? Non mais on n’a pas pay… »
Lui : « Allez-y ! »
Nous : « Ok, merci François » ^^’

Du coup, nous voilà embarqué – malgré nous mais pour notre plus grand plaisir – pour ces deux superbes présentations.

Masterclass The Nectar aka « The Mario Groteklaes Show »

Car oui, on a autant ri que bu. Ou inversement.
Non seulement c’était intéressant mais en plus c’était drôle (qu’il s’agisse de private joke, de running gag déjà redondant à ce moment-là ou de comique de situation), fabuleux gustativement parlant et fait avec passion.
Et là, on a tous reçu un ordre : Pas de notes, juste du plaisir.
Ça m’arrangeait bien, je n’avais pas de quoi noter. Et vous savez quoi ? Ca fait un bien fou.
Si en plus ça se fait entre amis, c’est encore mieux.
Ça le fait hein ? 
Dès lors, vu que vous avez les photos qui vont bien, que je n’ai pas pris de notes (un moment de pur égoïsme où le plaisir l’a clairement emporté sur l’intellect je vous dis. Essayez, c’est juste génial ^^), je serai « bref », tant sur mon impression que sur le libellé du produit (tout est sur la photo en même temps) :

Imperial 1995-2017 : Très honnêtement, on aurait pu largement plus mal commencer (euphémisme, sors de ce corps). Le voltage est tip top, l’ensemble hyper bien balancé, c’est frais, agréable. Un plaisir certain. Surtout quand on sait que ce genre de chose va se faire de plus en plus rare.

Arran 1996-2015 : euh … Joker. Sérieux, Arran, je ne suis pas objectif. Que dire si ce n’est que j’ai follement accroché à cet Arran bien imbibé de sherry. Ca met une claque à une bonne partie de la gamme officielle. Kiff.

Caperdonich 1995-2016 : Dans le genre légende, ça se pointe aussi ça. Après avoir goûté (ou dégusté ? Help Fred, Mario, j’ai besoin d’un avis totalement impartial histoire de départager cette nuance subtile) ce genre de chose, on comprend pourquoi le Belgian Owl est meilleur maintenant (oui, avant je n’aimais pas). Celui-ci m’a clairement mis une claque. Si seulement on en faisait encore des comme ça … Gros coup de cœur donc.

Et c’est à ce moment-là que le « Menteur en Chef » (copyright, tout ça, tout ça) nous annonce que c’était trois bons produits mais que le lourd allait seulement arriver maintenant …
Rappelez-moi ce qu’ils ont bu pour 60, voire 90 euros à Spa ? De mémoire, j’ai Black Label qui me vient … Maintenant que j’y pense, sur l’affiche du Liège Whisky Festival, on aurait pu mettre un pot de rillettes Bordeau Chesnel. Nos valeurs étaient clairement différentes. Parmi celles-ci figuraient notamment le respect du visiteur quant aux produits proposés à la dégustation.
Mais je m’égare.

Springbank 1994-2017 : J’avoue, Springbank (en tant que tel ou via Longrow et Hazelburn), je n’ai jamais goûté grand-chose (ok, quasi rien). Je pense avoir eu droit à un rattrapage assez démentiel sur ce coup là. Et je vais éviter de gouter un embouteillage récent sous peu histoire de ne pas être déçu.
Franchement, très, très bien.

Caol Ila – 34 ans : En fait dans « dream », il y a juste une lettre de plus que dans « dram ». Là, je ne suis plus trop sûr de savoir lequel des deux se trouvait devant moi. Tout simplement le meilleur produit dégusté ce jour-là. Rien que ça. Des notes précises, un retour ? Bah non, juste un ressenti égoïste je vous ai dit. THE whisky of the day. Tout simplement.

Ireland 1988-2015 : Il fallait des couilles pour mettre un irlandais, qui plus est au voltage plus faible, après ce monstre qu’a été le Caol Ila. Et pourtant … Et pourtant il n’a pas été ridicule, loin de là, une explosion de fruits a réussi à prendre le dessus par rapport au précédent. Démentiel.

Oserais-je avancer que c’est tout simplement la plus belle Masterclass à laquelle j’ai participé jusqu’à présent ?
Oui, très clairement.

Et pas que pour les produits hein (enfin, si aussi, soyons sérieux) mais outre ça, le fait de pouvoir partager ce moment avec des amis, la bonne ambiance qui régnait dans la salle et puis, en fait, finalement, c’était une masterclass ou un one-man-show ? 
Car oui, à dégustation géniale, présentation géniale. Ni plus, ni moins.
« We want more » comme on dit en Ecosse !
Un bémol, juste pour faire ch**** ? C’était trop court :-)

Honte sur moi, j’ai oublié ce que c’était mais à ce moment de la dégustation, Tobias nous a offert de déguster un septième produit, embouteillage spécial pour je ne sais plus qui et de je ne sais plus où (j’étais toujours sur mon nuage en fait …).
Ou comment illustrer encore une fois ce qui sous-tendait ces deux journées incroyables : le partage, l’amitié, le respect et la découverte.

Et donc, le "truc en plus", c'était un Glen Garioch 1991 embouteillé pour Maxi Vins. Seules 42 bouteilles ont - en son temps - été disponibles. 
Merci pour la précision Tobias :-)

Ça, c’était le samedi.

Et après le samedi, c’est … le dimanche (Monsieur de La Palice, sors de ce corps !)

Masterclass (R)Asta Morris aka « Dr Bruyneel et Mr Bert »

A la question, comment est-on arrivé à la masterclass, je vous renvoie à ce que précisé au-dessus.
Sauf que pour celle-ci, nous sommes vraiment arrivés comme des gros touristes.
Mais vraiment hein … genre c’est commencé, il reste trois places tout au bout, juste devant Bert, et il n’y a plus de verres …
Qu’à cela ne tienne, on a récupéré 18 verres (!), on s’est frayé un chemin et, devant les yeux amusés de nos copains d’en face, on s’est installé « comme si de rien n’était » ^^’
Oui, ici, j'ai pensé à faire une photo des bouteilles
Et, comme pour la masterclass Nectar, vous n’aurez droit ici qu’à un ressenti purement subjectif et sans aucune note de dégust’ (enfin, si mais là c’est nécessaire sinon vous ne me croiriez jamais. Mais je ne peux décemment appeler ça une note) pour les mêmes raisons qu’exposées ci-dessus.
Et, pareil, toutes les infos sont sur les photos :

Glenburgie 2008-2018 finish Foursquare : Histoire de commencer en douceur. Et en gourmandise. Le finish est bien foutu, il amène une petite touche Foursquare sans prendre le pas sur le reste. C’est vraiment pas mal.
Après, j’ai testé le fût « frère » dans la salle principale qui, lui, a subi un finish Caroni (ceux de chez Rasta Morris hein, au cas où vous douteriez) et je dois bien avouer que ma préférence va à celui-là Et ce n’est pas parce qu’on y trouve des notes de gasoil et de bitume. Loin de là..

Caperdonich 1995-2015 : Deux jours, deux Caperdonich. Joie et bonheur je suis. Sur le papier, il vend du rêve. Et à la dégustation aussi hein mais … hier j’ai goûté celui de chez Nectar et il a ma préférence.
Après, si je devais me « contenter » de celui-ci, ça serait juste avec grand plaisir hein. Parce qu’on atteint également un très beau niveau de maitrise. Mais un cran en dessous du Signatory.
Ça c’est pour le ressenti hein, sur le moment j’ai quand même kiffé, pas d’inquiétudes ;-)

Caroni 1997-2018 : Je dois dire que là, on s’est regardé tous les trois en se disant « Bordel, foutre un Caroni en milieu de line-up ? A 63,1% en plus ! Et faire passer un Bielle à 49,3% après ? Maaaaaaaaaaah, il est fou lui ! » … mais bon, ce qui est fait est fait et nous faisons donc contre mauvaise fortune bon cœur en essayant de nous convaincre que le monsieur il sait ce qu’il fait.
Et vient le moment du service et … (détails plus bas ^^ C’est une technique pour vous obliger à lire encore un peu mes couillonnades ça) et, clairement, on s’est demandé, si on n’avait pas deux Caroni en face de nous (ou alors un blend MG/Caroni). Sérieux. Du coup, on a commencé par le Caroni.
Et bien il est vachement bien foutu. Non seulement c’est bon mais en plus c’est fin et les 63 et quelques watts sont vraiment bien gérés. Top.
Je dois avoir un sample qui traine à la maison de celui-là, voilà une belle occasion de l’ouvrir pour me remémorer cette chouette masterclass.

Marie-Galante 2002-2019 : quelques chiffres avant la claque :
- sauf erreur (j’ai pas envie de vérifier en fait --‘), c’est un des (le ?) plus vieux Bielle sur le marché ;
- seulement 36 (oui, 36 !) bouteilles pour le monde entier … Comptez 34 vu que celle-ci était la numéro 2 (et que je suppose que Bert a gardé la numéro 1 pour lui, ce qui serait on ne peut plus légitime) ;
- un embouteillage « last minute » vu que les autres bouteilles sont … toujours dans le fût. Totale exclu pour le salon donc ;
- un prix qui risque d’en refroidir plus d’un : +/- 500 euros.
Le décor étant posé, est-ce que c’est bon ? Très.
Est-ce que ça met en confiance quand on nous le sert ? Pas du tout.
Explications : servi en même temps que le Caroni, on s’était tous dit qu’il allait être écrasé par son voisin nous provenant de Trinidad ! Et bien non. Déjà au nez, on avait un truc lourd, hyper aromatique qui luttait à armes égales avec un Caroni dont le voltage affichait quasi 14° de plus !
Très honnêtement, ce produit-ci aurait mérité une dégustation posée, au calme, dans son chez soi histoire de pouvoir le laisser se reposer et nous offrir tout son potentiel (bon, mon pote Roger (ou Laurent ou … enfin, appelez-le comme vous voulez ^^) a gratté un sample et s’est dévoué pour faire ça pour vous. Allez jeter un coup d’œil par ici. C’est lyrique :-D) mais en masterclass, c’est plus chaud. Donc on a joué le jeu de la « dégustation rapide » (même si on l’a un peu laissé de côté pour après, ça aura quand même été très bref).
Le nez, commençait à retrouver plus une patte Bielle mais est resté lourd de bout en bout (attention, lourd  aromatiquement parlant hein, c’était stupéfiant).
Et vient le moment où on goute la chose. Et là, oui, on a du Bielle. Du moins les notes Bielle (du menthol, des notes herbacées, un peu d’agrumes), on récupère de la fraîcheur, … Tout est là. Mais derrière. Derrière ces notes intenses qui nous étonnent et, même, nous fascinent en fait.
C’est long à crever.
Je crois que personne n’avait jamais vu ça. Le problème est que vu le nombre de bouteilles et son prix, plus personne ne risque de revoir ça.
Y a des moments, on se sent est privilégié. Ni plus, ni moins.

Chichibu 2011-2018 : le miracle japonais actuellement. Tout ce qui s’appelle Chichibu se transforme en or. Je comprends pas trop (en fait, à part le single cask fini en fut de bourgogne, j’ai pas accroché à Paris) mais il me reste pas mal de samples à découvrir. Après, si c’est pas ma came, c’est pas plus mal vu les tarots …
Bref, ce Chichibu ? Et bien il n’est pas ridicule après ce Bielle. D’un point de vue gustatif, je n’accroche toujours pas. Mais je reconnais que c’est fin et vachement bien fait. C’est juste que je dois avoir un problème avec Chichibu ^^’
Mais rien que le fait de s’en sortir dignement après le Bielle, respect.

BenRiach 1979-2012 : Pour moi, c’est LE produit de la masterclass, celui qui a mis tout le monde d’accord. Après, il faut reconnaître qu’on ne joue plus du tout, du tout, dans la même catégorie.
Mais on s’en fiche en fait, on était juste là pour profiter de l’instant présent. Et finir sur un produit de cette qualité, c’est juste magique. Vraiment.
Plus de détails ? A quoi, bon, y en a surement plus. Ou alors il faudrait vendre bien plus qu’un rein pour se l’acheter …Ok, en vrai, J’ai vraiment pris aucune note mais je ne le regrette pas une seule seconde.
Avec celui-ci, on a clairement terminé en apothéose !

A nouveau, un superbe moment de partage, de convivialité, de découvertes (tant des produits que d’un homme pouvant paraître de prime abord plus austère mais finalement extrêmement agréable et porté sur le partage. On en reparle bientôt), bref c’était top !
Mon seul regret ? Ma vessie proche de l’explosion qui m’a obligé à me téléporter aux toilettes juste après la présentation et, dès lors, le fait de ne pas pouvoir échanger avec Bert (ce n’est donc  - encore – que partie remise).

Conclusion ? Deux superbes sessions que peu de salons peuvent se permettre. Si, en plus, on tient compte du prix des places (soit 50 euros), vu la qualité des produits proposés, c’est cadeau et vous ne verrez jamais ça ailleurs (du moins, en Belgique).

Que dire donc si ce n’est merci.
Merci François pour l’opportunité que tu nous as offert d’y assister.
Merci Mario et Bert pour ces présentations passionnées.
Et merci Fred, JF, Michael, Francis, Roger, Magali, Julien, Ben, Alain et Tobias  pour ces moments partagés avec vous (même si certains étaient de l’autre côté de la table)


Rhum n’ Whisky

PS : JF, n’oublie pas #jepeuxdétruiretavie ;-p
(Les autres, ne cherchez pas à comprendre. Private joke inside ^^)

4 commentaires:

  1. Le truc en plus de ma part c’était ça :
    https://www.whiskybase.com/whiskies/whisky/20483/glen-garioch-1991-mv

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  2. Juste, tu nous vends du rêve.

    J'avais déjà commencé à rêver avec l'article de Roger sur le Bielle 2002, mais le tien est bien plus passionnant sur ces deux MasterClass. Cela me donne vraiment envie de passer quelques jours en Belgique pour le prochain Liege Whisky Festival.

    Effectivement 50 euros pour pouvoir déguster de si belles perles, ce n'est pas cher.

    Tu as dit que ce fut trop court, pourtant Roger dit avoir pu laisser reposer le Bielle une bonne heure. C'est parce que tu es arrivé en retard ? Ou parce que plus d'une heure de MasterClass, c'est trop court ?

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  3. Bah ... c'était du rêve hein, c'est pour ça ^^

    Tu sais ce qu'il te reste à faire l'année prochaine si une nouvelle édition se présente.

    Yep, je confirme, pour les produits sur la table, 50€ c'est donné.

    Je confirme aussi : pour de tels produits, une heure c'est très (trop) court ; après je suis lent à la dégustation aussi hein.
    Roger a eu plus de temps because sample ;-)

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